Le 68e Régiment d’Artillerie d’Afrique réorganise ses batteries de CAESAr pour accroître leur protection contre les drones

En Ukraine, la transparence du champ de bataille fait que les deux belligérants se trouvent dans une «impasse tactique», d’autant plus que les «systèmes défensifs sont plus performants que les systèmes offensifs». Tel est en effet le constat dressé par le général Bruno Baratz, le chef du Commandement du combat futur de l’armée de Terre [CFAT], à l’occasion de la «journée innovation» organisée par la 7e Brigade Blindée, le 9 septembre dernier. D’où la nécessité de se doter de capacités pour mener des opérations de «déception», c’est-à-dire pour tromper l’adversaire.

«Comment pouvons-nous aveugler l’adversaire ? Comment pouvons-nous le tromper sur nos intentions ? Comment pouvons-nous créer une vulnérabilité temporaire chez l’adversaire pour reprendre l’élan et l’offensive ?», a demandé le général Baratz, dont les propos ont été repris par Defense News.

En clair, il s’agit de leurrer les capteurs de l’adversaire afin de faire en sorte qu’ils ne puissent pas détecter une concentration de forces en vue d’une offensive. «Nous ne pouvons pas nous concentrer si nous sommes anéantis ou si nous n’avons donc pas la masse nécessaire pour déséquilibrer l’adversaire», a-t-il ajouté.

L’une des solutions consisterait à disperser des unités plus petites qui, dotées de meilleures capacités, pourraient se rassembler au moment de tenter une percée dans le dispositif ennemi. C’est d’ailleurs ce que préconise le général Maxime Do tran, le commandant de la 7e BB, pour les pelotons blindés.

Cette réflexion vaut aussi pour l’artillerie. En tout cas, elle a été mise en pratique au sein du 68e Régiment d’Artillerie d’Afrique [RAA], comme l’a expliqué son chef de corps, le colonel Rémy Jaillet, dans les pages de Defense News, cette semaine.

Actuellement, une batterie se compose de deux sections, dotées chacune de quatre pièces d’artillerie.

Or, selon le modèle mis en place par le 68e RAA, une batterie compte désormais trois sections de deux CAESAr [Camions équipés d’un système d’artillerie], ce qui permet de répartir les canons sur une zone plus vaste. En outre, elles sont complétées par une section d’appui, chargée de reconnaître les emplacements de tir, de prépositionner des réserves de munitions et de mettre en œuvre des capacités de leurrage.

Dans la zone de déploiement du régiment, les CAESAr seront placés dans une «bulle d’opacité» avant leurs missions de tir, c’est-à-dire qu’ils seront «dissimulés tout en émettant le moins de rayonnement possible» pour ne pas être repérés.

«La section de soutien mettra en place des zones de ravitaillement en munitions, déploiera des leurres et équipera les positions de tir de cages métalliques de protection dans lesquelles les CAESAr pourront se replier», a expliqué le colonel Jaillet.

Les batteries seront dispersées sans vraiment l’être puisqu’elle resteront reliées par le système ATLAS [Automatisation des tirs et liaisons de l’artillerie sol/sol].

Enfin, les détachements de liaison, d’observation et de coordination du 68e RAA vont aussi évoluer passant d’unités «relativement autonomes» à des «équipes combinant les capacités d’un véhicule blindé [Griffon VOA] avec celles d’un radar [Murin] et de drones [Delair DT46]».

Selon le colonel Jaillet, ce modèle permet d’accroître la «disponibilité des tirs» et, par conséquent, la «réactivité». Et d’ajouter : «Des unités plus petites et plus dispersées améliorent également leur capacité à survivre et leur résilience dans un environnement dégradé, face à une forte menace de contre-batterie».

Photo : 68e RAA – armée de Terre

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58 contributions

  1. Baltazar dit :

    La CAESAR est conçu pour tirer en pièce autonome rien de neuf c’est déjà réalisé depuis des années lors des contrôles opérationnels.
    Par contre avec ce schéma qu’en est il de la multiplication des fréquences radio (guerre électronique adverse) et des effets tels le tir surfacique ? On devra attendre d avantage que tout le monde soit prêt et se fasse attribuer une zone?

  2. Nicolas dit :

    Pourquoi pas, cependant sans systèmes de détection et de neutralisation de drones pour chaque section, capables de les protéger quand elles sont en batteries et en mouvement, ce système de protection passif risque de montrer rapidement ses limites. Compte tenu de la taille très réduite de notre parc d’artillerie, on ne devrait pas lésiner sur la protection. C’est la même chose pour nos blindés…en fait pour tout l’armée française!

    • HMX dit :

      Le Caesar est censé évoluer à l’arrière du front, juste derrière ou à la limite de la fameuse « zone grise ». La probabilité qu’il soit exposé à des nuées de petits drones FPV est donc assez faible. En revanche, le Caesar constitue la cible de prédilection pour des munitions rôdeuses à longue portée, type Lancet ou équivalent. C’est donc prioritairement sur ce type de menace qu’il faut axer la protection.

      Une solution relativement accessible à court terme consisterait à doter chaque unité Caesar d’un véhicule léger, type pick up ou équivalent, qui emporterait dans des conteneurs des dizaines de drones intercepteurs. On pense par exemple au Gobi de Harmattan AI déjà acquis par la France (2.2kg, portée 10km, 350km/h), ou équivalents. Ce véhicule léger pourrait mettre en oeuvre un ou plusieurs drones filaires (Ex : ANAFI de Parrot, ou équivalent) jouant le rôle de vigie H24/24, discrètement car sans émission radio. Equipés de capteurs optroniques dédiés, les drones vigies permettraient de détecter à distance l’arrivée de drones et MTO adverses, et de déclencher le lancement des drones intercepteurs de manière totalement automatisée. Souple et mobile, pouvant rapidement être déployé et replié, un tel système pourrait sans problème suivre les mouvements de l’unité Caesar, lui offrant une ombrelle protectrice bienvenue.

  3. Rga dit :

    Joli. Mais il faudrait pouvoir se passer d’Atlas, un plan B. En clair, qu’un observateur puisse envoyer sa demande d’appui feux directement à la pièce. Et que la pièce reçoive les coordos des points munitions, replis, protections encore dispos. Franchement, la casse de matériels envisagé fait frémir.

    • dolgan dit :

      Et selon vous qu est ce qui l empecherait?

    • HMX dit :

      On note en effet que cette adaptation va dans le bon sens, avec des unités Caesar beaucoup plus autonomes, y compris pour la reconnaissance et l’acquisition des cibles.

      S’agissant du C2 ATLAS, son cœur consiste en effet principalement en des liaisons radios tactiques (postes radio de 4ème génération – PR4G). Ces radios ont été conçues pour fonctionner en environnement de brouillage et de guerre électronique : évasion de fréquence rapide, recherche de canal libre, cryptographie intégrées, capacités ECCM (contre contre-mesures électroniques)… Elles sont en cours de remplacement par les radios SYNAPS/CONTACT, qui offrent des débits plus élevés, une portée et résilience accrue (résistance au brouillage), des communications horizontales en temps réel (les unités peuvent échanger directement entre elles, sans passer via la chaîne de commandement hiérarchique ce qui accélère la prise de décision et le combat collaboratif). Ce dernier point répond en partie à votre interrogation : techniquement, un observateur distant doté d’une radio CONTACT peut déjà envoyer directement une demande d’appui feu à une batterie Caesar équipée de la même radio.

      Pour aller plus loin, en considérant que l’usage de liaisons radio deviendra potentiellement impossible ou trop dangereux dans un futur proche, il faudra se tourner vers d’autres solutions. Outre l’usage de classiques liaisons satellites (elles mêmes sujettes à brouillage), une solution prometteuse repose sur les liaisons optiques laser, quasiment impossible à détecter ni à brouiller. Ces liaisons optiques peuvent être réalisées entre une station sol et un satellite, entre une station sol et un drone, ou entre deux stations sol si la visibilité le permet. En 2006 (il y a 20 ans !), la France avait réalisé une première mondiale avec le programme LOLA (liaison optique laser aéroportée), établissant à 6 reprises une liaison laser bidirectionnelle sur 40 000km entre un satellite géostationnaire et un avion d’essai Mystère 20 du CEV d’Istres. Cette solution mérite d’être remise au goût du jour, les technologies ayant largement évolué depuis 20 ans…

      De nombreuse applications peuvent découler de cette technologie de liaison laser. Pour revenir au sujet de l’article, et le fait de rendre autonome une pièce d’artillerie pour la reconnaissance et l’acquisition de cible dans un environnement fortement brouillé, on pourrait imaginer des drones dotés d’émetteurs/récepteurs laser formant une chaîne, les drones étant séparés entre eux de quelques kilomètres (distance variables selon conditions atmosphériques du moment) et se maintenant automatiquement dans cette position, de manière à conserver à tout moment l’intégrité de la liaison laser. Le drone situé à la tête de la chaîne, distant de plusieurs dizaines de km (mais il n’y a théoriquement pas de limite à cette distance, qui dépend en pratique uniquement du nombre de drones dans la chaîne !), pourrait ainsi transmettre ses données en temps réel et en toute discrétion à la pièce d’artillerie, sans aucune émission radio susceptibles de le faire détecter. De quoi ouvrir la voie au « traitement » de cibles mobiles à grande distance, avec ajustement/correction du tir en temps réel si besoin. Cette même technologie pourrait également être appliquée aux futurs LRM de l’AdT (guidage/désignation au profit des roquettes Thunder à 150km), ou pour orienter le tir de munitions téléopérées à longue portée (Ex : Durandal/One Way Effector de MBDA) sur une zone d’intérêt.

    • aleksandar dit :

      Il n’est pas question qu’un observateur puisse envoyer sa demande d’appui feux directement à la pièce.
      Pourquoi ?
      Parce qu’il existe dans tous les CO, un adjoint feux qui coordonne les tirs, gère l’allocation de tir en fonction du stock de munition disponible et de l’usure des pièces, et juge de l’importance de la cible au regard de l’effet majeur recherché dans l’OPSPLAN.

      Son accord est donc obligatoire.

  4. Alex dit :

    Dans les faits une section CAESAR n’a pas grand chose à voir avec une section MO120 ou autres.
    Les CAESAR peuvent être répartis sur une large zone et n’ont pas besoin de se voir entre eux ou de voir le PC section.
    Les pièces s’isolent et se cachent très facilement sur des positions d’attente et peuvent ne rejoindre leur position de tir que pendant quelques minutes.
    3 sections à 2 pièces ou 2 sections à 4 pièces = même problèmes / mêmes avantages.
    Sauf qu’avec la nouvelle logique 2 pièces ont été perdues et un faut générer un CDS, un SOA, la LOG et toutes les équipes et les VHL qui vont avec.
    Bref, je ne vois pas où est le progrès.

  5. Scal dit :

    Le canon Caesar avec sa portée de 2 kms maxi ne sert à rien nous ne sommes pas sur une ligne de front.
    Il ne sert que de vitrine commerciale pour les pays en première ligne.
    L’argent dépensé serait mieux utiliser pour concevoir des missiles balistiques longue portée ou drone à réaction.

    • Sala dit :

      2kms vraiment ??

    • PasKall dit :

      Portée de 2 km
      Hum hum
      C’est un tout petit peu plus

    • arioch dit :

      Belle démonstration d’ignorance, bravo.

    • maurice dit :

      Bonsoir, d’où sortez-vous que le CAESAr a une portée de 2 km?

    • Le gueux patriote dit :

      « Le canon Caesar avec sa portée de 2 kms maxi »

      N’importe quoi, même si c’est du second degré. L’investissement nécessaire pour concevoir et produire le CAESAR est sans commune mesure avec celui qu’il faut pour des armes très avancées de décision quasi stratégique. L’un n’empêche pas l’autre, d’ailleurs. La France communique peu, mais elle – ses entreprises et la DGA – développe des moyens conventionnels capables d’avoir des effets massifs.

    • YANN HUBERT dit :

      portée de 2 kim……. il me semble que vous avez loupé l’occasion de vous taire

    • Alex dit :

      2 km c’est moins que les mortiers d’infanterie 81mm.
      C’est vrai qu’avec cette portée les CAESAR ne servent à rien.

    • maurice dit :

      Bonsoir, d’où sortez vous le CAESAR a une portée de 2 km?

    • Pinard et Sauciflard dit :

      2 km c’est pour le tir direct! En tir en cloche c’est entre 4,5 et 42 km avec obus classiques, 50 km avec obus-roquettes et 80 km avec charges additionnels.

      • Alex dit :

        Oui… mais c’est des cas extrêmes et rarement mis en pratique.
        38km c’est déjà pas mal !
        N’oublions pas non plus qu’en charge maxi l’usure du tube est +++ et qu’en queue de charge la balistique est assez dégradée.
        Bref, oui mais molo !

    • Alan dit :

      Vous savez quoi, vous devriez vous poster à 3 km sur le front ukrainien coté russe, et là vous devriez être à l’abri. Aucun risque pour vous.

  6. Nicolas R dit :

    Quand on n’a pas les moyens de ses ambitions, on invente des concepts de « dispersion » (cf. le même concept évoqué par l’ABC il y a quelques jours).
    Comme il n’est pas question de créer de nouveaux RA ou de nouvelles batteries, ni de commander de nouveaux CAESAR, on justifiera ainsi les RA à 18 pièces de 155, ce qui, avec 109 CAESAR prévus seulement, relève déjà de la gageure.

    • tschok dit :

      Oui, la même logique est appliquée pour les chars. Cette fois, c’est la 7e brigade blindée et le général Do Tran qui s’y collent.

      Et elle a également fait l’objet d’un article dans Defense News : https://www.defensenews.com/global/europe/2026/09/15/france-experiments-with-smaller-tank-units-to-evade-drone-attacks/

      C’est la même idée : unités plus petites pour échapper aux drones.

    • Didier Didier dit :

      tour à fait d’accord, ces tergiversations stratégiques ne sont que de la poudre aux yeux

    • rainbowknight dit :

      Est-ce si difficile d’admettre que c’est BERCY qui commande ?

      A l’heure des efforts pour tous, pour quelles raisons la « variable d’ajustement  » serait-elle dispensée de donner au pays l’exemple à suivre ?
      La France « grande muette  » c’est bien pratique …

      Les concepts nouveaux vont fleurir pour cacher la misère et rien n’étonnerait si à ‘avenir notre engagement prendrait en considération la présence à nos côtés de nos alliés.
      Ainsi la communication officielle pourra se vanter de sa réussite et de l’importance des forces. Mais en cas de « clash » qu’adviendra-t-il d’un noyau de forces françaises réduites au minimum raisonnable ?
      For sure l’avenir est sombre …..

      • tschok dit :

        Bercy ne commande pas.

        Bercy vous dit juste : « si vous avez l’intention de dépenser plus de pognon que vous n’en avez, laissez-moi le temps de l’inventer ». Ca fait un demi-siècle que ça dure et que Bercy remplit le contrat, coûte que coûte, vaille que vaille.

        Aujourd’hui on est en crise parce que vous avez besoin de plus de pognon que Bercy peut en inventer.

        Et là, vous êtes en crise. Pas Bercy. Vous. Et là, un choix s’impose :
        – On change Bercy, pour inventer encore plus de pognon et continuer comme avant,
        – On vous change vous, ce qui nous renvoie à votre aptitude au changement.

        Ca fait un demi-siècle que personne ne vous a habitué au changement. Votre ADN a même oublié qu’il peut le faire et identifie un changement comme un cancer, maladie mortelle.

        Donc, vous allez choisir quoi ? Vous changer ? Non. Donc, vouloir changer Bercy, donc changer le monde. Bon, très bien. Mais, durant ce demi-siècle, vous êtes devenu plus puissant ou plus impuissant ?

        L’histoire que vous nous racontez, c’est l’histoire d’une conquête ou d’une déchéance ?

        Je lis vos coms, ils racontent l’histoire d’un mec qui se rebelle contre son impuissance, mais qui ne fait rien pour la combattre. Vous allez finir comme un mec qui veut punir les autres, de gauche ou de droite, on s’en fout complètement, ça n’a plus aucune espèce d’intérêt.

        Et en attendant, rien ne change.

        • rainbowknight dit :

          Ce n’est pas le doigt que vous vous mettez dans l’oeil, c’est le bras….
          Imaginez que Bercy ne commande pas est une absurdité . Inutile d’inventer le pognon puisque la Grande Muette s’est vue au fil des années être sollicitée plus que de raison… vous pouvez constater les effets de ces économies.
          C’est là « la cour des arbitrages  » où le courage vient à manquer pour dire au Prince les vérités.
          Vous sauriez nous dire quel changement vous préconisez sinon le grand soir ?
          Vous êtes bien ignorant de ce qu’est la rébellion pourtant la France en offre une image chaque jour à qui prend la peine de s’informer.
          Quant à lire mes « coms » qui gardent une même constance, épargnez vous cela car ils doivent troubler votre alter….

  7. jean luc dit :

    Le 68ème RA ne fait que reproduire ce que les Ukrainiens font : « tire et dégage » . Donc 3 sections de 2 canons au lieu de 2 sections de 4 canons, plus une section d’appuis donc chaque batterie aura 6 canons au lieu de 8, donc puissance de feu réduite de 25 % par batteries. je trouve cette disposition intelligente pour les équipages, mais avoir 4 sections de 2 canons sera mieux plus une section d’appui . je me demande si ce ne serait pas une solution pour masquer la diminution des canons, on aligne autant de régiments, mais avec moins de pièces, ou peut créer 1 nouveau régiment avec les pièces rendues libres .Les drones seront de plus en plus nombreux, il sera de plus en plus difficile au CAESAr de se montrer pour tirer

    • aleksandar dit :

      Le drone a probablement avec l’autonomie et l’IA atteint un palier indépassable.
      La cuirasse, elle, continue a progresser.

      • tschok dit :

        Ca, on y réfléchit.

        Vous êtes habituellement un torrent de conneries, mais je vous concède que sur ce coup-là, vous avez une fulgurance.

        Bon, vous avez compris que ce que vous dites est cinématiquement faux, hein ? En balistique terminale, on perce tout ce qui se présente. Donc, glaive/bouclier, c’est le glaive qui gagne.

        Pourtant, nos militaires disent : « supériorité du système défensif » = si on attaque en phase 2, on se fait tanner.

        Donc, ouverture du débat. On ferme pas la question, on l’ouvre. Comme une autopsie.

        Vous savez faire des autopsies, vous ?

  8. Mat49 dit :

    Sans augmentation de la masse il est illusoire de vouloir faire quoi que ce soit. Le non modèle d’échantillons actuel est une impasse sur tous les plans.

    • tschok dit :

      Mat49, bordel, on raisonne en joule.

      Donc, oui, la masse compte, mais la vitesse aussi. Dès que vous n’avez plus de masse, vous ne savez plus quoi faire, c’est la fin du monde. C’est la fin de la civilisation, tout s’écroule.

      C’est pénible.

      • Mat49 dit :

        @tschok lapalisse oui une armée sans masse face à une armée qualitativement équivalente qui a de la masse se fait ratatiner. La réalité est pénible pour vous visiblement.

        • aleksandar dit :

          La vitesse a comme adversaire passif mais efficace la profondeur stratégique de l’ENI.

  9. Stakan Vada dit :

    Bon, alors le concept de Foch est obsolète. Finies la concentration des moyens, l’économie des forces et la liberté d’action. Pourquoi pas. Les temps changent et les modes d’action également. Cela étant dit, il est étrange que l’armée française possède une structure appelée « Commandement du combat futur de l’armée de Terre » quand on sait que l’armée française sus-nommée est systématiquement à la ramasse quand éclate une guerre. La preuve en image avec la dernière en date en Ukraine, où les petits génies du commandement du futur n’ont rien vu venir sur la primauté des drones, qui au demeurant, ont complètement bouleversé tous les schémas tactiques existants. C’est un peu leur job la guerre du futur non?? Après l’inénarrable « brique tactique » des Leclerc, voici maintenant le concept de dispersion des Caesar dans une « bulle d’opacité ». Avec de telles ordonnances dont celle-ci, une sévère, au quatre coins du pays on va retrouver notre artillerie, éparpillée par petits bouts, façon puzzle. A force d’en faire trop, on dynamite, on disperse, on ventile. Manifestement après la doctrine de Foch, voici l’avènement de celle des Volfoni…

    • tschok dit :

      Nan, nan, vous aurez toujours la concentration des moyens, l’économie des forces et la liberté d’action. Simplement, vous les obtiendrez autrement.

      Par exemple, naguère, la concentration des moyens s’obtenait effectivement par une concentration des forces au même endroit et au même moment. Bon, ça on ne peut plus le faire à cause de la transparence du champ de bataille : dès la détection, on est mort. Donc, il faut se disperser, devenir plus petits, plus faciles à planquer, plus mobiles.

      C’est par la manœuvre que vous vous concentrez et surtout la maîtrise de l’info et de la déception.

      Et, deuxième point : les systèmes défensifs sont plus efficaces que les systèmes offensifs (en ce moment). Donc, ok, vous avez survécu sur le champ de bataille transparent parce que vous avez échappé aux drones, puis vient le moment de l’attaque, donc vous êtes mobiles et vous vous regroupez pour percer le dispositif ennemi et là, manque de bol, vous vous faites quand même massacrer parce que les systèmes défensifs sont plus efficaces que les systèmes offensifs.

      Il est là le problème. Autant, on peut se démerder avec la transparence, autant il est difficile de surmonter ce dernier obstacle, à moins d’accepter de lourdes pertes. Or, on en a tout simplement pas les moyens. Donc, c’est là que ça bloque : la supériorité des systèmes défensifs sur les offensifs.

      Maintenant, pourquoi les militaires français ont tendance à considérer cela ? Parce que ça n’a rien d’obligatoire, dans le fond. Je vois deux raisons :
      – Ils l’ont observé en Ukraine, c’est donc un constat né de l’observation du champ de bataille
      – Ils n’ont pas réglé le problème des drones (personne, d’ailleurs)

      La doctrine que tente d’élaborer l’armée française bloque à cet endroit, pour l’instant.

      Je résume :
      – Phase 1 : il faut survivre à la transparence du champ de bataille. Ca, c’est ok, on a des idées et des combines pour y parvenir.
      – Phase 2 : attaquer pour péter la gueule à l’ennemi. Sauf que : supériorité du système défensif, et là, on se fait tanner.

      Pour l’instant; condition du succès de la phase 2 : que la météo soit tellement dégueulasse que les drones ennemis ne puissent plus voler. Et là, on a nos chances, même en procédant à l’ancienne, puisque, après tout, on revient aux conditions tactiques antérieures, celles d’avant les drones, et ça, on sait faire. On a le matos, les bonnes combines, tout.

      Le but du jeu, c’est de dépasser le seuil « météo dégueulasse » et parvenir à trouver un truc pour réussir la phase 2 par temps clair. Et ça cogite là-dessus : sortir de l’impasse tactique.

    • rainbowknight dit :

      C’est le schéma tactique du  » ruissellement  » . Faire couler d’en haut les riches idées qui vont arroser le pays , la dispersion des moyens qui profitera à tous ….
      Si l’économie est une guerre, pourquoi la « vision » voulue pour une France entrée dans un monde nouveau ne saurait-elle réussir si elle se voit appliquer aux Armées ?
      « Quand on a touché le fond pas d’autre choix que de remonter » pourrait dire un sous-marinier….

    • aleksandar dit :

      Ne soyez pas trop dur avec mes camarades du Commandement du combat futur de l’armée de Terre.
      Les  » caciques  » verrouillent tout au plus haut niveau et ils ne travaillent que dans le cadre opératif qu’on leur impose.

      • tschok dit :

        Flattez-les, vous savez bien que vous ne les augmenterez pas.

        Qu’avez-vous à y gagner : ce que vous avez de plus cher, que personne ne vous dépasse.

        Perso, je suis pour la saine émulation . Et à partir de là, on ne fait plus partie du même monde.

    • Kvesh dit :

      En dehors de la liberté d’action, les principes de la guerre de Foch ne sont mas la « concentration des moyen » et « l’économie des forces », mais la « concentration des efforts » et « l’économie des moyens » qui, eux, sont toujours d’actualité. D’autre part, je me souviens avoir lu une étude du Commandement du combat du futur sur la guerre du haut Karabagh de 2020 où il était justement écrit que l’usage des drones remplaçait les « trois cents derniers mètres » par une zone d’une dizaine de kilomètres de profondeur.

  10. Sì dit :

    C’est au delà de l’essaim ; un combat globulaire. Vive la leucodiapédèse !

  11. farragut dit :

    Et la dispersion holographique, est-ce qu’on y a pensé ?
    Le terme de « projection » serait alors parfaitement adapté ! 😉
    Cela dit, il y a déjà des chars et des batteries de missiles gonflables. Des CAESAr gonflables qui apparaîtraient comme des champignons, cela pourrait perturber la « transparence » du théâtre d’opérations, non ?
    Pas certain que les drones, même dopés à l’IA, soient capables de lever le doute très rapidement…
    Par contre, il faudrait envisager un moyen de diffuser une « pluie de structures gonflables », peut-être avec les planeurs containers qui étaient mentionnés dans un récent billet sur ce site ?

    • Mouarf dit :

      un Caesar gonflable de suffisamment bonne qualité (émettant des IR plausibles) coûte bien plus cher qu’un drone. Encore et toujours le même problème, le faible coût des drones.

  12. toufik dit :

    «équipes combinant les capacités d’un véhicule blindé [Griffon VOA] avec celles d’un radar [Murin] et de drones [Delair DT46]» ; il y a aussi des radars de contre-batterie COBRA dans le système ATLAS.
    https://www.defense.gouv.fr/terre/nos-materiels/nos-equipements-terre/nos-transmissions-informatique-radars/cobra-counter-battery-radar
    Les déplacements des sections de CAESAR sont-ils
    coordonnés un minimum pour que au moins une soit en mesure, à un instant t, d’exploiter avec le plus de réactivité possible, l’info de localisation d’artillerie ennemie (elle même mobile)?
    Il y a au moins un COBRA (allemand), en Ukraine.
    https://en.defence-ua.com/weapon_and_tech/ukraine_received_cobra_counter_battery_radars_from_germany_lets_take_a_look_what_it_is_capable_of-4145.html

  13. GotoRaptor dit :

    On aura des problèmes quelque soit la strat sans moyen anti-drone capable de neutraliser plusieurs drones simultanément et de tenir longtemps niveau munition.

  14. casanova dit :

    J’essaye de compter :
    Batterie ancien format : 2 sections de 4 pieces = 8 pièces
    Batterie nouveau format : 3 sections de 2 pieces = 6 pièces
    Le régiment perd t il des pieces d’artillerie ? Une nouvelle batterie est elle créé ?

  15. Pirlouis dit :

    La transparence du front n’a pas empêchée le succès actuel de l’opération VIVALDI dans le Donbass (ce sont les blogueurs ruSSes eux-même qui le soulignent). Nos têtes pensantes militaires devraient faire un stage en Ukraine pour retrouver la praticité dans leurs scenarii de combat du futur. Pour l’instant ils démontrent surtout que sans gros moyens ils ne peuvent pas grand chose. Tout devrait être repensé en profondeur avec la dimension supplémentaire générée par les drones.

  16. Rogger dit :

    bonjour bon ils est claire que nous devons nous proteger contre les drones…
    quant allons nous recree des batreries de canon DCA …
    voila une bonne question…

  17. Kardaillac dit :

    Il y a beaucoup de pièces dans le puzzle du nouveau plan de bataille. Une seule manque et le front est emporté.
    On disperse la pénurie.

  18. penandreff dit :

    mettre les caesars en cage sur les arrieres avons nous plus de précisions??

  19. penadreff dit :

    les caesars en cage sur les arrieres avons nous plus d’informations?

  20. Kilroy dit :

    Donc, l’Artillerie c’est comme la confiture moins on en a ,plus on l’étale ! Avec actuellement 75 « Caesar », cela nous fait une douzaine de batteries,je vous laisse calculer le nombre de régiments équipés…!