Airbus Helicopters aurait proposé des hélicoptères NH90 NFH d’occasion «remis à neuf» à la Malaisie

En novembre dernier, le consortium NHIndustries, formé par Airbus Helicopters, Leonardo et GKN Fokker, a soldé son litige avec le ministère norvégien de la Défense en acceptant de reprendre les treize hélicoptères NH90 NFH [Nato Frigate Helicopters] que celui-ci venait de retirer prématurément du service et de lui verser une indemnité de 305 millions d’euros.

Désormais, la question est de savoir ce que vont devenir ces NH90 NFH. A priori, certains d’entre eux pourraient reprendre du service en Malaisie. Du moins, c’est ce qu’a récemment suggéré le site spécialisé Malaysian Defence, en évoquant une offre faite par Airbus Helicopters à Kuala Lumpur.

En effet, l’industriel aurait proposé au moins quatre NH90 NFH d’occasion «remis à neuf» pour répondre aux besoins de la Tentera Laut Diraja Malaysia [TLDM, Marine royale malaisienne] en matière de lutte anti-sous-marine.

Actuellement, celle-ci exploite cinq hélicoptères Super Lynx, qu’elle souhaite remplacer par quatre appareils plus modernes. Outre le NH90 NFH, elle considère l’achat éventuel de deux autres modèles, à savoir le MH-60R SeaHawk de l’américain Sikorsky et l’AW159 Wildcat de l’italien Leonardo.

A priori, ces NH-90 NFH seraient «remis en neuf» en étant portés au standard NH90 Block I, également connu sous le nom de Software Release 3 [SWR3]. Celui-ci prévoit l’intégration de la liaison tactique L22, du système électro-optique haute définition LEOSS-T, de sonars modernisés OTS-90 Mark II et FLASH, d’une capacité MUM-T pour contrôler les drones, de la torpille MK54 et du missile antinavire Marte ER.

Quoi qu’il en soit, sollicité par Malaysian Defence, Airbus n’a pas souhaité faire de commentaire «sur les discussions, les plans d’acquisition ou les échéanciers qui demeurent confidentiels».

Cela étant, sans entrer dans les détails, l’industriel a laissé entendre qu’il comptait bien proposer le NH90 à la TLDM, en soulignant que cet appareil a été «conçu pour des missions navales exigeantes», notamment en matière de lutte anti-sous-marine et de lutte antisurface, et que la Malaisie exploite déjà des hélicoptères H225M Caracal et AS365 Dauphin.

En outre, Airbus n’a pas non plus manqué de rappeler que la Malaisie est une «plaque tournante» pour ses activités de maintenance, de réparation et de révision [MRO] concernant les hélicoptères qu’il commercialise.

«Airbus reste déterminé à soutenir les priorités de modernisation de la défense de la Malaisie et répondra aux exigences de la Politique nationale de l’industrie de défense […] en collaboration avec les partenaires et les parties prenantes locales», a-t-il conclu.

Photo : Hélicoptère NH90 NFH norvégien

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22 contributions

  1. Ouf ouf dit :

    Présenté comme cela… ça donne l’impression que les industriels sont plus à l’écoute des clients lointains…
    que des clients européens… ou alors ils ont résolu leurs « problèmes » seulement maintenant…

    • Tintinpayeur dit :

      Rassurez vous, ils ne seront pas plus fiables qu’en Europe ou en Australie.
      Les Malaysiens n’en prendront pas sauf s’ils en ont 6 pour 100000 dollars

  2. Audry dit :

    Que vaut réellement cet hélicoptère ? Pourquoi tant d’Etats s’en détournent ?

    • tschok dit :

      C’est un truc qui n’a pas été pensé pour être une arme, mais un centre de profits. C’est un hélico qui date d’une époque ou la BITD voyait les budgets défense diminuer, donc il fallait qu’elle puisse se payer sur la bête. En conséquence, il a une disponibilité de merde et des coûts de maintenance affolants. Et puis il est comme nous tous, il vieillit, donc on aborde le moment de la RMV (rénovation mi-vie) et c’est là que la BITD se tient en embuscade pour te faire payer encore plus cher une deuxième fois ce que tu lui as acheté la première fois déjà très cher.

      En gros, tu prends un abonnement pour un viol commercial sur 40 piges, au bas mot.

      Maintenant, quand il vole, c’est un des meilleurs hélicos du monde. Mais un hélico qui ne vole pas quand on en a besoin, même si c’est le meilleur, ça vaut rien. Et en tout cas, ça vaut pas le prix que ça coûte.

      Bref, vendre ce truc, c’est trouver des candidats au viol. Ils ne se bousculent pas aux portillons. Vous me direz qu’on en a bien trouvé pour le F-35. Certes oui, mais le violeur est américain et en matière de viol commercial, la nationalité du violeur compte beaucoup.

      • Bastan dit :

        @tschok. Un viol commercial à sur 40 piges. Je connais le problème avec la correction automatique, et le fait de survoler la relecture ne comportant pas de mots soulignés en « rouge », ou soulignés en « bleu » mais avec un autre sens.

      • Bastan dit :

        @tschok. Je viens de comprendre que c’était bien le terme VIOL qui était employé. Il me semble excessif, car il y a consentement et répétition. Les finlandais semblent satisfait de l’appareil.

  3. Roland DESPARTE dit :

    Les problèmes du NH90 illustrent parfaitement ce qui aurait pu advenir au programme SCAF si Éric Trappier n’avait pas tapé du poing sur la table…
    En effet, dans les milieux dits informés, l’histoire du NH90 est devenue le cas d’école des dérives du modèle de coopération européenne sans « patron » unique. D’un côté, l’agence étatique de gestion NAHEMA du programme (NAHEMA = NATO Helicopter Management Agency = le client) ayant laissé chaque pays client dicter ses exigences en fonction de ses propres retours industriels. De l’autre côté, le consortium multinational NHIndustries (NHI = le vendeur) qui est théoriquement le maître d’œuvre ; mais en réalité ce n’est qu’une coquille juridique et commerciale qui gère les contrats, le marketing, sans réelle structure de coordination, sans usines ni bureaux d’études propres, incapable de coordonner et normaliser le travail technique effectué par ses trois maisons-mères et ses partenaires : Airbus Helicopters, l’Italien Leonardo, le néerlandais Fokker Technologies, Turbomeca / Rolls-Royce / MTU / Safran / Avio sous licence General Electric pour les motorisations selon les versions… Résultat : l’Italie, la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas ont chacun développé des versions radicalement différentes [23 sous-versions différentes !], et modifier une pièce sur le NH90 d’un pays export pouvait bloquer la chaîne logistique d’un autre, rendant toute modification et/ou mise à jour rapide impossibles…
    Si sur le papier, le consortium multinational NHIndustries (NHI) est le maître d’œuvre, en réalité ce n’est qu’une coquille sans l’autorité requise. Aussi, lorsqu’un problème technique survenait (comme la corrosion ou les pannes logistiques), NHIndustries ne pouvait imposer une solution ou une réorganisation de la chaîne ; NHIndustries devait négocier un consensus entre tous les partenaires industriels [Exemples : L’appareil en composites a révélé des vulnérabilités critiques face au sel et à l’environnement maritime agressif ; et à chacun de se renvoyer la balle et d’adopter une guerre de tranchées industrielle et politique sans précédent… Leonardo commercialise en parallèle son propre hélicoptère lourd concurrent (l’AW101 Merlin), créant d’inévitables conflits d’intérêts et des divergences de priorités au sein du consortium… Les pièces de rechange subissent des délais de livraison pharaoniques car la fabrication est dispersée entre les usines des différentes entreprises partenaires, chacun ses parts, au détriment de l’efficacité… Etc.].
    Heureusement (le terme est impropre…), pour résoudre les problèmes de corrosion du NH90 Caïman Marine, la DGA a haussé le ton et directement imposé à Airbus Helicopters de mettre en œuvre un triptyque combinant des modifications physiques, de nouveaux protocoles de maintenance, et la standardisation de la flotte française. En ce sens, constatant que le problème venait de défauts de conception initiaux et d’un mauvais choix d’isolation entre certains métaux différents (phénomène de corrosion galvanique), la DGA s’est impliquée auprès de l’industriel pour concevoir des correctifs qui ont été appliqués directement lors de vagues d’entretien à Marignane. Ainsi, le remplacement de certains alliages sensibles, de certaines pièces structurales et visseries par des composants dotés de traitements de surface renforcés ou fabriqués dans des matériaux plus nobles (titane ou aciers hautement inoxydables), en faisant systématiquement appliquer des mastics d’étanchéité résistants au niveau de certains joints aux interfaces composites/métal, en déployant des kits anticorrosion sur les zones les plus exposées (Puits du sonar trempé, rampe arrière, fixations des trains d’atterrissage,…). Par ailleurs, la DGA a imposé de nouveaux protocoles sur les bases aéronavales, comme des stations de rinçage automatique à l’eau douce dès qu’un Caïman revient de mission au-dessus de la mer et a défini de nouvelles recommandations/formations techniques concernant les procédures d’entretien. Enfin, la DGA a signé avec Airbus un contrat de maintenance et de soutien dit NOS (NH90 Operational Support), un contrat qui a transféré la responsabilité de la gestion des stocks de pièces de rechange directement à l’industriel [C’est désormais l’industriel qui assume le risque financier lié à l’indisponibilité des pièces]. En d’autres termes, pour les appareils français, la DGA s’est imposé comme doit le faire un patron [Je précise que les surcoûts liés aux chantiers de retrofit et corriger les vices de conception initiaux, font l’objet de négociations de gré à gré lors des commandes suivantes].
    Actuellement la disponibilité de nos appareils semble être correcte (confidentiel, donc je ne sais pas) et grâce aux spécificités françaises, le NH90 Caïman Marine est un excellent appareil : Intégration du sonar trempé FLASH (Thales), intégration des câblages et calculateurs nécessaires au tir de torpilles légères MU90, intégration d’un radar (ENR) et d’une avionique dédiée ASM, intégration d’une liaison de données tactiques pour partager la situation de surface en temps réel avec la frégate hôte, intégration d’une optronique de pointe (Euroflir 410), intégration casque à affichage intégré (TopOwl) amélioré, aménagements de la soute et de la cellule, intégration de supports renforcés pour mitrailleuses lourdes (MAG58) aux fenêtres arrière, intégration d’un kit de radio souverain,…
    Notre pays a fait les efforts que d’autres ont refusé, peut-être pour maintenir l’activité et le savoir-faire de nos propres ingénieurs, peut-être parce que nos techniciens de maintenance sont mieux formés, peut-être par manque de pelles (ironique, pardon…).

    • tschok dit :

      Nan, on n’a pas le pognon pour le remplacer, c’est tout. Donc, on le garde et on fait ce qu’il faut faire pour qu’il dure.

      • Roland DESPARTE dit :

        @tshok,
        Oui, on a pas de pognon, mais pourquoi voudriez-vous le remplacer alors que des correctifs ont permis de la mettre au niveau de ce qu’on lui demande ?
        Si l’on se réfère -pour l’exemple- à l’AH-64 Apache, il a fallu 12 ans pour le concevoir… Pour le Tigre, c’est 15 ans…
        Nan, on a pas les moyens, en € et en temps.

    • Vortex dit :

      Bien vu le parallèle avec le SCAF qui aurait été une catastrophe industrielle !
      Maintenant, pour remplacer le NH90 ce sera à l’horizon 2035-2040, avec les projets d’hélicoptères moyens de l’OTAN NGRC (Next Generation Rotorcraft Capabilities) d’Airbus Helicopters, avec collaboration de Collins et Raytheon, avec un hélicoptère classique et un hybride (comme le Racer).

      • Roland DESPARTE dit :

        @Vortex,
        A ce que je sache l’Airbus Hybrid Helicopters RACER (Rapid and Cost-Effective Rotorcraft) a fait vol inaugural en avril 2024 à Marignane. Il est comme la bébête qui monte, qui monte… D’autant plus qu’il a battu le record du monde de vitesse (dans sa catégorie) lors de ses essais (440 km/h). Mise en service en 2035 ? Si les commandes suivent… C’est possible si les ingénieurs continuent de parfaire cette combinaison révolutionnaire d’un rotor principal avec des hélices propulsives fixées sur de petites et fines ailes dites « en caisson » (box-wing). A noter que Safran travaille sur la motorisation du RACER… Voir la vidéo : https://youtu.be/CvCR-JyvC8M

    • Rototor dit :

      Merci Roland pour ce survol très complet.

  4. casse-croute dit :

    Même vendu à perte c’est la bonne stratégie. un pieds dans la porte, du consommable, des munitions ,des mises à niveau, un début pour d’autres modèles. Sauf si les appareils sont foireux au point de devenir un cauchemar pour le client.

  5. Bastan dit :

    Qu’ils demandent conseils aux finlandais.

  6. R2D2 dit :

    Bonne chance après la com de la Suède, Norvège et Australie…

  7. Question dit :

    De mémoire, la France a commandé 8 Caracal suite ai COVID-19 en « soutien à l’ industrie » qui viennent de finir d’être livré en cette année 2026.

    Or, l’armée de l’air avait besoin de 23 Caracal !
    https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/aeronautique-defense/mais-ou-sont-les-23-nouveaux-caracal-attendus-par-l-armee-de-l-air-906047.html

    Apparemment, ce sont les livraisons de NH-90 FS au 4 ème RHFS qui permettent aux terriens de donner les Caracal à l’AAE.

    Ne pourrait-on pas récupérez ces NH- 90 pour pièce pour l’ ALAT ?

  8. ?! dit :

    OK les budgets , certes augmentés, ne sont pas fameux. Mais un peu de gras dans la flotte des NFH 90 ne serait pas inutile.
    Allez Messieurs de la DGA/MN/Midéf, si comme moi vous aimez les chiffres ronds, préemptez déjà 03 à 05 malheureux NFH 90 nus, et ainsi notre pays disposerait de 30 à 32 NFH 90 en flottilles&stock.

  9. ?! dit :

    OK les budgets , certes augmentés, ne sont pas fameux. Mais un peu de gras dans la flotte des NFH 90 ne serait pas inutile.
    Allez Messieurs de la DGA/MN/Midéf, si comme moi vous aimez les chiffres ronds, préemptez nus chez AIRBUS déjà 03 à 05 de ces malheureux NFH délaissés, et ainsi notre pays disposerait de 30 à 32 NFH 90 en flottilles& un peu de stock.

  10. pandacruel dit :

    Airbus Helicoptères et la DGA testent actuellement le drone embarqué piloté :  » Cabri » Guimbal, Cabri G2, un VSR700, depuis la plateforme de Lanvéoc Poulmic, et sur le navire  » Le Partisan » comme en 2002 où les essais s’étaient mal terminés … celui-ci est immatriculé F-WVSR et il vole sous l’indicatif  » Cabri » suivi d’une lettre .
    Souhaitons que tout se passe bien jusqu’à la fin cette fois-ce et que la Marine mette un signe distinctif sur cette machine qui est unique et qui est un oiseau très rare à capter par les  » spotters » locaux …