Avec la livraison d’un EC225LP Caracal à l’Escadron 1/44 Solenzara, la fin de l’hélicoptère SA330 Puma approche

En juin, l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] fit savoir que les huit hélicoptères H225M Caracal «AP OLA» commandés la Direction générale de l’armement [DGA] en 2021 lui avaient tous été livrés par Airbus Helicopters.

Cet été, deux exemplaires ont été affectés en Nouvelle-Calédonie pour y relever les trois SA330 Puma exploités par l’Escadron de transport [ET] 52 «Tontouta». Et un autre a rejoint les trois appareils de ce type déjà en service au sein de l’ET 68 «Antilles-Guyane». Quant aux deux derniers hélicoptères, ils ont pris la direction de la base aérienne 188 «Colonel Massart», antre de l’Escadron de transport d’outre-mer [ETOM] 88 «Larzac».

Cela étant, via les réseaux sociaux, le 19 septembre, l’AAE a annoncé qu’un Caracal venait d’arriver sur la base aérienne 126 de Ventiseri-Solenzara pour prendre «progressivement le relais» du SA330 Puma utilisé par l’Escadron d’hélicoptères [EH] 1/44 Solenzara pour mener des missions de type «Search & Rescue» [SAR – Recherche & Sauvetage].

«Le Puma tirera définitivement sa révérence à l’été 2027, après plus de cinquante ans de carrière opérationnelle», a souligné l’AAE. À noter que ce type d’hélicoptère a récemment été retiré du service par l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT].

Pour rappel, l’EH 1/44 Solenzara a remplacé ses hélicoptères Sikorsky H-34 par des SA330 Puma en 1975… Puis, trente-trois ans plus tard, il les a transférés à l’EH 1/67 Pyrénées après avoir reçu deux AS332 Super Puma en provenance de l’EH 5/67 Alpilles. Ces derniers ayant été cédés à l’Espagne, l’escadron a donc de nouveau été doté de SA330 Puma en 2016.

Quant au Caracal qu’il vient de recevoir, il s’agit de l’un des hélicoptères de type EC225 LP que la Marine nationale avait acquis au début des années 2010 pour pallier le retrait du service actif des Super Frelon qu’elle utilisait pour le sauvetage en mer. Ayant commencé à recevoir ses NH90 Caïman NFH, elle céda ces deux appareils à l’EH 1/67 Pyrénées en 2016.

Probablement que ce « mouvement » est lié à la récente livraison du premier NH90 Standard 2 destiné au 4e Régiment d’hélicoptères des forces spéciales de l’ALAT. En effet, cette unité doit transférer ses H225M Caracal à l’EH 1/67 Pyrénées au fur et à mesure de sa « transformation » sur ce nouvel hélicoptère.

Évidemment, l’EH 1/44 Solenzara va connaître un saut capacitaire avec l’EC225 LP. Doté d’un treuil permettant de hisser deux personnes simultanément, cet hélicoptère peut transporter jusqu’à vingt-quatre passagers en volant à une vitesse de croisière d’environ 260 km/h. Son système de pilotage automatique permet de maintenir un vol stationnaire pendant une opération de récupération quand les conditions météorologiques sont très mauvaises, ce qui arrive plus fréquemment qu’on ne le croit en Méditerranée.

Photo : Kevin Congini – armée de l’Air & de l’Espace

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21 contributions

  1. Cris dit :

    Quid des puma du GIH à Villacoublay

  2. Ouf ouf dit :

    Le Caracal est une grosse machine, certes amener à perdurer, sans doute pas comme le Puma, mais qq années quand même
    Le Cougar n’est plus fabriqué, sauf sous licence en Roumanie, c’est dommage, il est plus compact, plus pratique en zone restreinte

  3. Plaisancier dit :

    Donc ce sont les prédécesseurs du NH-90 Caïman qui avec le Caracal jouera les anges gardiens près de l’île de Beauté, mais avec des aviateurs ( 1vant l’article de monsieur L’agneau c’était pas clair).
    https://lemarin.ouest-france.fr/defense/les-anciens-helicopteres-de-sauvetage-ec225lp-de-la-marine-nationale-reprendront-du-service-en-corse-e95b61a6-7ea6-11f0-a01f-a0b34f4aa520

    Le H-34, c’est pas tout jeune, c’était un des hélicoptères de la guerre d’Algérie.
    https://theatrum-belli.com/diaporama-sur-larmement-des-helicopteres-durant-la-guerre-dalgerie/

    Pour en voir un on peut aller dans un musée ou… à l’hôtel.
    https://www.jds.fr/pornic/hotel-et-hebergement/a-moins-d-1h-de-nantes-vous-pouvez-dormir-dans-un-veritable-helicoptere-militaire-des-annees-60-1748037_A

    • nico dit :

      Lorsque la Marine s’était séparée de ces 2 Caracal, il avait été écrit qu’ils étaient reversés au GAM56 Vaucluse. Visiblement, ils n’en ont plus l’utilité.

      • Plaisancier dit :

        Merci.

        Donc ce Caracal est 1 des 2 EC 225 LP achetés pour la Marine nationale avant l’arrivée des NH-90 et qui ont été prétés à l’escadron de l’armée de l’air qui sert à transporter les gars de la DGSE.
        https://raids.fr/premium/le-gam-56-vaucluse-repasse-au-caracal/

        Donc 2 Caracal ( EC 225 LP) remplacent 4 PUMA à la BA 126 de SOLENZARA pour faire la mission SAR.

        C’est bien, mais n’y aura-t-il pas 2 autres Caracal en plus pour faire de nouveau un escadron à 4 hélicoptères anges-gardiens ?

  4. Pour info dit :

    Vu la disponibilité des 4 PUMA, le Caracal équipé SAR sera un progrès.
    https://www.escadrilles.org/reportages/solenzara-144/

    La mer même Méditerranée est parfois capricieuse et puis sur un bateau il y a aussi des accidents.
    https://www.defense.gouv.fr/air/actualites/corse-double-sauvetage-mer-lescadron-solenzara

  5. Clavier dit :

    J’ai vu arrriver les premiers Puma en remplacement des derniers H-34 à N’Djamena ……Nostalgie !

  6. Anvallus dit :

    Quid de réemployer les Puma comment HBE pour la sécurité civile ?

  7. AlexS dit :

    Cela montre que le NH-90 présente des problèmes…

  8. Roland DESPARTE dit :

    Hommage au Puma : https://youtu.be/63-cp-Jl2rE
    Une petite histoire… Nous sommes le 9 avril 2024 et l’Amazonie fait face à des conditions météo dantesques, des trombes d’eau s’abattent sur la jungle, le plafond est nul, pour un moyen aérien n’existe aucun repère visuel et le vol à vue au ras de la cime des arbres est des plus risqués…
    Ce jour-là, l’Escadron de transport 68 « Antilles-Guyane » (l’ET 68, basé à Cayenne) reçoit du SAMU une demande d’intervention de nuit : A 230 km de la base, sur la commune de Grand-Santi isolée au cœur de la forêt amazonienne à la frontière du Suriname et bordée par la rivière Lawa, dans une pirogue une femme vient d’accoucher prématurément de jumeaux, il faut aller les chercher !
    Il n’existe aucune route reliant les deux localités, c’est soit rejoindre Saint-Laurent-du-Maroni par la RN 1 et ensuite rejoindre Grand-Santi en pirogue (comptez plusieurs heures de navigation…), soit la voie aérienne (vol direct sur le petit aéroport de Grand-Santi ; 55 minutes environ), mais les conditions météo ne le permettent pas ! Il faut donc choisir : une mort certaine ou on tente une ÉVASAN.
    En 2024, l’ET 68, basé sur la BA 367 « Capitaine François Massé » à Cayenne-Rochambeau, s’appuyait sur une flotte mixte composée de 12 aéronefs : 5 HM SA330 Puma, 4 HL AS555 Fennec et 3 avions de transport tactique CN-235 Casa.
    Dans cet enfer vert où la végétation culmine à plus de 40 mètres, généralement sans zone de poser, où les fleuves sont coupés de rapides infranchissables en urgence, seul le Puma est capable de prendre le risque de voler par ce temps et de couvrir la distance à temps pour maintenir les nourrissons en vie… Grâce à la puissance de ses turbines et ses capacité “HERONS“ (*), un Puma décolle de nuit (00h15) pour mener cette opération de sauvetage, à son bord deux pilotes, deux mécaniciens navigants et trois personnels du SAMU munis d’une grande couveuse…
    (*) = Pour pouvoir survoler « l’enfer vert » de la jungle amazonienne en toute sécurité, le SA330 Puma existe en version dite “HERONS“ : un radar météo proéminent installé dans un nez allongé [Permet aux pilotes de « voir » à travers les masses nuageuses et de détecter les violents orages tropicaux (cumulonimbus) typiques de la Guyane afin de les contourner] + Un kit de navigation longue distance [qui intègre des systèmes de positionnement beaucoup plus précis (centrales de navigation et GPS améliorés] + Des réservoirs de carburant supplémentaires [Cette version a été l’ange gardien de la région pendant des décennies au sein de l’ET 68, soit pour dénicher les pistes clandestines d’orpaillage, soit pour réaliser des évacuations sanitaires complexes comme le sauvetage des jumeaux].
    Volant au ras des arbres avec des jumelles à vision nocturne (JVN), luttant contre les turbulences causées par l’orage, le Puma réussit à extraire de la jungle par hélitreuillage les nouveau-nés. Puis, après un posé temporaire au dispensaire local, l’équipe médicale du SAMU installe la couveuse de fortune en plein ciel et stabilisent les deux bébés dans des conditions de vibrations et de bruits intenses… Ils rejoindront directement à 04 h 15 du matin l’héliport de l’hôpital de Cayennel, sauvant la vie des jumeaux. BRAVO A NOS PILOTES ! BRAVE PUMA…
    https://www.defense.gouv.fr/air/actualites/guyane-puma-decolle-secourir-jumeaux-nes-pirogue

  9. Vases communicants dit :

    Petit à petit des décisions prises il y a 20 ans, comme regrouper tous les Caracal dans l’armée de l’air vont prendre forme avec cette arrivée au 4ème RHFS:
    https://forcesoperations.com/le-nh90-fs-entre-debut-des-perceptions-nouvelles-evolutions-et-premiere-projection/

    L’armée de terre s’équipe de NH-90 ( enfin surtout le 4e RHFS) et donne tous ses Caracals à l’armée de l’air et de l’espace.

    Selon  » Air et Cosoms » cela va donner ce résultat (source: https://air-cosmos.latribune.fr/article/defense/88736490483463/le-sud-ouest-au-coeur-de-l-innovation ):
    « Les unités aériennes de la Nouvelle-Aquitaine vont aussi renforcer leurs moyens capacitaires dans les dix ans, et cela commence dès maintenant. Côté armée de Terre, le 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales (RHFS) de Pau va recevoir ses 18 hélicoptères NHFS d’ici deux à trois ans, ce qui lui permet de transférer les Cougar rénovés de sa 1ère escadrille (1ère EOS) au 5e régiment d’hélicoptères de combat (RHC) voisin, et les Caracal de sa 3e escadrille (3e EOS) à l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE). Un projet tranché il y a près de 20 ans par le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées…

    L’AAE crée donc à Cazaux, dès cet été, l’embryon de son deuxième escadron de Caracal, le 2/67, mais dont le nom de tradition n’est pas encore (officiellement) connu – peut-être Solenzara.

    Cette création découle du plan directeur des hélicoptères, décrété par le général Tardif il y a déjà plusieurs mois. Il maintient de l’EH 1/67 Pyrénées comme unité de pointe dédiée au sauvetage de combat et aux opérations spéciales, et un escadron plus généraliste, le 2/67. Initialement, il était prévu de le missionner uniquement sur le sauvetage, à terre (Sater) et en mer (Samar), mais au vu de l’évolution de l’environnement international, cette spécificité n’est sans doute pas tenable très longtemps. Et il faudra sans doute tenir une posture plus guerrière, tout en tenant la capacité de service public.

    Ce missionnement apparemment civil du 2/67 est d’autant plus artificiel que les Caracal issu du 4e RHFS qui l’équiperont à partir de cette année disposent de tous les équipements bons de guerre (blindages, lots d’autoprotection, patines de canons SH20). Cela contraste avec les Caracal OLA, livrés ces derniers mois en outremer, qui alignent une avionique dernier cri et une optronique plus moderne, mais pas de perche de ravitaillement ou de boîtiers d’autoprotection. Une reventilation des appareils et des missions n’est donc pas à exclure.

    Cazaux confirme aussi sa vocation de pôle national d’hélicoptères dans l’AAE, avec presque tous les Caracal de première génération (17 sur 19) et donc probablement la moitié des 40 futurs Guépard.

    Il est vrai que les environs offrent des zones d’entraînement avec des dunes (donc du sable), la montagne. Un lieu d’entraînement parfait donc pour former les jeunes pilotes, mais aussi assurer des préparations opérationnelles (la base aérienne 126 de Solenzara, en Corse, présente des atouts similaires).
    Cazaux a aussi un important dépôt de munitions, un atout pour mener des opérations depuis une future base mère de chasse, ou y débuter des raids avec des chasseurs importés.

    Mais la région offre aussi des champs de tir, à Cazaux même et à Captieux. De quoi générer des zones d’accueil pour des exercices complexes, et des mises en conditions avant projection, mais aussi pour des essais particuliers. Captieux avait accueilli par exemple, en juillet 2025, les essais technico-opérationnels du système de leurrage GPS antidrones Skyjacker de Safran, menés conjointement par l’AAE et l’armée de Terre. Des essais de drones et de munitions téléopérées y ont aussi été réalisés. »