Lockheed Martin a dévoilé un missile intercepteur deux fois moins cher que le PAC-3 MSE utilisé par le système Patriot

Comme le montrent la guerre en Ukraine et les conflits successifs au Moyen-Orient, les systèmes de défense aérienne sont intensivement sollicités pour contrer des attaques par saturation menées avec différents types de missiles et de drones d’attaque. D’où la nécessité de réduire le coût par tir et de regarnir les stocks de missiles intercepteurs dans les meilleurs délais.

Tel est le pari de l’entreprise ukrainienne FirePoint, qui développe le missile intercepteur FP-7.X, sur lequel repose le projet FREYA [ou FREYJA], évoqué lors du lancement de la coalition intégrée contre la menace des missiles balistiques, le 13 juillet dernier, à Paris.

Au regard de la consommation de missiles intercepteurs Patriot PAC-3 MSE [dont le prix unitaire dépasse les 5 millions de dollars] et GEM-T par les forces américaines et les pays du Golfe persique où elles sont déployées, le Pentagone a récemment lancé le programme «Low-Cost Interceptor» [LCI] pour lequel il a émis un appel d’offres en mai dernier.

L’objectif est de pouvoir se procurer de nouveaux missiles intercepteurs pour moins d’un million de dollars, cette somme devant tenir compte du système de conduite de tir, du système de guidage, de la propulsion et de l’autodirecteur.

En attendant, ayant déjà pris l’engagement de tripler sa production de Patriot PAC-3 MSE, Lockheed Martin a dévoilé le Patriot PAC-3 ACE [pour Adapted Capability Effector], à l’occasion du salon de l’aéronautique de Farnborough [Royaume-Uni], le 20 juillet.

Ce PAC-3 ACE est un missile intercepteur «à faible coût conçu pour contrer un large éventail de menaces aériennes et de missiles pour moins de la moitié du prix unitaire d’un PAC-3 MSE», a avancé Lockheed Martin.

Cela étant, «conçu pour contrer les menaces aérobies, les missiles de croisière, les missiles balistiques à courte et moyenne portée au sein d’une plateforme unique», ce nouveau missile intercepteur ne remplace pas le PAC-3 MSE… mais il en est complémentaire, l’un et l’autre ayant une conduite de tir commune tout en s’appuyant sur le même système de commandement de combat intégré [IBCS]. Cependant, l’industriel américain n’a donné aucun détail sur ses performances.

«Le PAC-3 ACE offrira aux forces alliées une option de défense aérienne complémentaire et rapidement déployable en un temps record», a en effet assuré Lockheed Martin, avant de faire part de son intention de nouer des partenariats avec des industriels américains et européens pour en assurer la production.

Cette approche «renforcera la résilience de la base industrielle de défense américaine à l’échelle mondiale», a estimé le groupe. Mais pas seulement : elle peut aussi séduire les pays européens qui, dotés de batteries Patriot, pourraient être tentés d’acquérir d’autres systèmes de défense aérienne, comme le SAMP/T NG franco-italien… ou bien le futur FP-7.X ukrainien.

D’ailleurs, Lockheed Martin ne s’en cache pas. «Les forces armées américaines et alliées ont besoin d’une solution éprouvée au combat et économique, et le PAC-3 ACE répond précisément à ces exigences en s’appuyant sur les performances inégalées du PAC-3 MSE», a résumé Tim Cahill, le responsable de sa division «Missiles and Fire Control». Et d’ajouter : «En nous associant à nos alliés, nous pouvons renforcer notre résilience et garantir que nos forces soient en mesure de contrer rapidement les menaces émergentes, aujourd’hui comme demain».

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29 contributions

  1. Lothringer dit :

    Rien de tel que la concurrence pour faire baisser les prix entre divers producteurs.
    Cela prouve que L-M vivait dans une situation de rente, donc avec des prix artificiellement élevé.

    Que ceux qui passent leur temps à réclamer un unique avion européen méditent sur cette réalité.

    • Top dit :

      Et pourtant le Tempest ou Global Combat Air Programme [GCAP] unique avion européen avance …

    • Le Chouan dit :

      « Que ceux qui passent leur temps à réclamer un unique avion européen méditent sur cette réalité. »
      Oui, c’est juste et juste bien dit !

    • Mauvais élève dit :

      Des prix artificiellement élevés.

  2. HMX dit :

    On ne demande qu’à y croire… mais pour le moment, « Lockheed Martin » et « low cost » sont des mots qu’on a du mal à associer !

    Cette version simplifiée du Patriot sera probablement allégée de certains systèmes clés (pas d’ACS avec propulseurs latéraux, et probablement pas non plus de seeker radar actif en bande ka). Le missile sera donc logiquement moins performant en manœuvrabilité terminale, donc incapable de faire face aux menaces les plus avancées, type balistiques rapides/hautes et hypersoniques. Mais il devrait s’avérer suffisant contre la plupart des autres menaces, ce qui est l’objectif affiché.

    Il s’agit visiblement d’une réponse au futur FP-7 ukrainien, qui est pour sa part annoncé comme 5 fois moins cher pour des performances proches (le FP-7 met l’accent sur ses capacités d’interception Iskander/Kinjal). Le PAC 3 ACE vise ainsi un équilibre performance/prix et un cadre OTAN déjà mature. L’important pour LM étant que ses clients ne soient pas « siphonnés » par Fire Point…

  3. Carin dit :

    C’est dommage pour Rheinmetall qui a créé une usine complète pour le PAC 3 MSE….
    Les clients vont sûrement tester le petit frère, puis s’il convient le commander en lieu et place du MSE, il est évident qu’à 50+% moins cher, il va avoir la cote. Sans compter le petit dernier LCI, qui lui offrira un rabais de 80%.
    Je pense que même le Pentagone va revoir sa commande de PAC3 MSE.

    • UE dit :

      @Carin. Il n’y a strictement rien concernant la production eventuelle de PAC-3 MSE chez Rheinmetall…

      • Carin dit :

        @UE…..
        C’est pas ce que dit le sieur Papperger, qui déclare que son but, est la fabrication sous licence de l’ensemble de cette famille de missiles.

        • antares78 dit :

          Donc tu passes de l’affirmation d’une usine de production construite à une simple déclaration de PDG voulant produire un matériel…
          Il n’y a aucune usine construite de production de PAC-3 MSE en Allemagne. Tu confondais peut-être avec l’usine en Basse-Saxe qui devra produire les ATACMS.

        • UE dit :

          @Carin. Entre ce qu’il veut et ce qu’il pourrait obtenir, il y a beaucoup de marge….

        • Fabien Tremm dit :

          Et quand des industriels français font pareil ça vous gêne moins?
          NGRC? Safran qui s’associe à Sikorsky, entreprise du groupe Lockheed Martin? Et qui viennent d’étendre leur collaboration à Farnborough? https://www.safran-group.com/pressroom/sikorsky-and-safran-helicopter-engines-expand-strategic-partnership-farnborough-international-air-2026-07-22
          Airbus Helicopters basé en France qui s’associe à Collins Aerospace, Raytheon et MBDA?
          Leonardo avec Sikorsky et donc Safran?
          Thales qui collabore avec Raytheon pour les systèmes de commandement liés à ses radars?
          Sonars CAPTAS avec Leonardo DRS qui est basé aux USA?

  4. Magic38 dit :

    Comme si on avait pas déjà du mal avec le SAMP/T, voilà qu’ils enfoncent encore le clou…

  5. Roland DESPARTE dit :

    De sources publiques (contrats DoD, DSCA, analyses défense), pour un PAC-3 MSE standard, en 2026 il faut estimer le coût à ~4 millions $.
    Maintenant les coûts dépendent des versions commandées, le volume commandé, et la nature du contrat (assistance, pièces de rechange, formation,…).
    Le dernier achat américain de PAC-3 MSE pour les composantes terrestres US tourne autour de 3,8 millions $ et ~4,19 millions pour la Navy, alors que si on regarde le contrat saoudien, pour 730 missiles + équipement (~9 milliards $) le prix moyen par missile tourne autour de 12 millions $ ! Et concernant l’Allemagne (qui a commandé ~600 missiles pour 5 milliards $, on est environ à 8 millions $ par missile.
    Pour la nouvelle variante en développement, le PAC-3 ACE (Adapted Capability Effector), qui comportera moins de composants comme les « thrusters latéraux », il devrait coûter ~2 millions $ l’unité. Et c’est là que le bât blesse ! Pourquoi ? Parce que les dits thrusters latéraux sont des propulseurs latéraux commandés par le système ACS (Attitude Control Section) qui permet un guidage ultra-précis du missile contre les missiles balistiques manœuvrant comme l’Iskander, le Kinzhal, ou autres manoeuvrants… C’est en quelque sorte l’équivalent des propulseurs de contrôle d’attitude sur un vaisseau spatial, caractérisés par un “anneau“ de petits moteurs-fusées (thrusters) situés sur le corps du missile qui permettent de faire des corrections très rapides et précises de trajectoire pendant la phase terminale d’interception [Car il ne faut pas oublier que le PAC-3 MSE utilise la technique « hit-to-kill » (destruction par impact direct) et n’a donc pas d’ogive explosive à fragmentation, il doit toucher physiquement la cible à très haute vitesse]. C’est du low-cost pour les cibles low-cost, et personnellement je ne pense pas, à l’usage, qu’il représente un véritable danger pour l’Aster 30 B1 NT (Block 1 New Technology, dont le prix unitaire est ~2-3 millions $), ou le futur AQUILA de chez MBDA (qui tarde à venir…, une mise en service opérationnelle visée autour de 2035).

    • L'édit de Nantes dit :

      On écrit « lesdits thrusters » et non « les dits thrusters ».

      Ledit, ladite, lesdits, lesdites.

      Le participe passé « dit » se joint à l’article défini et à certains adverbes pour désigner les personnes ou les choses dont on a parlé : ledit preneur, ladite maison, audit lieu, l’article susdit, la personne susdite… (Acad.)

  6. phil135 dit :

    moitié moins cher que hors de prix, ça reste pas donné. et si on suppose que LM n’est pas qu’une bande d’escrocs, ce prix reste +/- représentatif de la complexité de fabrication. donc à n’importe quel budget alloué il y aura encore des limites de quantités. je pense qu’au bout d’un moment redessiner le missile à partir d’une feuille blanche va s’imposer, le plus tot sera le mieux

  7. Patatra dit :

    Ah LM qui devait avoir des marges démentielles … La concurrence a du bon parfois … Enfin, je ne suis pas certain que ce soit bon pour le marché Européen…

  8. Top dit :

    Nouvel intercepteur réservé exclusive net aux US, Trump va y veiller, les « partenaires otaniens  » et autres clients n’auront surement accès que a la version cher.
    Ou communication destinée a éviter le détournent de clients vers des solutions moins cher et plus efficaces comme les drones intercepteurs ukrainiens ou le SAMPT

    • La version chère.
      Des solutions moins chères.

      La version coûte cher, les solutions valent cher : « cher » est un adverbe.
      La version est chère, les solutions sont chères : « cher » est un adjectif.

  9. XM dit :

    Patriot, THAAD, super efficaces face aux missiles iraniens en Jordanie. Le NEC plus ultra. Va comprendre …

  10. wizz dit :

    2 fois moins cher, oui, mais à prix constant ou pas? Qui sait, ça pourrait intéresser les Suisses….

  11. Cati Lux Fero dit :

    « une solution éprouvée au combat et économique, et le PAC-3 ACE répond précisément à ces exigences en s’appuyant sur les performances inégalées du PAC-3 MSE »
    Et la marmotte, elle t’emballe si bien la réalité qu’elle devient carrément conforme aux publicités de Lookheed Martin et à la propagande du service de presse USraélien : « performances inégalées » et tout le toutim.
    C’est vrai que dans l’ensemble des bases étasuniennes du Golfe Persique, au Koweït, au Qatar, à Barheïn, en A.S, aux EAU, ainsi qu’en Jordanie, en Israël, tout comme en Ukraine, le Patriot c’est vraiment la panacée, hein ? Le meilleur retour sur investissement qui soit.
    Alors du Patriot « low-cost », tu vas pouvoir en acheter et en consommer des caisses et des caisses avec NOS milliards volés, et ça c’est vraiment chouette ! tu vas en bouffer autant que de saine propagande impériale, et tu vas kiffer.
    lol

    • Jean-Pierre dit :

      Au contraire, avec plus de 4 000 projectiles (missiles balistiques, missiles de croisière et drones) lancés sur les pays du Golfe par vagues de saturation, on peut affirmer que le système Patriot est particulièrement efficace : sans lui, ces pays seraient complètement en ruines. Néanmoins, leur défense multicouche globale manque encore de densité et présente plusieurs failles de coordination et de couverture.

      Quant à Israël, qui possède le système multicouche le plus dense au monde, les centaines de missiles balistiques avancés lancés contre le pays n’ont causé que très peu d’impacts directs. La majorité de ceux qui ont touché le sol n’ont pas été interceptés volontairement, car leur trajectoire finale ciblait des zones désertiques. La vaste majorité des dommages a été causée par des retombées de débris et par les grappes de sous-munitions larguées massivement.

      • Cati Lux Fero dit :

        « sans lui, ces pays seraient complètement en ruines »
        Vous dites n’importe quoi : ce sont les bases US qui étaient visées, pas les pays en question ; au pire les hôtels 5* où les soldats US s’étaient réfugiés.
        « […] très peu d’impacts directs. La majorité de ceux qui ont touché le sol n’ont pas été interceptés volontairement »
        Mais bien sûr : la vérité – bien entendu – est strictement conforme à la propagande du régime sioniste, relayée in extenso par LCI et l’ensemble des médias français complètement libres de toute influence pro-sioniste…
        Avec tout ça, votre cerveau et votre commentaire sont plus blanc que blanc ! félicitations.

    • Tête de buche dit :

      Lockheed Martin.

      À la rigueur, « Loughead », car c’était la graphie d’origine du patronyme des frères Lockheed, mais pas « Lookheed ».
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Allan_Lockheed

  12. Yann490 dit :

    Bonjour, comme c’est bizarre ! Aujourd’hui on s’aperçoit qu’il faut produire plus, plus vite et moins cher. Mais alors, tout ces missiles fabriqués, où que ce soit sur la planète, et vendus à des prix exorbitants, c’est pour s’en mettre plein les poches au passage ?… Et aujourd’hui, quelle crédibilité leur accorder, s’ils prétendent fabriquer moins cher, plus vite et en plus grande quantité ? Au delà des missiles, je pense que ces abus peuvent s’appliquer à bien d’autres fabricants d’armes.

    • dolgan dit :

      Quand les besoins évoluent, les solutions évoluent.

    • Roland DESPARTE dit :

      Bonjour Yann490, je comprends votre exaspération, mais la R&D surtout en ce qui concerne les missiles, coûte un prix d’or.
      Ainsi, la RDT&E (Research, Development, Test & Evaluation, pour la R&D du PAC-3MSE, les essais et la qualification) les coûts sont estimés par le Pentagone (Documents budgétaires SAR du DoD/US Army) à environ 870 à 1 020 millions $ (en dollars constants de l’année de base, autour de 2014).⁠
      Il faut savoir que le PAC-3MSE est une évolution incrémentale du PAC-3 original (pas un système entièrement nouveau). Pour un missile entièrement nouveau, les coûts de R&D seraient nettement plus élevés, souvent plusieurs milliards de dollars pour un système de défense antimissile moderne équivalent (développement complet, certification, intégration, etc.). Ainsi, des programmes comme le THAAD ou le futur AQUILA ou d’autres intercepteurs avancés ont des R&D bien supérieures ; cela laisse rêveur…
      Cordialement,

  13. aleksandar dit :

    Vu l’inefficacité criante des Patriots, 50% de rabais c’est un minimum……….

    • Roland DESPARTE dit :

      @aleksandar,
      Non, pas de désinformation, je ne peux pas vous laissez dire cela. Le Patriot (MIM-104, surtout PAC-3 MSE) reste l’un des meilleurs systèmes de défense antimissile balistique au monde, mais il est contraint par des facteurs logistiques, pas par une défaillance d’efficacité. Aucun système n’a une efficacité 100% ; le Patriot a cependant prouvé son efficacité en combat réel, ainsi en Ukraine un seul bataillon a intercepté plus de 140 missiles balistiques sur ~250 cibles aériennes engagées. Pourquoi ce quota n’est pas encore plus satisfaisant ? Tout simplement parce que l’Ukraine a reçu ~600 missiles Patriot en 3 ans, et ce face à des centaines de balistiques russes par saison (Iskander-M, Kinzhal, etc.). De ce fait et ces contraintes, les opérateurs ukrainiens tirent à l’économie, alors que la Russie sature délibérément avec des salves massives + drones/croisières (C’est “de bonne guerre“ me direz-vous…). C’est donc un problème de volume de production, pas de technologie. Et en matière de production, les délais longs (2 ans/missile) expliquent la difficulté à reconstituer rapidement les stocks. Les initiatives en cours (triplement de cadence, co-production européenne, variante ACE) visent à améliorer cela, mais les résultats complets n’arriveront que vers 2028-2030.