L’avion de transport tactique brésilien C-390 va pouvoir lancer des missiles de croisière américains Barracuda

En juin, l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] a confirmé son intention de faire de l’avion de transport A400M «Atlas» un avion de combat «lourd» en le dotant d’un «système de mission parallèle» [ou PMS], un contrat de développement ayant été notifié à Airbus par la Direction générale de l’armement [via l’OCCAr].
Il s’agit d’abord de faire en sorte que cet appareil puisse exploiter de nouveaux moyens de communication, des capteurs et des effecteurs, avant de lui permettre de larguer des drones, des bombes et des missiles depuis sa soute. Soute qui, pour le chef d’état-major de l’AAE, le général Jérôme Bellanger, est le «véritable système de combat de l’A400M».
Cela étant, quelques semaines plus tôt, un responsable d’Airbus avait confié à Europäische Sicherheit & Technik [ESUT] que des travaux étaient en cours pour donner la capacité à l’A400M de mettre en œuvre une douzaine de missiles de croisière à longue portée ainsi qu’une cinquantaine de drones.
«Grâce à une connectivité améliorée via une communication satellite haut débit chiffrée, les drones et les missiles de croisière peuvent également être contrôlés et surveillés depuis l’A400M. Ceci va lui donner une capacité de frappe en profondeur sans précédent», avait-il assuré.
Seulement, la concurrence n’est pas en reste. En effet, ce 21 juillet, lors du salon de l’aéronautique de Farnborough [Royaume-Uni], le constructeur aéronautique brésilien Embraer a annoncé qu’il venait de signer un protocole d’accord avec l’américain Anduril pour doter son avion de transport tactique C-390 «Millenium» de la capacité à larguer des missiles de croisière Barracuda 500M, conditionnés sur des palettes.
Un tel procédé n’est pas nouveau : il avait fait l’objet du programme Rapid Dragon, lequel avait été lancé en 2020 par l’US Air Force afin de permettre à ses avions de transport C-17 Globemaster III et C-130J Hercules de larguer des missiles de croisière AGM-158 JASSM-ER [Joint Air-to-Surface Standoff Missile – Extended Range] «palettisés». Il s’agissait de reprendre un concept qui avait été envisagé dans les années 1980.
NOTÍCIA | Embraer e Anduril assinam acordo para ampliar as capacidades do C-390 com o Barracuda-500M paletizado. Leia notícia completa: https://t.co/7gcUFTQXe9@anduriltech pic.twitter.com/zFF27uIrRw
— Embraer (@embraer) July 21, 2026
Aussi, avec ce protocole d’accord, Embraer confirme une fois encore ses ambitions sur le marché américain. Pour rappel, en février, il s’était associé à Northrop Grumman pour proposer l’avion ravitailleur KC-390 à l’US Air Force.
«Cette collaboration vise à étendre les capacités opérationnelles du C-390 en offrant une solution flexible et rapidement déployable pour les opérations militaires modernes», a expliqué l’industriel brésilien. Elle «représente une étape importante dans l’évolution de cet appareil en tant que plateforme multimission et multiplicateur de force, favorisant un engagement agile au combat et répondant aux besoins opérationnels des forces américaines et alliées grâce à une interopérabilité et une efficacité opérationnelle accrues», a-t-il ajouté.
Dévoilé en 2024, le Barracuda 500M est un missile de croisière doté d’un turboréacteur aérobie affichant une portée supérieure à 900 km. Peu coûteux, il a l’avantage de pouvoir être produit à grande échelle dans des délais très courts. Récemment, le Pentagone a notifié un accord-cadre à Anduril pour en acquérir des milliers d’exemplaires par an jusqu’en 2034.
Quant au C-390, propulsé par deux turbofans IAE V2500, il a la capacité de transporter 20 à 25 tonnes de fret sur une distance de 2 815 km, à la vitesse de croisière maximale de 850 km/h.
Photo : Embraer





L’avenir appartient à ces petites structures qui font une ombre très sombre aux grands constructeurs. Ces derniers vont devoir revoir considérablement le prix de leurs produits, ou cesser de les produire.
Ils n’ont pas vu (ou voulu voir), que chasser le Shahed à l’aide de missiles forts coûteux, n’était pas tenable. Et ceci est valable pour tous les géants qu’ils soient américains ou européens.
La suite logique, c’est qu’une petite structure sorte un missile air/air à moindre coût, et offrant les mêmes performances que les actuels.
Les grands doivent avoir compris qu’il leurs fallait soit s’adapter, soit cesser certaines de leurs activités. Et c’est pas fini!
Les entreprises du secteur de la « New Defence » sont en effet en train de mettre un sérieux coup de pied aux fesses aux entreprises « traditionnelles » de ce secteur. Plus souples, plus innovantes, plus modestes en taille, avec davantage de liens avec les secteurs civils et académiques, elles redéfinissent littéralement les contours de la BITD, en introduisant de nouveaux concepts parfois disruptifs, en cassant les prix, ainsi que les délais de développement. La guerre en Ukraine illustre parfaitement la pertinence de ce nouveau modèle, avec ses atouts, et aussi ses limites, car tous ces nouveaux acteurs ne survivront pas : fragilité financière, soutien étatique pas toujours marqué et matérialisé par des commandes fermes, faiblesse des capacités de production…
Les « grands » du secteur vont en effet devoir s’adapter, ou disparaître. A terme, il est probable qu’on assiste à une forme de convergence, voire à une symbiose, avec les « grands » qui vont racheter/absorber les nouveaux acteurs tant qu’ils le peuvent (car plus tard, c’est l’inverse qui risque d’arriver!), des acteurs du New Defense qui vont volontairement chercher à s’adosser à des acteurs industriels « traditionnels » pour produire en masse et bénéficier d’une force de frappe commerciale, ou encore des acteurs « traditionnels » qui vont directement s’inspirer et adopter les méthodes de développement et de production du New Defence pour devenir plus rapides, plus agiles et moins coûteux, et ainsi pouvoir rivaliser.
C est qui les petites structures? Anduril? NGroupman? Embraer? Airbus?
@Carin. »La suite logique, c’est qu’une petite structure sorte un missile air/air à moindre coût, et offrant les mêmes performances que les actuels. »Ce n’est pas l’objectif d’Anduril avec l’AGM-189, de Zone 5 avec l’AGM-188 ou de Leidos avec l’AGM-190. Leur objectif c’est plutôt 70 ou 80% des capacités d’un JASSM pour le Barracuda 500 (AGM-189), mais surtout des missiles plus petits, plus légers, avec une grande portée, simples à produire et remplacer et qui peuvent armer de très nombreuses plateformes grâce à leur poids et dimension réduits..
C’est un développement logique. La palettisation des missiles de croisière et des munitions rôdeuses permet de massifier les frappes à moindre coût, en utilisant des avions de transport dotés d’une rampe (C17, C130, A400M… et désormais le C390 !).
Prochaine étape : le développement de grands drones de transport qui auront nativement une dimension duale grâce à une soute modulaire (fret/tir de missiles ou MTO à distance de sécurité).