L’US Army sélectionne cinq industriels pour concevoir un missile tactique sol-sol d’une portée de 1 000 km

Avec la fin du Traité sur les forces nucléaires intermédiaires [FNI] qui interdisait aux États-Unis et à la Russie de concevoir, produire et déployer des missiles sol-sol – nucléaires ou non – d’une portée comprise entre 500 et 5 500 km, l’US Army a modifié les exigences du programme PrSM [Precision Strike Missile], qu’elle avait lancé pour remplacer le missile MGM-140 ATACMS [Army TACtical Missile System], en demandant à Lockheed Martin d’étendre sa portée «au-delà de 499 km».
Ce PrSM incrément 1 a été utilisé pour la première fois au combat par l’US Army lors de l’opération «Fureur épique», lancée par les États-Unis contre le régime iranien, le 28 février dernier.
En outre, en mars, Lockheed Martin a fait part de sa volonté de quadrupler la capacité de producition du PrSM. Pour autant, le développement de ce missile tactique, tiré par le lance-roquettes multiple M142 HIMARS, n’est pas encore terminé.
En effet, le mois dernier, dans le cadre de la phase dite «incrément 2» de ce programme, le Pentagone a notifié un contrat de 1,2 milliard de dollars à Lockheed Martin pour doter le PrSM d’un nouvel autodirecteur censé lui permettre d’atteindre des cibles en mouvement. L’incrément 3 prévoit l’intégration de nouvelles ogives. Enfin, une quatrième phase [incrément 4] vise à augmenter significativement sa portée.
Il n’est pas certain que Lockheed Martin soit retenu pour mener à bien cette dernière. En effet, le 29 septembre, l’US Army a fait savoir qu’elle avait sélectionné quatre autres industriels pour développer un missile sol-sol tactique capable d’atteindre des cibles en mouvement [véhicules, navires] situées à une distance de 1 000 km.
Ainsi, outre Lockheed Martin Missiles and Fire Control, Anduril, Castelion, RTX et Mach Industries ont été chacun notifiés d’un contrat de type OTA [Other Transaction Authority], lequel permet à certains organismes fédéraux américains de s’affranchir des règles classiques de passation de marché.
Cette annonce peut surprendre étant donné que, en 2023, l’US Army avait déjà rentenu Lockheed Martin et un tandem formé par RTX et Northrop Grumman pour développer le Long Range Maneuverable Fires [LRMF] au titre de l’incrément 4 du programme PrSM. Mais l’apparition de nouveaux acteurs, comme Anduril, Mach Industries et Castelion, capables de faire mieux que des industriels bien établis pour moins cher, a changé la donne.
Quoi qu’il en soit, les entreprises retenues auront à concevoir, selon une architecture ouverte, des prototypes de missiles à longue portée pouvant être tirés par le M142 HIMARS. L’US Army entend procéder à une première sélection à l’issue d’essais prévus en 2027. Un choix définitif pourrait être annoncé avant 2030.
Photo : PrSM Inc 1 – Lockheed Martin





Et la France pendant ce temps?
Elle s’embrase !
Vous suivez rien à l’actualité ou quoi?
@Bloup quel missile de ce type développons nous?
« Et la France pendant ce temps? »
Disons que ça commence à frémir
https://www.opex360.com/2026/09/29/selon-le-senat-le-retablissement-dune-composante-nucleaire-terrestre-pourrait-etre-une-option-a-ne-pas-negliger/
mais……….. nous sommes tenus par notre dette tandis que les U.S. eux la « finance » par leur $! (Comme ils l’avaient déjà précisé il y a longtemps déjà : » le dollar c’est NOTRE monnaie mais c’est VOTRE problème! ») Et nous n’avons pas tout à fait la même « envergure » industrielle!
@Pascal nous n’avons pas besoin de têtes nucléaires supplémentaire. Le nucléaire c’est contre le nucléaire.
« Pascal nous n’avons pas besoin de têtes nucléaires supplémentaire. » Je parlais des vecteurs!
« Le nucléaire c’est contre le nucléaire. » Dans le cas de frappes tactiques pas forcément mais c’est néanmoins mettre le doigt dans un engrenage
@Pascal l’autre « mais c’est néanmoins mettre le doigt dans un engrenage » C’est donc inutile: soit on tire directement au stratégique soit on ne tire pas.
La vertu des missiles tactique est d’avoir servi de bouclier contre Bercy pour sauver les deux escadrons des FAS.
@Aramis
Justement, l’intérêt de l’arme nucléaire tactique n’est pas seulement de servir d’« avertissement ».
Sa fonction essentielle est de créer un couplage entre la bataille conventionnelle et la dissuasion nucléaire stratégique.
Tant que l’adversaire peut être certain qu’une offensive conventionnelle restera conventionnelle, il peut calculer le rapport de forces et accepter le risque. L’existence d’un échelon nucléaire intermédiaire introduit au contraire une incertitude fondamentale : poursuivre l’offensive conventionnelle peut provoquer le franchissement du seuil nucléaire, puis éventuellement conduire au stratégique.
C’était parfaitement assumé dans la doctrine française de la guerre froide. En 1983, le gouvernement disait explicitement qu’« il ne peut être question de découpler les armes nucléaires stratégiques des armes nucléaires tactiques ».
Le Pluton, puis le Hadès et les moyens aéroportés, participaient donc à ce couplage. Leur valeur dissuasive venait précisément du fait qu’une agression conventionnelle majeure pouvait déboucher sur une séquence que l’adversaire ne maîtrisait plus complètement.
L’« ultime avertissement » est une modalité de ce mécanisme, pas sa raison d’être fondamentale.
Dire « soit on reste conventionnel, soit on frappe directement au stratégique » revient au contraire à supprimer ce couplage et à créer un fossé beaucoup plus large entre guerre conventionnelle et emploi nucléaire stratégique. Or plus ce fossé est large, plus la menace de franchir le seuil nucléaire peut paraître difficile à mettre à exécution — et donc perdre en crédibilité dissuasive.
Un « missile balistique terrestre » de 1000 a 2000 km de portée, cela ne vous dit rien ?
@Frédéric c’est 1000 km ici. Quel missile de ce type à tête conventionnel avons nous ou développons nous?
@Aramis
Si le missile va à 2000/3000 km, il doit pouvoir atteindre les 1000 km, non ? …
Et le développement de tels missiles sol-sol est en cours, comme je vous le rappelle dans d’autres réponses à vos commentaires.
@Aramis « C’est donc inutile: soit on tire directement au stratégique soit on ne tire pas. » Dans ce cas pourquoi l’armée de Terre a disposé de régiments de Pluton et Hadès, c’était bien pour du tactique vu la portée des missiles et la puissance des charges nuc, avec du stratégique des frappes sur le territoire de l’ennemi aurait vu l’emploi des missiles d’Albion et de nos S.N.L.E et là nous sommes dans du « mégatonnique »! On nomme cela de la riposte graduée!
« pour sauver les deux escadrons des FAS. » Si vous le dites……….. mais dans ce cas vous avez oublié la mise en œuvre de l’A.S.M.P.A.R. par la Marine Nationale!
FLP-T (Frappe Longue Portée Terrestre)
https://www.opex360.com/2026/09/10/le-marche-des-futurs-lance-roquettes-multiples-de-larmee-de-terre-a-ete-notifie-a-mbda-et-a-safran/
@Jean-Michel quel missile conventionnel de 1000km de porté sont ils supposés mettre en œuvre?
L’architecture du lanceur retenu est nativement conçue pour être évolutive. À terme, le système intégrera un missile balistique ou de croisière plus lourd capable d’atteindre des cibles situées entre 500 et 1 000 km comme le B-STRIKE 1000 d’ArianeGroup.
@Jean-Michel et quand sera développé ce missile?
B-Strike vient d’être présenté à EuroSatory 2026…
Développement en cours.
@Aramis le projet d’actualisation de la Loi de programmation militaire 2024‑2030 prévoit 1,1 milliard d’euros pour lancer des études sur un missile balistique sol‑sol de théâtre à capacité conventionnelle.
Programmes LCM et ELSA…
@Vortex commandes?
@Aramis
Oui, et ? Quelles commandes sont en cours par les américains sur ce nouveau programme de missile de 1000 km de portée ?
Rien ! Ils en sont encore au choix des projets industriels !
Sinon, pour LCM, MBDA annonce un premier tir pour 2028, et le proposera au marché en 2029-2030.
L’industriel a présenté la dernière version de son missile, accompagnée de son panier érecteur, au dernier EuroSatory.
Bref, ça avance bien et vite.
Ariane et Thales ont dans leur cartons des missiles balistiques sol-sol d’une portée entre 1000km et 2500km qui avaient été imaginé pour le remplacant des LRU, c’est l’Etat qui lancer le programme désormais.
Mais y’a pas de difficulté technique trop importante, c’est qu’une question d’argent.
@Magic38 « c’est qu’une question d’argent » Justement…
Non, pas « justement « …
Et pour l’instant ce n’est même pas une « question d’argent « .
Avant de commander quoi que ce soit, il faut essayer, démontrer.
Avoir un programme dans ses cartons, c’est bien, mais il faut d’abord montrer qu’il est bien viable avant toute commande.
Voyez, la France n’a commandé FLP-T Thundart qu’une fois les essais réalisés, je vous le rappelle…
Logique.
Avec des budgets qui le permettent largement, ce n’est pas qu’une question d’argent, mais de priorités fixées (figées, même gelées on pourrait dire) par le pouvoir politique.
Or ces priorités ont été fixées en 2017, et ne bougeront pas avant 2027 au mieux. Le refus du gouvernement de s’adapter en profondeur à la guerre de Poutine est ainsi formalisé dans ses « lois de programmation militaire », qui disent là où la France fera son effort, et comment tout le reste peut aller se faire voir, guerre ou pas guerre.
L’absence d’effort radical sur les munitions depuis 2022 n’a rien à voir avec la dette.
Tient… les Us passent au système métrique !.?
Sans doute simplement à l’origine, la demande du doublement de la portée maxi des missiles avant la fin du traité fni
Dans tous les cas, la multiplication par différents pays de ses longues portées posent aussi problème… cela floute la frontière conventionnelle/nucléaire
Des méprises possible en perspective…
La France, la DGA plutôt, y travaille parait il. Mais peu de chose transpire sur les vecteurs choisis pour la frappe dans la profondeur. Faut il un missile ou une roquette hybride ?
@Kantaten,
La France y travaille, et les suisses ont demandé où il fallait signer…
La guerre russo-ukrainienne nous montre déjà que la profondeur stratégique de la Russie, qui était son atout historique, est en train de disparaître. Il est probable que le gisement gazier Yamal située en Sibérie du Nord donc très loin, finisse par être tapé : un peu moins de 3000 km en trajectoire droite au départ de Kharkiv.
Petite remarque subtile : le même gisement peut être tapé au départ de la petite frontière Chine-Russie située entre la Mongolie et le Khazakstan.
Nul doute que de nombreux pays vont (sont en train de) développer simultanément des missiles de portée moyenne+++. 1000km n’est , amha , qu’un discours de façade.
En cas de guerre, le France pourra toujours envoyer au front les casseurs de lycées armés de bouteilles de gaz hilarant et de mortiers feux d’artifice.