Selon le Sénat, le rétablissement d’une composante nucléaire terrestre pourrait être une «option à ne pas négliger»

Lors d’un discours prononcé sur la base navale de l’Île-Longue, le 2 mars, le président Macron fit savoir que, compte tenu du contexte international et de l’évolution des menaces, il avait «ordonné d’augmenter le nombre de têtes nucléaires» de l’arsenal français, l’idée étant de passer du concept de «stricte suffisance» à celui de «stricte cohérence». Il s’agit «d’assurer que notre dissuasion conserve à l’avenir son pouvoir de destruction assuré dans un environnement dangereux, mouvant et proliférant», avait-il en effet expliqué.

Outre le renforcement de l’arsenal nucléaire, au sujet duquel plus aucune communication ne sera désormais faite, M. Macron avait aussi développé le concept de «dissuasion avancée», qui, dans les grandes lignes, vise à permettre aux pays européens intéressés de participer aux exercices et aux manœuvres de signalement stratégique des forces nucléaires françaises dans une logique d’épaulement. Ce qui suppose des «déploiements de circonstance d’éléments de forces stratégiques chez nos alliés», l’idée étant de «compliquer les calculs» d’un adversaire potentiel.

De telles évolutions posent la question du format des composantes océanique et aérienne de la dissuasion française. Du moins, pouvait-on le penser après les annonces de M. Macron. Or, selon un rapport que vient de publier le Sénat, il n’en sera rien… pour le moment.

En effet, selon les deux rapporteurs, Pascal Allizard et Patrick Joly, l’état-major de la Force océanique stratégique [FOST] a expliqué qu’il n’était pas question d’aller au-delà des quatre sous-marins nucléaires d’engins [SNLE] actuellement en service.

«L’ensemble du système est cohérent et optimisé pour quatre navires et les progrès en termes de performances réalisés entre la première et la deuxième génération de SNLE ont permis de réduire d’une unité le nombre des SNLE sans perdre en capacités opérationnelles», a-t-il fait valoir auprès de MM. Allizard et Joly.

Aussi, plutôt que d’augmenter le nombre de SNLE, la FOST estime préférable de poursuivre la modernisation de ceux qu’elle a en dotation afin de «leur apporter le meilleur niveau technologique possible». Et cela, dans l’attente de l’arrivée des SNLE de 3e génération [ou classe «Invincible»].

La position de la FOST s’explique par l’excellente disponibilité de ses quatre SNLE, grâce à un Maintien en condition opérationnelle [MCO] particulièrement efficace et à des infrastructures adaptées [la Royal Navy ne peut pas en dire autant…].

Cependant, ont noté les rapporteurs, «le fait de disposer de trois bassins pour quatre sous-marins oblige à gérer au mieux les opérations d’entretien». Aussi, ont-ils ajouté, «les responsables de la FOST souhaiteraient pouvoir disposer d’un quatrième bassin, ce qui leur apporterait davantage de souplesse pour procéder aux différentes opérations de maintenance et permettrait de ne pas être dans l’obligation de maintenir à quai l’un des navires».

S’agissant des Forces aériennes stratégiques [FAS], qui relèvent de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE], il n’est pas non plus question d’aller au-delà des deux escadrons «Rafale» de la 4e Escadre de chasse, basée à Saint-Dizier.

La décision de redonner à la base aérienne de Luxeuil sa vocation nucléaire, avec l’arrivée du Rafale F5 et du missile hypersonique ASN4G, pouvait laisser présager le contraire. Et cela d’autant plus que, jusqu’à la dissolution du 3/4 «Limousin», en 2011, les FAS comptaient trois escadrons de chasse.

Qui plus est, ces dernières sont aussi sollicitées pour des missions conventionnelles. Celles-ci représentent 50 % de leur activité.

«Compte tenu du caractère contraint du format de la trame ‘chasse’, les FAS sont particulièrement sollicitées pour contribuer à des missions conventionnelles jusqu’à aboutir à un empilement des contrats opérationnels. Cette situation peut amener à devoir réaliser des arbitrages entre les différentes missions lorsque les besoins sur les théâtres extérieurs sont confrontés aux nécessités des opérations et exercices de la dissuasion nucléaire», ont souligné les rapporteurs.

Or, ont-ils insisté, «le niveau d’exigence des raids nucléaires nécessite des exercices réguliers afin de conserver le savoir-faire consistant à s’entraîner à pénétrer des défenses adverses à 1 200 km/h à 50 mètres d’altitude».

Pour autant, selon les informations livrées par les sénateurs, et alors que les FAS devront mettre en «musique» la dissuasion avancée, il est question de transférer les escadrons 1/4 Gascogne et 2/4 La Fayette à Luxeuil. Quid de la base de Saint-Dizier ?

«Le déménagement des escadrons Gascogne et La Fayette à l’horizon 2035 sur la BA 116 de Luxeuil-Saint-Sauveur ne doit pas nécessairement avoir pour conséquence l’abandon de la vocation nucléaire de la BA 113 de Saint-Dizier qui a démontré sa capacité à accueillir des escadrons nucléaires», ont estimé MM. Joly et Allizard.

Enfin, il n’est pas question non plus de revenir sur la décision prise en 1996 par le président Chirac de démanteler la composante terrestre de la dissuasion, laquelle reposait sur des missiles sol-sol S3 logés dans dix-huit silos installés sur le plateau d’Albion, alors que la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 actualisée prévoit le développement d’un missile balistique conventionnel à longue portée.

Ainsi, les rapporteurs ont dit ne pas avoir «souhaité ouvrir le débat sur la nécessité de recréer une troisième composante qui, compte tenu des nombreux échanges avec les responsables militaires auditionnés, ne leur semble pas utile à ce stade». Reste que ce sujet pourrait être mis sur la table dans l’hypothèse où «une surprise stratégique [*] devait intervenir à plus long terme rendant vulnérable l’une des deux composantes». Dans ce cas, «le rétablissement d’une troisième composante, par exemple sous la forme de missiles balistiques terrestres stratégiques, pourrait constituer une option à ne pas négliger», ont-ils estimé.

Cela étant, ont-ils noté, la création de cette composante balistique terrestre pourrait avoir «un coût non négligeable puisqu’il faudrait au-delà des porteurs à roues, des vecteurs balistiques et des têtes nucléaires» et «recréer également des unités dédiées avec leurs moyens de commandement, de communication, de renseignement et de protection».

[*] Comme, par exemple, l’émergence d’une nouvelle technologie permettant de détecter les SNLE

Voir aussi...

 

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97 contributions

  1. Jacques999 dit :

    Quel financement ? Quitte à investir, plutôt sur des vecteurs bon marché et fabricables en masse et avec des chaînes de montage faciles à déplacer.

    • Jo666 dit :

      sur des technologies hybrides pour lancer des satellites, quitte à lancer un vmax à 100 km

    • ji_louis dit :

      Fabriquer en masse des vecteurs porteurs d’ogives nucléaires ?
      Cette option n’est valable que si un tel porteur peut aussi voir des ogives conventionnelles (comme les russes).
      La conséquence de ce choix est un porteur soit trop complexe et cher pour du conventionnel (technologies d’évitement des contre-mesures), soit un porteur trop « facile à intercepter » pour du nucléaire, et dont l’emploi ne se ferait que lors d’une salve saturante.

      • jo666 dit :

        Mais bien sur . Un porteur type HYPRSPR ou autre , qui doit faire baisser la facture du kg dans l’espace sera moins cher qu’un M51 avec un véhicule hypervéloce

  2. Mica X dit :

    Pour soutenir l’effort de guerre et assainir les comptes de l’état, la Sénat a décidé de s’auto dissoudre, pas certain qu’on s’en aperçoive.

  3. alain dit :

    Ah flûte, j’avais préempté l’acquisition d’un 2 pièces + loggia très prometteur sur ce superbe emplacement loti par Bouygues…

  4. Bigorneau dit :

    Grosse bêtise.
    Ce qu’il faut c’est une frappe que l’on peut vraiment tirer sans hésiter le moment venu sur un adversaire pour l’avertir de notre détermination. C’est la première marche de la dissuasion,avant le nucléiare. Il s’agit donc de missiles balistiques hypersoniques manoeuvrants. J’ai lu que la frappe d’un hypersonique pouvait égaler, par l’inertie produite (masse x vitesse), une charge de 1 kilotonne, genre explosion des silos de Beyrouth. Est-ce vrai ? Ça doit donner à réfléchir. Ensuite c’est nucléaire avec un effet IEM en altitude . Et après…

    • Cricetus dit :

      @Bigorneau
      L’énergie cinétique n’est pas « masse × vitesse », mais (E=\frac12mv^2). Et même à vitesse hypersonique, on reste très loin d’une kilotonne équivalent TNT pour un missile de quelques tonnes.

      Prenons un engin très lourd, de l’ordre de 4,3 tonnes. À Mach 10, son énergie cinétique est d’environ 20 à 25 GJ, soit seulement 5 à 6 tonnes équivalent TNT, et non 1 kilotonne.

      Une kilotonne de TNT représente 4 184 GJ : on est donc encore à près de deux ordres de grandeur en dessous.

      Pour donner 1 kt d’énergie cinétique à une masse de 4,3 tonnes, il faudrait l’amener à environ 44 km/s, soit une vitesse sans rapport avec celle d’un missile hypersonique atmosphérique. À cette vitesse, votre « missile » ne serait plus vraiment balistique : ce serait un projectile interstellaire. Il pourrait effectivement partir bombarder Alpha du Centaure, avec un léger inconvénient opérationnel : l’impact est prévu dans quelques dizaines de milliers d’années.

  5. speedbird101A dit :

    On a fermé Albion à cause des missiles Pluton parce que ceux ci avaient une portée de pistolet à eau …on va faire quoi maintenant ? réouvrir Albion pour y mettre des perfides M 51 ? ou promener en Europe, des camions gaulois auto-érecteurs avec une charge nuc ,comme les Iraniens en révent ?

  6. Rogger dit :

    bien pas de problème. 3 bassins pour 4 sous marin, pas de problème puique nous avons toujours un snle a la mer…
    non la questions est de savoir se que le president entends par une discussion nucléaire avancé…
    cela comprend peut-être une projection de nos éléments aériennes sur les territoires amis… Dans ce cas bien précis ils faut voir le format et les composants a envoyer en mission
    ( delais d’alerte. zone de déploiement. force de soutien en projection).
    Ensuite ils faut savoir en quoi cela engage notre pays…

    • vno dit :

      Et bien justement, puisqu’il n’y aura plus de communication, personne ne saura à quoi cela nous engage… c’est cool la démocratie ! En fait « secret défonse » ou « trés secret défense » oblige, personne ne sera vraiment au courant de toutes les implications ! Pour faire court, la féte du slip continue à l’élysée et ses formidables experts nommés par eux mêmes …

      • Mèbiençurh dit :

        Vous devriez fournir le courriel du Kremlin, pour qu’on leur envoie directement les plans.

  7. Kamelot dit :

    Sans aller à du pur « stratégique », le programme ELSA de l’AdT prépare déjà des vecteurs de longue porté sur lesquels l’adossement peut être réciproque. Ne pas en disposer affaiblit le niveau de seuil.
    Pour les moyens « classiques », l’AAE et la Marine Nationale ont suffisamment à faire.
    Disposer de plusieurs bases aériennes disposant de la « logistique et protection » nucléaires est un moyen de résilience.

  8. Plusdemunitions dit :

    Il y a 2 bassins à l’île longue. Sur 4 bateaux, un est toujours dilué en mer et au minimum un autre en entraînement, il s’agit de construire un 3ème bassin et non un quatrième qui n’a pas de sens avec une flottille de 4 bateaux.

    • Fralipolipi dit :

      @Plusdemunitions
      Cela semble un peu plus complexe.
      Il y a bien 2 bassins (formes de radoub) sur l’Ile Longue, mais il ne servent que pour les opérations d’entretien courant (et l’armement ou le désarmement des M51).
      Pour les IPER (et notamment pour le rechargement des réacteurs nucléaires), cela se fait de l’autre côté de la rade, sur la base navale de Brest, dans le Bassin n°8 (… ce n’est pas un secret …).
      Donc il y a bien, déjà aujourd’hui, 3 bassins actifs qui fonctionnent pour l’entretien de nos 4 SNLE, qui ont – eux – une très bonne disponibilité, ce qui veut dire que le MCO fonctionne très bien, et que cela est très bien planifié.
      .
      On notera aussi que sur les 4 SNLE, le plus souvent, il y en a 1 qui est en IPER dans cette forme n°8.
      Il reste donc 2 bassins à l’île Longue pour les 2 autres SNLE qui ne sont pas (ou pas encore) en patrouille, et il a forcément un SNLE en patrouille !
      Donc, on remarque que cette configuration à 3 bassins est déjà actuellement totalement suffisante à un MCO aux petits oignons de nos 4 SNLE (sachant qu’en plus, initialement, cette configuration fonctionnait déjà pour les 6 SNLE Redoutable !..).
      .
      Donc pourquoi ce besoin soudain d’une 4ème forme de radoub … pour seulement 3 SNLE à quai au grand maximum, et seulement temporairement (car il n’y en a régulièrement que deux) ???
      (souhait confirmé ici aussi : https://www.meretmarine.com/fr/defense/snle-la-fost-prepare-deja-l-apres-m51-et-souhaite-renforcer-ses-capacites-d-entretien).
      Je vois 2 hypothèses possibles :
      .
      > 1ère hypothèse : Le contre exemple anglais de ce qu’il ne faut absolument pas faire, nous incite à prendre encore plus de précautions, dans un contexte où le format à « 4 SNLE seulement » ne peut suffir que si et seulement si leur disponibilité reste au top niveau !
      Pour garantir cela, il pourrait alors être question de dédoubler la capacité d’IPER, avec un autre bassin capable de cela, en plus du bassin n°8 … en cas de souci ou de retard sur un SNLE en place dans le 1er bassin IPER … ce qui pourrait être aussi une précaution supplémentaire en anticipation d’un changement de classe (Triomphant => Invincible) = besoin d’adapter un bassin spécifiquement à cette classe, sans que les travaux correspondants ne viennent retarder les IPER des classe Triomphant encore actifs.
      … le fameux « on ne sait jamais, il faut tout prévoir, même l’improbable ».
      Et il est vrai que pour cela, nous disposons de quelques atouts : sur la base navale de Brest, nous n’avons pas que le seul Bassin n°8 qui est assez grand pour accueillir des SNLE. Il y a aussi les bassins n°9 et 10 … ce dernier bassin n°10 accueillait d’ailleurs les IPER des SNLE Redoutable (sauf erreur).
      Alors, à ce jour les bassins 9 et 10 ne sont pas ou plus ad-hoc pour accueillir des SNLE Triomphant ou Invincible pour des IPER, mais les emplacements sont là, existants et de tailles suffisantes (sauf erreur) … il ne faudrait que les consolider/rénover et les équiper (comme ce qui se fait en ce moment à Toulon en zone Missiessy).
      .
      > 2nde hypothèse :
      On anticipe sur une future classe de SNA avec plus de 6 sous-marins … et dont certains seraient alors basés à Brest.
      Aujourd’hui, la zone Missiessy de Toulon avec 1 bassin pour IPER et 2 pour entretiens réguliers (1 à 2 mois /an par sous-marin, hors celui qui est en IPER) est parfaitement taillée pour le MCO d’une flotille de 6 SNA.
      Mais s’il devait y avoir 8 SNA, par exemple, alors il y aurait de possibles goulets d’étranglement (notamment côté IPER).
      Aussi, une capacité d’entretien IPER un peu plus importante, au global, et même si elle est à Brest, pourrait aussi servir à un entretien d’une flotte plus importantes de SNA … dont on sait l’utilité aussi en Atlantique, notamment face au goulet, au moins tous les 2 mois.
      .
      Bref, même si un besoin pour une 4ème forme de radoub à Brest pour les sous-marins ne saute pas aux yeux, on peut se dire que ce serait pour anticiper des choses, et que de toutes façons, il y a déjà la place et d’anciennes formes pour cela, à la base navale de Brest.

      • HMX dit :

        @Fralipolipi
        Je mise une pièce sur la seconde hypothèse ! 😉

      • ji_louis dit :

        Merci

      • Plusdemunitions dit :

        Permettez moi de répondre une seule fois à vos réactions que je partage, vous avez fait un joli parpaing !
        J’ai souvenir qu’avant, quand nous pouvions voir les images Google earth il y avait régulièrement un SNLE à quai, ce cas de figure se produit car il faut quelques semaines pour préparer les bassins entre 2 entrées / sorties.
        L’accueil de SNLE alliés me paraît osé, dur de croire qu’un aspect aussi important de la défense stratégique soit sous-traité à l’étranger. Quant à un plus grand nombre de SNA, les travaux à Toulon ont bien avancé et je n’ai pas souvenir que l’un d’entre eux soit passé à Brest pour entrer en bassin, non ? De plus la filière chaufferie nucléaire est quasi saturée avec les 2 SNA, le PA et les 4 SNLE à suivre. Pas sûr qu’il y ait une place pour 2 chaudières de plus dans le plan de charge ? Mais je ne sais pas.
        Votre idée d’une 2ème bassin à Brest dédié iper me semble plus probable, mais j’ai tendance à penser que la première raison est d’abriter en permanence les bateaux.
        Je reste donc tenté par mon avis sur un bassin à l’île longue pour qu’aucun ne dorme dehors.

        • Fralipolipi dit :

          @Plusdemunitions
          Désolé pour le parpaing.
          Le sujet du MCO des sous-marins nucléaires étant majeur (l’exemple pitoyable des non anticipations et sacrifices malheureux de la Royal Navy en est la meilleure illustration => patrouilles de 6 mois pour les SNLE et zéro SNA en mer sur 5 ou 6 à quai … depuis des lunes), cela mérite bien un ou plusieurs parpaings 🙂
          .
          Pour les SNA, je ne parlais pas des 6 classe Suffren, mais de la classe suivante (qui sera peut-être lancée en plus grand nombre, surtout si le sujet du MCO est réglé à l’avance).
          .
          Et pour l’accueil d’un sous-marin étranger (que j’ai bien qualifié d’hypothétique), je ne pensais certainement pas à un SNLE, mais à un SNA … comme cela se fait à Faslane, qui accueille régulièrement des SNA français et US (et plus un seul SNLE US depuis bien longtemps).

      • Ontyl d'Egeambh dit :

        Très détaillé. Merci.

    • Plusdemunitions dit :

      Le rapport parle bien d’un 4eme bassin, car il compte celui de Brest, qui n’est utilisé que pour les IPER. Rien n’est précisé sur les travaux évidement, mais sans connaitre le dossier on peut imaginer qu’ils ne souhaitent plus stationner un SNLE sur le quai extérieur de l’ile longue, d’où la nécessité d’un 3eme bassin sur place.

      • Fralipolipi dit :

        @Plusdemunitions
        « on peut imaginer qu’ils ne souhaitent plus stationner un SNLE sur le quai extérieur de l’ile longue »
        … Normalement, avec 2 bassins couverts à l’Ile Longue, nous pouvons déjà mettre à l’abri (des regards) tous nos SNLE au moins 90% du temps !
        .
        Pour que cela ne soit pas suffisant, il faut que le SNLE en IPER en soit justement sorti, et que le suivant n’y soit pas encore parti (en direction du bassin n°8).
        Et il faut qu’en plus les 2 autres SNLE qui ne sont pas en « patrouille de dissuasion » soient justement tous deux aussi à l’Ile Longue (alors que nous savons qu’il y a régukièrement un de ces deux là qui est em mer, soit en entrainement, soit sur le chemin pour prendre le relais de la patrouille en cours, en haute mer).
        .
        Donc, avoir plus de 2 SNLE à la fois à l’Ile Longue, correspond à des périodes très rares et limitées dans le temps.
        .
        Il me semble que la motivation pour cette 4ème forme de radoub a plus de chances d’être ailleurs (Cf mon post plus haut) : soit pour démultiplier les capacités d’entretien IPER (à la veille de l’arrivée d’une nouvelle classe et des travaux que cela impliquera peut-être aussi sur la forme de radoub IPER, par rapport à la config actuelle du bassin n°8),
        soit pour accueillir du SNA en plus (en stationnement et/ou en entretien).
        (… soit, encore éventuellement, pour avoir la capacité d’accueillir un allié … discrètement ???)

        • pandacruel dit :

          Fralipolipipi :
          Mettre les SNLE à l’abri des regards ? c’est inutile aussi longtemps qu’ils ne sont pas mis globalement à l’abri des oreilles.

          Le piège de l’Ile Longue est que ç’est situé dans une nasse où vivent des centaines d’autres navires de tous types, surtout civils, dans une zone très peuplée avec une ville juste en face d’où l’on peut observer ce qu’on veut depuis son balcon ou autre.
          le Goulet est un point d’étranglement majeur qui sera fermé par « l’ennemi » en priorité, et ce n’est pas un drone qui empêchera grand-chose, ni 5 fuscos.

          Cet emplacement presque dans un centre ville , fait que tout le monde est au courant quand un SNLE se déplace car il est entouré de tout un dispositif et il doit naviguer près d’embarcations civiles multiples .
          Et de plus, l’exercice très récent en rade, a prouvé qu’une surveillance par hélicoptère est aléatoire vu le climat local, l’exercice ayant du être interrompu pour cette raison, au grand dam des huiles, dont les huiles VVIP américaines présentes dans la plus grande discrétion …

          • Fralipolipi dit :

            @Pandacruel
            Vous avez listé qques points négatifs du site de l’Ile Longue.
            On aurait aimé vous voir lister également ses plus nombreux points positifs.
            Et retenez que venir taquiner le goulet n’est pas permis ni envisageable pour le 1er venu ….. loooiiiin de là !
            A ce jour la FOST et les FAS sont au Top.
            Les Russes la savent très bien, et c’est tant mieux … car ça évite qu’ils ne dérapent trop vite.

          • rainbowknight dit :

            Un bon rappel aux autorités qui semblent ignorer cette singularité géographique locale.
            Cependant on peut penser qu’une gradation dans la posture à adopter serait imposée à TOUS par ces autorités …. curieux s’abstenir sous peine de l’apprendre à ses dépens .
            Quant à la technique de « l’étrangleur ottoman » dans le goulet comment ne pas y avoir pensé ? Bonne chance à qui s’aventurera pour voir si seuls cinq Fuscos seront présents .

  9. Le Suren dit :

    Dans un grand pays comme la Russie, c’est possible de faire circuler des camions porteurs d’armes nuc, mais chez nous, ça me parait difficile au niveau circulation, etc.

    • Grosminet dit :

      @ Le Suren:

      Ce n’est pas difficile,avec une escorte de Gendarmerie 😉
      Par contre,niveau discrétion,c’est pas top,il est vrai

      • Cricetus dit :

        @Grosminet

        Justement, l’idée du camion banalisé avait été étudiée en France dans les années 1980 pour le successeur du S3.

        Le projet S4 envisageait un petit missile balistique à poudre pouvant être installé soit dans les silos du plateau d’Albion, soit sur un véhicule de tir mobile. Les débats de l’époque parlent même explicitement de missiles susceptibles de circuler « sur les routes de France dans des camions banalisés ».

        L’idée était de conserver une partie des missiles à Albion et de disperser les autres, notamment à partir de grandes bases aériennes, avec possibilité de prendre la route en période de crise.

        Donc techniquement, la Gendarmerie n’était pas vraiment le problème : la discrétion et surtout l’acceptabilité politique de voir circuler des armes nucléaires sur les routes françaises étaient précisément les objections déjà soulevées à l’époque.

        Le concept n’est donc pas une invention née avec les TEL russes : nous avions sérieusement étudié notre propre « missile à roulettes » il y a près de quarante ans.

        • jo666 dit :

          la composante Terre a été écartée car jugée vulnérable suite à une attaque nucléaire préventive même avec le durcissement des silots. Il a été étudié de cacher des camions ou des locomotives dans les tunnels des montagnes. Rebelote pour finalement ne prendre que la composante sous marine et aérienne .

          • Cricetus dit :

            @jo666

            La vulnérabilité des silos d’Albion était bien un problème, mais ce n’est pas toute l’histoire.

            Un silo fixe peut être ciblé, évidemment. Mais il présente aussi une propriété stratégique intéressante : pour neutraliser cette composante, l’adversaire doit frapper directement le territoire national français. Albion obligeait donc l’agresseur à « signer » sans ambiguïté une attaque nucléaire contre la France.

            Et surtout, conserver une composante terrestre évitait de mettre presque tous les œufs dans le même panier. Les SNLE sont aujourd’hui extrêmement difficiles à détecter, mais rien ne garantit qu’une rupture technologique future ne permette un jour de les localiser beaucoup plus facilement. Le Sénat évoquait déjà explicitement cette hypothèse dans les années 1990.

            L’abandon d’Albion est donc aussi un choix politique et budgétaire de l’après-guerre froide. Les S3 arrivaient en fin de vie, leur remplacement aurait été très coûteux, le programme mobile S45 avait été abandonné en 1991 et la France souhaitait afficher sa participation au mouvement général de réduction des arsenaux nucléaires. Le Sénat écrivait lui-même que les contraintes financières et cette volonté de désarmement avaient probablement accéléré la décision.

            Autrement dit : Albion était vulnérable, mais il n’était pas inutile. On a considéré que le supplément de diversification qu’il apportait ne justifiait plus son coût.

            Et il est tout de même intéressant de constater que les États-Unis et la Russie n’ont jamais déduit de la vulnérabilité des silos qu’il fallait supprimer leurs ICBM terrestres. Plus révélateur encore : la Chine est actuellement en train d’en construire par centaines.

            Manifestement, les trois principales puissances nucléaires mondiales n’ont pas reçu le mémo expliquant que le silo était stratégiquement obsolète.

    • G dit :

      Et vulnérabilité ; la liberté de circulation dans une démocratie ne permet pas, comme en Russie ou en Chine, de garantir à 100% la sécurité d’un tel convoi.
      Les SNLE sont encore ce qui se fait de plus sûr ; c’est dans l’amélioration de leurs « conditions de travail » (soutien, Patmar, SNA, munitions, M51, etc.) que nous devrions investir. Restaurer une triade « parce que c’était comme ça avant » serait une idée particulièrement coûteuse -en euros mais également en capacités militaires sacrifiées par ailleurs.

      • Cricetus dit :

        @G

        Je ne crois pas que l’argument de la « liberté de circulation en démocratie » soit vraiment décisif.

        Un missile mobile n’a pas vocation à passer sa vie à faire le tour des ronds-points français sous escorte de gendarmes. Le concept étudié avec le S45 était précisément celui d’un missile déplaçable, pouvant être basé dans des installations militaires puis dispersé en période de crise. Les études françaises envisageaient notamment son déploiement sur des bases aériennes.

        L’objectif n’est d’ailleurs pas de garantir à 100 % la sécurité de chaque camion — aucune composante nucléaire n’est invulnérable — mais de compliquer suffisamment la planification adverse pour qu’une frappe préemptive ne puisse pas raisonnablement garantir la destruction de toute la force.

        Sur les SNLE, je suis d’accord sur un point : ils constituent aujourd’hui le cœur de la survivabilité de la dissuasion française. Mais c’est précisément parce qu’ils concentrent une part essentielle de notre capacité de seconde frappe qu’une diversification peut présenter un intérêt. Le Sénat soulignait déjà dans les années 1990 qu’une composante terrestre pouvait compléter les SNLE, notamment face à l’hypothèse d’une future percée technologique dans leur détection.

        Quant au coût, c’est le vrai argument. Restaurer une composante terrestre impliquerait effectivement des arbitrages budgétaires lourds. Mais c’est très différent de dire qu’elle serait militairement inutile parce que vulnérable ou impossible à faire circuler dans une démocratie.

        D’ailleurs, lorsque le S45 a été abandonné en 1991, le ministère invoquait explicitement un ensemble de considérations stratégiques, techniques, industrielles et financières, et notamment la possibilité d’éviter de maintenir deux programmes balistiques distincts, un pour les SNLE et un autre pour Albion.

        La vraie question n’est donc pas « peut-on faire rouler un missile nucléaire sur une route française ? », mais : le gain de diversification et de survivabilité justifie-t-il le coût d’une troisième composante ?

    • Olivier Héral dit :

      Le HADES était un semi remorque difficile à discerner d’un autre semi remorque sur une autoroute s’il était maquillé et avec un tracteur civil (étranger par exemple), il y avait 2 missiles par semi, portée 500 kms.

    • rainbowknight dit :

      Vous pouvez imaginer tous les moyens pour dissuader autrui de « vitrifier » la France , l’important est qu’il se rappelle la réponse du Général  » Eh bien , monsieur l’ambassadeur, nous mourrons ensemble.. »

  10. Mat49 dit :

    Aucun intérêt. Nous avons besoin de recréer des fondamentaux et d’avoir des capacités de frappe dans la profondeur.

    Donc il faut pour cela un budget qui soit à la hauteur, ce qui implique d’arrêter le quoi qu’il en coute au niveau des aides sociales.

    • G dit :

      Oui, notamment mettre fin aux projets sociaux inutiles de porte-avions gonflable à 15 milliards pour faire plaisir aux enfants malades de l’Élysée chaque défilé du 14-juillet, etc …

      • Mat49 dit :

        @G montant étalé sur dix ans et insignifiant par rapport aux retraites et aides sociales.

      • Olivier Héral dit :

        Un PANG en plus du Charles de Gaulle vous permet la pérennité à la mer et surtout de défendre votre ZEE et prendre une position en MEDOR par exemple. Un navire nucléaire va plus loin et n’a pas besoin de trop de carburant hormis pour ses avions. Un PANG c’est une base aérienne qui peut être déplacée sur l’immensité des mers, ce qui recouvre principalement la planète. Imaginez Tahiti à défendre de l’arrivée d’une flotte : vos avions basés à terre ne vont pas suffire et auront une allonge faiblarde, les ravitailleurs étant fragiles
        Totalement inutile si vous êtes le Luxembourg, la Suisse ou même la République Tchèque bien sûr.
        .
        Mais pour la France dotée de la 2de ZEE maritime au monde, cela se défend et a du sens. Surtout si vous voulez la défendre ou avez envie d’avoir une position militaire et politique forte dans certains coins du globe (près de vos zones d’influence).
        Pour info la Chine en développe même une version CATOBAR et envisage d’en construire d’autres pour une ZEE bien moindre mais avec une perspective politique très forte.

    • Bill62 dit :

      « au niveau des aides aux entreprises sans obligations de résultats »
      je vous ai corrigé une petite erreur.

      • Mat49 dit :

        cf message précédent ce que vous visez soutient l’emploi donc les retraites.

        • Bill62 dit :

          Non, pas lorsque les entreprises empochent les aides et licencient dans la foulée, sans raison valable. Ou alors se font racheter aussi sec par une autre entreprise dont on découvrira plus tard que les actionnaires sont en lien avec la première… suivi d’un plan social pour « optimisation »…etc
          L’argent « publique » disparaît alors très souvent dans le monde de la finance non réelle et il n’y a aucune retombées sur l’économie réelle. Et donc encore moins sur les cotisations retraite.
          Ces arnaques sont devenues fréquentes et se nourrissent de nos impôts.

          • Mat49 dit :

            @Bill62 il y en a mais il y a aussi d’autres entreprises qui reçoivent des aides et qui ne licencient pas.

            Et le montant des aides qu’on pourrait vraiment raboter sans encourir une délocalisation massive derrière est maigre, quelque dizaines de milliards au plus ce qui est insignifiant par rapport au poids des retraites et des aides sociales.

  11. Romain KOUDLANSKI dit :

    Ce serait une très bonne idée.

  12. Flavien dit :

    On pourrait pas flanquer un booster a l’ASMP pour le lancer depuis le sol ?
    Simple? Rapide ? Moins cher ?

    • jean luc dit :

      là, je suis d’accord sur le projet Aguilat. Les Allemands travaillent sur le booster et le lanceur, il suffira de l’adapter. La France aura sa version terrestre pour pas cher .

    • SALLES dit :

      Une idée simple mais lumineuse, à creuser.

    • jo666 dit :

      suffit de faire la partie Fusée à poudre plus large avec du bore pour une performance de +40 %

  13. R2D2 dit :

    Quand le Hades tente un come back

  14. wololo dit :

    Pour ce coût, quelques dizaines de milliards d’investissement et encore 2 ou 3 annuels de maintenance , on devrait pouvoir monter une brigade de plusieurs milliers de hackers, surement plus efficace que ces missiles inutilisable.

  15. Alfred dit :

    Le plateau d’Albion a ete abandonne (dans tous les sens du terme) au motif que l’amelioration de la precision des missiles remettait en cause l’ouverture des tampons de protection des silos et par voie de consequence le tir de leur contenu. Si donc il devait y avoir une composante terrestre nucleaire strategique on peut supposer qu’elle serait mobile plutot que statique. Mais s’il faut pouvoir disperser les avions de la composante aerienne, il en irait de meme pour les lanceurs de la composante terrestre; ce qui supposerait de disposer d’abris tunnels discrets de gabarit adapte pour les recevoir, en sus d’un PC central pprotege, sans parler des contraintes liees a leur deplacement par voie routiere….

    • Fralipolipi dit :

      @Alfred
      « Le plateau d’Albion a ete abandonné »
      … Pas totalement. Sur la base support, il reste le 2ème régiment étranger du génie.
      Côté silos, parmi les 18, il y a bcp de couverture photovoltaique, mais il y en a aussi un qui accueille depuis asse longtemps les antennes de réception du radar GRAVES.
      Donc tout n’est pas totalement recouvert et enterré.
      .
      « ce qui supposerait de disposer d’abris tunnels discrets »
      … effectivement, pour rester discret tout en pouvant rester mobile, si on ne fait pas dans le sous-marin, il faut faire le « sous-terrien ».
      C’est ce qu’a fait la Chine avec la démultiplication des ses silos enterrés, dont nombreux seraient reliés-connectés par des tunnels assez grands pour permettre pas mal de choses dans la mise en oeuvre des missiles.
      .
      … Avons-nous les moyens financiers et les espaces en métropole pour réaliser un réseau similaire, même à petite échelle ?… Rien de moins sûr.
      .
      Il reste le missile mis en oeuvre par camion banalisé, lesquels pourraient partiellement utiliser un réseau également souterrain.
      … Va falloir commencer par faire l’inventaire des vieux tunnels de la SNCF 😀

    • Fralipolipi dit :

      @Alfred
      J’oubliais aussi qques autres « recyclages » du plateau d’Albion :
      – l’Observatoire spatial SIRENE
      – le Labo souterrain à bas-bruit
      https://www.tf1info.fr/societe/reportage-dans-le-vaucluse-un-site-extraordinaire-regardez-ce-qu-est-devenue-la-base-du-plateau-d-albion-en-provence-ou-etaient-stockes-les-missiles-nucleaires-francais-2464551.html

  16. Stakan Vada dit :

    Avec quel argent ?? Si, il y a les 4,8 milliards d’euros que l’on donne à France TV et France Inter chaque année. Cet argent serait plus utile pour notre défense….

    • Momo dit :

      Vous parlez de la 5ie colonne?

    • LaMeuse dit :

      Naïveté ou intérêt ?

      Parce que, de droite ou de gauche, penser que l’on sera informé diversement et objectivement quand tout l’audiovisuel sera détenu par des milliardaires (Saadé, Bouygues, Bolloré et donc demain Murdoch ? Berlusconi fils ?), c’est assez osé.

      De plus, le chiffre d’affaires des nouvelles entités commerciales, ce sont bien les Français qui le paieront toujours sous d’autres formes.

    • jean luc dit :

      Ça, c’est la redevance TV payée par les Français « . Il faut prendre l’argent là où il se trouve, c’est-à-dire chez les pauvres. Bon d’accord, ils n’ont pas beaucoup d’argent, mais il y a beaucoup de pauvres. « , Alphonse Allais (1854-1905) pour rire un peu
      2eme solution : taxer la connerie en France, car elle est incommensurable, je crois en plus que le gouvernement serait assez con pour le faire . Excuse-moi de mes écarts impoli. je plaisantais

      • ji_louis dit :

        D’autant plus qu’il n’y a pas de limite connue à a connerie (dixit Albert Einstein)…

      • B.M. dit :

        La redevance télé c’est terminé depuis quelques années. Le gouffre de l’audiovisuel est bel et bien financé par le budget général de l’état.

    • Jack dit :

      Quel rapport entre deux médias étatiques et le budget de la défense ? Par ailleurs, vous souhaitez vraiment laisser le traitement de l’information à des sociétés privées ?

      • B.M. dit :

        Depuis toujours, en France et dans tous les pays démocratiques, le traitement de l’information par la presse écrite a été le fait de groupes privés et c’est ça qui était le garant de la liberté de la presse. Seules les dictatures ont eu (et ont encore) une presse écrite d’état comme l’était la Pravda. L’audiovisuel étatisé c’est une ENORME entorse à cette liberté de la presse et ça ne devrait pas exister dans un pays qui se veut démocratique.

  17. jean luc dit :

    Avec quel argent financer la variante terrestre ?

  18. Vidallier dit :

    Il est possible également de se souvenir que la France ne se réduit pas à la métropole et que certains territoires comme la Guyane peuvent accueillir des armes.nucleaires

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « et que certains territoires comme la Guyane peuvent accueillir des armes.nucleaires » Vous comptez vitifier, la Havane, Caracas, Bogota,…….Miami?

    • ji_louis dit :

      Un missile balistique à capacité orbitale (comme les fusées de ravitaillement de la station spatiale internationale et autres lanceurs connus) peut atteindre n’importe quel point de la Terre en moins de 100 minutes avec une précision de quelques mètres à quelques centaines de mètres. Tout emplacement fixe de missiles nucléaires peut être « neutralisé » (détruit ou endommagé pour le rendre inutilisable un certain temps) en moins de 2 heures *. Il faut donc qu’il soit mobile pour pouvoir éviter le tir de première frappe ou solidement défendu (systèmes et missiles anti-aériens anti-balistiques).

      * Les tunnels profonds peuvent protéger des installations de la destruction immédiate mais peuvent être rendus impraticables par effondrement lors d’un bombardement. Les installations protégées sont alors rendues inutilisables, donc inutiles. Dans le cas d’installations de missiles nucléaires de frappe en rétorsion, il n’y aurait pas de frappe, ou trop tardive (le temps de déblayer les tunnels). C’est le cas des tunnels iraniens bombardés par les américains.

  19. Georges Frérot dit :

    Il y a probablement une convergence possible entre la frappe nucléaire sol/sol et la frappe conventionnelle dans la profondeur se sont les vecteurs.
    Mais il faudra sortir de la différenciation actuelle des vecteurs.
    Un ASMP devrait pouvoir être aussi porteur d’une frappe air/sol conventionnelle.
    Nos principaux ennemis, et je dis bien ennemis, disposent déjà de vecteurs indifférenciés.
    En l’état des moyens que nous pouvons consacrer à notre défense l’effacement de cette différenciation s’impose.
    Les économies d’échelle cela s’applique aussi à la Défense.

  20. steph dit :

    Pas de réelle plus value, la dissuasion telle qu’existante aujourd’hui, vecteur aérien et SNLE est pertinente.
    Le seul intérêt serait pour des frappes tactique sur un théâtre, périmètre restreint, mais quitte à investir, je pense qu’il serait mieux de redonner du gras à l’armée de terre, en effet une force terrestre, bien équipée est en nombre suffisant constitue aussi une force de dissuasion…..et c’est un marin qui le dit 🙂

    • jo666 dit :

      suffit de faire la partie Fusée à poudre plus large avec du bore pour une performance de +40 %

  21. vno dit :

    «L’ensemble du système est cohérent et optimisé pour quatre navires et les progrès en termes de performances réalisés entre la première et la deuxième génération de SNLE ont permis de réduire d’une unité le nombre des SNLE sans perdre en capacités opérationnelles», a-t-il fait valoir auprès de MM. Allizard et Joly.

    Si compter les têtes nucléaires comme des billes et la distance ou on les envois sont les seuls critères avec un nombre de jours de patrouille réduit, alors certe… Mais c’est en rendant la FOST vulnérable à une surprise militaire. Manifestement, à la Fost, ils n’ont pas entendu parler des drônes et de leur emploi combiné avec d’autres forces pour créer une surprise tactique. C’est d’autant plus étonnant que le format à cinq SNLE prenait le risque de destruction simultanée de nos forces pour le rendre quasi impossible avec les moyens de l’époque. Avec les moyens actuels ce n’est pourtant plus une hypothése…

  22. vrai_chasseur dit :

    Les sénateurs à l’origine de l’idée vont vite s’apercevoir que pour minimiser les coûts et ne pas devoir résoudre de nouveaux risques technologiques, il faudra réutiliser le plus possible l’existant : pour le stratégique, missile M51 et ses systèmes de lancement et de contrôle, transmissions sécurisées, énergie autonome, etc – et pour le préstratégique, l’ASN4G et les mêmes systèmes que sur un Rafale FAS.
    Bref ils viennent d’inventer une version souterraine fixe d’un SNLE et une version routière d’un Rafale FAS.
    Et par ailleurs, sauf erreur dans ce rapport on n’entend pas beaucoup parler de la FANU. Les Rafale Marine sont aussi porteurs de l’arme nucléaire préstratégique et un porte-avions, ça se déplace.

    Toutes les idées sont à étudier. Mais on peut comprendre que les militaires soient un peu dubitatifs.

    • HMX dit :

      @vrai_chasseur
      Tout à fait d’accord. Quitte à faire quelque chose, autant se servir de ce qu’on a, sur étagère :
      – Un ASN4G tiré du sol, doté d’un booster lui permettant d’atteindre la portée requise (plusieurs milliers de km), avec un véhicule lanceur terrestre dédié.
      – Une version avec tête nucléaire tactique du futur STRATUS LO et/ou STRATUS RS.
      – Un M51 en version terrestre, réutilisant largement les technos de la version sous-marine (dont le planeur hypersonique manoeuvrant). On bascule ici dans le registre du stratégique, et non plus du tactique.

      Tout cela est faisable, probablement sans grandes difficultés technologiques, et à coût limité. Reste la question principale : « pour quoi faire ? »

      On pourrait être tenté de répondre qu’il s’agirait de renforcer/crédibiliser la posture de dissuasion française. Mais cette dissuasion est déjà crédible, et rien n’empêcherait de renforcer au besoin les moyens existants, sans avoir besoin de développer de nouveaux vecteurs ( Ex : 1 SNLE supplémentaire et ses M51, 1 escadron Rafale supplémentaire et ses ASN4G…).

      L’intérêt principal de développer des nouveaux vecteurs à lancement terrestre est donc ailleurs : il s’agirait essentiellement de se placer en situation de pouvoir renforcer et crédibiliser la dissuasion de pays alliés en Europe. En clair, de créer un volet « terrestre » à notre nouvelle posture de « dissuasion avancée ». A l’heure actuelle, celle-ci repose en effet exclusivement sur un volet aérien (Rafale/ASMP-A), certes dissuasif, mais avec un handicap structurel : la France est pratiquement la seule à mettre en oeuvre le Rafale en Europe, les autres pays ayant presque tous opté pour le F35 américain, ce qui empêche ou réduit drastiquement toute forme d’intégration plus poussée dans la posture de dissuasion avancée française (Ex : un F35 d’un pays allié européen ne pourra jamais être habilité à tirer un ASMP-A français placé sous le régime de la double clé). Un éventuel volet terrestre de la dissuasion française aurait l’immense mérite d’être beaucoup plus « ouvert » à une coopération et une intégration avec nos alliés européens désireux de s’engager dans cette voie. Des pays comme la Pologne, et surtout l’Allemagne, pourraient se montrer particulièrement intéressés par cette idée.

      • Mat49 dit :

        @HMX et vrai chasseur: compte tenu du fait qu’on a l’ASN4G qui arrive (plus du stratégique), y a t il vraiment besoin de faire des vecteurs de frappe nucléaires sol sol (tactiques ou stratégiques)? Un missile balistique rustique capable d’être produit en quantité mais avec possibilité de recevoir une tête nucléaire si besoin impératif paraît bien plus adapté financièrement et opérationnellement.

        Car nous n’avons pas d’équivalent d’un HADES conventionnel.

        • HMX dit :

          @Mat49
          Comme indiqué plus haut, la France n’a pas nécessairement besoin de développer de nouveaux vecteurs pour assurer sa propre dissuasion. M51 et ASMP-A/ASN4G font parfaitement le job (leur nombre pouvant au besoin être augmenté).

          L’intérêt majeur de développer de nouveaux vecteurs, c’est de pouvoir créer un volet terrestre à notre « dissuasion avancée » en lien avec nos alliés européens. Pouvoir déployer de façon permanente des vecteurs nucléaires à lancement terrestre (sous doublé clé française, cela va sans dire !) chez nos alliés qui en exprimeraient la volonté serait potentiellement un changement très important dans l’architecture de sécurité collective, au plan européen.

          Quant au choix de ce futur vecteur, il peut y avoir un débat légitime pour savoir si ce devrait plutôt être un missile hypersonique (dérivé terrestre de l’ASN4G ?), un missile de croisière furtif (dérivé de la gamme STRATUS ?), ou pourquoi pas un MBT à usage dual (nucléaire/conventionnel) comme vous le proposez. J’ai tendance à penser qu’il faut envisager l’évolution prévisible des performances des systèmes ABM dans les années qui viennent : quand on examine les performances d’interception des systèmes israéliens face à l’avalanche de MBT iraniens de tous types, on se dit que le MBT « rustique » n’est peut être pas la voie qu’il faut prioriser pour un système à vocation nucléaire… il faut vraisemblablement soit un MBT évolué, doté de systèmes d’aide à la péntration et/ou de planeur hypersonique, soit des vecteurs évoluant très près du sol et/ou très vite…

          • Fralipolipi dit :

            @HMX
            Je verrais bien aussi la possibilité d’armer nos SNA d’une version encapsulée des ASMP-Ar ou ASN4G, ou bien d’un MDCn naval à tête nucléaire.
            …. Cela constituerait une capacité d’ultime avertissement, mais discrète, jouant sur la présence sur zone dans la durée, plutôt que sur le raid aérien éclair.
            Et cela éviterait au SNLE de se révéler pour juste tirer un unique M51 armé d’une tête unique.
            .
            Cela permettrait un peu plus de redondance dans le dispositif général, tout en capitalisant sur l’existant.
            .
            Et on peut imaginer armer ces SNA à l’Ile Longue (pour éviter les problèmes de stockage d’armes nucléaires au port de Toulon … quoique, avec la capacité FANu à bord du PAN CDG, cela a bien du arriver parfois).

  23. leo dit :

    Doter les pays voisins de la Russie de moyens très étoffés de frappes conventionnelles en profondeur constitue à mon avis un moyen beaucoup plus sûr de faire réfléchir la Russie que de rajouter un élément supplémentaire à notre arsenal nucléaire.
    Les voisins de la Russie seront bcp plus motivés en cas d agression de la Russie et celle-ci ne peut pas douter qu ils se serviraient de leur arsenal. Si ces pays dépendent des Etats Unis ou de la France en matière de dissuasion, la Russie peut faire le pari (erroné ou non, là n est pas le problème) que ces puissances protectrices chercheront plutôt à négocier.

  24. Le Chouan dit :

    À quand, des missiles de croisière à charge nucléaire sur une partie de nos frégates et notamment sur nos SNA ?

    Concernant un éventuel retour d’une composante nucléaire terrestre, dans le même principe que l’Hadès, je serais favorable à la création de deux unités mobiles équipées chacune de 25 véhicules porteurs, armées de deux missiles balistiques préstratégiques.
    Ce missile balistique devra avoir un portée minimum, comprise entre 3 000/4 000 km.
    J’ajoute, qu’il me paraîtrait judicieux que la FAS, puisse recréer un troisième escadron de chasse, le tout composé du futur Rafale F5 et du missile hypersonique ASN4G.
    Ceci dit, il est évident que l’AAE (hors Aéronavale), ne peut plus se permettre de disposer que, de 180 avions de chasse, un minimum de 225 appareils est plus que souhaitable, idem pour l’Aéronavale, 41 Rafale Marine est bien trop juste, passons à 65 à 70 voilures.
    En bref, je suis favorable pour qu’à terme, la France dispose d’une flotte de chasse (AAE et Aéronavale), de 300 appareils !

    À partir de là, la France retrouvera une forte crédibilité !

    • Mat49 dit :

      @le Chouan « Concernant un éventuel retour d’une composante nucléaire terrestre, dans le même principe que l’Hadès, je serais favorable à la création de deux unités mobiles équipées chacune de 25 véhicules porteurs, armées de deux missiles balistiques préstratégiques. » Quel intérêt nous avons déjà l’ASN4G qui arrive.

      Nous avons besoin de frappe conventionnelle dans la profondeur. Les missile nucléaires tactiques sont déjà là.

      • Le Chouan dit :

        « Nous avons besoin de frappe conventionnelle dans la profondeur. »
        Oui, d’accord avec vous !
        Cependant, une composante nucléaire terrestre préstratégique participe également au besoin de frappe en profondeur, tout en étant difficile à repérer du fait de la mobilité du système terrestre que je préconise.
        Autre avantage, c’est que ces missiles auront une trajectoire balistique, donc, plutôt dur à intercepter vu leur haut niveau de pénétration.
        De plus, ils viendraient également en complément de l’ASN4G car le point faible réside dans le fait que les 2 ou 3 bases aériennes de la FAS peuvent faire l’objet d’attaques préventives, pistes endommagées et/ou avions porteurs du vecteur ASN4G détruits et sur les dizaines ou les centaines de drones ou missiles de tout type qu’un potentiel ennemi peut envoyer, il y en aura toujours qui passeront surtout quand nos défenses AA sont insuffisantes. Il est préférable de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier, d’où l’idée de diversifier !
        Enfin, ce type de système aura la capacité de créer un arc défensif décisif, allant du nord de la russie jusqu’au Moyen-Orient et plus, sans pour autant recourir à l’arme ultime, ça c’est ce qu’il s’appelle « prévoir »…
        Après, ce n’est que mon point de vue et tout est discutable !

    • Fralipolipi dit :

      @Le Chouan
      « J’ajoute, qu’il me paraîtrait judicieux que les FAS, puisse recréer un troisième escadron de chasse »
      … Oui, vu l’extrême polyvalence des ces esacdrons FAS, qui servent tout autant, sinon plus, aux missions conventionnelles … cela ne mangerait pas de pain !!!
      Ce qui est important c’est que ces escadrons soient rattachés à 2 bases distinctes (St-Dizier et bientpôt Luveuil).
      Tout rappatrier sur une seule base était une erreur évidente (mentalité des dividendes de la paix), et si on parle demain d’essaimage des FAS de St-Dizier sur plusieurs bases, … avec leurs ASMP … et bien je n’y crois pas … pas sur un très très bref préavis qu’impliquerait pourtant une escalade vers le nucléaire … qui peut se produire en qques heures.
      .
      Le retour d’un escadron FAS à Luxeuil est nécessaire.
      Et le fait d’en conserver au moins un à St-Dizier, en parallèle, n’est pas moins nécessaire.
      … ce qui n’empêche pas de travailler, en plus, sur des faisabilités d’essaimages rapides (également nécessaires).

  25. farragut dit :

    Finalement, les responsables de la FOST ou des FAS n’ont même plus besoin de répondre au Chef des Armées sur ses directives stratégiques, Bercy s’en charge tout seul ! 😉

  26. 421 dit :

    La doctrine nucléaire française est la dissuasion.
    La France s’enorgueillit de dépenser un pognon de dingue pour entretenir ses jouets alors que nous tiendrions quelques jours de munition en cas de conflit intensif.
    Plutôt que de réinventer les Pluton et dilapider à crédit l’argent du contribuable, il serait plus judicieux d’armer un nouveau régiment numérique.
    De même, il serait de bon ton de sensibiliser à coup de rangées dans la gueule tous les pelés qui continuent à utiliser des connexions informatiques faibles.
    Quant aux membres de la cinquième colonne, j’ai bien une solution finale pour eux mais je vais encore me faire traiter de nazi…

  27. Lothringer dit :

    Je ne suis pas sur qu’un vecteur nucléaire tactique soit pertinent. Le tactique, c’est de la faible puissance inférieure à Hiroshima pour taper le champ de bataille. Mais si les forces ennemies sont disséminées, l’intérêt tactique est réduit à néant. Or dans la guerre moderne ultra-mobile et même parfois dépourvue d’humains sur le champ, je ne suis pas sur qu’on retrouve cette concentration.
    J’ai quelques idées sur un scénario de remplacement, mais pas sur ce forum. Trop d’yeux et trop d’oreilles.

  28. Avisé dit :

    L’option d’une composante nucléaire terrestre mobile devient indispensable par les temps qui courent, portée de plus de 2000 km. De toute façon, en cas d’attaque surprise, les Rafale ASMP n’auront pas le temps de décoller sauf à en maintenir en l’air en permanence quelques uns bons de guerre . Quant aux SNLE, il ne faut pas négliger le progrès technique, IA ou pas, qui mettrait en cause leur invulnérabilité. Il ne faut pas opposer tactique et stratégique, le nucléaire, c’est du nucléaire. Espérons que certains auront compris, au passage, l’avertissement de Laurent Lagneau. Ce serait dommage de supprimer les commentaires. Arguments contre arguments, sources contre sources, c’est la seule façon de discuter entre personnes « intelligentes ».

  29. leo dit :

    Il n y a plus du tout d argent dans les caisses. Il faudra à mon avis annuler le PA NG. Il faut faire l impasse sur le perfectionnement de notre force nucléaire: puisqu on l a, on la garde, mais telle quelle, avec ses éventuelles faiblesses. L appui américain n est pas inconditionnel, la Russie peut juger que la France n emploira pas le nucléaire si elle envahi un petit morceau d un pays balte, de toute façon, notre propre réaction serait subordonnée à l attitude des américains (cf raid annulé contre la Syrie de Bachar AlAssad en 2013). La dissuasion passe bien plus dans la dotation de moyens de frappe conventionnels nombreux dans les mains de ces pays qui ont déjà été envahis par l URSS et qui n hésiteront pas à s en servir (la commande de Baracudas par la Lettonie s inscrit sans doute dans ce cadre). Une composante sous marine pour les pays baltes ne serait d ailleurs pas superflue étant donné leur superficie relativement faible.
    Un peu désolant qu on continue en France conceptuellement à vouloir prolonger la guerre des années 80.

  30. Rogger dit :

    bonjour, avant toute chose je rapelle que la compossantes terreste reposser sur deux elements. les 18 vecteurs du plateau d’albion ( en deuxieme flappe apres attaque ) et surtout les armes nucleaire tactisue d’ultime averticement ( ploton et autre ). Le retrait de cette compossante et tres rrgretable ..
    nous pouvons installer des silos partout en france et surtout dans des endroit secret …
    Ensuite la compossante tactique me semble des plus importents , pour prouver notre determination et notre capaciter a repondre a une agression equivalente …nous avions devellopper dans les annee 1990, un vecteur mobile dans un simple camion de transport, pouvent ce deplacer et se perdre dans les milier de camion routier qui cuicule sur nos autoroute..