Le Service industriel de l’aéronautique va s’impliquer dans le maintien en condition opérationnelle des chars Leclerc

En 2021, la maintenance des chars Leclerc fut de nouveau confiée à KNDS France dans le cadre du marché de soutien en service n° 2 [MSS2] notifié par la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels terrestres [SIMMT] pour un montant de 1 milliard d’euros sur dix ans.

À l’époque, le ministère des Armées avait précisé que l’industriel allait avoir des obligations «renforcées» en matière d’approvisionnement en pièces détachées. Le MSS2 «comprend la gestion, la livraison des pièces de rechange, la documentation, la maîtrise technique et l’assistance technique des régiments», avait-il détaillé.

Seulement, l’une des difficultés du Maintien en condition opérationnelle [MCO] du char Leclerc porte sur le traitement des obsolescences de son groupe motopropulseur [GMP], lequel repose sur un moteur Diesel V8x-1500 Hyperbar de 1 500 chevaux, naguère produit par la Société Alsacienne de Construction Mécanique [SACM, rachetée par Cummins Wärtsilä], ainsi que sur une turbomarchine Turbomeca TM-307B, laquelle fait office de turbocompresseur à très haute pression.

Or, en 2020, un rapport parlementaire avait expliqué que le ministère des Armées n’avait pas été en mesure de trouver 4 millions d’euros pour maintenir la chaîne industrielle de ces TM-307B. En conséquence, celle-ci fut «réorientée vers d’autres productions» en 2014. «Les petites économies à court terme réalisées hier créent parfois des surcoûts colossaux à long terme», était-il avancé dans ce document.

Reste que le char Leclerc – porté au standard XLR – devra rester opérationnel jusqu’en 2037/38. Ce qui suppose évidemment d’assurer l’entretien du V8x-1500 [qu’il n’est pas question de remplacer] ainsi que celui de la turbomachine qui lui est associée. Pour cette dernière, la SIMMT a trouvé une solution… en s’adressant au Service industriel de l’aéronautique [SIAé], lequel est rattaché à l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE].

En effet, le 3 septembre, l’Atelier industriel de l’aéronautique [AIA] de Bordeaux a annoncé qu’il venait de lancer officiellement les «activités de maintenance» de la turbomachine TM-307B. Et cela, jusqu’en 2039.

«Couplée au moteur principal, elle offre de très fortes capacités d’accélération aux 60 tonnes du char Leclerc. Elle joue également le rôle de groupe auxiliaire de puissance lors des phases d’arrêt du moteur», a rappelé l’AIA de Bordeaux, via le réseau social LinkedIn.

La SIMMT s’est tournée vers le SIAé pour «son expertise dans la maintenance et le traitement des obsolescences de matériels aéronautiques et son expérience dans l’entretien des turbomachines», a-t-il expliqué.

«Si notre devise demeure ‘Le SIAé, partenaire des forces pour voler’, une chose est à peu près sûre : le char Leclerc ne volera pas, mais il roulera !», a conclu l’AIA de Bordeaux.

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38 contributions

  1. Emile dit :

    Solution intelligente pour réparer une erreur passée.
    La production est souveraine, très bien.

  2. Robmac dit :

    Ils sont compétents pour des « turbomachines », et le reste ?

  3. jean luc dit :

    enfin bref, des aviateurs qui vont s’occuper d’un char pour la maintenance, preuve qu’il en est de la perte de compétence française en matière de blindés, et elle veut construire un char seule

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « des aviateurs qui vont s’occuper d’un char pour la maintenance, » Avez vous lu la présentation de ce fil de discussion? Evidemment non, la maibtenance touchera que le « bloc » motopropulseur du Leclerc, dont la spécificité est d’être une……..turbine donc une sorte de turbomachine qui (vous devez l’ignorer) propulse des……….avions, à moins que Tornado et Eurofoufoune de la Luftwaffe soient motorisées par une hélice et un élastique! En conséquence il n’y a rien d’incongru que l’expertise conncernaznt la maintenance soit efféctuée par des techniciens aéronautiques, ce ne sont pas eux qui s’occuperont des chenilles et des galets rouleurs par exemple!
      « preuve qu’il en est de la perte de compétence française en matière de blindés,  » Preuve surtout que vous avez encore trouvé une occasion pour pondre votre petite crotte!
      « La SIMMT s’est tournée vers le SIAé pour «son expertise dans la maintenance et le traitement des obsolescences de matériels aéronautiques et son expérience dans l’entretien des turbomachines», a-t-il expliqué. »
      Vous, y en a comprendré, une obscure clarté y en a illuminationné vous?

    • Aymard de Ledonner dit :

      Le monsieur vous a expliqué dans l’article qu’il s’agissait spécifiquement de la maintenance de la turbomachine du char. Donc on prend des gens qui savent ce que c’est qu’une turbomachine ce qui n’est apparemment pas votre cas.
      Sinon pour notre char on va se débrouiller avec KMW en laissant Rheinmetall sur la touche. Ne vous inquiétez pas.

    • Pierrot dit :

      N’importe quoi comme d’hab mon cher Jean Nul…
      Des maintenanciers de turbines aéro vont s’occuper de turbines. Le reste du char (tourelle, canon, moteur, organes de visée, de communication, …) va toujours être entretenu par des maintenanciers de chars.

    • Thomas dit :

      Mais qu’il est c**
      On vous parle de la turbomachine, vous ne savez pas lire ?
      Franchement, arrêtez de nous faire honte, prenez la nationalité allemande une bonne fois pour toute !

    • Heron dit :

      Magnifique conclusion jean luc ! Au troquet du coin, les clients ne t’écoutent plus donc tu viens commenter à tort et à travers tous les articles de se blog.
      Je comprend pourquoi tu fais des copié-collé de l’IA : l’intelligence tout court te fait défaut.

    • Vortex dit :

      Le manque de compétence, tu connais toi, le jean-luc…
      C’est même ta caractéristique !!!
      A chaque article c’est un festival de conneries !
      Mais qu’il est …

      • tschok dit :

        Non, le problème n’est pas de savoir qui va maintenir les turbomachines des moteurs V8x max du Leclerc (la réponse est dans l’article : c’est un service technique de l’armée de l’air).

        Le problème est de savoir si le pis-aller qu’on a mis en place (la reconstruction de ces turbomachines par le service technique de l’armée de terre, suite à l’arrêt de la production par celui qui les fabriquait) sera suffisant pour maintenir un capital d’heures de fonctionnement du parc de chars Leclerc correspondant à ces missions, qui comprennent essentiellement trois choses :
        – 1) Formation et entrainement, donc maintient de la capacité opérationnelle
        – 2) Défilé du 14 juillet
        – 3) projection du poing blindé français sur un théâtre d’opération centre-Europe en cas de confrontation avec la Russie d’ici à demain

        La seule capacité opérationnelle qui soit à ce jour assurée, c’est la 2. Celle qu’on essaye de sauver, c’est la 1. Et la 3, c’est un enjeu, et aussi un questionnement, car une partie de l’armée doute de l’intérêt du char lourd.

        Maintenant, Vortex, là où je vous rejoins, c’est que jean luc aurait dû dire ce que je viens de dire, alors qu’il se borne à dire ses conneries habituelles, et que vous lui réponder en vous bornant vous-même à vos conneries habituelles, sur le mode attaque perso.

        Deux gamins, quoi.

        Vous vous posez tous les deux en sachants, et vous ne dites pas les trucs qui comptent. Vous ne posez pas les problèmes, et vous vous fritez : lui raconte des conneries, vous lui répondez par l’attaques perso. On dirait des hommes politiques français d’aujourd’hui.

        Infoutus de poser les termes d’un problème.

  4. Ouf ouf dit :

    De mal en pis…
    C’est vrai qu’il ne reste plus grand chose de l’ancienne Sacm
    https://www.lejournaldesentreprises.com/article/wartsila-france-fin-de-lactivite-industrielle-mulhouse-46606
    mais de là à demander à des aviateurs…
    les roulants sont a bout…

    • Oui mais non dit :

      L’IAA de Bordeaux doit déjà avoir la compétence pour entretenir des turbomachines Turbomeca, présentes dans des hélicoptères.
      Ce n’est donc pas si délirant.

      • Air dit :

        Et ça n’a rien de délirant du tout.

        Peu de commentaire voir pas du tout sur le fait l’air que le moteur de l’Abrams consomme du Kérosène et à a aussi une turbine à gaz.

        A l’époque, les chars utilisés des moteurs d’avions aussi dans certains cas, on faisait avec ce qu’on avait.

  5. Bastan dit :

    Reste plus qu’à lui mettre des ailes ou un rotor..

  6. Zaratoustra dit :

    Bon sang mais c’est bien sûr, avec deux ailes, le XL volera !
    La voilà la surprise stratégique !
    Les ados boutonneux pilotes de drones n’ont qu’à bien se tenir, non mais ! C’est le retour des culs de plomb, qui arrivent en escadrilles (et plus en escadrons, c’est has been), comme les emm….s.

  7. Coquillard dit :

    Quelqu’un peut nous expliquer (sans polémique, merci) ce que le Turbomeca TM-307B a de commun avec et ce qu’elle a de fondamentalement différent des turbines qu’a habituellement à entretenir le SIAé ?

    • Pascal, (l'autre) dit :

       » et ce qu’elle a de fondamentalement différent des turbines qu’a habituellement à entretenir le SIAé ?
      Rien, il ya un compresseur une turbine, c’est tout la différence est qu’elle sert de système de suralimentation du moteur Diesel (un peu comme un turbo dans une voiture à part que là ce sont les gaz d’échappement qui font tourner le turbo pour aspirer de l’air frais= De plus une fois le moteur Diesel coupé cette turbine continue d’alimenter la génération électrique du char lui permettant de rester opéraztionnel! Mais fondamentalement rien ne la distingue réellement d’une turbomachine équipant un A 400 M (turbo propulseur) ou un turboréacteur M88 qui équipe les Rafale. Il y a eu aussi par le passé des trains qui étaient équipés de turbine, les R.T.G. communément appelés turbotrain et même « ratagaz » dans le jargon S.N.C.F! https://www.railpictures.net/images/d1/9/2/9/4929.1319567235.jpg

      • François 01 dit :

        @Pascal l’autre
        Les turbines du Leclerc, de l’A4000, et des trubotrains sont plus proches des turbines d’hélicoptères que des turboréacteurs comme les M88.

        • Pascal, (l'autre) dit :

          @François 01 Je parlais de la technologie et de la maintenance qui en découle mais sur le principe c’est le même, ce qui change c’est la complexité de la machine!

    • Pierrot dit :

      Point commun: c’est une turbine conçue et fabriquée par Turboméca, comme les Astazou et autres équipant beaucoup d’hélicoptères.
      Différences : elle sert de turbocompresseur au groupe moteur en fonctionnement et de groupe auxiliaire de puissance moteur à l’arrêt donc en termes de contraintes thermiques, mécaniques,… ça doit être une horreur… et donc un entretien bien costaud et elle doit en bouffer des pièces de rechange

  8. Rogger dit :

    bonjours. personnellement je reste surpris que nous ne trouvons pas une tubine au meme capacité et au meme volume pour remplacer la TM.307B …
    bon dans tous les cas ils semblerait que la maintenance de ce matériel demande des compétences spécifiques ? ???
    Incroyables…

    • Pascal, (l'autre) dit :

       » demande des compétences spécifiques ? ???
      Incroyables… » Si en apparence une turbine c’est relativement simple (ce n’est finalement qu’un tuyau!) ce sont surtout les contraintes mécaniques de ce qui est en mouvement à l’intérieur de ce « tuyau » , pression, force centrifuge (ça tourne très vite une turbine) thermique (t° sup à 1000°c) et chimique (corrosivité des gaz brulés) qui nécessitent une technologie assez pointue! Je prends un exemple un peu « cappilotracté » mais les photos d’un M88 ci dessous montre la complexité de la machine!
      https://actu-aero.fr/wp-content/uploads/2019/12/SAFRAN_M88_Safran-768×512.jpg
      https://www.researchgate.net/profile/Myriam-Kaminski-2/publication/30517535/figure/fig2/AS:650452790161409@1532091438637/Moteur-M88-SNECMA-Moteur.png

    • vno dit :

      Non, juste des maintenanciers habilitables … et des centres d’usinages maintenables par des gens effectivement extrémement qualifiés qui tournent pour les rechanges. vu le nombre de pièces à produire concerver des machines trés couteuses qui ne tournent pas donne des idées à des « élites » de la finance. Du temps de Turboméca, ils faisaient. Racheté par Roll-Royce puis Safran, le « besoin » de dégager des marges pour la bourse a fait passer les bonus des dirigeants devant la sécurité nationale ( en oubliant que l’argent pour maintenir ce petit atelier avait déja été versé par l’état ?).

  9. Robmac dit :

    Cela va simplifier la maintenance sur le champs de bataille 🙂

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Dans ce cas on parle de maintenance…………..préventive en atelier industriel et non pas sur le champ de bataille, sur ce dernier je donne pas cher de la survie d’un char en panne!
      Question : Vous le faites exprés, c’est naturel chez vous ou vous êtes vous donné le mot avec @Jean Luc?

    • Tankiste Matochard dit :

      Remarque hors sujet. Ce ne sont pas du tout sur les mêmes niveaux techniques d’intervention entre le « champ de bataille » et l’AIA.

  10. Alfred dit :

    A cote de ses inconvenients, la turbine permet de demarrer plus facilement et de monter plus rapidement en puissance par grand froid.

  11. jean luc dit :

    Je constate qu’il y a une perte de compétence dans l#armée de terre pour la maintenance de turbomachine idem pour KNDS F. La vérité déplaît à certains, tant pis pour eux. cela montre l’étendue des dégâts en matière de compétence pour les blindés

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « Je constate qu’il y a une perte de compétence dans l#armée de terre pour la maintenance de turbomachine  » Chacun son job et les vaches seront bien gardées, vous ne connaissez pas ce dicton en Allemagne?
      « La vérité déplaît à certains,  » Parce que vos « contributions » c’est la « vérité », ça va les chevilles, pas trop gonflées?

  12. François 01 dit :

    Concernant un moteur pour le successeur du Leclerc, j’ai cru comprendre que la France ne possède plus les compétences pour la conception d’un moteur à pistons.
    Dans ce contexte je me demande si l’on pourrait adapter le groupe turbogénérateur hybride TG600 de Safran, destiné initialement à l’aviation. Il est constituée d’une turbine Arano qui fait tourner deux générateurs électriques Engeneus. L’ensemble fait 600kw soit environ 800ch . On pourrait donc en employer deux sur un char. De là à l’adapter sur des chenilles…

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Problèmes de conso, les turbines c’est « vorace » !
      Ci dessous une vidéo montrant une mini turbine d’aéromodélisme, regardez attentivement la bouteille vers la fin de la vidéo!
      https://www.youtube.com/watch?v=jixLhz-3vXE

      • François 01 dit :

        @Pascal l’autre
        L’ un des intérêts d’un groupe turbogenérateur hybride est que la turbine fonctionne à régime constant, seul les moteurs électriques subissent les variations de vitesse. La turbine produit de l’électricité mais n’est pas reliée à la transmission de l’engin pour le faire avancer. De surcroît elle fonctionne à son régime optimum où elle consomme le moins. Mais je ne sais pas si la turbine peut ainsi égaler la consommation d’un moteur à pistons.

  13. François 01 dit :

    On compare la turbine du Leclerc à un turbo. Mais n’étant pas actionnée par les gaz d’échappement du moteur à pistons, elle est plus proche d’un compresseur que d’un turbo.