Un avion de transport CN-235 de l’armée de l’Air & de l’Espace s’est posé sur une route nationale suédoise

En Suède, la route nationale n°44, qui relie Herrestad à Götene, dans le comté de Västra Götaland [sud du pays], a ceci de particulier qu’elle est régulièrement utilisée par des avions militaires de transport. Ce qui s’explique par la proximité de la base aérienne de Såtenäs, repaire des C-130H Hercules de la 7e escadre de la force aérienne suédoise [Skaraborgs flygflottilj, plus simplement appelée F7].
Ainsi, en juin, quelques jours avant les manœuvres aériennes Ramstein Flag 26 de l’Otan, cette unité a organisé un exercice de type ACE [Agile Combat Employment], auquel ont participé un A400M de la 15e escadre de transport de la force aérienne belge et des C-130J de l’US Air Force.
À cette occasion, et selon des images diffusées via les réseaux sociaux au début de ce mois, l’A400M a démontré qu’il pouvait aussi se poser sur une portion de route longue de 1 100 mètres [pour 17 mètres de large] avant d’en redécoller.
«En règle générale, l’A400M utilise les infrastructures aéroportuaires classiques, mais dans les scénarios tactiques, les zones d’atterrissage alternatives sont souvent indispensables», a fini par expliquer le ministère belge de la Défense, en réponse aux nombreuses réactions engendrées par ces images.
«Les conflits récents montrent que les aéroports figurent fréquemment parmi les premières cibles des attaques militaires. Même des dommages mineurs sur une piste peuvent réduire considérablement la capacité de transport aérien. C’est pourquoi les entraînements se déroulent de plus en plus sur des sites non conventionnels, tels que des aérodromes désaffectés, des pistes temporaires ou des tronçons d’autoroute», a-t-il ensuite ajouté.
Poser un avion de transport sur un tronçon de route, quel qu’il soit, sans aucune aide à l’approche, n’est pas un exercice facile. L’équipage d’un Casa CN-235 français s’y est risqué, le 27 août. C’est en effet ce qu’a indiqué l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE], en évoquant un «entraînement inédit».
«Hier [27/08], un équipage de l’escadron 3/62 Ventoux a posé les roues de son Casa CN-235 sur une route suédoise, à Såtenäs. Un entraînement inédit, qui s’inscrit dans une logique de déploiement agile : disperser nos moyens, rejoindre des terrains inhabituels et être en mesure d’opérer en fonction des nécessités opérationnelles», a expliqué l’AAE, par l’intermédiaire de ses réseaux sociaux. Et d’y voir une «nouvelle illustration de la coopération franco-suédoise et de [sa] capacité à s’adapter à de nouveaux environnements, aux côtés de [ses] partenaires».
Poser un Casa sur une route en Suède ? 🇫🇷🇸🇪
C’est fait !Hier, un équipage du 3/62 « Ventoux » a posé les roues de son Casa CN235 sur une route suédoise, à Såtenäs.
Un entraînement inédit, pour être en mesure de déployer nos avions en fonction des nécessités opérationnelles. pic.twitter.com/wvmEdIOVrh
— Armée de l'Air et de l'Espace (@Armee_de_lair) August 27, 2026
Selon la Skaraborgs flygflottilj, l’escadron franco-allemand «Rhin» [ou BATS, pour Binational Air Transport Squadron], basé à Évreux comme le 3/62 Ventoux, ainsi que des unités danoises et américaines ont également pris part à cet exercice.
«En nous entraînant régulièrement aux atterrissages sur route, nous perfectionnons notre capacité à mener des opérations aériennes à partir de sites alternatifs. Inviter d’autres nations à participer à ces entraînements nous permet également d’échanger des expériences et de parvenir à un consensus sur la manière de mener ce type d’opération», a fait valoir un officier suédois.
Photo : AAE





Pour rappel, c est des pistes d atterrissage amenagées sur le trajet d une route nationale.
Solution adoptée en raison du manque de pistes alternatives en Sùède.
@Dolgan
Ce n’ est pas d’une difficulté extrême pour des pilotes sensés effectuer des posés d’assaut sur terrains non preparés. La route nationale est toutefois moins large qu’une piste aux normes OTAN. Le niveau de difficulté varie également en fonction des moyens de contrôle aérien mobiles, qui sont déployés ou pas, en sachant qu’en cas de conflit, ils peuvent être mis en place ( ils sont fait pour cela), mais peut être pas sur toutes les pistes de secours.
Ils ne se posent pas sur une route nationale, mais sur des pistes d atterissage aménagée sur des sections de la route nationale.
Et la difficulté décrite par les pilotes c est de bien localiser la section ou se poser.
Idée sur A 400 M : l’option d’hélices contrarotatives est elle valable ?
Cela solliciterait bien moins les réducteurs ?
@JK
Les hélices contrarotatives ont été la solution de prédilection des turboprops soviétiques, et plus tard de l’ukrainien An70, qui devait justement concurrencer l’A400M, mais dont seulement deux prototypes ont volé.
Airbus trouve la solution plus bruyante, plus lourde, plus couteuse et source d’avantage de vibrations ( plus de pièces).
Les avantages reconnus des hélices contrarotatives sont, une meilleure récuperation de l’énergie de rotation (meilleur rendement), davantage de poussée avec un diamètre limité, plus de puissance disponible à basse vitesse.
Les réducteurs sont moins sollicités mais plus complexes (efforts repartis sur deux hélices) donc ce n’ est pas forcément un avantage à ce niveau.
La Russie a abandonné cette solution sur l’Il114-300 en cours de certification. (certes moteurs moins puissant alors que les hélices contrarotatives sont efficaces pour les fortes puissances)
…….C’est posé sur une route suédoise pour y charger un NH 90 au toit rehaussé.
c’est pas gentil, ça !
Ben oui ……..
A cause du Suédois, « ya ici des Bou….s » qui vont se croire encore autorisés à dire une fois de plus des [méchancetances] à propos de cet hélico.
Voilà c’est tout.
« la base aérienne de Såtenäs »
À côté de la base navale de Diåbelö ?
Pas sûr que tout le monde ait la référence.
Si, un peu quand même!
https://media.senscritique.com/media/000016311605/1200/satanas_et_diabolo.jpg
(J’en vois bien un qui va hurler à l’intolérable pollution anglosaxonne de nos esprits, le même que s’offusque que les échanges radio aéro ne font en…anglais!)
joli ^^
Ça fais de bon nom de groupe de musique metal…
bonjour , bon un tres bonne exercise … mais nous somme loins de pouvoir projeter une escadrie complete d’avion de chasse…
l’AdL dois se trouver sur le territoire un grand nombre de site alternative au base actuelle ..
exemple : partie d’autoroute avec une aire de deserrement routier …
Ensuite , ils me semblent aussi important de deplacer la maintenance et tous les elements peripherique …. ( essence. munition. soutien . protection ) .
« , ils me semblent aussi important… etc »
Merci personne n’y avait pensé…
Bonsoir à toutes et à tous,
Je ne résiste pas à faire un copié-collé de mon commentaire datant de 3 ans (sous la publication de Monsieur Lagneau publiée le 23 juillet 2023 et intitulée https://www.opex360.com/2023/07/23/larmee-de-lair-et-de-lespace-veut-retrouver-la-capacite-de-disperser-ses-avions-en-cas-de-conflit/ ! Bon, tous les commentaires ont été supprimés ! Dommage !
« Excellente décision.
Cela dit, je constate qu’il a fallu attendre 18 mois après le début de la guerre en Ukraine pour qu’elle soit prise [la capacité/décision de l’AEE de disperser ses avions en cas de conflit]. Les décisions de nos militaires devraient être bien plus réactives. Et à quand la mise en œuvre opérationnelles sur le territoire de la France, sur nos autoroutes, sur nos routes, sur nos plateformes aériennes civiles, militaires fermées et privées, sur nos prairies, sur nos plages… ?
Parce que les dispersions effectuées chez nos copains de l’Otan sont peut-être aujourd’hui d’une fiabilité réelle. Mais, en cas de guerre, je crains que nos copains de l’Otan aient la même réaction que nos voisins et autres pays « amis » au moment du début du Covid-19, qu’ils nous limitent les accès voire nous ferment leurs infrastructures. L’indépendance française doit être mise en place dans sa totalité voire tester à l’excès.
Et si le tout drone (mis en œuvre, dans un avenir plus ou moins proche, par une puissance étrangère non identifiée à ce jour) obligeait notre Armée de l’Air à revoir toute sa doctrine ? Le « syndicat des pilotes de chasse » en aurait le cerveau retourné et devrait réagir trèèèèèèssssss viiiiite !
Pour autant, la DISPERSION SUR AUTOROUTE A DEJA ETE TESTE EN FRANCE il y a bien (trop) longtemps.
C’était avec un Alphajet sur un tronçon de l’autoroute A11 (en construction à l’époque) au sud de Chartres. Il était piloté par l’inoubliable Jean-Marie Saget, pilote d’essais des avions Marcel Dassault chargé du programme d’essais de l’Alphajet. Et sous les yeux Marcel Dassault en personne.
C’était en octobre 1975. et oui, déjà 45 ans !
La vidéo est ici (à 2 minutes et 45 secondes, et plus) :
https://www.youtube.com/watch?v=wGoXZq3268Q
A ce sujet, je vous invite à (re)lire cet article de septembre 2022 et les commentaires déposés :
https://www.opex360.com/2022/09/29/la-finlande-a-ferme-lune-de-ses-principales-autoroutes-pour-un-exercice-aerien/
Bien à vous. »
« «Hier [27/08], un équipage de l’escadron 3/62 Ventoux a posé les roues de son Casa CN-235 sur une route suédoise, à SÃ¥tenäs. « …
Quelqu’un voulait aller en train à Pau, et il y avait un avion qui y allait, se posait, mais redécollait aussitôt sans s’arrêter ? 😉
https://www.youtube.com/watch?v=G7NB_RwtPx4
Bientôt des cahiers des charges plus exigeants en termes de résistance, pour les travaux à venir sur certains tronçons de routes et autoroutes en France ?… Avec également des besoins d’adaptations sur les signalisations verticales.
A rapprocher des réflexions sur le maillage des bases pour la protection civile.
On a plein de pistes répondant au besoin, donc non.
C’est la version « fous du manche » pendant de ceux du volant!
A une époque pas si lointaine nos pilotes du transport se posaient sur des pistes en terre au fin fond de l’Afrique.
Invité régulièrement a voyager en cabine j’étais impressionné par leur habilité et leur professionnalisme.
Aujourd’hui se poser sur une route goudronnée est devenu un exploit.
« Aujourd’hui se poser sur une route goudronnée est devenu un exploit. » Il y a beaucoup plus « d’obstacles » au niveau de nos routes qu’aux abords de pistes en Afrique! Comparer une départementale, une autoroute avec un terrain sommaire dans la savane…………….. sans dec!
il y a environ plus de 65 ans, je circulais en voiture en Suède et, à ma grande surprise, la route s’est élargie avec un marquage au sol. On pouvait aussi voir, à quelques centaines de mètres, des hangars avec leurs avions. Ces hangars étaient enterrés sous plusieurs mètres de terre. Il m’a par la suite été expliqué que cette solution était utilisée pour pallier le manque de terrains et un meilleur camouflage (à l’époque !!!)
Vous auriez pu voir la même chose en Europe de l’Est et en Yougoslavie.
Mais souvent sans les hangars.
Avant l’ouverture de l’autoroute A2 Paris-Bruxelles,
donc au millénaire précédent,
l’AA y a posé puis décollé un Jaguar.
C’était à quelques kilomètres de la BA 103 (Cambrai)
« La Voix du Nord » en a fait un reportage.
L’AAEtc veut nous émouvoir d’une capacité jadis maîtrisée EN FRANCE???
L’anecdote du Jaguar sur l’A2 en 1972 est exacte, mais il s’agissait d’un essai technique ponctuel. Maîtriser une capacité militaire requiert des infrastructures dédiées, des procédures standardisées et un entraînement régulier des équipages, ce que la France n’a jamais mis en place sur son réseau routier civil, contrairement à la Suède ou à l’Allemagne. Si l’armée de l’Air maîtrisait bien la dispersion sur des aérodromes secondaires, l’exercice actuel du CASA vise à acquérir cette compétence spécifique sur des axes routiers adaptés.