En 15 ans, les huit hélicoptères NH90 de la force aérienne néo-zélandaise ont effectué plus de 20 000 heures de vol

Ces dernières années, l’Australie, la Norvège, la Belgique et, plus récemment, la Suède, ont décidé de retirer, tout ou partie, leurs hélicoptères de manœuvre NH90 en déplorant leur faible taux de disponibilité ainsi que leurs coûts d’exploitations excessifs. Le ministère norvégien de la Défense exigea même leur remboursement auprès de leur constructeur, le consortium NHIndustries [formé par Airbus Helicopters, Leonardo et Fokker].
Sans aller jusqu’à prendre des mesures aussi radicales, la France a les mêmes problèmes, quoique à un degré moindre, avec les appareils mis en œuvre par l’Aviation légère de l’armée de Terre [version TTH pour Tactical Transport Helicopter] et par la Marine nationale [version NFH, pour Nato Frigate Helicopter]. L’an passé, un rapport parlementaire avait expliqué que cette situation était due en partie à «la persistance de tensions logistiques, notamment sur les équipements livrés par Fokker, l’un des industriels impliqués dans le [programme] NH90.
Cela étant, la force aérienne royale néo-zélandaise [RNZAF – Royal New Zealand Air Force], qui exploite huit NH90 TTH depuis maintenant quinze ans, n’est pas confrontée à de tels problèmes. Et sans doute qu’il serait pertinent de s’inspirer de ses pratiques en matière de maintien en condition opérationnelle [MCO].
Ainsi, l’un des NH90 de son 3e escadron a franchi la barre symbolique des 3 000 heures de vol. «Une première mondiale pour ce type d’appareil», a salué le ministère néo-zélandais de la Défense, ce 8 septembre.
Mieux encore, les huit NH90 de la RNZAF ont effectué plus de 20 000 heures de vol depuis leur mise en service. «C’est une réussite significative pour une flotte et une équipe de petite taille», a souligné le commandant Lachie Johnston, l’un des pilotes du 3e escadron.
«Nous devons pouvoir compter sur ces appareils en permanence, et c’est un véritable hommage aux techniciens de maintenance, qui travaillent sans relâche, souvent dans des conditions difficiles, pour remettre les hélicoptères en état de vol, ainsi qu’à la chaîne logistique et aux planificateurs de la flotte. Ils sont la clé de notre succès», a-t-il ajouté.
De son côté, Airbus Helicopters a souligné que la RNZAF utilise ses NH90 «plus intensivement et plus fréquemment que tout autre opérateur». Il faut dire que l’éventail des missions qui leur sont confiées est vaste puisque celles-ci vont de l’évacuation sanitaire au transport tactique de troupes, en passant par le soutien aux forces de police et aux agences gouvernementales ou encore par l’acheminement de l’aide humanitaire en cas de catastrophe naturelle.
Depuis 2015, Airbus Helicopters met une petite équipe de techniciens à la disposition de la base d’Ohakea, laquelle abrite les NH90 néo-zélandais. «Intégrée directement au sein de l’organisation de la maintenance de la RNZAF, elle travaille comme une seule unité aux côtés des mécaniciens» militaires, explique l’industriel. Ce dispositif permet ainsi d’assurer les visites périodiques toutes les 600 heures de vol.
«Le résultat concret de cette approche intégrée est une disponibilité remarquable. Le taux de disponibilité de la flotte de NH90 de la RNZAF se maintient constamment autour de 75 %, dépassant largement la moyenne mondiale des opérateurs», fait valoir Airbus Helicopters.
Quoi qu’il en soit, le NH90 donne pleinement satisfaction à la RNZAF. «Il peut parcourir de longues distances, survoler de vastes étendues d’eau et possède une capacité importante pour le transport de personnes et de marchandises. […] C’est un hélicoptère incroyablement performant, et je pense qu’il rend de précieux services à la Nouvelle-Zélande», a en effet résumé le commandant Johnston.
Cependant, l’excellent taux de disponibilité et les performances de ces NH90 n’a pas convaincu le ministère néo-zélandais de la Défense d’acquérir la version navale de cet appareil pour remplacer les Kaman SH-2G Supersprite mis en œuvre depuis ses deux frégates de type ANZAC, son choix s’étant porté sur le MH60R Sea Hawk de l’américain Sikorsky. Choix influencé par celui fait par la Royal Australian Navy. «Notre objectif est d’avoir une force ANZAC plus intégrée», a-t-il en effet justifié, en juin dernier.
Photo : Ministère néo-zélandais de la Défense





La question porte sur le coût et sur l’intensité de la maintenance nécessaire par rapport à des hélicoptères similaires pour atteindre un taux de disponibilité de 75 %.
Donc un matériel de pointe demande à un MCO de pointe… quelle surprise.
Après on peut toujours critiquer la complexité du NH90 mais il ne faut pas oublier que les specs ne sortent pas de nul part, donc il faut aussi que les donneurs d’ordres prennent leurs responsabilité plutot que de se défosser systématiquement sur les industriels. Il faut aussi reconnaitre que les industriels manquent souvent de transparence vers l’acheteur, notamment quand une demande est irréaliste ou (très) risquée (afin de ne pas afficher de non-conformité au cahier des charges pendant la phase de négociation). L’acheteur doit aussi accepté les critiques de la part de l’industriel. On progresse mais on est encore loin d’une situation sereine et efficace, particulièrement en France du fait de la rigidité des procédures d’appel d’offres publiques qui ne laisse que peu ou pas de liberté d’initiative tant côté industriel qu’acheteur (qui est enfermé dans un carcan administratif).
Autre exemple: je ne suis pas grand fan d’Airbus Military, mais il faut reconnaitre que la descente en règle de l’A400M à ses débuts étaient d’une grande lâcheté (y compris de la part de la France), quand on demande une performance si élevée et une versatilité importante, cela engendre nécessairement une complexité de mise au point et des retards.
« Donc un matériel de pointe demande à un MCO de pointe… quelle surprise »
Un jour les fans du Rafale comprendront ça au sujet du F-35. Un jour peut-être.
Il n y a pas besoin d être fan du rafale ou du F35 pour savoir que les problèmes de disponibilité du F35 ne sont pas dépendant de la qualité de MCO. Malheureusement.
Deux choses tout de même sur le F-35:
– C’est le GAO qui se plaint d’une explosion des coûts de fabrication, de vols et du MCO (donc les USA)
– Le pêché originel (et c’est là où peut être on rejoint le cas NH) est que des pays qui n’en ont absolument pas besoin l’aient acheté. C’est un avion offensif, donc que les USA, Israël ou même UK en possèdent cela fait sens par rapport à leurs opérations. Mais acheter du F-35 pour faire la police du ciel ou ne jamais franchir les frontières du pays, c’est ridicule, le Gripen fait très bien le job (voir le Rafale s’il faut un cran au dessus). Je vise en particulier l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas, la Belgique et l’Espagne. On peut admettre que ce soit un achat utile dans le cas de frontières compliquées (Grèce, Pologne voir les pays scandinaves).
Pensez-vous que les acheteurs de Feu 35 suivront la même trajectoire que ceux du NH90?
Comme quoi, on peut les maintenir en etat de vol. Les excuses des norvégiens et compagnie, c’est du pipeau pour acheter américain
Pour acheter américain il aurait été plus simple d’acheter des équipements supplémentaires déjà en fonctions (F35, missiles, etc.) plutôt que de bazarder une flotte quasi neuve pour racheter une autre flotte (dont coût de formation, etc.).
De ce fait je pense pour la solution la plus simple, soit un combo achats non justifiés par les besoins opérationnels combinés à une incompétence (ou non préparation) pour la partie MCO. Il ne faut pas sous-estimer la bêtise humaine.
Quelqu’un sait ce que sont devenus (vont devenir) les NH90 rendus au constructeur ?
On les a enterrés.
Bonjour
J’ai lu, je ne sais plus où, que la France avait racheté tout ou en partie ces hélicoptères pour disposer de pièces de rechange.
La NZ est constituée de deux îles principales, avec de nombreux sommets autour de 3000 m, l’hélico est indispensable aux populations. Le modèle de maintenance doit être au top.
Pour qu’ils volent mieux, je préconise le Synhelion le carburant solaire agrée par l’Hélicoptériste Franco germano et plus.
N’est ce pas jean luc ?
On s’étonne tout de même que le (performant) système de MCO à la NZ n’ait pas été étudié ou dupliqué aux autres flottes mondiales de nh90
Les gars font tourner intensivement 8 appareils à plusieurs milliers de kilomètre de l’Europe, et en sont très satisfait.
Quelqu’un a -t-il des éléments factuels (et pas des supputations) à nous transmettre ?
>> oui j’ai lu l’article, mais l’explication d’une équipe Airbus dédiée sur place me laisse un peu sur ma faim
Effectivement : bon, ok, ils ont intégré une équipe d’Airbus dans leur équipe de mécaniciens. Donc, côté ressources humaines, compétences techniques et accès à la documentation, c’est bon. Et on peut supposer que côté outillage et infrastructures, ils ont fait le nécessaire.
Mais comment font-ils pour se procurer les pièces détachées dans les délais ? Ils ont constitué un stock ? Ils ont mis au point un système de maintenance prédictive qui leur permet de mieux anticiper ? Ils ont négocié avec les fabricants une licence pour les produire eux-mêmes ou les faire produire par un autre industriel qui, lui, tient ses délais ?
Dans l’indisponibilité de la flotte mondiale du NH90, il y a semble-t-il le rôle négatif de Fokker, qui serait infoutu de fournir ce qu’on lui commande dans des délais raisonnables. Comment parviennent-ils à contourner le goulet d’étranglement Fokker ? Et ils seraient les seuls au monde capables de le faire ! C’est pas commun, ce truc : tous les autres exploitants sont à la peine, et eux, non. Et en plus, ils sont à l’autre bout du monde. Et leur flotte n’est pas gigantesque, c’est presque une micro-flotte, donc pas de gros chiffre d’affaires en perspective pour le MCO de cette flotte.
Et par-dessus le marché, ils ne se considèrent nullement comme un client captif du NH90, vu qu’ils ont choisi le MH60 américain pour leur navy. Donc, c’est ni un gros client, ni un client fidèle. Pourtant, tout roule pour lui.
Le Cdt Johnstone ne donne pas de détails, il dit juste que ce succès repose sur trois clés :
– Une petite équipe de maintenanciers qui travaille sans relâche, avec intégration des gars d’Airbus
– Une chaine logistique
– Des planificateurs de la flotte
Ce sont les ingrédients normaux de la recette du MCO, quoi. Mais comment ils font pour que ça marche, ça on sait pas. Faudrait demander à la DGSE d’envoyer les époux Turenge se renseigner, peut-être ?
Oui, c’est très étonnant.
20.000 heures pour 8 hélicoptères sur 15 ans, çà fait 167 heures par an et par hélicoptère. quand on sait que la norme OTAN d’entrainement pour les pilotes d’hélicoptères en 2025 était de 168h par pilote (184 dans le cadre des forces spéciales) et 210 pour les pilotes de la marine….
N’y a t’il qu’un seul pilote par hélicoptère ?
20.000 heures de vol à 8 hélicoptères en 15 ans… ca fait 20.000/8/15/24 = 7 jours de vol .
7 jours de vol par an et par hélicoptère…1 semaine sur les 52 de l’année… quel exploit en effet !
Les maths c’est bien mais la gestion d’un parc de 8 appareils c’est un peu différents
20.000 heures pour 8 hélicoptères sur 15 ans, çà fait 167 heures par an et par hélicoptère. quand on sait que la norme OTAN d’entrainement pour les pilotes d’hélicoptères en 2025 était de 168h par pilote (184 dans le cadre des forces spéciales) et 210 pour les pilotes de la marine….
N’y a t’il qu’un seul pilote par hélicoptère ?
vous connaissez mailjoe ?
Pas mal , deux pseudos pour raconter les même âneries !
En fait, j’ai cru que le premier post n’était pas parti. tout bêtement.
Par contre au lieu de traiter mon questionnement d’anerie, si vous aviez des réponses instructives, ce serait bien
j’oubliais, la source de mon post sur les objectifs d’heures de vol pour les pilotes d’hélicoptères
https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/opendata/RINFANR5L16B0822.html
Article vraiment intéressant nous ouvrant les yeux avec un exemple concret que l’appareil, seul, n’explique pas son problème de disponibilité.
Une MCO peut efficace avec une utilisation réduite amène au faible taux de dispo.
Et ce d’autant que l’appareil est une machine de pointe, ce qui est le cas du NH90.
Donc la question est m si nous ne sommes pas certain d’assurer en qualité de MCO et d’avoir une utilisation « soutenu », est-il indispensable d’avoir des appareils de pointe technologiquement ?
En tout cas bravo à la NZ qui nous fait un peu la leçon du ration quantité/besoin et qualité/MCO
Puisque Fokker rompt son contrat en ne livrant pas les pièces, il faut en prendre acte en développant des pièces alternatives. En particulier, au vu de notre usage embarqué, de toutes celles qui peuvent être imprimé en 3d.
En l’absence de réponse, le coup du développement commun saboté de l’intérieur restera systématique.
Pour faire voler le NH il faut de l’argent et de la volonté. Visiblement les NZ ont les deux, le plus difficile à trouver étant, selon moi, la volonté.
Pour les Australiens, rien de nouveau sous le soleil, avec eux rien ne va jamais.
Donnez leurs une poêle, du beurre et des œufs, ils vous expliqueront qu’ils n’ont pas ce qu’il faut pour faire une omelette !
C’est parce que nos poêles sont trop petites pour les œufs d’autruche.
Mon patron a félicité ma femme pour son travail exceptionnelle sur ma MCO qui garantit un taux de disponibilité record depuis quinze ans, ma femme est très fière, moi j’en ai marre mais marre…
Ca montre la mauvaise foi de certains pays et ça démontre leur mauvaise gestion de la maintenance de matériel moderne.
Certains ont visiblement cru qu’on entretenait des appareils ultra moderne avec des techniques de maintenance héritées des années 60. La NZ montre que matériel moderne nécessite une organisation et une gestion moderne et adaptée.
Donc ceux qui ont craché sur le NH90 devraient peut etre se remettre en cause et se poser les bonnes questions, parce que les nouvelles générations d’avions et helicos qui arrivent vont etre encore plus complexe à gérer
Cet appareil a fait l’objet d’un bashing commercial pour tuer la concurrence
@ insider..ben les champignons..z ‘ont pas ça les pov bougres.