L’US Navy dévoile l’AIM-424 LRAAM «Malice», un nouveau missile air-air d’une portée d’au moins 460 km

Dans un rapport remis au Congrès en 2024, l’US Air Force avait souligné la nécessité d’augmenter significativement la portée de ses missiles air-air de type BVR [Beyond Visual Range] afin de garantir sa capacité à évoluer dans les espaces aériens fortement contestés ainsi que la protection de ses aéronefs les plus précieux, comme les avions ravitailleurs et les AWACS. Cela valait évidemment aussi pour l’aviation embarquée de l’US Navy.
Actuellement, les forces aériennes américaines disposent de missiles air-air AIM-120D AMRAAM [Advanced Medium-Range Air-to-Air Missile], dont la portée officielle serait de 160 kilomètres. A priori, elle serait bien plus importante, comme l’a récemment suggéré Raytheon, l’un d’eux ayant réalisé le vol le «plus long jamais connu» après avoir été tiré par un F-22A Raptor lors d’un essai.
«Il vole plus haut et plus loin parce que nous pouvons le faire voler à une vitesse beaucoup plus élevée au moment du largage, ce qui améliore considérablement ses performances. […] Nous n’avons pas modifié la propulsion. Nous avons simplement modifié son mode de vol pour les tirs à longue distance, afin qu’il ait plus d’énergie cinétique lorsqu’il atteint sa cible», avait expliqué un haut responsable du groupe.
De son côté, outre l’AMRAAM, l’US Navy s’est dotée de l’AIM-174 Gunslinger, dérivé du missile surface-air SM-6 [ou ERAM]. Si ses performances sont confidentielles, il est probable qu’il puisse atteindre une cible évoluant à au moins 260 kilomètres de distance.
Quoi qu’il en soit, deux programmes de missiles BVR, dits à «accès spécial» [c’est-à-dire «hautement confidentiels»] sont en cours. Le plus connu est l’AIM-260 JATM [Joint Air Tactical Missile] de Lockheed Martin. D’après les rares informations à son sujet, il aurait des dimensions quasiment identiques à celles de l’AMRAAM, utiliserait un nouveau propergol et posséderait des capacités de guidage et de mise en réseau avancées.
Quant au second, il s’agit du Long-Range Engagement Weapon [LREW], dont on ne sait que très peu de choses. À moins qu’il ne s’agisse de l’AIM-424 LRAAM [pour Long Range Air-to-Air Missile], qui vient d’être officiellement dévoilé par l’US Navy ainsi que par Raytheon, à l’occasion du symposium Tailhook, organisé à Reno [Nevada], le 22 août.
«Grâce à sa portée, sa létalité et son efficacité au combat accrues pour les forces navales, l’AIM-424 représente un bond en avant considérable en matière de supériorité aérienne, capable de neutraliser n’importe quelle menace à longue portée», a expliqué Phil Jasper, le PDG de RTX [dont Raytheon est une filiale, ndlr], selon des propos rapportés par Aviation Week.
Propulsé par un moteur-fusée à propergol solide, l’AIM-424 est un missile à deux étages doté d’une charge à fragmentation continue. Affichant une masse de 680 kg [soit environ trois fois plus que celle d’un AMRAAM] pour une longueur de 4,11 mètres et un diamètre de 34 centimètres, sa portée serait supérieure à 460 kilomètres. Il pourra être mis en œuvre par des «plateformes de 4e, de 5e et de 6e génération», c’est-à-dire par le F/A-18E/F Super Hornet, le F-35C et le futur F/A-XX.
Également appelé «Malice», ce missile permettra de «renforcer la défense de la flotte» et de «maintenir une supériorité aérienne décisive face aux menaces avancées», a fait valoir l’US Navy. En outre, a-t-elle poursuivi, il contribuera «directement à la dissuasion intégrée» du Pentagone en «augmentant la portée, la létalité et l’efficacité au combat des forces aéronavales et de l’US Marine Corps, qui défendent nos flottes, nos intérêts et notre territoire».
Mais on n’en saura pas plus pour le moment. «Les détails concernant les capacités spécifiques et le calendrier de déploiement restent classifiés afin de préserver la sécurité opérationnelle», a indiqué l’US Navy.
Photo : F/A-18 Super Hornet emportant quatre AIM-424 « Malice » – US Navy





@Roland DESPARTE. Mon HS n’en est plus un maintenant..
OK Philippe, mais j’ai tellement de fers au feu que je ne sais plus de quoi il s’agit ? L’âge certainement… Pardonnez-moi.
Ira t- il au but pour les millions demandés ?
460 kilomètres de portée… on touche du doigt des défis de ciblage inconnus jusqu’alors, parce que l’identification d’un adversaire reste un gros challenge.
pour les grognons pro US et les hystériques: du calme: les US ont sûrement des procédures pour limiter la casse… mais ça reste des procédures. du papier au réel, y’a autant que de la coupe au lèvres.
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j’espère donc que face aux performances annoncées par les gros missiles chinois, les performances ne sont pas du flan.
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les chinois et les Russes font de gros missiles pour détruire de gros avions, mais mettent en avant des gros chasseur discrets pour les tirer… il y a donc un vrai delta de tactique.
et en sous-texte, un vrai défi: traquer des appareils que le Pentagone présente volontiers comme furtifs, donc échappant aux radars de ciblage, tout en communiquant sur des missiles BVR… traquant leur cibles au radar.
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Pour conclure : oui, ils nous prennent pour des jambons. mais il ne faut pas être dupe.
@E-Faystos. »Pour conclure : oui, ils nous prennent pour des jambons. mais il ne faut pas être dupe. ». Visiblement vous êtes bien un jambon.. Prenez donc les Yankee pour des cons si ça vous chante.. Vous êtes à la « ramasse », une fois de plus..
et bien… je ne suis pas le seul a avoir lu l’article et compris la contradiction. Dommage Marsupial, vous faites pas partie du lot.
en plus, des arguments auraient apporté du poid mais vous n’en développez aucun.
Manque d’inspiration ou manque de culture ?
Le problème du ciblage que tu soulèves est réel, mais ton raisonnement mélange plusieurs choses comme d’habitude quand il s’agit des USA …
Un missile de 460 km n’a évidemment pas besoin de « voir » lui-même une cible à 460 km et de l’identifier tout seul. Dans un combat BVR, la chaîne de tir repose sur les capteurs du porteur, les autres plateformes et les moyens de détection et de commandement, puis sur le missile pour la phase terminale. La mise en réseau est justement là pour fournir et actualiser la situation tactique.
Et surtout, furtivité et missile BVR ne sont absolument pas contradictoires.
La furtivité ne signifie pas « invisible aux radars », mais réduit la distance à laquelle un appareil peut être détecté, suivi et suffisamment caractérisé pour permettre un engagement.
Si un F-35 peut approcher beaucoup beaucoup plus près avant d’être correctement engagé, tout en lançant lui-même un missile à très longue portée à partir d’une position avantageuse, c’est précisément là que la combinaison furtivité + BVR devient redoutable !
À l’inverse, dire « les Chinois et les Russes font de gros missiles pour détruire les gros avions mais utilisent des chasseurs discrets pour les tirer » n’est pas vraiment un delta tactique : c’est exactement la même logique générale. Le tireur cherche à préserver sa survivabilité et à obtenir la meilleure solution de tir possible avant de laisser l’arme faire son travail.
Enfin, la portée annoncée n’est pas la portée à laquelle le missile peut garantir une interception contre n’importe quelle cible. Entre portée cinématique maximale, portée efficace contre une cible donnée, manœuvres de la cible, altitude, vitesse, qualité de la solution de tir et capacité du missile à acquérir puis suivre sa cible, il y a une énorme différence que tu ne sembles pas saisir. Donc oui, il faut rester prudent devant les chiffres annoncés. Mais cette prudence vaut aussi bien pour les performances américaines que chinoises ou russes.
Donc : 460 km ne signifie pas « je détecte, j’identifie et j’abats n’importe quel avion à 460 km ». Mais ça ne signifie pas non plus « 460 km sur le papier, donc bidon ». La vraie question est de savoir quelle architecture de capteurs et de réseaux accompagne le missile, et quelle est sa NEZ/réelle capacité d’interception contre différents types de cibles. C’est précisément cette information que les données publiques ne permettent pas de connaître …
Donc c’est toi qui nous prend pour des débiles E-FAYSTOS avec tes postures idéologiques !
Il n’y a pas vraiment de problème de ciblage. Ce genre de missiles est fait pour le tir cooperatif : un avion style AWACS détecte l’ennemi, le cible, envoie les coordonnées au chasseur via liaison 16. Celui-ci tire son missile et décroche, puis c’est le radar de l’AWACS qui fournit les informations au missile.
Vu que c’est pour du tir très longue distance, c’est clairement pour tirer en profondeur dans le territoire ennemi : Par exemple un avion au dessus de Taiwan qui voit un avion au dessus du continent, c’est forcément un avion chinois.
@Olivier C. »Par exemple un avion au dessus de Taiwan qui voit un avion au dessus du continent, c’est forcément un avion chinois. » Le chemin le plus rapide vers un Blue on Blue…. Non, Olivier, on doit identifier la cible…
@ THEVENON
Fort bien.
C’est l’histoire de deux pays qui ont peur l’un de l’autre et jettent des milliards dans leurs armées respectives.
Et donc ils annoncent des nouveautés retentissantes mais contre intuitives pour l’un des deux.
Car celui qui annonce la primauté sur la furtivité passive annonce maintenant des armes aérienne capable de traverser un pays pour cibler une cible potentiellement invisible selon sa propre doctrine.
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vous pensez comme vous voulez,et je vous y encourage vivement car je ne suis pas un censeur. sinon je réagirais… ben tiens,comme vous dans votre dernière phrase.
aussi je conclurai non pas sur vos mauvaises manières, mais en renouvelant une question légitime :
cibler un furtif à plus de 300 kilomètres, comment qu’y font dans la vraie vie véritable ?
la réponse que j’attendais commence par » des moyens discrets déportés » et termine par » sinon c’est qu’un effet d’annonce ».
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au plaisir de vous recroiser, au détour d’un échange idéologique ou autre.
quasi 500 km de portée, le bouzin a intérêt à être discret, parce que ça laisse quand même du temps au gars d’en face… le réel secret est sa « no escape zone ».
Encore faut-il que le gars sache que ce missile lui arrive dessus….Le réel secret, c’est la discrétion de votre attaque… C’est vrai depuis la WW1…
Sur un appareil récent,la cible le saura.
un simple détecteur infrarouge pourra capter la belle trace de chaleur de l’enveloppe du missile. et elle sera d’autant plus brillante que l’engin aura volé vite et longtemps.
Les Indiens ont été surpris en 2025. mais la leçon a due être entendue à l’ouest.
@E-Faystos. Un simple capteur infrarouge, comment n’y ai je pas pensé. C’est tellement évident et simple.. Vu de votre clavier.. Sont vraiment cons ses Yankee. Heureusement, vous êtes là pour les sauver, ils vont vite arrêté ce programme.. Je peux leur transmettre vos coordonnées??
What the hell is this « ham » thing?
Another way of saying « you’re taking me for an idiot ».
By the way you could have looked it up.
Cela signifie : tenter de tromper quelqu’un, de lui faire croire quelque chose qui est faux.
L’expression viendrait de la phase d’enfumage du jambon, enfumer : limiter la vision de quelqu’un.
Il y a d’autres expressions : prendre pour une buse ; prendre pour un lapin de six semaines, etc.
Le Meteor est déjà dépassé.
Il est urgent de lancer sans délai le missile Comet qui doit etre réalisé avec la Grande Bretagne. Et surtout de s’en tenir à cette coopération franco-anglaise si l’on veut que sa réalisation soit la plus rapide possible. Situer le projet Comet dans un cadre européen aurait pour effet de le repousser aux calendes grecques compte tenu des pesanteurs inhérentes à ce type de coopération (temps de définition allongé, partage aberrant des tâches selon la loi du juste retour, ….)
Calme-toi… On continuera à fabriquer nos propres missiles pendant que toi tu raques pour du matériel américain pas au point.
Le météor est loin de devoir être remplacé, on parle d’u missile qui va au dela de 150km.
Ensuite les américains ne calculent pas la portée effective de leurs missiles comme on le fait.
Les americans c’est en vitesse de rapprochement, l’idée étant plus de faire « baisser la tête de l’ennemi ».
Nous on calcule comme si l’avion adverse restait exactement au même point qu’au moment de la séparation du missile.
Enfin le comète n’est pas avec les anglais, c’est purement français. Et ça sera probablement un stop gap, un nouveau missile avec les anglais est prévu après 2030.
@Wagdoox. Le Meteor est tellement une « tuerie » que Britanniques et Français en abandonnent un simple programme de modernisation à mie-vie… https://en.defence-ua.com/news/meteor_air_to_air_missile_only_entered_uk_service_in_2018_britain_already_decided_new_fase_program_replacement_better_than_mid_life_update-19019.html
Bravo le brusxellois… 😉
T’as abusé du maneken piss, avoue 🙂
https://ua.linkedin.com/in/borys-gulkevych-a9679720a
En clair: le site de notre ami est une officine de propagande russe poutinienne et le nullos le cite comme si c’était l’évangile et vous prend pour des gobeurs du 93 ou du 6ie (arrondissement de Paris).
Donc UE est:
. Une .urne brusseloise
. Une gorge pas profonde qui tapine pour putine
. Les deux à la fois (ce qui n’est pas rare dans le staff de l’UE, un hasard?)
@Momo. Site propagande russe. Il faut que vous consultez un psy… Propagande ukrainienne, c’est sûr par contre.. Bon et celui-ci, il est poutinien?? https://defence-industry.eu/uk-shifts-to-future-air-superiority-effectors-for-meteor-successor-leaving-long-range-air-to-air-missile-upgrade-off-the-table/
Et j’ai oublié ceux-ci..https://meta-defense.fr/en/2026/07/03/uk-abandons-meteor-develops-successor-with-france/ https://ukdefencejournal.org.uk/uk-axes-meteor-upgrade-in-favour-of-new-fase-missile/
Du 93 ou du 6e.
Ou, mieux encore, du 93 ou du 6ᵉ.
https://www.sophieviguiercorrectrice.com/pages/mes-orthotrucs/typographie/2e-3e-enieme.html
Très intéressant, cette histoire de différence de modalité de calcul de la portée.
Vous auriez une ou deux sources à partager ?
Intéressant?? Ridicule oui..
Déja dépassé ? Heu, comme si ça insinuais qu’a sa sortie le Meteor était « the best » : En réalité il ne faisait que proposer des performances proches du AIM120 et ses dernières versions a l’époque (100-120 km) et déja a ce moment la les chinois avaient clairement pour projet de mindfuck tout ce marché avec un engin tapant a 160 km et en fait on se rend compte que les marges de progrès laissaient clairement de la marge sur l’avenir … Donc bon le Meteor dans cet environnement je comprend meme pas qu’il soit considéré comme si performant pour son époque, en réalité le projet allait surtout dans le sens que MDBA se reposait sur des lauriers après faut garantir aussi et apporter des performances et létalité stable
Le méteor est arrivé dans un environnement ou il n’avait rien de transcendant et ou les américains vendaient déja des performances de ce genre depuis quelques temps déja ! Il faut raison garder c’est pas un dezingueur de marché mais un produit qui apportait une bonne alternative aux USA et l’AIM120
le meteor et l’AIM120D. on une portée max entre 150km et 200km (tout dépend de l’altitude et de la vitesse de largage du missile, ce qui est vrai pour l’un est vrai pour l’autre)
l’AIM120d ne garde pas sa propulsion active jusqu’à l’impact, il plane et décélère …
le météor garde son moteur actif, et adapte sa vitesse jusqu’à l’impact
la No Escape Zone du météor est environ 3x suppérieure à celle de l’AIM120D
donc : NON le méteor n’a pas proposé à sa sortie ce que les USA proposent depuis longtemps, le meteor est une nouvelle génération de missile Air-Air, et les USA comme les autres courrent apres depuis sa sortie …
le nouveau AIM424 fait mieux ? , parfait ! attendons les retours du monde reel, pour voir ce qui est de l’intox du dictateur orange, et nous verrons quelle réponse apporter …
cqfd, au lieu de raconter des conneries …
@Lecoq. »donc : NON le méteor n’a pas proposé à sa sortie ce que les USA proposent depuis longtemps, le meteor est une nouvelle génération de missile Air-Air, et les USA comme les autres courrent apres depuis sa sortie … ». C’est pourquoi l’AIM-120 est commandé par centaines , y compris par les pays constructeurs du Meteor pour armer leurs Typhoon ou Gripen….. Quant à votre NEZ 3 fois supérieure, c’est du vent.. amené du PMU ou café du commerce du coin.. wikipedia…
Les clients de l’empire achètent l’AIM 120. Ça n’a rien a voir avec ses performances. Et bizarrement plus un pays a une politique étrangère autonome et moins il achète l’AIM120….
Sur le fond le monsieur vous a expliqué que la propulsion spécifique du méteor lui procurait un avantage. Si vous n’avez pas compris, posez des questions mais évitez de reposter les mêmes messages vides d’arguments. 10 fois 0 argument, ça fait toujours 0.
« les marges de progrès laissaient clairement de la marge sur l’avenir ».
Oh ?
Mais alors, se pourrait-il que les possibilités d’amélioration laissent visiblement une possibilité dans le futur ?
Ou que les perspectives positives laissent manifestement voir une perspective pour les temps à venir ?
« Le Meteor est déjà dépassé. »
on sent que vous êtes dans la retenue ^^’
pff aucune urgence.
l urgent c est la destination parce qu en 2040… effondrement général
« parce qu en 2040… effondrement général » Vous comptez devenir le nouveau Nostradamus?
C’est pas le même compartiment : le Meteor, c’est du BVR, comme l’AIM 120. Le missile dont on parle, le Malice, c’est de la très longue portée. Et 500 bornes de portée, c’est un peu court en réalité.
Oui, et on voit hélas mal comment imiter la démarche américaine qui consistait à improviser une solution immédiate (adaptant le SM-6 en AIM-174) en attendant la sortie des AIM-260 et surtout AIM-424 qui étaient dans les tuyaux… Nous n’avons pas un catalogue aussi fourni dans lequel piocher.
En attendant ce fameux « Comet », que peut-on faire en urgence, hormis caréner un conteneur d’Aster 30 dans un bidon externe de Rafale ?
Le Meteor a déjà largement autant de versatilité que l’AIM 260 ou 174. Quand au 424, c’est une arme principalement dédiée à la destruction des AWACS adverses ou des cibles peu agiles, et qui a quand même de sacré contrainte à l’emploi: on parle quand même de missiles de presque 700 kg, c’est à dire presque aussi lourd qu’un missile de croisière.
Non, non, et non plus. La portée des 174 et 424 n’a pas d’équivalent connu (et certainement pas le Meteor).
En guerre aérienne les cibles de grande valeur sont rarement les plus agiles.
Et le 424 tient dans une soute de F-35A/C…
Et il tient donc sans doute à 4 dans un F-22, à 8 ou 12 dans un B-21, et à une bonne demie douzaine sous un F-15…
Ah, et aussi l’AIM-174, comme le SM-6, peut également frapper une cible de surface à >350km et à vitesse quasi-hypersonique…
@UnKnown. »Quand au 424, c’est une arme principalement dédiée à la destruction des AWACS adverses ou des cibles peu agiles ». Le missile est bi-etage et donc se sépare en 2… I’etage terminal n’aura aucun problème à engager des cibles agiles.. Ces dernières ne seront agiles que si elles détectent la menace suffisament tôt…
Portée largement supérieure au radar de l’avion lanceur.
Pas beaucoup inférieure à la portée pratique des Hawkeyes.
Donc cela n’a pas trop de sens.
Sauf si les US ont de nouveaux moyens de détection.
L’annulation des E7 côté USAF laisse penser qu’ils ont vraiment trouvé d’autres moyens de détection.
Une surveillance radar en continu par une constellation de satellites semble le plus plausible ?
Les US n’ont pas annulé l’E-7.. Ils l’ont relancés. « Une surveillance radar en continu par une constellation de satellites semble le plus plausible ? ». C’est un des moyens, pas le seul…
L’avenir est au combat collaboratif
Ralala.
Si vous satellisez vos capteurs, vous voyez très loin. Vraiment très loin. A la limite, à peine 500 km de portée pour un missile, c »est nul.
Et puis vous avez la mise en réseau, qui est déjà actuelle : imaginons qu’une FDA détecte une cible au maximum de sa portée, mais elle en a une vision nette. Elle communique la solution de tir à un Rafale, qui ne voit pas la cible et ne sait même pas qu’elle existe. Imaginons que le Rafale tire un Comet (Cf com Yvon, supra). Le missile ne voit pas plus sa cible que son avion lanceur. Il va se diriger vers elle via une liaison de données, qui actualise sa position en temps réel.
La liaison de données vient d’où ? Elle peut par exemple venir d’un satellite, ou d’un drone, qui relait la solution de tir fournie par la FDA, qui a détecté la cible au début de l’engagement, et qui maintient la poursuite. Imaginons que la FDA perde le contact avec la cible et qu’il s’écoule le longues minutes avant qu’un Hawkeye du CDG ne la détecte, puis la perde à nouveau, avant qu’elle ne soit définitivement accrochée par un satellite infrarouge ou radar en orbite basse.
Durant le laps de temps au cours duquel la cible n’a été poursuivie par personne, le missile Comet ne sait plus où aller. Mais si on compile toutes les données qu’on a et qu’on les refile à une IA, il devient possible de définir une trajectoire probable. Donc, on dit au missile Comet d’aller là où doit probablement se trouver la cible. Il ne la voit toujours pas, et personne ne la voit. Mais, au moment où on la chope à nouveau, on dit au missile « ok, c’est là que tu dois taper » et le missile fonce. Il parvient à portée, il enclenche ses propres capteurs, et là c’est fini.
Donc, il vous faut:
– Des capteurs embarqués et déportés
– De la mise en réseau avec de la liaison 16 ou autre, et, quelque part, une autorité qui suit l’affaire et qui donne les instructions au missile et aux hommes, qui vont faire bouger tout ça
– De l’IA, qui va prendre des options
– De la longue portée pour le missile, ce qui s’obtient par des moteurs multi-régime avec des propergols de nouvelles génération, une trajectoire balistique et des avions lanceurs qui volent vite et/ou haut, pour avoir de l’énergie potentielle au lancement, façon John Boyd, et en phase finale d’interception, d’où la trajectoire désormais balistique des missiles air-air BVR de dernière génération (la balistique, ça ne marche pas que pour les tirs sol-sol, ça marche très bien pour le air-air aussi)
Voilà le topo.
C’est pour ça que tout le monde regarde les moteurs multi-régime, ou à plusieurs étages, les nouveaux propergols, les liaisons de données, les clouds de combat avec de l’IA dedans, la satellisation des capteurs et d’une façon générale l’utilisation de leur potentiel lorsqu’ils sont déportés. Et, en dernière instance, vous avez besoin d’un avion qui vole vite et haut, parce que c’est ça qui dope le missile au lancement.
Le principe de la balistique, c’est qu’on paye au missile la moitié du voyage. La seconde partie du voyage, elle est prise en charge par la gravité, qui founit une force qui donne une composante verticale à la vitesse, en produisant une vitesse de chute qui permet de franchir une hauteur, et par l’atmosphère, qui fournit de la portance, ce qui permet de transformer cette composante verticale de la vitesse en une composante horizontale, et à ce moment-là on franchit une distance, en prenant de la vitesse. Pile poil ce qu’on veut, s’agissant d’un projectile.
Mais, pour que ça marche, faut de l’élan et le plus de hauteur possible. Donc, des jets qui vont vite et haut (c’est idiot, on n’en fait plus). Et de préférence furtifs, au passif et à l’actif dans tous le spectre EM (ça on en fait plein).
Donc, pour revenir au missile Malice, il obéit à deux grandes spécifications :
1) Précisée dans l’article de notre hôte :
«Il vole plus haut et plus loin parce que nous pouvons le faire voler à une vitesse beaucoup plus élevée au moment du largage, ce qui améliore considérablement ses performances. […] Nous n’avons pas modifié la propulsion. Nous avons simplement modifié son mode de vol pour les tirs à longue distance, afin qu’il ait plus d’énergie cinétique lorsqu’il atteint sa cible»
On n’a plus les jets qui volent vite et haut, donc le missile doit pouvoir le faire par lui-même. Ici, l’astuce ne consiste pas à doper la propulsion, mais à travailler le plan de vol et, vraisemblabmement, à larguer et des deux étages, sinon les deux, en cours de route.
2) Précisée dans l’article wiki en anglais:
« According to Aviation Week, the AIM-424 concept may have been under lengthy development under the Long-Range Engagement Weapon (LREW) special access program. First disclosed in 2017, LREW was a USAF-driven requirement for a two-stage air-to-air missile that could be carried in the internal weapons bay of a stealth fighter (F-35 or F-22), a similar use case to AIM-424 ».
Bon, c’est idiot de le dire, mais on oublie toujours de la préciser en France, où on n’a pas de culture de la furtivité, mais la furtivité, c’est vitale. Si vous voulez jouer dans la cour des grands, vous êtes furtifs. Si vous voulez continuer à vous prendre pour les maîtres du monde alors que vous êtes en déclin, jouez à être le Français du groupe, mais habituez-vous à passer pour un con et à ne pas gagner les guerres.
Nota : la très longue portée, les Amerloques y réfléchissent depuis des dizaines d’années. En France, le sujet vient de sugir dans nos esprits depuis 10 minutes. On n’a pas du tout la même antériorité sur le sujet des deux côtés de l’Atlantique.
Ca se voit déjà dans les coms. On sent bien que la TLP déclenche, comme tout ce qui interloque, un scepticisme moqueur, voire arrogant. Nan, nan, les gars. L’arrogance sereine du Français prétentieux n’est plus de mise : tout porte désormais à croire que le Rafale indien s’est fait shouter par un PL-15 à 200 bornes de distance. Et on n’est pas dans la TLP, juste dans le BVR. Donc, maintenant, on regarde le truc sérieusement et pas comme des bourins chauvinistes et ultra-conservateurs.
(je dis pas que c’est ce que vous faites, hein, c’est juste une tonalité générale des commentaires sur ce blog)
@Tschok Ralala, Bonjour,
D’accord avec votre juste analyse relative au Malice.
Cependant pas d’accord en ce qui concerne vos propos relatifs à la furtivité. La furtivité n’est pas « vitale » ; ce n’est pas un problème de « culture » et il ne vient pas de « surgir dans nos esprits depuis 10 minutes ». Mais vu la tonalité de vos propos, loin de moi l’espoir de vous convaincre ; je vous invite plutôt à vous référer à des magazines comme celui des ingénieurs de l’armement…
https://www.caia.net/global/gene/link.php?doc_id=840&fg=1
Voir page 29 un article très intéressant sur le NEUROn et sa furtivité.
Extrait : Avec le nEUROn, six États européens ont réussi la performance de faire voler un démonstrateur d’UCAV furtif juste après les Etats-Unis et pour un coût très nettement inférieur (L’article est de 2021, pas depuis 10 mn…).
Vous pouvez aussi faire des recherches d’articles : https://www.caia.net/revue-auteurs-rubriques-numeros/articles
Enfin, pas d’accord en ce qui concerne vos allégations concernant le Rafale qui s’est fait ou se serait descendre lors de Sindoor. On n’en sait RIEN ! Alors ne participez pas à cette Campagne de désinformation, même si cela vous permet de tenter de justifier vos considérations…
Bien cordialement, RDS.
@Roland DESPARTE. « juste après les Etats-Unis et pour un coût très nettement inférieur (L’article est de 2021, pas depuis 10 mn…). » Vous parlez du X-47.. Mais il y eu le X-45, 10 ans avant…
@Roland,
1) Sur la furtivité et son acceptation par la culture française
Je serais ravi que la France devienne un pays pionnier et de référence en la matière, mais, force est de constater que ce n’est pas le cas. Lutte ASM, on est très bon, radar, on est très bon, électro-optique, on est très bon, etc. Mais drone, on est nul, et furtivité, on est des gros nazes.
Et ça ne risque pas de s’arranger, parce qu’un plus on est des gros prétentieux : on est dans le déni.
N’abandonnez pas pour autant l’espoir de me convaincre que j’ai tort, moi même je l’ai encore.
Sinon, sur ma position à propos de la furtivité : c’est vital, et c’est un problème de culture. Nous sommes effectivement en opposition vous et moi. Cette opposition est frontale. Néanmoins, je reste à votre disposition, non pas parce que je serais bourré de certitudes sur le sujet, mais au contraire parce que je n’en ai aucune.
2) Rafale shooté à 200 bornes par un PL 15 chinois
Ok, très bien, dans l’absolu ça reste douteux. On peut se la jouer comme ça et continuer comme si de rien n’était.
Il faut que vous compreniez bien ma position :
– Humilier des vieux cons prétentieux qui se prennent pour les maitres du monde, alors qu’ils sont complètement dépassés, ça m’amuse 5 minutes, mais dans le fond, je m’en bats les couilles
– Comprendre ce qui s’est déjà passé, ou ce qui va se passer est bien plus important: vrai ou faux, un Rafale shooté à 200 bornes par un PL-15, c’est possible ou pas ?
C’est possible.
Donc, vrai ou faux, on s’y prépare.
Enculer des vieux cons prétentieux, c’est pas mon pied. Mais que des vieux cons prétentieux nous gouvernent tous et nous précipitent vers la défaite, une fois de plus, non. Et à ce moment là, faut enculer du vieux con. Faut pas hésiter, c’est une question de survie du groupe.
Dsl si vous vous sentez visé. Perso, je trouve qu’il n’y a pas de raison, vous faites partie des rares esprits ouverts, méticuleux, précautionneux et déterminés qui commentent sur ce blog. Vous êtes apte à affronter les questions dérangeantes, disruptives ou novatrices.
Et faut pas avoir peur d’enculer du vieux con. S’il faut le faire, on le fera. Ils ont eu leur temps. A nous de jouer, maintenant.
La furtivité, c’est vital.
La furtivité est vitale.
Un satellite qui relaie la position.
Mais tout est en réseau aujourd’hui, l’avion lanceur tirera sur une cible identifiée par n’importe quelle unité amie, terrestre ou spatiale par exemple
Quelles sont les cibles détectables et désignables pour un tir à 460km ?
Quels appareils ont cette capacité de détection ?
J’imagine que la mise en réseau permettra a un tel appareil d’indiquer à un porteur « furtif » plus proche de l cible de viser et larguer le missile.
Quid de la perte de contact durant le transit ?
Mach 5 ~= 1500m/s à une altitude de 10 000 à 30 000, donc il faudrait au missile 5mn pour atteindre sa cible si le contact n’a pas été perdu. Cela me parait faisable mais hautement hypothétique.
C’est un missile qui ira taper les avions non manœuvrant, awacks, ravitailleurs…
Il aura aussi la tâche de faire décrocher les avions adverses qui le verront arriver, logiquement ils prendront un vecteur qui les éloigneront et devront plonger pour reprendre la vitesse. Ca permet à la salve suivante de les cueillir plus facilement.
Ça rappelle forcément le phénix.
AWACS
Airborne Warning And Control System.
Fusion des données.
Un AWACS ennemi émet un signal radar ; les capteurs ESM/ELINT embarqués à bord des chasseurs et drones américains, etc., confirment que sa trace radar correspond à un ennemi.
Cela est parfaitement logique et était attendu : il faut absolument pouvoir engager et détruire les multiplicateurs de forces ennemis (avions radar, ravitailleurs) ainsi que les bombardiers, sitôt détectés et avant qu’ils ne puissent tirer leurs propres munitions.
Il y a aussi les cibles d’opportunité : chasseurs, avions de patrouille maritime, drones… bref, « disloquer » le dispositif adverse.
Pour cela la détection des cibles est essentielle : radars aeroportés, plateformes furtives envoyées très en avant, forces spéciales, submersibles, satellites, etc.
Quant à ce missile en lui-même, il confirme la prévoyance des USA puisqu’ils ont avancé sur tous les fronts : version aeroportée de l’excellent SM-6 (dont la portée dépasse probablement les 260km avancés ici), AIM-260 pour succéder à l’Amraam, et désormais le résultat de ces études de fameux missile biétage modulaire qui font parler ici et là depuis une décennie…
Bien joué, et bon boulot les gars.
Bon, et sinon, au pays des rêves du « picro-modèle-d-armée-complet », il se passe quoi en matière de munitions ?
Un peu comme si chaque chasseur pouvait partir à chaque sortie avec quelque chose au moins égal au AIM-54 Phoenix…
@R2D2. Si ce n’était que cela l’AIM-120D actuel suffit…
Guidage par satellite en temps réel, ce qui implique derrière, par déduction, beaucoup de capacités.
Bientôt, si c n’est déjà fait, application aux feux dans la profondeur pour l’artillerie sol sol, avec les munitions intelligentes, sans oublier les drones.
Tout est affaire de transmission de données… la revanche de la 7ème compagnie, qui joue désormais dans la guerre des étoiles… c’est parce que le chef nage bien et que Tassin sait se servir du FM 24-29, voilà.
le concept d’un engin de cette portée est dépendant d’une désignation à tres longue portée. il me semble me souvenir avoir entendu évoquer des histoires de détection par satellite en temps réel. on pourrait aussi imaginer des drones furtifs qui partent devant et tant pis s’ils se font repérer quand ils désignent une cible. il ne faut pas oublier que les américains sont probablement capables d’une reconnaissance globale à très grande échelle (de la planète ?) , et en temps réel
460 km : aucun problème d’identification de la cible à cette distance, équivalente à Paris – Lyon !!!
En fait, il suffit que l’ennemi indique clairement par un signal « je suis votre ennemi, et j’attends l’arrivée de votre missile » … A quand les missiles air – air d’une portée de 3 000 km ?
Ben théoriquement avec les liaisons de données de la modernitude de ce siècle, rien n’interdirait à un Rafale orbitant au dessus de Perpignan de tirer un tel missile vers un avion détecté et suivi par un Atl2 au large de l’Ecosse…
Un peu cher certes, mais ça marchera. Et puis déjà qu’il y en a qui ont du mal à suivre, si on commence en plus à leur parler de Mica d’autodéfense sur des Patmar… 😀
Pardon j’ai écrit Atl2 mais je pensais SNA.
“Renforcer la défense de la flotte”, donc à priori un de ces usages principaux est la protection d’un GAN. Sachant que:
– les radars Seafire de nos FDI peuvent détecter à 500km de distance
– que les américains ont la même chose
– qu’il y a des aéronefs de guets ou drones de guet “en avant” de la flotte
– qu”en temps de guerre, ce qui approche un GAN est par définition une menace (surtout aérien), donc que la détection enclenche la chaine de réaction, l’identification/classification arrivant “en cours de route”
On peut se dire que ce missile est fait pour pouvoir neutraliser une menace air à une distance de 250/300km en étant guidé par un radar tiers. Cela serait un “progrès” significatif par rapport aux Patriot ou Aster (plutôt 100 à 150km) en agrandissant la bulle d’auto-protection/déni d’accès d’un GAN.
« On peut se dire que ce missile est fait pour pouvoir neutraliser une menace air à une distance de 250/300km en étant guidé par un radar tiers. Cela serait un “progrès” significatif par rapport aux Patriot ou Aster (plutôt 100 à 150km) en agrandissant la bulle d’auto-protection/déni d’accès d’un GAN. ». Vous semblez oublier que l’US Navy met déjà en œuvre un missile, le SM-6, d’une portée de plus de 350km depuis ses destroyers.. Quant à ce missile AA AIM-424, ce sont des objectifs aériens à plus de 450km qui sont visées pas 200-300…
C’est la navy qui parle de renforcer l’auto-protection de sa flotte avec ce missile, pas moi. Donc il vient en complément des SM-6. Pour la distance effective de neutralisation, comme expliqué dans mon propos, j’ai pris en compte une détection initiale à 500km (en me basant sur les radars Seafire des FDI), donc entre la détection initiale ( et détecter à 500km, ne veut pas dire que la menance est “classifiable” à 500km) et la mise en oeuvre, il me semble pas stupide de considérer que l’interception effective sera autour de 300km. En prenant un Rafale à pleine balle (mach 1,8), les 200km sont parcourus en 6min, et un décollage en alpha scramble c’est 5 à 7 min. Il me semble que mes calculs se tiennent pour une interception dans un contexte de protection d’un GAN. Dans le cas d’un avion de guets aériens en avant de la flotte, ces délais peuvent être raccourcis et l’interception plus “lointaine”.
les US auraient commandés à space X une constellation de satellites de détection optiques? en claire avoir la capacité en continue de suivre n’importe quoi et donc des avions?
si vous connectés ces missiles au réseau starlink l’histoire est faite et cela remet en cause la conception l’utilisation de la chasse aérienne
@Penandreff. oui il s’agit du point essentiel : la redéfinition de l’utilisation des chasseurs pilotés. En effet la géographie d’une utilisation utile est redessinée. Autant la chasse pilotée restera pertinente au-dessus de grands espaces, comme l’océan Pacifique, autant son utilisation au sein d’espaces contestés de dimensions réduites devient problématique. Par exemple l’emploi de chasseurs pilotés au dessus de la Méditerranée va devenir très compliqué. Les missiles air air, sol air, sol sol vont devenir prédominants. l’utilisation de s avions de combat pilotés va être réservée a des missions de temps de paix de guerre asymétrique , ou des missions marginales très spécifiques. cela conduit a s’interroger sur les priorités budgétaires en matière de projets: avion de combat piloté, missiles très longue portée, avion spatial, drone de combat, porte- avions. ce serait bien de sortir des sentiers battus et d’engager une réflexion de fonds débarrassée de dogmatisme.
C’est quand il est question d’argent, de finances ou de patrimoine que le fonds s’écrit toujours avec un S, même au singulier.
Un fonds d’épargne.
Ce fonds de commerce.
Le fonds du musée.
Mais quand il s’agit du fond de la piscine, du tonneau, du tiroir, du trou, de l’air, de la pensée, etc., le fond ne s’écrit avec un S qu’au pluriel.
Une réflexion de fond.
Toucher le fond.
Une question de fond.
Ainsi, une question de fond peut aussi être une question de fonds, il faut parfois toucher le fond pour pouvoir toucher le fonds, de l’argent de poche peut être envisagé comme un fonds au fond de la poche et un trésor englouti comme un fonds au fond de la mer.
En clair.
« En Claire », c’est un sujet trop intime.
Ça dépend de quelle Claire.
J’en ai connu une qui racontait sans vergogne mes activités dans son intérieur.
C’est quoi, « une charge à fragmentation continue » ?
Une charge qui projette ses éclats radialement, en anneau continu, afin de maximiser les dégâts à proximité de la cible.
A mon avis, le “malicieux“ AIM-424, soulignent surtout deux tendances. Tout d’abord l’ambition de RTX de proposer un nouvel outil de suprématie à coût élevé pour accroître son emprise industrielle et les profits en rapport, mais aussi la volonté de l’Administration Trump de dissuader les ennemis de l’Amérique en affichant les nouvelles redoutables capacités de sa flotte aérienne de combat : « first look, first shot, first kill »…
Mais cela illustre aussi parfaitement la difficile équation à résoudre pour notre pays désargenté, que doit-on prioriser ?
Le concept de cette onéreuse arme de supériorité est en effet tout à fait à l’opposé des drones low-cost longue distance type Shahed-136/Geran-2, Flamingo (~500-2 000-3 000 km). Même si le Malice conserve indéniablement des avantages en vitesse, charge utile, précision et survivabilité face aux défenses adverses, sur le plan économique [20 000 – 600 000 $ VS plusieurs millions $] cette nouvelle évolution risque d’amplifier encore le triste constat d’une certaine “usure économique“ face à un adversaire déterminé à faire durer (guerre d’usure prolongée). Ainsi, un attaquant peut lancer 20 à 50 drones longue portée (ou plus) pour le prix d’un ou deux missiles haut de gamme… Et côté production, des adversaires comme l’Iran, la Russie, et même l’Ukraine, ont démontré une réelle capacité de production de masse et de saturation, de plusieurs centaines à milliers de drones par mois, alors que dans notre camp la production de missiles sophistiqués plafonne à quelques dizaines ou centaines par an… En conclusion, même si je me doute que la destinée de ces missiles air-air est de ne frapper que des menaces jugées hautement dangereuses [chasseurs et bombardiers porteurs de missiles longue portée, drones armés,… avant qu’elles ne puissent menacer en particulier les porte-avions…], stratégiquement ne tomberions-nous pas dans la grande faiblesse des armées modernes : le déséquilibre asymétrique extrême (ratio 50:1 à 100:1 ou plus) et donc la capacité à durer ?
Même si en air-air le développement en cours du missile MBDA Comet [attendu à l’horizon 2030 ; portée attendue >350km ] permettra certainement de prendre le relai efficace du Meteor [portée ~160/200km+ (*)] face au missiles air-air rivaux [Dont (*): Chinois = PL-15 ~150/200km, PL-17 ~300km, futur PL-21 ~400km, Russe = R-77M ~150/200km, R-37M/KS-172/ K-100/R-172= ~300/350km+], nos armées semblent plutôt prioriser pour notre BITD des choix financiers et technologiques différents, en particulier celui de la frappe air-sol longue distance, par des missiles de croisière hypersoniques à statoréacteur par combustion supersonique (scramjet) comme l’ASN4G (vecteur nucléaire), ou par HGV (Hypersonic Glide Vehicle) tel le V-MAX (Véhicule Manœuvrant eXpérimental). Développés par MBDA, ArianeGroup et l’ONERA, ces missiles et planeurs militaires armés, s’ils démontrent un rare et réel savoir-faire, sont malgré tout également très onéreux. Ils présentent cependant l’avantage d’être quasiment non limités en distance, manœuvrables presque à souhait, collaboratifs à certains stades, imprévisibles, pouvant pour certains explorer rapidement une zone [ce que ne peut pas faire un missile], et pour le V-MAX -en association avec le futur missile balistique de théâtre européen [projet ELSA = European Long-Range Strike Approach = MBDA + SAAB]- d’être capable d’effectuer des frappes conventionnelles précises en profondeur (>2 500 km). Néanmoins, ces priorisations compréhensibles sont également à l’opposé des drones low-cost longue distance [De surcroît capables de faire du “loitering“ (attendre, observer, frapper au moment opportun)]. De ce fait, cela risque de nous plonger également dans l’obligation de négliger certains domaines, et surtout l’incapacité actuelle de soutenir un conflit de longue durée.
(*) : La portée des missiles dépend de l’altitude de lancement et de plusieurs autres facteurs environnementaux. La détection/identification/prise en charge de la cible n’est pas réalisée uniquement par le vecteur lanceur du missile ; dans la « no escape zone » (NEZ) le missile se guide souvent tout seul (60 derniers km pour le Meteor) grâce à son autodirecteur radar actif (active radar homing)…
@Roland DESPARTES. »le missile se guide souvent tout seul (60 derniers km pour le Meteor) grâce à son autodirecteur radar actif (active radar homing)… » Pour l’activation du radar, c’est plus une question de durée de vol jusqu’à l’impact qu’une question de distance.. Il s’agit de réduire le temps de réaction de l’avion adverse… Le radar ne s’activera pas à la même distance dans un engagement frontal avec très grande vitesse de « collision » que sur un engagement en poursuite…
Bonjour Philippe,
Effectivement, mais mes posts sont déjà très (trop ?) longs et je ne peux pas tout détailler…
Puisque vous m’y pousser je vais être plus précis.
Le NEZ (ou LA NEZ pour certains, ou ZIA en anglais) d’environ 60 km est la bulle dans laquelle la cible a très peu de chances d’échapper au contact, en particulier grâce à l’énergie résiduelle du ramjet (statoréacteur) qui accélère la vitesse en fin de trajectoire [comme semble-t-il le nouveau missile US] PUIS l’activation du seeker (la tête chercheuse) lorsque le missile estime être assez proche (portée d’acquisition) pour verrouiller la cible avec une bonne probabilité. Le/la NEZ n’est donc pas la distance d’activation du radar.
Pour imager, le Meteor utilise un guidage en trois phases :
1 = Phase de lancement à mi-parcours ; détection/identification/ciblage et navigation inertielle (INS) + mises à jour via datalink bidirectionnel depuis l’avion tireur ou des tiers via le réseau [Le missile reçoit des corrections de position/vitesse de la cible et peut être redirigé]. A ce stade, le missile vole 0 ENVIRON 4000-5000 km/h vers le point d’interception prédit sans émettre avec son radar actif [Radar actif qui peut trahir sa présence et consomme beaucoup d’électricité ; il ne peut donc pas “tourner“ pendant tout le vol longue distance].
2 = Phase transitoire ; l’ordinateur de bord du missile estime en continu la distance restante (range-to-go) à partir du calcul permanent de sa propre position (INS), de la dernière position/vitesse connues de la cible et fonction des mises à jour par datalink.
3 = Phase terminale ; quand le missile entre dans la plage d’acquisition du seeker, le radar actif s’allume, “scanne“ les éléments autour du point prédit, détermine et acquiert la cible, passe en mode « pitbull », et intercepte la cible, soit directement par percussion ou indirectement par blast [Le Meteor dispose d’une double fusée de proximité (RF proximity fuze) fournie par Saab ; elle détecte la cible et calcule le moment optimal de détonation pour maximiser l’effet létal ; soit à l’impact (contact) soit par blast-fragmentation (effet de souffle + fragmentation) grâce à une charge produite par TDW (Allemagne). Le Rayon létal est classifié.
En cas de poursuite en dogfight (combat aérien rapproché), fonction de la distance, ces trois phases peuvent être initiées en même temps.
0 ENVIRON = à environ, désolé.
@Roland DESPARTE. » A mon avis, le “malicieux“ AIM-424, soulignent surtout deux tendances. Tout d’abord l’ambition de RTX de proposer un nouvel outil de suprématie à coût élevé pour accroître son emprise industrielle et les profits en rapport ».. L’ambition première est de répondre à un besoin clairement exprimé par les Etats majors US.. De plus Raytheon n’est pas le seul missilier US. Ensuite, ce missile ne sera certainement pas produit en aussi grande série que l’AIM-120.. Sur le plan financier, ce dernier continuera à rapporter bien plus d’argent…
On est d’accord.
Le « malicieux“ AIM-424 souligne.
Malice = malignité. Le nom annonce sans masque l’esprit qui préside aux actions des États-Unis.
Ici, c’est un missile pour faire aux autres ce qu’ils font à l’Iran. Les technologies à mettre en œuvre sont multiples et chaque acteur va miner autant de dollars que possible dans le great big beatiful budget, et le résultat final sera un léviathan inutilisable dans le genre F-35. C’est ce type de corruption, entre autres, qui rend les guerres ingagnables.
Et pendant ce temps, les chinois déploient déjà le PL-17 sur J-16, le PL-15 sur J-20 appuyés par des AWACS nouvelle génération, renseignés par des réseaux de satellites optiques (et infrarouges) et radars.
Les Russes connaissent la musique, puisqu’ils ont initié la procédure depuis le MiG-31 (4 suffisaient à contrôler un million de kilomètres carrés). Les avions ukrainiens sont abattus au RVV-BD-M sans que ces derniers se doutent qu’ils sont ciblés.
Et puis, il y a aussi les capacités industrielles. La fabrication du PL-15 est robotisée, et une partie de celle du J-20 est en dark factory (sans lumières allumées la nuit car fabrication totalement sans humains). Le KS-172 russe sort maintenant en série.
La solution est de quitter l’OTAN et de rester à l’écart des conflits pour prospérer
Oh ! la vache, le lâche !… et ses lubies americano-déclinistes.
Da, tovaritch Rakotomangov, continue comme ça, tu vas finir par les persuader.
@rakotomanga,
Rester ou pas dans l’OTAN est une question essentiellement politique, qui aura des répercussions sur le commandement des forces en cas de conflit mais aussi sur certains crédits alloués pour le développement conjoint de nouvelles armes et technologies… C’est donc un problème complexe sur lequel personnellement je ne me prononce pas. Par contre, ce qui est certain, c’est que l’OTAN est la première alliance militaire au monde et ses moyens dépassent largement ceux de n’importe quel autre État ou coalition. Ce qui est également certain, c’est que la Russie a intérêt à nous faire quitter l’OTAN. Je vous laisse réfléchir…
Juste le début d’une nouvelle gamme de missiles à longue portée, grâce à la communication des cibles par réseau, il n’est pas dit pour autant que le missile puisse communiquer en permanence car il va générer un blocage d’ondes, il pourrait faire varier sa vitesse et ralentir régulièrement pour obtenir une mise à jour de la position de sa cible avant de re-accélérer.
Ensuite, dans une guerre majeure, avec brouillage intensif, leurres, antimissiles, et rapidité de déplacement, il n’est pas du tout certain d’avoir les informations pertinentes, donc que ce missile soit si utile, sa probabilité de coup au but pourrait très vite décroitre et le rendre trop coûteux.
Je pencherais donc plutôt pour usage défensif de ce missile, contre des cibles aériennes en territoire allié, par exemple contre des bombardiers qui traverseraient l’océan ou le pôle.
Sinon, pour l’offensif, je pense que des drones porteurs de missiles classiques seraient suffisant, des drones pouvant être éjectés d’un autre drone à plus longue portée, sous marin, par exemple.
A terme, des missiles à capacité spatiale seront inévitables, je ne parle pas de missiles balistiques, mais de missiles lancés par des avions à haute altitude, et pointés vers des satellites ou d’autres corps.
Les réflexions de tactique d’emploi effectuées plus haut démontrent bien que le problème de la précocité, de la portée, de l’IFF, de la définition d’une solution de tir à de telles portées ne relève plus DU TOUT des AWACS ou des radars embarqués. EN PLUS, de par les altitudes probables de raids attaquants, à moins de 150 pieds, les radars SPY-6 et 7 des destroyers risquent aussi d’être à la peine. Ne reste donc effectivement que 2 solutions : les radars trans-horizon, peu nombreux et, surtout, le segment CRUCIAL qui va accompagner l’introduction de ces MALICE et des AIM-174 : le futur système US de détection satellitaire en réseau : SB-AMTI (Space Based Aircraft Moving Target Indicator), confié à Space X, rocket Lab et STR, prévu pour un début de déploiement en 2028, concomitant donc avec l’arrivée progressive des MALICE. Ce réseau de satellites devrait être massivement piloté par IA et comms hautement cryptées et s’appuyer sur des senseurs IR bi-bande à détecteur CCD mosaïque sous télescope, spécifiquement adaptés aux longueurs d’onde typiques des spectres de corps noir à la température d’éjection des gaz des turboréacteurs militaires, avec et sans PC.
Bonsoir ONERESQUE.
Encore exact, avec encore une nuance concernant les radars transhorizon qui ne sont qu’un complément renforçant la détection des autres radars. Ce sont des radars d’alerte et de veille lointaine (plusieurs milliers de km) qui annihilent partiellement la courbure de la terre, soit par onde de ciel (Skywave OTH, réflexion sur l’ionosphère, comme le Nostradamus français) et/ou onde de sol (surface de la mer ou du sol) ; ils ne contribuent pas au guidage/ciblage mais peuvent aider à la détection d’on OVNI (pas dans le sens soucoupe volante !). OK pour le SB-AMTI dont on attend les premiers tests. Bien cordialement,
Oui – pour la faire courte, la vraie portée à regarder est celle du ciblage.
C’est elle qui va définir en premier lieu l’allonge d’une frappe.
Les moyens spatiaux augmentant la portée du ciblage, les USA avaient même imaginé un temps pouvoir se passer des nouveaux AWACS E7 – puis se sont ravisés.
Tout cela est une portée théorique maximale dans un environnement non saturé par des brouillages électroniques puissants qui réduisent sévèrement la précision avec des transmissions de datas hautement perturbées aux missiles. Comme les ATACMS devenus complètement inefficaces avec des brouillages classiques… Les Russes et Chinois ont déjà testé avec succès des brouillages des bandes X et autres fréquences utilisées par les satellites utilisées par les liaisons 16. Donc je demande à voir l’efficacité réelle de ce missile pour toucher une cible mouvante à 250m/s en conditions réelles avec brouillage de guerre électronique lourd sur toutes les bandes. Pour taper des avions d’armées sous équipées OK comme Cuba ou Corée du Nord, mais du Russe ou du Chinois énervé qui a décidé de vous envoyer la sauce … Le marketing des boites d’armements US ne vous présente évidemment que le bon coté du produit contre une armée du tiers monde mais la surprise est grande de voir les perfs réelles avec de vrais adversaires compétents … Et ils ne vont pas accrocher une fibre optique blindée de 500 bornes à leur pétard volant et manouvrant à mach 4/5…
C’est ça.. les Yankee sont de vrais buses qui ne testent leurs missiles que dans des environnements vides de toutes émissions électromagnétiques etc et blablabla.
Et la réponse est oui ! Les perfs annoncées sont optimales sans tests réels face aux dernières techniques de brouillages Chinoises et Russes de radars et de liaisons sat !
Bonsoir kaz,
Si je peux me permettre, la tech russe est à la ramasse depuis la perte des ingénieurs ukrainiens dans leurs bureaux d’études… Et tant pour les russes que les chinois, on demande à voir, car comme les US ils font beaucoup de com sans se rendre un tant soit peu maitre du ciel (cf. Ukraine, Iran). Cordialement,
Puisqu on est dans le sujet des missiles air air, quelqu un sait si les M2000 et les F16 pourraient facilement embarquer le Meteor en Ukraine et si le missile pourrait être guidé depuis le sol avec détection et acquisition de la cible au sol également? Les Grippen n arriveront pas avant 2027 et en attendant les bombardiers russes balancent leurs bombes planantes impunément.