Le Pentagone va créer un commandement interarmée dédié aux systèmes autonomes

Dans un rapport publié avant la trêve estivale, le Sénat a appelé à un «sursaut stratégique français» en matière de guerre des drones, estimant que les efforts du ministère des Armées étaient encore beaucoup trop insuffisants. Ainsi, a-t-il relevé, 1,25 % des crédits de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 sont alloués aux drones [1,92 % après son actualisation]. Et seulement 28 % de ces derniers ont été effectivement «consommés» entre 2024 et 2026. Autre donnée qu’il a soulignée : le délai moyen entre l’apparition d’une nouvelle technologie et le développement d’une parade pour la contrer est de seulement six semaines.
Les états-majors sont manifestement conscients de ce retard. Celui de l’armée de Terre fait ainsi valoir que «si le XXe siècle a été celui de la mécanisation de la guerre, le XXIe siècle sera celui de sa robotisation», avec un «emploi massif de drones et de robots dotés d’une autonomie croissante», associé à «l’émergence de dispositifs de défense et de contre-mesures également de plus en plus automatisés».
Seulement, a noté le rapport sénatorial, «cette transformation n’est pas encore vue comme une priorité de notre modèle d’armée» et les «initiatives engagées dans les domaines des drones, de la lutte antidrone [LAD] et de l’intelligence artificielle [IA] demeurent largement conduites de manière sectorielle».
Et d’ajouter : «Cette dispersion donne le sentiment d’une juxtaposition de briques technologiques dépourvue d’une vision d’ensemble clairement définie. Pourtant, ces investissements ne devraient pas être considérés isolément, mais comme les composantes d’un projet cohérent visant à préparer les armées françaises à des conflits dans lesquels la robotisation et l’autonomie des systèmes occuperont une place centrale». Ce qui fait dire à ses auteurs que la préparation des forces françaises est «encore largement orientée vers les conflits d’hier».
Aussi, au regard de ce constat, ce n’est probablement pas tant le spectre de «l’étrange défaite» qu’il faudrait convoquer… que celui du désastre de la bataille d’Azincourt, au cours de laquelle la fine fleur de la chevalerie française fut décimée par les archers anglais, armés de grands arcs à longue portée [longbow].
D’ailleurs, c’est à dessein que le secrétaire américain à la Guerre [SecWar], Pete Hegseth, a annoncé que le DRPM-UxS [Direct Reporting Portfolio Manager for Unmanned Systems], structure créée en 2025 pour accélérer le développement, l’acquisition et le déploiement de systèmes autonomes, allait mener le projet «Agincourt» [Azincourt, en français] pour accompagner la montée en puissance d’un futur «commandement de la guerre autonome» [AUTOWARCOM pour Autonomous Warfare Command] qui, confié à un général «4 étoiles» [équivalent d’un général d’armée, ndlr], devra être opérationnel à compter du 1er octobre 2027.
Le projet Azincourt visera à élaborer un «nouveau concept» consistant à associer les «opérateurs et les entrepreneurs» dans des «cycles d’adaptation rapides» et à rapprocher «les décisions et les financements des unités de première ligne», a expliqué M. Hegseth, lors d’un discours prononcé à Quantico [Virginie], le 30 septembre.
« Le rythme de la guerre évolue plus vite que le processus destiné à la soutenir. La puissance de calcul bon marché, la superintelligence et les capacités avancées de production industrielle ont permis la prolifération de frappes de haute précision à faible coût», a avancé M. Hegseth pour justifier la création de ce nouveau commandement dédié aux systèmes autonomes.
«Pendant quarante ans, les États-Unis se sont appuyés principalement sur des armes coûteuses privilégiant la qualité à la quantité. Cette approche nous a conféré d’énormes avantages, et nous devons les préserver. Mais aujourd’hui, nous avons besoin à la fois de la qualité et de la quantité», a-t-il poursuivi.
Ainsi, selon M. Hegseth, les forces américaines devront toujours être en mesure de «frapper de manière inattendue et décisive» avec des systèmes «haut de gamme». Mais elles auront aussi besoin «de drones produits en masse et d’autres systèmes autonomes consommables qui inversent le rapport coût-efficacité et exercent une pression incessante sur l’adversaire sur le champ de bataille».
«Aujourd’hui, avec l’AUTOWARCOM, nous institutionnalisons et dynamisons l’ère des systèmes intelligents, de la robotique et des systèmes autonomes, le tout dans le but de gagner», a ensuite fait valoir le responsable américain. «Il définira les besoins interarmées», «testera les équipements et les dispositifs face à une opposition réaliste lors d’exercices exigeants et dans des environnements difficiles», «procédera à des modifications rapides» et «déploiera les solutions efficaces», a-t-il détaillé. En clair, «nous devons constituer un arsenal de guerre dont la principale caractéristique est l’adaptation sur le terrain», a-t-il conclu sur ce point.
Pour anticiper les évolutions technologiques et non les subir, M. Hegseth a aussi annoncé le lancement du projet Meridian. Projet auquel participeront Elon Musk et Palmer Luckey, respectivement PDG de SpaceX et d’Anduril Industries.
Le projet Meridian «ne consiste pas à élaborer de nouvelles stratégies ou de nouvelles politiques. Nous le faisons déjà. Son objectif est plutôt d’envisager l’avenir de manière novatrice, d’identifier les domaines que nous devons conquérir et les capacités que nous devons maîtriser», a expliqué M. Hegseth.
«Nous devons nous projeter dans l’avenir pour parvenir à une suprématie technologique et militaire sur le champ de bataille pour les décennies à venir. Son caractère futuriste est assumé. Ses travaux seront axés sur le développement et le déploiement d’armes et de systèmes dont nos enfants et nos petits-enfants auront besoin de leur vivant, sans aucune limitation ni restriction créative, sur tous les champs de bataille futurs, des profondeurs de la Terre à l’espace», a développé le SecWar.
Le projet Meridian s’inspire de l’initiative française Red Team, lancée par l’Agence de l’innovation de défense [AID] pour justement imaginer et anticiper les guerres de demain. Ses travaux, pour la plupart, ont été classifiés.





Un commandement autonome sous les ordres du général IA.
Un commandement spécifique pour les systèmes autonomes…
Tient, ça me rappelle qq chose…
https://www.youtube.com/watch?v=_Wlsd9mljiU
Après, il suffit de supprimer la touche Y avant 2029…
et tout les problèmes sont résolus…
A l’époque des drones et missiles à longue portée (les nouveaux Longbows), nous on fait le « France Libre », parce que « Azincourt » c’était pas vendeur.
Le plus bel aimant à missiles balistiques ayant jamais traversé le Canal de Suez….
…Plutôt un aimant à mortier ou à drone, amarré à Toulon.
-> Les missiles balistiques c’est pour gêner les gens qui ont fait DEUX PA ou plus, pour obliger leurs adversaires à se bouger un peu : États-Unis, Chine, Royaume-Uni, Italie, Inde, Japon.
Et c’est tout.
Pendant la guerre froide, l’U.R.S.S. avait fait de la choix de la quantité sur la qualité. Puis en tombant dans le piège de la surenchère qualitative tendu par les U.S.A., son écomomie avait été détruite.
En refaisant la même chose mais à l’inverse, les U.S.A. auraient-ils appris quelque chose de la guerre en Ukraine et de celle avec l’Iran ?
Je m’interroge sur l’utilité d’un tel état-major, à part alimenter un mille-feuille administratif, à terme il y aura peut-être un état-major de drones de combat dirigé par IA , et un état major humain pour les humains . peut-être qu’il faut s’interroger sur comment les faire travailler ensemble, vaste débat philosophique en vue
@jean luc, créer un commandement interarmées pour une technologie/capacité transverse n’est pas incohérent. Cela évite de disperser l’effort et permet de piloter une architecture globale.
Toute l’évolution technologique, les armes, mais aussi simplement l’économie, le PIB, c’est toujours : plus précis, plus lourd, plus loin. On le constate, chaque fois que le commerce, le transport routier( ou autre) est taxé, le PIB recule et l’inflation monte.
Notre richesse provient ainsi du transport d’une quantité toujours plus importante à plus longue distance à un endroit spécifique.
Nous développons les outils, les vecteurs technologiques pour y arriver. Le principe d’une arme est soit d’étouffer( tuer l’esprit en privant d’oxygène donc d’énergie), soit de percer( tuer le corps avec densité forte contre densité faible) pour faire éclater, comme ce que font des cellules policières dans notre corps humain qui reconnaissent et attaquent des virus, des bactéries étrangères.
Le drone est d’abord conçu comme une arme de percée, qui permet à la fois d’être plus précis et d’aller plus loin, il lui manque la haute densité, qu’il pourra avoir en étant en essaim. Mais cette arme qui peut viser spécifiquement un simple soldat lambda est devenue aussi une arme pour viser des centres énergétiques, et ralentir jusqu’à étouffer l’adversaire.
Quand on pense drones militaires, il n’y a pas beaucoup de pays concernés dans le monde, cela reste une arme neuve, comme l’aviation au début 20ème siècle. On pense d’abord à USA, Israël, Iran, Turquie, Ukraine, Russie. Il y a une marge de croissance et d’innovation gigantesque encore à venir, avec de nouveaux grand acteurs apportant leur propre culture.
En extrapolant l’évolution technologique, cela reviendrait à dire qu’une guerre spatiale lointaine prendrait la forme d’envoyer des armes ou de téléporter ou créer à distance, des sortes de mini trous noirs temporaires en des points précis dans d’autres systèmes solaires, voir éteindre des soleils, ou viser des cibles mouvantes dans l’espace profond.
@lxm
Vous avez oublié (!) les guerres temporelles, avec la technologie des portails temporels qui permettent de remonter à l’instant où un changement ponctuel peut faire basculer un conflit et l’avenir d’une civilisation.
Azincourt est un bon exemple, car si les Français d’alors avaient pu empêcher l’invention du Longbow, la chevalerie serait encore active, et le cheval resterait le moteur de nos déplacements, pas le pétrole, qui a amené d’autres types de guerre…
Pour revoir quelques exemples de ces possibilités, il y a entre autres les séries télévisées « Timeless » et « Continuum ».
Sinon, il y a eu un épisode fameux (« Contretemps » en français, « The City on the Edge of Forever » en anglais) de la série originelle Star Trek de 1966,qui évoquait cette technologie, mais en présentant aussi les risques induits par les manipulations du passé…
https://fr.wikipedia.org/wiki/Contretemps_(Star_Trek)
Je trouve que ça n’est pas trop tôt pour créer ce genre de structure.
Je dirais même que ça aurait dû être fait il y a 5 ans.
L’armement robotisé pullule sur les salons depuis longtemps, que ce soit terrestre, volant ou maritime. Il manque de la robotique/drone sous terrain, un peu comme les lames dans la nouvelle de Philip K.Dick « Nouveau modèle ».
Il y a bien un jour où l’on aura des guerres entières drones vs drones sans humains. Les humains seront là en dernier recours, pour occuper le terrain nettoyé par les robots autonomes.
Ce sera peut-être pas plus mal comme ça.
« Ce sera peut-être pas plus mal comme ça. »
J’en doute.
Si le coût humain de la guerre disparaissait, la plus importante barrière morale qui contribue à la limiter disparaîtrait aussi.
Elle deviendrait ainsi un instrument considéré comme un moindre mal (peut-être pas légitime, mais acceptable) pour régler les différends entre nations, grandes entreprises, groupes d’intérêt et toute autre entité capable de se payer une armée de drones.
L’emploi de drones tueurs pour régler les comptes entre groupes mafieux ne devrait hélas pas tarder à apparaître et nous donnera un tout petit avant-goût de ce que pourrait être cet état de guerre permanente au niveau planétaire.
Il est préférable de laisser vivre et évoluer librement ce bouillon de culture qu’est la « dronerie ».
Si on autorise un fonctionnaire quelconque à décider de quoi que ce soit,
on va étouffer l’inventivité, contraindre la capitalisation,
encager la dronerie,
et générer une cascade de chefs et de petits chefs bons à rien d’autre qu’à pondre des rapports.
Les acteurs des drones, plus pertinemment de l’intelligence AUTONOME,
il faut leur foutre la paix, les laisser inventer, essayer, produire.
Il faut les laisser libres, AUTONOMES, sinon ils vont étouffer,
ou pire s’en aller voir ailleurs.
Tous ces gens qui sont entrain d’écrire l’avenir,
ils n’ont pas besoin d’être encadrés (encagés),
ils ont besoin d’être soutenus,
par des soutiens et pas par des souteneurs.
Les sénateurs feraient-ils de la politique quand ils dénoncent « cette dispersion donne le sentiment d’une juxtaposition … dépourvue d’une vision d’ensemble clairement définie…. ?
Serait-ce la prépondérance du chef des Armées qui se voit critiquer ?
Fort à parier que les prochaines années verront bien des projets disparaître pour céder place à un pragmatisme dicté par l’état des finances et le souci d’apaiser les colères.
Les Armées contribueront à l’effort sans mots dire…. et s’adapteront aux réalités du nouveau monde.
….Dans un rapport publié avant la trêve estivale, le Sénat a appelé à un «sursaut stratégique français» en matière de guerre des drones, estimant que les efforts du ministère des Armées étaient encore beaucoup trop insuffisants. !
je ne peu pas lire plus loin pour le moment après celà ! je reviendrais vite sur les pages de Opex360 qui me passionne et me permettent de m exprimer librement et sérieusement, mais là je vais une pose auprès de… mes Drones!
Merci Thank you merci à vous et à Tous !
Si vous êtes adepte des réseaux sociaux, vous prendrez probablement la pose auprès de vos drones, mais, pour cela, il est nécessaire que vous fassiez une pause auprès de vos drones.
En 2021, le groupe Volkswagen a offert à Rimac, petit génie croate de l’hypercar électrique, les clés de sa filiale Bugatti. Idée brillante. Volkswagen avait au préalable observé puis investi dans Rimac Automobili quelques années auparavant, quand les modèles de ce petit constructeur commençaient à ringardiser toutes les voitures de rêve de l’époque.
De la même façon, il faudrait que les savoirs-faire, et savoirs-être, des champions du drone ukrainiens, infusent chez nos gros industriels de la BITD européenne. Les groupes français, allemands, etc accompagnent déjà certains fabricants en Ukraine. Il serait bon de réfléchir à leur faire une petite place dans nos pays pour qu’ils viennent y entreprendre et nous former à l’agilité qu’ils ont acquise dans l’adversité. Ce serait plus efficace qu’une agence à la Hegseth (et dont nous n’avons de toute façon pas les moyens).