BAE Systems a présenté le Brontanax, le prototype du premier drone de combat collaboratif britannique

Le 16 juillet, le ministre britannique délégué à l’industrie de défense et aux approvisionnements, Luke Pollard, a annoncé le lancement d’un programme de drone de combat collaboratif autonome [CCA] appelé «Storm Fighter».

«Il nous permettra de déployer des drones de protection et d’attaque qui opéreront aux côtés des [Eurofighter] Typhoon, F-35 et Tempest. Storm Fighter fera de la Royal Air Force [RAF] la première force aérienne de sixième génération en Europe», a-t-il assuré.

Une semaine plus tard, à l’occasion du salon de l’aéronautique de Farnborough [Royaume-Uni], BAE Systems a créé la surprise en dévoilant non pas un démonstrateur mais un prototype de CCA, baptisé «Brontanax». Il a été «conçu et construit par nos ingénieurs à Warton», a précisé l’industriel.

Et d’ajouter : «À ce jour, plus de 500 de nos employés ont participé à son développement, en collaboration avec 75 PME du secteur aérospatial britannique».

Peu de détails ont été donnés par BAE Systems au sujet de ce «Brontanax», si ce n’est qu’il a été conçu selon une architecture ouverte et modulaire pour effectuer des missions de guerre électronique, de frappes au sol et de supériorité aérienne, en «complément» d’un chasseur-bombardier comme le Typhoon, et que sa taille est proche de celle d’un avion d’entraînement Hawk.

Selon la vidéo promotionnelle diffusée via les réseaux sociaux, il n’est pas impossible que le «Brontanax», dont le nom puise ses racines dans la mythologie grecque, soit un candidat pour le programme Vanquish, mené par la Royal Navy. On y voit en effet cet appareil décoller depuis un porte-avions de la classe Queen Elizabeth. Cependant, le communiqué de BAE Systems ne cite que le général Harv Smyth, le chef d’état-major de la RAF.

«Soutenu par un investissement de 300 millions de livres sterling dans le cadre du Plan d’investissement de la défense, notre programme Storm Fighter transforme nos capacités futures tandis que le lancement du Brontanax, premier drone de combat collaboratif autonome du Royaume-Uni, illustre la rapidité avec laquelle une industrie de défense souveraine contribue à nous permettre d’être agiles, intégrés et prêts à combattre et à vaincre», a d’ailleurs fait valoir ce dernier.

Selon The Telegraph, le «Brontanax» disposera de 80 % des capacités d’un Typhoon [avec la possibilité d’emporter des missiles air-air à longue portée METEOR] tout en ne coûtant que le quart du prix, soit 30 ou 40 millions de livres sterling. Ce qui, toutefois, n’en fait pas un aéronef «consommable».

Pour BAE Systems, il s’agit d’aller vite. Les essais au sol du Brontanax devraient commencer très prochainement, avec un premier vol prévu au début de l’année 2027. L’objectif est qu’il soit opérationnel d’ici 2030.

« Nous sommes conscients que les forces armées doivent relever le défi de la rapidité, de l’adaptabilité et de l’envergure. Notre avion de combat collaboratif permettra d’étendre la portée des aéronefs pilotés, générant ainsi une force de combat accrue à moindre coût, tout en assurant la sécurité des pilotes », a d’ailleurs fait valoir Simon Barnes, le directeur de la division aéronautique de BAE Systems. « Cette capacité représente un investissement majeur de notre entreprise dans l’avenir de la puissance aérienne britannique et s’inscrit dans notre engagement de longue date en faveur de l’innovation. Outre son soutien aux priorités de défense, elle renforcera l’écosystème de défense souverain du Royaume-Uni en créant des opportunités pour les PME, les fournisseurs et les partenaires à travers le pays », a-t-il conclu.

photo : BAE Systems

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44 contributions

  1. Bestiaire dit :

    Quand on remonte le moral d’un brontosaure avec du Xanax, ça donne un Brontanax ?

  2. Trent dit :

    On dirait un nom de médicament.

    • Bébert le Chat dit :

      vous m’ôtez les mots de la bouche !

      Brontosaure…donc un drône herbivore sauropode de grande taille de la famille des diplodocidés….mais avec un x à la fin ça fait moderne; on tremble.

  3. Léon Boum dit :

    Les frogs surencherrissent ! ils créent le XANAX !

  4. Pascal, (l'autre) dit :

    Au nom j’ai cru un instant que c’était un médicament!

  5. ONERESQUE dit :

    Quelle appellation grotesque ! Le brontosaure a avalé un cachet de Xanax ?

    • Bestiaire dit :

      Si la modestie ne me retenait pas, je dirais que les grands esprits se rencontrent.

  6. Farine extra pure & infirmières dit :

    « Brontanax » … Les anglais sont ils en mauvaise santé pour donner des noms de médicaments antidouleurs à tous leurs drones de combat depuis 20 ans

  7. pandacruel dit :

    Les anglais ont touché le fond depuis un bon moment : c’est sans doute pour cela qu’ils sont devenus aussi bellicistes, boute-feux et arrogants, sans se rendre compte du ridicule de leur posture impuissante.
    Qu’ils aillent donc combattre des moulins à vent avec leurs chauve-souris tellement moches !

    • Vert-de-gris dit :

      « sans se rendre compte du ridicule de leur posture impuissante. »

      On en connaît un autre, perché dans son prunier et emmêlé dans ses fils de cuivre.

  8. Slasher dit :

    Y a de ces comiques sur le forum…

  9. NORAD dit :

    @Tous. Il s’agit d’ancien grec… »The name Brontanax means “thunder king” in ancient Greek. »

  10. Thorgal dit :

    Je ne sais pas ce que l’engin vaudra sur le plan OPS, mais alors le nom est un ratage complet, j’ai tout de suite pensé au Xanax, il faut donc comprendre que le drone est destiné à calmer le stress du pilote de l’avion guide, enfin, compliqué toutes ces technologies pour le brontosaure que je suis…

  11. farragut dit :

    Content de constater que BAE Systems parvient plus facilement à concevoir un *collaborative combat » Ucav tout seul que a faire du « collaborative design » avec les Français !
    Sans doute que du temps du Rafale et de l’Eurofighter, travailler « ensemble » dans une Joint Venture était une tâche insurmontable. Dommage pour tous les agents sacrifiés des deux côtés…
    Mais comme avait dit un petit chef français aux anglais, DA n’envoyait dans ces ‘études en coopération que des ingénieurs dont avait pas besoin pour le travail opérationnel. Donc sacrifiables.
    Enfin, je plains ceux qui ont dû « collaborer » avec des allemands sur le NGF…
    Heureusement que Marcel Bloch (le Junkers français, pour les allemands) est décédé avant de voir ça, lui qui avait refusé de fuir et de collaborer… 😉

  12. benoit dit :

    J’ai vraiment du mal avec les coûts et les sommes de complexités pour employer ces systèmes.
    Il faudra vraiment être très très riche pour pouvoir ne serait ce que les soutenir, les maintenir etc.

    On arrive déjà pas à financer l’ensemble des missiles de nos frégates, on arrive pas à avoir assez de pods et de capteurs pour équiper tous nos avions.
    Les anglais n’arrivent plus à maintenir leur flotte ils n’arrivent plus à ne serait ce que maintenir et concevoir leurs véhicules et là on nous sort des drones qui font même le café en plus du financement du NGF alors que personne ne sait comment remplacer les Hawk de formation école…

    En attendant on voit dans un conflit intense à l’est que ce qui semble marcher c’est d’adapter la technologie rustique que tout le monde comprend de fabriquer en masse et pour un coût soutenable…

    Bon courage avec la guerre des robots c’est la banqueroute assurée

  13. jean luc dit :

    Le nom du drone autonome Brontanax, présenté par BAE Systems au salon aéronautique de Farnborough, provient du grec ancien et signifie « Roi du Tonnerre ».L’étymologie se compose de deux racines distinctes :Brontê (βροντή) : Le tonnerre.Anax (ἄναξ) : Le roi, le seigneur ou le dirigeant.

  14. jean luc dit :

    Eux au moins ils avance sur les CCA .

  15. Momo dit :

    Le fait de signer ‘Built in Britain’ et non ‘Great Britain’ est un signe de modestie non seulement incroyablement unique de la part d’un boite comme BAE mais aussi porteur d’un espoir nouveau qui jailli de la diversité cachée derrière cette formule de déconstruction colonyale à laquelle tous les êtres intelligents, beaux, forts et riches ou en passe de devenir tout ça adhèrent tel le sparadrap sous la chaussure dans une perspective riante et heureuse d’un bien vivre ensemble où les femmes de leur coté et les hommes de l’autre seront enfin unie dans le miracle d’un jambon halal et la croyance du prochain coming-out de leur très haut.

  16. Patrico dit :

    wahouh ! Bravo les Anglais ils bossent sans mots dire dans l ombre de l’évolution avancée de leurs futurs Tempest ! sur mes photos revisionnée il est quasi presque dans les mêmes aérodynamiques de ruptures que ma création suspendue dans mon atelier ! Voilà un drone de combat comme je les aimes ! Superbe création et travail de BAE système et de ses 500 employés mais aussi des 75 PME impliqués, quand même!! A découvrir vite en sortie de hangars !!

  17. Mad dit :

    80% des capacités de l’Eurofighter? Le drone ne semble pas avoir l’aéro pour être ni maniable ni supersonique… qui sont des deux seules choses que l’EF fait correctement. Il ne semble pas avoir le place ni la génération électrique pour un radar comparable qui l’est l’une des choses que l’EF fait potablement. Du coup, ils considèrent que porter des missiles a vitesse subsonique ca représente 80% des capacités du Typhoon? Ils l’aiment encore moins que moi cet avion…….

  18. Clavier dit :

    Encore un gadget destiné à être testé par le proxy ukrainien pour agacer encore plus le Russe qui finira par se fâcher……

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « plus le Russe qui finira par se fâcher…… PUTAIN, QUATRE ANS ET QUATRE MOIS QU’IL SE FACHE!
      Visiblement il est long à la détente!

    • Fouyouyouye dit :

      Maman, j’ai peur !

  19. olivier dit :

    Je ne suis pas sur que le nom de cet UCAV soit réellement l’élément le plus important de cet article… bref…

    On peut observer plusieurs choses:
    – Accélération UCAV multi-missions (GE/ANDURIL, BAE, etc. sans même parler de l’Australie, Chine, Allemagne) avec la mise en oeuvre de prototypes
    – Prix dans la gamme des 30M€, probablement un peu plus (suivant les éléments de cet article et de l’US air force sur le prix cible)
    – Il doit y avoir en parallèle pas mal de travail sur l’intégration avec un aéronef piloté (combien un aéronef peut gérer d’UCAV, quelles configurations missions pour les UCAV, etc.), la partie interface homme-machine et robustesse/capacité des liaisons de donnée va être centrale
    – Ticket d’entrée pour des prototypes relativement accessible (quelques centaines de millions)

    Alors certes on peut éternellement revenir sur le NEURON, mais force est de constater que depuis 12 ans, la France n’avance pas (plus) malgré son savoir faire technologique et opérationnel. Alors je veux bien que l’on soit plus intelligent que nos petits copains, mais à un moment donné, il va falloir y aller…

    Par contre, à priori, on voit beaucoup de projets UCAV non jetables mais très peu sur de l’UCAV « jetable » (ou plutôt « perdable » à un coût acceptable) notamment pour servir de protection au groupe aéronef+UCAVs (ou leurres ou mission unique type MTO). Il va falloir les deux… et voir ce que l’on peut déjà faire avec le standard F4 (ce qui pourrait aussi du coup intéresser nos clients exports).

    On pourrait peut être faire simple et raisonnable en imaginant un couple Rafale F4 + 1 UCAV qui pourrait avoir plusieurs rôles suivant le besoin (spectra déporté en avant du Rafale, ISR avancé pour donner de ‘l’allonge » au rafale, SEAD, etc.). Cela pourrait poser les bases pour les futurs UCAV autour du F5 puis du NGF tout en accumulant du savoir-faire et du retour ops.

    • Philippe dit :

      @Olivier. »Par contre, à priori, on voit beaucoup de projets UCAV non jetables mais très peu sur de l’UCAV « jetable » (ou plutôt « perdable » à un coût acceptable) ». Définissez le coût acceptable pour un UCAV perdable… Ce coût définira ses capacités… Un MQ-58 a un coût entre 3 et 6 millions en fonction de ses équipements de missions..

  20. GHOST dit :

    Si la DGA se passe de Dassault, des petites entreprises autonomes peuvent facilement faire avance la France.
    Dassault est un obstacle dans ce domaine ?

    • pandacruel dit :

      Ghost : au contraire, Dassault est peut-être l’une des seules cartes qui restent à la France …S’ils se décident à aller seuls à la construction du futur avion de combat,( une entreprise à leur portée ) , on aura peut-être le successeur de la famille des Mirage, avions de légende qui ont impressionné le monde et obtenu des succès, aux aussi , planétaires.

      On ne peut que souhaiter qu’ils y aillent et au plus vite. Mr Trappier a bien dit qu’ils sont prêts ! GO !!

  21. jean luc dit :

    Voici le résumé des regrets exprimés par Éric Trappier (PDG de Dassault Aviation) concernant le manque de moyens pour le drone de combat (CCA) :1. Des arbitrages budgétaires pénalisantsReports de livraisons : L’État décale la livraison de 20 Rafale pour financer le standard F5.Absence de contrat ferme : Aucun contrat industriel global n’est signé pour le drone.Lenteurs administratives : La DGA reste au stade des demandes d’informations (RFI).2. Les risques pour la souverainetéPerte de compétences : Risque de décrochage technologique de la filière aéronautique française.Concurrence américaine : Les programmes de CCA américains avancent beaucoup plus vite.Faiblesse opérationnelle : Le drone est pourtant crucial pour percer les défenses aériennes ennemies.3. Un enjeu démultipliéÉchec du SCAF : Après l’abandon du chasseur franco-allemand, Dassault mise tout sur le « Super-Rafale ».Besoin de clarté : L’industriel exige des engagements financiers fermes et immédiats de Paris.

    j’ai résumer la situation actuelle dénoncé par Trapier ,en clair la France décroche, car elle as pas les moyen financiers pour tous ses projet .

  22. Minou danois dit :

    Ah! Une autre proposition britannique en UCAV. Nul doute que le nom de celui-ci plaira à quelqu’un… https://defence-blog.com/uks-newest-combat-drone-borrows-tricks-from-formula-1/