Un hélicoptère Mil Mi-8 russe a brièvement violé l’espace aérien de la Pologne

Parce que les opérations dites «hybride» [sabotages, subversion, etc.] sont généralement exécutées par des mandataires, manipulés ou non, il est extrêmement compliqué de désigner avec certitude ceux qui les ont commanditées, même si une accumulation d’indices – qui n’a pas valeur de preuve – ne laisse que très peu de place au doute. Le faire relève donc d’une décision politique.

Cela étant, au cours de ces dernières semaines, marquées par plusieurs actes présumés de sabotage contre des entreprises du secteur de l’armement et des infrastructures critiques [transport, réseau électrique], certains dirigeants de pays membres de l’Union européenne [UE] n’ont pas hésité à accuser la Russie d’être à l’origine de telles «attaques hybrides».

Le 17 septembre, évoquant des informations émanant de services de renseignement de l’Otan qu’il n’a pas nommés, le Premier ministre polonais, Donald Tusk, est allé plus loin en accusant Moscou de préparer des attaques hybrides d’une autre ampleur contre les pays européens du flanc oriental de l’Alliance qui soutiennent l’Ukraine.

«Il existe un risque réel que des drones ou d’autres types de projectiles pénètrent sur le territoire d’un ou plusieurs pays du flanc oriental, et causent même des destructions», a en effet affirmé M. Tusk, devant les députés polonais. «Le narratif officiel [de la Russie] sera qu’il s’agit d’un accident et qu’il n’y a aucune raison pour l’Otan d’envisager une réponse», a-t-il ajouté.

Cependant, de tels incidents se sont déjà produits. Y compris en Pologne, comme dans la nuit du 9 au 10 septembre 2025, quand dix-neuf drones russes ont violé l’espace aérien polonais lors d’une attaque contre l’Ukraine. D’ailleurs, Varsovie avait invoqué l’article 4 du Traité de l’Atlantique Nord. La Roumanie a aussi été la cible de tels agissements, un drone lancé par la Russie ayant même percuté un immeuble de la ville portuaire de Galați, en mai dernier.

Quoi qu’il en soit, c’est dans ce contexte qu’un hélicoptère militaire russe de type Mil Mi-8 a, de nouveau, violé l’espace aérien d’un pays membre de l’Otan, en l’occurrence celui de la Pologne. C’est en effet ce qu’a affirmé le Commandement opérationnel polonais [DORSZ], ce 23 septembre.

Ainsi, selon ses explications, il était 11 h 08 quand un hélicoptère Mi-8 des forces armées russes, en provenance de Kaliningrad, est entré dans l’espace aérien polonais près de la localité de Braniewo, «sur une profondeur maximale d’environ 300 mètres». Cette violation a duré «pendant 42 secondes», a-t-il précisé.

Cet hélicoptère russe a été suivi par les «systèmes radar des forces armées polonaises» et «des avions de chasse ont été mis en alerte», a ajouté le DORSZ, pour qui la nature de cet incident montre que la «Russie a testé une nouvelle fois la préparation de notre défense aérienne».

Cette séquence n’a en effet rien d’inédit étant donné qu’un hélicoptère militaire russe a déjà été accusé d’avoir violé l’espace aérien de la Pologne – cette fois au-dessus de ses eaux territoriales – en avril 2025.

Deux mois plus tôt, un avion de renseignement russe, de type Su-24MR, s’était aventuré au-dessus du golfe de Gdansk, pendant 72 secondes. Ce que la Russie avait reconnu, en attribuant cet incident à un «dysfonctionnement du système de navigation» de l’appareil.

Photo : archive

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