La nouvelle force aérienne syrienne a remis en état au moins deux avions d’attaque Su-22 «Fitter»

En décembre 2024, alors que le régime de Bachar el-Assad venait de s’effondrer à l’issue d’une offensive fulgurante lancée par l’organisation jihadiste Hayat Tahrir al-Cham [HTS], alliée à des groupes rebelles soutenus par la Turquie, des frappes israéliennes anéantirent ce qu’il restait de la force aérienne arabe syrienne. Soit quelques avions de combat Su-22 «Fitter», MiG-21 «Fishbed», MiG-23 «Flogger» et L-39 ainsi que différents modèles d’hélicoptères, dont des SA342 Gazelle. Du moins le pensait-on.
À peine installé, le nouveau pouvoir syrien, incarné par Ahmed el-Charaa, entreprit de restaurer une aviation militaire en remettant en état les aéronefs qui pouvaient l’être. Et cela avec le concours d’anciens pilotes et techniciens de l’ex-force aérienne arabe syrienne ainsi que celui de la Turquie [et probablement avec l’aide d’autres acteurs, ne serait-ce que pour l’approvisionnement en pièces détachées].
Diffusées au début de l’année 2025 via les médias sociaux, des vidéos suggérèrent que des hélicoptères Gazelle, Ka-27 et Mi-17 étaient de nouveau opérationnels. En mars, lors de l’insurrection lancée par des fidèles de l’ancien régime et des massacres de civils [principalement alaouites] qui suivirent, au moins un Mi-24 fut aperçu [et filmé] au moment où il tirait des roquettes sur des cibles non identifiées.
Le mois suivant, plusieurs bases, dont celles de Tiyas [ou T4] et de Hama, furent à nouveau visées par des frappes israéliennes. Dans le même temps, Damas et Ankara négociaient un accord de coopération, lequel fut finalement signé en août. Dans le cadre de ce dernier, vingt-et-un «cadets» des forces aériennes syriennes furent admis à suivre une formation de pilote en Turquie.
Les informations sur les aéronefs mis en œuvre par la force aérienne syrienne sont parcellaires. Lors de la parade militaire organisée à Damas pour célébrer le premier anniversaire du nouveau régime, trois hélicoptères, à savoir un Mi-17 et deux Gazelle, furent aperçus. Le mois dernier, à l’occasion d’une cérémonie à la base aérienne de Kuweires, située à 40 km d’Alep et rebaptisée «Khalid ibn al-Walid», deux avions d’attaque légers [servant aussi à la formation] L-39 non armés et deux Mil-Mi 24 furent présentés.
This morning, for the first time since the fall of Bashar al-Assad, two Syrian Air Force (SyAF) Su-22M3/M4 fighter-bombers flew over northern Syria, including Idlib Governorate.
Apart from the L-39 trainer/light-attack aircraft, these are the first armed fixed-wing aircraft to… pic.twitter.com/XXqHZOxx6B
— OSINTWarfare (@OSINTWarfare) August 10, 2026
Depuis, au moins deux autres appareils ont été remis en état de vol. Le 10 août, une vidéo montrant deux Su-22 Fitter en train de survoler le nord de la Syrie, dont la province d’Idleb, a été publiée via les réseaux sociaux. A priori, ces appareils sont les premiers avions de combat armés opérationnels du nouveau régime syrien. Mais peut-être faudra-t-il bientôt en parler déjà au passé car Israël maintient la Syrie sous pression.
En effet, ce 18 août, la piste et des hangars de la base aérienne d’Abou al-Douhour, située dans le nord-ouest de la Syrie, à environ 27 km de Saraqeb, ont été visés par un raid israélien.
Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme [OSDH], basé au Royaume-Uni, ces frappes ont été réalisées après la visite d’une délégation militaire turque à cette base, dans le cadre des «efforts en cours pour la remettre en service».
We are deeply concerned that the confirmed Israeli airstrikes on Abu al-Duhur Airbase constitute an unnecessary escalation that does not advance regional stability.
The Al-Sharra government has neither adopted a predatory posture nor maintained proxy forces. It has, in fact,…
— Ambassador Tom Barrack (@USAMBTurkiye) August 18, 2026
Évidemment, Damas a condamné ce raid israélien en dénonçant, «dans les termes les plus forts, un acte d’agression injustifiée». Mais les États-Unis, par la voix de Tom Barrack, leur représentant en Syrie qui est aussi leur ambassadeur en Turquie, a parlé d’une «escalade inutile qui ne favorise en rien la stabilité régionale».




