Thales annonce son intention d’acquérir Exail, le spécialiste français des drones navals et des systèmes de navigation

Spécialiste de la robotique militaire et des systèmes de navigation inertielle, l’entreprise française Exail Technologies a connu un début d’été mouvementé. Mi-juin, la valeur de ses actions a chuté de 16 % en Bourse à cause d’un différend avec ICG, l’un de ses investisseurs, au sujet du remboursement et du rachat des obligations et des actions d’Exail Holding non cotée. Puis, quelques jours plus tard, celle-ci s’est envolée, après que l’agence Bloomberg a révélé que Safran était entré en négociations exclusives avec la famille Gorgé, son actionnaire principal, pour s’en assurer le contrôle.
Ayant confirmé cette information, Safran a ensuite précisé que l’opération envisagée prendrait la forme d’un «rachat du bloc de contrôle de la famille Gorgé, suivi d’une offre publique obligatoire». Et de préciser qu’il allait proposer 128,5 euros par action. Seulement, les discussions ont tourné court puisque les deux parties ont annoncé leur échec, le 3 juillet.
Pour autant, Exail Technologies va bien changer de main. Pendant qu’elle discutait avec Safran, la famille Gorgé était aussi en relation avec Thales. D’où le coup de théâtre de ce 6 juillet.
En effet, via un communiqué, Thales a annoncé qu’il venait de signer un accord «engageant» avec la famille Gorgé pour l’acquisition de la participation de celle-ci au capital d’Exail Technologies [soit 35,51 %]. Le groupe d’électronique de défense lancera ensuite une offre publique d’achat obligatoire, au prix de 134 euros par action.
Pour Thales, acquérir Exail Technologies va lui permettre d’étoffer son offre dans les domaines de la lutte sous-marine, de la guerre des mines et des systèmes de navigation.
S’agissant plus particulièrement de la guerre des mines, Thales a mené le programme franco-britannique Maritime Mine Counter Measures [MMCM], lequel repose en partie sur des robots sous-marins [ROV] A-18M qui, fournis par Exail, sont équipés de son sonar à ouverture synthétique SAMDIS 600 [SAMDIS signifie «Synthetic Aperture Mine Detection and Imaging System»].
Par ailleurs, Exail est impliqué dans le renouvellement des capacités de guerre des mines des forces navales belges et néerlandaises, aux côtés de Naval Group, dont Thales est actionnaire à hauteur de 35 %.
«Grâce à l’acquisition prévue de 100 % d’Exail, Thales va renforcer son positionnement sur le marché de la lutte sous-marine en bénéficiant de l’expertise significative d’Exail dans la lutte antimine dronisée et les systèmes de drones maritimes. La combinaison des portefeuilles de Thales et d’Exail permettra à Thales de proposer des solutions intégrées à ses clients, allant des composants aux systèmes autonomes. La transaction devrait accélérer le développement de leurs solutions respectives de lutte antimine dronisée, en optimisant les deux portefeuilles et en les faisant évoluer pour répondre à une large gamme d’exigences opérationnelles», soulignent les deux industriels dans leur communiqué commun.
En outre, les solutions proposées par Exail en matière de systèmes de navigation inertielle sont complémentaires de celles de Thales [gyroscope à fibre optique pour l’un, gyroscope laser en anneau pour l’autre]. Enfin, les deux industriels pourront mutualiser leurs efforts dans le domaine des capteurs quantiques.
Quoi qu’il en soit, devant être finalisé d’ici le troisième trimestre 2027 – sous réserve des autorisations administratives et légales nécessaires – ce projet de rachat valorise Exail Technologies à 3,9 milliards d’euros. En 2025, cette entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 479 millions d’euros et s’attend à une croissance à deux chiffres, en partie grâce à son carnet de commandes, dont la valeur dépasse le milliard d’euros. Les synergies commerciales qu’il permettra pourraient se traduire par un gain de 500 millions d’euros de chiffres d’affaires.
«Avec cette acquisition, Thales et Exail prévoient d’unir leurs forces. Ensemble, grâce à nos talents et à nos capacités, nous renforcerons notre base industrielle de haute technologie et les innovations que nous développons pour nos clients civils et militaires de classe mondiale, tout en renforçant la souveraineté technologique de l’Europe», a résumé Patrice Caine, le PDG du groupe d’électronique de défense.





Cela semble être une bonne opération, tant industrielle que financière.
@Roland DESPARTE
Bonjour.
Ce qui me paraît particulièrement pertinent, c’est le regroupement des forces en matière de capteurs quantiques.
Il y a encore quelques années, on voyait arriver la quantique (sous toutes ses applications : calculs, capteurs, …) à un horizon de 30 à 40 ans. Maintenant, il est acquis que les bouleversements afférents seront présents dans 10 ans. La France dispose de quelques pépites dans le domaine. C’est là qu’il est vital d’investir le plus massivement possible pour préparer l’avenir, qu’il soit civil ou militaire.
Malheureusement, on dispense beaucoup de temps à discourir sur les chars lourds et, pire, beaucoup d’argent à en acheter. Difficile de se débarasser de ses paradigmes ! Difficile de se plonger dans l’inconnu du renouveau.
Bonsoir Yvon,
Je suis d’accord avec vous, mais il faut cependant maintenir les compétences R&D [Dont R&T, briques technologiques] chez Nexter (CAPINT / KNDS France) et maintenir nos compétences en matière de réacteur nucléaire navalisé (PANG, SNA, SNLE) et chasseurs embarqués (F4/F5-M ; pour l’export aussi…). Ça coûte cher, mais l’excellence est à ce prix, même dans un contexte de crise économique (Car la question du maintien des capacités industrielles françaises en matière de défense se pose d’autant plus.). Bonne soirée
@Roland DESPARTE
Bonjour.
Je ne peux qu’être d’accord avec vous sur la nécessité d’investir dans la recherche et, tout particulièrement, dans ce qui touche au nucléaire (charges, vecteurs, …). La question ne se pose pas non plus pour l’aviation de combat (Rafale F5, drones et au delà ). La liste n’est pas exhaustive .
Mais je doute de l’utilité des chars lourds. Pour autant que leur « survivabilité » soit assurée sur un théâtre saturé de drones et de missiles, et en admettant, ce qui semble réaliste, qu’ils arrivent en France par l’est, il leur faudrait d’abord traverser la Pologne et l’Allemagne, ce qui ne nous laisserait pas d’autre choix que d’affirmer que nos intérêts vitaux sont atteints.
A votre disposition pour poursuivre cet échange.
Bien cordialement.
Exail 500M d’euros de CA, 5M d’euros de bénéfice net, rachetée 3,9 mds d’euros… Très bonne affaire pour les actionnaires d’Exail, on comprend que la famille Gorgé ait vendue…L’entreprise a été rachetée 800X les bénéfices, 8X le chiffre d’affaire…faudrait voir le cours de bourse de Thalès demain…
si notre patriote licornu crache dessus, c’est une belle opération.
on t’a pas entendu ouvrir ta grande gueule pleine de nos intérêts bien compris du patriotisme vrounzais et de la Vérité (si tu mens) parce que les boites d’elon musk ne gagnent pas un centime depuis parfois une décennie.
Safran a un vrai problème. Rien à dire au plan technologique mais la stratégie financière du groupe qui consiste historiquement à « dormir » sur un matelas de plusieurs milliards d’€ (6 milliards actuellement à ma connaissance) montre un évident manque d’ambition de la part de la Diection. Rachats d’actions, encaissements de coupons… pourquoi pas sur un laps de temps relativement court !… Mais sur le long terme le groupe devrait faire autre chose que de la croissance organique et donc « grandir » pour le bénéfice de tous en rachetant diverses pépites dans le secteur de la défense ex. EXOSENS, etc.
Faudrait peut être penser à se doter d’une industrie, bureaux de recherches pour la lutte anti-drones. Les deux vont de paire, l’éternel combat entre l’arme et le bouclier.
@Bastan
Bonne remarque.
Et l’anti-drone, sous le niveau de la mer, va aussi largement être corrélé à l’anti-torpille.
Sur ce sujet, l’Allemagne et TKMS, dans le cadre d’un projet européen PESCO, sont train de prendre plusieurs longueurs d’avance !!!
Il va devenir urgent pour Thalès, Exail et Naval Group de songer à ce que doit être la suite de la MU90.
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https://www.navalnews.com/naval-news/2026/02/tkms-is-making-progress-with-anti-torpedo-torpedoes/
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https://www.pesco.europa.eu/project/anti-torpedo-torpedo-att/
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https://www.tkmsgroup.com/atlas-elektronik/naval-weapons/seaspider
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En tous les cas, ce rapprochement Thalès-Exail est une très bonne nouvelle, d’autant plus que Thalès reste aussi un actionnaire important de Naval Group, qui rentre ici dans l’équation.
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Bonnes baignades à tous 😉
La MU90, c’est pas trop le problème, le GROS problème c’est la détection de la F21 au lancement et en conduite de tir. la MU90 ayant un vecteur aérien ou du navire, on détecte les vecteurs et on suppose l’arme… c’est bien d’avoir une contre mesure à la menace, c’est encore mieux d’avoir la détection de cette menace bien avant quelle soit identifié comme menace.
@chrislo974
Mon propos concernait plutôt la menace des drones type UUV.
Nous savons que la torpille F21 est tip-top et adaptée aux nouveaux scénarii de combat (c’est d’ailleurs une des raisons mises en avant par les Pays-Bas pour expliquer leur récent choix de la F21).
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Mais une torpille F21, pour faire de l’anti-drone UUV, et même XLUUV, c’est peut-être un peu over-kill, non ?
pas sûr de comprendre le lien entre cet article et la LAD. Mais pour info, la France se débrouille plutôt très bien en LAD avec de nombreux industriels de toutes tailles et des solutions variées (Thales, CS, MC2, Nuance, Drones XTR, Cerbair, etc.) incluant les intercepteurs. On a un soucis de déploiement (donc finance) tant sur le militaire que sur les infras civiles, mais pas un soucis de solutions.
Faudrait réfléchir et se renseigner avant de poster.
Une petite boite de 2000 collaborateurs et leurs spécificités qui auront à s’intégrer dans une très grosses société…….
Va t’elle garder sa souplesse sa réactivé des traits spécifiques indispensables pour proposer rapidement des solutions.
cela va dépendre: soit Thales veut intégrer les solutions et « autoriser » la commercialisation à d’autres soit ils veulent intégrer les solutions sans possibilité de vente directe. Dans le premier cas, l’entreprise demeurera avec une certaine autonomie, dans l’autre cas elle sera intégrée au groupe. Les deux cas existent au sein de Thales, cela dépend de la stratégie.
C’est en effet la bonne question…vu comment le programme MMCM a été géré…j’attends de voir.
Si cela se concrétise, ce sera une très belle opération de concentration totalement nationale de la BITD Française dans un domaine ultra pointu, qui laisse toujours admiratif et rêveur le vieux cavalo terre à terre que je suis.
Payer au juste prix, voilà peut être aussi la clé d’une négociation réussie.
ben tant mieux!
un gaillard avec une boussole, une bougie et un sextant ‹il se démmerde.
La famille Gorgé semble d’accord pour abandonner Exail à Thalès qui a une meilleure compatibilité industrielle que Safran, mais que va t elle faire ensuite ? est ce la fin d’une aventure industrielle familiale ? Certes ce ne sont pas nos oignons, mais un pays a besoin d’entrepreneurs pour se développer.
Abandonner, c’est pour le moins mal dit.
A 134e l’action, le groupe va surtout réaliser la très belle vente d’une de ses pépites, et la famille, se faire un joli pactole.
Et des pépites, il en reste :
https://www.gorge-entreprises.com/
Ce serait une bonne nouvelle, Thales est plus compatible que Safran. Y’a beaucoup de synergies et de complémentarités entre les produits Exail et Thales, Theles possède également le tiers de Naval Group. Ca aurait permis à Safran de se diversifier mais Safran est déjà un géant. Et puis Thales est une entreprise très internationale, ça ouvre des perspectives de développement international pour Exail.
On comprend mieux pourquoi ils ne se sont pas entendus avec Safran. Thales a proposé plus.
Le plus complémentaire est Naval Group ( mais Thales est l’actionnaire avec l’état) car les drones sont des concurrents directs des plateformes de S. ou SM. et les capteurs acoustiques sont critiques
Pour ce qui est des RLGyro(une techno dépassée par les FO Gyro) Safran a été et est le leader depuis 30 ans..
Pour Safran une occasion probablement manquée de s’intégrer vers l’aval
Le mieux serait une Thales et Naval Group créent une co-entreprise dédiée aux drones navals. Car oui il risque d’y avoir un peu de concurrence si Exail se met à faire des drones de combat. Y’a sûrement des synergies à trouver également pour développer des avantages concurrentiels.
Cette lincorn une fois absorbée, dans un grand groupe, elle perdra beaucoup de sa réactivité industrielle, voire de son innovation. mais souvent c#est la seule solution pour avoir des fonds, faute de commandes de l’État français
Car si elle avait été absorbée par un groupe allemand elle aurait connu un développement spectaculaire grâce à de très généreuses commandes de l’état allemand, nessspas?
Pas de « copié collé » aujourd’hui?
Jean-Luc, tu vas comprendre :
Pizdiets !
Après avoir loupé le rachat d’Hydroid (REMUS) il y a plus de 20 ans Thales a enfin acquis une solution perenne et ambitieuse. Une très bonne chose.