Le coût des quinze futurs cuirassés de l’US Navy pourrait atteindre les 275 milliards de dollars

Le débat est fort ancien : faut-il constituer une flotte importante de navires légers, modernes, rapides et moins coûteux à construire, comme le suggérait l’amiral Théophile Aube à la fin du 19e siècle ou, au contraire, suivre la thèse de l’amiral américain Alfred Mahan et miser sur un nombre aussi élevé que possible de bâtiments lourds et puissamment armés [et donc forcément coûteux] ?

Avec la Frégate de défense et d’intervention [FDI], la Marine nationale a fait le choix de l’agilité, sans toutefois disposer, à ce jour, de davantage de navires dits de premier rang. De son côté, si elle va se doter de navires «légers» d’environ 4 700 tonnes dans le cadre de son programme FF[X], l’US Navy reste fidèle aux principes édictés par l’amiral Mahan.

En effet, en décembre, le président Trump a annoncé la construction d’une nouvelle classe de cuirassés de 30 000 à 40 000 tonnes, qui portera d’ailleurs son nom. Ces navires seront conçus pour assurer la défense aérienne et antimissile d’un groupe aéronaval, diriger un groupe d’action navale pour la guerre de surface et la lutte anti-sous-marine, coordonner les opérations d’un flotte, effectuer des tirs «stratégiques hypersoniques à longue portée» et contribuer à la dissuasion américaine en emportant un nombre – encore indéterminé à ce jour – de missiles de croisière à capacité nucléaire SLCM-N [Nuclear-Armed Sea-Launched Cruise Missile].

Équipé d’un radar SPY-6 à panneaux fixes, un tel cuirassé sera également doté de 128 cellules de lancement vertical Mk41, de missiles de croisière Tomahawk, de missiles hypersoniques CPS [Conventional Prompt Strike], d’un canon électromagnétique et d’armes laser. Sa propulsion reposera sur une chaufferie nucléaire identique à celle des porte-avions de la classe Ford.

Reste à voir le coût de ce programme… Le Bureau du budget du Congrès [CBO – Congressional Budget Office] a fait ses calculs… Et, le 5 août, il a livré son verdict. Ainsi, il a estimé le prix moyen d’un cuirassé affichant un déplacement de 35 000 tonnes à 18 milliards de dollars. Et il serait supérieur de 16 % s’il s’agit de construire un navire de 41 000 tonnes.

Au total, le coût de ces quinze cuirassés pourrait atteindre les 275 milliards de dollars, dont 23 milliards pour la construction de la tête de série, à savoir l’USS Defiant, le prix unitaire de chaque navire devant décroître par la suite.

Le choix de doter ces navires de chaufferies nucléaires alourdit évidemment la note [environ de 13 %]… Mais ce surcoût sera compensé par la suite par des coûts d’exploitation et de maintenance moindres sur toute la durée du programme.

Cependant, le CBO a effectué son évaluation tout en ne connaissant pas l’ensemble des spécifications techniques de ces futurs cuirassés. «D’autres facteurs pourraient également faire augmenter ou diminuer les coûts», a-t-il prévenu, dans son rapport.

«L’estimation du coût du programme repose sur trois hypothèses : que le premier cuirassé soit commandé en 2028, que l’US Navy achète quinze navires et les construise au rythme prévu dans son plan de construction navale de 2027 et qu’un chantier naval assure leur assemblage final, leurs différentes parties ou sections devant être construites par d’autres», a expliqué le CBO.

Cela étant, une autre donnée doit également être prise en compte : l’équipage. Ce point avait d’ailleurs été soulevé par l’amiral Nicolas Vaujour, lors de son ultime audition au Sénat en tant que chef d’état-major de la Marine nationale [CEMM].

«La Golden Fleet américaine, avec des bateaux de 30 000 à 40 000 tonnes pose plusieurs questions : d’abord le coût, mais surtout le coût RH. Ce n’est pas tout d’avoir un bateau de 40 000 tonnes, ou même de 15 000 tonnes, il faut avoir la ressource humaine», avait-il en effet relevé.

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131 contributions

  1. alors dit :

    Si ce n’est que ça

  2. pldem806 dit :

    Sans parler du coût induit en termes d’infrastrucures portuaires !

  3. jean luc dit :

    un méga rêve qui partira avec Trump

    • Frédéric dit :

      Certainement. Mais combien d’argent vont partir en R&D avant la liquidation du programme ?

  4. Sharpei dit :

    Du grand, du lourd, du puissant….du Trump..!!! Donc du vent, du chère, du clinquant…du vide. d’ici là les finances seront sèches et le projet fera plouf.

    • Castel dit :

      Surtout quand on voit aujourd’hui que l’armée U.S. est à court de munitions anti-missiles par exemple, on se demande si ces cuirassés pourront en être dotés le moment venu, en supposant qu’ils existent un jour, bien entendu….

      • Kaboom ! dit :

        D’ici à ce qu’ils soient opérationnels, la production de munitions antimissiles sera repartie depuis longtemps.

  5. Scipion dit :

    Je prends un pari: ce projet sera abandonné après le départ de D.Trump de la Maison Blanche.
    Je mise 5 carambars.

  6. Mat49 dit :

    Un délire mégalo digne des Kirov.

  7. Yann490 dit :

    Bonjour, « Grandeur et décadence « d’une Amérique qui refuse d’être déclassée. L’histoire longue, nous a appris que tous les Empires, Super-puissances, Dictatures et autres, qui ont dominés sur des périodes plus ou moins longues, à des échelles de grandeur différentes, ont tous dû s’incliner devant le cours inexorable des événements. Ça fait mal par où ça passe, c’est mal vécu dans l’instant. Mais comme les sociétés sont plutôt résiliante, tôt ou tard on rebondi et c’est reparti pour un tour. Trump ne verra probablement pas la fin de son rêve hégémonique. Par ailleurs, au vu de ce que nous a fait voir ce Mr Trump, je ne suis pas sûr que d’avoir baptisé ces cuirassés « classe Trump » soit une bonne idée ?…

    • THEVENON dit :

      AAHAH quand on voit la France qui elle m’aime n’en peut plus d’être déclassée, ta réponse est presque « comique » !
      Très grande puissance dans les années 20, puis 4e puissance en 1974, puis 7e puissance mondiale en 2026 (pendant ce laps de temps les USA restent numéro 1, quant à la Chine elle passe de 11e puissance à 2eme … Tu es un comique Yann490. Car si il y a bien des comportements de jaloux c’est bien en France, il suffit de lire ce forum, et les proses qui y sont inscrites régulièrement !!!

      • fantastruc dit :

        La France ne vous aime pas.

      • Tourne-Bille dit :

        Oui, moi aussi elle m’aime, ma France.

      • Pirlouis dit :

        Quels délices ressent-on à lire certains commentaires. Délices de 2 ordres au moins
        1) orthographiques mais qui apportent aussi une certaine fraîcheur et un côté amusant.
        2) intellectuels avec les inanités ânonnées soit sur ordre soit réellement pensées par leurs auteurs démontrant ainsi la justesse de l’expression « La bêtise, voyez-vous, ça se cultive. » extraite d’un ouvrage de Gustave Flaubert : dictionnaire des idées reçues.
        Nous avons ici beaucoup d’excellents cultivateurs.

      • Chill dit :

        c est vautre aurtograffe ki es declaçé….

      • Pascal, (l'autre) dit :

        « et les proses qui y sont inscrites régulièrement !!! » Et ne parlons pas du « french bashing » qui y prospère aussi, mais là fort étonnament vous ne l’ouvrez pas, ceci explique sans doute cela, nessspas!

      • M'aime, m'aimes, m'aiment, mais me, même, mêmes, mème, mèmes dit :

        La France qui elle-même n’en peut plus.

      • Franck O'Fony dit :

        La tr()llerie chinoise a vraiment du mal avec notre langue.

      • Fred And Co dit :

        En réalité la Chine est un pays pauvre encore aujourd’hui. Avec près d’un milliards de gens vivant encore au moyen âge. La France lui verse encore régulièrement de l’argent au titre de l’aide au développement. Incapable de concevoir et de construire une centrale nucléaire sans venir pleurer en France. Un exemple parmi d’autres nombreux. Ne vous inquiétez pas pour la France. Elle se porte mille fois mieux que vous ne voulez le croire. Ce ne sont pas les centaines de millions de touriste qui y viennent chaque années qui diront le contraire. Plus beaux pays au monde et premières destination mondiale du tourisme. La France seule membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU a possédé une sécurité sociale et une CMU et un réseau de train à grande vitesse. Aucun des quatre autres n’y ait jamais arriver seule. La Chine encore moins sans l’aide et la technologie Française.
        Pour ce qui est des navires américains de Trump et vu les difficultés actuelles des chantiers navals US nous pouvons avoir des gros doutes sur leurs réalisations un jour. Mais il y a une certitude au moins c’est qu’eux au moins ne seront pas en béton et planter en plein milieux d’un désert quelconque. Spécialité Chinoise.

  8. Robmac dit :

    C’est les US qu’ont la plus grosse !!! Avec ces magnifiques engins ils pourront faire d’autres guerres, qu’ils perdront comme toutes leurs guerres depuis 1945, mais après moult massacres et destructions.

    La fascination des Américains pour les armes est pathologique, mais comme les Russes et les Israéliens ils peuvent multiplier les guerres ‘conventionnelles’ bien à l’abri de leur stock nucléaire. Le nucléaire permet de faire la guerre !

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « Le nucléaire permet de faire la guerre ! » Ah bon, on la fait aussi, et à qui?

      • Robmac dit :

        On l’a fait sans interruption depuis la guerre (pardon, les « évènements) d’Algérie.
        Les Opex ce n’étaient pas la guerre ? Et avec quel succès !

        • Mère grand dit :

          Vous avez oublié l’Indochine avant..

        • Pascal, (l'autre) dit :

          « Les Opex ce n’étaient pas la guerre ?  » Il y a eu …..déclaration?
          « Et avec quel succès ! Le succés qu’on bient voulu leur donnber les politiques……….civils!
          Vous connaissez pas le « mantra » des civils aux affaires touchant le militaire…. »armons nous, ………..partez!

  9. Yvon dit :

    Avec un budget annoncé de 1500 milliards de dollars l’année prochaine, l’armée américaine, qui n’en demandait pas tant, s’emploie à dépenser….
    Alors pourquoi pas 275 milliards de dollars pour 15 énormes cuirassés dont l’utilité n’est pas avérée et dont on peut même douter que l’industrie américaine soit capable de les construire !
    Et le moment venu, il sera toujours temps d’annuler le programme.

    • Minou danois dit :

      @Yvon. Je vous ai déjà mis un commentaire l’autre jour concernant le budget…@Yvon. »Avec un budget de la Défense de 1500 milliards de dollars l’année prochaine ». Il n’y a pas de budget à 1500 milliards. Il y a une proposition de budget ordinaire d’environ 1150 milliards environ.. Que Donald veut compléter avec une « Reconciliation Bill » ( une de plus) de 350 milliards.. Mais c’est loin d’être fait pour les deux..

      • Yvon dit :

        @Minou danois
        Bonjour.
        J’ai tenu compte de votre remarque puisque j’ai parlé de budget ANNONCÉ et non pas de budget voté.

        • Minou danois dit :

          Un budget « annoncé  » peut faire penser à certains que c’est de l’acquis.. Un budget ‘envisagé  » conviendrait mieux..

  10. misare dit :

    Pour le prix d’un cuirrassé on a 20 FDI.
    mazette.

  11. lahon dit :

    pas de quoi , c’est un programme qui n’ira jamais au bout …..

  12. guig dit :

    Si j’ai bien compris, deux doctrines s’affrontent, beaucoup de navires peu armés vs peu de navires lourdement armés.
    Les us ont choisi beaucoup de navires lourdement armés et la France, peu de navires faiblement armés… j’ai bon?

    • dolgan dit :

      Non.

      La France a choisi un nombre important de navire bien armés. La France est la 3 eme marine mondiale sans concurence pour cette place.

      Les US naviguent à vue entre projets ratés et projets absurdes. Mais ils gardent une masse importante bien armée.

      • Logan dit :

        3ème marine dans certains domaines tels que la projection ou la dissuasion. Mais face à la flotte japonaise, ou indienne, ou même sud-coréenne , le nombre de navires et surtout leur armement, nous faisons guère mieux que l’Angleterre ou (presque) l’Italie…

        • Mic dit :

          Et le CdG avec son groupe aérien il passe pour rien ?
          Le Japon la Corée du Sud ne possèdent pas de PA, l’inde et le Royaume-Uni c’est des portes aéronefs pas des PA avec catapultes et brins d’arrêt !
          Vous comparer des choux avec des carottes !
          Quand à l’armement, il ne faut pas mieux en parler, vous n’avez pas l’air d’être un grand spécialiste !

          • G dit :

            Il passe pour une moitié du temps, en visitant 2 océans par an… C’est à dire que contre un véritable adversaire il passe pour rien, vous avez raison.

            Et l’autre moitié de l’année c’est le pédalo du mec d’en face (et a fortiori l’un de ses 2 ou 3 PA légers) qui gagne. Ê.

            Car les porte-avions c’est 2, 3 ou plus ou bien zéro, mais surtout pas un seul, et encore moins le modèle le plus cher évidemment, sinon on n’a ni le beurre ni l’argent du beurre.

            Au départ l’idée était pourtant belle : on va remplacer les Clemenceau et Foch par une paire de navires plus grands et plus modernes, capables d’accueillir le futur chasseur de chez Dassault de l’an 2000, etc.

            Hélas à la fin des années 80, 2 icebergs se sont pointés :

            1) la guerre froide est finie, plus besoin d’escorter les convois dans l’Atlantique.

            2) mince chef, on dirait que le concessionnaire nous a enflés, finalement le nucléaire ca revient plus cher et plus long à construire que les turbines à gaz, keskonfé ?

            -> on s’est donc retrouvés avec un seul navire, rebaptisé en catastrophe Charles de Gaulle pour le sauver puis le protéger du ministère du budget, et on a commencé à élaborer tout un tas de fables autour (« contribution à la dissuasion » par exemple, mouarf) pour tenter de masquer ce que savent tous les pros : un seul navire ne sert pas à grand chose d’autre qu’entretenir des compétences, et surtout ne dissuade personne.

            Le GROS problème, c’est qu’à force de se répéter ces slogans hypocrites pendant 20 ans de paix, une bonne partie des « décideurs » a finir par s’en convaincre, et nous avons basculé dans cette illusion du « fleuron national qu’il est tellement beau et cher que personne y va nous embêter donc c’est pas grave si on ne peut rien se payer d’autre ».

            Ne vous êtes vous jamais demandé pourquoi ce sont les Mistral, Tonnerre et Dixmude qui sont toujours les premiers sur théâtre en cas de crise ?
            Pas parce que leurs diesels carburent à la soupe aux choux ou qu’ils ont des catapultes à l’huile de carotte, mais tout simplement parce qu’ils sont TROIS, ce qui leur permet d’être dispo donc UTILES, tout simplement.

          • Minou danois dit :

            @Mic. Le Japon possède(era) deux groupes aeronavals, quoique vous pensiez de ces derniers. Quant à l’armement, tant coréen que japonais, vous feriez mieux de vous renseignez et sortir de votre bulle..

        • Le Chouan dit :

          « 3ème marine dans certains domaines tels que la projection ou la dissuasion. » ???

          Malgré que notre Marine offre un spectre capacitaire complet, actuellement, je penses qu’en terme de tonnage global et en nombre de bâtiments de combat, notamment de premier rang (11), nous ne sommes plus en septième position, mais en huitième ou peut-être même en neuvième…
          Pour info, en 1986 notre Marine se hissait à la quatrième place, quarante ans après, voila le résultat !

          • Fred And Co dit :

            Ce n’est pas en tonnage ni en nombre de navire que l’on évalue une marine militaire mais en nombre de mission qu’elle peut remplir. Il est plus facile de renforcer ce qui existe déjà que de crée de toute pièces ce qui n’existe pas. Les compétence et le savoir faire de l’ensemble sont les plus difficiles à acquérir. La France fait ce qu’elle a faire et le fait bien.

      • G dit :

        Attention aux classements bidon tout droit sortis de l’institut de sondages de MontCuq : troisième comment ?

        En SNLE et SNA ? Certainement pas.

        En frégates et destroyers ? Non plus, même en tenant compte des déboires italiens et britanniques.

        En corvettes, patrouilleurs et autres navires de souveraineté ? Personne ne peut prétendre (y compris nos adversaires hélas) que nous faisons de la défense de notre immense et planétaire ZEE une priorité.

        En aéronavale ? Cela dépendra du nombre d’A321MPA effectivement commandés.

        Et surtout pas en missiles antinavires, où l’on n’est peut-être même plus dans le top 30. En combat naval le boulot des Rafale se limiterait aujourd’hui à assurer une couverture air-air aux frégates et SNA qui devront aller faire le job.

        En tonnage ? J’espère que plus personne d’influent ne regarde sérieusement cette vieille jauge-là, et depuis bien avant ma naissance si possible, merci.

        Et puis c’est bien mignon de railler à la moindre occasion la pure vanité des « projets absurdes » des USA et du Royaume-Uni, si c’est pour aller ensuite lamentablement fayotter sur notre merveilleuse « classe Trump à la française », et son unique PANG d’ores et déjà obsolète depuis la fin de l’ère de la paix éternelle… et bien sûr elle aussi nucléaire (sur un p_____ de navire de SURFACE, b______!), et comparativement bien plus chère et dévastatrice pour la Marine Nationale que le projet américain ne le serait pour l’US Navy.

        Ces projets absurdes n’existent que pour faire illusion auprès de l’électorat du palais, flatter 2-3 egos et satisfaire quelques partenaires d’affaires. Ni la Russie ni la Chine ni les autres malfaisants de Méditerranée et d’ailleurs n’en sont dupes :

        La Chine se frotte tout autant les mains de la bêtise de ce projet BBG(X), que la Russie du déni stratégique qu’incarne notre projet PANG, ou nous de leur stupide Kirov.

        L’excès de Cocoricos est mauvais pour l’acuité visuelle, à consommer avec modération ; parlez-en à votre médecin.

        • Le Chouan dit :

          Bien d’accord avec vous !
          Cependant, le tonnage global reste un bon indice si on prend le temps d’analyser, de comparer et de suivre l’évolution des diverses capacités de combat entre les principales puissances.
          Après, je vous accorde, qu’il faudrait classer les 10 ou 15 premières Marines, plutôt en fonction du nombre de navires purement de combat, (PA, PH, Croiseurs, destroyers, frégates, corvettes, grands patrouilleurs supérieurs à 2 000 t, ainsi que par rapport au nombre de SNLE, SNA et SM, idem pour l’aéronavale…) et ensuite, faire un tout avec le reste, (bâtiment amphibies, logistiques, guerres des mines, patrouilleurs, vedettes et bientôt avec le nombre et type de drones) afin de juger des points forts et des faiblesses des uns et des autres.

          • G dit :

            Non, il faut juste arrêter de raisonner en termes de « classements » absurdes, et commencer à se demander tout seul dans son coin ce que l’on veut (la stratégie) et de quoi l’on a besoin pour l’obtenir et/ou le conserver avec les amis que l’on a, et (ensuite seulement) au vu de ce que font les autres.

            Les histoires de « classement », de « déclassement », de « rang à tenir », de « modèle d’armée complet », etc. sont surtout des formules creuses censées masquer une absence de boussole stratégique.

        • Le Chouan dit :

          Quels amis, avec qui ?
          La France à très très peu d’amis !
          Notre Marine n’est pas là pour servir de bouche trou…
          Déjà, relevons et renforçons seul notre Marine, afin d’être souverain et maître de décider, puis d’agir comme bon nous semble.
          Je maintiens qu’un classement global et détaillé est utile !!

    • rainbowknight dit :

      Deux doctrines, deux visions différentes probablement influencées par l’Histoire respective et expansionniste des deux pays.
      Mais faut-il encore imaginer la pertinence des réflexions des siècles passés quand les progrès scientifiques et technologiques obligent aujourd’hui les stratèges à déjà considérer demain ?
      Toutes ces déclarations ne relèvent-elles pas d’une même volonté, à savoir contraindre « l’autre » à suivre dans cette course effrénée avec pour seul but de le voir s’effondrer économiquement ?
      La réponse que la Chine apporte avec son « porte-avions spatial  » doit être de nature à inciter les Amiricains à faire plus et plus encore…..

      • G dit :

        Les clips sur TikTok passent, les maths restent :
        Un navire de combat, c’est 2, 3, 4 ou plus… ou bien zéro, mais *surtout pas* un seul.

        Et avant de revomir des hoax de « porte-avions spatial », ce serait bien d’expliquer en quoi consisterait un éventuel « avion spatial », qui n’existe vraisemblablement aujourd’hui en aucun exemplaire, nulle part.

        Car l’état de l’art aérospatial dans le monde réel d’aujourd’hui c’est un lanceur biétage à moitié réutilisable qui fonctionne parfaitement : le Falcon 9.

        Tout le reste est encore au stade du pipeau, du slop, des PowerPoint ou au mieux (toujours chez SpaceX) des champs de ferraille d’épaves explosées dont les hypothétiques performances esperées sont de plus en plus floues.

        • rainbowknight dit :

          L’important n’est pas que ce porte-avions spatial puisse exister , l’important c’est qu’il hante les esprits des potentiels adversaires .
          L’important c’est de voir ce dernier dépenser en vain des ressources financières malgré tout comptées. L’important c’est que « l’intox’ et la » psy ops » opèrent suffisamment pour semer le doute et troubler les plus incrédules.
          Rien de bien important à passer , hormis de-ci de-là une « fuite » qui va occuper  » l’intelligence » adverse. Mais c’est un monde qui est étranger à beaucoup dont vous -même à en croire votre écrit.

          Les projets  » oranges  » sont eux aussi des porte-avions spatiaux , entrainer l’autre dans une course sans fin c’est espérer le voir chuter comme un mur….
          Pour parvenir à son objectif l’US Navy aura sans doute besoin de nombreux « produits ou matériaux  » en provenance de l’Empire du Milieu. Sauf peut-être à les avoir et les exploiter au Groenland .

          Les Américains sont de grands enfants, une partie des électeurs est persuadée qu’Adam et Eve ont croisé les dinosaures, que la guerre des Etoiles ou la Porte sont réelles et plein d’autres absurdités qui nous amusent.
          Pour les Maths, vous seriez surpris de voir le grand bond en avant réalisé par les Chinois….. toutes les formules n’étaient pas dans le petit livre rouge.

          Mais le plus important c’est de ne pas tomber sur le cul en disant « Oh Putin le con il l’a fait …. » parce que là on subit plus qu’on ne dicte.

  13. Cati Lux Fero dit :

    C’est Mahan (1840-1914) qui avait théorisé la politique du « Sea Power » et le « Containment » de la masse eurasiatique. Il fournit les fondations intellectuelles qui seront reformulées au 20ᵉ siècle pour structurer la géopolitique américaine :
    Il avait démontré que les nations qui contrôlaient les voies maritimes, les détroits et les chantiers navals dominaient le commerce mondial et, in fine, les affaires du monde, car le transport par mer est historiquement plus rapide, économique et flexible que le transport terrestre.

    Mahan identifiait la Russie comme une puissance continentale massive mais géographiquement « étouffée », cherchant désespérément des accès aux mers chaudes (Méditerranée, golfe Persique, océan Indien). Pour lui, le rôle des puissances maritimes était de maintenir ce blocage pour l’empêcher d’étendre son emprise sur les marges maritimes de l’Eurasie.

    En 1904, Halford Mackinder reprend l’opposition de Mahan mais inverse le constat en avertissant que le contrôle du cÅ“ur de l’Eurasie (Heartland, dominé par la Russie) pourrait permettre à une puissance continentale de dominer le monde si elle développait un réseau ferroviaire performant. (ce que fait désormais la Chine via BRI)

    En 1942, Nicholas Spykman synthétise Mahan et Mackinder en créant le concept de Rimland (la frange maritime de l’Eurasie : Europe de l’Ouest, Moyen-Orient, Asie du Sud et de l’Est). Spykman affirme :
    « Qui contrôle le Rimland commande l’Eurasie ; qui commande l’Eurasie contrôle les destinées du monde. »

    Lorsque George Kennan rédige le Long Telegram (1946) et pose les bases de la doctrine du Containment (mises en œuvre par le président Truman), il applique directement la logique géopolitique héritée de Mahan et Spykman :

    Sécurisation du canal de Suez, du détroit du Bosphore (adhésion de la Turquie à l’OTAN en 1952) et du détroit de Malacca.
    Déploiement de la 6ᵉ Flotte en Méditerranée et de la 7ᵉ Flotte dans le Pacifique pour verrouiller les côtes eurasiatiques.
    Maillage d’alliances défensives ceinturant le bloc soviétique le long du Rimland : OTAN (Europe), CENTO / Pacte de Bagdad (Moyen-Orient), OTASE (Asie du Sud-Est).

    Le Containment visait ainsi, durant la Guerre froide, à interdire à l’URSS l’accès aux océans mondiaux et aux zones côtières clés, maintenant la puissance soviétique enfermée dans sa cage continentale jusqu’à son épuisement interne.

    Pour reprendre brièvement ici un fil de conversation trop vite interrompu avec « un lecteur », qui réduisait Brzeziński à un simple universitaire sans influence, la continuité entre Mahan et Brzeziński est évidente.
    En l’occurrence, BrzeziÅ„ski fut Conseiller à la Sécurité Nationale durant tout le mandat de Carter. Il avait son bureau directement dans la Maison Blanche. Son influence était considérable, il était infiniment plus influent que le Secrétaire d’Etat Cyrus Vance. Son idéologie s’est pérennisée, et continue d’avoir une influence très importante sur les politiques des néocons, encore aujourd’hui.
    L’Afghanistan, l’Iran et l’Ukraine d’aujourd’hui et les situations qui en résultent, sont notamment des legs directement liés à sa doctrine et à sa politique.

    Il adapte les préceptes maritimes du 19ème siècle (et début 20ème) de Mahan, à l’ère de la puissance aérienne, spatiale et économique, en transformant le concept de « Sea Power » en concept d’Hégémonie Globale.
    Mahan désignait déjà la masse eurasiatique comme le foyer principal des rivalités de puissance. BrzeziÅ„ski en fait le postulat central du Grand Échiquier : pour qu’une puissance extérieure (les États-Unis) conserve sa suprématie mondiale, elle doit impérativement empêcher l’émergence d’un rival capable de dominer l’Eurasie.

    Tout comme Mahan voulait maintenir la Russie à l’écart des mers chaudes, BrzeziÅ„ski théorise le maintien de la fragmentation politique de l’Eurasie (d’où la volonté de fragmentation de la Russie en plusieurs États, qui est bel et bien une réalité).
    Il qualifie notamment l’Ukraine de « pivot géopolitique » critique : sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire eurasiatique pour devenir un simple État asiatique/continental isolé.

    Là où Mahan préconisait une chaîne de bases navales et d’alliances maritimes, BrzeziÅ„ski formalise la présence de « têtes de pont » américaines à chaque extrémité de l’Eurasie :
    L’Europe de l’Ouest (via l’élargissement de l’OTAN à l’Est).
    L’Asie de l’Est (via les alliances bilatérales avec le Japon, la Corée du Sud et Taïwan).
    Pour lui, il faut manÅ“uvrer directement sur l’échiquier intérieur eurasiatique (en intégrant les marges à la sphère d’influence américaine) pour empêcher le continent de s’unifier contre la puissance maritime.

    Seulement voilà : depuis 2013 le projet chinois BRI vise à désenclaver l’ÃŽle-monde (le Heartland) à travers des voies commerciales terrestres, qui échappent donc aux possibilités de blocus de la marine de guerre impériale.
    Et disons que ça porte quelques substantiels fruits…
    Voilà donc toute la stratégie de l’empire thalassocratique mise à rude épreuve.

    L’empire anglo-saxon (dont le cÅ“ur est la City) s’est alors empressé (une nouvelle fois) de forcer la rupture de tout lien entre la Russie et la vieille Europe à travers le projet Ukraine, visant à faire de ce pays qui était – par sa géographie – un pont stratégique, un véritable mur.
    Bien entendu, l’UE corrompue, vassale et sous influence qui s’est laissée priver d’énergie et voit donc mourir son industrie, veille désormais à saboter elle-même ses liens commerciaux les plus vitaux avec la Chine rivale de l’hégémon-suzerain.
    Tant pis : l’avenir du monde se jouera donc sans nous, en Asie.
    Vive notre vassalisation (via l’OTAN) à l’empire anglo-saxon défait et mortifère !
    Mmm ?

    Bref :
    La grandiloquente volonté trumpienne de revenir à des vieux fondamentaux de puissance impérialiste via une marine de guerre composée de grands et lourds bâtiments de surface, démontre s’il le fallait la totale obsolescence de ses points de vue aberrants et puériles.
    Le type et son administration sont simplement d’une stupidité crasse, pour le dire simplement.

    Si un tel projet était validé par l’US Navy (qui au demeurant n’a absolument pas les capacités industrielles ni les chantiers navals requis pour mener à son terme un tel volume de constructions – les croiseurs de classe Trump seraient – dans le meilleur des mondes – vraisemblablement fabriqués en Corée du Sud et éventuellement assemblés aux États-Unis…), nous aurions une splendide illustration d’un déclin impérial total, qui se perd dans le grand n’importe quoi et la nostalgie de sa puissance révolue.

    Tout est ici parfaitement incohérent et gravement obsolète. Des navires de cette taille sont simplement des « sitting ducks » face aux capacités balistiques d’en face, comme le sont aussi les porte-avions qui se tiennent sagement bien loin des théâtres d’opération.
    La classe Trump ressemble à un rêve humide qui masque un véritable cauchemar d’impuissance.

    • Un lecteur dit :

      Votre résumé historique est excellent, mais bascule ensuite dans une perspective trop déterministe et militante. Je proposerais quelques nuances indispensables pour rétablir l’impartialité.
      Les routes terrestres chinoises (BRI) tentent bien de contourner le blocus maritime américain. Mais le transport maritime reste indépassable : il représente toujours plus de 80 % du commerce mondial pour des raisons de coût et de volume. La Chine elle-même développe massivement sa marine pour sécuriser ses voies maritimes.
      Réduire cette guerre à un complot de « l’empire anglo-saxon » nie la souveraineté de l’Ukraine et la responsabilité directe de l’invasion russe. Pour l’Europe, le rejet de Moscou n’est pas de la « vassalisation », mais un choix sécuritaire face à une menace militaire à ses frontières.
      C’est un mythe de propagande. En 1991 comme aujourd’hui, la hantise de Washington est l’effondrement de la Russie, qui créerait un chaos incontrôlable avec des milliers d’armes nucléaires disséminées.
      Le déclin des chantiers navals américains et la vulnérabilité des gros navires face aux missiles chinois sont de vrais débats techniques au Pentagone. Cependant, la puissance navale reste vitale pour dissuader la Chine en Asie (Taïwan, Japon) et maintenir les lignes de commerce ouvertes.
      L’Occident n’est ni parfait, ni moribond. Nous assistons simplement au passage violent d’un monde unipolaire à un monde multipolaire, où chaque camp adapte de vieilles théories géopolitiques aux technologies du XXIe siècle.

      • Cati Lux Fero dit :

        « Pour l’Europe, le rejet de Moscou n’est pas de la « vassalisation », mais un choix sécuritaire face à une menace militaire à ses frontières. »
        Quelle menace militaire, bon sang ?
        La Russie ne parvient pas à prendre le Donbass, et vous craignez qu’elle ne s’attaque à la Pologne ? C’est ridicule !
        En revanche la Russie a toute la puissance de l’OTAN directement à sa frontière. Quelle surprise qu’elle soit vénère et sur la défensive !
        Combien de fois avions-nous été prévenus que l’Ukraine dans l’OTAN c’était NIET ?
        Vous pensez que les E.U verraient d’un bon Å“il l’armée chinoise installée au Mexique ?

        L’opération Unthinkable de Churchill qui voulait se farcir l’URSS dès 1945, c’était quoi au juste ?
        Les missiles Jupiter déployés en Turquie en 1961 (qui conduisirent à la crise dite « de Cuba » en 62) c’était quoi sinon une menace militaire ?

        Faut-il rappeler les diverses occasions au cours desquelles Poutine avait d’abord exprimé sa volonté de voir la Russie intégrer l’OTAN ? Le refus de l’administration Clinton fut catégorique.

        En revanche cette même administration n’a eu aucune retenue lorsqu’elle a décidé de parachever le démantèlement de la Yougoslavie, puis d’engager l’OTAN dans la toute première guerre illégale de son histoire, en dehors de ses prérogatives « défensives » et de sa zone géographique, pour obtenir la partition de la Serbie au nom du « droit d’ingérence »…
        Mmm ?

        Qui a intégré autant de pays de l’Est dans l’OTAN ? (oui je sais : eux mêmes parce qu’ils étaient « libres » de le faire. lol. Aucune pression.)
        Qui est à chaque fois sorti unilatéralement des traités ? ABM : Bush ; JCPOA, FNI, open sky : Trump ;
        Qui a déployé Aegis Ashore en Roumanie et en Pologne ? (« pour protéger l’Europe des missiles iraniens » lol)
        Qui a déclaré que la Géorgie et l’Ukraine intègreraient l’OTAN ?
        Qui a systématiquement refusé toutes les propositions pour revenir aux fondamentaux d’une « sécurité indivisible » en Europe, conformément aux textes de l’OSCE, du traité d’Helsinki (1975), de la Charte de Paris (1990), de la Charte de sécurité européenne d’Istanbul (1999), de la Déclaration d’Astana (2010) ?

        Qui a organisé en 2014 un coup d’État contre Viktor Ianoukovytch en n’attendant pas les élections présidentielles de mars 2015 ?
        Quel accord de libre-échange entre l’UE et l’Ukraine la forçait juridiquement à rompre l’union douanière avec la Russie, alors que toutes ses infrastructures et industries y étaient naturellement connectées ?

        Qui a avoué face caméra que les accords de Minsk 2 – dont la France et l’Allemagne étaient garants, et auraient donc dû contraindre l’Ukraine de Porochenko puis de Zelensky à s’y conformer – étaient carrément une manÅ“uvre dilatoire permettant d’armer (via l’OTAN) l’Ukraine dans la perspective de reprendre par la force les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk dans le Donbass? (Réponse: Merkel puis Hollande).

        Bref : c’est un peu facile de désigner la Russie comme une « menace militaire » à nos portes, non ?
        Qui oserait affirmer que nous (l’OTAN, les E.U) n’avons pas bien foutu la m.rde ?!

        Si vous me permettez, je vois une menace bien plus concrète dans notre aplaventrisme absolu face à l’impérialisme des E.U (quelle que soit l’administration qui joue la farce de la présidence).
        Face à notre nouvelle dépendance absurde et absconse à leur gaz et pétrole de schiste (dont l’extraction est de court terme, et dont la pénurie nous menacera très vite et très gravement) et qui est près de 4 fois plus cher que le gaz russe, ce qui a condamné notre industrie lourde.
        (Volkswagen annonce désormais 140 000 licenciements d’ici 2030 !…)
        Bien sûr que oui, l’Europe est vassale, et soumise contre ses intérêts, donc contre les nôtres !

        Je considère par exemple que la cession – sous Macron – de quelque 1500 entreprises françaises à des entités étasuniennes est infiniment plus mortifère et dangereuse que la soi-disant « menace russe ».
        On reparle d’Alstom ou c’est assez édifiant ? Et combien d’autres exemples ?

        Je considère aussi que consacrer de telles sommes – en plusieurs centaines de milliards – à notre budget de défense au détriment d’à peu près tout ce qui permet à la France d’être un État performant, est carrément mortel, et favorise en outre l’escalade en cours.

        Le rejet de Moscou est un « choix sécuritaire », dites-vous ?
        Je dirais que la fabrique du consentement – la propagande – a si bien fonctionné qu’elle a rendu aveugles un très grand nombre de mes compatriotes, qui ne remarquent même pas que l’UE/OTAN ( qui est 1 seule entité) a détruit tous les fondements de notre souveraineté (et donc de la démocratie), parce que ça sert des objectifs d’Europe fédérale, qui est un projet tout aussi absurde et obsolète que les croiseurs de classe Trump !

        Désolé, je préfère de loin « l’Europe de Brest à l’Oural », et oui je considère qu’on se porterait mieux face à la Chine et au déclin de l’empire US si l’Europe allait aujourd’hui de Brest à jusqu’à Vladivostok : quel dommage !
        La vraie question c’est donc : qui y voyait une menace pour son délire d’hégémonie ?
        Qui veut s’accaparer les immenses ressources de la Russie pour maintenir son empire et rêver (encore) de se farcir la Chine ?
        Qu’est ce qu’on a gagné, nous, à être forcés malgré-nous à une anti-diplomatie aussi catastrophique ?

        • Un lecteur dit :

          Votre réplique contient des rappels historiques précis, mais elle repose sur un biais déterministe où chaque événement est sélectionné pour instruire un procès à charge unique contre l’Occident. Pour maintenir une démarche objective, il convient de confronter chacun de vos arguments aux faits de terrain.
          – Sur la « menace militaire » et la souveraineté des pays de l’Est : vous considérez qu’il est ridicule de craindre la Russie sous prétexte qu’elle peine militairement dans le Donbass. C’est omettre que pour la Pologne ou les pays baltes, la menace est existentielle et s’est concrétisée par les invasions russes de la Géorgie (2008) et de l’Ukraine (2014, 2022), ainsi que par une rhétorique nucléaire agressive. L’entrée de ces pays dans l’OTAN n’a pas été le fruit d’une pression américaine, mais une démarche démocratique et pressante de leur part pour se protéger. Si la Russie est entourée de voisins méfiants, c’est parce que son modèle politique manque d’attractivité, l’obligeant à utiliser la force ou la contrainte énergétique plutôt que la séduction diplomatique.
          – Sur l’intégration avortée de la Russie dans l’OTAN et l’opération Unthinkable : si Vladimir Poutine a évoqué l’idée d’intégrer l’OTAN au début des années 2000, la Russie n’a jamais soumis de candidature officielle respectant les critères démocratiques de l’Alliance. Quant à l’opération Unthinkable de Churchill (1945), elle est restée un plan d’urgence hypothétique jamais validé ni mis en Å“uvre. La diplomatie russe n’a d’ailleurs pas toujours été bloquée par l’Occident, comme en témoigne la signature de l’Acte fondateur OTAN-Russie en 1997 ou la création du Conseil OTAN-Russie en 2002.
          – Sur la Yougoslavie (1999) et les retraits de traités sous Bush/Trump : l’intervention de l’OTAN au Kosovo s’est effectivement faite sans mandat de l’ONU, ce qui constitue une violation du droit international. Toutefois, elle répondait à un nettoyage ethnique documenté sur le terrain, et non à une volonté d’expansion territoriale américaine. Concernant les traités de désarmement (ABM, FNI, Open Skies), les retraits unilatéraux américains sont des faits avérés et regrettables, mais ils ont été motivés par des accusations réciproques de violations de ces mêmes traités par Moscou (notamment le développement du missile russe 9M729 pour le FNI).
          – Sur le « Coup d’État » de 2014 et l’accord de libre-échange de l’UE : qualifier la révolution d’Euromaïdan en 2014 de simple coup d’État orchestré par Washington est une réécriture simpliste. C’était un mouvement populaire ukrainien massif né du refus soudain du président Ianoukovytch de signer l’accord d’association avec l’UE. Cet accord n’imposait pas juridiquement de rompre avec la Russie, mais Moscou a refusé tout compromis tripartite (UE-Ukraine-Russie) et a imposé des sanctions économiques à Kiev, précipitant la rupture.
          – Sur les accords de Minsk II et le « gain de temps » : les déclarations d’Angela Merkel et de François Hollande sur le fait que Minsk II a permis de « gagner du temps » pour armer l’Ukraine sont réelles. Cependant, ce traité a été signé en urgence en 2015 pour stopper une déroute militaire ukrainienne face à des forces pro-russes soutenues par Moscou, qui ne respectaient pas non plus le cessez-le-feu. Plus qu’un complot prémédité, ce fut un compromis boiteux auquel aucun des deux camps ne croyait, chacun l’utilisant pour consolider ses positions en vue du choc suivant.6
          Sur la crise de Volkswagen et la dépendance au GNL américain: attribuer les difficultés de Volkswagen et de l’industrie allemande au seul coût du gaz américain est une erreur de diagnostic économique. Le constructeur souffre de faiblesses structurelles internes majeures : un retard technologique critique sur le marché du véhicule électrique et une perte violente de parts de marché en Chine face aux constructeurs locaux. Le coût de l’énergie a été un accélérateur de crise, mais pas sa cause première.7
          – Sur la cession des 1500 entreprises françaises et Alstom : le chiffre de 1500 entreprises cédées sous Emmanuel Macron omet la réalité des flux économiques mondiaux : le capitalisme est bidirectionnel. Les investissements et les rachats d’entreprises par des capitaux français aux États-Unis restent historiquement massifs. Quant à l’affaire Alstom, la souveraineté économique n’est pas figée, comme le prouve le récent rachat par l’État français des turbines nucléaires stratégiques Arabelle auprès de General Electric.8
          – Sur « l’Europe de Brest à Vladivostok » et le dilemme de sécurité : l’idéal gaullien d’une grande Europe eurasienne s’est brisé sur une réalité géographique : la paranoïa structurelle de la Russie. Privé de frontières naturelles sur la grande plaine européenne, le pouvoir russe (des Tsars à Poutine en passant par l’URSS) a toujours cherché à créer des zones tampons autour de lui. Ce que Moscou qualifie de défense légitime, ses voisins le vivent comme une menace existentielle. C’est le dilemme de sécurité classique : en voulant se protéger par la force, la Russie a provoqué exactement ce qu’elle redoutait, c’est-à-dire le resserrement des liens entre l’Europe et le bloc anglo-saxon.

          • Olivier dit :

            Merci à vous de remettre les choses dans l’ordre avec une perspective historique documentée.

          • Cati Lux Fero dit :

            « la menace est existentielle et s’est concrétisée par les invasions russes de la Géorgie (2008) […]  »

            Le rapport officiel de la mission d’enquête de l’Union européenne (rapport Tagliavini, 2009) a établi que la guerre ouverte à grande échelle a débuté dans la nuit du 7 au 8 août 2008 par le bombardement et l’assaut de Tskhinvali (capitale de l’Ossétie du Sud) par l’armée géorgienne sous les ordres de Mikheil Saakachvili.
            (qui fut plus tard conseillé par l’excellent Raphaël Glucksmann qui veut du bien à la France et aux Français…)
            Cet assaut visait à réimposer par la force le contrôle de Tbilissi sur la région séparatiste : une opération militaire intérieure visant à restaurer la souveraineté nationale, bien que conduite de manière disproportionnée et au mépris du droit humanitaire selon le rapport européen.
            Pour le reste : d’accord, la réponse russe a consisté à s’enfoncer dans le territoire géorgien, histoire de faire comprendre à Saakachvili (et à l’OTAN) qu’il ne valait mieux pas trop jouer.

            « Cet accord n’imposait pas juridiquement de rompre avec la Russie, mais Moscou a refusé tout compromis tripartite (UE-Ukraine-Russie) et a imposé des sanctions économiques à Kiev, précipitant la rupture. »
            L’Ukraine appartenait à une zone de libre-échange avec la Russie et les pays de la CEEI. Un accord de libre-échange approfondi et complet (ALEAC) avec l’UE créait un risque mécanique d’inondation du marché russe par des marchandises européennes transitant sans droits de douane par l’Ukraine.
            Contrairement à l’idée que seule Moscou refusait le dialogue, l’Union européenne (par la voix de Stefan Füle, alors commissaire à l’élargissement) a explicitement rejeté toute négociation tripartite UE-Ukraine-Russie à l’automne 2013, estimant que la Russie n’avait pas son mot à dire sur un accord bilatéral.
            L’accord de l’UE exigeait des réformes structurelles lourdes et une ouverture des marchés sans offrir d’aide financière à la hauteur des pertes économiques immédiates prévisibles avec la Russie, alors principal partenaire commercial de l’Ukraine. Le recul de Ianoukovytch en novembre 2013 relevait d’un arbitrage budgétaire et économique d’urgence, et non d’un rejet idéologique de l’Europe.

            Concernant Maïdan :
            Des diplomates de haut rang (comme Victoria Nuland) et des sénateurs américains (John McCain) se sont rendus à Kiev pour soutenir publiquement l’opposition sur la place Maïdan, un niveau d’ingérence directe dans les affaires intérieures d’un État souverain sans équivalent dans les démocraties occidentales.
            La fuite de la conversation téléphonique de février 2014 entre Victoria Nuland et l’ambassadeur américain Geoffrey Pyatt montre Washington en train de sélectionner activement la composition du futur gouvernement ukrainien (« Yats est le gars », désignant Arseni Iatseniouk) avant même la chute du régime.
            Le 21 février 2014, un accord de sortie de crise a été signé entre le président Ianoukovytch et l’opposition, sous le parrainage des ministres des Affaires étrangères français, allemand et polonais. Il prévoyait un gouvernement d’union nationale et des élections anticipées. Cet accord a été rendu caduc dès le lendemain par la prise de contrôle armée des bâtiments gouvernementaux par les insurgés, sans condamnation des garants européens.
            La crise de 2014 ne se résume pas à un choix souverain et spontané vers la démocratie européenne, mais constitue une crise institutionnelle majeure accélérée par une compétition géopolitique où l’Occident a soutenu un changement de régime hors des voies constitutionnelles.

            « ce traité a été signé en urgence en 2015 pour stopper une déroute militaire ukrainienne face à des forces pro-russes soutenues par Moscou, qui ne respectaient pas non plus le cessez-le-feu. »

            De 2016 à 2021 (période de guerre de tranchées post-accords de Minsk), les rapports de l’OSCE et de l’ONU constatent qu’environ 80 % à 85 % des pertes civiles liées aux bombardements et tirs d’artillerie ont eu lieu en zone non contrôlée par le gouvernement (côté séparatiste/pro-russe).
            La zone urbaine de Donetsk et sa périphérie immédiate (Makiïvka, Gorlovka), situées très près de la ligne de front et sous contrôle des séparatistes, ont subi la majorité des destructions matérielles et des victimes d’artillerie.
            Sur les plus de 14 000 Ukrainiens morts entre 2014 et 2022, on compte environ 6000 combattants « pro-russes », 4000 civils dont une immense majorité des habitants de républiques séparatistes russophones, et environ 4000 soldats Ukrainiens.
            Tous étaient des Ukrainiens. Réduire ce drame à « l’invasion russe » est à tout le moins inapproprié, voire malhonnête, de mon point de vue.

            Volkswagen annonçait 30 000 licenciements à horizon 2030 en 2024, en conséquence directe du sabotage de Nord Stream. C’était avant de perdre brutalement le marché chinois au dernier trimestre 2025.

            Arabelle : Le ministre Macron a vendu Alstom et les turbines Arabelle pour 500 millions, et – en bon président – les a rachetés pour 1,2 milliards : le Mozart de la finance !
            Pour Alstom : environ 6000 emplois détruits en Europe dont plus de 1500 en France.
            Et tant qu’à faire, pour parler capitalisme et souveraineté, expliquez nous ce que Larry Fink patron de BlackRock vient faire à l’Élysée, ou ce que les personnels de McKinsey font en étant « intégrés aux effectifs [du] ministère »…

            « en voulant se protéger par la force, la Russie a provoqué exactement ce qu’elle redoutait »
            C’est faire assez peu de cas du de l’invasion polono-lituanienne, de l’invasion suédoise, du Grand Jeu, de la guerre de Crimée, de Napoléon, de la première guerre mondiale, de l’invasion alliée durant la guerre civile russe, et de l’Opération Barbarossa et plus largement de la seconde guerre mondiale et ses 27 millions de morts soviétiques, si vous voulez mon avis.

            PS : sincères remerciements à la modération d’avoir permis cet échange constructif.

        • Cati Lux Fero dit :

          En complément de mon propos et pour aller plus loin, je recommande vivement la lecture de cet excellent article rédigé par Ian Proud, un ancien diplomate britannique (qui fut diplomate pendant 24 ans) :

          https://lesakerfrancophone.fr/la-diplomatie-occidentale-est-morte-nous-sommes-dans-une-ere-post-diplomatique

          • Un lecteur dit :

            Le diagnostic de Ian Proud sur la crise des compétences diplomatiques occidentales et l’impasse des postures strictement belliqueuses est lucide. C’est un point technique intéressant.Cependant, la conclusion géopolitique globale demeure profondément biaisée. En attribuant la prolongation des conflits à la seule obstination occidentale, cette analyse exonère systématiquement les puissances autoritaires de leurs propres responsabilités et de leurs ambitions territoriales. Relayer ce texte issu du Saker Francophone pose un problème de neutralité. Ce site est une plateforme de « réinformation » dont la ligne éditoriale est structurellement pro-russe, anti-occidentale et axée sur des théories alternatives. S’appuyer sur de telles sources fragilise la crédibilité de l’échange, car elles instrumentalisent des constats réels au profit d’une grille de lecture unilatérale.

        • Tourne-Bille dit :

          Vous pouvez ajouter ça à votre inventaire :
          { » Raccorder l’Ukraine à l’Europe a une conséquence directe : cela implique de la « débrancher » de la plaque russe. Or, pour la Russie, l’Ukraine a toujours été non seulement un grenier à blé mais aussi un grenier à électrons. L’Ukraine produit bien plus d’électricité qu’elle n’en consomme, et la Russie était biberonnée à l’électricité ukrainienne depuis des années. Perdre ces lignes, c’était une mauvaise nouvelle pour la Russie. « ]

          https://www.lesechos.fr/industrie-services/energie-environnement/video-comment-lukraine-a-ete-branchee-a-leurope-2203190
          On le sait peu …

        • Olivier dit :

          Je vous propose une autre approche: la Russie (incluant l’URSS), depuis 150 ans a fait ce qu’il fallait de massacres, pseudo-génocides et russification forcée de ses « frères » slaves (quit à s’allier à Hitler)… donc évidemment que lesdits frères slaves sont peut être moins intelligents que vous mais pas non plus maso… donc direction l’OTAN et l’UE dès qu’ils le peuvent. Les USA n’ont pas eu à effectuer une quelconque pression, juste à dire « la porte est ouverte ».

          Le commentaire de « Un lecteur » remet les chose à leur place.

    • rainbowknight dit :

      Démonstration de la perversité des loups guerriers lesquels doivent secrètement oeuvrer à imaginer le futur porte-avions spatial …..
      Ainsi sera assurée la prédominance du nouvel Empire du Milieu.
      Lao Tseu et Sun Tzu peuvent être fiers de la sagesse durement acquise par la Chine millénaire ….
      Mais si par une duplicité extrême USA et UE s’entendaient pour faire peser sur la Chine la menace commerciale , qu’adviendrait-il de cet Empire fragile ?

    • LaMeuse dit :

      C’est de bonne guerre de saisir l’opportunité de l’article pour placer un long laïus (IA ?) qui n’évite aucun poncif (City, etc…), dont la conclusion justifie le combat russe en Ukraine.
      Mais après une décennie de guerre et malgré les sacrifices quotidiens, l’Ukraine tient bon, ce qui dit clairement la direction voulue par son peuple.
      Votre « mur » est de la seule responsabilité russe, qui a eu la possibilité pendant une décennie de se joindre activement au projet européen et qui a opté pour des dirigeants au logiciel obsolète, devenus dépendants des nords coréens et des chinois : Brejnev doit se retourner dans sa tombe !!!

      Au bilan, comme l’Europe libre n’a aucune envie de vivre comme la Russie, l’alternative est claire : soit les Russes reprendront un chemin vers une vie démocratique respectueuse des peuples alentours, soit le combat perdurera, y compris à l’intérieur en clarifiant le jeu des politiques. L’éveil rétrospectif d’un général aviateur, viré d’une chaîne de News sans préavis pour cause de divergence avec une influenceuse, et désormais approbateur de positions internationales de R. Glucksman, est très symptomatique d’un aveuglement fréquent.

      • LS dit :

        Non, c’est bien l’Europe et plus particulièrement le monde anglo-saxon qui a rejeté la Russie à la fin des années 90 et pendant les années 2000. C’est bien le monde anglo-saxon qui a projeté une politique de démantèlement de la Russie ou au moins de destruction de la puissance Russe, politique d’une débilité sans nom, on le paye aujourd’hui d’un rapprochement Russie/Chine/Iran contre nous. Maidan 2014 est bien un avatar de cette politique (Maidan 2013 c’est plus compliqué).
        Le cas Ukrainien depuis 2015 est compliqué du fait d’une politique Ukrainienne violente face à sa minorité Russe en même temps que des ingérences de la Russie et de l’occident. Si l’on s’en tient aux relations Russie/occident, c’est effectivement la Russie qui fait la course en tête dans la montée de l’échelle de la violence (guerre hybride) même si c’est bien l’occident qui l’a commencé. A long termes, ce conflit auto-entretenue est néfaste aux intérêts des nations européennes comme à ceux de la Russie avec deux vainqueurs la Chine et les USA.

        • LaMeuse dit :

          Répétition ne fait pas vérité.

          Ce que vous écrivez est doublement faux et mensonger.
          D’une part, parce que ce que vous niez c’est bien la libre arbitre des peuples de la sphère d’influence russe à faire d’autres choix: le meilleur exemple étant la Biélorussie, après la Géorgie, etc… . ET cela ne se confond pas avec l’expression contrôlée et les votes organisés par le pouvoir violent et mafieux des oblasts de l’Est ukrainien.
          Et d’autre part, parce que jusqu’à Schroeder, Merkel, Sarkozy, Orban, etc… les dirigeants européens ont été trèèèèèès tolérants avec Poutine et l’appareil russe.

          L’axe asiatique n’en est pas vraiement un. Bien sûr, il y a l’arsenal russe, mais la Chine écrase l’ensemble de sa taille et de sa puissance.
          C’est aux russes de comprendre que pour exister, ils doivent se rapprocher de l’Europe (dont ils partageraient les valeurs, paraît-il !).
          Pas l’inverse.

        • LaMeuse dit :

          Le monde anglo-saxon …

          Le monde impérialo-russo-soviétique lui s’est démantelé tout seul par son incapacité à répondre aux aspirations des peuples à une vie plus juste, plus libre et plus heureuse. Pourquoi nier aux Ukrainiens, ce qui est légitime pour les Polonais ou nous mêmes ? Mais évidemment plus on s’approche du Kremlin, plus la résistance d’un pouvoir issu d’un longue lignée tsariste, soviétique et autoritaire se raidit.

          Malgré l’aberration Trumpienne, la notion même de monde libre subsiste et inspire d’autres peuples européens, mêmes si certains sont tenus en échec par la violence de leurs despotes. Lesquels effectivement se tournent par intérêt vers une Chine, qui écrase aujourd’hui la Russie de sa puissance !
          Pour ceux qui croient sincèrement aux valeurs du monde libre, ce qui a un prix, la seule conclusion est que nous ne devons dépendre en rien du Kremlin.

          Votre sympathie pour la Russie, qui fait écho à la longue patience des Merkel et Sarkozy, est condamnée à l’échec. C’est la Russie qui doit tout changer.

  14. pandacruel dit :

    Une partie de l’argent servant à financer ces matériels proviendra des taxations diverses de produits importés aux USA du monde entier. D’Europe notamment,( donc de France), ensemble de pays qui acceptent sans broncher ces taxations, et non seulement ça, qui en redemandent en s’empressant d’aller acheter une bonne partie de leurs équipements militaires auprès des mêmes USA, et en suivant ces mêmes USA dans leurs épopées guerrières ici ou là.

    Les USA auraient tort de se priver. Des « alliés » pareils, ils mériteraient même un pigeonnier en tape-à-l’oeil massif : à la Trump, quoi !

    • Bobby La Trousse dit :

      Combien de fois faut-il répéter que ce sont les importateurs qui paient les droits de douane, et non les pays qui exportent ?

      Donc, les pigeons dans l’histoire, ce sont les consommateurs américains…

      • LS dit :

        Oui et on peut dire la même chose d’une baisse de son taux de change, d’un transfert des prélèvements de la production à la consommation voire (mais c’est limite) d’une baisse des salaires. Les effets sont les mêmes au 1er ordre.
        Mais le débat ne fait que commencer car vous allez avoir deux effets en amalgamant tous les horizons de temps et si ces politiques sont bien conduites (ce n’est pas le cas de ce que fait Trump) :
        Une hausse de la PNB (Production nationale Brut).
        Une baisse du pouvoir d’achat moyen des ménages.
        C’est une question de priorité des objectifs, c’est-à-dire de politique.

        • LaMeuse dit :

          En fait, non.
          L’inflation aux USA demeure entre 3,5~4,2% , avec comme variante principale l’énergie. Les droits de douane n’ont pas d’effet massif. Comme les importations de biens sont stables en valeur, ce sont les importateurs, les exportateurs et les acheteurs qui se détournent des produits taxés qui réduit l’impact.
          D’ailleurs, le seul remboursement aux importateurs ne représente « que » 100Md€, ce qui à l’échelle US est sans enjeu.

          « Comment est ce financé ? » est à chercher du côté des 1.800Md€ de déficit budgétaire (sur une surface bien moindre qu’en Europe) et de la dette publique US avec 140Md€ d’emprunts par mois (souscrit largement par les Européens aussi). Pour mémoire, dans le système US, la dette c’est le PB du prêteur….

    • Un lecteur dit :

      Pour une fois, votre commentaire ne s’écarte pas du sujet et reste très pertinent. Vous avez tout à fait raison de lier le coût exorbitant de cette future flotte américaine à la question cruciale du financement et de la dépendance de l’Europe. C’est une extension logique du débat posé par l’article, et le parallèle avec le style de Donald Trump est bien vu. En revanche, votre thèse sur le mécanisme des taxes douanières repose sur une erreur économique. Les barrières tarifaires imposées par Washington ne sont pas payées par la France ou l’Europe, mais par les importateurs américains. Ce sont donc les consommateurs des États-Unis qui financent indirectement ces taxes par la hausse des prix sur leur sol, et non l’Europe qui abonde le budget du Pentagone. Cependant, votre constat sur la dépendance militaire européenne est une réalité factuelle indiscutable. L’Europe reste le premier client de l’industrie de défense américaine. Faute d’une base industrielle commune et d’une défense européenne forte, les pays de l’UE font le choix souverain de financer le parapluie américain pour leur sécurité immédiate, quitte à passer pour les pigeons de l’histoire.

      • pandacruel dit :

        un lecteur : dont acte pour ceux qui paient, et donc je ne comprends pas pourquoi le gouvernement français ( par exemple ) « hurle » dès que les droits de douane US augmentent,si ce sont les américains qui sont lésés ?
        si je comprends bien, ça fait donc moins de ventes de produits français, qui coutent plus cher pour le consommateur US.. ? donc les producteurs français qui sont des français, et leurs ouvriers, sont bel et bien impactés car ils vendent moins…
        Je ne suis pas connaisseur en économie, mais en bonne logique, (que je connais un peu), en effet, des français sont victimes aussi dans l’histoire..

    • rainbowknight dit :

      Par expérience et le fruit de nombreuses observations , nous savons que le seul made in China durable c’est toujours et encore la grande Muraille, le reste c’est du consommable jetable …. .
      Les Chinois, pas si bêtes, préfèrent nos produits…. si disponibles à la vente pour eux sinon une curieuse manie de faire de la copie…

    • sonata dit :

      Vous êtes conscient que les seuls à payer ces taxes, ce sont les consommateurs finaux, c’est-à-dire les Américains ? Les droits de douane, ça n’a jamais été payés par le pays qui exporte, mais bien par les consommateurs du pays qui importe et dont le produit coûte plus cher.

  15. wagdoox dit :

    Entre les fonctions actuelles des frégates/destroyer, plus les missiles offensifs hypersoniques (très volumineux), les missiles de défenses hypersoniques et le canon electromagnétique, c’est pas du tout délirant de faire un navire de cette taille.
    La deuxième question c’est de savoir s’il faut tout mettre sur un gros navire ou au contraire distribué les capacités (tout en offrant aux équipages de chaque navire un taux de survie acceptable devant des dangers multidomaines).
    La France a fait le choix de la distribution, manque entre les drones qui iront renforcer les FDI.
    Les USA se posent pas trop de question et font les deux, gros navires capable de tout et solution distribuée.

  16. Le Chouan dit :

    18 milliards de dollars par navire, la vache, c’est énorme !
    Au besoin, une série de bâtiments de 12 000 à 15 000 t auraient peut-être pu suffire tout en mettant le paquet sur plus de frégates, de destroyers et une nouvelle classe de croiseurs de 8 000 à 10 000 t.
    Bref, c’est leur pognon !

    « Avec la Frégate de défense et d’intervention [FDI], la Marine nationale a fait le choix de l’agilité, sans toutefois disposer, à ce jour, de davantage de navires dits de premier rang. »
    Ouais, ouais…….. agilité ou grand écart ?
    Pour l’instant, nous n’en avons qu’une seule FDI en service sur les 5 prévues et moins armée que celles vendues aux grecs (espérons comme annoncé, que le tir sera rectifié pour les n° 3, 4 et 5).
    Autre remarque, actuellement, nous possédons que, 11 navires de premier rang et pourtant, avec un budget annuelle qui a doublé, paraît-t-il…

    Commençons par balayer devant notre porte avant de pointer sans cesse du doigt, les américains, tout simplement parce que leur Président se nomme Monsieur Trump.
    Allez les pro Mac.., encore un os à ronger ! 😉 🙂

    • Romain KOUDLANSKI dit :

      Il faudrait comparé les budgets , tête de noeud . Il faudrait voir le nombre d’homme nécessaire pour mettre en oeuvre , les bâtiments en cas de perte d’un bâtiment ça ferait mal .

      • Le Chouan dit :

        Argumentez, au lieu d’insulter !
        Bien sûr que j’ai comparé les budgets mais je ne vais pas perdre mon temps avec une personne aussi borné.
        Essayez de comprendre pourquoi avec un budget en progression depuis des années et doublé à ce jour, nous possédons encore moins qu’avant??
        Creusez-vous un peu la tête si vous en avez les moyens…
        Tenez, je vous donne une piste, « entre paroles et mensonges », comme pour tout le reste, vous devriez pouvoir trouver la Vérité mais j’en doute !

      • Pandacruel dit :

        Romain KOUDLANSKI Quel dommage qu’on ne puisse pas inclure un dessin à son commentaire ! J’ai toujours rêvé de voir à quoi ressemble une « tête de nÅ“ud », expression fine du langage de notre pays, et j’ai beau me regarder dans la glace tous les matins, la ressemblance n’est pas totalement parfaite!
        Donc si vous avez l’adresse d’un site à me proposer ou une référence iconographique, Pinterest ou autre, je suis preneur

  17. Green dit :

    Si le ridicule tue, ces navires seront invincibles.

  18. Titeuf dit :

    275 milliards !!!!
    Non de Zeus…..
    Déjà 130€ de course par semaine ça me fusille…

  19. jean luc dit :

    275 milliards aux départs , retard , dûna des problême d*intégration de productions combien á l#arrivée??? 500-1000 milliards . moi je pense que dans 3 ans on lui fait un enterrement de 1er classe a ce programme

  20. Gaulois78 dit :

    Pas facile de dépenser annuellement 1500 milliards de dollars, comment faire pour trouver suffisamment de projets dispendieux, irréalisables..

    C’est pas facile..non vraiment pas facile..

  21. Dam dit :

    Z’ont intérêt à blinder leur défense anti-drones et bien réfléchir aux attaques par saturation, parce qu’à ce prix-là, ce sera vite « rentable » pour un assaillant (enfin, un défenseur, plus vraisemblablement, puisque ce sont souvent les US qui attaquent) de balancer une armada de p’tites munitions jetables.

  22. lxm dit :

    Si Trump avait pu faire construire une ligne de navires en or massif, il ne s’en serait pas gêné.
    Car là Trump n’agit pas en arbitre d’une décision interne aux stratèges de la marine, mais c’est lui qui veut un navire, le plus gros et puissant possible, pour flatter son égo.
    Cela me rappelle directement les supercuirassés japonais Yamato et Musashi et le rôle de grandeur qu’ils devaient incarner comparé à leur rôle effectif, ridicule, dans la seconde guerre mondiale.
    Comme certains américains le disent, on est là en plein de caprice du « Roi » Trump, et cela ne plait guère, ce n’est pas un secret que plein d’américains( et souvent bien armés) n’aiment pas les monarques.
    Donc je me doute que bien des gens vont faire trainer en longueur cette affaire jusqu’à ce que Trump finisse son mandat puis le navire sera annulé, ou ne sera réduit qu’à 1 ou 2 navires, et rejoindra la liste de projets hors de prix et inutiles comme le Zumwalt.

    • G dit :

      Cette fameuse liste de « projets inutiles et hors de prix », on peut la voir ? Y a-t-il un onglet « France », ou bien la réservez-vous à ces imbéciles d’étrangers?

      Et sinon, concernant les Zumwalt, je vous trouve un peu trop sévère :

      Certes, l’annulation des obus magiques « scaf » que devait lancer leur armement principal « catapulte électromagnétique » en a grandement diminué l’intérêt (certains aux États-Unis ont même osé dire que le programme n’avait plus de sens !), mais enfin, tout n’est pas perdu : avec 3 navires on n’est pas aussi idiots qu’avec un seul par exemple, et ils peuvent déjà envisager de les refondre pour constituer une modeste mais réelle capacité déployable.

      Oh mais tenez, c’est d’ailleurs ce qu’ils sont en train de faire !!! Ouf, on a eu chaud.

      Heureusement qu’ils n’en avaient pas fait juste un seul, sinon c’était fichu pour espérer en faire quelque chose d’utile, et il aurait sûrement fini à la casse…

  23. zaza24 dit :

    Classe TRUMP après le F47 à venir ….
    Il ne passe plus les portes cet homme-là …
    Effectivement, 18 Mds$ ça nous ferait qqes SNA voire un second PA et toute sa clique…+ qqes dizaines de Rafales en plus
    Pétard !!!!

  24. Myshl dit :

    Le cas d’école ici pertinent est la bataille de Tsushima.

    Mais bon, Trump y’en a pas connaître l’Histoire,
    comme d’ailleurs l’immense majorité des usaméricains,
    pour qui le monde commence avec eux.

    Tsushima 1905, les lourdauds russes battus par les agiles nippons…
    Toujours merci à l’ingénieur Bertin.

    Trump et avec lui le mercantile complexe militaro-industriel US veulent faire des gros bateaux?
    L’Amérique touche le fond de la bêtise, comme bientôt ses cuirassés le fond de la mer.

    Leurs militaires apprennent des guerres en cours,
    leurs services de renseignement probablement aussi.
    Mais la finance US, le Complexe militaro-industriel US veulent que rien ne change,
    parce que la bêtise washingtonienne conforte leurs immenses bénéfices.

    Eisenhower a encore et toujours raison

  25. lecoq dit :

    je me pose la question : sont-ils prévu pour aller dans l’espace ?

  26. Olivier C dit :

    Un programme qui sera abandonné si les démocrates gagnent en 2028, voire même cette année aux mid-terms

  27. Thorgal dit :

    L’illustration fait penser à une boite de maquette Airfix ou Matchbox…

  28. Momo dit :

    Les commentaires de tous les « amis » xinois qui interviennent sur le forums sont unanimes.
    Cette unanimité spontanée et en général structurée est intéressante de par sa simple existence.

    Ainsi peut-être il y a-t-il quelque chose de valide dans ce projet qui parait a priori décalé?

    Parce qu’au delà des rodomontades à 2€ des bas du fronts médiatiques il reste totalement préférable d’être dans la sphère US que de celle de la Chine. Et malgré les trépignements des UE-zinzins il n’existe toujours pas d’alternative européenne, à construire à base zéro (mise à plat de l’UE actuelle).

    • benoit dit :

      Il y a pas mal de monde qui travaille avec les Chinois et tout ne se passe pas mal.
      Certes il y a des mecs qui ont tout délocalisés et finissent à poil mais il y a aussi des entrepreneurs qui savent y faire.

      Alors oui la Chine fait peur mais les USA depuis 2000 sont un pays de tarés

  29. sonata dit :

    Non, mais il faut bien être conscient que ces navires ne seront jamais construits, c’est juste un bluff de la Navy pour flatter l’égo de l’idiot du bureau ovale et obtenir des crédits.

    Les USA ont d’énormes problèmes avec leur construction navale, ils sont incapables de mener un programme à terme, se plantent dans de multiples échecs conceptuels coûteux (Zumwalt, LCS, Constellation,…), arrivent à peine à prolonger à grand prix des séries issues de la guerre froide (Arleigh Burke), ont des soucis de gestion qualité, de ressources RH et surtout n’ont absolument aucune réserve pour monter en puissance (le secteur de la construction navale civile est mort depuis quelques années déjà).

    Et dans le même temps, ils sont confrontés à d’énormes défis, dont le renouvellement quasi intégral de leur flotte, allant des ravitailleurs aux portes – avions, en passant par les frégates (n’existant plus), croiseurs (en cours de retrait) et destroyers (Arleigh Burke déjà évoqués. Bon design mais arrivé en limite d’évolution). Sans compter la sous – marinade, tant les SNLE que les SNA. Les Virginia représentent le seul programme à peu près correct de ces 20 dernières années…. Mais avec des soucis de management qualité déjà évoqués et une quasi – impossibilité d’augmenter la cadence (coucou les cocus d’Aukus ! L’Australie n’aura jamais ses Virginia d’occasion).

    Les programmes de missiles hypersoniques sont loin d’avoir tous aboutis, le programme de canons électromagnétiques a été abandonné, mais certains pensent vraiment que toutes ces ruptures technologiques vont être intégrées dans un nouveau navire à développer (rappel : une simple frégate partant d’un design existant a échoué), alors même que ni l’infrastructures ni les ressources RH n’existent ?

    Pour rappel : Seawolf, Zumwalt, LCS. Trois programmes échoués à plus de 20 milliards chacun. Avec ça, ils auraient pu se payer les 60 frégates ASW qui leur manquent pour faire face à la Chine.

    • farragut dit :

      @sonata
      Vous avez raison sur le problème des ressources humaines dans les chantiers navals US, et le coût déraisonnable de ces super-croiseurs atomiques.
      En fait, c’est bien l’US Navy qui a fait construire la flotte de vaisseaux spatiaux Solar Warden, que l’US Air Force, qui se croyait maligne avec ses TR-3B, a découvert à l’occasion de la création de la Space Force par Trump en 2019.
      L’USAF a compris, à la lecture des caractéristiques de ces vaisseaux interstellaires, qu’elle n’était qu’un équivalent de l’US Cost Guards en orbite terrestre.
      Les SSP (Secret Space Programs) et les SAP (Special Access Programs) sont cloisonnés de telle façon que les participants à un programme donné ne connaissent pas les programmes voisins, indépendamment de leurs habilitations de niveau de secret…
      Pour ce qui est du financement, ces SSP sont « cachés » dans d’autres programmes, et il ne provient pas uniquement du DoD.
      Les ressources humaines des chantiers navals traditionnels sont en fait détournées pour construire ces vaisseaux gigantesques (jusqu’à 1 km et plus de longueur, à comparer aux seuls « 300 m » des supercarriers de la classe Ford actuelle.
      La qualité des programmes de l’US Navy que vous citez reflète l’absence de main d’Å“uvre qualifiée rattachées à ces SSP.

    • G dit :

      D’accord avec vous sur l’essentiel, à l’exception des Zumwalt et Seawolf qui ne méritent à mon avis pas les mauvais procès qu’on leur fait :

      Ce sont toujours, et à l’instar du Charles de Gaulle chez nous, d’excellents navires malgré leur excessive sophistication, encore à la pointe aujourd’hui, mais auxquels la fin de la guerre froide avait surtout « coupé les pattes » : construits en nombre très insuffisant pour servir à grand chose au plan militaire et justifier leurs coûts faramineux, ils auront tout de même permis de développer des concepts opérationnels et/ou des technologies qui pourront éventuellement se révéler utiles dans cette guerre froide-ci.

      • sonata dit :

        Mouais, pas convaincu du tout. Le programme Zumwalt est un échec (peut-être pas les Seawolf, mais la gestion qui a suivi oui).
        De base l’idée c’était de remplacer le concept d’Arsenal Ship par une plateforme équipée d’artillerie lourde, capable de pilonner la terre ferme via l’Advanced Gun System, pour moins cher qu’un missile de croisière. Au final, les obus développés pour ces canons de 155mm auraient eu un coût de… 900 000 dollars l’unité. Soit 40% du coût d’un Tomahawk, pour beaucoup moins, d’où l’abandon du programme.
        La raison d’être de ces navires a donc disparu.
        Pour le reste, ils ne peuvent remplacer un Ticonderoga ni même un Arleigh Burke, parce qu’ils n’ont pas assez de VLS ni même de système AEGIS, avec un radar moins performant que celui des Burke (SPY3 vs SPY6 pour les Burke flight III).
        A voir ce que ça va donner en remplaçant les deux canons par des missiles hypersoniques, mais ça restera une solution de pis – aller pour leur trouver désespérément une forme d’utilité.
        Pour les Seawolf vous avez raison : les bécanes en elles – mêmes ne sont pas un échec, mais les annuler pour relancer derrière un autre programme dont les unités restent extrêmement coûteuses, ce n’est pas non plus une bonne gestion des deniers publics.
        Après ce sont les USA, ils ont les moyens de se planter.
        Mais imaginez un seul instant la gueule qu’aurait l’US Navy aujourd’hui sans ces atermoiements sans fin !

        • G dit :

          80 vls, un grand volume à l’avant pour déployer des armes hors norme, une coque furtive et une capacité énergétique de plusieurs dizaines de MW pour de futures armes à énergie dirigée, le tout sans la plaie d’un réacteur nucléaire… Je maintiens quant à moi que ces navires demeurent pionniers, évolutifs et prometteurs malgré leur coût, qu’ils peuvent encore trouver un bel usage innovant à leur pointure, et que les États-Unis auront peut-être eu du flair de les conserver finalement.

          Mais c’est pas grave, on n’est pas obligés d’être d’accord !

    • Philippe dit :

      @Sonata. »impossibilité d’augmenter la cadence ». On en reparle dans 4-5 ans, ok. Car elle est bel et bien en train de reaugmenter… Mais on parle ici de SNA, pas de drones à 2000 dollars..

      • sonata dit :

        La cadence actuelle de production des SNA est de 1.2/an. 26 Virginia sont en service.

        Si la Navy veut atteindre sa cible de 62 Virginia en 2045, il faudrait passer à 1.9/an. S’il faut fournir à l’Australie les 5 (3+2) Virginia prévus, ça veut dire passer à 2.2

        Problème : en parallèle, il faut également construire les SNLE Columbia. 12 navires, à raison d’un par an, qui devraient rentrer en service à partir de 2031. ça veut dire que les chantiers navals US devrait faire passer la cadence de 1.2/an à… entre 2.9 et 3.2/an vers 2035, selon le contrat AUKUS (à supposer que les USA remplissent leurs obligations dans ce contrat, ce dont les Australiens sont de moins en moins sûrs).
        ça représente une augmentation de +140 à +170%.

        Pour donner une idée des problèmes qui se posent et qui montrent bien qu’il ne suffira pas d’injecter du budget :
        – en 2015, des réparations non-autorisées concernant la chaufferie de trois SNA ont été réalisées, affectant possiblement la qualité des navires ;
        – en 2019, des tests qualité ont été falsifiés concernant les revêtements en tuiles anéchoïques ;
        – en 2019 toujours, des tests qualité concernant des soudures ont été falsifiés ;
        – en 2021, un sous – traitant actif dans la métallurgie a admis avoir falsifié des tests de résistance d’aciers pendant… 36 ans ;
        – en 2024, Newport News (pas un sous – traitant ça, carrément le chantier naval responsable !) a admis avoir réalisé improprement des soudures de mauvaise qualité sur des sous – marins et des portes – avions.

        ça va être très difficile de remonter la pente. Et contrairement à la guerre froide, il n’y a plus d’industrie navale civile sur laquelle compter pour monter en cadence.

  30. Madracs dit :

    Ridicule, si ces navires se font (ce dont je doute) ce sera avec 15ans de retards, un budget fois deux, construits a 2 ou 3 exemplaires au lieu de 15 et au final ils passeront leur vie au port car sans mission pour justifier leur cout d’utilisation.
    Et pourtant si on me parle de reconstruire un classe Richelieu modernisé je suis pour. Je saurait que ça serait un navire inutile mais je serait un fanboy complet…..
    Ils auraient du les appeler les « New Missouri » au lieu de Trump et je suis sur qu’ils auraient +50% de popularité aux US^^

  31. albert dit :

    quand on voit la vulnerabilité des bateau maintenant, on se dit qu’il vaut mieux une flotte de plusieurs bateaux de tailles moyennes, avec chacun des roles précis (defense SM, defense AIr/Air, defense anti missile, radar, attaque) plutot que de gigantesques navires du’n autres temsp qui se prendront des missiles hypersoniques en pleine tronche

  32. Pinard et Sauciflard dit :

    Donc minimum 20% plus chers que les toutes premières estimations de décembre qui tablait sur 10 à 15 milliards par épave de ce type sans classe… Les US sont vraiment des clowns. Suffit d’ailleurs de voir leur prestation en Iran. Défaite et humiliation totales et le plus beau étant qu’ils ont tout déclenché eux-mêmes comme des grands sans aucune raison! L’  »empire » USé c »était déja pas brillant brillant sous Walker-Texan-du-Bush et ses rêves d’  »estate building » version Rambo 3, Oh-bah-m3rde ma ligne rouge, Trumperie-sur-la-marchandise 1 et Joe Bidon la met AUKUS de ses alliés. Mais avec Trumpette-2-Jéricho ça prend des proportions bibliques!

  33. G dit :

    L’article passe malheureusement à côté de l’essentiel : bien évidemment qu’ils ne verront pas le jour ; cependant la question n’est pas celle d’un débat doctrinal aube-mahan-bidule-machinchose, mais d’une collision de calendriers de construction concurrents :

    – Les SNLE Columbia sont absolument vitaux, et déjà sur la corde raide.

    – Les SNA Virginia sont essentiels, et déjà très en retard.

    – Les PAN Ford sont importants (pour les USA), et plombent déjà l’appareil industriel.

    -Les DDG(X), successeurs des vaillants et immensément indispensables (mais plus tout jeunes) Arleigh Burke, viennent de se prendre 4 ans dans la vue pour céder la place à cette monstruosité présidentielle.

    L’appareil industriel n’est tout simplement pas capable de sortir tous ces navires à temps pour dissuader tous les adversaires des États-Unis, et prédateurs de leurs (ex?-)alliés.

    La bêtise de rallonger encore les coûts *mais surtout les délais* de ces navires de surface en les affublant d’un réacteur nucléaire « parce que c’est ce que font les vrais bonshommes, man » ne fait qu’aggraver le problème…

    Et assez paradoxalement ce « caprice nucléaire dans le caprice » rend service à l’US Navy, qui tient là l’argument massue pour annuler ce programme et rétablir les VRAIES priorités programmatiques listées ci-haut, sitôt que Trump aura dégagé.

    • benoit dit :

      Les USA sont le pays des rêves.
      Un manager US passe sa vie à bosser et la tête dans le guidon , c’est contre productif inutile et stupide…

      Mais il est Américain, regarde des films à la con ne prend jamais de vacances et ne comprend rien à rien au monde.

  34. Ulysse dit :

    la grande nouveauté en matière de guerre navale se sont les drones. les Ukrainiens ont montré le chemin avec des drones de petites dimensions, la tendance est au développement de drones oceaniques et aux drones sous marins. la résurgence des cuirassés voulue par Trump interroge. leur intérêt n’est pas négliger dans l’absolu, rapporté a leur coût, il est beaucoup plus fragile. Quelles sont les alternatives avec un budget de 275 milliards ? le problème peut être posé, à une échelle bien moindre évidemment, pour le super et unique futur porte avions français.

  35. piem dit :

    Je ne sais pas si on déjà dit, mais ça fait 18.3 Milliards de $ par bâtiment (15.9 Milliard d’Euros)
    Finalement : Ça le fait quand même : La monnaie $ dirige encore tout.
    Bon ok, 18 Milliards c’est même pas le coût final de la centrale de Flamanville. (23.7 Milliards d’Euros).
    Trop forts dans les discussions ces amerloques.!

  36. piem dit :

    Mais j’ai une question bête :
    Pourquoi avions-nous abandonné l’idée de construire de nouveaux cuirassés après WWII ?

    • farragut dit :

      A cause du Yamato et de son sister-ship (tranformé en poter-avion), qui se sont fait massacrer par les bombardiers des porte-avions américains de la flotee du Pacifique, ou couler par un sous-marin.
      L’usage de l’aéronavale par les américains après Pearl Harbour a démontré que ce n’étaient plus la taille ou la portée des canons des cuirassés qui comptait, mais bien la capacité d’emport de bombardiers et d’avions torpilleurs des porte-avions qui était l’élément décisif.
      La bataille de Midway a eu pour conséquence que les flottes japonaises et américaines se sont battu au delà de la portée des canons des cuirassés, sans jamais se voir directement.
      Le porte-avions est devenu le « capital ship » de la flotte, et les cuirassés de la classe Iowa ont été réduits à faire de l’appui feu de troupes au sol, à 40 km de distance (Corée et Vietnam). Ce sont les porte-avions US qui ont fait le boulot avec leurs A-6 au Vietnam depuis la mer (Yankee Station).
      Et depuis, que ce soit en Irak ou en Iran, ce sont essentiellement les supercarriers US qui interviennent, les bases terrestres étant trop exposées aux missiles balistiques et aux missiles de croisière…

      • G dit :

        LES porte-avions sont devenus les « capital-ship ».

        Les.

        Au singulier, c’est juste un démonstrateur, pas une capacité.

    • G dit :

      Parce que c’est durant cette guerre que les cuirassés se sont fait dézinguer par les porte-avions. Les groupes aéronavals sont alors devenus les nouveaux boss des mers, ce qu’ils sont toujours dans une certaine mesure, quoique bien plus vulnérables depuis l’invention du SNA.

    • sonata dit :

      Parce que leur utilité était sur la pente descendante.

      On a souvent tendance à dire qu’ils étaient déjà obsolètes durant la WWII à cause du porte – avions. Mais ça c’est faux. Outre le fait que le HMS Glorious a été coulé par deux cuirassés (ainsi que le Gambier Bay en fin de guerre), il y a encore certaines missions pour lesquelles les cuirassés sont très bons : bombardements côtiers, plateforme anti-aérienne, défense contre d’autres navires de ligne (les engagements cuirassés contre cuirassés sont encore nombreux durant la guerre). Et surtout, il y a des circonstances pendant lesquelles les portes – avions restent inutilisables ou presque : par mauvais temps, et de nuit. Bref, durant la deuxième guerre mondiale, les cuirassés sont loin d’être obsolètes ; leurs rôles évoluent, au sein de flottes plus diversifiées qu’avant.

      Par contre et après – guerre, la généralisation de l’utilisation des portes – avions par tous les temps, l’apparition du missile, l’amélioration énorme des performances des sous – marins ont finalement limité la plus – value des cuirassés, qui restent quand même des navires extrêmement coûteux à mettre en service et à maintenir en ligne.

      Oui je sais, les Iowa ont été réactivés dans les années 80. On peut largement en questionner l’utilité, et ce ne serait absolument plus possible aujourd’hui, contrairement à ce qu’imaginent les fantasmes de certains.

    • benoit dit :

      Les avions et les missiles ça vous parle ?
      Les radars ?

      Sinon relisez l’agonie du Prince of Wales et regardez qui a coulé le Bismark…
      Petite histoire du Yamato pour les nuls est itéressante aussi

  37. DarkCed dit :

    Et pourquoi pas ? Avec un tel armement et une propulsion nucléaire il est de taille pour durer en mer et notamment dans le pacifique. Après c’est sur qu’il faut trouver les marins pour le conduire sur le champs de bataille et trouver un moyen sûr de l’approvisionner en armement à la mer. Bon le prix… c’est l’équivalent d’un PA de la classe Ford je crois.

  38. PatBdx dit :

    Peu importe.
    Il reste un peu plus de 2 ans de Trump. Quel que soit le guignol qui le remplacera, il annulera ce projet qui n’a d’utilité que de flatter l’égo de Trump. Ce projet n’a jamais été porté par l’US Navy et son coût astronomique et on le sait, sûrement sous évalué, fera que le prochain locataire de la Maison Blanche annulera ce projet en même temps qu’il enlèvera les breloques dorées qui en tapissent les murs.

  39. Myshl dit :

    Les USA sont le « phare » de la démocratie.
    Pas la première puisque la première démocratie est la Fédération indienne.
    L’alternance chez les amerloques, c’est juste un changement de dictature.
    La « démocratie » (US)américaine n’est donc qu’une alternance dictatoriale.

    En RPC il n’y a pas d’alternance,
    donc selon les critères US il n’y a pas de « démocratie ».

    Quand je vois, quand je mesure ce que sont les USA, chez eux et au dehors,
    je constate que leur « démocratie » n’est qu’une trahison,
    une trahison de leurs propres principes,
    et une trahison des imbéciles qui se sont crus leurs alliés.

    Entre l’empire du milieu US et l’Empire du milieu chinois,
    je choisis le chinois.
    Les amerloques sont une erreur de l’Histoire mondiale

  40. Mickael dit :

    cela si on réfléchit un peu plus loin que le bout de son nez on peut se poser une question. quelle est le défaut majeur de tous les bateaux à capacité anti aérienne ?
    bon aller je suis gentil je vous le dit. c’est la capacité de stockage des missiles.
    une Fremm peut les tirer en une seule journée… et doit recharger dans un port.
    un bateau plus grand stock plus et pourrait recharger les lanceurs verticaux en mer. Donc en soit pas idiot sur le principe.

    • Fred And Co dit :

      .
      Une FREMM peut sans aucun doute recharger ces missiles en mer puisque que cela a été fait sur une FDI au cours d’un entrainement. la Marine Nationale a fourni des images à cette occasion.
      Le 9 mars 2026, devant les côtes martiniquaises, la frégate de défense et d’intervention (FDI) Amiral Ronarc’h et le bâtiment ravitailleur de forces (BRF) Jacques Stosskopf ont procédé à un rechargement à la mer de missiles anti-aériens Aster. Ils ont été transférés depuis le BRF et installés dans les silos verticaux de la FDI. Une capacité nouvelle qui ouvre des perspectives intéressantes pour la Marine nationale.

  41. Howk dit :

    Ça fait envie.

    Les zerac pourront s’éclater au service de 19h. Plus il y a de fous, mieux on évite la camisole. Tous les autres dînent à 20h. Edit: Fausse info, vous pouvez manger à n’importe quelle heure.

    Contrôle du self avec vérifications individuelles des feuilles de service (mission BSC). Le 1er qui se plaint gagne une semaine en buanderie. Edit : le con qui a écrit ça sera affecté chez les Cuisses.

    Pour les escales au large, il faudra organiser les corvées poubelles avec des drones spécialisés. Le premier qui se planque dans un sac sera affecté en passerelle, à la diffusion 😉

    Entrainements Oscar toutes les 3 heures, après un mois sans escale au large. Avec manÅ“uvres Boutakov \o/ et mise à l’eau du zodiac 40cv \o/ .

    Escales techniques après la mission. « Si t’es pas content, tu démissionne ! On rentre dans six mois. »

    Rondes de vérification assurées par IA ^^

    (j’ai l’impression de vivre un rêve. Parle moi encore !)

  42. Alain d dit :

    Déjà que l’US Navy est bien à la ramasse, surtout par rapport à ses objectifs multi-continentaux et la disponibilité de ses bâtiments.

  43. benoit dit :

    Avec la chasse aux immigrés dont beaucoup s’engageaient pour avoir des papiers à la fin les US sont à l’os en terme de RH.
    La Marine US va devoir gérer des équipages fantômes.

    Après visiblement il n’y a aucune logique à ces achats… Enfin si la lecture de comics des années 20…