L’Agence de l’innovation de défense a dépensé 1 million d’euros pour un système informatique qui n’a jamais fonctionné
Lors de l’élaboration de la Loi de programmation militaire [LPM] 2019-25, l’innovation fut au cœur de la communication du ministère des Armées [et de celle de Florence Parly, qui en tenait les rênes à l’époque]. D’où la création, en septembre 2018, de l’Agence de l’innovation de défense [AID], chargée d’orienter et de coordonner toutes les initiatives prises dans ce domaine tout en s’intéressant aux nouvelles technologies issues du monde civil [entreprises, universités, laboratoires, etc.].
Dans un rapport publié en 2019, s’il avait salué les dispositions du ministère des Armées, le Sénat mit en garde contre un «effet de mode». Et, pour s’en prémunir, il avait recommandé de «conforter» le rôle et la place de l’AID au «sein de l’écosystème de défense de l’innovation».
«L’articulation de l’AID avec la DGA doit permettre à l’AID, en pleine autonomie de mettre en œuvre l’acculturation à l’innovation du ministère, l’agilité des achats, et la réforme de gestion des crédits des PEA [programmes d’études amont] qui doivent être de sa responsabilité. Dans le cas contraire, l’AID gérant uniquement le dispositif Rapid [régime d’appui à l’innovation duale] ne serait qu’un miroir aux alouettes de l’innovation», avait-il fait valoir.
Cet objectif a-t-il été atteint ? La Cour des comptes en doute. «Le positionnement institutionnel singulier de l’AID, qui résulte d’un compromis interne au ministère […], ne lui permet pas d’exercer réellement son rôle de coordination de l’innovation au sein du ministère, son action relevant en pratique davantage de l’animation de communauté», a-t-elle estimé, dans une note publiée le 1er octobre.
Ainsi, depuis qu’il est apparu nécessaire «d’adapter les cycles d’équipements des armées au rythme des nouvelles technologies», on assiste à un «foisonnement d’initiatives décentralisées au sein du ministère des Armées», ce qui, selon cette note, «affaiblit le positionnement de l’agence».
«Les projets d’innovation participative menés au sein des armées se multiplient […] sans que l’AID n’en ait une vision exhaustive», poursuit-elle. En outre, les initiatives du Commandement du combat futur de l’armée de Terre [CFAT] sont prises sans coordination avec l’agence, dont le champ d’action a en plus été limité par la création de l’Agence ministérielle de l’intelligence de défense [AMIAD].
Enfin, ajoute-t-elle, «le champ de l’innovation numérique, peu investie par l’AID, est aujourd’hui de la responsabilité du Commissariat au numérique de défense». Aussi, pour la Cour des comptes, il «convient de s’assurer de la cohérence globale de l’ensemble des initiatives, pour garantir le bon usage des deniers publics et la lisibilité de l’action publique vis-à-vis des acteurs industriels».
Par ailleurs, le document déplore le fait que l’AID ne dispose pas d’une base de données «consolidée et partagée» des projets qu’elle accompagne.
Pour «piloter» son activité, l’agence utilise plusieurs systèmes d’information, comme GRID [suivi des thèses et de la coopération], SI PME [suivi des projets financés par le dispositif RAPID], BloomFlow [gestion des relations avec les entreprises et les partenaires innovants], le FAST [fiches de synthèse des projets] et HAPPI [suivi des projets d’innovation ouverte]
«Si ces différents outils permettent à l’agence de collecter un ensemble de données sur les projets d’innovation qu’elle finance, ils ne sont toutefois pas interconnectés, ce qui limite la capacité de la direction à disposer d’une vision panoramique de l’activité et à élaborer certains indicateurs», lit-on dans la note de la Cour des comptes.
Ce qui fait que l’AID n’a pas été en mesure de lui fournir un «fichier unique recensant l’ensemble des projets en cours et comportant à la fois des éléments descriptifs sur le projet [objet, entreprise prestataire, domaine d’innovation] ainsi que la vision budgétaire associée [montant du projet, crédits consommés]».
Pourtant, en décembre 2021, consciente de ce problème, l’AID a lancé le projet ORCHIDEE, afin de se doter d’un système d’information censé lui permettre d’y remédier. Seulement, il s’est soldé par un échec cuisant.
«Ce projet, ORCHIDEE, confié à la société CAPGEMINI, prévoyait trois incréments successifs. Dès l’incrément 2, il est apparu que le produit développé ne répondait que très imparfaitement au besoin des utilisateurs [seules 27 % des fonctionnalités identifiées lors de l’expression de besoin étaient couvertes par la solution]», avance ainsi la Cour des comptes.
Puis, explique-t-elle, il s’est avéré que le prestataire s’est heurté à de «nombreuses difficultés techniques pour l’interfaçage avec les outils existant de l’AID, qui était pourtant indispensable pour la récupération des données de ces outils». Aussi, il a été décidé de mettre un terme à ce projet en juin 2024. Évidemment, ce projet a eu un coût.
«Les développements qui avaient été réalisés entre 2022 et 2024 par le prestataire ont été financés à hauteur de 854 000 euros par le ministère [des Armées] et par des crédits du plan de relance numérique de la direction interministérielle du numérique à hauteur de 259 000 euros», détaille la note. En clair, conclut-elle, le «projet ORCHIDEE aura donc coûté un total de 1,1 million d’euros à l’État, sans résultat».
Après l’abandon d’ORCHIDEE, l’agence a lancé la réalisation d’un système d’information en interne, pour un coût estimé à 105 000 euros. Depuis 2025, celui-ci, développé par sa cellule
«management de la donnée», est en phase d’expérimentation et il sera «progressivement alimenté en données au fur et à mesure de son interfaçage avec les autres systèmes d’information de l’agence à partir de 2026».
Reste que, a déploré la Cour des comptes, «à la fin 2025, l’AID ne disposait donc toujours pas d’un système d’information lui offrant une vue consolidée des projets qu’elle mène, pourtant nécessaire à son pilotage et à l’élaboration d’indicateurs de performance transverses».





Très fort
Trop fort
On est très fort pour se faire placer des logiciels non efficients
Sans compter ce qui est développer en interne
Et là, dans une même armée, plusieurs modèles pour faire la même chose
Comme le commandement est différent, et bien chacun fait le sien
Gestion du personnel militaire
Orchestra
Rhapsody
Concerto
Mais personne n’a développé un logiciel commun parce que nous sommes TOUS militaires
cloisonnement?
oui, why not
Il est question de faire des ponts ou un commun
Nous avons à minima 15 à 20 différents
Donc certains font la même chose
et les noms………..
Gaia
Sonic
Gaetan
……….
C’est moins cher et plus efficace de garder trois logiciels efficaces différents (un par armée) plutôt que de développer à prix d’or un logiciel unique qui ne marchera jamais correctement. Vous ne vous rappelez déjà plus de Louvois ?
Le scandale LOUVOIS, 7 ans sans payer correctement les militaires :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/secrets-d-info/louvois-le-scandale-d-un-logiciel-de-paie-de-l-armee-francaise-8546930
Militaire, ce n’est pas un métier (pour lequel on est payé) et plus une vocation…
Quand je repense à l’autre amiral qui voulait que les réservistes viennent bosser bénévolement, eux, ils n’étaient pas payé par LOUVOIS les étoiles !
@JS
C’est ce que l’on appelle « La Muraille de Chine », pour se proteger des Gogols (en Chine, c’étaient les Mongols) du burezu d’à côté.
Cette doctrine est parfaitement efficace, puisqu’il n’y a eu aucune fuite de données par des hachers nord coréens ou par Mediapart!
Aux USA, on appellerait cela des Blzck Programs, ou des SAP (Specail Access Progrqms).
Mais peut être que cette « obfuscation » est bien calculée, pour cacher les vrais programmes noirs de la DGA.
Cela dit, je m’eto’nevsu’il n’y ait eu aucun gnome de Bercy pour leur apprendre les macros VBA sous Excel, comme le prouve la gestion des comptes publics par la DGFIP…
Il est vrai que les tableurs ont beaucoup de Fuites de données, ce qui serzit encore pire pour l’imge de l’AID.
Doonc, bravo, continuez cette strategie à la X Files : « Deny, Inveigle, Obfuscate ».
Corrections :
« Black Programs »
« SAP (Special Access Programs) »
« Cela dit, je m’étonne qu’il n’y ait eu aucun… »
« ce qui serait encore pire pour l’image de l’AID. »
(clavier virtuel du smartphone chinois trop petit…) 😉
Sans compter ce qui est développé.
C’est la rançon de certaines innovations… D’autres ont fait bien pire et cela perdure.
Pour autant, mieux vaut s’en prémunir avec une évaluation en amont et un levé de risque.
Au moins, maintenant, on sait ce qu’il ne faut pas faire dans ce domaine… 🙂
Faire appel à Cap Gemini n’est forcément signe de réussite mais certainement signe de dépenses. Nous avons vécu une situation assez proche dans la boîte (où je travaille) avec cette société, heureusement que le manager de l’époque a senti le piège qui nous attendait. Finalement, nous avons travaillé avec une petite société de développement locale pour bcp moins chère et sans sous-traitance indienne telle préconisé par Cap Gemini.
On pourrait titrer « Capgemini a été incapable de livrer un SI pour lequel l’Etat a déboursé 1.1 Mio € ».
Ou alors : « Des agences étatiques continuent à passer des contrats pour des montants 10 fois supérieurs à celui d’un développement interne. »
Il paraît souhaitable d’investir dans quelques juristes solides ; c’est un amplificateur de forces au même titres que la maîtrise de la donnée. Mais les bons sont chers… Renforcer (ouvrir ?) le corps militaire du contrôle général des armées ? Corps cylindrique, ce qui apporte une réponse calibrée à la question du coût de la compétence…
Parce que vous croyez au coût du développement interne ?
Tout ce que vous faites en interne vous coûte plus cher en informatique.
Les salariés sont en général mieux payés, travaillent moins et n’ont pas l’ensemble des compétences. C’est pourquoi les ss2i existent.
Dans 90 % des cas les échecs de projets ont des causes internes.
Louvois en est le plus bel exemple.
@Franck
A votre avis, quelle est la différence entre les informaticiens d’une DGSI « interne » à un avionneur et les informaticiens d’une SSII (ou même de Dassault Systèmes), qui peuvent être indiens et ne rien connaitre au métier de l’avionneur ?
(réponse partielle : au moins 6 mois, rien que pour connaître les termes du métier de systémier aéronautique.)
Même ceux qui ne travaillent que dans les opérations de support informatique doivent se coltiner les travaux résiduels que les informaticiens des SSII ont soigneusement évités de mentionner dans leurs contrats de droit anglo-saxon, parce que « ITIL-de-Mme-Thatcher » était à la mode !
Prétendument parce qu’une ex-DSI de Renault a décidé que cela rapporterait plus de sous en 5 ans, sans connaître le métier des informaticiens de l’avionneur… ni même les exigences de sécurité applicables.
Heureusement, même les meilleurs erreurs de recrutement ont une fin, et Eric T. a finalement donné raison à Carlos G. ! 😉
oui mais non. la plupart du temps, les logiciels sont développés par des gens qui connaissent bien leur domaine, et qui ne rechignent pas en heures de travail.
Le problème est plutôt dans la qualité de développement et la conformité au règles pour la mise en réseau.
On était à peu près arrivés à un bon équilibre dans l’armée de l’air en 2004-2005. puis la DIRISI est arrivée.
mon argument portait plutôt sur le juridique. ici on parle d’un projet minuscule et sans enjeu, vous savez probablement que tous les échecs ne sont pas si anodins.
Un problème hyper classique : avoir un outil de supervision, de suivi et de pilotage pour une multitude d’activités.Un tableau de bord.. »Qu’est ce qui se passe »?
L’opinion de quelqu’un qui connait un peu ces « aventures » et qui n’engage que lui:
L’objectif est clair mais le plus souvent les systemes doivent être ‘ »connectés, et de plus les données ne sont jamais , ou tres rarement ,compatibles dans leurs structures et leurs contenus.La plupart de ces projets « top down » sont des échecs en terme de coûts et de temps.Sur ces 3 ans ,CAP Gemini a du prester 20 à 40 personnes au total vu le cout facturé…pas grand chose..
Sans travail préalable au niveau de chaque activité pour mettre en place un outil compatible avec des données identiques cela ne marchera pas..approche « bottom up » d’abord,donc
Quelle était le degré d' »implication » de ces activités..(c’est mon truc!c’est different ici..!,)Dans le privé la « pression manageriale » ‘ (sic) permet « l’alignement »(sic encore)
20 à 40 personnes? Le coût d’un ingénieur français doit plutôt relever de 100k€ par an. Donc max 3,3 personnes sur 3 ans. Plus de monde si c’est en Inde.
Avec une petite société, ça ne change pas grand-chose sur les salaires, le marché du travail est ce qu’il est.
effectivement. surtout que chaque outil répond à une logique différente. identifier les développements locaux de mini sites webs n’a rien à voir avec suivre un logiciel de calcul de maintenance d’un moteur de Mirage 2000…
Ce n’est pas grave.
Nos chers dirigeants vont recréer une nouvelle taxe pour éponger cet nième flop.
Dans une société privée il y aurait eu de belles sanctions…
vous voulez sanctionner l’état qui impose aux militaires des règles de temps de paix quand on est orientés vers l’opérationnel ?
Wikipédia est là pour nous rappeller qu’en son temps le dossier « affaires des avions renifleurs » a, lui aussi, coûté cher à la France.
CAPGEMINI…tout est dit !
Encore un gâchis ! Et de l’argent mis à la poubelle !
Je désirerai tres fortement que la Cour des Comptes fassent des audits complets de tous les financements de projets, de développement de tous systèmes informatiques .(liste non exhaustive) ….qui se sont terminés par des échecs !
C’est comme les comités « theodules » qui sont en fait des goufres financiers !
Et en synthèse : combien cela a coûter au finance publique c’est a dire aux contribuables !
Par ces temps de disette financière de l’état : CELA EST INDISPENSABLE
@Mic
Attention!
Réfléchir c’est déjà désobéir!
En fait, recourir à la sous-traitance, en informatique, c’est une façon de se défausser de toute responsabilité, ou de cibler insidieusement un service que l’on veut supprimer dans une organisation, sous prétexte de maîtrise des coûts…
Le triangle maudit « Donneur d’ordre, cabinet de conseil ou SSII, service cible » est parfaitement décrit dans un ancien ouvrage intitulé « Le Manager et son Équipe », sous le paragraphe « collusion ».
Ayant eu à pratiquer à mes dépens le rôle du consultant devant écrire « sous la dictée » les « conclusions déjà décidées », je sais que le recours à un cabinet extérieur n’a que pour but d’attribuer un logo sur un document préexistant. Heureusement, la boîte qui m’avait envoyé (chez EDF, pour ne pas nommer les services concernés) a disparu corps et bien. Certaines faillites d’entreprises sont parfois le seul moyen de se défaire de telles pratiques. Dans l’administration ou dans l’armée, c’est plus difficile… 😉
Bein ouai mais la cour des comptes la première nous coûte pour juste faire des recommandations. En gros, elle sert pas vraiment à grand chose mis à part recyclage de copains………la politique quoi !!!!!
De toute façon, c’est trop tard.
Pas la peine de se chercher un ennemi en Russie, le notre est bien chez nous, des politiques qui se sont gavés sur la bête, de la scène de théâtre pour nous faire croire de grandes choses mais au final, tous à la buvette à l’AN.
Des partis politiques qui sont …………partis mais loin, très loin.
Rien, aucun courage, aucunes propositions concrète, du vent.
Alors ne jetons pas tout, il y a bien quelques personnalités politiques qui ne sont pas de mauvaises personnes et ont certainement un réel intérêt pour le pays mais ils sont noyés, isolés, anonymatisés dans la nasse.
Et ne parlons pas de notre super contre-pouvoir journalistique…ennuyeux, ne posant pas les bonnes questions, ne se penchant pas sur les bons sujets, trop aux ordres de tout ce marasme.
Ah si, ils se réveillent maintenant, mais trop tard les amis.
Bref, on va connaître des temps très durs, ne vous y trompez pas et attendez de voir, le PANG…aux oubliettes, le Rafale F6…aux oubliettes, le système de santé…déjà à moitié aux oubliettes, l’éducation nationale …pas le temps, y’a manif et tant pis pour le classement pysa, la retraite……alors là, préparez vous, ça va saigner dur chez nos anciens, on va vous apprendre à faire avec moitié moins.
Finition la récré pour nous, Arbeit.
Tiens ce qui est fait en interne semble marcher, et pour beaucoup moins cher ,que ce qui a été réalisé par une entreprise privée .
1 million, ce n’est pas grand chose…
@Guy
Je vois ! Puis je vous envoyer mon IBAN en MP ?
Merci beaucoup, puisque ce n’est pas grand chose pour vous, ça sera très bien pour moi 😉
Attend d’avoir besoin d’ingénieurs. Si pas besoin, pas de soucis, mais si tu en a besoin, c’est autre chose. Les ingénieurs français coutent cher, valent cher, et on en forme deux fois moins qu’ils n’en faudrait pour les besoins de notre économie. Le niveau requis étant élevé et l’école publique s’effondrant, ça rends illusoire l’idée de faire rentrer du monde dans ce type d’études.
Il n’y a pas que l’école publique en France, je ne sais pas chez vous.
Et pour la France les établissements non-publics du domaine ont un avenir radieux.
Les gens voient dans les rues et à la TV le résultat des 15 ans de ministres socialistes (officiels ou crypto) qui sans interruption ont œuvré à changer le système éducatif en sorte de camps d’éducation propagandiste.
Non pas que ceux d’avant étaient systématiquement meilleurs mais il n’y avait pas ce biais jaloux, haineux et violent qui est infusé depuis dans les cerveaux dont la qualité est en retrait, c’est scientifiquement prouvé par le QI moyen en baisse chez les jeunes, en Occident.
On n’a pas de mesures similaires anciennes pour comparer ailleurs…
C’est marrant, ça.
Là où vous ne voyez que des socialistes ou krypto-socialistes, d’autres voient d’infâmes suppôts du capitalisme prédateur et de la finance internationale.
Comme quoi, la valeur de ce genre de commentaire est très relative… et Monsieur Lagneau a bien raison de nous appeler à ne pas politiser nos interventions.
Vous n’avez pas lu sa récente note ?
@guy
« Dix sous, c’est pas cher ! », comme dirait Gérald…
Cf. sous YouTube, Les Goguettes « Just a dissolution »
https://www.bing.com/videos/search?q=YouTube+just+a+dissolution&qpvt=YouTube+just+a+dissolution&FORM=VDRE&PC=EMMX01
@guy : plutôt d’accord. Ce sont plus les 5 ans de perdus, le problème.
Au passage : ils sont décidément très affûtés, ces fouineurs de la Cour des Comptes.
Ce qui m’amène parfois à m’interroger sur leur réelle compétence technique pour parler de façon réellement pertinente de sujets souvent très pointus.
Mais en ce qui concerne les projets informatiques désastreux, ce n’est hélas pas la première fois qu’ils sont confrontés à l’analyse de ce genre d’échec, et que que ce n’est probablement pas la dernière fois.
Sur le fond, je suis d’accord avec vous, en l’occurrence, ce n’est pas tellement au niveau du montant en lui-même que se situe la problématique (même si, transposé à des projets beaucoup plus volumineux, y compris ceux qui fonctionnent, ce cas pose la question de la légitimité et de la maîtrise du surcoût lié à l’emploi de prestataires informatiques privés).
C’est pas un gros problème à côté des forges de Tarbes.
Quelle surprise ! J’ai monté ma boîte il y a quatre ans et je constate que rien ne fonctionne au niveau des sites internet de l’Etat. Soit ça déconne, soit le fonctionnement et les étapes à suivre sont incompréhensibles. L’URSSAF, Chorus, Maretraite etc. même le vocabulaire est dans une novlangue d’ingénieurs. Chorus, pour déposer des factures à des institutions publiques. Au lieu de « Déposer facture » les mecs ont écrit « Factures émises ». Va comprendre Charles…
Mais le pompon ça a été le renouvellement de mon permis de conduire international. Le site ne validait jamais ma démarche.
Au bout de six mois, après de multiples démarches (on m’a même dit d’essayer avec un PC car c’est le MAC qui devait faire planter le site…), c’est moi qui leur ai indiqué d’où venait le problème : j’habite un 16 Ter. Les mecs n’avaient pas prévu que des adresses pouvaient contenir un Ter.
Et on veut se lancer dans l’IA…
Alors là, ton histoire m’a tué l’ami.
C’est clair que beaucoup d’ingénieurs, certes intelligents, ne comprennent pas comment fonctionne le monde.
Du coup, y’a un sacré décalage entre ce qu’ils ont dans la tête et ce qui est mis en œuvre et fonctionne.
C’est un peu comme les ENArques…À part que eux, apprennent à t’entourlouper facile, ça fait partie de la formation lol.
Bref, ça fait peur !!!! Comme disait l’autre.
Désolé pour vous si cela semble être de la novlangue, mais quand on facture un client, le terme financier consacré est bien qu’on « émet une facture » vers ce client.
Cela dit, il est vrai que certaines interfaces internet sont rébarbatives (et pas que sur les sites des administrations publiques).
Si c’est, comme je le suppose, sur le site de l’ANTS que vous avez fait renouveller votre permis, il n’est en effet ni convivial ni intuitif, et j’ai dû plusieurs fois « respirer un grand coup » pour parvenir à y effectuer une démarche un peu inhabituelle cette année.
En revanche, au-delà de l’interface peu conviviale, alors qu’on m’avait prévenu que ladite démarche serait longue et difficile, j’ai eu la bonne surprise de constater que l’ANTS avait traité rapidement et efficacement mon dossier.
D’ailleurs, d’une façon générale, dans mes échanges avec l’administration, je trouve que l’obtention des documents et la gestion des dossiers est plutôt efficace.
Mais je n’habite pas à un N° ter de ma rue !
J’ai vraiment l’impression que les projets remportés par CAPGEMINI sont foireux à 90 %. La boîte se gave sur nos impôts !
Projet Scribe : 257,4 millions d’euros !
https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/07/02/cabinets-de-conseil-capgemini-le-couteux-prestataire-dont-l-etat-ne-sait-plus-se-passer_6133034_4355770.html?srsltid=AU7gw4VVcJusOHllYzP_YdUEvOanP2207wgA5URCJe5j21N-ZwywALM8
SCRIBE est un scandale pour le ministère de l’intérieur, la surface financière de certaines boîtes privées leur permet de voraces tous les marchés publics…
Cela vient de faire l’objet d’un arrêt de la cour des comptes, le 28 août 2026 : 6 responsables ont été condamnés.
https://www.usine-digitale.fr/transformation-numerique/logiciel-scribe-comment-les-defaillances-de-pilotage-dun-projet-informatique-de-la-police-ont-cause-30-millions-deuros-de-prejudice-a-letat.RCR5T2ZII5CWJLTMF2C3XF6K3E.html
Encore une agence inutile qui nous coûte plus d’un milliard par an pour faite de « l’animation de communauté » et qui est régulièrement ignorée dans les nouveaux projets.
Combien d’autres dans ce genre?
L’IAD: Comment créer une énième structure sur un ensemble déjà saturé de structures. Et après on s’étonne que ça ne marche pas…
est-ce que ça ne serait une Nieme version du cas classique: un démonstrateur permet d’obtenir un contrat, mais c’était juste un truc bricolé très mal structuré. et au lieu de repartir du début pour créer une structure saine on bricole des trucs par-dessus des bricolages jusqu’à ce que tout s’effondre ?
Faut qu’ils arrêtent de copier sur la Police Nationale…
1) Donc le coût total du système sera de 1.205 K€ et pas 105K€. On ne sait pas les enseignements qui ont été retiré par le personnel de l’AID du premier contrat, on ne sait pas vraiment non plus ce que contienne les 105K€ (licences? MO? sous-traitance?) et surtout en général on est beaucoup moins exigeant envers soi-même qu’envers un tiers (je serais curieux de voir le taux de couverture de l’outil interne par rapport aux exigences du cahier des charges acceptées par Cap Gemini). Tout ceci bien sur sans remettre en cause, un loupé de Cap Gemini. Fondamentalement, si le seul foirage de l’AID est ce projet, je pense qu’ils ont quelques leçons à donner à beaucoup d’administration… Bref un non sujet dans son enjeu et dans son montant.
2) Ce qui semble beaucoup plus intéressant dans cet article ce sont les autres remarques de la Cour des Comptes. Elle s’interroge sur la cohérence des actions/moyens par rapport aux missions mais absolument pas sur la cohérence organisationnelle et la cohérence des missions. En lisant la mission de l’AID sur son site internet, on note que son champ d’action est extrêmement large: de l’innovation court terme à l’innovation long terme (éviter les surprises stratégiques) tout en tenant compte d’approches duales (civiles/militaires) et en ayant un rôle sur le déploiement desdites innovations (et non pas seulement leur mise au point).
On peut se dire que l’innovation court terme est avant tout une innovation au plus près du terrain, et que donc dans ce cas l’innovation « décentralisée » est effectivement la bonne approche, reste donc à consolider non par pour contrôler (cela serait contre nature) mais pour suivre ce qui se passe et déployer ce qui peut l’être. A priori la DGA peut très bien le faire, pas besoin de l’AID.
Ensuite l’innovation long terme (évitement de la surprise stratégique) n’a rien à faire dans la DGA, ce type d’innovation impacte très fortement les doctrines et les concept d’emplois, ce sont des éléments structurants. Donc à minima rattachée au CEMA voir au Ministre pour éviter l’effet « levée de bouclier » en interne.
Donc de mon petit point de vue, le champ d’action de l’AID est bien trop large, pas vraiment cohérent et n’a pas grand chose à faire dans la DGA. Soit on fait une DARPA (innovation de rupture/stratégique directement rattachée au DoD), soit on fait pas. Mais cet entre-deux me semble contre-productif (allouer des ressources pour courir après ce qui se fait en interne, plutôt que de produire) et pas vraiment tenable.
La Cour des comptes a révélé ce fiasco, soulignant les détails de cet échec technologique et financier :
L’origine du blocage
• Difficultés d’interfaçage : Le prestataire choisi s’est heurté à des obstacles techniques majeurs pour connecter le nouveau système aux outils informatiques déjà existants de l’AID.
• Récupération de données impossible : Cette liaison était pourtant indispensable pour récupérer et centraliser les données nécessaires au pilotage de l’agence.
La répartition des coûts
La facture totale de 1,113 million d’euros se partage entre deux sources de financement public :
• 854 000 euros financés directement par le ministère des Armées.
• 259 000 euros issus des crédits du plan de relance numérique de la Direction interministérielle du numérique (DINUM).
Les conséquences pour l’AID
À la suite de l’abandon du projet en 2024, un autre système dédié au « management de la donnée » a été mis en expérimentation. Cependant, la Cour des comptes a déploré qu’à la fin 2025, l’AID ne disposait toujours pas d’un système d’information fonctionnel capable de lui offrir une vue consolidée et transversale de ses projets.
attention, certains livrent CAP GEMINI, hors cette société n’est pas dans le rapport de la Cour des comptes .
Ceux qui n’ont pas vu un déploiement SAP en entreprise, depuis le lancement du projet jusqu’à…. jamais fini, jamais (nouvelle version, module complémentaire, data lake, IA, etc…) n’ont encore rien vu.
Avec les DSI ‘sponsorisés’ par cette boutique et qui tournent entre les boites, de la city en UK, du CAC 40 en France, etc…
L’argument est massue: on prend SAP, IBM et Microsoft, c’est le top, on a aucun risque. Avec ATK, BCG, McKinsey, etc… pour piloter le projet comme ça si ça merde c’est eux, tout est nickel.
Après 4 ou 5 ans de galère le DSI change de boutique avant d’être viré, dans le jeu de taquin mis en place avec l’appui des DRH qui font de même entre eux.
Le résultat est que systématiquement la boite baisse en performance dans le monde réel mais pas dans les slides présentées à la DG jusqu’à ce que la réalité s’impose et là ce sont les opérationnels qui trinquent avec une réorg à la clé.
Ce qui amène de nouvelles boutiques de consulting (anglo-saxonnes évidemment) qui font recommencer à zéro mais tout pareil.
Et en plus c’est vrai (pour ceux qui pourraient croire que c’est trop gros).
Alors 1M€, on voit que c’est petit joueur.
Too small to succeed 🙂
Capgemini. quand b etais affecte a paris dans les annees 1990 j zi etr oblige d assister a la mise en.place d un nouveau logiciel rh fait par capgemini rt bossarconsulting …. nois etions plusieurs a nous demander qui avait voulu de ca
« j zi etr oblige »
Hum-hum…
Certes, gros doigts et petit clavier, un grand classique.
Mais aussi clavier américain sans accents, touche apostrophe en panne et touche majuscule en vacances ?
C’est ballot, ça.
Parce que, tout de même, 22 mots sur 43 avec au moins un caractère non conforme aux règles du français écrit, ça commence à faire un peu désordre, non ?
Une agence par ci, une agence par là; faudrait agencer tout ce foutoir.
Et que nos chers « têtes pensantes » réalisent enfin qu’une usine à gaz ça ne produit que du gaz.
Certes en période de pénurie ce pourrait-être alléchant mais ici le gaz produit est bien trop volatil et disparait aussi vite que nos impôts.
Les sociétés qui font de la régie gagne plus, en faisant travailler des incompétents, ce qui entraine des temps de travail plus longs et donc une facture plus élevée. Les indiens ont une culture anglo-saxonne, pas une culture française d’ou une certaine incompréhension entre la demande et le travail effectué.
Ceci dit l’informatique ne fait qu’informatiser le bordel ambiant et ne le corrige pas.
Là, on peut penser que l’IA générative devrait être utile … si elle est bien utilisée !
Dès la lecture du titre je savais que j’allais lire le nom de CAPGEMINI. Vraiment des branques… Comme ceux qui continuent à leur passer des commandes malgré le passé, et le passif.
Tout politicien et haut-fonctionnaire devrait avoir travaillé 15 ans minimum dans une entreprise privée.
C’est le contraire, on devait leur interdire d’aller bosser dans le privé sauf a démissionner.
@aleksandar :
Tout à fait, et donc précision :
15 ans de privé -> public, puis interdit de retourner dans le privé.
Enfin, comme souvent dans ces sujets, ce sont précisément des grandes entreprises privées qui sont défaillantes, de même que le recours au grands cabinets de conseil est un usage des entreprises privées, donc votre conseil n’est pas une garantie
@Georges : Il ne s’agit pas de savoir si une entreprises privées est défaillante, mais d’inculquer aux futurs politiciens la rigueur et le savoir du non-déraper financier.
c’est comme pour tout en france, l’argent est dilapide de facon honteuse, peu importe le secteur tant que c’est publique ou associatif se sont les citoyens qui rincent on peut donc se permettre nimporte quoi pour qu’un petit nombre s’enrichissent a nos frais.
quand je vois ce qui se passe dans le social et l’accueil de toute l’humanite en france …… le pognon que ca nous coute
On voit à la nuance de vos propos que vous avez un avis éclairé.
Je parie qu’on vous l’avait jamais dis-celle là ! Sur ce, bonne réflexion pour la suite.
vous pouvez dire grotesque ca n’en reste pas moins la réalité.
que cela vous plaise ou non, en france on dilapide l’argent des citoyens et on leur en redemande ensuite sans qu’ils puissent dire non.
Et si vous orientiez votre croisade nationale vers l’usage du F majuscule quand on parle de la France et des Français ?
je le ferai lorsque la france sera redevenu la France.
Vous le ferez lorsque la France sera redevenue la France ?
Sauriez-vous nous dire de quelle France vous parlez de ce à quoi elle doit ressembler pour être la France qui mérite le respect à vos yeux ?
La FRANCE c’est la FRANCE , un pays en perpétuel mutation, renouvellement, révolution …. peut-être n’êtes vous pas né dans le meilleur instant de sa longue et grande Histoire .
Qu’on ne vous l’avait jamais dite, celle-là.
>> seules 27 % des fonctionnalités identifiées lors de l’expression de besoin étaient couvertes par la solution
Et ils ont payé ?? Encore un contrat rédigé avec les pieds (et encore mes pieds feraient bien mieux). Un contrat avec paiement sur objectifs et avec pénalités de retard ils ne connaissent pas ?? C’est même le B-A- BA pour de la s/t, en plus ça évite les risques de délit de marchandage en évitant la velléité de vouloir « piloter » le s/t. Tout ça associé à un calendrier de livraisons pour vérifier que le projet ne dérive pas et en général ça roule.
Autre possibilité : des specs tellement bien rédigées que cela a donné toute latitude au s/t indélicat de jouer la modif.
Remember « LOUVOIS »
Et quand passera-t-on des contrats avec une obligation de résultat?
Pas de résultat ? Pas d’argent.
Quand je vais au restaurant, je ne paye que si j’ai eu a manger.
Quand je vais faire le plein, je ne paye que ce que j’ai mis dans le réservoir.
Quand je veux un logiciel, je ne le paye que quand je l’ai reçu.
Simple, non?
L’AID est en échec sur son informatique de tableau de bord global de ses projets, OK.
Mais à ce jour ce sont des centaines d’initiatives et de projets qui sont nés sous son égide, dans des domaines stratégiques pour la défense et dont certaines sont déployées opérationnellement :
– Lutte anti-drone et armes à énergie dirigée (par ex. laser Helma-P),
– Robotique, Espace et IA opérationnelle (par ex. STAMINA, AUROCHS – robots terrestres autonomes se déplaçant sans GPS),
– Projets spatiaux et souveraineté (par ex. TOUTATIS, M3FSA)-
– Financement de jeunes pousses très innovantes (par ex. dans le calcul quantique, où la France fait dorénavant partie des tous premiers leaders mondiaux et va mener en chef de file européen le très ambitieux programme Quantum Act de l’UE),
– Programme CoHoMa (Collaboration Homme-Machine) : mené depuis plusieurs années, a validé le déploiement sur le terrain d’hommes et d’essaims de drones opérant en combat collaboratif.
Un bilan très positif – qui n’excuse pas le tableau de bord raté, mais le remet dans son contexte.
Tout à fait en ligne, si le seul loupé de l’AID c’est un SI à 1Meuros, ce n’est même pas un sujet (la Cour des Comptes doit avoir du temps à perdre pourtant il me semble que les sujets ne manquent pas).
Ses succès sont nombreux mais je pense qu’il y a tout de même des soucis structurels et organisationnels qui apparaissent en filigrane dans le rapport et mériteraient plus d’attention (cf mon commentaire précédent).
On ferait bien de s’inspirer des Anciens :
Règle d’Éphèse
Lorsqu’un architecte obtenait la charge d’un ouvrage public, il devait annoncer à l’avance combien celui-ci coûterait. Son devis était remis au magistrat et ses biens personnels étaient engagés comme garantie jusqu’à l’achèvement des travaux.
Puis trois situations étaient distinguées :
Coût final Sort de l’architecte
Égal au devis Il recevait des décrets et des honneurs de la cité.
Dépassement ≤ 25 % Le supplément était payé par le trésor public, et l’architecte ne subissait aucune pénalité.
Dépassement > 25 % Le supplément nécessaire pour achever les travaux était prélevé sur les biens personnels de l’architecte.