Le remplacement des avions d’alerte avancée E-3A Sentry de l’Otan par des GlobalEye suédois se précise

Le marché visant à remplacer les quatorze avions d’alerte avancée E-3A Sentry que la Force aéroportée de détection lointaine et de contrôle de l’Otan [NAEW&C] exploite depuis 1982 était promis à l’E-7A Wedgetail de Boeing. D’ailleurs, en novembre 2023, l’organisation fit part de son intention d’en acquérir six exemplaires [pour un montant non précisé, ndlr], après avoir écarté une offre reposant sur le GlobalEye de l’industriel suédois Saab.
«Doté de capacités d’alerte lointaine et de contrôle aérien, le Boeing E-7 Wedgetail permet d’avoir une connaissance précise de la situation et d’assurer des fonctions de commandement et de contrôle. Grâce à un puissant radar, l’appareil peut détecter les aéronefs, missiles et navires hostiles à très grande distance et peut guider les chasseurs de l’Otan vers leurs cibles», avait alors expliqué l’Otan, pour justifier son choix.
Choix qui avait sans doute été motivé par la décision de l’US Air Force de se procurer aussi des E-7A Wedgetail pour remplacer ses E-3B/G AWACS.
Les successeurs des E-3A Sentry devaient être acquis au titre de la future capacité initiale de surveillance et de contrôle de l’Alliance [iAFSC], alors financée par sept pays, à savoir les États-Unis, l’Allemagne, le Danemark, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Roumanie.
Seulement, le chef du Pentagone, Pete Hegseth, a fait trébucher l’E-7A Wedgetail dans la dernière ligne droite. En juin 2025, il expliqua qu’une telle plateforme n’était pas la mieux adaptée aux réalités du combat moderne, comme venait d’ailleurs de le suggérer la perte de deux A-50 Mainstay russes durant la guerre en Ukraine Aussi, il avait dit vouloir remplacer cette capacité par une combinaison de capteurs spatiaux [issus du programme AMTI] et d’avions de guet aérien E-2D Advanced Hawkeye.
Même si M. Hegseth est depuis revenu sur sa position, le mal était déjà fait. Devant d’abord faire l’objet d’un nouvel examen, l’achat des six E-7A Wedgetail fut finalement annulé par l’Otan en novembre dernier. Les tergiversations du Pentagone au sujet de l’avion de Boeing n’expliquaient sans doute pas à elles seules cette décision, celle-ci ayant également été influencée par l’annulation de la contribution financière américaine à l’iAFSC.
Quoi qu’il en soit, deux solutions pouvaient être considérées pour remplacer les E-3A Sentry de la NAEW&C : le GlobalEye et l’Aeris X de l’américain L3Harris [sur la base d’un radar israélien et d’un avion Global Express].
En avril, la Lettre A révéla que la balance penchait nettement du côté de la proposition de Saab. Et d’avancer que l’Otan envisageait l’achat de dix ou douze GlobalEye. Cela étant, l’industriel suédois s’était gardé de tout commentaire.
Selon l’agence Reuters, qui s’appuie sur les confidences faites par quatre sources, l’Otan devrait annoncer son choix en faveur du GlobalEye lors de son prochain sommet, qui se tiendra à Ankara, les 7 et 8 juillet.
Un porte-parole de l’Alliance a confirmé qu’une décision serait annoncée mais il a refusé de donner plus de détails. De son côté, Saab n’a pas souhaité faire de commentaire.
«Dans le cadre du plan de remplacement [des E-3A Sentry], la base de Geilenkirchen pourrait à terme accueillir la plus grande flotte au monde d’appareils GlobalEye», ont souligné les sources de Reuters.
Actuellement, les Émirats arabes unis possèdent le plus grand nombre de GlobalEye, avec cinq exemplaires en service tandis que le Canada a ouvert des négociations avec Saab pour acquérir six appareils.
Pour rappel, également choisi par l’armée de l’Air & de l’Espace pour remplacer ses quatre E-3F EDCA, le système GlobalEye repose sur un avion de type Bombardier Global 6000 ou 6500, un radar à balayage électronique ayant une portée de détection de 550 km et une suite de capteurs résilients au brouillage électronique.
Selon un interlocuteur de Reuters, l’Otan pourrait opter pour une version susceptible d’être ravitaillée en vol, ce qui suggère qu’une autre plateforme que le Global 6000, qui peut voler pendant douze heures et parcourir plus de 11 000 km, est considérée.





Le GlobalEye est un très bon choix, de par ses qualités propres et aussi, sans être itar free, du fait qu’il débarasse ses utilisateurs d’une tutelle américaine.
C’est aussi un choix identique à celui de la France permettant d’envisager des usages et une maintenance partagée.
Il serait intéressant de savoir si l’Allemagne a tenté de peser en faveur de l’Aeris X sans doute paré à ses yeux de toutes les vertus puisqu’équipé d’un radar israélien.
il est tout d’abord important de rappeler que l’opération militaire spéciale décidée par Bush junior, avec la complicité britannique active de Tony Blair en Irak, en dehors du fait qu’elle était basée sur des armes de destruction massive qui n’existaient pas, n’était pas plus légitime que celle de Poutine sur l’Ukraine.
Actuellement force est de constater que les prises de positions américaines actuelles sont très déroutantes :
* arrêt du soutien à l’OTAN au moment le moins opportun compte tenu du conflit ukrainien en cours.
* priorité incessante donnée aux coups, ou deals, financiers malgré le contexte et cela… quel que soit l’interlocuteur.
* volonté absolue d’imposer des contraintes aux autres (taxes relevées inconsidérément, priorité donnée aux clauses parfois léonines du droit américain…).
Il est d’ailleurs permis de se demander si les différents conflits en cours ne servent pas grandement (et hélas durablement) le complexe militaro-industriel américain c’est à dire, appelons les choses par leur nom, la machine de guerre américaine d’autant plus que ce pays, de part sa position géographique, se tient très à l’écart.
Au final, et c’est logique, certains pays en tirent les conséquences et s’adaptent afin d’éviter une dépendance devenue déraisonnable.
Les entreprises de défenses USA profites des guerres depuis 1914. Pas besoin de se « permettre de demander » 🙂
Depuis 1861 et la guerre de sécession (1861-1865) qui a fait la fortune des armuriers.
Springfield 1785, Colt 1847, Smith & Wesson 1852, New Haven Arms Company (Winchester) 1857.
Gatling 1861
https://images.axios.com/kqXTYgW_elEaqqTmXqMRLwv6QB0=/0x0:1920×1080/1920×1080/2025/11/04/1762251460017.jpeg?w=3840
Qui donnera un « peu » plus tard.ceci!
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thhttps://www.net-maquettes.com/wp-content/uploads/photo-gallery/Republic_A-10_Thunderbolt_II_30/thumb/Republic-A-10-Thunderbolt-II-10.jpg?bwg=1655372014umb/3/31/GAU-8_Avenger1.jpg/960px-GAU-8_Avenger1.jpg
Il y a eu Browning mais en 1878!
https://d1w4q6ldc8l0qo.cloudfront.net/media/AN/images/john-moses-browning-father-of-modern-firearms-gunsmith-inventor-history.jpg
Il est important que l’Europe se désengage de l’hégémonie US.
@PHILIPPE.* arrêt du soutien à l’OTAN au moment le moins opportun compte tenu du conflit ukrainien en cours.*. Ah? Les forces americaines sont toutes parties d’Europe?? L’OTAN est en conflit avec la Russie… L’Ukraine est le problème de l’OTAN??
Finalement, le GlobalEye aura réussi là où beaucoup ne l’attendaient pas. Entre les hésitations américaines sur le Wedgetail et les performances annoncées du système suédois, l’OTAN semble privilégier une solution plus moderne, plus sobre et probablement moins coûteuse à exploiter. Comme quoi, même dans le domaine de la défense, le « plus gros » n’est pas toujours le meilleur… Reste maintenant à voir si le calendrier sera tenu et si cette décision ne fera pas grincer quelques dents à Washington.
@Pacem. Plus sobre et moins coûteuse, ok. Mais plus moderne, en quoi??
Enorme succès pour Saab… et énorme désillusion pour Boeing. On relève aussi au passage qu’il s’agit d’un symbole précurseur de « l’européanisation » de l’OTAN… ou du désengagement américain en cours.
Sur le fond, il faut quand même s’interroger sur cette acquisition d’appareils AWACS. Ce n’est pas pour rien que le pentagone était sur le point d’annuler toutes les commandes de E-7. La guerre en Ukraine, et les développements technologiques en cours, montrent que ces avions radars sont désormais extrêmement vulnérables aux frappes de missiles à très longue portée. Les chinois développent des missiles dont la portée pourrait atteindre et même excéder 1 000km. Les USA viennent ainsi d’annoncer le développement d’un missile air air de 1800km de portée ! Bien sûr, de tels missiles reposent sur des moyens de désignation déportés, basés sur des capteurs au sol, aériens, ou dans l’espace. Mais des pays comme la Chine, et d’autres puissances, n’auront aucun mal à développer une telle « kill chain » à très longue portée. La démocratisation à venir de ces capacités rend caduque les prérequis de notre puissance aérienne, dont l’AWACS représente la pierre angulaire.
La solution se joue à deux niveaux :
1/ Transformer les AWACS actuels en « joueurs de fond de court », en leur donnant le rôle de coordonnateurs d’un réseau de drones radars (certains émetteurs, d’autres récepteurs). A court terme, cette solution est prometteuse et permet d’offrir un avenir et des perspectives opérationnelles à nos AWACS existants, ou en cours de commande. Cela suppose en revanche de développer rapidement ces drones radars.
2/ Lancer un projet, sans doute au niveau européen, de constellation de satellites AMTI (air moving target indicator) destinés à la détection de cibles aériennes. Cette constellation combinerait à la fois des moyens optiques/IR, et des moyens radars, en fusionnant les données en temps réel pour détecter et suivre des cibles en vol. C’est exactement ce que sont en train de faire les USA et la Chine, et nous serions bien inspirés de leur emboîter le pas, histoire de ne pas nous retrouver totalement déclassés dès le début des années 2030. Cette piste devrait être absolument prioritaire à l’échelle européenne. Il faut bien comprendre l’enjeu : une fois opérationnelle, cette constellation permettra de détecter tout ce qui vole, potentiellement sur toute la planète (selon la couverture et la densité de la constellation), et en temps réel ! De quoi envoyer au musée les AWACS actuels.
Question naïve : le global eyes a une portée de 550 km, à ma connaissance les awacs de Boeing avaient une portée supérieure, quelqu’un peut il infirmer ou confirmer mes suppositions ?
Les Global Eyes pour le Canada n’est pas encore acquis.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2260831/europe-pentagone-saab-boeing
À cause de standardisation dans des système de communication, le Canada est obligé de négocier des transferts de technologie des États-Unis vers la Saab…
Pour le ravitaillement en vol, l’état-major canadien a donné cet argument contre le Global Eye, qui eux, ne voient que le Wedgetail dans leur soupe… Saab et Bombardier proposent de concevoir une perche de ravitaillement. J’ai vu une publicité, de temps en temps, sur le Aeris X, qui montrait une capacité de ravitaillement avec le boom et le réceptacle. Et j’ai vu un texte qui m’a passé sur mon fil Google que l’Inde vient de recevoir un nouveau AEW&C sur avion Embraer et radar domestique qui comporte une perche de ravitaillement.
En passant, le 1er Juillet, fête du Canada, le tout nouveau CC-330 MRTT canadien vient de faire son premier vol en Espagne. Et oui, il est équipé des deux systèmes de ravitaillement.
https://www.journal-aviation.com/actualites-defense-espace/industrie-de-defense/le-premier-airbus-a330-mrtt-canadien-decolle-20260703.html
https://www.airdatanews.com/canadas-first-cc-330-husky-mrtt-completes-maiden-flight/
Et autre petite affaire, la première cellules mise à niveau des CH-149 Cormorant, de recherche et sauvetage, vient lui aussi de voler.
https://www.avianews.ch/post/vol-inaugural-pour-le-premier-ch-149-cormoran-modernis%C3%A9
Une autre plateforme que le Global 6000 serait envisagée afin de pouvoir procéder à des ravitaillements.
Ne peut-on pas adapter une perche de ravitaillement sur un Global 6000, ça me semble moins compliqué que d’adapter le radar et tous les capteurs sur un nouvel appareil.
Quel model serait envisagé ? Un appareil de transport militaire ? Un Embraer KC-390 ? Un comble serait qu’il choisissent le Dassault 10X ! Mais aucune chance, ce dernier n’est pas équipé d’un système de ravitaillement.
Comme j’ai dit dans mon dernier post ci-haut, l’Inde vient d’avoir leur premier Netra, un AEW&C de la même classe du global Eyes. Il est sur un châssis d’Embraer EMB-145 et ils ont installés une perche de ravitaillement.
https://www.google.com/search?sca_esv=dcd3f0afb455aa64&udm=2&fbs=ABfTbFUDadgeu2mn4mYJ8iEZ1GUDy8GBTTttQ9gbfm6NwzdbDtNX0dToRG5Hph4lcNHfClP0YF8xzK_c_Y3ZNSCjDBd2UTM6s9Kz_3ZnFkYtcO1SYlFa9aYcL3ThLlQkFhClbTqLG7s39hY8RsbZcCKICkFBeUcpQkCtmGeGQ9QO3lzcS0SnNLcqeDi5iOuobR4wPR3lWNv3JdG6jHRw4D5wTnB42-YphkwDOwNPnDRCeXg4_-RW_Lw&q=aew%26c+inde+embraer&sa=X&ved=2ahUKEwj47NvI0bqVAxVFg4kEHUINL28QtKgLegQIFhAB&biw=1912&bih=956&dpr=1#sv=CAMSURoyKhBlLTBJdHhMQWRfMmpoOTRNMg4wSXR4TEFkXzJqaDk0TToOamY0UUF2UWwzVzYxdE0gBCoXCgFzEhBlLTBJdHhMQWRfMmpoOTRNGAEwARgHIMD6hqIJSggQARgBIAEoAQ
Je vais tenter de répondre précisément à la question de @BIL36 sur les portées de détection, en débordant sur certains points techniques.
Les 4 Awacs français E-3F SDCA (version française de l’AWACS Boeing E-3 Sentry) basés à Avord (BA 702) sont équipés du radar AN/APY-2 dont l’antenne est un disque rotatif (rotodôme) qui permet une surveillance à 360° et dont la portée théorique dépend de plusieurs facteurs. Ainsi, elle est de 300 à 400 km pour des cibles à basse altitude (hélicos, petits avions et drones moyens), supérieure à 400 km en mode “air“ (avions de chasse), de l’ordre de 650 km pour des cibles à haute altitude et grande énergie (avions, missiles,…). Cependant, en pratique, la portée réelle dépend fortement de facteurs comme l’altitude de déploiement (jusqu’à 15 500 m pour le GolalEye), l’altitude de la cible, de sa taille, de son énergie, de l’environnement (température, pression, hygrométrie,…), mais aussi les contre-mesures opérées par l’adversaire ; il faut donc savoir rester prudent…
Le GlobalEye (Livraison prévue entre 2029 et 2032) offrira une portée théorique supérieure grâce à un radar “poutre“ fixe (Erieye Extended Range AESA) plus moderne, en particulier pour les menaces à basse altitude et/ou de faible signature (dont petits/moyens drones). Ainsi, la littérature spécialisée rapporte une portée > 450 km, souvent citée jusqu’à 550 km à 35 000 ft (environ 10 000 m) pour les cibles aériennes, avec une possibilité > 650 km dans certaines conditions et pour les menaces à haute altitude. L’antenne/radar AESA de nouvelle génération avec sa technologie GaN (nitrure de gallium), offrirait un niveau de puissance supérieur, un meilleur rendement avec un taux de rafraîchissement supérieur [Ce qui est important dans le cadre du combat collaboratif], une meilleure résistance au brouillage, ainsi que la possibilité de concentrer l’énergie sur des secteurs prioritaires (affinement de la qualité de la réponse en détection).
Si actuellement le GlobalEye apparait le plus mature, n’oublions cependant pas que la concurrence existe : E-7 Wedgetail de Boeing, AERIS X (et A) de L3Harris, Falcon 10X de Dassault Aviation, KJ-3000 chinois,… des projets en cours de développement et aux performances annoncées similaires (entrée en service visée entre 2028-2030/2035).
Mais le GlobalEye intègre également une suite de capteurs complémentaires qui font de lui une solution 100% européenne, multirôles et très polyvalente : surveillance aérienne avancée, surveillance maritime (détection de périscopes et de petits bateaux) et surveillance terrestre en temps réels via des modes GMTI (Ground Moving Target Indication) qui permet la détection et le suivi de cibles mobiles terrestres (véhicules, convois, etc.) sur de longues distances et une large zone. Le GlobalEye peut aussi être doté de capacités SAR (Synthetic Aperture Radar) pour l’imagerie haute résolution du sol et la détection/classification d’objets fixes ou en mouvement ; être complété par un radar de surveillance maritime dédié et un système électro-optique/infrarouge (EOS/FLIR). En ce sens, les excellentes relations industrielles entre la Suède et la France permettent d’envisager l’intégration d’équipements Thales (communications/cryptographie/datalinks, systèmes de mission, composants de guerre électronique et de soutien logistique), même si bien entendu le cœur du système radar demeure suédois.
Différence importante avec l’actuel système américain, le GlobalEye n’offre pas une surveillance radar primaire à 360° continue et uniforme comme l’E-3F avec son rotodôme rotatif. Ceci est en relation directe avec la configuration “poutre“ fixe du radar Erieye ER monté en « ski-box » sur le dessus du fuselage avec un angle de couverture d’environ 300° (150° de chaque côté de l’avion). Cependant, les GlobalEye français, bénéficieront d’une surveillance effective à 360° grâce à la fusion multi-capteurs, car Saab propose d’améliorer la couverture avant/arrière en modifiant la gondole ventrale (ou autre solution technique) pour ajouter des antennes radar complémentaires (vers l’avant et l’arrière) [Notons que même sans modification majeure, le système offre déjà de base une surveillance opérationnelle à 360° efficace grâce aux manœuvres de l’avion (vol en “S“)].
Un petit mot sur ce montage « ski-box » qui m’a intrigué et influence la portée de détection. Selon les bureaux d’études (essais en soufflerie), comparativement au dôme rotatif, celui-ci n’améliore pas significativement la stabilité en vol, au contraire ; le caisson allongé (“poutre“) sur le dessus du fuselage modifie l’écoulement de l’air en créant des turbulences qui affectent la stabilité directionnelle de l’aéronef et de surcroît induisent des effets “aéro-optiques“ (ou aéro-électromagnétiques) sur les longueurs d’onde d’un radar aéroporté, pouvant donc potentiellement altérer les capacités de détection (Distorsion du diagramme de rayonnement de l’antenne ; atténuation du signal ou pertes de gain ; réflexions ou aberrations dues à des variations locales de densité d’air,…)]. Heureusement l’ingénierie est intervenue pour compenser les perturbations aérodynamiques et interactions avec la propagation EM. On peut résumer ces compensations par : un renforcement de la structure de la cellule et des ailes, l’ajout d’une dérive de queue étendue (avec des surfaces verticales décalées en dehors du sillage de la poutre), l’installation de “strakes“ ventraux (petites ailettes étirées sous la partie arrière du fuselage), une étude de conception du radôme avec des matériaux diélectriques adaptés (qui ne conduisent pas l’électricité mais peuvent supporter un champ électrique), en assurant le traitement du signal par des algorithmes spécifiques. Au final, l’ingénierie a permis de contrer l’impact du « ski-box » pour que le GlobalEye et son radôme dorsal conservent d’excellentes performances globales, y compris en environnement contesté, et que son radar de nouvelle génération assure une conscience situationnelle complète multi-domaine (air, mer, terre), et ce de façon instantanée avec une longue endurance (~ 12 heures).
Note : cet avion sera toujours escorté pour son autodéfense et parer tout éventuel tir de missile longue portée. Actuellement, il n’est pas ravitaillable en vol, son principal “défaut“.