Dix pays européens, dont la France, créent une «coalition intégrée» contre la menace des missiles balistiques

Le 13 juillet, à l’issue du sommet de la coalition dites des volontaires, censée apporter des garanties de sécurité à l’Ukraine quand un accord de cessez-le-feu aura été trouvé avec la Russie, dix pays européens ont annoncé la création d’une «coalition intégrée contre les missiles balistiques», avec l’objectif d’établir des «exigences opérationnelles communes», des «groupes de travail techniques conjoints», des «mécanismes de gouvernance clairs» et une «feuille de route» vers de premières capacités opérationnelles.

Parmi les membres de cette nouvelle coalition, on trouve la France, l’Italie, l’Espagne, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et… l’Ukraine. Cette liste n’est pas figée, d’autres pays étant susceptibles de rejoindre cette structure, pour peu qu’ils en partagent les principes et les objectifs.

Ces dernières années, plusieurs initiatives en matière de défense aérienne ont été lancées en Europe. Ainsi, la Commission européenne, via plusieurs instruments financiers, soutient les projets capacitaires HYDIS [HYpersonic Defense Interceptor Study], HYDEF [European Hypersonic Defence Interceptor] ou encore IMLAMD [Integrated Multi-Layer Air and Missile Defence system].

Au sein de l’Otan, l’Allemagne est à l’origine de l’ESSI [European Sky Shield Initiative], qui vise à mutualiser les achats de capacités de défense aérienne entre les pays participants. Cette initiative a d’ailleurs dépassé le cadre de l’Alliance car elle a été rejointe par des pays comme la Suisse et l’Autriche.

Quoi qu’il en soit, estimant que la «protection de l’Europe nécessite une solution globale», les dix pays membres de cette coalition contre les missiles balistiques se sont donné l’objectif de mettre en place une «architecture intégrée de défense antimissile», grâce à un «effort collectif, à l’ouverture technologique et à une coopération industrielle de confiance».

«En mettant en commun notre base industrielle de défense, notre recherche et notre expérience opérationnelle, notre objectif est de bâtir une capacité partagée contre les missiles balistiques pour l’Europe et de soutenir les activités contributives pertinentes. Cette action n’est orientée contre aucun peuple, mais en défense du nôtre», est-il avancé dans la déclaration qu’ils ont publiée.

Cette «architecture intégrée» contre les menaces balistiques s’appuiera sur les «solutions européennes souveraines déjà acquises» [comme le SAMP/T NG et l’IRIS-T SLM] ainsi que sur de nouvelles capacités qui restent à développer.

Lors de la conférence de presse qu’il a donnée aux côtés de son homologue ukrainien, Volodymyr Zelenski, du chancelier allemand, Friedrich Merz, et du Premier ministre britannique, Keir Starmer, le président Macron a évoqué le projet FREYA [ou FREYJA] qui, «en agrégeant justement les briques capacitaires de nos 8 pays [sic] et de plusieurs de nos industriels, va permettre d’agréger une offre commune et d’accélérer en la matière la protection de l’Ukraine».

Plus précisément, proposé par Kiev, le projet FREYA vise à mettre au point une solution moins coûteuse que les systèmes de défense aérienne Patriot et SAMP/T NG. L’entreprise ukrainienne Fire Point, qui est en train de développer le missile intercepteur FP-7.x en est à l’origine. Plusieurs entreprises européennes, dont Eurosam [Thales et MBDA], Saab ou encore Leonardo vont s’y joindre.

«Notre travail sur un système commun – FREYA – ne vise pas à remplacer les systèmes existants. Il s’agit d’un moyen de renforcer notre défense, de créer un bouclier solide sur l’ensemble de l’Europe, et de réaliser tout cela plus rapidement et à moindre coût», a résumé M. Zelenski. Pour le chancelier allemand, ce projet «aidera également nos industries de défense européennes à collaborer encore plus étroitement et à apprendre les unes des autres».

Justement, le 14 juillet, cinq entreprises européennes, à savoir Airbus Defence & Space, MBDA Deutschland, Thales, Safran Electronics & Defense et Destinus, ont signé une lettre d’intention en vue de créer le consortium Bliksem EXO. Et cela avec l’objectif de développer un intercepteur exo-atmosphérique «souverain» pour contrer les missiles balistiques de moyenne portée et de portée intermédiaire, comme l’Orechnik russe.

Dans le détail, MBDA Deutschland sera chargé de fournir les composants clefs du missile intercepteur tandis que Safran Electronics & Defense développera les capteurs et le système de guidage. Le système de commandement, de contrôle et de gestion des opérations [BMC4I] relèvera d’Airbus Defence & Space, Destinus devant assurer l’intégration du système. Enfin, l’ensemble fonctionnera avec des radars conçus par Thales.

Un accord «contraignant» devrait être signé par ces cinq industriels dans les trois mois à venir, un premier essai du système qu’ils se proposent de développer étant prévu en 2027.

Photo : FP-7.x / Fire Point

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24 contributions

  1. VIDAL dit :

    « Pour le chancelier allemand, ce projet «aidera également nos industries de défense européennes à collaborer encore plus étroitement et à apprendre les unes des autres» ».
    Si en plus de pomper ce qu’ils ne savent pas ils pouvaient fabriquer une grosse partie….

    • THEVENON dit :

      Comment veux-tu que les voisins européens puissent prendre des français au sérieux avec ce genre de petite phrase incluant un haut taux de mesquinerie ??????????????????????? Comment ?

    • jean luc dit :

      tu ne crois pas que la France ne fait pas la même chose, on appelle cela de l’espionnage industriel si il pouvais faire la plus grande partie ils le ferais , la France elle as plus de sous

      • Tih Yellow dit :

        Oui mais la France a les compétences que l’Allemagne n’a pas.
        Maintenant que l’industrie automobile allemande plonge, le réveil va être douloureux pour l’Allemagne.

    • AlexS dit :

      « Pour le chancelier allemand, ce projet «aidera également nos industries de défense européennes à collaborer encore plus étroitement et à apprendre les unes des autres»

      Je ne vois pas l’Italie ici…

  2. PHILIPPE dit :

    a priori cela semble une bonne idée.

  3. jean luc dit :

    J’ai l’impression que cela devient une vraie auberge espagnole et que chacun cherche des alliés pour placer ses technologies nationales. Le projet HIDEX sera soutenu par l’Allemagne pour son industrie, elle finance aussi HIDIS. bonne chose que des industriels, celle des accords entre eux

  4. Pascal, (l'autre) dit :

    Ne doutons pas une seconde que cette initiative sera perçue comme une intolérable manœuvre d’agression contre un bienveillant et pacifique grand pays de l’est!

  5. toufik dit :

    Il se pourrait bien que les Ukrainiens mettent tout le monde d’accord. Ce serait excellent comme dénouement. C’est peut-être justement ce qu’il nous faut ça pour arrêter de nous chamailler avec les Allemands… Chacun s’efforcera de faire bonne figure dans un tel groupe.
    Et Zelensky est plutôt fin.

  6. Alain d dit :

    Bah, oui, en 2014-2015, quand Poutine avait commencé à déconner sur l’Ukraine, par deux fois, j’avais collé ici même le rapport sénatorial qui traitait du sujet avec une analyse du projet Exoguard d »Astrium (2011):
    https://www.senat.fr/rap/r10-733/r10-733.html
    Encore une occasion ratée par la France !
    A dix coopérants ou plus, ce sera moins souverain qu’a deux ou trois coopérants (format SAMP/T), donc aussi plus cher pour moins d’emplois en France, et logiquement moins de d’influence et de liberté géopolitiques. Et puis tout ce temps perdu aura permis à la propagande russe d’aller bon train avec ses missiles extraordinaires.
    Des glands nos décideurs, hein ? Oui oui !
    A mettre en parallèle les SAMP/NG et VL MICA arrivant bien trop tard, pour l’Europe comme pour l’Ukraine.
    « Mieux vaut tard que jamais », oui, mais ça nous coute combien en pertes de parts de marchés et d’influence géopolitique ?
    Pour le ridicule et l’inconscience, nos curseurs sont bien bloqués au maximum.
    Comme pour nos quelques LRM recyclés en LRU, les conneries ça volait en escadrilles.
    « les européens achètent américains, ouin ouin ouin.
    « Gouverner c’est prévoir » : 00/20
    Je sais, oui mais quand même hein ?
    Sinon pour la dette, ça carbure bien….

  7. Jeanot dit :

    Avoir l’idée de créer un intercepteur exo atmosphérique est bon oui
    Après j’avoue ne pas tout comprendre entre les projets déjà mis en réflexion par diverses nations européennes et sur ce truc européen plus ukrainien.
    ariane espace n’est pas invitée ? ah bon.
    bref là encore c’est nous qui avons toutes les compétences quand les autres vont vouloir tout faire.
    Qui va rester sur la touche?
    est-ce que ce conglomérat ne va pas sacrifier les meilleurs par decision géopolitique ?
    Quand aux ukrainiens et firepoint que vont ils apporter à par leur force vive de production pas chère?

  8. Alain d dit :

    Evidement dans ces aventures européennes dans l’anti-aériens traitées à la hâte, nos entreprises vont devoir faire des concessions en R&D, pour des produits qui ne conviendront pas forcément exactement aux besoins exacts de notre défense. Et je le rappelle des couts bien plus élevés, à cause des chaines logistiques imposées par les coopérations, et non pas choisies pour obtenir les meilleurs produits avec les approvisionnements les plus judicieux. Il va falloir trouver des compromis pour tout.
    Avec en plus plusieurs usines à gaz qui se concurrencent.
    Alors que lorsque que nous anticipons et pilotons, seul ou en coopération réduite, nous y perdons moins de plumes.

  9. ONERESQUE dit :

    La guerre USA-Iran a confirmé avec éclat ce que beaucoup subodoraient depuis longtemps et qui a été encore prouvé par la précédente guerre des 12 jours, du 13 au 24 juin 2025, ainsi aussi que par l’effondrement récent des taux d’interception de Kinzhal et de Zirkon au-dessus de Kiev : l’un des pans FONDAMENTAUX du CHI moderne est la GUERRE BALISTIQUE et SURTOUT, ses 2 variations récentes encore plus dangereuses : l’endo et l’exoatmosphérique avec manœuvres d’évitement des têtes !

    1 > Quand la densification des systèmes sol-air modernes est maintenue, ce que les ukrainiens ont réussi à faire ( alors que les Russes subissent l’effet de trous de plus de 428 systèmes SAM déjà détruits depuis 2022 ), il devient difficile de frapper avec des missiles de croisière classique Kh-101, Kh-555, Kalibr car les taux de pénétration baissent drastiquement, les ukrainiens interceptent depuis longtemps de 75 à 90% de ces cruise russes. Du coté adverse, même les Flamingo FP-5 commencent à se faire systématiquement abattre autour de Moscou. Seul des systèmes ultra-furtifs, JASSM, SCALP ont une chance.

    2 > Face donc à cette extrême difficulté de percer l’enveloppe défensive des SAM modernes, y compris au moyen du balistique parabolique classique ( ce qui est connu depuis le Golfe 2003), a donc répondu l’évolution du glaive : le lancement de programmes de conception de corps de rentrée offensifs pseudo-balistiques MARV hypersoniques GBV à trajectoires aléatoires en montagnes russes. Ces GBV ailés ou non, avec des jets latéraux ou des tuyères orientables devaient apporter des taux de pénétration proches de 80 à 95 % en mettant en échec les S-400, PATRIOT PAC3-MSE et SAMP/T 1ère génération, tous de conception ancienne. Ce qui vient d’être atteint justement : des modifications de profils de vol appliquées récemment par Moscou sur leurs hypersoniques, combinées à une déplétion des stocks PATRIOT, ont percé quasiment à 100% récemment au début Juillet 2026 le dôme de Kiev. Cette innovation MARV endo ou exo n’est pourtant pas récente et cela mature dans les bureaux d’études chinois, iraniens, russes et américains depuis près de 20 ans. Zirkon, Common GBV, Fattah à biconique à jets et Fattah 2 avec GBV ailé, en sont la preuve.

    3 > Les états-majors occidentaux pensaient pourtant que la complexité de développement de ces hypersoniques manœuvrant en rentrée ou en vol stratosphérique horizontal, leur garantissait un certain délai de sécurité d’ici 2035-2040 pour la mise au point d’une réponse. Cette marge de sécurité a déjà volé en éclats. Par exemple, la mise au point d’intercepteurs David’s Sling performants sur têtes évasives est effective dès 2021, sur pseudo-balistique. Cela n’a pas empêché le FATTAH 2 GBV ailé manœuvrant d’être très dur à intercepter l’an dernier au-dessus d’Israël. Les futurs ARROW 4 et SKY CEPTOR israéliens, spécifiquement dédiés à l’interception par collision contre ces GBV endo (Glide Body Vehicle) manœuvrant, sont d’ailleurs encore en développement, preuve en est que la menace FATTAH 2 n’est pas adressée.

    4 > Les européens, voyant les progrès récents de pénétration Zirkon sur Kiev, les ravages du FATTAH 2 à Tel-Aviv et les potentialités offensives inarrêtables futures de tels vecteurs qui vont être de plus améliorés, ont donc fini heureusement par réaliser l’AMPLEUR et la dangerosité de ces 2 menaces, l’endoatmosphérique HGBV et l’exoatmosphérique par corps de rentrée piloté par jets. Elles progressent de manière inquiétante en termes de raccourcissement drastique des délais de mise au point par les CRINK et cela justifie parfaitement cette initiative anti-balistique européenne. En espérant qu’elle aussi sera massivement accélérée car la menace n’attendra pas elle.

    • HMX dit :

      @ONERESQUE
      Excellente synthèse, qui rappelle pourquoi la défense anti-missile redevient une priorité stratégique. L’expérience ukrainienne et les projets comme FREYJA vont être cruciaux pour accélérer des capacités endo/exo dédiées, et combler une partie du retard qui se creuse.

      Reste la question de la soutenabilité budgétaire de ce bouclier antimissile, et de ses limites techniques. Comme le montre l’Ukraine, ou les attaques iraniennes sur Israël, aucun bouclier ne sera étanche à 100%, l’adversaire parviendra toujours à le contourner ou à le saturer, et il arrivera de toute façon rapidement le moment où nous serons à court d’intercepteurs face à des attaques saturantes. Entre l’épée et le bouclier, l’épée aura toujours un coup d’avance. On ne peut donc pas jouer uniquement en défense, et tout miser sur un « super-bouclier » qui sera fatalement percé ou contourné tôt ou tard.

      Ce qui m’amène à suggérer qu’il serait logique de nous doter d’une force de plusieurs milliers de missiles balistiques, de croisière, et de drones OWA/UAV à très longue portée (avec les capacités de production associées), afin d’exercer une dissuasion conventionnelle crédible face à un adversaire lui-même massivement doté de ce type d’armes. C’est un projet qui doit s’envisager à l’échelle nationale, mais surtout européenne, pour avoir du sens. Le programme ELSA pourrait en constituer les prémisses.

      Autre piste de réflexion : partant du principe que notre bouclier sera tôt ou tard transpercé, travailler dès le temps de paix sur le durcissement des cibles potentielles (bunkers, abris fortifiés, souterrains…), et la dispersion régulière de nos moyens, pour générer davantage d’incertitudes pour les capacités de ciblage adverses, et le cas échéant limiter les effets d’éventuelles frappes réussies. Cela inclut aussi le nécessité de monter en puissance sur le volet défense civile et protection des populations, face à des frappes conventionnelles visant délibérément nos centres urbains.

  10. Thorgal dit :

    Beau projet, mais je crains que l’Allemagne, toute à sa logique d’hégémonie industrielle via ses capacités financières significatives (et la bienveillance US, en seconde ligne), ne s’arroge au final la part du lion.
    Si seulement nous avions eu depuis 50 ans des Baron Louis (ministre des finances à la Restauration, je précise pour les lecteurs de la nouvelle Fronce, rien à voir avec Master Poulet) et non des cigales…

  11. Carin dit :

    On aurait plus simplement pu aider l’Ukraine à développer leur « fire point ». Mais à mon avis ce missile entrerait de plain pieds dans la cour de l’IrisT, à bas coût.
    Dons on dit qu’on va le faire, mais à l’arrivée, il n’en sera rien, il n’y a qu’à voir la liste des entreprises choisies pour concrétiser cette voie.
    De plus, Airbus DE ne va pas cesser de réclamer le partage total des technologies et autres savoirs faire, ce qui va encore une fois faire capoter le projet, car même les entreprises allemandes ne seront pas d’accord pour refiler à un très futur concurrent (Airbus DE), leurs brevets.
    A l’arrivée, la France, et peut-être la Suède seront les 2 seules nations à aider les ukrainiens pour mettre au point ce « fire point », et son lanceur, à condition de fournir radar et autres modules, parce qu’il ne faut quand même pas dormir. Le tout en fournissant (pour la France) quelques SAMPT/NG, vu qu’avec l’accord de l’Italie, nous allons lui fournir de quoi fabriquer ou assembler des Aster30.
    Et pendant que j’y suis, je pense que l’Ukraine va réellement acheter quelques dizaines de Rafale au standard F4, vu qu’on va lui permettre de fabriquer sur place les AASM et notre actuel missile longue portée qui sont précisément les bombes /missile de prédilection du Rafale.
    Mais c’est pas tout… d’autres surprises nous attendent, dont certaines seront divulguées en 2027, avant la fin du mandat du sieur Macron.

  12. Myshl dit :

    Que les entreprises s’entendent et s’allient, et tout ira bien.
    Que des politiques s’en mêlent et ça merdera.

    Il faut laisser la main aux industriels, et aux start-up.
    Il faut les mettre au défi, donc en concurrence,
    en deux ou trois équipes concurrentes mais toujours concourantes.

    Mais faut pas rêver,
    on va fabriquer, trafiquer une coagulation germano-centrée,
    financée par les sous de la Kommission de Ursula.

    Macron avance en tortillant vers l’Eureich et la fin de la France.

  13. jean luc dit :

    La réaction de la presse allemandeLe traitement médiatique se concentre sur un équilibre complexe entre la coopération franco-allemande et l’indépendance technologique :La fin des querelles sur le bouclier européen : Des médias spécialisés et généralistes, comme Defence Network, soulignent que cette coalition résout enfin les frictions de longue date entre Paris et Berlin. Alors que la France boudait l’initiative allemande ESSI (car elle intégrait des technologies américaines et israéliennes), cette nouvelle coalition à dix est saluée comme le volet « 100 % souverain » qui manquait à l’Europe.La focalisation sur le projet Bliksem EXO : La presse économique met massivement en avant la signature industrielle survenue le 14 juillet à Paris. Les journaux saluent l’alliance d’Airbus Defence & Space, MBDA Deutschland, Thales, Safran et Destinus pour concevoir un intercepteur exo-atmosphérique capable de détruire les missiles russes de moyenne portée (comme l’Orechnik) dans l’espace.️ La réaction des partis politiques allemandsLe paysage politique allemand s’articule désormais autour de la nouvelle majorité conservatrice :L’Union (CDU/CSU, au pouvoir) : Portée par le chancelier Friedrich Merz, la droite conservatrice revendique cette coalition comme un succès de sa doctrine de fermeté. Pour la CDU, l’achat d’urgence du système israélien Arrow 3 par le passé était une solution de transition, mais l’avenir réside dans ce pilier européen intégré. Merz insiste sur la parfaite complémentarité de cette initiative avec l’OTAN.Les Sociaux-Démocrates (SPD) et Les Verts (désormais dans l’opposition) : Ils soutiennent l’initiative sur le principe de la solidarité européenne et de l’aide à l’Ukraine. Cependant, ils demandent des garanties pour que le projet industriel profite équitablement aux usines de défense situées en Allemagne (notamment MBDA à Schrobenhausen) et ne soit pas totalement centralisé à Paris.L’extrême droite (AfD) et la gauche radicale (BSW / Die Linke) : Sans surprise, ces mouvements s’opposent frontalement à la création de cette coalition. Ils reprennent la rhétorique du Kremlin en qualifiant le sommet de Paris de « réunion de va-t-en-guerre ». Ils estiment que militariser l’espace aérien européen avec de nouveaux intercepteurs ne fera qu’alimenter une course aux armements incontrôlable avec Moscou. La réaction de la presse allemandeLe traitement médiatique se concentre sur un équilibre complexe entre la coopération franco-allemande et l’indépendance technologique :La fin des querelles sur le bouclier européen : Des médias spécialisés et généralistes, comme Defence Network, soulignent que cette coalition résout enfin les frictions de longue date entre Paris et Berlin. Alors que la France boudait l’initiative allemande ESSI (car elle intégrait des technologies américaines et israéliennes), cette nouvelle coalition à dix est saluée comme le volet « 100 % souverain » qui manquait à l’Europe.La focalisation sur le projet Bliksem EXO : La presse économique met massivement en avant la signature industrielle survenue le 14 juillet à Paris. Les journaux saluent l’alliance d’Airbus Defence & Space, MBDA Deutschland, Thales, Safran et Destinus pour concevoir un intercepteur exo-atmosphérique capable de détruire les missiles russes de moyenne portée (comme l’Orechnik) dans l’espace.️ La réaction des partis politiques allemandsLe paysage politique allemand s’articule désormais autour de la nouvelle majorité conservatrice :L’Union (CDU/CSU, au pouvoir) : Portée par le chancelier Friedrich Merz, la droite conservatrice revendique cette coalition comme un succès de sa doctrine de fermeté. Pour la CDU, l’achat d’urgence du système israélien Arrow 3 par le passé était une solution de transition, mais l’avenir réside dans ce pilier européen intégré. Merz insiste sur la parfaite complémentarité de cette initiative avec l’OTAN.Les Sociaux-Démocrates (SPD) et Les Verts (désormais dans l’opposition) : Ils soutiennent l’initiative sur le principe de la solidarité européenne et de l’aide à l’Ukraine. Cependant, ils demandent des garanties pour que le projet industriel profite équitablement aux usines de défense situées en Allemagne (notamment MBDA à Schrobenhausen) et ne soit pas totalement centralisé à Paris.L’extrême droite (AfD) et la gauche radicale (BSW / Die Linke) : Sans surprise, ces mouvements s’opposent frontalement à la création de cette coalition. Ils reprennent la rhétorique du Kremlin en qualifiant le sommet de Paris de « réunion de va-t-en-guerre ». Ils estiment que militariser l’espace aérien européen avec de nouveaux intercepteurs ne fera qu’alimenter une course aux armements incontrôlable avec Moscou.

    • Olivier dit :

      Une légère correction (merci pour la revue de presse côté allemagne, cela permet d’apporter un autre point de vue): l’Allemagne a éjecté dès le jour 1 le SAMP/T empêchant de facto la participation de la France et l’Italie… la nuance est tout de même de taille…

    • Roland DESPARTE dit :

      « Alors que la France boudait l’initiative allemande ESSI »
      Vous êtes gonflé ! Notre pays n’a pas été invité à participer… Et initialement le système franco-italien SAMP-T a été exclu d’office de l’ESSI…

  14. Gallifet dit :

    Tiens, dans le temps on nous expliquait à travers la doctrine*, qu’il ne fallait pas avoir de défense anti-missile (balistique) car cela était antinomique du concept de dissuasion…. les temps changent (en bien ?) mais depuis que notre PR (pour encore 10 mois) balance tous les concepts nucléaires par la fenêtre, on peut s’attendre à tout.

    (*) doctrine que j’ai un peu étudiée et pratiquée à travers certains systèmes d’armes, figurez-vous.

  15. Olivier dit :

    Est ce qu’un lecteur du site aurait la gentillesse de m’expliquer comment cette approche s’intègre avec l’IAMD de l’OTAN et notamment sa composante BMD qui est déjà opérationnelle? S’il y a initiative c’est qu’il y a une différence mais là j’ai un peu de mal à suivre (astuce politique pour intégérer l’Ukraine?).

  16. Georges Frérot dit :

    Avec un peu de mémoire et un RETEX de qualité,
    Notre Foutriquet National aurait pu constater que la petite dizaine de projets Franco-Allemands dans le domaine de la défense initiés depuis 2017 ont tous échoués.
    Ils nous ont tous fait prendre du retard considérable (SCAF, MGCS, …)
    En matière de défense sol/air les allemands sont les spécialistes du cheval de Troie américain et israélien !
    Nous avons une architecture :
    – SAMP/T NG, MICA, MISTRAL et Rapid Fire que nous pouvons intégrer sous la Gestion sol/air IMAD de Thales,
    contentons nous d’y adjoindre la lutte anti drone et anti balistique, mais pour être au rendez-vous, sans les allemands.

  17. Roland DESPARTE dit :

    Puisqu’il est question d’une “coopération“ de cinq entreprises européennes (Airbus DS, MBDA Deutschland, Thales, Safran, Destinus), je veux attirer l’attention sur un point passé sous silence dans nombre de médias concernant l’entreprise MBDA.
    A dater du 1er novembre, MBDA va remplacer son PDG [Le français Éric Béranger] par un cadre d’Airbus et engager une réorganisation de l’entreprise.
    Éric Béranger défendait les intérêts souverains des trois nations qui ont créé cette entreprise en 2001 (France, Grande-Bretagne, Italie) et est un enjeu existentiel pour la défense française de par -entre autres- la production du missile nucléaire aéroporté ASMP-A, de celle à venir de l’ASN4G, du Meteor NG, et du développement de DELUGE, un système souverain à longue portée destiné à saturer les défenses ennemies.
    Il sera intéressant de connaître la prochaine destination de M. Béranger, et surtout de connaître le cheminement professionnel au sein d’Airbus de son remplaçant, espérant que ce changement de gouvernance ne soit pas une “mise au pas“ de MBDA pour satisfaire les envies hégémonistes d’Airbus…