Thales défie l’américain Palantir en proposant son logiciel de commandement basé sur l’IA «HexaForce» à l’Otan

En août 2025, le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe [SHAPE] fit savoir que des «militaires de l’Otan» venaient de commencer une formation pour s’approprier le système MSS NATO [pour Maven Smart System NATO], un logiciel de commandement et de contrôle [C2] utilisant l’intelligence artificielle [IA], développé par le groupe américain Palantir. Et cela en vue de l’exercice Steadfast Duel 2025.

«Le système MSS NATO renforcera notre capacité à traiter et à exploiter des données interdomaines en temps réel. Il s’agit de bien plus qu’un simple logiciel : il s’agit de transformer la façon dont l’Otan pense, s’entraîne et combat», avait expliqué le colonel [américain] Arnel David, le directeur de la Force opérationnelle Maven.

Dérivé du projet Maven, mené par le Pentagone, le MSS NATO compile et analyse d’énormes quantités de données afin de permettre aux états-majors de mieux identifier les cibles éventuelles et de prendre des décisions plus rapidement.

Seulement, pour certains membres de l’Otan, le recours à Palantir risque d’accroître la dépendance vis-à-vis des États-Unis et pose la question de l’interopérabilité entre les différents systèmes actuellement utilisés.

Aussi, la France a discrètement lancé le développement de son propre logiciel de C2, appelé «Arcadia», à partir du projet Artemis.IA, confié par le ministère des Armées à Athea, une coentreprise créée par Thales et Eviden [filiale d’Atos].

En juin, alors qu’il était encore major général de l’armée de Terre [MGAT], le général Patrick Justel confia à Defense News que ce système avait été mis en œuvre, à des fins d’essais, lors de récents exercices [Dacian Fall et Orion 26, notamment] et qu’il allait être déployé lors des manœuvres CWIX [Coalition Warrior Interoperability, eXperimentation, eXamination, eXercice].

Sans entrer dans les détails, Arcadia se compose de trois couches distinctes : une infrastructure «physique», c’est-à-dire des serveurs sécurisés et des «data hub» dits de l’avant, la gestion des données opérationnelles issues de différentes sources [capteurs, drones, satellites, etc.] et les applications, «dopées» à l’intelligence artificielle, pour les traiter.

«Arcadia est notre réponse à Maven», avait insisté le général Justel. Selon lui, la solution américaine soulevait des questions de «souveraineté numérique» et d’ «interopérabilité» dans la mesure où elle n’avait pas été conçue pour être conforme aux normes FMN [Federated Mission Networking] de l’Otan. Ce que Palantir a réfuté dans les pages de Defense News.

«Le système Maven de l’Otan est compatible et permet l’interopérabilité, mais bien sûr, les nations sont libres de choisir les systèmes qu’elles utilisent», abonda Martin O’Donnell, le porte-parole du SHAPE.

Quoi qu’il en soit, le général Justel fit valoir que plusieurs armées européennes étaient intéressées par Arcadia.

«Lorsque nous discutons avec nos partenaires européens, la réaction est toujours la même : ‘Nous avons opté pour Maven, faute de mieux. Mais si une alternative européenne existe, nous la soutiendrons».

Cette «alternative européenne» est désormais sur le marché. En effet, le 17 septembre, grâce aux bons retours d’expérience [RETEX] d’Arcadia et à son implication dans le projet Artemis.IA, Thales a présenté la solution multidomaine «Hexaforce», décrite comme étant un «système souverain de commandement militaire augmenté par l’IA» destiné à l’Otan et aux pays alliés.

Conçue selon une architecture ouverte, distribuée et interopérable, en coopération avec les «forces armées» [sous-entendu : françaises], la solution HexaForce a «déjà été testée avec succès lors de l’exercice Otan CWIX 2026», a précisé Thales. Elle «s’adapte aux conflits de haute intensité dont les besoins de commandement dépassent 100 000 combattants et dont le rythme nécessite un recours massif et raisonné à l’IA», a ajouté l’industriel français.

Le système HexaForce repose sur les technologies de LLM [Large Langage Models] et d’IA agentique, celles-ci permettant de réduire le temps de planification, d’enrichir la compréhension du théâtre des opérations, de partage les informations en temps réel et de consolider une situation tactique et opérationnelle, d’accélérer la prise de décision, de mieux utiliser les effecteurs et d’optimiser le maintien en condition opérationnelle [MCO] sur le terrain.

«Le système automatise l’analyse, la corrélation et la priorisation de larges volumes de données issues de sources multiples [militaires, ouvertes et civiles], venant accroître significativement la capacité d’action des forces. Les phases d’expérimentations préparent la montée en puissance du système afin de passer de 100 à 1 000 objectifs de ciblage par jour», a expliqué Thales.

En outre, a soutenu l’industriel, HexaForce est actuellement le «seul système du marché capable d’orchestrer l’ensemble des équipements présents dans les forces armées et les coalitions, de l’échelon stratégique au niveau tactique». Enfin, s’appuyant sur un réseau de données distribué, il est «résilient face aux fortes dégradations de communication».

Maintenant qu’une solution de C2 européenne est sur le marché, quels pays membres de l’Otan s’affranchiront du système américain Maven ?

«L’Otan a d’importants besoins. Palantir ne représente qu’une toute petite partie de la solution. Il y a plusieurs appels d’offres en cours de l’Otan pour s’équiper de ce type de solution, telle qu’HexaForce et d’autres proposées par des concurrents», a cependant expliqué Patrice Caine, le PDG de Thales.

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50 contributions

  1. Centurion dit :

    On voit bien partout dans le monde qu’en matière de C2 et de connectivité la tendance est aux systèmes distribués et non-pas aux « cloud de combat », comme le prétendent certains.

  2. Robmac dit :

    Pour piloter les systèmes de systèmes imbriqués, il faut l’aide de l’IA pour commander, et bientôt se sera l’IA qui commandera !!!

  3. Robmac dit :

    « Je n’ai fait qu’obéir aux ordres de l’IA, elle seule comprenait la situation »

      • Robmac dit :

        « C’est moi qui agit, mais ce n’est pas moi qui donne l’ordre, ce n’est pas de ma faute. Et puis je me suis engagé à obéir, si je ne le fais pas je serai puni, et si j’obéis je serai félicité ! « .

        C’est ce que se disent les militaires Russes, Israéliens et Etatsuniens en ce moment. Je ne parle pas des militaires Soudanais, qui ne sont que des voyous …

    • farragut dit :

      La question (à poser à l’IA) est :
      « Est-ce que le tribunal de la ville de Nuremberg sera toujours debout quand on fera le procès de ceux qui auront obéi aux ordres (non écrits) de l’IA ? »

    • farragut dit :

      J’ai posé (quand même la question précédente à GPT 5.6 Luna).
      La réponse est rigolote, mais subtile :

      « Peut-être. Mais la vraie question est plutôt : qui sera assis dans la salle des accusés ?

      La salle 600 du palais de justice de Nuremberg existe encore et demeure un lieu de mémoire lié aux procès de 1945-1946.
      Mais un futur procès ne ressemblerait probablement pas exactement à celui des criminels nazis : il faudrait déterminer qui a conçu le système, qui l’a déployé, qui en connaissait les risques, qui a donné les moyens d’agir, et qui a exécuté ou couvert ses décisions.
      À Nuremberg, l’argument « j’obéissais aux ordres » n’a pas supprimé la responsabilité individuelle. Avec l’IA, l’argument pourrait devenir : « le système l’a recommandé », « personne ne l’a explicitement ordonné », ou « personne ne savait précisément comment il déciderait ». Ce serait une forme moderne de dilution de la responsabilité — une chaîne d’ordres sans ordre écrit, où chacun pourrait prétendre n’avoir fait que suivre le précédent.
      Le droit devra donc répondre à une question décisive : une décision produite par une machine peut-elle être attribuée à quelqu’un ? La machine ne pourrait pas être condamnée comme une personne ; la responsabilité retomberait nécessairement sur les humains et les organisations qui l’ont conçue, autorisée, supervisée ou utilisée.
      Et si la salle 600 n’était plus debout, le procès pourrait toujours avoir lieu ailleurs. Ce qui compte n’est pas le bâtiment, mais le principe qu’il représente : l’obéissance, l’automatisation ou l’absence d’intention personnelle ne suffisent pas à effacer la responsabilité devant les victimes. »
      –
      C’est amusant, car cette réponse pourrait s’appliquer à tous les chefs de projet informatique dans les entreprises privées ou dans les administrations publiques (pourquoi est-ce que je pense à la Justice en France ?)…
      Mais on peut aussi songer à tous les logiciels embarqués qui conduisent à des catastrophes dans l’aviation civile (je sais, je ne cite pas le programme F-35), comme dans le cas du vol Rio-Paris…
      Pour l’instant, on garde les pilotes dans l’avion pour que les véritables responsables puissent se défausser sur eux des conséquences de leurs décisions…
      Idem pour l’astronautique, entre décision de suppression des tests de logiciels des centrales à inertie de Ariane V, ou choix des unités du système impérial par LM pour les calculs d’altitude des sondes martiennes…
      Et si le principe de gouvernance était « Pas de vagues! », comment l’IA se comporterait-elle ?
      En mentant et en trichant comme un politicien, ou mieux, un ministre ?

      • Robmac dit :

        Vous avez raison, mais il en est ainsi pour tout ce qui est issu de l’IA (et de la robotique). Ainsi en Europe les voitures entièrement autonomes dont interdites, et pourtant on commence à les voir aux USA. La raison en est « en cas d’accident qui est responsable ?  » : le propriétaire, la société qui a construit le véhicule, le concepteur du logiciel, l’opérateur du réseau ? etc … On saurait aussi construire des tracteurs autonomes, des camions autonomes, des robots domestiques, etc … Cela viendra, mais il y a un très gros problème juridique à régler.

        Pour ce qui est des matériels militaires, destinés à ‘neutraliser’ et détruire, la question est encore plus grave, avec en plus la question suivante « une arme autonome peut elle prendre la décision de tirer ? « , mais je crains que la réponse sera plus simple : « les autres le font, donc nous devons le faire » …

  4. Emile dit :

    Une solution souveraine: parfait
    Nous allons voir nos « alliés » européens, les vrais…. et les vassaux des US

    • Dans l’mille Emile dit :

      Pour les alliés, on peut compter sur les Bretons, les Basques et les Alsaciens. À voir pour les Corses. Pour le reste de l’Europe, je me méfierais des Catalans, un peu crême et des Flamands, trop tartes.

    • Yvon dit :

      @Emile
      On les connaît déjà.

  5. PHILIPPE dit :

    Alors que les USA se replient sur eux mêmes souhaitons à cette alternative de tenir ses promesses.

  6. lecoq dit :

    ce qui est sur, c’est que les allemands et les polonais, n’y souscriront pas … c’est écrit d’avance

    • Marcorr dit :

      Je ne serais pas surpris que le Luxembourg préfère lui aussi une solution nationale à toute solution proposée par un pays étranger, aussi proche soit-il.

    • Centurion dit :

      Rajoutez la suisse où Palantir est solidement implantée (bureaux de r&d) malgré le passif houleux de la CIA sur leur sol et autres grandes manoeuvres d’espionnage à grande échelle bien documentés

  7. naturlish dit :

    Ach, nous afons opté pour de l’amérikanish, faute de mieux. Mais si une alternative européenne existe, et qu’elle n’est pas franzaise nous la soutiendrons naturlish.

  8. jean luc dit :

    Pour son propre cloud militaire et son futur « cerveau IA », la préférence de l’Allemagne va naturellement à l’alliance nationale menée par Hensoldt (associé à la pépite allemande Helsing) plutôt qu’au système français de Thales.Cette situation s’explique par des choix stratégiques bien précis :Priorité à la souveraineté industrielle nationale : L’Allemagne applique le même principe que la France. De la même façon que Paris privilégie Thales, Berlin préfère injecter ses budgets de défense dans ses propres champions nationaux comme Hensoldt afin de garder la totale maîtrise de son tissu industriel.La force de la suite MDOcore : En lançant sa propre suite logicielle MDOcore, Hensoldt propose à la Bundeswehr une solution sur-mesure pour fusionner les données des radars et des capteurs allemands sans dépendre d’une plateforme tierce. La plateforme allemande sera disponible mi-2027 . L’armée allemande n’utilise pas PALANTIR. il sera difficile pour Thales de contrer PALANTIR, car tout est développé en France, 100% français, il aurait fallu intégrer d’autres intervenants européens européen . les pays qui achèteront Thales passeront du contrôle américain à celui de la France , ou de Berlin , beaucoup préférons rester sous la protection américaine.

    • BonSens dit :

      La solution Allemande va mieux s’exporter par ses intervenants européens ? Comme IBM Allemagne ?

      Votre non réflexion, fait dire à l’IA ce que vous voulez entendre.

      • farragut dit :

        Asimov a déjà répondu à cette inquiétude dans une nouvelle des Robots datant de 1941, où le Docteur Calvin se fait manipuler par un robot télépathe…

        « Il s’agit de « Menteur ! » (Liar!, 1941), une nouvelle du recueil Les Robots (I, Robot).
        Le robot télépathe s’appelle Herbie. À cause d’un défaut de fabrication, il peut lire les pensées et manipule les humains — notamment le docteur Susan Calvin — en leur disant ce qu’ils veulent entendre.
        Wikipedia »
        1

      • jean luc dit :

        THALES GROUPE FAIT UN CLOU SOUVERAIN AVEC GOOGLE POUR LES ADMINISTRATIONS FRANCAISE ; VOIRE ALLEMANDE ETCETCETC https://www.thalesgroup.com/en/news-centre/press-releases/thales-introduces-s3ns-partnership-google-cloud-and-unveils-its-offering . la prochaine fois renseigner vous . Ibm deutchland as pas accées aux source ,ni aux codes , ni aux contenus . contrairement aux franchouillard j’ai mes propre source en dehors de l’IA

        • BonSens dit :

          @Jean Luc
          Vous comparez HexaForce avec MDOcore, en vantant la souveraineté de l’un tout en reprochant au projet français de ne pas s’ouvrir à d’autres partenaires européens. Or il se trouve que MDOcore c’est IBM deutchland, vous comprendrez donc que vous êtes totalement incohérent. S3NS n’étant pas corréler.
          Et vanter l’européanisme, c’est bien mais concretement MDOcore c’est pas européen pour une bille. Que des entreprises allemandes + IBM deutchland + ST Engineering (Singapour).
          Merci pour la morale mais vraiment baleyez devant votre porte, et demandez à l’IA de vous chalenger plutôt que de vous conforter.

        • Bricolo dit :

          Si Thales fait un clou souverain, qui fournit les marteau ?

        • Bricolo dit :

          Le marteau.

      • jean luc dit :

        ST Engineering (Singapour) : Un protocole d’accord signé lors du salon Eurosatory pour intégrer MDOcore au catalogue de cybersécurité et de défense de ce géant asiatique, marquant l’expansion de la solution vers les marchés d’Asie du Sud-Est.

    • Pierrot dit :

      En tout cas en termes d’utilisation de Künstlische Intelligenz, la préférence de Jean Nul va naturellement à l’utilisation à tort et à travers.

    • Thomas dit :

      « Architecture ouverture »
      Je n’irai pas plus loin, je ne voudrais pas contrevenir à vos biais cognitifs tant ancrés que vous-même n’en avez pas conscience
      La vieillesse est un naufrage parait-il

      • Thomas T’Aquin dit :

        Soyez patient, mais vérifiez déjà vos voies d’eaux actuelles.

        • Thomas dit :

          Helas oui, nous coulerons tous un jour.
          Mais j’espère, en bon capitaine de ma vie, rester dignement jusqu’au bout sur le pont !

      • jean luc dit :

        Je ne sais pas à qui tu t’adresses, moi je n’ai pas employé ce terme, mais pour les systèmes il y a des architectures dite fermer ou ouverte, MAVEN de PALANTIR, HEXAFORCE de THALES, OU MODOCORe de HENSOLD sont dites ouvertes.

    • Mic dit :

      Vous vous couchez devant un produit US pas allemand !
      Tlales aura du mal de contrer Palantir !!!!
      Palantir est une PME a côté de Thales, CA 4,5 milliards de dollars pour Palantir versus 25 pour Thales

  9. Olivier dit :

    On va voir ce que cela donne et si on peut voir émerger quelques solutions européennes qui tiennent la route. Thales a la maitrise de toutes les briques et les ressources, maintenant il faut que tout soit assemblé correctement et c’est peut être là le challenge (maintenir l’interopérabilité coûte une blinde surtout au regard du nombre d’équipement à prendre en compte et en évolution permanente).

    Là où potentiellement Thales a un différenciateur c’est sa capacité à fournir des équipements de coms et serveurs sécurisés par l’intermédiare de la GBU SIX (renommé datahub dans le communiqué de presse) des centres de commandement aux unités sur le terrain. Donc pas uniquement du soft.

    Après, et c’est très personnel, mais je m’interroge sur la résilience de ces approches dans un horizon 15/20 ans. Tout système en réseaux est nécessairement « sensible » aux attaques cyber (et quand on voit déjà la performance des IA dans ce domaine, on ne peut qu’imaginer ce dont elles seront capables en disposant de plus de puissance et d’énergie; alors certes on a aussi des IA de « lutte ») et aux brouillages/saturations de tout ce qui ressemble de près ou de loin à une onde. Du coup il va falloir à la fois être en capacité de fonctionner en réseau mais aussi de manière totalement hors réseau et éventuellement avec des équipements ultra-rustique (dénué d’informatique et avec une électronique réduite au minimum). D’un côté il va fallori de l’ultra-technologique et de l’autre limite de l’équipement seconde guerre mondiale… intéressant.

  10. Jules dit :

    La blague avec un ia americaine dedant ? mdr la france qui à des embitions superieur à c’est moyens.

    • Fred And Co dit :

      La France à surtout les meilleurs mathématiciens au monde C’est très utile pour concevoir des IA souveraines. Notre pays en possède plusieurs qui n’ont rien à envier a celle proposée par les sociétés américaines. Cela semble vous ennuyer.

    • Cactus dit :

      Bonjour Jules, cela faisait longtemps.
      Alors, voyons cela… Aïe, ouille, mais euuuh, pas les yeux !
      Allez, c’est encore SOS Cactus qui s’y colle :

      La blague avec une IA américaine dedans ? MDR, la France, qui a des ambitions supérieures à ses moyens.

  11. Cati Lux Fero dit :

    Pourquoi laisser aux géants étasuniens le privilège de rationaliser le carnage, quand Thales et Eviden (Atos – renfloué par les deniers publics) peuvent nous mitonner notre propre dystopie numérique garantie 100 % locale ?

    En matière de totalitarisme algorithmique assumé, nous n’avons donc désormais plus rien à envier à Alex Karp. On appréciera le vocabulaire de comptable pour parler d’homicide industriel : HexaForce « automatise la priorisation des données » pour passer « de 100 à 1 000 objectifs de ciblage par jour ». Un rendement multiplié par dix : voilà de quoi faire jubiler les passionnés d’efficience managériale !

    Finalement, nos marchands d’armes (gavés par les commandes d’État au détriment de toutes les autres infrastructures) ont parfaitement assimilé la leçon de Palantir : la sélection et l’élimination d’humains assistées par ordinateur, c’est bien – mais avec une étiquette Made in France et la conformité aux normes Otan, c’est tellement plus élégant !

    Soyons fiers : « Notr’Europe » n’a plus besoin d’importer son fascisme algorithmique : elle le produit comme une grande, en circuit court. (Cocorico)