Disparue il y a 118 ans, l’épave du torpilleur britannique HMS Tiger a été retrouvée

Lancé en 1900 au chantier naval «John Brown» de Clydebank [Écosse], le HMS Tiger était un destroyer-torpilleur de classe C, jaugeant seulement 432 tonnes à pleine charge pour 67,7 mètres de long. Pouvant naviguer à la vitesse maximale de 30 nœuds grâce à quatre chaudières à vapeur développant une puissance de 6 400 chevaux, il était mis en œuvre par une soixantaine de marins.
Affecté à la «Home Fleet» après son admission au service actif, le HMS Tiger fut gravement endommagé dans la nuit du 25 septembre 1907 après s’être échoué sur la digue du port de Portland, sa quille ayant été arrachée et sa coque percée. Était-ce un mauvais présage ?
Remis en état, le HMS Tiger prit part à un exercice organisé dans les environs de l’île de Wight le 2 avril 1908. Avec le HMS Recruit, il devait simuler une attaque à la torpille en naviguant tous feux éteints. Seulement, il entra en collision avec le croiseur-cuirassé HMS Berwick et ses 10 000 tonnes de déplacement. Coupé en deux, sa proue coula immédiatement tandis que sa poupe resta suffisamment longtemps à flot pour permettre le sauvetage de 22 membres de son équipage. Son commandant, le lieutenant de vaisseau W.E. Middleton fut porté disparu, comme 35 autres marins.
Depuis ce drame, la dernière position du HMS Tiger était restée inconnue, même pour la Royal Navy. Il aura fallu attendre 118 ans pour que l’épave de ce destroyer-torpilleur soit découverte par l’association britannique ProjectXplore, laquelle s’était déjà distinguée l’an passé en localisant les restes du croiseur léger HMS Nottingham, coulé par un sous-marin allemand en août 1916.
Pour cela, les équipes de ProjectXplore ont passé cinq ans à éplucher les archives concernant le HMS Tiger et le HMS Berwick. Ce travail de Bénédictin a donc fini par payer.
«Nous sommes fiers d’annoncer que nos plongeurs, travaillant en partenariat avec David Wendes, capitaine du bateau de plongée Wight Spirit, ont découvert, identifié et documenté avec succès les deux sections de l’épave du HMS Tiger, le dernier torpilleur britannique […] disparu, coulé dans la Manche, coupé en deux lors d’une collision avec le HMS Berwick le 2 avril 1908», a en effet annoncé ProjectXplore, le 10 août.
«Ce fut un privilège immense de rechercher, découvrir et documenter l’épave du HMS Tiger. Nous espérons sincèrement que notre travail permettra aux générations futures de préserver le HMS Tiger, son histoire et le souvenir de ceux qui y sont liés», ont commenté Leo Fielding et Dan McMullen, les instigateurs de ce projet de recherche.
La Royal Navy s’est félicitée de la découverte du HMS Tiger, qu’elle recherchait vainement depuis sa collision – inexpliquée à ce jour – avec le HMS Berwick. Découverte qui a été faite au moment où le ministère britannique de la Défense [MoD] porte un projet de loi visant à renforcer la protection des épaves contre toute tentative de prédation.
«Les sépultures de milliers de marins et de fusiliers marins en mer bénéficieront d’une protection juridique automatique grâce à des pouvoirs élargis» et des «milliers d’épaves potentielles, comme le HMS Tiger, seront protégées dès leur découverte par la mention ‘lieu protégé’. Il sera ainsi interdit de prélever des objets sur les sites d’épaves militaires sans autorisation, tout en permettant aux plongeurs de les visiter librement, à condition d’appliquer le principe ‘regarder sans toucher’», explique le MoD.
Photo : Le HMS Tiger / Royal Navy





Ferraille très intéressante au demeurant car de fabrication antérieure aux explosions nucléaires, d’où la tentation des pillages d’épaves de cette période.
En même temps je ne comprends pas pourquoi on ne s’affaire pas à nettoyer la mer de ces épaves. Ok ce sont des tombeaux, qui peut les visiter ? Personne hormis quelques initiés. On ferait mieux de faire des mausolées à terre et récupérer toute cette précieuse ferraille, comme si on pouvait se payer le luxe de laisser ça au fond des océans…
« En même temps je ne comprends pas pourquoi on ne s’affaire pas à nettoyer la mer de ces épaves. » Les Chinois n’ont pas ce genre « d’états d’âmes « !
https://www.opex360.com/2023/05/24/un-navire-chinois-a-ete-surpris-en-train-de-piller-les-epaves-des-hms-prince-of-wales-et-hms-repulse/
Mais peut être que nous sommes trop « sentimentaux » en Occident, ce sont quand même des sépultures, non? (même s’il y a des chasseurs de trésors et aussi des pilleurs!)
« toute cette précieuse ferraille, comme si on pouvait se payer le luxe de laisser ça au fond des océans… » Que penseriez vous si on venait « récupérer » le monument funéraire en pierre de votre famille pour en faire par exemple du carrelage?
Mon dieu, nos experts ont un talent: ils nous étonneront toujours.
expliquez vous , métallurgiquement .
Cherchez « Low-background steel ».
j’ai cherché et trouvé ; Merci beaucoup ! JK
Je c/c une réponse rapide de moteur de recherche avec IA:
[L’acier nucléaire (ou low-background steel) désigne spécifiquement l’acier produit avant les essais nucléaires des années 1940 et 1950.
Caractéristique principale : Il possède une faible teneur en éléments radioactifs, car il n’a pas été contaminé par les retombées d’essais atomiques (comme l’essai Trinity ou les bombardements de 1945) qui ont augmenté le rayonnement ambiant mondial.
Utilité actuelle : Cet acier est très recherché pour la fabrication d’équipements de détection ultra-sensibles (comme les scintillateurs gamma) où le bruit de fond radioactif doit être minimisé.
Contexte des épaves : Les épaves de navires construits avant cette période (pré-nucléaires) sont parfois récupérées précisément pour cet acier de haute qualité et peu radioactif, contrairement à l’acier moderne qui contient de faibles traces de radioisotopes comme le cobalt 60.]
Je ne connais pas le sujet. Pour les détails, Mica X en sait sûrement plus qu’un moteur de recherche.
merci
Tout est déjà très bien expliqué
Recherchez » low -background steel » sur Wikipédia.
Et il aura laissé le nom libre pour le magnifique HMS Tiger, croiseur de bataille le plus moderne au Jutland.
Qui fut criblé d’obus sans exploser comme ses malheureux prédécesseurs.
Quand on connait la visibilité dans la Manche, chapeau aux plongeurs!