Le ministère des Armées serait sur le point de commander les deux nouveaux satellites d’observation du programme IRIS

En 2023, lors des débats sur la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 au Parlement, Sébastien Lecornu, alors ministre des Armées, avait annoncé que le programme IRIS [Instruments de Renseignement et d’Imagerie Spatiale], lancé en 2019, allait être accéléré afin de remplacer les trois satellites de la constellation CSO [Composante Spatiale Optique] à partir de 2030. Soit avec cinq ans d’avance. «C’est une bonne nouvelle pour notre souveraineté et pour notre service de renseignement», s’était-il félicité.

Pour rappel, ayant fait l’objet d’études confiées par la Direction générale de l’armement [DGA] à Airbus Defence & Space et à Thales Alenia Space, IRIS prévoit de mettre en orbite deux nouveaux satellites d’observation appelés respectivement EHRmin, doté de miroirs en carbure de silicium, et EHRmax.

Seulement, devant marquer un «saut technologique» par rapport à la constellation CSO, ce programme a pris du retard. Comme du reste celui appelé CELESTE [Capacité ÉLEctromagnétique SpaTiaLE], mais pour d’autres raisons.

«Sur le volet spatial, […] les relèves sur le renseignement électromagnétique et le renseignement image sont aujourd’hui à risque. Des retards sont intervenus», avait en effet déploré le général Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors de l’examen du projet d’actualisation de la LPM 2024-30. La DGA «travaille très activement avec les industriels pour prolonger les satellites actuels afin d’éviter toute rupture capacitaire», avait-il ajouté.

Le ministère des armées avait alors expliqué que le «calendrier des programmes CELESTE et IRIS» devait être «aménagé» afin de prendre en compte la «consolidation du besoin opérationnel et le développement des technologies critiques associées». Et d’ajouter: «Les capacités d’exploitation de données spatiales seront modernisées et renforcées, tandis que les achats de données constitueront une première capacité complémentaire à l’horizon 2030, qui pourra être consolidée d’ici 2035».

Depuis que la loi actualisant la LPM 2024-30 a été promulguée, le 16 août dernier, la DGA a notifié le contrat «Cassiopée» à Airbus Defence & Space et à Unseenlabs.

«Le système de renseignement spatial Cassiopée constituera le cœur patrimonial souverain haute performance du programme CELESTE», a précisé le ministère des Armées.

Restait à lancer la réalisation du programme IRIS, dont le «décalage calendaire» s’explique, selon un rapport parlementaire, par la «demande d’études complémentaires de réduction de risques auprès des industriels».

A priori, ce dossier est sur le point de se débloquer. Selon des informations de La Tribune, la DGA devrait prochainement notifier la commande de deux satellites de la constellation IRIS à Airbus Defence & Space et à Thales Alenia Space, pour un montant d’un milliard d’euros. Cette somme tient compte du «segment sol».

«Le maître d’œuvre du programme est Airbus, qui a en charge la réalisation du segment sol, tandis que Thales Alenia Space est le maître d’œuvre de la partie instrument des deux satellites», rappelle le journal.

En outre, comme pour CELESTE, le programme IRIS pourrait être plus large que prévu puisque le ministère des Armées envisagerait d’acquérir des «petits satellites» en complément, afin d’augmenter les fréquences de «revisite» des sites d’intérêt.

Photo : Satellite CSO – Ministère des Armées

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15 contributions

  1. Kantaten**** dit :

    Monsieur LAGNEAU, votre « note » aux lecteurs » est la bienvenue. Cordialement

  2. Yoyolegigolo dit :

    AHAH j’adore la NOTE AUX LECTEURS , très bon article comme d’habitude en tous les cas

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Effectivement et aussi préciser que ce blog n’est pas un défouloir politique ni un espace de propagande!

  3. Emile dit :

    Qui tient les hauts, tiens les bas…Juste une question d’échelle.
    Il faut sécuriser notre espace pour pouvoir garder les capacités de renseignement et de communication.

  4. jean luc dit :

    Programme IRIS militaire est à ne pas confondre avec le Programme civil et militaire européen. le programme militaire a 5 ans de retard, donc on va remplacer trois satellites par 2 nouveaux à 500 millions d’€ pièce, on devra acheter des images aux firmes privées, et on va compléter par de petits satellites ,je sent lá quelque problême de finance .
    J#ai bien lut votre message Mr Lagneux , mais pas sûr qu’il soit compris par certains bonne soirée

    • Bèèèèh dit :

      C’est Lagneau, pas « Lagneux ».

    • JC dit :

      Si certains ici ne venaient pas quotidiennement poser des commentaires désobligeants surtout envers la France, il n’y aurait certainement pas des dérapages. Suivez mon regard…

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « mais pas sûr qu’il soit compris par certains  » Toutafait et éviter « d’extrapoler » c’est pour tout le monde…………….aussi!

  5. bonnechancemonpapa dit :

    La note aux lecteurs : excellente. Malheureusement, je ne suis pas sûr quelle soit suivie d’effet.

  6. Lado dit :

    En regardant le site de Boostec (Tarbes) ,un des leaders mondiaux des piéces et des miroirs en SiC,on a une idée des diametres et par un « calcul de coin de table »(resolution limitée par la diffraction) on voit que dans le visible (un peu plus dans l’IR moyen) on distingue à 400 km d’altitude des details de l’ordre de 10 cm « à la louche ».Le SiC a une tres grande stabilité thermique , mecanique (rigidité)et une aptitude au polissage optique.Encore une « pépite » discrète ,filiale de Mersen (ex Carbone Lorraine)
    Si on y rajoute les technos de capteur ir ou visible à tres grande resolution. (car il faut avoir une resolution des capteurs permettant d’atteindre la limite physique ) ; les logiciels d’analyse d’image etc..on voit la « profondeur » techno de la BITD Fr

  7. étambot dit :

    1.U-Space ne fait pas partie de l’équation ?
    2. Le jargon boursier du min, « …cœur patrimonial souverain de haute performance… » claque comme une pub pour des gammes H.

  8. pandcruel dit :

    L’observation par satellite fait partie du recueil de renseignements factuels . Il y en a d’autres dont les observations terrestres diverses. Mais l’élément clé est l’élément humain, comme d’habitude. S’il n’y a pas d’humains capables de trier le pertinent et capables de l’associer à d’autres éléments pour en tirer les analyses globales en faisant des synthèses, tout pays aura beau multiplier les gadgets technologiques, il restera dans le brouillard.
    A ce jour c’est l’élément humain qui reste ultimement pertinent, et il n’y a pas d’usines pour fabriquer ça . La sur-multiplication des IA et des gadgets hypersophistiqués montre bien la limite voire la faillite des humains, et ne pourra s’y substituer

    La meilleure arme possible, éventuelle, d’un pays, c’est d’arriver à  » produire » des être humains de très haut niveau : éducation, environnement familial, ouverture d’esprit, formation permanente, et valorisation par la société de tout ce qui va permettre qu’émergent des individualités exceptionnelles, des êtres humain de niveaux supérieurs car complets.
    Il suffit de voir les nations en échec éducatif, en échec sociétal, et celles qui réussissent, pour voir qui seront à court terme « les maîtres du monde ».
    en l’occurrence, les classements internationaux de type  » Pisa » sont sans appel, notamment pour notre pays : en gros, N° 27 sur 91 et en chute libre dans les domaines économiques et financiers. Il va donc falloir essayer de casser ce thermomètre-là comme les autres : le constat du réel étant le plus terrible ennemi de certains pays de Lemmings.