L’intégration du missile antichar Akeron LP sur l’hélicoptère Tigre a franchi une étape majeure

En juin, en marge du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory, Airbus Helicopters a donné quelques précisions sur le programme de rénovation à mi-vie [RMV] de l’hélicoptère de reconnaissance et d’attaque EC-665 Tigre, financé par la France et l’Espagne.
Ainsi, ce standard, de nouveau appelé Mark III, prévoit l’intégration d’une «avionique numérique flambant neuve», d’un viseur optronique, d’un casque numérique et d’un cockpit à écrans tactiques ainsi que la refonte du câblage pour «intégrer tous les flux de données et offrir une capacité de communications accrue». En outre, il pourra interagir avec des drones.
«Nous intégrons des armements de pointe. Le viseur Euroflir 510 nous offre une portée visuelle bien supérieure et des performances de ciblage améliorées. Nous souhaitons un hélicoptère adapté aux combats de haute intensité, qui pourra voir avant d’être vu», a résumé Marie Thomines, la responsable de ce programme chez Airbus Helicopters.
Un temps incertaine, l’intégration du missile antichar Akeron LP, naguère appelé «missile haut de trame» et développé par MBDA dans le cadre du programme MAST-F, se précise.
En février 2025, la Direction générale de l’armement [DGA] procéda au premier tir d’essai de l’Akeron LP. Ce qui avait permis de valider son système de guidage ainsi que la «poussée» de son système principal de propulsion. Quelques semaines plus tard, un second tir fut effectué par un Tigre «banc d’essai», sous le contrôle de DGA Essais en vol.
«Ce prototype de missile était équipé d’un booster et d’un système de télémétrie permettant de collecter un grand nombre de données», avait expliqué, à l’époque, l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement [OCCAr], chargée de coordonner le programme MAST-F. L’un des enjeux de cet essai était de vérifier que les perturbations engendrées par le rotor du Tigre ne remettaient pas en cause «la sécurité lors de la phase de séparation».
Réalisé en mars dernier, le troisième essai de l’Akeron LP, effectué depuis une plateforme terrestre, donna également satisfaction dans la mesure où il permit de valider «plusieurs chaînes fonctionnelles critiques», dont ses capacités de ciblage laser et la liaison de données avec son lanceur.
«Effectué comme le premier tir depuis un portique au sol, ce tir a permis de valider que le missile accrochait bien la cible désignée par un laser alors qu’elle se trouvait au-delà de 6 000 mètres de distance», avait résumé le ministère des Armées.
Un quatrième tir – réussi – vient d’être réalisé par l’hélicoptère «banc d’essais» mis en œuvre par DGA EV à Cazaux. Selon l’OCCAr, c’est une «nouvelle étape importante qui a été franchie dans le cadre du programme MAST-F».
Cet essai a validé l’ensemble des «aspects clefs de l’intégration du système d’arme». Plus précisément, a détaillé l’OCCAr, la «chaîne de guidage par imagerie du missile a été activée avant le lancement en configuration LOBL [Lock-On Before Launch]», ce qui lui a permis d’atteindre «la cible désignée» et de confirmer «d’importantes capacités opérationnelles».
«Cette réussite représente une nouvelle avancée significative vers la mise au point d’une capacité de frappe air-sol de nouvelle génération, de haute précision et connectée en réseau, pour les forces armées françaises», a conclu l’OCCAr. Désormais, l’Akeron LP va entrer dans sa phase de qualification.
Pour rappel, selon les détails fournis par MBDA, outre sa faible masse [40 kg] et sa portée [entre 12 et 20 km], l’un des points forts de l’Akeron LP est sa liaison de données bidirectionnelle, laquelle renvoie les «images des capteurs optroniques visible et infrarouge vers l’opérateur», qui a ainsi la possibilité de «désigner son point d’impact, voire, le cas échéant, de modifier sa trajectoire en cours de vol».





Un vrai missile Milan ….bon pas filo guider mais tout comme…on est des bons…
Ce missile est probablement excellent pour faire ce pourquoi il a été conçu. Là n’est pas la question.
La question est celle de l’employabilité du Tigre (et plus largement des hélicoptères de combat) dans un contexte où les drones pulullent, sachant que les prochaines générations de drones tactiques (FPV et autres munitions rôdeuses) dopés à l’IA pourront sans nul doute reconnaître et engager de manière autonome des cibles aériennes lentes et peu discrètes comme ces hélicos, même à plusieurs dizaines de km derrière une hypothétique zone grise/ligne de front.
La première réaction est donc de faire reculer toujours plus l’hélico de combat, en le dotant d’armes de plus longue portée, comme par exemple cet Akeron LP. dans cette optique, on devrait surtout se dépêcher de travailler sur une MTO aéroportée de plus longue portée (50 à +100km, autonomie de 1 à 2h) permettant à l’hélico d’engager des cibles en restant réellement hors de portée. On achèterait ainsi un (court) répit au concept d’hélicpotère de combat. On peut aussi envisager de doter l’hélico de dispositifs d’autoprotection toujours plus perfectionnés, et toujours plus chers, avec un coût qui se rapprochera alors celui d’un avion de combat : est-ce financièrement possible, ou tout simplement souhaitable ? On touche ici aux limites du concept…
La seconde réaction, c’est de constater qu’à terme, le concept même d’un hélico de combat « habité » est obsolète, le rapport coût/bénéfice devenant beaucoup trop désavantageux. Risquer une machine à 40M€ et son précieux équipage face à des nuées de vulgaires drones qui auront envahi le champ de bataille ne sera tout simplement plus une option acceptable, tant sur le plan opérationnel que politique. Dès lors, la solution s’impose : droniser l’hélicoptère de combat. Des drones (ou potentiellement une famille de drones) dotés d’armements variés, dont le prix unitaire sera beaucoup moins élevé que celui d’un hélico comme le Tigre, et qu’on pourra donc envisager de mettre en oeuvre en plus grand nombre, même si on doit en perdre quelques-uns de temps à autre. C’est à mon sens la seule solution d’avenir : assumer ce virage, laisser s’éteindre progressivement le Tigre dans la décennie 2030 (même si on mesure à quel point c’est difficile à accepter), et réinventer l’ALAT et la fonction d’aérocombat autour de ces futurs drones qui constitueront la nouvelle pointe de la lance.
Le danger, c’est qu’on fasse exactement le contraire : s’arc bouter sur des concepts « doudous » rassurants, comme « le rôle indispensable de l’homme dans la machine », s’acharner à moderniser notre parc de Tigre « quoi qu’il en coûte » et y épuiser nos maigres ressources pour des résultats médiocres, en se contentant par ailleurs de « bricoler » éventuellement avec le peu qui restera pour se donner bonne conscience en testant des drones auxquels on fixera volontairement un horizon lointain, trop lointain… Un scénario « à l’eau tiède », hélas le plus probable, qui ne permettrait pas de dégager des moyens suffisants pour développer rapidement les drones qui succèderont au Tigre.
@HMX. »Dès lors, la solution s’impose : droniser l’hélicoptère de combat. Des drones (ou potentiellement une famille de drones) dotés d’armements variés, dont le prix unitaire sera beaucoup moins élevé que celui d’un hélico comme le Tigre ». Quelque chose comme cela.. https://www.twz.com/news-features/anduril-brings-the-thunder-with-autonomous-tiltrotor-attack-drone-concept
Les shahed sont détruits par des drones, les Gérant 5 à réaction commencent à être détruits par des drones. Dans moins de 5 ans, tous les théâtres d’opérations hostiles seront truffés de ces armes boostées à l’intelligence artificielle difficile à leurrer. On peut parier que ce Tigre sera très difficilement employable sans risque.
A voir, oui les drones sont un gros changement ? oui.
Il y a une réalité les hélicoptères d’attaque ruSSes qui font des tirs en cloche loin du front…
Il y a les hélicoptères détruit par des drones, oui…
Maintenant faut il jeter les Tigre ? Pour le moment la France dans ses Opex n’a pas été confrontée à cette menace de façon massive, est un bon argument ? Peut être pas… Mais l’Alat travaille le sujet. Attendons.
Admettons que l’on soit confronté à la RuSSie, qui aura la maîtrise du ciel ? c’est le point clé.
Les drones en Ukraine sont un palliatif à l’absence de domination dans le ciel.
C’est un bon argument parce que les drones ne coûtent pas cher… et sont moins détectables qu’un départ de manpad. Cela veut dire que le niveau d’équipement pouvant détruire des armes de haute technologie (ou les mettre hors de combat) va être de plus en plus accessible.
la vraie solution c’est d#avoir des missiles capables de détruire les usines en Sibérie, ou le système énergétique russe comme par ex les transformateurs . pas d’énergie pas de production
Quelle belle solution, sûr que les Allemands en rêvent, ou pas… Cette idée c’est un peu comme un boomerang elle vout reviendre en plein tête car il y aura bien des Russes qui voudront déruire votre potentiel énergétique également (à déterminer le type d’armement qu’ils utiliseront pour le faire).
Je pense que les Allemands préféreront se reprendre un bouffé de gaz Russe.
Aucune arme n’est « employable sans risque », il faut avoir 5 ans pour penser ça…
De quoi parle t on? D un besoin accru de dispersion et de fulgurance.
De l apparition d intercepteurs drones de l arrière pas mieux que des manpads qui pullulent sur les fronts depuis 50ans.
Et certains cherchent à argumenter contre les hélicopteres d attaque. Faut de la motivation. Mais les adeptes du risque zéro continueront à croire à des guerres sans morts et sans risques.
Pendez-le haut et court !
Je ne peux pas m’empêcher de penser que dans le temps mis pour « qualifier » ce nouveau missile et passer avec grand soin d’une étape à l’autre, Ukrainiens et Russes auront mis en service au moins deux générations d’armes plus innovantes.
Je ne peux pas m’empêcher de constater que les productions françaises sont discréditées au profit de tout ce que font « les z’autres » 🙁
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Dans la vraie vie :
– La Russie et l’Ukraine sont en guerre contrairement à la France
– Les dernières créations Russes sont loin d’être innovantes et efficaces sur le front (T-14, Sukhoi 57…)
– Le fait d’être en guerre n’apporte pas de connaissances supérieure du jour au lendemain. En clair, je ne vois pas par quel miracle l’Ukraine deviendrait plus innovante que MDBA, un des premiers producteurs de missiles au monde (ceci dit sans vouloir dénigrer la BITD Ukrainienne, bien sûr)
A l’heure où la menace principale de nos armées est les drones en essaim, est-il vraiment utile d’équiper avec de nouvelles armes des hélicoptères particulièrement fragiles comme nous le montre la guerre en Ukraine. Nos maigres investissements ne devraient-ils pas prioritairement se concentrer pour contrer ce danger? Métaphoriquement nous nous équipons de bandes molletière à l’heure ou les guêtres nous permettraient de réagir plus rapidement.
« A l’heure où la menace principale de nos armées est les drones en essaim »
Ah? il y a qui mis à part la France qui opère des essaims de drones? Et ce n est pas encore en offensif, encore moins en anti aérien.
« hélicoptères particulièrement fragiles comme nous le montre la guerre en Ukraine. »
Ah? ils volent tous les jours, et sont les seuls vecteurs à opérer sans grands risque (cf pertes très limitées) dans la fameuse bande des 20km.
Il y a très peu de cas d helicos perdus suite à un contact avec un drone. Presque tous relevent de la collision accidentelle .
Le retex existe, vous n êtes pas libre de l inventer sans tenir compte du réel.
intégration de ce missile AKERON sur pas mal de plates -formes ,oui c’est très bien ça montre sa polyvalence(et la qualité du produit),mais faudrait SURTOUT faire baisser son cout de fabrication pour équiper en profondeur les équipes de tankhunter(les préconisations de Guy Brossollet) pour compenser le manque de moyens lourds en cas de déferlantes blindés venant de l’est profond,mais là on frise l’utopie vu l’état général des forces belligérantes des 2 cotés,on n’est plus en 84 .
Outre ce qui est dit à propos des drones qui ne laisseraient aucun avenir à l’EC/ »AIRBUS » -Tigre- , actuellement et si la décision était prise, pourrait-on relancer, et cela relativement facilement, la chaine de production de ces aéronefs ?
Cette question est destinée à un professionnel. Par exemple à un salarié informé de chez d’AIRBUS-HELICOPTERE.
bonne question: mais l’avenir c’est le H145 M car il est basé sur le H145 civil
« La famille globale de l’hélicoptère Airbus H145 compte plus de 1 800 exemplaires en service à travers le monde. »
les pièces sont disponibles et à « bas coût ». il faut arrêter avec les « besoins spécifications » délirantes.
Un PATMAR cela doit être un A 321 XLR modifié, pas un avion à la « ATL3 »
Un bel outil « up to date » pour l’époque de la guerre froide.
Un bel outil effectivement… qui a fait ses preuves dans les sables du désert contre les combattants de Daesh.
Les Tigre auront sans doute encore fort à faire en matière de défense anti-drone dans les prochaines années, y compris au dessus de la mer comme récemment, et possiblement en defense des groupes amphibie. Cette capacité est donc la bienvenue.
Tant mieux que la France ait sur ses Tigres un missile haute performance français plutot qu’un Hellfire US qui commence à dater. Le Tigre a montré sa capacité à tirer au canon sur des drones. Il devrait bientot avoir la capacité de tirer aussi sur des drones des roquettes guidées laser. La portée de l’AkeronLP est aussi un bon moyen de limiter les risques en ne s’approchant pas trop près d’un enemi…
Portée au moins double de l’Akeron… Le Spike un des missiles antichars les plus vendus dans le Monde…
https://www.twz.com/air/u-s-army-ah-64-apaches-fire-spike-nlos-missiles-in-europe-for-the-first-time
L’Akeron arrive non seulement très tardivement mais même arrivé après tout le Monde n’a pas de performances exceptionnelles…Je ne parle même pas du prix…
Le spike existe dans de nombreuses versions que vous ne mentionnez pas (on reconnaît votre honnêteté habituelle).
Le spike NLOS qui dispose de la portée la plus élevée, est une version obèse qui dépasse les 70kg et qui n’a donc que peu à voire avec l’Akeron LP qui fait bien mieux que toutes les versions du spike qui lui sont comparables et qui plafonnent autour de 10km sans avoir les mêmes performances en termes de guidage.
C’est vrai que se pose la question de l’employabilité d’un tel missile aujourd’hui quand on peut casser du char pour moins cher.
C’est bon, c’est long, mais ça va être cher…. Aussi nous n’en aurons pas beaucoup.
l’Akeron peut tout de même détruire une antenne radar d’un bâtiment ennemi qui s’approcherait trop des côtes il me semble que ça s’est fait lors d’un exercice.
Il va y avoir les Tigres AUS sur le marché de la ferraille et Zelensky n’en veut pas.
Incitons Macron à les acheter, et à défaut d’avoir les moyens pour pouvoir les faire voler, ils feront d’excellents spécimens à cannibaliser pour l’approvisionnement en pièces!
Une aubaine qui ne se refuse pas Madame la Marquise…
L’AKERON LP, le petit nouveau de la famille AKERON est le successeur ou complément de l’AKERON MP, ex MMP. Ce missile de combat tactique catalogué «Longue Portée de 5ème génération» est développé par un consortium 100% français (donc non ITAR) constitué par MBDA, Safran et Thales, il faut le souligner. Au premier abord, je dois avouer que, malgré ses indéniables qualités et sa portée augmentée (20 km), celui-ci m’a refroidi… son coût estimé étant de 400 à 500 000 € l’unité, “l’Achéron“ symbolisant alors pour moi le fleuve des Enfers financiers…
Alors j’ai observé ses capacités et surtout les raisons de sa conception. Et je n’ai pu que conclure que la haute intensité exige aujourd’hui une efficacité létale DÈS LE PREMIER COUP (Single Shot Kill Probability), sans volume low-cost malheureusement trop souvent inefficace… En effet, une évidence, un seul coup au but coûte finalement moins cher qu’une succession de tirs inopérants qui de surcroît expose les équipages à des ripostes mortelles, surtout lorsqu’il s’agit de protéger un équipage et une machine à plus de 37 millions € ! En ce sens, l’AKERON LP intègre des autodirecteurs tri-modes ultra-sophistiqués (Safran) et une liaison de données temps réel (Thales) qui garantissent la destruction d’une cible à haute valeur ajoutée (un char moderne à plusieurs millions €, un PC ou une batterie sol-air) du premier coup, même mobile ou masquée. L’AKERON LP est donc l’indispensable outil du nouveau Tigre Mk3 en complément/remplacement des fameux missiles air-sol à guidage laser AGM-114R2 Hellfire II, le missile ITAR US “à courte pattes“(portée 8 km) et “courte vue“ [Maintien d’une visée laser qui oblige le Tigre à rester en vol stationnaire ou en mouvement prévisible, vulnérable aux tirs ennemis ; De profundis clamavi ad te, Domine…].
Les ingénieurs du triumvirat ont conçu ce missile haut de trame pour deux raisons principales :
1. Tout d’abord, il fallait concevoir rapidement LA brique technologique nécessaire à la survie du Tigre ! En effet, sans ce missile, notre brillant hélicoptère de combat, malgré ses mises à niveau HI (grâce à de massifs investissements R&D de 4 milliards € tout de même), enchanterait les mauvaises langues qui estiment que l’hélicoptère de combat est obsolète en raison de sa perte de plus-value face aux blindés protégés par des systèmes d’interception actifs (APS) et armes antiaériennes du théâtre de guerre. Ainsi, l’AKERON LP permet de rompre avec l’alignement à vue ou proche distance des générations précédentes des missiles héliportés (comme l’AGM-114 Hellfire de Lockheed Martin), qui imposent à l’hélicoptère de s’exposer et de rester en ligne de visée directe ou à distance trop proche d’un blindé ennemi ou adversaire embusqué ; l’AKERON LP permet le tir “longue distance“ au-delà de la portée optique (NLOS = Non-Line-Of-Sight), comme les tactiques d’aérocombat “à la française“ le recommandent, par la détection longue distance associée à des tirs effectués à distance sécurisée de la cible, tout en se masquant agilement/rapidement derrière un relief (une colline, une forêt, un bâtiment,…) et en guidant l’AKERON LP grâce au retour vidéo (ou en transférant le guidage à une tierce plateforme comme un fantassin au sol ou un drone éclaireur) ; l’IA nouvelle permettant des trajectoires adaptatives, le missile utilisant des algorithmes pour optimiser sa trajectoire, ce dernier étant capable d’effectuer une trajectoire en cloche, d’attaquer par le toit ou d’ajuster en phase terminale son angle d’attaque pour tromper les capteurs adverses… [Certains avancent que le Spike dans sa version NLOS de l’israélien Rafael surclasse l’AKERON LP en matière d’allonge (50 km), mais c’est oublier que le Spike NLOS est un missile beaucoup plus lourd, autour de 70 kg contre moins de 40 kg pour l’AKERON LP (pour 1,80m dans son tube), ce qui réserve principalement le Spike NLOS à des lanceurs terrestres. Note : Un hélicoptère Tigre Mk3, ainsi que les standards qui lui succèdent, pourra emporter jusqu’à 12 missiles AKERON LP simultanément (Et dans le cas d’une opération dans la profondeur : 4 missiles, car l’allonge oblige l’emport de 2 réservoirs de carburant externes pour privilégier l’autonomie)]. Ceci étant dit et acté…
2. Ensuite, j’ai constaté un lien essentiel avec le programme Guépard (Hélicoptère H160M) qui est le bénéficiaire direct de la R&D du Tigre Mk3 et de la famille AKERON. En effet, les ingénieurs de l’armement ont volontairement synchronisé les briques technologiques de plusieurs programmes pour exploiter un effet de gamme économique et opérationnel à destination du Guépard pour en faire un “mini-Tigre“ connecté [Ce qui d’ailleurs permet à Airbus Helicopters de compenser largement l’absence d’exportation du Tigre, nos petits camarades de l’OTAN lui préférant l’AH-64E Apache américain…]. En ce sens, Tigre et Guépard partagent tant l’avionique « FlytX » de Thales (une interface unique qui repose sur de grands écrans tactiles interactifs et des menus identiques) que les liaisons de données et la radio CONTACT (Les deux appareils ont le même standard de communication crypté en temps réel) ; cela réduit drastiquement les coûts de R&D en mutualisant les logiciels et pour les équipages la transition entre le Guépard (qui remplacera la Gazelle) et le Tigre Mk3 se fera de manière presque séduisante, réduisant ainsi les temps de prise en mains. De surcroît les algorithmes développés, pour que le Tigre Mk3 puisse contrôler des drones en vol [= le MUM-T, pour Manned-Unmanned Teaming], sont directement intégrés au Guépard ; ainsi, lors d’une mission, un Guépard pourra ordonner à un drone “ailier“ d’inspecter une zone, de localiser un adversaire, pour partager les coordonnées de la cible soit avec les AKERON du Tigre (ou son canon, ou encore une unité d’artillerie au sol). Mise en commun également par la R&D MBDA/Thales du système d’autoprotection intégré : le DDM-NG (Détecteur de Départ Missile de Nouvelle Génération), un capteur optronique infrarouge passif à vision sphérique (360°), initialement issu du système d’autoprotection SPECTRA du Rafale, qui intègre des détecteurs de départ de missiles air-air ou sol-air, un système de guerre électronique complet et des lance-leurres automatisés combinés pour faire face aux menaces multispectrales. Et le partage ne s’arrête pas là, puisque Tigre Mk3 et Guépard seront équipés pour leurs missions navales du missile “ANL“ de MBDA (Anti-Navire Léger = “Sea Venom“ au Royaume-Uni) dont la logique de guidage est similaire à l’AKERON LP [Grâce à la liaison de données radiofréquence bidirectionnelle sécurisée développée par Thales, le tireur reçoit un retour image en temps réel, qui lui permet soit de choisir le mode autonome (Tire et oublie) ou reprendre la main en plein vol pour modifier la trajectoire, changer de cible ou annuler la frappe]. Enfin, grâce aux évolutions de la puissante boule optronique Euroflir 410 de Safran, capable de repérer, identifier et désigner au laser une cible caché à plus de 15 km, un Tigre Mk3, resté masqué à l’abri du relief en retrait, peut décocher un missile AKERON LP en mode LOAL (accrochage après tir) sur une cible illuminée par le Guépard, et sa charge tandem à effets adaptables (multi-effets) lui permet de perforer les blindages les plus épais (supérieurs à 1 000 mm de blindage homogène laminé avec briques réactives ERA), de détruire des infrastructures ou de neutraliser des personnels…
Grâce à ces transferts de R&D pour l’AKERON LP, pour le Tigre Mk3 et le Guépard, les ingénieurs ont su offrir de hautes performances à nos militaires, et ce pour une fraction du coût global d’un développement séparé. Au final, je ne peux donc que saluer cette progression par le partage et les performances de l’AKERON LP qui, dans le cadre du projet européen MARSEUS (Modular ARchitecture Solution for EU States = Bâtir le standard industriel de la frappe tactique européenne), sert aujourd’hui de référence et de colonne vertébrale technologique pour normaliser le tir de combat de 5ème génération ; ce qui garantit aux pays acheteurs que le missile sera nativement interopérable avec l’ensemble des futurs robots, drones et systèmes de combat financés par les fonds de l’UE d’ici 2035, ce qui est confirmé par l’objectif de 9 000 commandes à l’export, toutes versions confondues, et l’extension des capacités de l’AKERON LP aux plateformes navales et autres environnements de combat. BRAVO A EUX !
Malgré les intérêts d’Airbus Helicopter, son poids économique et tous les militaires qui sont employés autour des helicoptères, l’argumentaire pour le maintien de la solution » hélicoptère d’attaque » est juste du lobbying.
https://www.areion24.news/2026/09/22/laction-heliportee-dans-la-profondeur-a-lheure-de-la-guerre-de-haute-intensite/
Si les américains ont arrêté les frais avec les hélicoptères d’attaque, c’est qu’il y a des solides raisons !
Nous verrons bien ce que nous dira la réévaluation de l’aérocombat en 2028…
https://forcesoperations.com/un-point-de-passage-en-2028-pour-laerocombat/
Seuls les hélicoptères de manœuvre pourraient perdurer encore un peu…