Le Royaume-Uni et l’Australie vont renforcer leur coopération dans le domaine des radars

En novembre 2017, Christopher Pyne, alors ministre australien de l’Industrie de défense, avait salué l’intention du gouvernement britannique d’examiner l’achat éventuel de radars à antennes actives CEAFAR, produits par CEA Technologies, pour équiper les navires de la Royal Navy. «L’Australie et le Royaume-Uni ont beaucoup à gagner à établir une coopération accrue» en matière de défense, avait-il estimé.

Ce responsable ne croyait sans doute pas si bien dire… car, quatre ans plus tard, Canberra scella le pacte AUKUS avec Londres et Washington. Pacte qui prévoit la construction de cinq sous-marins nucléaires d’attaque [SNA] dans le cadre d’une étroite collaboration avec l’industrie navale britannique.

Quant aux radars CEAFAR, les discussions entre Australiens et Britanniques se sont poursuivies par la suite, sans toutefois donner lieu à des avancées. Du moins était-ce vrai jusqu’à ce 12 août.

En effet, à l’occasion d’une visite à Canberra, le ministre britannique délégué aux Industries de défense, Luke Pollard, et son homologue australien, Pat Conroy, ont signé une déclaration d’intention afin d’établir une coopération sur les «systèmes radar de pointe», notamment ceux à antennes actives. Celle-ci reposera sur les entreprises QinetiQ et CEA Technologies.

Utilisé par les forces de défense australiennes, en particulier sur les frégates de types ANZAC et Hunter, le radar CEAFAR permettra au Royaume-Uni de «s’adapter à l’évolution du contexte opérationnel», a fait valoir le ministère britannique de la Défense [MoD], via un communiqué.

Fonctionnant en bande S, le CEAFAR est principalement utilisé pour la défense aérienne, en association avec le radar de conduite de tir CEAMOUNT. Sa portée de détection est condfidentielle.

«Cet accord ‘radar’ illustre ce que notre partenariat avec l’Australie apporte concrètement : une industrie qui intensifie ses efforts, une technologie pour nos forces armées et un renforcement de la confiance entre nos nations», a par ailleurs commenté M. Pollard.

Reste à voir sur quelles plateformes le MoD envisage d’installer des radars CEAFAR. Pour le moment, aucun détail à ce sujet n’a été livré.

«Ce radar peut détecter des objets plus petits et plus éloignés que la plupart des radars du monde. Non seulement il est plus puissant et plus efficace mais il est aussi plus compact, ce qui signifie que l’on peut l’installer sur différentes plateformes, qu’il s’agisse de navires de guerre, de remorques ou de bases aériennes», a expliqué M. Conroy à 9News. «Si cet accord [avec le Royaume-Uni] est conclu, il s’agira du plus important contrat d’exportation de l’histoire de l’Australie dans le domaine de la défense. Le potentiel est donc énorme», a-t-il conclu.

Photo : RoyKabanlit – CC BY-SA 4.0

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17 contributions

  1. Wagdoox dit :

    Petit soucis de traduction, les australiens vont payer les labos anglais en espérant être un jour livrés. Peut être en 2060.

  2. Magic38 dit :

    Pas étonnant, ils ont pas développé de nouveau radar depuis l’Artisan dans les années 2000 et le SAMPSON dont le développement a débuté dans les années 80. Ils ont pris beaucoup de retard dans le domaine.

  3. Olivier dit :

    Tant mieux pour l’industrie australienne… après je ne peux m’empêcher quelques piques:
    – Si le UK voulait verrouiller définitivement les contrats sous-marins, il ne ferait pas autrement (annule les soums et j’annule les radars)
    – Un fournisseur qui explique que son radar est le plus puissant, le plus efficace et le plus flexible me semble un peu étrange sachant que les spécifications des radars sont souvent partiellement confidentielles… à ma connaissance, sans mission de guerre et sans export, j’ai du mal à comprendre les affirmations de CEA.

    Sur le fond, j’espère que le contrat fonctionnera, l’état de la marine UK est une catastrophe et impacte ses alliés (dont la France). Bon après avec le renforcement de la marine italienne, grecque, suédoise et quelques autres, peut être que la marine anglaise va devenir très secondaire.

  4. Roland DESPARTE dit :

    Actuellement les meilleurs radars navals de défense aérienne sont ceux des trois leaders mondiaux : Raytheon, Thales et Lockheed Martin, aussi j’ai du mal à comprendre le choix britannique ; peut-être dicté par l’accord AUKUS et en contrepartie des aléas (et incertitudes…) du contrat des sous-marins ? … Maintenant, pour être honnête, il est vrai que je ne connais pas les radars de cette entreprise australienne. Quelqu’un peut en dire plus concernant ces radars ? Merci

  5. PHILIPPE dit :

    Aukus va son chemin et la France le sien.

  6. MAS 36 dit :

    Ca ne va pas trop fort pour tous les deux, avec une classe politique encore plus déglinguée que la notre, c’est dire. Deux pauvres n’ont jamais fait un riche.

  7. Chrislo974 dit :

    Le CEAFAR est moins performant, moins résilient, moins MCO que le SeaFire de Thales. le SeaFire est a lui seul un radar longue portée, conduite de tir, et d’identification 100% numérique. il travail dès la détection du signal avec l’IA. il gère, identifie et classe 1000pistes, en menace saturante il fait le job.

    • PM83 dit :

      @Chrislo974
      C’est vrai si l’on parle du CEAFAR de première génération (CEAFAR 1S), celui qui équipe les frégates ANZAC modernisées comme illustré dans l’article. Par contre, si on parle du CEAFAR 2 destiné à équiper les frégates de la classe Hunter (entrée en service prévue: 2034), c’est une autre histoire. Le CEAFAR 2 est un radar pouvant comporter jusqu’à 24 panneaux émettant dans les bandes L, S et X (architecture Hunter prévue : 6 panneaux bande L + 12 panneaux bande S + 6 panneaux bande X.
      Aujourd’hui, la supériorité du SeaFire sur le CEAFAR 1S ne fait aucun doute . La comparaison, à mon avis, n’a même pas de sens puisque ces deux radars n’appartiennent pas à la même génération.
      Je me permets deux remarques : le Sea Fire n’est pas un radar longue portée (il fonctionne en bande S et non pas en bande L) et je ne suis pas sûr qu’il intègre de l’IA.

    • Lado dit :

      Par contre il faut de maniere ideale le compleéter par un systeme de radar Bande x pour detecter des menaces à plus courte portée et de petite taille..drones surfave ou aeriens ..voir le Giraffe 1X sur les FDI « suèdoises ». En complement de la veille electrooptique

  8. Bref dit :

    Est ce que coopérer veut dire utiliser un radar pour deux faute de moyens ? Si c’est le cas ces pays « coopérants » ont du soucis a se faire.

  9. Clavier dit :

    ça va en faire des terres rares à utiliser pour l’électronique …..ils vont les trouver où sans devoir contourner les sanctions ?

    • Pascal, (l'autre) dit :

      En……………Australie!

      • aleksandar dit :

        Pas avant 3032.
        Et a quel prix ?
        C’est le 2eme producteur mondial, loin derrière la Chine,mais sa capacité de raffinement est minuscule face a la demande mondiale.

      • Lado dit :

        Oui grand exportateur des monazites..y compris vers la Chine (avant sûrement) .Ne pas confondre geologie , pas si rare,et capacité industrielle à purifier (Investissement , pollution..etc). Voir l’ancienne usine de Rhodia à La Rochelle

    • Lado dit :

      Les « terres rares »,les « lanthanides »( pas si rares en fait,mais difficiles a separer , purifier, avec des effluents polluants parfois radioactifs se trouvent bien en Australie (les divverses monazites) qui exporte les minerais concentre, y compris en Chine
      Tres longtemps l’usine Rhodia de La Rochelle en a purifiés pour pour les phosphores des anciens tubesTV ou le Ce pour le polissage oprtique

  10. pandacruel dit :

    Ils ne se débrouillent pas mal Aukus !