L’Indian Air Force a émis une demande d’informations pour acquérir 150 nouveaux avions d’entraînement

En 2004, à l’issue de longues négociations avec BAE Systems, le ministère indien de la Défense commanda un premier lot de soixante-six avions d’entraînement Hawk Mk132 pour le compte de l’Indian Air Force. La livraison des vingt-quatre premiers, construits au Royaume-Uni, commença en novembre 2007. Quant aux quarante-deux autres appareils, ils devaient être assemblés, sous licence, par Hindustan Aeronautics Limited [HAL]. Puis, en 2010, une commande pour cinquante-sept exemplaires de plus [dont dix-sept pour l’Indian Navy] fut notifiée aux industriels concernés.

Bien que ces Hawk Mk132 soient relativement récents et alors que, en 2011, un contrat avait été attribué à GE Aviation pour assurer leur maintien en condition opérationnelle pendant trente ans, l’Indian Air Force envisage déjà de les remplacer. C’est en effet ce qui ressort d’une demande d’informations [RFI – Request For Informations] qu’elle vient d’émettre en vue de se procurer jusqu’à 150 nouveaux «avions d’entraînement de niveau III [F].»

Parmi les exigences qu’elle a mises en avant, l’IAF veut disposer d’appareils dotés de commandes de vol électriques, de sièges éjectables dits «zéro-zéro» [lesquels permettent une éjection à altitude et vitesse nulles], d’un cockpit numérique, d’une «avionique virtuelle embarquée» et de systèmes de guerre électronique. En outre, ils devront être compatibles avec le système de navigation par satellite indien NavIC.

Ces avions d’entraînement de niveau III seront utilisés pour la transition opérationnelle des élèves pilotes de l’IAF, soit la dernière étape de leur cursus avant de rejoindre un escadron de «première ligne» et de prendre les commandes d’un Rafale, d’un Tejas ou, à terme, d’un AMCA [Advanced Medium Combat Aircraft], a résumé le quotidien Times of India.
Et d’ajouter : «Ce projet d’acquisition vise à moderniser le système de formation des pilotes, en comblant le fossé opérationnel important entre les avions d’entraînement turbopropulseurs de base et les avions de combat haute performance de 4,5 et 5e génération.»

La procédure que vient de lancer l’IAF doit permettre de recueillir des informations sur les capacités des fournisseurs potentiels afin de préparer un appel d’offres. Évidemment, celui-ci devra s’inscrire dans le cadre de la politique «Make in India» et dans celui de l’initiative «Aatmani Bhar Bharat» [«Inde autosuffisante»].

À noter que la Royal Air Force [RAF] a récemment émis un appel d’offres pour remplacer ses BAE Hawk T1/T2, pour des raisons presque similaires. Mais la liste des prétendants possibles à la procédure initiée par l’Indian Air Force sera vraisemblablement plus étoffée puisque, outre le T-7 RedHawk de Boeing/Saab, le M346 de Leonardo et le T-50 Golden Eagle de Korea Aerospace Industries, il est question du HLFT-42 développé par HAL [photo ci-dessus] et du Yak-130 du russe Yakovlev.

Photo : Gouvernement indien – GODL-India

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32 contributions

  1. Rogger dit :

    bien ils y a des des modelles interresants en Turquie , en Autriche , et en italie …
    bien sur . un transfere de tecnologie sera surmenr demander…Devellopper et s’equiper d’un avion d’entrainement moderne est un imperative strategique …

    • Marsupial dit :

      @Roggee. Ah, l’Autriche produit des jets d’entraînement ?? Quant à la Turquie comme fournisseur de l’Inde, comment dire ?? « Devellopper et s’equiper d’un avion d’entrainement moderne est un imperative strategique … ». Stratégique !!??? Comique….

  2. Magic38 dit :

    Je trouve ça dommage que Dassault ne se soit jamais lancé dans l’aventure (sur ses fonds propres) des avions d’entraînement. Les clients du Rafale sont des marchés évidents, mais à l’échelle mondiale le marché est quand même juteux, surtout si on ajoute tous les petits pays qui vont acheter des avions d’entraînement comme chasseurs légers. Ça les fait rentrer dans l’écosystème Dassault/France grâce aux munitions.
    Et non un avion d’entraînement subsonique de moins de 12 tonnes ne viendrait pas cannibaliser les ventes d’un Rafale supersonique de 24 tonnes.

    Ça permet également de conserver les compétences des bureaux d’études et faire tourner les usines en l’absence de commandes.
    Le problème, c’est le moteur. Mais justement si un avion d’entraînement/chasseur léger avait été développé entre le Rafale et son successeur, Safran n’aurait pas perdu des compétences dans le domaine (car c’est un fait, une partie du savoir-faire a été perdu depuis le M88). Mais en l’absence de commandes pour le Rafale jusqu’en 2015, d’office pour Dassault d’envisager se lancer dans une aventure risquée. Et aujourd’hui les usines sont pleines à craquer donc ce serait difficile d’ajouter un autre avion dans les chaînes de production.

    • Fabien Tremm dit :

      Dassault ne fait plus du militaire sur fond propre. C’est un choix avec des conséquences.

      • Pascal, (l'autre) dit :

        « C’est un choix avec des conséquences. » Comme celle de se retrouver avec un appareil que pesonnbe ne veut/peut se payer! L’histoire du « 4000 » en est un exemple!

      • Merkava dit :

        Qui fait des appareils militaires sur fonds propres ?

    • Vortex dit :

      M88-4E, M-88x puis M88-9, puis T-REX sont des développements continus du moteur M88, destinées aussi à entretenir les compétences.
      Donc non, ce n’est pas « un fait  » que Safran a perdu en compétences…
      De plus, Safran a travaillé sur le moteur du feu SCAF/NGF et s’est placé pour développer le moteur du futur chasseur indien 5Gen. Pour ces programmes, ils ne partent pas d’une feuille blanche, mais s’appuient justement sur leur savoir faire et leurs compétences acquises depuis des décennies.

      • Mère grand dit :

        @Vortex. »M88-4E, M-88x puis M88-9, puis T-REX sont des développements continus du moteur M88, destinées aussi à entretenir les compétences. ». Il faut en développer de nouvelles.. Vous qui rapportez constamment les paroles de M.Trappier comme le Saint Évangile, ne pouvez avoir manqué ses paroles toutes récentes en commission… Où il a exprimé clairement une certaine urgence à développer un tout nouveau moteur, au risque d’un réel danger en terme de compétences chez Safran. Il n’y a à l’heure actuelle aucun programme lancé et financé. Et pour l’Inde concernant le moteur de l’AMCA, c’est la même chose..aucun contrat signé…

        • Vortex dit :

          Aucun programme lancé et financé ne veut pas dire que les ingénieurs restent devant la machine à café…
          Vous croyez réellement que les bureaux d’études restent endormis ?

        • Alain d dit :

          Bah oui, évidement que des études sont déjà réalisées sur ces motorisations, et donc avec des géométries et designs sur les moteurs et transferts de puissance.
          Donc pour le moteur de l’ACMA, les BE français et indiens échangent depuis longtemps.
          Déjà pour proposer la meilleure solution possible à l’interface de l’ACMA, et pour proposer des prix selon les choix.
          Bah, oui tout est calculé mécaniquement, chiffré ou (et estimé), et aussi planifié.
          Donc aussi en tenant compte des approvisionnements et des sous-traitances, indiennes ou (et) françaises
          Il faut bien des billes à l’Inde pour apprécier la proposition française et sa viabilité sur des dizaines d’années ?
          Donc au minimum avec un maquettage numérique limité transmis au BE indien, avec éventuellement une vérification pas une maquette physique.
          Ensuite Safran bosse sur plusieurs motorisations, militaires, civiles et duales.
          Les noyaux durs des BE (SNECMA, Hispano Suiza, etc.) ne manquent pas de travail.
          https://idrw.org/safran-gtre-amca-engine-deal-nears-cabinet-committee-on-security-clearance-paving-way-for-indias-indigenous-5th-gen-fighter-powerplant/

        • Alain d dit :

          « reste minimal »
          Oui, juste le nécessaire et suffisant, pour atteindre l’étape actuelle.
          C’est dire beaucoup d’études, estimations et déjà des choix entre Safran et GTRE.
          https://idrw.org/exclusive-gtre-safran-120kn-engine-to-use-variable-geometry-afterburner-with-reduced-heat-signature/

    • Mat49 dit :

      Le coupable n est pas Dassault. C est l etat. Les autres pays europeens aussi.

      • Mère grand dit :

        @Mat49. »Les autres pays europeens aussi. ». Il y a 2 appareils européens, l’un tchèque et l’autre italien.. Et les européens n’ont pas vocation à financer Dassault.. Seul l’état français est en cause…

        • Mat49 dit :

          @Mère grand vous n’avez pas compris. C’était sur ce segment qu’il fallait coopérer avec les anglais, les allemands et les suédois.

        • Vortex dit :

          Mais pourquoi voulez-vous à tout prix que Dassault fasse un avion d’entraînement ?
          Un chasseur hautes performances, un avion spatial (sur fonds propres) , un drone de combat et une gamme d’avions d’affaires et d’avions d’armes ne vous suffisent pas ?
          Qui fait mieux en Europe ?
          Et oui, personne …

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « Je trouve ça dommage que Dassault ne se soit jamais lancé dans l’aventure (sur ses fonds propres)  » Disons que les dirigeants de Dassault ont été échaudés par « l’aventure » du Mirage 4000 et auparavant par le Mirage « G » (même si cela émanait d’une demande de l’A.A. de l’époque oiur le « G » donc un certain financement de l’Etat!)
      le « 4000 »
      https://wallup.net/wp-content/uploads/2019/09/453278-aircraft-army-attack-dassault-fighter-french-jet-military-mirage-4000-prototype.jpg
      Le « G »4
      https://images.dassault-aviation.com/f_auto,q_auto,g_center,dpr_auto/wp-auto-upload/2/files/2017/03/41_MirageG.jpg
      le « G »8
      https://images.dassault-aviation.com/f_auto,q_auto,g_center,dpr_auto/wp-auto-upload/2/files/2017/03/41_MirageG.jpg
      Et aussi le Mirage « F 2 » trop « cher » qui conduira l’A.A. à ne « s’ offrir » que le Mirage F1!
      le « F2 »
      https://i.pinimg.com/originals/e7/e4/91/e7e4919f5b8d2a798be6136258aaa333.jpg

  3. Czar dit :

    « de sièges éjectables dits «zéro-zéro» [lesquels permettent une éjection à altitude et vitesse nulles], »

    j’ai du mal à saisir l’intérêt de la chose : c’est pour les ministres indiens snobs désireux rejoindre le cercle élitiste des cravates Martin-Baker ?

    • AlexS dit :

      !?
      de nombreux accidents se produisent à faible vitesse et à basse altitude, notamment lors des atterrissages et des décollages.

    • ji_louis dit :

      Ces sièges éjectables sont ceux qui tolèrent la plus grande gamme accidentogène sur un avion de chasse. En plus clair, ils offrent davantage de chance de sauver le pilote (et/ou le NOSA) en cas de besoin.

    • Sillage dit :

      Pour ma part, j’ai du mal à voir l’intérêt de mettre en exergue ce point dans le cahier des charges. Je suppose, peut-être à tort, que tous les sièges actuels sont 0-0, tant l’apport en sécurité est évident. Dire que le siège doit être 0-0 est un peu comme de dire que l’avion doit être doté d’un moteur performant et économe … une évidence.

    • Nez pointu dit :

      Un accident peut se produire au sol (atterrissage raté, collision avec un autre véhicule…) et à vitesse nulle (incendie, collision par un autre véhicule, tir accidentel par un autre avion…).
      De nombreux accidents ont lieu au sol. Rappellez-vous par exemple l’accident de la base de Los Llanos ou, plus récemment, le 737 coréen qui a fini dans un mur.

    • vrai_chasseur dit :

      Dans leur cursus de conversion pour la chasse, Les cadets sont amenés à effectuer des manoeuvres tactiques à basse altitude, parfois en approche ou dès le décollage. Leur relative inexpérience peut occasionner des pertes de contrôle de l’avion. La panique survenant, des accidents mortels peuvent avoir lieu (et ils ont eu lieu).
      L’IAF étant solide sur la formation de ses pilotes avec des instructeurs très expérimentés (la RAF anglaise envoie certains de ses cadets se former en Inde), la perte d’un jeune pilote et a fortiori d’un instructeur est, au-delà de l’aspect humain, douloureuse pour l’IAF (et pour toute force aérienne en général). Toutes les écoles de formation sérieuses mettent un accent fort sur la sécurité, en France aussi.
      Pour ses avions de formation, outre le siège zéro-zéro obligatoire, l’IAF requiert par ex. d’autres sécurités automatiques supplémentaires comme le « Departure Resistance », système qui empêche le départ en vrille incontrôlée lors de manoeuvres trop agressives du jeune pilote, et « l’Auto-recovery » logiciel de contrôle de vol qui remet l’avion automatiquement en vol horizontal stable si le jeune cadet « perd complètement les pédales » et le manche.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « c’est pour les ministres indiens snobs désireux rejoindre le cercle élitiste des cravates Martin-Baker ? » Dans toute éjection il y a quand même quelques « séquellkes » comme le tassement de vertèbres, je ne pense pas que les responsables indiens soient « maso ».
      Les sièges dits « zéro, zéro » permettent aussi des éjections « limites » sans conséquences graves pour le pulite! Lors du crash du Mig 29 au salon du Bourget en juin 1989 le pilote d’essai Anatoly Kvotchur doit d’avoir la vie sauve grâce à son siège Zvezda K-36.
      https://www.armedconflicts.com/attachments/6928/K-36_DM_-_01.jpg
      https://www.youtube.com/watch?v=EXtlxa41mNc
      Ce fut……chaud!

  4. captain igloo dit :

    Les avions indiens ont quand même un certains côté has been sur le design.

    • Jack dit :

      Je me suis fait la même remarque en voyant la maquette de l’AMCA 🙁

    • Fabien Tremm dit :

      Avion d’entrainement…
      Buts?
      Pour commencer, déjà former au vol d’un jet. Surtout, former au système d’arme en vol, dans un jet, et être capable de performances proches du chasseur.
      Un avion d’entrainement bien conçu est simple là où il peut l’être, et donc être basé sur des conceptions éprouvées.
      Et sinon, une image du concept, voire même une vue d’artiste n’a aucune valeur.
      Et inutile de mentionner le TEJAS ici, le programme LCA a les mêmes périodes d’origine que le Rafale, donc ne faisons pas comme si c’était un avion récent dans la conception de la cellule.

    • Vortex dit :

      Concept de chez HAL. Ils sont ancrés dans le modèle soviétique.
      D’où leurs déconvenues actuelles.

      • UE dit :

        Le plus ridicule sur leur image, ce sont les 12 missiles qu’il emporte…

  5. Benoit dit :

    et une coopération indo franco anglaise ? vu le besoin ?

    les indiens en lead Dassault aux commandes de vols et les anglais au moteurs.

    bi moteurs navalisé.

    cellule moderne ?

    3 ans pour le proto… 5 ans pour les 1ere séries.

    objectif 400 Inde 150 France 80 Angleterre 80 + une école de formation commune pour la navale catobars…

    90 exports…