Le ministre chargé de l’Europe évoque un «travail sur la formation» de pilotes ukrainiens sur Rafale

Selon un communiqué qu’elle a publié ce 29 septembre, à l’occasion d’une rencontre entre son chef d’état-major par intérim, le général Anatoliy Kryvonojko, et des responsables de Lockheed Martin, la force aérienne ukrainienne a fait savoir que ses pilotes de F-16 avaient abattu «plus de 3 150 cibles aériennes», dont 2 500 drones de différents types et environ 600 missiles de croisières lancés par les forces russes. En outre, ils ont effectué plus de «650 frappes» sur des positions ennemies.
L’un des sujets abordés lors de cette réunion a d’ailleurs porté sur la modernisation de ces F-16, livrés à Kiev par plusieurs pays européens, dont les Pays-Bas et le Danemark. D’après ce communiqué, Lockheed Martin a en effet proposé de les porter au dernier standard actuellement disponible, à savoir le Block 70/72 Viper.
Si cette offre est acceptée, alors ces appareils côtoieront seize JAS-39 Gripen C/D d’occasion cédés par la Suède ainsi que seize Gripen E/F commandés par Kiev auprès de Saab, grâce à un prêt de 90 milliards d’euros accordé par l’Union européenne. Une partie de ce dernier doit aussi permettre de financer l’acquisition de seize Rafale. Acquisition annoncée, pour rappel, le 13 juillet dernier par le président Macron et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelenski.
À vrai dire, les modalités de l’aide militaire française à l’Ukraine font l’objet d’une communication plutôt opaque.
D’après les deux dernières éditions des «Chiffres clefs de la Défense», on peut toutefois déduire que six Mirage 2000-5F ont été transférés [ou sont sur le point de l’être] à la force aérienne ukrainienne [cinq en 2024 et un en 2025].
Quant aux seize Rafale, il s’agit de faire en sorte qu’ils puissent voler dans le ciel ukrainien à partir de 2028. Sachant qu’il faut trois ans pour assembler un tel avion, on ignore encore leur provenance. Dassault Aviation n’ayant, pour l’instant, pas évoqué de contrat signé par Kiev, il est probable qu’ils soient prélevés sur la 5e tranche destinée à l’armée de l’Air & de l’Espace ou qu’un client «export» ait accepté de différer la livraison d’appareils qu’il a commandés.
Reste que, selon la déclaration conjointe publiée en juillet, quatre premiers Rafale seront «transférés» à la force aérienne ukrainienne «à l’issue du cycle de formation des pilotes et mécaniciens, qui pourra commencer en France dès 2026». Et le texte d’insister : «Cette formation débutée sans délai permettra le déploiement de cette première capacité en Ukraine au plus tôt».
La formation des pilotes et des techniciens ukrainiens a-t-elle commencé ? Un compte-rendu d’un récent entretien entre la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et son homologue ukrainien, Yevhenii Khmara, n’a rien dit à ce sujet. «Les échanges se poursuivent pour concrétiser le projet d’acquisition de Rafale, qui moderniseront l’armée de l’Air ukrainienne» en s’appuyant sur les financements européens du prêt de soutien à l’Ukraine, indique ce texte.
Cela étant, il précise aussi que «l’intégration de roquettes [pour la lutte antidrone, ndlr] sur Mirage 2000 et Rafale sera par ailleurs accélérée».
Or, depuis juin, le Rafale dispose déjà de la capacité à tirer des roquettes de 68 mm fournies par Thales.
🔴 🗣 "Nous avons en ce moment une discussion avec les Ukrainiens pour envoyer des Rafale […] pilotés par des Ukrainiens", affirme Benjamin Haddad, ministre chargé de l'Europe, après les nouveaux bombardements meurtriers russes sur Kiev. #canal16 pic.twitter.com/DkBnLadZOw
— franceinfo (@franceinfo) September 29, 2026
Quoi qu’il en soit, lors d’un entretien accordé à franceinfo, Benjamin Haddad, le ministre chargé de l’Europe, a laissé entendre que la formation de pilotes ukrainiens a commencé.
«Nous avons, en ce moment, une discussion avec les Ukrainiens pour envoyer des Rafale, non pas pilotés par des Français mais par des pilotes ukrainiens, dans le ciel ukrainien. C’est pour ça que nous avons aussi lancé un travail sur la formation de ces pilotes», a-t-il en effet affirmé.
En attendant, Mme Vautrin a confirmé la livraison de missiles intercepteurs ASTER 30 pour le système de défense aérienne SAMP/T, ainsi que celles de missiles air-air MICA et d’obus de 30 mm pour les Mirage 2000-5F.




