Utilisées par les Rafale et les Mirage 2000D, les nacelles TALIOS ont franchi le seuil des 50 000 heures de vol

Il n’y a pas encore si longtemps, la situation des équipements de «mission», comme les nacelles de désignation laser utilisés par les avions de combat de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] ainsi que par ceux de la Marine nationale, était préoccupante. Même «délirante», selon un avis budgétaire publié en novembre 2016.

À l’époque, l’AAE ne disposait que d’une petite cinquantaine de nacelles de désignation laser, réparties selon trois modèles, à savoir l’ATLIS [pour Automatic Tracking and Laser Integration System], développée dans les années 1970, le PDLCT [pour Pod de Désignation Laser Caméra Thermique] et le Damocles, qui était alors le plus récent.

Cette hétérogénéité ne pouvait que compliquer le maintien en condition opérationnelle [MCO] de ces nacelles… et donc avoir des conséquences sur leur taux de disponibilité, celui-ci étant tombé à seulement 34 % en 2021.

En outre, les nacelles ATLIS et PDLCT offraient des performances très en en-deçà des exigences opérationnelles. Selon le rapport déjà évoqué, la qualité des images ne répondait «pas aux règles d’engagement actuelles, notamment en raison de l’absence de visualisation de la tache laser».

Aussi, développée par Thales, la nouvelle nacelle TALIOS [TArgeting Long-range Identification Optronic System – système optronique d’identification et de ciblage à longue distance], commandée à 67 exemplaires, était attendue avec impatience. Déclarée opérationnelle en 2021, elle ne tarda pas à connaître son «baptême du feu», lors d’une frappe effectuée par des Rafale F3R contre des positions de l’État islamique, au Levant.

Depuis, les nacelles TALIOS en service ont accumulé un total de 50 000 heures de vol. C’est en effet ce qu’a annoncé la Direction de la maintenance aéronautique [DMAé], via le réseau social LinkedIn, le 4 août.

Ce seuil a pu être franchi grâce non seulement à la fiabilité de cette nacelle mais aussi à l’efficacité du contrat verticalisé «DIDEROT», confié à Thales.

«La disponibilité opérationnelle ne cesse de progresser. Et depuis peu, [notre] outil numérique R2D2 accompagne aux quotidien les Forces pour aider au succès des missions TALIOS, notamment à la gestion prévisionnelle du parc», a fait valoir la DMAé.

Pour rappel, permettant de mener de front des missions de reconnaissance et d’appui grâce à ses «capacités non traditionnelles NTISR» [Non-Traditional Information, Surveillance and Reconnaissance] et à ses algorithmes d’intelligence artificielle, la nacelle TALIOS est dotée de l’outil de maintenance SmartFleet, qui, en lien avec R2D2, permet d’anticiper les pannes, de rationaliser ainsi le travail de maintenance et donc de «maximiser» la disponibilité.

«Prévu pour être en service au-delà de 2035, TALIOS apporte aux forces une capacité opérationnelle essentielle : rechercher, reconnaître et désigner des cibles au sol ou en air/air», a conclu la DMAé, après avoir indiqué que cette nacelle était désormais aussi utilisée pour la lutte antidrone.

Photo : Ministère des Armées

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45 contributions

  1. Pascal, (l'autre) dit :

    « En outre, les nacelles ATLIS et PDLCT offraient des performances très en en-deçà des exigences opérationnelles. » les nacelles A.T.L.I.S. (Automatic Tracking and Laser Integration System) étaient déjà utilisées sur….Jaguar pour guider les A.S 30 « laser » !
    Pod A.T.L.I.S. en point d’emport ventral et A.S. 30 en pendulaire sous l’aile gauche.
    https://www.fanakit.fr/docphoto/jaguar/jag_atlis_as30.jpg
    Sur 2000 D
    https://fr-academic.com/pictures/frwiki/77/Mirage_2000D_-_EC2-3.jpg
    Le « poid » A.T.L.I.S.
    https://cmano-db.com/images/DB3000/weapon_1771.jpg
    L’ A.S. 30
    https://www.pilote-chasse-11ec.com/wp-content/uploads/2018/02/1991-jag-as30laser.jpg
    https://aviateurs.e-monsite.com/medias/images/as30l-2.jpg

    • fabrice dit :

      Le pendant français du pod Litening de Rafael venu avec 20 ans de retard et qui n’équipe quasiment que l’armée française et affidés. Pendant 20 ans, l’armée de l’air française a donc été privé de capacités majeurs pour « acheter français » « indépendance »…
      je dis ça parce que certains comiques sur ce site affirment qu’Israel ou d’autres »copient » la BITD française « puissance d’équilibre, 3ème voie dans le Monde »
      la dernière version du litening assemblée par Northrop Gruman est achetée par l’USAF.
      https://thedefensepost.com/2026/08/03/us-litening-pod-support/
      je dis ça pour un rappel aux faits et à la réalité par rapport aux préjugés et aux affirmations péremptoires « Israël dépend totalement des technologies US et serait rien sans elles ».
      En réalité un certain nombre de technologies clefs sont israéliennes.
      Etude de cas en Irlande. https://nypost.com/2026/08/04/world-news/ireland-buys-new-air-force-one-jet-without-a-safety-system-for-fog/

      • Fralipolipi dit :

        @fabrice
        Vous amenez une querelle lorsqu’il n’y en a pas … c’est le seul constat que je fais.
        … Vous seriez plus inspité d’avoir des propos constructifs plutôt que systématiquement critiques ou moqueurs, … si ce n’est pour vous, au moins pour le pays que vous prétendez représenter ici.
        .
        Car ici, encore une fois, vous êtes dans l’agressivité inutile.
        La France, autant que possible, n’achète pas ailleurs, mais conçoit et fabrique elle-même … tout ce qui touche de près ou de loin à la dissuasion nucléaire … pour une évidente raison de « souveraineté » … laquelle est nécessaire pour atteindre une « crédibilité » … laquelle est nécessaire pour atteindre l’effet de « Dissuasion » voulu … même et surtout face à des grandes puissances.
        .
        La PADL doit donc être souverain, car le Rafale est une compasant majeure de la Dissuasion nucléaire, et pas seulement pour le porteur du missiles ASMP, mais aussi pour tous les autres avions de combat susceptibles d’intervenir pour la sécurisation d’une manoeuvre de feu nucléaire.
        .
        Donc, nous, on fait tout maison … nos centrales nucléaires et centres de retraitement, nos radars et chaine de commandement, notre veille spatiale, nos têtes nucléaires, nos M51, nos SNLE et même les SNA qui les escortent, nos avions de combat, nos missiles Asmp+ , nos missiles Air-Air, etc, etc, etc …
        ==> Citez-nous tous les pays qui en font au moins autant … vous allez voir, vous n’allez pas user bcp d’encre 😉
        .
        Et pour votre info, le pod PADL Talios actuel est plus que bon, et il va encore nettement s’améliorer dans les années à venir, en reprenant à son compte le travail de l’actuel très gros pod RECO-NG.
        .
        Allez baver ailleurs si vous ne voulez pas vous desservir.

      • Benjamin dit :

        Du coup, au bout de cette brillante analyse qui a la plus grosse ? La France ou Israël ?

      • Merkava dit :

        Qu’est-ce qu’on s’en fout de vos états d’âmes !

        • fabrice dit :

          Le sage point du doigt le ciel, vous vous voyez le doigt.
          Mon post cite des articles et des faits.
          Vous regardez le « modus » (c’est à dire l’effet émotionnel du style).
          Les faits
          1) Ces pods ne sont pas une invention française, dans ce domaine aucune « avance » française, on a vu un nouveau produit, on a fait plus ou moins le même mais avec 20 ans de retard, ce qui fait que pendant 20 ans l’armée n’a pas eu ce système. Vu les faibles quantités produits, il est probable que ce pod soit beaucoup plus cher que la concurrence.
          2) Contrairement aux chiffres que l’on peut donner (2ème exportateur mondial d’armement), la BITD française peine et ne s’en sort qu’en recouvrant au protectionnisme et au dépens de l’armée qui a un équipement souvent dépassé.
          3) vous êtes abreuvés de propagande fortement anti US et anti israélienne dans un projet de « France puissance mondiale » matiné d’antisémitisme et d’anti américanisme primaire qui est problématique car ne correspond pas au poids réel et aux difficultés actuelles de la France (dette, chômage, immigration…).
          Voici les faits que je pointe. vous vous avez retenu « votre style est trop ironique et donne l’impression de se moquer de la France, cela me met en colère ».
          Si vous étiez perspicace vous n’en auriez rien à foutre du style pour regarder les faits.
          Riez de vous, vous rirez beaucoup. Le rire et l’auto dérision sont une bonne chose.
          Comparer aux concurrents qui font mieux que nous a deux effets selon les caractéres, les uns seront jaloux et voudront nuire au meilleur, les autres voudront imiter le meilleur pour le dépasser.
          je note vos critiques néanmoins, mes prochains posts seront « froids » et très factuels. La compréhension en perdra. Néanmoins ils diront certainement la même chose dans un style différent, l’incompétence de notre diplomaties, les prétentions farfelues de nos politiques, l’antisémitisme et la haine d’Israel dus à la jalousie cachée sous de faux prétextes, la mauvaise posture de notre BITD… En espérant néanmoins que notre politique change et conduise à ce que j’écrive des louanges.

          • Un lecteur dit :

            Fabrice, restons précisément sur les faits et la réalité industrielle, loin de toute émotion ou dérive politique. Votre analyse technique sur le retard initial de TALIOS est vraie, mais votre lecture économique est totalement anachronique : dans le monde réel, l’indépendance totale est un mythe pour tout le monde.
            Les industries de défense modernes sont interconnectées et interdépendantes :
            Côté français, nos systèmes intègrent des composants électroniques étrangers, et notre BITD ne vit pas de « protectionnisme » mais de l’exportation. Être le 2e exportateur mondial face à la concurrence américaine prouve la compétitivité de nos matériels. Le pod TALIOS en est la preuve, puisqu’il a déjà été vendu à l’export (Grèce, Émirats, Indonésie).
            Côté israélien, la Defensetech que vous encensez ne fonctionne pas seule. Les pods Litening (co-assemblés et soutenus par l’américain Northrop Grumman) dépendent de composants et de brevets américains. Surtout, le budget de défense d’Israël est structurellement soutenu par les 3,8 milliards de dollars d’aide militaire annuelle des États-Unis.
            Sans l’argent et les puces de Washington, l’industrie israélienne s’arrête. Sans ses clients exportateurs, l’industrie française s’étouffe. Développer une solution souveraine comme TALIOS n’est pas de la vanité ou de la propagande, c’est une doctrine pragmatique pour éviter le droit de regard (comme les normes US ITAR) d’un État tiers sur l’usage de nos armes.
            Sur la forme, basculer d’un débat sur l’optronique vers des accusations d’antisémitisme, de chômage ou d’immigration n’amène rien à la discussion. On peut saluer le génie technologique de Rafael sans pour autant dénigrer systématiquement les réussites de Thales ou de Dassault.

          • Fralipolipi dit :

            @fabrice
            C’est cela oui …
            Continuez donc à faire le clown, comme si on ne vous connaissez pas … par cœur …

          • Vortex dit :

            Quand @fabrice le frustré nous fait une nouvelle fois, partager ses névroses…
            Et si tes prochains posts au lieu d’être froids et factuels pouvaient tout simplement être absents … Ce n’est pas « SOS détresse amitié  » ici !

      • E-Faystos dit :

        la France a constaté son retard en 91. ce fut la fin de la quantité à tout prix. en 94, les 2000N recevaient un première capacité de tir moderne.
        capacité nationale qui a subi plusieurs améliorations depuis, merci Safran.
        le marquage était une option qui manquait au Rafale. les Indiens on choisi le pod Israëlien et vous voilà, à pleurnicher.
        beau tir contre votre camps, bravo.

      • JC dit :

        Oui, c’est bien connu qu’Israël est l’œuf qui a permit à Dieu de faire le Monde…Ah,ah,ah….

      • Magic38 dit :

        Et alors ? Même si c’est inférieur où est le problème ? C’est en faisant les choses par soi-même qu’on progresse. Pas en achetant sur étagère. On progresse jusqu’à faire partie des meilleurs.

        • fabrice dit :

          Magic
          Un article précédent de Mr Lagneaux disait que l’armée de l’air réclamait des missiles aéro balistiques que la France ne produit pas. Ils sont produits en Israël depuis au moins 10 ans. C’est d’ailleurs le succès opérationnel de ceux ci par l’armée de l’air israélienne depuis 2023 qui a ouvert les yeux de notre armée de l’air. Trouvez vous louable et acceptable que l’armée de l’air va obtenir la version française dans 10 ans de cette arme ? Ne comprenez vous pas qu’on sacrifie l’intérêt d’avoir une armée au top de la technologie et armé des meilleurs armes pour privilégier une industrie française qui peine à innover ? Etes vous satisfait de cette situation ? Situation qui n’est pas « exceptionnelle », elle se retrouve avec ces pods, elle se retrouve dans les protections actives de type Trophy et d’autres (lance roquettes, Spike…). Ne trouvez vous pas agaçant l’aveuglement de certains du genre « les Israéliens nous copient et volent nos technologies, ils ne seraient rien sans le vol et la corruption, ? Pour moi ce genre d’aveuglement n’est pas seulement agaçant parce qu’il nie la réalité mais terriblement dangereux. Dangereux car il est porté par notre diplomatie qui privilégie une alliance avec les pays arabes « durs » qui n’apporte rien au niveau technologique alors que la coopération franco israélienne jusqu’en 1967 a créé le succès de Dassault par exemple. « 

          • mich dit :

            Vous avez raison sur ce point au niveau défense Israël peu être un exemple si ce n est qu ils ne sont pas en paix depuis 70 ans , alors passons notre budget de défense à 8 % du PIB ,rapprochons nous des USA avec qui nous aurons les moyens de parler et faire des économies d échelles et comme cela nous aurons enfin une BITD à votre goût et sans besoin de personne d autres , cela se défends !

          • Un lecteur dit :

            Votre argumentation rappelle des réalités techniques indéniables, comme l’efficacité des armes testées au combat ou les lenteurs des cycles de la DGA. Cependant, à la lueur de vos interventions habituelles, votre diagnostic reste d’une constance très politique. En opposant une industrie israélienne infaillible à une BITD française présentée comme obsolète et soumise à un aveuglement diplomatique pro-arabe, vous construisez un réquisitoire qui relève de l’affinité géopolitique plutôt que de la rationalité industrielle.
            L’achat immédiat sur étagère répond à des urgences opérationnelles, mais faire de la dépendance technologique envers Tel-Aviv ou Washington un modèle absolu est un choix doctrinal. Prétendre que nos partenariats au Moyen-Orient n’apportent rien à notre défense est un contresens économique : ce sont précisément les exportations du Rafale dans cette région qui maintiennent à flot la recherche et le financement de l’appareil de notre armée de l’Air. Réduire la souveraineté à un luxe inefficace est une opinion légitime, mais il convient de la présenter pour ce qu’elle est : un positionnement idéologique en faveur de la dépendance stratégique, et non une simple analyse technique.

      • Pascal, (l'autre) dit :

        « je dis ça parce que certains comiques sur ce site affirment qu’Israel ou d’autres »copient » la BITD française  » Il eut été étonnant que vous nous sortiez pas encore votre « numéro » de Caliméro (maladie de plus en plus contagieuse si on réfère à d’autres commentaires!) sur Israël!
        C’est tout aussi étonnant cette « similitude » quand il s’agit de « vendre » son obscur objet du désir comme @Jean Luc pour l’Allemagne, @Malazgirt pour la Turquie et quelque uns pour les U.S.! Sans oublier la propagande de notre célèbre « cuivré » russophile!
        « En réalité un certain nombre de technologies clefs sont israéliennes. » Je ne remets pas en cause le savoir israélien en la matière (en temps que tireur sportif je détiens un Désert Eagle!) mais quand vous annonciez dans une autre discussion qu’Israël produisait des avions de combat je vous avais fait remarquyer que le « Nesher » et le « Kfir » déscendait du Mirage III et le « Lavi » (mort né) avaiut des airs prononçés de F16! Serait ce ces remarques qui vous a conduit à nous pondre encore un discours « Israël forever? »
        ps: Je ne faisais initialement que mentioner le fait que le pod A.T.L.I.S. n’était plus très « récent » mais merci d’avoir participé même si c’est encore et toujours la même pièce de théatre!

      • mich dit :

         » je dis ça pour un rappel aux faits et à la réalité par rapport aux préjugés et aux affirmations péremptoires « Israël dépend totalement des technologies US et serait rien sans elles ». » , vous êtes pas mal dans le genre non plus avec cette phrase ! Israël a juste un peu le doigt sur la couture du pantalon devant son grand ami ,mais est ce vraiment important pour vous et le sens de votre propos habituel ?

  2. Question dit :

    Sur le Mirage 2000D MRV, « le pod canon ne sert qu’à faire de l’appui-feu… Étant donné que, par manque de budget, aucune symbologie pour le tir canon air-air n’a en effet été intégrée sur le Mirage 2000D RMV. »
    https://www.opex360.com/2025/08/17/le-mirage-2000d-rmv-sera-dote-de-la-nouvelle-nacelle-optronique-talios-dici-a-la-fin-de-lannee/

    Cela sera-t-il revu ?

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « Cela sera-t-il revu ? » Le combat air air au canon est plutôt révolu cependant pour intercepter et abattre du drone la question mérite d’être posée mais comme le chantier de rénovation est clos c’est peu probable!

  3. Roland DESPARTE, alias “papy tech“ dit :

    Comme pour beaucoup je pense, la définition de cette nacelle TALIOS (Targeting Long-range Identification Optronic System) est un peu du charabia technique que j’ai du mal à imaginer. Aussi, à partir des données publiques disponibles (Thales) je me suis livré à une petite synthèse plus “grand public“.
    Tout d’abord les données générales et techniques disponibles, d’après les fiches techniques Thales (brochure TALIOS) :
    La TALIOS s’intègre pleinement au système de navigation/attaque de l’avion et permet des frappes de CAS (appui rapproché) jusqu’aux longues distances (stand-off).
    Reconnaissance / NTISR (Non-Traditional ISR) : missions de reconnaissance tactique en même temps que le ciblage ; transmission d’images et métadonnées en temps réel (liaison de données, y compris vers les troupes au sol via type Rover).
    Capteurs dual-bande : IR MWIR (jour/nuit, mauvaise météo) + TV/visible (ou proche-IR) haute résolution, avec mode « Vision Permanente » pour le suivi en conditions dégradées.
    Laser multifonction : Télémétrie (1,5 µm, eye-safe). Désignation laser (1,06 µm, STANAG 3733) pour munitions guidées laser.
    Tracker de spot laser et marqueur laser. Poursuite robuste de cibles fixes ou mobiles, détection automatique de mouvements.
    Canal IR (infrarouge moyen, 3-5 µm). Identification air-air jour/nuit.
    Enregistrement multi-canaux HD et interface homme-machine optimisée (Picture-in-Picture, symbologie, zones de risque, etc.).
    Architecture ouverte et modulaire, maintenance facilitée (SmartFleet prédictive).
    Zoom électronique continu : de 4,8° à 0,06° avec PIP
    Note : le zoom électronique continu avec PiP (pour Picture-in-Picture ou incrustation d’image) combine un agrandissement numérique de l’image et l’affichage simultané d’une vue globale. L’écran principal montre un gros plan zoomé d’une zone précise, tandis qu’une petite fenêtre en médaillon affiche la scène entière pour se repérer.
    FOV : Le FOV, pour Field Of View, est le champ de vision, soit la scène observable à travers l’angle d’un système optique.
    FOV très large : 24° × 18°
    FOV large : 4,8° × 3,6°.
    FOV étroit : 1° × 0,75°
    FOV étroit typique : 0,77° × 0,58°.
    FOV très étroit : 0,12° en IR (zoom électronique continu) et 0,06° en TV
    Ce qui est intéressant c’est le FOV très étroit qui correspond à un fort rapprochement / grossissement effectif, permettant l’identification à longue distance grâce au zoom électronique sur capteurs HD haute résolution, ce qui évite les pertes de qualité d’un zoom optique purement mécanique sur toute la plage.
    Pour donner une idée concrète [Les performances exactes restent classifiées], avec un FOV de 0,1° :
     à 20 km de distance cela couvre une largeur au sol d’environ 35 mètres,
     à 50 km c’est ~87 mètres.
    Avec un FOV de 0,06°, on descend encore plus bas (ordre de grandeur de 20-50 m de largeur selon la distance). C’est l’équivalent d’un très fort téléobjectif. Imaginez le passage d’une vue « grand angle » d’un paysage à un zoom extrême qui isole un véhicule ou un bâtiment comme si vous étiez à quelques centaines de mètres, alors que l’avion lui est à plusieurs dizaines de km, c’est exactement ce que permettent les FOV de 0,06°–0,12° combinés aux capteurs HD.
    Par ailleurs, TALIOS est une nacelle multifonctions qui couvre le spectre air-sol mais aussi le spectre air-air. Les fiches Thales mentionnent explicitement « Day/night visual airborne target identification » avec un mode air-air dédié (qui est dit « amélioré » sur les versions F4) :
     Air-sol / surface = désignation laser, reconnaissance, BDA (Battle Damage Assessment), NTISR (Non-Traditional Intelligence, Surveillance, and Reconnaissance).
     Air-air = identification visuelle positive jour/nuit des cibles aériennes (Positive Identification – PID).
    Note : cette nacelle peut aussi être utilisée pour la lutte anti-drone.
    TRACKING. Par rapport à la concurrence, c’est l’un des points forts de cette nacelle ; sa capacité à effectuer du tracking [Détection et poursuite de cibles fixes et mobiles], avec la possibilité de basculer instantanément d’un mode recherche large zone vers acquisition + tracking. A dater de 2026 (standard F4.3), grâce à l’IA, la détection et la classification des cibles d’intérêt sont automatiques. Le tracking fonctionne de jour comme de nuit, et en conditions météo dégradées grâce au canal IR.
    A quelle distance de sécurité cette nacelle TALIOS peut-elle être utilisée ?
    Cette valeur (classiquement 15-25-40 km selon le théâtre) n’est pas publiée par Thales car elle dépend de plusieurs facteurs opérationnels et en particulier de la portée du laser de désignation et des conditions atmosphériques, des menaces sol-air dans la zone (AAA, MANPADS, SAM courte/moyenne portée), des règles d’engagement (rase-motte, raid éclair, zone “blanchie“, …) et le besoin avéré de rester hors de portée des défenses adverses, mais aussi le type d’armement utilisé.
    Avec TALIOS, un Rafale F4 ou F5 peut-il engager une infrastructure de type bunker, usine, bâtiment, à longue distance (70-250-400 km) ?
    Oui, dans certains cas, mais pas avec désignation laser continue (limitée à ~ 15/30 km selon conditions). Selon le type d’armement, un guidage terminal sera donc nécessaire.
    Exemples : Avec une SBU-64 ou 66, avant le tir, une image de référence de la zone cible est chargée/programmée dans l’arme ; en phase terminale, l’imageur compare la scène réelle à la référence (digital scene matching) et l’arme corrige sa trajectoire de façon autonome. Autre possibilité (pour la version laser de la SBU) en phase terminale un autre désignateur laser (sol, autre avion, etc.) illumine pendant quelques secondes la cible pendant les derniers instants du vol ; l’arme se dirige vers le spot laser (précision métrique). Avec une AASM Hammer (GPS/INS + option laser ou IR), la frappe sera possible à environ 50-70 km (selon altitude/vitesse de largage), la nacelle TALIOS assurera la désignation laser première et la fourniture d’images de référence pour le guidage terminal. Avec un SCALP-EG la frappe est possible dans la fourchette des 250-400+ km avec une mise à jour de coordonnées initialement délivrées par TALIOS.
    Concernant les missiles MICA (EM, IR, NG), Meteor et futur Comète (ou Comet / portée > 300 km+), ceux-ci sont des missiles air-air autonomes [Guidage inertiel + mise à jour en vol (datalink) + autodirecteur terminal (radar actif pour Meteor et MICA EM ; infrarouge pour MICA IR ; non connu pour Comet)] ; ils n’ont pas besoin de désignation laser externe. Cependant, le standard F3-R du Rafale a précisément consisté à intégrer en parallèle le Meteor et la TALIOS qui apporte une capacité d’identification visuelle air-air complémentaire au radar RBE2 AESA et à l’IRST (Infra-Red Search and Track). Mais le tir et le guidage des MICA/Meteor (et futur Comet ?) reposent sur les senseurs et liaisons de l’avion, pas sur la TALIOS.
    Note : La TALIOS équipe aussi les Mirage 2000D RMV de l’Armée de l’AAE et de la Marine nationale. Elle est conçue pour couvrir toute la chaîne « kill chain » : renseignement → acquisition → poursuite → désignation → évaluation des dommages (BDA).
    Quelles sont les évolutions futures, en particulier pour le Rafale F5 ?
    La TALIOS évolue de façon incrémentale, avec une trajectoire claire vers le F5 : Amélioration des capteur HD + voie couleur grand champ, IA embarquée (détection et identification automatiques de cibles en temps réel, traitement jusqu’à 100× plus rapide, présélection de cibles d’intérêt, allégement de la charge cognitive du pilote, fusion des capacités de la TALIOS (ciblage) et de la Reco-NG (reconnaissance) dans un seul pod polyvalent [Ce « Pod TR » (parfois appelé T&R ou TNR) destiné au standard F5 devrait entrée en service opérationnel autour de 2030-2035]. Le Rafale F5 lui-même intégrera des capacités de combat collaboratif (MUM-T avec drones « loyal wingman »), un radar RBE2-XG plus puissant, une connectivité renforcée et des moteurs plus puissants, mais la nacelle optronique TALIOS (ou Pod TR) restera un élément clé pour le ciblage et le renseignement dans un contexte de combat en réseau.
    A-t-on une idée du coût (R&D) ?
    Oui, on a des éléments concrets sur les coûts et une feuille de route assez claire pour les évolutions, surtout liées au Rafale F5. Si le coût unitaire exact et le montant total de R&D pure ne sont pas publiés de façon transparente, on dispose de chiffres officiels sur les commandes. 2022 = 21 nacelles TALIOS pour 100 millions €, soit environ 4,8 M€ par pod.
    Commercialement, quels sont les concurrents de la TALIOS ?
    La TALIOS figure parmi les meilleures nacelles de ciblage mais elle n’est pas “la meilleure absolue“ dans tous les domaines, certaines ont également des atouts spécifiques. Les références actuelles sont :
     Litening 5 (Rafael / Northrop Grumman) — très répandu mondialement.
     Sniper ATP / Sniper XR (Lockheed Martin) — très utilisé par les États-Unis et alliés.
     ATFLIR (Raytheon) — surtout US Navy (F/A-18).
    Les coûts sont similaires et dépendent de la production et des contrats.

  4. peterr dit :

    Juste pour mon info, existe-t-il des chasseurs/bombardiers qui intègrent ce genre de capteurs (sans avoir besoin d’un nacelle externe)?

    Je pense en particulier au F35. Si non quid de l’influence sur sa signature radar ?

  5. Patrick dit :

    « …la tâche laser… », on espère qu’elle ne tache pas trop.

  6. jean luc dit :

    82 nacelles commandées dont 67 opérationnelles, et 15 en commande pour 226 avions en service, est vraiment suffisant ??? Pour le temps de paix certainement, mais en temps de guerre??? Car il faut prévoir les pertes, avaries, maintenance. En cas de guerre de haute intensité??? c’est juste une question .

    • Khops dit :

      Combien de pods en Allemagne pour combien d’avion ?

    • Un lecteur dit :

      Ce ratio s’explique par la nature de la flotte, composée de Rafale omnirôles et de Mirage 2000D modernisés. Face à un adversaire de premier rang, une armée de l’air doit mener de front des missions très variées, dont la majorité ne nécessite pas de pod laser (supériorité aérienne, reconnaissance…). De plus, la tactique militaire n’impose pas d’équiper chaque chasseur d’un raid : un pilote possédant une nacelle peut désigner la cible au laser pour ses équipiers.
      Enfin, en cas de haute intensité, la France n’opérera jamais seule, mais au sein d’une coalition. La mise en commun des parcs de capteurs et l’interopérabilité des données permettent d’optimiser l’emploi des nacelles disponibles à l’échelle de la coalition. Le nombre de pods est donc calibré pour les avions envoyés au front à un instant T, même si vous avez raison : les stocks de sécurité resteraient critiques sur la durée.

    • rainbowknight dit :

      En temps de guerre ?
      Que feraient les « Schpountzs », ils regarderaient passer les trains et accepteraient de « prêter » les pods made in Israël ?
      C’est bien un raisonnement de Germain que d’imaginer la France partir seule en guerre pour défendre le monde libre….pendant que d’autres s’enrichiraient avant de dénoncer la belliqueuse et querelleuse France.

      Pour répondre à ta question , nous laisserons la wunderlich Luftwaffe entrer en première avec ses matériels redondants et récents pour faire la démonstration de ce que doit être une armée de l’ère moderne mais pas d’espace….
      Pauvres walkyries , elles auront du boulot…… ai-je Thor ?

    • E-Faystos dit :

      disons que une fois la cible repérée et désignée, plusieurs appareils peuvent profiter du ciblage: un marquage par faisceau reste un marquage.

    • Merkava dit :

      Combien de pods similaires dans la Luftwaffe ? C’est juste une question.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      @Jean Luc « mais en temps de guerre??? « Dans un raid il n’est pas nécessaire que tous les avions soient équipés de nacelles de désignation, un avion « illuminateur » oeut être accompagné d’avions en mode « camion à bombes » n’ayant pas de capacités laser de ciblage! Lors de « l’affaire » libyenne des 2000 N (initiaalement destinés à la mussion unnique « nuc ») ont emporté de l’armement à guidage laser, le ciblage étant opéré par un 2000 D! Il y eut même des tests avec un duo 2000 D et 2000 C ce dernier étant initialement un intercepteur!
      Mir 2000 N équioé de G.B.U.
      https://www.opex360.com/wp-content/uploads/2000n-20180621-1.jpg
      https://www.opex360.com/2011/05/12/libye-des-mirage-2000n-deployes-en-crete/

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Et pour…conclure
      « Car il faut prévoir les pertes, avaries, maintenance. En cas de guerre de haute intensité???  » Figurez vois qu’en France on est tellement c.n par rapport à la « subtilité » intellectuellle allemande que l’on a jamais envisagé qu’il pouvait y avoir des pertes en cas de conflit, c’est « ballot, hein!
      « c’est juste une question . » C’est fou tous ces intervenants qui posent des questions dont ils connaissent la réponse, LEUR réponse!

  7. Testachat dit :

    Merci !
    Assez du « vintâge », mettez m’en 02 « New age ».

  8. Clavier dit :

    C’est rassurant de savoir qu’à la veille de déclencher la troisième guerre l mondiale, l’aviation du général Macron met en oeuvre une nacelle de désignation qui fonctionne à peu près…..

    • Baratinovitch dit :

      Oooooh, tellement bien envoyé, tovaritch Clavierov, qu’il est certain qu’il ne s’en relèvera pas.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « qu’à la veille de déclencher la troisième guerre l mondiale,  » Rien que ça! Attention vous nous faites une intoxication au………….cuivre!
      « du général Macron  » J’ignorais qu’il était président de la « fédération » de Russie, à part cela le 2 mai prochain ce sera l’orphelinat!

  9. François 01 dit :

    @fabrice
    Effectivement la nacelle de désignation laser a longtemps été un point faible du Rafale, tout comme l’absence de casque de désignation. Et alors ? En attendant que ces défauts soient corrigés les clients de Dassault avaient la possibilité d’équiper leurs Rafale en se fournissant ailleurs qu’en France, et notamment en Israël, dont la qualité du matériel militaire n’est plus à prouver. précurseur en matière de drones notamment. Le Rafale est excellent mais pas parfait. Il lui manque également une version SEAD.
    Cela dit, vous ne pouvez pas niez que sans les Etats Unis l’aviation israélienne ne ferait pas grand chose. Il lui manque quand même l’essentiel, les avions.