Le ministère des Armées commande des terminaux SATCOM «intelligents» à Greenerwave pour 120 millions d’euros

Pour les forces françaises, avec les exigences du combat collaboratif et la robotisation toujours plus poussée du champ de bataille, les satellites militaires de télécommunications évoluant sur des orbites géostationnaires, comme ceux de la constellation Syracuse IV, ne sont plus suffisants. Et cela d’autant plus qu’il s’agit de disposer de débits plus importants, avec un temps de latence réduit.

D’où l’idée de recourir à des satellites de télécommunications placés en orbite basse [LEO], comme le prévoit le projet IRIS², porté par l’Union européenne [UE].

Pour rappel, d’un coût estimé à 10 milliards d’euros, IRIS² vise à proposer aux États membres un «service digital autonome et souverain» reposant sur environ 300 satellites censés évoluer sur deux orbites différentes : basse [jusqu’à 2 000 km] et moyenne [comprise entre 2 000 et 35 786 km]. Cette capacité devrait être disponible, au mieux, en 2030. Mais rien n’est garanti. «J’ose espérer qu’il n’est pas décalé à 2035, parce qu’il reste encore des sujets technologiques et de financement très importants», a en effet déclaré le général Jérôme Bellanger, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], lors d’une récente audition parlementaire.

Quoi qu’il en soit, le ministère des Armées n’a pas le temps d’attendre. En juin 2025, la Direction générale de l’armement [DGA] avait notifié l’accord-cadre «Nexus» à Eutelsat pour «renforcer le modèle des communications spatiales militaires françaises par la mise en place d’un modèle hybride constitué des satellites militaires Syracuse en orbite géostationnaire, complétés par des satellites en orbite basse de la constellation OneWeb».

Puis, le mois dernier, dans le fil de cet accord-cadre, la DGA est allée plus loin en attribuant à Eutelsat le marché Centaure, avec l’objectif de garantir aux armées un «accès exclusif et prioritaire à une fraction des ressources spatiales de la constellation OneWeb».

Le marché ayant été notifié, il restait à régler la question des moyens de réception. C’est désormais chose faite, l’entreprise Greenerwave ayant été retenue par la DGA pour développer une «nouvelle génération d’antennes intelligentes», en lien avec Airbus Defence & Space et Thales, au titre de l’accord-cadre «Caméléon».

«D’une durée maximale de sept ans et pour un montant plafond de 120 millions d’euros», ce dernier «couvre l’ensemble du processus d’ingénierie depuis l’étude de définition, d’architecture et d’intégration sur porteurs fixes ou mobiles. Ce processus couvre ainsi la conception, le développement, la qualification, l’industrialisation et la production», explique la DGA.

L’objectif de cet accord est d’industrialiser et de produire à moindre coût suffisamment de terminaux SATCOM pour répondre aux besoins des forces françaises. En outre, il prévoit aussi une «montée en polyvalence» de ceux-ci, l’idée étant qu’ils puissent remplacer plusieurs systèmes.

À en juger par la photographie illustrant le communiqué de la DGA, l’antenne «intelligente» retenue est le modèle GEO, lequel a d’ailleurs été présenté par le ministère des Armées lors du dernier salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory.

Reposant sur une technologie de «Surfaces Intelligentes Reconfigurables» [RIS], le terminal utilisateur GEO est un «dispositif de pointe, orientable électroniquement et économe en énergie, conçu pour les communications par satellite de nouvelle génération [LEO, GEO, LEO/GEO]. Ce terminal optimisé SWaP [taille, poids et puissance] offre des performances exceptionnelles tout en conservant un design léger et économe en énergie», soutient Greenerwave.

Selon la DGA, les solutions de cette entreprise sont «capables de diriger les ondes électromagnétiques sans utiliser de composants électroniques complexes». Aussi, elles offrent un «excellent compromis entre performance et compacité, à un coût maîtrisé en garantissant une sobriété énergétique».

Photo : Greenerwave

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20 contributions

  1. fabrice dit :

    12M d’euros de chiffres d’affaires, moins de 20 salariés… Ils ont une usine au moins ?

    • Lado dit :

      Vous croyez qu’ils fabriquent les composants (pieces plastiques ,alu,matrice semicon, carte, batteries..en interne?)Quel est le rôle de Thales par ex
      En quelque mois sur qq centaines de m2,ils peuvent former une dizaine d’operateurs/trices pour l’assemblage et le test (1000/an c’est ..4 /jour..!)
      Toute la techno est dans le soft (adressage dynamique de la matrice en particulier) et la matrice en bande Ku (qui ne necessite pas forcemenrt une techno GaN)

    • Provocator dit :

      Oui, en Israël, hihihihihi !

    • Olivier dit :

      Pas mal de boites de 15 à 40 salariés arrivent à produire des systèmes électroniques en petite série (15 à 25 unités par semaine pour des systèmes LAD) et de manière efficace (lutte anti-drone, drones, etc.). Si le système est simple à produire (pas de besoin d’environnement type salle blanche, calibrage aisé, etc.), ce n’est pas un soucis. De plus il y a Thales et Airbus D&S derrière pour fournir leurs capacité de production et de maintenance. Le goulot éventuel d’étranglement (enfin ce que j’ai observé, ce n’est pas une vérité) peut se situer sur le déploiement et la maintenance qui sont très consommateurs de ressources humaines (souvent bien plus que la production).

      • NEB dit :

        La version allemande de SCORPION est un échec.

        Pour la France, il faut regarder les progrès en terme de connectivités dans un combat infovalorisé:
        https://theatrum-belli.com/thales-installera-des-kits-dhybridation-sur-les-vehicules-de-larmee-de-terre/

        • jean luc dit :

          l’article date de février 2025 , alors le système marche très bien ,si qui coince c’est l’intregation , avec un matérielle qui n’as pas été prévu pour celas car les radios sont plus grosse , mais tous les matérielle qui sort actuellement des usines sont doté nativement du nouveau matérielle , donc on installe aussi des radio analogique solution provisoire . C’est pas un échec technique , mais t ‘intégration sur de vieux matérielle . je prends le cas des chars Leclerc XLR commencés en 2023, tout sera terminé en 2035 , seulement 2 chars par mois, l’intégration sur les Leclerc est très compliquée car il faut démonter le char , lLe programme Scorpiona est-il un échec ? Pour les Allemands, il faut modifier 13000 véhicules, 700 ont été modifiés, maintenant on fait le 2ème échelon (logistique) . donc pas un echects technique , mais un problême d’intégration , les boxer ,léo2 , linx qui ont 10ans d’âge ont pas été prévu pour ces modification ,Il est vrais que les allemands ont 10ans de retard car depuis 2014 tous les vehicules du premiers echelon ont recus scorpiont nativement

  2. Magic38 dit :

    c’est évident que Iris² sera retardé

  3. jean luc dit :

    IRIS2, c’est 6 ans de retard, un budget de 6 qui passe à 10, peut 12 milliards, voilà pourquoi l’armée passe contrat avec Eutelsat contrat de 7 ans soit 2033-34 ,espérant que IRIS2 soit là au mieux 2030 ,en espérant qu’il ne soit pas décalé en 2035

  4. Patrico dit :

    Mais quels dommages ! je constate que les stratèges de la DGA zappent sur la nécessité de « vrais Drones » et ici de ceux HAPS voire largables évoluant en continus à 10/20 000 m qui pourraient faire facilement ces opérations et autres liaisons sans latences!
    Merci Thank you merci à vous et à Tous

    • dolgan dit :

      Sinon lire l article?

      Parce ce que rien de ce que vous constatez faussement n est abordé.

  5. nanana dit :

    Eh bèh, vous êtes pas avare en mépris vous

    • fabrice dit :

      Le mépris c’est quand tu dévalues, là je ne dévalue pas, je constate.

  6. Bernard dit :

    @fabrice
     » l’entreprise Greenerwave ayant été retenue par la DGA pour développer une «nouvelle génération d’antennes intelligentes», en lien avec Airbus Defence & Space et Thales, au titre de l’accord-cadre «Caméléon». »

  7. Lado dit :

    Un peu hors sujet ..quoique
    Les discussions ente Exail et Safran Defense ont capoté hier soir(apres bourse)
    Naval Group va se positionner?

  8. Lado dit :

    capotées..

  9. Rogger dit :

    bon le problème reste que les orbites basse pour les petit satellite commance a etre saturé… Ne vevons nous pas envisager des satellites puissance a des orbites plus hautes… ( ils seraient intéressant d’évaluer le coups financiers des deux systèmes).
    Bon dans tous les cas . les communications en réseau reste un problème, toujours plus de données et moins de temps de liaison…
    Pourquoi ne pas envisager de gros dirigeable a tres tres haute altitude. avec une énergie électrique abondance  » solaire  » ) apres tous nous n’avons besoin de relais de communication).

  10. Yvon dit :

    Iris2 est parti pour être enterré. Les allemands n’en veulent pas et lancent leur propre système national.
    Une première itération d’iris2 avait déjà été écartée par l’UE, les allemands lui reprochant de faire la part trop belle à l’industrie française.
    Les allemands veulent dominer l’Europe. Ursula van der Layen est leur instrument à cette fin. Et la France l’obstacle premier.
    Le délabrement des finances publiques françaises est pour nous un handicap dans cette perspective. Nous avons toutefois un atout : la France est une authentique puissance nucléaire indépendante. La puissance militaire allemande repose, pour l’essentiel, sur des blindés et du matériel américain , ce qui en fait et fera une puissance militaire mineure.

    • fabrice dit :

      Elle ne veut pas dominer l’Europe. Elle domine l’Europe. Un exemple, les dépenses de R/D étatique. https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Government_budget_allocations_for_R%26D_(GBARD)
      Vous voyez ?
      France en 2014 environ 14,818 mds d’euros, en 2024 environ 18,924 mds d’euros, Allemagne en 2014 environ 25,58 mds et en 2024 environ 44,917 mds d’euros. Vous voyez la différence ? Et elle augmente fortement.
      Ce qui se passe dans le domaine militaire est une velléité française de se rebeller envers le maitre de la Nouvelle Europe qui l’envoie courir en disant « petit, on n’a pas besoin de tes dettes et de tes connaissances passées pour développer notre BITD ». Bon ce n’est pas dit comme ça, les Allemands d’aujourd’hui sont diplomates.
      A sinon, comme je suis mono maniaque, Israël conserve pour la 20ème année consécutive, le record de dépenses de R/D sur PIB, plus de 5% d’un PIB de 600 mds d’euros…. Cela fait 30 mds d’euros… Retournez voir le tableau…Certes ce sont les dépenses globales (privés et publics), pour comparer, il faut environ diviser par 2…15 mds d’euros, pourquoi les Allemands s’emmerderaient à coopérer avec les Français alors qu’ils ont une BITD israélienne qui fait autant de recherche que la française et qui est en plus un formidable laboratoire et champs de tests…Ils laissent la Tunisie à la France…très bon leur harissa…

    • jean luc dit :

      Faux, pour le moment ils sont toujours dans Iris2 qui servira pour la communication civile. Mais pour leur communication militaire, ils veulent leur souveraineté totale, ils ne veulent pas dominer l’Europe, mais ils refusent de dépendre des Américains ou de la France pour leurs communications militaires. concernant le nucléaire, tu remarqueras qu’il y a deux puissances nucléaires qui font la guerre en ce moment, et qui sont en difficulté face à des ennemis moins bien armés qu’eux , J’ai cité les USA, la Russie, ces deux pays n’ont pas été capables de vaincre l’Ukraine, ou l’Iran, deux pays qui n’ont pas la bombe atomique. les conflits restent conventionnels . Dis-toi bien que l’Allemagne nl le se compare pas avec la France, ce n’est pas son modèle, elle laisse la France tomber toute seule de son pied d’estalle . elle ne lui reste que l’arme nucléaire .