Très haute altitude : Le ministère des Armées salue le succès des premiers vols du drone stratosphérique Heliblade

Pour le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger, la Très haute altitude [THA] est comparable au «Far West» car cette zone, comprise entre 20 et 100 km d’altitude, n’est soumise à aucune règle clairement définie, faute de consensus sur ses limites. Aussi, elle est sur le point de devenir un nouveau domaine de conflictualité, si elle ne l’est pas déjà devenue, comme en témoigne l’affaire du «ballon chinois» qui défraya la chronique aux États-Unis durant l’hiver 2023.

En effet, outre le fait qu’elle peut être traversée par des missiles balistiques et des planeurs hypersoniques, cette «zone grise» présente plusieurs intérêts pour les opérations militaires, comme le renseignement [les capteurs montés sur un aérostat, par exemple, sont plus performants que ceux d’un satellite, car plus proches de la terre, ndlr], la guerre électronique, les télécommunications, voire la frappe dans la profondeur.

En juin 2025, alors ministre des Armées, Sébastien Lecornu dévoila une stratégie pour la THA reposant sur trois piliers : la détection, l’interception et l’exploitation.

S’agissant du troisième pilier, M. Lecornu avait évoqué trois projets particuliers, à savoir le ballon stratosphérique manœuvrant BALMAN, conçu par Hemeria, le pseudo-satellite [ou HAPS, pour High altitude permanent system] Zephyr, d’Airbus et le dirigeable autonome Stratobus, développé par Thales Alenia Space depuis 2014.

Mais un quatrième a retenu l’attention du ministère des Armées : le drone stratosphérique Heliblade qui, conçu par la société X721, créée en 2014 par d’anciens ingénieurs d’Airbus et d’Arianespace, vient de réaliser, avec succès, un vol, sous l’œil de la Direction générale de l’armement et celui du Centre d’expertise aérienne militaire [CEAM] de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE].

D’une envergure de 18 mètres pour une masse au décollage inférieure à 4 kilogrammes, cet appareil expérimental, à mi-chemin entre l’hélicoptère et l’avion, est censé voler pendant plusieurs mois à plus de 20 000 mètres d’altitude grâce à l’énergie solaire.

«Au cours de ce vol, réalisé à basse altitude, X721, en présence de l’AAE, de la DGA et de l’Agence de l’innovation de défense [AID], a pu tester le concept, la stabilité et la manÅ“uvrabilité de ce drone. L’exploitation des données du vol permettra à la société de poursuivre le développement du système Heliblade», a en effet indiqué le ministère des Armées, via un communiqué publié ce 24 juillet.

Plus précisément, ce vol s’est déroulé en deux temps, avec un premier palier à 15 mètres, suivi d’un second à 35 mètres d’altitude.

Selon X721, plusieurs vols, d’une durée de cinq minutes, ont été réalisés au cours de ces derniers jours. «Bien volontairement limités en altitude, [ils] représentent une réduction significative du risque technique et confirment que le [drone] Heliblade peut décoller avec succès, établir un vol stable et contrôlé et fonctionner conformément aux modèles d’ingénierie développés au cours de la dernière décennie». Et de souligner que tous les objectifs de cette campagne d’essais ont été atteints et que les «performances électriques ont également dépassé les attentes».

Quoi qu’il en soit, pour le ministère des Armées, le développement du drone Heliblade, accompagné par l’AID au profit de l’armée de l’Air & de l’Espace, «s’inscrit pleinement dans la déclinaison de la stratégie des armées pour la très haute altitude».

En effet, celui-ci voit plusieurs applications possibles, à commencer par celles ayant trait au renseignement. Cependant, ce drone stratosphérique pourra également être utilisé pour des missions de sécurité, comme la surveillance des feux de forêt ou encore le rétablissement des communications au-dessus de zones sinistrées.

Photo : X721

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30 contributions

  1. pandacruel dit :

    Tout cela est bien confus et rempli de points d’interrogations à tous les niveaux : comment atteindre cette altitude ? la conserver ? quels courants et dérives à cette altitude ? quelles liaisons avec le sol et comment les gérer ? quelle masse totale? quel matériel optique et comment le gérer ? quelles possibilités de déplacer précisément l’appareil? quelles protection contre les brouillages et les interceptions possibles ( il y a des aéronefs qui volent jusqu’au niveau 600 )..
    Mais surtout le décalage énorme entre les conditions des essais, et les ambitions finales de l’aéronef, semble totalement insurmontable
    C’est beau de rêver mais tout ça , au final, ça coûte de bons gros sous , et qui paie ?

    • dolgan dit :

      Le fait que vous soyez totalement dépassé par un article aussi simple explique beaucoup de choses.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Vous voulez les plans complets et tous les détails du test bien évidemment comme aussi des rapports circonstanciés de toute l’activité opérationelle de nos forces! Savez vous que la curiosité est un vilain défaut et en particulier quand elle est malsaine comme la vôtre!
      « ça coûte de bons gros sous , et qui paie ? » Je m’étonne que quelqu’un qui se vantait sur ce blog de passer sa retraite majoritairement à l’étranger soit à ce point obnubilé par le coût de développement de nos futures armes! Est ce l’aspect financier ou déniez vous à la France de développer/produire des armements qui serviront à assurer notre défense? Pour un « patriote » (c’est ce que vous essayez de nous faire croire!) cette attitude est pour le moins. »suspecte », ou alors votre « retraite » au Vietnam n’est qu’une fumisterie…………….de plus!

    • Tih yellow dit :

      Mhhh sûrement pas toi.

    • un lecteur dit :

      En 1752 Benjamin Franklin avait également dû subir ce genre de remarque… Et pourtant, elle brille !

    • Le gueux patriote dit :

      « C’est beau de rêver mais tout ça , au final, ça coûte de bons gros sous , et qui paie ? »
      Jean-Cul, Morbac, Taré des Yvelines gelbes, Simonsen, Bénichou, « Louis » croix vé bâton, Charles III de-mes-deux, et tous les pisse-vinaigre anti-français qui encombrent inutilement les pages commentaires de ce blogue.

    • GotoRaptor dit :

      Si tu poses des question c’est que tu ne sais pas, quand on ne sait pas ne dit pas, et surtout on se plaint pas.

      Si on écoute les gens dans ton genre on tue la R&D et l’avenir déjà bien obscur.

    • Un lecteur dit :

      Curieux : pour une fois, la communication ne vous dérange plus. Vous prenez les objectifs affichés au pied de la lettre pour reprocher à un prototype de ne pas les atteindre dès son premier vol. Beaucoup de questions, aucune réponse… alors que c’est précisément le rôle d’un prototype que d’apporter ces réponses au fil des essais. « Qui paie ? » Les mêmes qui financent tous les démonstrateurs technologiques : l’État, avec l’idée que quelques succès compenseront de nombreux échecs. C’est le principe même de la R&D.

    • MLTAB dit :

      Vous voulez sans doute le mode d’emploi !

    • ji_louis dit :

      Tout cela est bien confus et rempli de points d’interrogations à tous les niveaux :
      C’est votre pensée qui est confuse.

      comment atteindre cette altitude ?
      On appelle ça le vol d’un aéronef. Il est produit par une force de sustentation supérieure au poids de l’appareil.

      la conserver ?
      Un vol durant laquelle la sustentation égale le poids, les deux forces s’annulent.

      quels courants et dérives à cette altitude ?
      Selon le cas et l’altitude choisie, il n’y a plus de phénomène météorologique dangereux pour l’aéronef. Voyez page 1 et 4 : https://www.aeroclub-montalbanais.fr/wp-content/uploads/2018/02/Meteorologie-et-Aerologie_2015-Poly-V06.pdf

      quelles liaisons avec le sol et comment les gérer ?
      radio. On fait ça depuis le début du XXème siècle.

      quelle masse totale?
      pour l’instant, 4kg, c’est écrit dans l’article.

      quel matériel optique et comment le gérer ?
      Pour l’instant, aucun. Sinon, on sait déjà faire pour des micro-satellites.
      https://microsatellite.fr/
      https://www.canon.fr/view/micro-satellite-technology/

      quelles possibilités de déplacer précisément l’appareil?
      Vol radiocommandé et/ou automatique.

      quelles protection contre les brouillages et les interceptions possibles ( il y a des aéronefs qui volent jusqu’au niveau 600 )..
      Cela dépend du profil de la mission et de la définition des clauses techniques.

      Mais surtout le décalage énorme entre les conditions des essais, et les ambitions finales de l’aéronef, semble totalement insurmontable
      Pas du tout, c’est la progression normale des essais aéronautiques.
      Avant une mission d’essai d’un prototype, on s’assure que tout fonctionne séparément, puis que tout fonctionne au sol puis un vol élémentaire avant des essais plus complexes. Cela a été aussi le cas pour le Concorde 😉

      C’est beau de rêver mais tout ça , au final, ça coûte de bons gros sous , et qui paie ?
      Vous ne rêvez pas, ça marche. Et pour l’instant, sur fonds propres.

    • olivier dit :

      C’est dingue d’être aigri à ce point. Je ne savais pas que les pandas hibernent, bref plutôt que de poser des questions déjà répondu ou en cours de réponse… vous auriez pu faire l’effort de suivre les évolutions de ces 10 derniers années sur les HAPS et l’HAO. Il n’y a rien de confus dans l’article. Allez je suis de bonne humeur:
      – Energie: batterie + panneau solaire souple, les aéronefs (fixe ou ballon) étant extrêment légers par rapport à leur surface ailaire (ou ballon), cela permet de placer des panneaux solaires souples suffisants pour recharger et produire de l’énergie
      – Montée: cela dépend du type de HAPS, en général pour les ailes la montée est en cercle + repositionnement courant ascendant, pour les ballons plus simple.
      – Maintien: par énergie embarquée, déplacement suivant les courants (surtout pour les ballons), en stratosphère, les courants sont stables et identifiés
      – Masse totale: bah ça dépend… de quelques kg à quelques tonnes (ballons)
      – Optronique: payload classique, rien de nouveau là dessus, travail sur la réduction du poids et de l’énergie nécessaire
      – datalink: sat et radio (rien de nouveau)
      – brouillage: pareil que pour n’importe quel appareil (systèmes durcis puis à terme en europe utilisation des nouveaux services galileo comme le HAS et l’ONSMA pour compléter les dispositifs existants)
      – Interception: les aéronefs civils dépasse très rarement FL400, au dessus c’est du militaire. L’interception est effectivement un problème, dans le cas français le Rafale (FL500) étant plus limité que le feu Mirage III (FL700)

      C’est tellement insurmontable que ça vole déjà (Zephyr, projet de meta, Sceye, Elson, etc.).

      Si vous voulez vraiment chercher la petite bête, trois points de complexité:
      – La montée en stratosphère est lente (plusieurs heures voir jours dans certains cas) et demande beaucoup de coordination avec l’ATC pour libérer une zone suffisante
      – la descente est compliquée car le contrôle est plus chaotique, donc risque pour l’aviation civile (ce qui notamment a conduit à l’annulation des autorisations d’essais des Google Loons en France)
      – La déconfliction en stratosphère du fait qu’il n’y a pas de règlementation, donc pour l’instant le far west

      • pandacruel dit :

        Olivier : on ne peut pas tout savoir et c’est justement pour ça que je pose des questions …si on n’a plus le droit de poser des questions ni de douter de rien, on peut fermer toutes les écoles et toutes les universités.
        Je ne suis pas du tout ébloui par les résultats des systèmes que vous citez : (Zephyr, projet de meta, Sceye, Elson, etc.) dont je ne connais non plus aucune application concrète qui bénéficie au public, dans aucun des grands domaines de l’activité humaine..

        • Pascal, (l'autre) dit :

          « on ne peut pas tout savoir et c’est justement pour ça que je pose des questions  » Questionzs dont vous ave déjà VOTRE réponse, arrêtez donc de prendre les intervenants de ce blog pour des c..s! Je sais bien que vous sentiriez moins seul mais……non!

        • olivier dit :

          Tout à fait, mais il me semble qu’à l’école ou à l’université on enseigne 1) chercher par soi-même puis 2) poser les questions, de plus vos questions sont volontairement négatives (‘insurmontable ») ce qui me semble être assez loin d’une démarche de questionnement.

          Les cas d’usages en cours de tests:
          – Mili: permanence de moyen de surveillance
          – Dual: communication (soit extension soit bulle ad-hoc notamment en cas de catastrophe)
          – Civil: détection feu de forêt (dans l’air du temps il me semble)

    • JC dit :

      Il vous en faut des infos, hein petit panda ?

    • Jack dit :

      « Tout cela est bien confus et rempli de points d’interrogations à tous les niveaux » :
      .
      En fait, l’article parle d’un premier vol et… c’est tout ! Si vous voulez d’autres informations, vous pouvez toujours allez les chercher par vous même.

    • Carin dit :

      @Panda etc……
      Et c’est là que vous touchez vos limites, n’étant pas ingénieurs en aéronautique.
      Mais ce que je vois surtout, c’est que votre sainte Russie n’a pas ce genre de matériel, même pas une idée de ce matos, et ça vous trou le cul.
      Vous n’êtes pas assez pointu pour écrire des posts capables de nous faire réfléchir et aller dans votre sens.
      Vous êtes tellement mauvais, que le moindre pékin qui vous lit, vous voit arriver de loin.
      Je retiens de vos posts, que vous avez la trouille pour le débile du Kremlin et ses 40 voleurs… et ça c’est bon.

      • pandacruel dit :

        Carin : vous avez été exposé aux fumées toxiques, hein? c’est ça ? il parait que le constat des désastres français , ça rend hargneux . je confirme !

        mais .. dites moi donc les applications pratiques, concrètes, dans votre vie quotidienne à vous, et celle des français, des merveilleux appareils dont on parle dans cet article : je suis curieux d’apprendre ! ça éteint les incendies, comme les Kamov32 ou les Bériev200 dont on s’est privés ?

    • Nicolas sambart dit :

      pour moi proto miniature avant plus gros modèle. mais detectables et destructive.. Pas comme les constellations de micro satellites seul option viable dans un monde contesté

  2. FredericS dit :

    …un premier palier à 15 mètres, suivi d’un second à 35 mètres d’altitude…
    c’est réellement des mètres ou des kilomètres ?

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Je pense qu’il doit manquer trois zéro aux aux valeurs données donc 15 et 35 kilomètres, ce serait plus cohérent!

    • Carin dit :

      Des mètres, les essais portaient sur la maniabilité.
      Plus tard, ils porteront sur l’altitude, puis l’endurance, puis sur la qualité des différents senseurs que cet engin pourra porter.

  3. Patrico dit :

    Si j ai bien compris l article, tout cela pour le moment c est du bricolage qui occupe pas mal de « monde » !! Qu’ il atteigne et patrouille en plane et semi plane à 5 000 m déjà et on pourra déplacer un peu plus de monde, avant de l estampiller MAPS. Pour HAPS il faudra attendre encore un peu. l AID devrait avoir un rôle important et s impliquer comme une entité privée c est à dire à fond ! elle doit faire appel à idées tout comme le fait la DARPA aux US qui fait réguliérement appel à projet et accompagne les « créateurs géniaux »! et ici il y en a! mais c est pas gagné avec nos empilages de systèmes décisionnels et règlementations … en clair il faut se bouger et tomber les cravates comme… aux US.
    Merci Thank you merci a vous et à Tous

  4. Sharpei dit :

    Reste plus qu’à faire les tests d’un lanceur avec éjection de ce nvx type de drones, car c’est la grande inconnue dans ce projet.

  5. Vortex dit :

    Bien, encore de l’innovation !
    Pour l’instant, nous n’en sommes qu’à tester le concept, la manoeuvrabilité et la stabilité de ce drone, mais les applications futures paraissent nombreuses et variées. Cependant, il reste encore beaucoup de chemin à défricher avant d’arriver à un drone opérationnel, mais ces premiers essais sont encourageants pour l’avenir.
    A suivre avec intérêt.

  6. Pirlouis dit :

    Quoi que soit la solution proposée vous geignez.
    L’article n’est pas confus, bien au contraire et les points que vous évoquez ont des réponses qui peuvent et doivent rester confidentielles.
    Pour ce qui concerne la conditions durant les essais et les conditions en fonctionnement « normal » un prêt de cette solution à nos amis Ukrainiens permettra de la durcir rapidement de manière satisfaisante.
    Quant à votre question dialectique « Qui paie » vous seriez bien niais de ne pas y répondre vous-même.
    Il y a des dépenses nécessaires pour assurer la défense du pays, et celle-ci me parait l’être. Si vous n’êtes pas d’accord c’est que vous devez être un herbivore et préférez certainement vivre selon votre obédience sous la botte du nain ou de l’agent orange et des autres carnivores en disqualifiant votre pays dans cette course pour renforcer sa défense. L’esprit « Maréchal nous voilà » semble ressurgir des tréfonds nauséabonds de notre Histoire.

    • pandacruel dit :

      Pirlouis : vous payez avec joie et sans broncher , je vois : pour Bruxelles, pour l’Ukraine, pour tout, quoi..pour les retraités aussi , sans broncher ? j’en doute ! pour l’AME, le RSA, la Sécu, etc , aussi ? parfait ! Si vous étiez voyageur, on pourrait vous confier des messages, sans problème ! vous reviendriez au pigeonnier ensuite ?

      • Vortex dit :

        Pfffff… Mais quel gros *** ! …

      • Pirlouis dit :

        Cessez de geindre hors de propos et mangez votre chapeau à la pensée que nous nous armons contre votre iconique tsarounet qui reçoit la fessée en Ukraine.