Pour Dassault Aviation, l’architecture du Rafale F5 ne pourra qu’être «archifermée»

Afin de tirer parti des apports possibles de l’intelligence artificielle [IA] pour ses opérations et prendre le virage des drones de combat collaboratif [CCA], l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE] a lancé le projet HypAIRion, lequel doit lui permettre d’obtenir une «autonomie algorithmique robuste et fiable». Pour cela, le Centre d’expertise aérienne militaire [CEAM] fera voler deux Mirage 2000D RMV pour que ses spécialistes, notamment ceux de l’Escadron des systèmes d’information opérationnels et de cyberdéfense [ESIOC], puissent tester rapidement les solutions qu’ils auront développées.

Pourquoi le Mirage 2000D RMV et pas le Rafale ? Contrairement au second, le premier a été conçu – du moins son calculateur – selon une architecture dite «ouverte», ce qui permet à l’AAE de lui apporter des modifications en fonction de l’évolution de ses besoins opérationnels. En clair, il est possible de lui «ouvrir le capot» pour l’améliorer.

«Prenez le Mirage 2000D, avion des années 1980 avec un système des années 1990. Pourtant, cet appareil […] est en train de devenir un véritable banc d’expérimentation pour l’intelligence artificielle embarquée au CEAM. Nos aviateurs développeurs nous ont fait prendre conscience de l’immense plus-value qu’offre aux armées un système ouvert, que l’on peut facilement mettre à jour selon nos besoins opérationnels», avait d’ailleurs expliqué le général Jérôme Bellanger, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], lors d’une audition au Sénat, en octobre dernier. Aussi, avait-il appelé les industriels [et pas seulement Dassault Aviation] à changer leurs pratiques.

«A400M, SAMP/T, Rafale F4 : tous ces systèmes sont construits sur des systèmes propriétaires, avec des architectures beaucoup trop fermées. Le sujet, c’est donc d’arriver à ouvrir davantage ces modèles d’architecture pour développer et surtout mettre à jour des systèmes de combat. Pour cela, nous avons besoin de pouvoir accéder librement à la donnée générée par nos systèmes d’armes et de pouvoir implémenter rapidement des évolutions logicielles dans ces systèmes, notamment à base d’intelligence artificielle, en fonction de nos besoins opérationnels», avait ensuite expliqué le CEMAAE, avant de citer les États-Unis en exemple, ceux-ci ayant imposé aux industriels de l’armement une «architecture de référence gouvernementale».

Selon le général Bellanger, la fiche d’expression des besoins pour le Rafale porté au standard F5 a même été modifiée en ce sens. Seulement, compte tenu des impératifs de la dissuasion nucléaire, imposer une architecture ouverte à cet appareil sera visiblement très compliqué. En tout cas, c’est la réponse faite par Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, lors d’une audition au Sénat portant sur l’avenir de l’aviation de combat.

Alors que le contrat de développement du Rafale F5 devrait être notifié par la Direction générale de l’armement [DGA] d’ici la fin de cette année et qu’une version «intérimaire» pourrait voler en 2032/33, M. Trappier a expliqué que l’architecture de l’avion de combat «sera fermée» et même «archifermée».

La priorité numéro un «quand on fait une mission nucléaire, c’est la sécurité, ne pas se faire ‘hacker’. Donc, le système sera superfermé», a-t-il en effet déclaré. Cependant, a-t-il poursuivi, «on comprend qu’il faut, pour des raisons ABCD, s’ouvrir au monde. Donc, on fait une seconde architecture – et je m’arrêterai là – qui peut prendre en compte certains sujets d’ouverture». Reste que, a-t-il insisté, le «cÅ“ur du cÅ“ur sera fermé, sinon je ne peux pas garantir que la mission nucléaire sera intègre».

Une solution, évoquée par Cédric Perrin, le président de la commission sénatoriale des Affaires étrangères et de la Défense, pourra consister à distinguer les Rafale dédiés aux missions nucléaires de ceux destinés aux tâches conventionnelles. Mais cela ne répondrait pas aux exigences de la Force aéronavale nucléaire [FANu] de l’Aéronautique navale, ni même à celles de l’AAE, dont les Forces aériennes stratégiques [FAS] sont souvent sollicitées pour des opérations «classiques».

«Maintenant, on trouve des architectures qui permettent justement ça. C’est vrai aussi dans les grands systèmes informatiques qu’on peut avoir par ailleurs, indépendamment des avions de combat. C’est dans l’architecture qu’il faut penser, dès le départ, la cybersécurité et une certaine ouverture pour être capable de dialoguer. Après, le Rafale dialogue très facilement en Liaison 16 [L16], qui est une liaison de l’Otan avec des ‘crypteurs’ américains. Mais vous pouvez l’enlever si vous voulez faire un truc totalement intègre», a répondu le PDG de Dassault Aviation.

Plus précisément, a-t-il continué, «notre système est ouvert vers des réseaux militaires otaniens. Il est pensé, et c’est la demande officielle, pour être capable de faire la mission suprême dans un environnement totalement brouillé, où on ne coopère plus».

Évidemment, une architecture dont le «cÅ“ur du cÅ“ur» serait totalement fermée pourrait n’être compatible qu’avec un drone de combat collaboratif développé par Dassault Aviation. Mais encore faut-il qu’il y en ait un… car, pour l’instant, il n’existe que sur le papier.

«Une petite déception : on n’a pas encore lancé de drone de combat. Ça ne veut pas dire qu’on n’y travaille pas mais avec les contraintes budgétaires, les évolutions…», a en effet déploré M. Trappier.

Photo : Marine nationale

Voir aussi...

 

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

106 contributions

  1. dolgan dit :

    Ben il devra se plier à nos besoins, on se moque que cela va réduire son CA. La priorité c est notre défense, pas les revenus des propriétaires de Dassault.

    Si cela ne lui plait pas, il peut délocaliser en Allemagne ou aux US.

    • Albatros dit :

      non
      il faut l écouter c est sa boîte et son avion c est une boîte privée.
      et aux USA ils rêvent de l avoir chez eux
      mais on peut lui imposer d autres choses
      par contre il a raison…c est pas à un aviateur de rajouter son programme perso c est à Dassault d utiliser son Ia

      • Louis XVI dit :

        @Albatros. »son avion ».. Non, c’est celui du contribuable français…

      • pandacruel dit :

        Albatros : vous n’avez jamais entendu parler du rôle et des commandes de l’Etat pour Dasault et de leur « association » depuis la fin de la 2ème G.M ?
        Nous sommes ici sur un site de la DGA, vous devriez donc être plus ou moins au courant des grands traits de l’industrie d’armement de la France, pourtant ! …

      • Avion (62210) dit :

        Un aviateur ou un avionneur ?

      • dolgan dit :

        NON. C est notre avion avec notre pognon pour défendre notre pays.

        Si dassault veut faire une avion de chasse tout seul, libre à lui.

        L écouter oui. Se soumettre à ses intérêts comme les allemands avec Rheinmetall ou les US avec LM, NON.

        NB: et non, il ne s agit pas de permettre à un aviateur d ajouter son programme perso. Evitez de dire de telles anneries sur un sujet sérieux.

        • Souvenirs d'Asie Centrale Soviétique dit :

          Dolgan, exemple de personnage qui se croit (à tous les étages) dans la France impériale des années 20! (1920) …

      • Tonton Marcel dit :

        J’ai beaucoup d’estime pour l’homme de grande valeur qu’est Éric Trappier, mais dire que Dassault est « sa » boîte est quelque peu inexact, jeune homme.

      • Czar dit :

        « et aux USA ils rêvent de l avoir chez eux »

        certaines petits coquelets franchouilles turbo-chauvinards ont une obstination comique à ressembler à la caricature d’eux que voudrait faire un flamoutche légitimement complexé depuis sa molle belgique et ses gaufres fades.

        les stazunis ont 10 des dix principales boites mondiales d’armement dassault n’est pas un concurrent pour eux, ni de près, ni de loin.

        rappelons que donald schtroumph est en train de mettre en place un budget de dépense équivalent à…… la totalité de la richesse produite en france sur une année : rien que pour les les vilains hommes en vert qui sèment la Mort et la Hène

        morbac va en faire une descente d’organes

        donc prétendre que notre complexe militaro-industriel dont nous pouvons être légitimement fiers représenterait une menace ou un atout insurpassable pour les gras yankees relève de la blague plus grasse que leurs coronaires macdonaldisées

        il est en train de nous refaire la course à la guerre des étoiles qui a mis l’urss à genoux, mais comme les fédérastes atteints de brucellose sont des larves ils n’ont pas les c*uilles de répliquer en s’attaquant à la base de cette pyramide de ponzi de dépenses : le dollar totalement surévalué, hé bien parions que les ricains vont continuer de notre traiter comme de vagues cipayes ayant besoin d’être recadrés de temps à autre.

    • Fabien Tremm dit :

      Haha, c’est marrant ça. Dassault sous Trappier a clairement mis ses finances en priorité, et pas l’état français.
      Dassault / Trappier savonnent la planche de toutes les collaborations dans le but d’obtenir des contrats où ils sont seuls et peuvent augmenter les prix. Des contrats où l’état finance la R&D, finance les équipes de vente, et Dassault récolte les bénéfices.

      • Radar dit :

        Dassault sous Trappier a clairement mis ses finances en priorité => oui on appelle cela une entreprise

        Des contrats où l’état finance la R&D, finance les équipes de vente => L’Etat fait ce qu’il veut de son argent, il n’est pas contraint par Dassault d’agir de la sorte

      • GHOST dit :

        Oui, ses explications sur la fiabilité « nucléaire » est discutable. Comme si la technologie informatique en France serait incapable de placer des contre-mesures dans un système « ouvert »…
        Le Mirage se qualifie pour les nouvelles technologies CCA, c´est la bonne nouvelle. Ainsi, cette machine robuste peut rester en service quand elle peut avec son architecture ouverte intégrer l´AI.

    • Mad dit :

      Bah justement, c’est pour notre défense qu’il veut que le système soit fermé. C’est en tout ca la seule et unique justification qu’il met en avant. Et vous noterez que personne ne nie ni dans l’armée ni au sénat: un système ouvert, on ne peut pas garantir qu’il ne sera pas piraté.

    • Baudoin De Boysere dit :

      Stupide !

    • Roland DESPARTE dit :

      @dolgan,
      Le problème c’est que de son CA va dépendre VOTRE défense (Puisque vous osez vous identifiez à la France !).
      Savez-vous que l’Union européenne aide les industriels de l’armement (Dont Rheinmetall, Leonardo, BAE Systems, etc.) avec quelques 800 milliards d’euros ? Dans ce cadre et fonction de la compétitivité industrielle internationale, vous croyez que la France ne doit pas aider la R&D des industriels français et le maintien des emplois en France ? [En 2025, Dassault Aviation a embauché 1 579 personnes, portant ses effectifs à 15 024 salariés].
      Savez-vous au moins de quoi vous parlez ? Je ne vais pas vous noyer de chiffres, mais savez-vous que la R&D chez Dassault Aviation (DA) est AUTOFINANCÉE à hauteur de 389 M€ (5,2% du CA) en 2025 [Supérieur aux dividendes versés aux actionnaires, soit 371 M€] ; 437 M€ en 2024 (7,0% du CA)[Dividendes versés : 370 M€]. Savez-vous que si DA bénéficie classiquement d’aides et du CIR (Crédit d’Impôt Recherche) celui-ci est inclus dans le résultat opérationnel et que ces soutiens pour ses programmes R&D (ex. : Falcon Archange, Albatros, Vortex, Rafale F4/F5, FCAS, Ravel,…) se manifestent souvent par des commandes et des co-financements plutôt que des « aides » pures ? Savez-vous que DA paie des impôts {2025 = montant non publié car en France les déclarations fiscales sont confidentielles] mais aussi des taxes (majoritairement de la TVA) [Contribution fiscale 2025 = 245 M€] ? Savez-vous qu’en 2025 (comme habituellement) la marge nette consolidée a été grevée par une surtaxe d’impôt en 2025 [96 M€] ? Savez-vous que si DA conserve ses ingénieurs, ouvriers et employés, c’est parce que DA verse l’équivalent de 4 mois de salaire au titre de la participation et de l’intéressement [34% de son bénéfice net !]. Savez-vous que les commandes et résultats de DA bénéficient à ses 400 entreprises françaises partenaires ? Savez-vous que les ventes export de Dassault rapportent de l’argent à notre pays et que Dassault contribue à réduire le déficit abyssal de notre balance commerciale… Enfin bref, vous n’y connaissez rien !

      • dolgan dit :

        Oui son CA dépend de l état FR.

        Cela peut ET doit rester un cercle vertueux.

        Pas un cercle ou le CA devient plus important que les intérêts de notre défense.

        D autant que c est vraiment pas une stratégie qui garanti le meilleur CA à long terme. C est surtout une stratégie court termiste de ne pas partager le gateau.

    • Tonton Marcel dit :

      Je vous demande bien pardon, jeune homme, mais les revenus des propriétaires ne doivent jamais être être négligés.

    • Philippe Squara dit :

      Sans Dassault il n’y a pas de souveraineté française concernant les avions de combat . Le Rafale est le meilleur du monde et cela commence a se savoir . Malgré l’agressivité commerciale de Américains, Russes, Chinois cet avion s’exporte bien.

  2. lecoq dit :

    c’est sur que si les contrats ne sont pas émis, le drone n’avancera pas …
    il y a tellement de pognon a rediriger dans l’état Français que cela devrait être possible …

    mais bon micron est encore là, alors faut attendre

    • tschok dit :

      Oui, mais vous le regretterez, vous verrez. Aujourd’hui, vous êtes impatient qu’il parte, demain vous éprouverez un manque.

      Le gros problème que pose en effet le bouc émissaire à son consommateur, c’est qu’il y a un phénomène d’addiction, en fait. C’est-à-dire qu’on s’habitue à son bouc et on généralise son usage : le frigo tombe en panne, c’est la faute à Macron. Le prix de l’essence augmente, c’est la faute à Macron. On trouve plus de ventilos, c’est la faute à Macron, etc.

      Et puis un jour, le bouc se barre et il nous laisse en plan. Alors, dans un premier temps, on continue à lui imputer la responsabilité de tout ce qui déconne, mais ça n’a plus la même saveur et on finit par se rendre à l’évidence : il nous faut un nouveau bouc.

      Donc, on se tourne vers celle ou celui qui a succédé dans la fonction qui valait au précédent bouc d’être le bouc émissaire de tout le monde et on l’investit de cette fonction. C’est à ce moment précis qu’on commence à développer une nostalgie pour l’ancien bouc : c’était mieux avant. Et puis cette nostalgie va s’estomper, mais très progressivement, en ne nous laissant que le goût du regret.

      Bref, j’ignore qui va succéder à Macron, mais je vous garantis qu’il y aura ce phénomène de transfert et que vous finirez par le regretter. Vous reporterez comme tout le monde votre désir de bouc vers son successeur, c’est normal, mais pendant la période de transition, vous éprouverez un sentiment de nostalgie, puis de regret.

      Donc, mon conseil est le suivant : profitez-en bien pendant le temps qui lui reste. L’année prochaine, c’est fini : plus de Macron. Le bouc se barre ! On devra faire le transfert. Il y a des gens que ce transfert dérangent si profondément qu’ils sont allés jusqu’à imaginer que Macron occupera le poste de président de la commission européenne, ce qui leur permettra de continuer à projeter sur lui leur désir de bouc. C’est un véritable phénomène d’addiction, je déconne pas.

      Je pense d’ailleurs que je vais rédiger un manuel sur le bon usage du bouc émissaire, parce que je me rends compte qu’il y a un énorme besoin et que les gens ne sont pas suffisamment attentifs à la bonne tenue et au bon entretien de leur bouc, alors que sans lui, la voûte de leur panthéon psychique s’écroule, ce qui peut avoir des effets absolument dramatiques pouvant conduire à la commission d’actes criminels : sans votre bouc, vers qui allez-vous diriger vos rancÅ“urs, vos frustrations, vos colères, etc ? Ben, vers ce qui va passer à votre portée : votre épouse, vos gosses, votre clébard, votre voisin, un passant dans la rue, un Noir, un Arabe, une femme, un écolo, etc.

      C’est une question de paix publique, en réalité.

  3. Bomber X (l'original) dit :

    On devait rendre obligatoire le visionnage de l’épisode pilote de Battlestar Galactica (2003) et la lecture de Superiority (de C.CLarke) à l’école de guerre, ça éviterai quelques recadrages (en toute bienveillance comme on dit dans les milieux autorisés) de la part des industriels.

  4. Yvon dit :

    L’UCAV associé au Rafale F5 tarde à être lancé.
    La raison peut être liée à la nécessaire précision de sa complexe définition ou encore à la perspective d’une association à sa réalisation d’un ou plusieurs partenaires.
    S’il s’agit exclusivement d’un problème financier et, en excluant tout retard à sa réalisation, la solution se trouve dans le courage de faire des choix. Choix à l’intérieur du budget de l’Etat ou choix à l’intérieur du budget des armées. Encore une fois, un char lourd, pour quoi faire ?

    • tschok dit :

      Il y a un problème de budget, c’est clair, mais on peut également supposer qu’il y a un problème techno : là, on entre suffisamment dans le sujet pour se rendre compte que c’est plus compliqué que prévu et qu’on n’a pas le niveau qu’on pensait avoir.

      Vous savez comment on est en France, on ne doute pas de nous-mêmes ni de nos capacités : au début, on est absolument convaincu d’avoir le niveau pour aplanir toutes les difficultés, on est certain que l’affaire sera rondement menée et qu’on livrera ce qui doit l’être selon le calendrier prévu et dans le budget prévu.

      C’est tout nous, quoi.

      Et effectivement, sur ce blog, le gros du bataillon des commentateurs se voyait déjà avec un Rafale F5 accompagné de son drone de combat 100% opérationnels et livrés à l’armée française à partir de 2030 à raison de 15 ou 20 exemplaires par an, et roulez jeunesse. What else ? je vous le demande.

      Sauf que là, c’est le retour sur Terre, dans le monde réel : ah ben zut, c’est plus compliqué que prévu et on découvre que le Rafale a une architecture bloquante qui oblige l’armée française à migrer vers un avion des années 80 qui a certes un système primitif, mais pour cette raison, plus ouvert. Donc, l’armée peut commencer explorer le domaine. Ouf.

      Et en plus, à cette occasion, on découvre que le Rafale F5 a une architecture qui, en fait, va poser un problème à l’avenir : on a besoin de systèmes très souples, or, il est psychorigide. Eh merde. Et le patron de Dassault himself nous explique qu’il restera psychorigide pour des raisons de sûreté (protection de l’intégrité du système, cad typiquement le genre de motifs qui bloquent toute discussion sur le sujet), bien qu’il puisse faire une autre version, mais moins sûre selon lui, pour tout ce qui n’est pas nucléaire. Donc, en pratique non cohérent avec le principe du « tout Rafale » = une flotte homogène pour toutes les missions.

      N’empêche qu’on découvre subrepticement que l’armée française se retrouve dans la même position que l’armée indienne et exprime elle-aussi le besoin d’accéder au cÅ“ur du système, et visiblement, obtient la même réponse de Dassault (niet!).

      Je dirais, à vue de pif et sans être spécialiste de la question, que c’est un problème qui, si nous n’y prenons garde, peut devenir très structurant pour l’avenir. Dassault nous fait une sorte de syndrome F-35, mais en interne : c’est pas du smartpower exporté et conçu pour maintenir des alliés dans la dépendance, mais pour maintenir l’Etat dans la dépendance. Sauf qu’à partir du moment où l’armée exprime le besoin d’accéder à ses propres données, soit pour pouvoir faire évoluer le système de façon plus dynamique, soit pour alimenter de l’IA, l’opposition devient frontale.

      Donc, on passe d’un problème techno à un problème quasiment politique, puisque ce qui va se décider c’est de savoir qui a la maîtrise de l’expression du besoin : Dassault ou l’armée française ? Là, pour l’instant, celui qui dit à l’autre « ton besoin doit tenir dans le cadre que je t’impose », c’est Dassault. L’armée française, elle a juste pu migrer vers le M2000 RMV pour explorer le domaine, c’est tout. Et quand elle exprime le besoin d’accéder à ses données, l’autre lui répond « nan, c’est pas dans le cadre ».

      Perso, je dirais que la France est très dépendante d’un producteur unique et qu’on aurait besoin d’un peu de concurrence, je pense que ça ne nous ferait pas de mal. Et ça ferait sans doute du bien à Dassault aussi, parce que c’est pas bon une boite qui s’endort sur ses lauriers. C’est souvent comme ça que les grandes entreprises qu’on croyait immortelles se sont effondrées.

      Bon, on se démerdera pour dire que c’est la faute à Macron, ou à son successeur, mais dans le fond, la pommade psychique qu’on se passera sur notre bobo à l’âme aura peu d’importance : il vaut mieux anticiper les emmerdes, donc prendre dès maintenant les bonnes décisions.

      À suivre, donc.

      • Chill dit :

        vous faites suppositions sur suppositions concernant des difficultés techniques à faire coopérer avion et ucav mais qu en savrz vous ? pensez vous qu avec les allemands cela sesrait mieux passé?
        lorsque je vois les retards de l eurodrone déjà obsolète et l abandon pur et simple d un programme comme les frégates 126, j ai un doute…
        Trappier a défendu son steak et a beaucoup parlé . la DGA doit définir un aéronel et un système , Dassault doit plus ou moins s y conformer et l état avancer les financements.

        • tschok dit :

          Dans le détail, je n’en sais strictement rien. Mais quand j’écoute les gens qui en savent plus, j’en déduis que ce ne sera pas de la tarte. À partir de là, ça me donne une idée des dimensions du problème.

          À vrai dire, à mon niveau c’est assez simple : il suffit de compter les milliards d’euros et les années de développement, avant la mise en service opérationnelle. Ces infos finissent par devenir publiques. C’est pas si compliqué, à la condition d’avoir le sens des réalités.

          Sinon, s’agissant de la coopération avec les Allemands, je m’en fiche complètement. C’est une porte qui s’est fermée, c’est fini maintenant. On passe à autre chose.

          Je ne reproche pas à Trappier de défendre son bout de gras, c’est même une qualité que je lui reconnais volontiers. Mais, globalement, j’ai le sentiment qu’on est en train de se mettre dans une ornière, l’ornière du Rafale, et qu’on aura du mal à se tirer de là si on doit accélérer parce que les autres décident d’aller plus vite.

          Je ne suis pas le seul à avoir cette impression, d’après ce que je vois : https://www.youtube.com/watch?v=gIJXSdVtX2k

  5. Georges Frérot dit :

    Entre architecture « archi-fermée » et « architecture de référence gouvernementale française » il doit y avoir une possibilité de réaliser une fonctionnalité informatique qui permette un dialogue avec des interfaces robustes entre l’architecture gouvernementale et l’architecture Dassault.
    Il est tout à fait concevable que l’architecture Dassault qui porte la dissuasion nucléaire soit isolée et protégée par une DMZ informatique spécifique et que son accès par l’architecture gouvernementale soit segmenté entre entrée et sortie via des interfaces pour limiter les risques d’intrusions externes.
    Il me semble que cette démarche soit inévitable pour accroître l’adaptabilité aux armements « Otan » des acheteurs étrangers.
    Nous ne pouvons pas nous isoler indéfiniment de tous !
    Nous ne sommes pas là dans les affres du SCAF mais bel et bien dans une démarche d’ouverture modulée en fonction de la qualité que l’on veut bien attribuer à nos partenaires clients de la FRANCE et de Dassault.
    Dans le cas contraire il y a lieu de s’interroger sur l’opportunité de passer par une version Rafale F5 et de ne pas engager de suite toutes les études et recherches développement pour sortir rapidement un NGF FURTIF et OUVERT sans l’étape d’un Rafale F5 très peu Furtif.
    Dassault doit aussi comprendre qu’il a aussi pour partenaires, les françaises, les français et la FRANCE qui financent ces programmes !

    • Mad dit :

      Les avions Dassault sont tout a fait adaptable aux armements étrangers. C’est juste que c’est Dassault qui doit faire ces adaptations. Il n’est absolument pas isolé. Un système ouvert = une faille de sécurité, c’est déjà pas marrant pour un avion « standard », ca l’est encore moins si il porte une TNA.

    • HMX dit :

      @Georges Frérot
      « Entre architecture « archi-fermée » et « architecture de référence gouvernementale française » il doit y avoir une possibilité de réaliser une fonctionnalité informatique qui permette un dialogue avec des interfaces robustes entre l’architecture gouvernementale et l’architecture Dassault. »

      Tout à fait. D’ailleurs, c’est peu ou prou ce qui va se passer avec l’Inde. Les indiens réclamaient l’accès aux codes sources du Rafale (plus exactement : au radar RBE2, à l’ordinateur de mission central et au système SPECTRA), pour pouvoir librement intégrer leurs armements, gérer les mises à jour de leurs Rafale F4, et notamment la bibliothèque de menaces du SPECTRA.

      Après des mois d’atermoiements et de pressions commerciales/chantage à l’annulation, Dassault a répondu à cette demande en proposant une couche intermédiaire, sorte de passerelle numérique sécurisée, qui permettra aux indiens d’être autonomes dans les mises à jour et l’intégration d’armements, mais sans pour autant donner l’accès intégral aux codes sources. Une interface présentée comme « plug&play », qui permettrait de répondre quasi intégralement aux demandes indiennes, développée en lien avec l’IAF et le DRDO indien.

      Cette solution intelligente et équilibrée trouvée avec l’Inde sur le F4 est à mon sens parfaitement adaptable et transférable au F5… bref, beaucoup de bruit pour rien !

  6. jean luc dit :

    Tout est dit dans la dernière phrase de Trapier, un drone uniquement fait par Dassault, et pour le moment il est en papier. Il faut bien relire la dernière phrase. donc le clou est aussi enterré, heureusement Airbus n’a pas attendu, donc ce sera environ 50 F5 pour le combat collaboratif avec drones, la remarque sur les finances est claire aussi

    • Tih Yellow dit :

      D’ailleurs, il est où l’eurodrone à la charge d’Airbus? Non car comme il est dit, le drone d’hier pour demain (voir après-demain au rythme où on va).

    • lym dit :

      Le drone en papier, c’était le Lout!

    • Chill dit :

      les drones, vous les achetez aux ricains oi vous les ratez comme l eurodrone…camenbert !

    • Mat49 dit :

      @jean ulc que proposez vous?

  7. toto dit :

    Ne suis pas un expert IT Dassault, juste un architecte IT, assez vieux pour avoir vu l’évolution des grands éditeurs tel que Microsoft, google, AWS sur le sujet de la sécurité. Ce que l’on a appris -1- pas de brevet sur le code source, cela c’est révélé un cauchemar légal pour le éditeur US (cf : oracle et les brevets sur Java). – 2 – C’est la sécurité qui pousse à mettre en open source et financer en open-source le code des librairies socle (ie « coeur ») pour mutualiser le pool d’expertise et surtout faciliter la détection de failles (gros chantier chez les éditeurs et tous n’y sont pas encore). – 3- On essai de passer d’une culture où l’on « blinde », « brouille tout » à une culture « defensive programing » où l’on définis ce que l’on fait quand on se fait pirater car on se fera toujours pirater, ce qui amène à piloter par les risques en plus de piloter par les besoins (c’est à priori ce vers quoi tend l’armée US, qui semble vouloir réduire le cycle des mises à jours pour détecter et patcher plus vite) – 4 – il y a beaucoup de buzz sur l’IA, mais celle-ci s’est révélée redoutable pour auditer le code et trouver des failles, ce qui nous pousse à avoir des cycles de mises à jour et déploiements encore plus court. A noter qu’une IA sait par définition imiter un système sans le comprendre, ce qui pourrait faire fortement baisser le coût du « reverse engeneering » en boite noir et fortement augmenter le risque de faille « zero day »… voila, juste le REX coté IT d’entreprise…

  8. farragut dit :

    Quand je pense qu’une ex-DSI recrutée de chez Renault, après l’eviction de toute l’équipe dirigeante de leur DSI par Carlos Ghosn, nous avait déclaré tout de go qu’il fallait abandonner notre messagerie propre à la société pour passer sous gmail de Google, on mesure le changement intellectuel en matière de cybersécurité !
    Finie l’illusion de la maitrise des coûts à tout prix (!) des années 90, pour revenir à la vraie réalité de la guerre hybride du 21e siècle…
    Heureusement, en matière de logiciel embarqué, il y a toujours eu la distinction entre logiciel critique, type CDVE, et le logiciel non-critique de mission, type SNA.
    Il y a bien eu la tentation, à l’époque du programme américain ATF (YF-22 et YF-23) d’appliquer les principes de l’avionique modulaire, mêlant sur les mêmes fonds de panier des cartes interchangeables des logiciels critiques et non critiques, pour faciliter le MCO et la disponibilité sur les théâtres d’operations.
    L’expérience du calculateur d’elaboration de trajectoire (CET), interfacant le SNA et les CDVE, a démontré la difficulté de gérer ce type de mélange des genres.
    Je constate que sous couvert d’IA, les développeurs fous (exterieurs à l’avionneur) sont prêts à remettre en cause les principes de cloisonnement et de confinement des defaillances chèrement acquis au fil de l’expérience…
    C’est ce qui fait la difference entre des équipes internes du systemier et les « hackers » (au sens de bidouilleurs) qui ne prendront jamais l’avion, ou tout autre moyen de transport emmagasinant de l’energie, qu’elle doit cinétique, chimique ou nucléaire.
    Heureusement, Eric Trqppier n’est pas qu’un expert comptable, et connait les risques liés à laisser des « managers », fussent-ils des militaires, à développer par eux-mêmes des mécanismes dangereux pour la sécurité des vols.
    Il se souvient sans doute aussi que Dassault Aviation a fait partie de l’equipe d’enquete sur la destruction d’Ariane 5 lors de son premier vol, et pas seulement parce que c’est la chaîne pyrotechnique fournie par la société qui a fait le spectacle en direct de Kourou du feu d’artifice à deux milliards de francs ! 😉
    Et il n’ y avait pas d’avion spatial Hermès dessus.
    La réussite de la mission, et la vie des pilotes, sont trop précieuses pour que l’on laisse faire n’importe quoi.
    A relire, et à mediter (y compris par les IA), les trois tomes « Les Décisions Absurdes » dd Christian Morel.
    Sinon, il y a aussi le cycle des Robots d’Isaac Asimov, et les cas d’application des 3 lois de la robotique…
    Si la DGA veut experimenter les scénarios d’IA irresponsables sur des M2000D, pourquoi pas, du moment qu’elle ne demande pas à Dassault Aviation d’assumer les (in)consequences des défaillances…
    Meme si j’adore « l’Etoffe des Héros » , je ne souhaite pas de nouvelles photos de pilotes dans le bar de la base d’essais en vol. N’est pas Chuck Yeager (et son ingenieur d’essais) qui veut!

    • Happy boy in town dit :

      Film excellentissime !
      Je suppose que vous savez que Chuck Yeager (le vrai) y fait une apparition (lors d’une scène dans ce fameux bar, si ma mémoire est bonne).

      • farragut dit :

        @Happy boy in town
        Je ne le savais pas, et je vous remercie de la précision !
        En fait, le livre de mémoire de Chuck Yeager débute par l’anecdote de l’incident du second vol du Bell X-1 : à peine largué du B29 porteur, panne électrique totale dans l’engin !
        Que faire avec un avion bourré de combustible pour ses moteurs fusées, et qui refuse toutes les commandes électriques ?
        Et c’est là qu’intervient l’ingénieur d’essais, dont le génie consistait à élaborer les parades à toutes les pannes envisageables et à trouver les solutions permettant de garder l’engin intact, et le pilote vivant…

        « Yeager: An Autobiography »
        https://www.amazon.fr/Yeager-Autobiography-Chuck/dp/0553256742/ref=monarch_sidesheet_title
        Excellente lecture, et vie incroyablement remplie pour ce grand homme.

        @Happy boy in town
        A noter que dans le film « Top Gun: Maverick », la scène du début où Maverick rentre dans un bar après son éjection à Mach 10 (!) est directement une référence à la fin du film « L’étoffe des Héros », quand Chuck Yeager, , marchant le visage brulé dans le désert, est aperçu par les deux secouristes.
        La réplique finale est donnée par le second secouriste à la question du premier « Qu’est ce c’est ? »: « C’est un Homme ! »…
        (réplique détournée en clin d’oeil dans « Top Gun: Maverick » par le petit garçon à la question du pilote en combinaison argentée: « -Où sommes nous ? » , « -Sur Terre ! ») 😉

        • Philippe dit :

          @farragut. « Et c’est là qu’intervient l’ingénieur d’essais, dont le génie consistait à élaborer les parades à toutes les pannes envisageables et à trouver les solutions permettant de garder l’engin intact, et le pilote vivant… » Sauf que, dans le cas que vous évoquez, Jack Ridley, l’ingénieur d’essais, n’y a joué aucun rôle… Yeager n’avait aucun contact radio..

          • farragut dit :

            @Philippe
            Précision: les cas de panne avaient été envisagés AVANT le vol, et les mécanismes de secours installés AVANT le vol. Pas besoin de radio…
            Pour le cas du « second » vol, je ne me souviens que de ce fait, car le livre débute par cette anecdote, dans mes souvenirs. Comme je n’ai pas le bouquin sous la main, je vous laisse la paternité de cette affirmation. 😉
            Si vous avez accès à l’extrait de cette anecdote, je suis preneur.

          • Philippe dit :

            @farragut. C’est Bell qui avait installé, dès da conception, une vanne de purge du carburant.Yaeger qui était quelqu’un d’extrêmement attentif et studieux sur les systèmes equipant les avions de cette époque, s’en est souvenu au bon moment. Sinon, il s’agissait du 2ème vol prévu du X-1 au-delà de Mach 1..

        • Philippe dit :

          Et autre précision. Il ne s’agissait pas du second vol du X-1….

          • farragut dit :

            @Philippe
            Plutôt que « second » vol du Bell X-1, le qualificatif « vol suivant le passage du mur du son » vous conviendrait mieux ? 😉

        • Philippe dit :

          @farragut. Lorsque j’ai acheté ce livre en 1986, il coûtait 5 fois plus cher… Très bon livre, à recommander..

      • farragut dit :

        THE RIGHT STUFF – Chuck Yeager’s Near-Fatal NF-104A Accident (DCS Award-Winning Short Film)
        https://www.youtube.com/watch?v=PQidYOXGoRY

      • farragut dit :

        https://www.youtube.com/watch?v=qzgIHMzJ680
        [The Right Stuff | 1983] [Chuck Yeager | Test Flight | Lockheed NF-104A]

      • farragut dit :

        [Clip 3/15] DarkStar After CRASHING Scene – Top Gun Maverick Full Movie HD { IMAX 4K}
        https://www.youtube.com/watch?v=VowH7DC6kvY

  9. Gazier dit :

    Qualifier une architecture d’ouverture c’est dire que ses interfaces sont documentées (de préférence en respectant des standards connus comme ARINC 653, ou MOSA et FACE aux Etats-Unis), et qu’elle est organisée avec une modularité suffisante pour facilement permettre l’ajout de modules supplémentaires.

    Je n’ai pas de doute que l’architecture actuelle du Rafale réponse clairement à la seconde caractéristique. L’évolution du standard F4.3 au F4.4 a essentiellement été logicielle, elle s’est très bien passée, signe d’un bon niveau de modularité et de flexibilité architecturale. La seule chose qui manque pour permettre à cette architecture d’être qualifiée d’ouverte est de voir ses interfaces publiées pour les gens qui en ont à connaître.

    En sous-entendant que cela « compromettrait l’intégrité de la mission nucléaire », et plus généralement en émettant l’idée que les architectures ouvertes soient plus sujettes à des problèmes de sécurité, Dassault ne fait que prôner la sécurité par l’obscurité. Or, d’une part, un grand nombre de système critiques, y compris dans la défense, sont basés sur des architectures ouvertes sans que cela ne pose de problèmes de sécurité particuliers; d’autre part, des systèmes totalement fermés sont régulièrement l’objet d’attaques. C’est donc du bullshit total, aussi vieux que la sécurité informatique.

    Sans aller jusqu’à mettre en ligne les specs d’interfaces du Rafale, on peut tout à faite imaginer que les organismes qui ont besoin d’ajouter des fonctionnalité à l’avion aient accès à ces interfaces et à la documentation dans des environnements protégés. Les solutions techniques d’intégration existent pour s’assurer que les versions modifiées fonctionnent. Et maintenant, l’IA peut être utilisée pour faire du penetration testing en masse.

    Il faut impérativement que Dassault évolue sur ce point, car sinon cette rigidité va lui coûter très cher à un moment où la technologie évolue à toute vitresse (pensez CCA). Il suffit de voir le côté délicat des discussions sur le sujet de l’IP avec l’Inde. Mais autant c’est compréhensible d’être réticent avec un pays étranger connu pour ses liens avec l’industrie d’armement russe, autant cette position, à l’égard des organismes gouvernementaux français, est incompréhensible.

    Un gazier dont les clients font tous du logiciel embarqué.

    • adnstep dit :

      Globalement d’accord avec la première partie. pour le reste, je ne connais pas d’éditeur qui accepte de maintenir du code qui ne soit pas le sien. du coup, à chaque mise à jour où évolution, il faudrait que les modules étatiques aient étés mis à jour et testés. Charge très lourde pour l’armée de l’air, compte tenu des effectifs de l’ESIOC et du CEAM.

    • Alternative dit :

      Je suis assez d’accord avec ça. Je me suis abstenu de poster un message qui dise peu ou prou la même chose. En fait, pour le cas des missions nucléaires, il y a des façons simples de verrouiller matériellement les portes qui doivent l’être.
      .
      Cependant, je ne pense pas que les responsables cyber de chez Dassault soit assez fou pour faire reposer la sécurité sur l’obscurité, pas plus qu’on imagine armurerie ouverte aux 4 vents, et dont la seule protection serait de ne pas en diffuser l’adresse. Je pense qu’il s’agit beaucoup plus pratiquement d’un verrouillage constructeur destiné à créer un écosystème fermé et s’assurer de la dépendance des clients. C’est un choix de politique commerciale vers un monopole des évolutions et des outils connectés, il n’y a aucune logique sécuritaire derrière. L’État Français, en tant que financeur, devrait à minima s’assurer d’avoir accès aux API et en faciliter l’accès aux industriels qu’il choisira.
      .
      Et je suis d’accord qu’une évolution devra avoir lieu chez Dassault.

      • tschok dit :

        Quand le fournisseur commence à dicter son besoin au client, c’est que quelque chose doit changer.

        Par exemple, changer de fournisseur…

        • Alternative dit :

          Ca, c’est la théorie. Regarde autour de toi tes objets de consommations courants avec des architectures imposés par le fournisseur en dépit du besoin du client, tu vas vite déchanter, et ça ne va pas plus loin que ce forum et les outils pour le consulter, n’en déplaise à M.Lagneau (qui doit déjà être au courant, puisque, a priori, ce n’est pas parce qu’il pait qu’il a son mot à dire sur certains sujets).
          .
          Une concurrence non faussée, c’est déjà compliqué dans le civil, mais dans le militaire…

        • Alternative dit :

          (xplication de texte pour lever un problème de logique : ce n’est pas parce que Dassault impose ça que ses concurrents ne l’imposent pas… Cette technique, de verrouillage du client est culturellement liée à toute l’industrie matérielle mondiale, et particulièrement en Europe car elle y est installée depuis longtemps. Ce qui change entre la méthode de négociation des différentes industries de l’armement sur ces sujets, c’est la taille du couteau qu’ils te mettent sous la gorge. Que tu préfères négocier avec sous la gorge un sabre ou couteau d’assault, la corde aux balles, ça ne change pas trop le fond du problème.
          .
          Face à cela, le verrouillage de Dassault reste un verrouillage « domestique ». C’est un monopole privé, mais français, et il a probablement les moyens d’imposer la connaissance (pour l’Etat) des API dont il a besoin.

    • farragut dit :

      @Gazier
      Ah ouais?
      C’est sans doute pour ça que l’algorithme d’ordonnancement EDF des logiciels de lancement des missiles de nos SNLE est disponible en libre service ?
      J’en étais resté à la classification Confidentiel Defense…
      Autres temps, autres moeurs, sans doute !!! 😉
      Il y a des avantages concurrentiels acquis à grands renforts d’energie intellectuelle et d’argent, qui meritent encore un peu de confidentialité.
      Je ne doute pas que les Chinois puissent copier beaucoup de choses par l’espionnage, mais jusqu’à présent, ils ne fabriquent pas encore de Rafale, meme s’ils en avaient commandé UN !
      Apparemment, un exemplaire suffisait pour leur flotte, ce qui montre le respect qu’il leur inspire !

    • lym dit :

      J’ai aussi vu Trappier plus clair et convaincant, on le sent un peu emmerdé voir peu convaincu donc convaincant…

      C’est clairement une modularité qui doit être pensée en amont niveau architectures matérielles/logicielles, mais je dirais que ce qui était disponible pour faire les calculateurs d’un M2000 posait plus de problèmes que ce qui est désormais généralisé: Les hyperviseurs permettent de séparer proprement les choses, gérer précisément les ressources allouées, afin de ne pas exposer le cÅ“ur du système et/ou perturber le « coucou suisse » des parties critiques. Et on saurait le configurer pour conserver un système intègre pour les missions qui l’exigent.
      Voir le M2000 permettre des choses que le Rafale ne permet pas, si ce n’est plus forcément un sujet pour les versions actuelles faute d’y avoir pensé avant, cela doit impérativement être imposé pour le F5 et que cela lui plaise on non, car cela va intéresser bientôt tout ses prospects et que d’autres sauront en profiter pour combler un vide que Dassault leur refuserait.

      • farragut dit :

        @lym
        Je crois savoir que le terme plus précis pour qualifier l’ouverture du SNA du Mirage 2000D RMV est « greffon ».
        C’est l’équivalent du coprocesseur mathématique i387 ajouté
        sur le bus système à côté du processeur i386 de base (ou d’un GPU ou NPU dans les PC d’aujourd’hui).
        On peut toujours « intercepter » les codes opérations inconnus du jeu d’instructions d’un CPU standard, les traiter comme des exceptions et les rerouter sur une puce dédié à leur interprétation.
        L’architecture x86 contient dans son jeu d’instructions des codes « inconnus » (mais connus de la NSA) pour prendre le contrôle d’un ordinateur à distance.
        C’est normalement pour cette raison que l’instruction « Halt » n’est accessible qu’en mode protégé, pour éviter l’arrêt intempestif par un programme utilisateur.
        L’architecture Intel x86 de nos PC actuels a repris le principe des anneaux du système MULTICS (créé par General Electric, et repris par Bull dans ses ordinateurs HB68M), alors que l’iAPX432 de Intel mettait en oeuvre de façon matérielle une architecture à « Domaines de Protection », avec adressage protégé par « capacités » (adressage repris sur les processeurs Motorola des F-22 des années 90).
        C’est pour cette raison que les conceptions des puces US passent sous l’oeil « attentif » des experts de la NSA, histoire de rajouter ça et là des mécanismes de prise de contrôle à distance (cf. « La puce et les géants » de Eric Laurent).
        C’est pourquoi il vaut mieux utiliser des FPGA dont on peut vérifier l’implantation soi-même!!! 😉

        Il y a même un ancien film, « Softwar », avec Véronique Jannot, qui reprend plus ou moins cette idée, afin de perturber le fonctionnement des ordinateurs soviétiques…

    • Fait et cause dit :

      On peut tout à fait imaginer.

  10. Eric dit :

    Sauf qu’à l’export, il y a des demandes d’intégration d’armements locaux

    • Wagdoox dit :

      C’est pas la même chose.
      Une intégration est toujours possible, la question est de savoir qui fait cette intégration et qui ouvre son code à l’autre.
      Tant que c’est dassault qui fait l’intégration pas de soucis.

      • LS dit :

        Il n’est pas question d’ouverture du code ici, il est question de créer des espaces isolés munis de leur API limitée et localisée (un espace système d’armes spécifiques par ex.) qui permettent au client de compiler (code ouvert à M.D. ceci dit), d’intégrer et de valider lui-même son ajout. Libre à M.D. de ne pas utiliser cet espace et son API pour les armes « natives ». Évidement (sic), il faudrait rendre « agnostique » le logiciel de mission, le contrôle de vol, la G.E. d’autodéfense, la fusion de données, les IHM et je dois en oublier. Ou alors, il faudrait multiplier les espaces isolés dédiés et leur API à tous les sous-systèmes avec impacts sur la complexité et les performances. Sinon, la moindre adjonction nécessiterait de modifier le code à beaucoup d’endroit, que M.D. le fasse soit, mais qu’un tiers le fasse, heu…
        En ce qui concerne le F4, que l’on ne puisse pas ouvrir le système ne m’étonne pas (reconception trop lourde).
        En ce qui concerne le F5, rendre agnostique des CCA (entre autres) les modules du cÅ“ur va être un sacré boulot, mais je ne suis pas d’accord avec M.D. ici, la sécurité sur un F5 bien conçu n’est pas le sujet, c’est une contrainte fonctionnelle à prendre en compte par la conception.

        • farragut dit :

          Vous décrivez le princioe des architectures des machines à domaines (de protection) des années 1970, matérialisé dans l’iAPX432 (le « micro-mainframe Ada » de Intel).
          Comme pour le Northrop XB-47,ou le CF-105 Arrow, les exemplaires fabriques et la documentation ont été détruits par Intel avec une perte de 100 millions de dollars de l’époque.
          L’architecture x86 était plus rapide pour les besoins courants, et a conquis le monde au detriment des machines plus sûres de fonctionnement et nativement protégées.
          C’est pourquoi nos SI actuels sont si vulnérables aux hackers et aux services de renseignement étatiques.
          Les SI embarqués ne font pas exception..
          A qui profite le crime ? 😉

  11. adnstep dit :

    1. les logiciels critiques des avions sont développés selon des méthodes formelles, qui n’ont rien à voir avec les développements logiciels communs. je vous laisse creuser le sujet.

    2. le bus du Mirage 2000 permettait un certain accès à des fonctions périphériques, mais pas au coeur du système.

    3. le besoin de développement ad-hoc de l’armée de l’air est moins important avec le Rafale parce que justement le besoin d’évolutions logicielles constantes est intégrée à la conception, ce qui n’est évidemment pas le cas du M2000, conçu dans les années 70.

    4. pour des besoins particuliers ou des besoins d’exploration, le CEAM et l’ESIOC ont validé depuis longtemps la solution de la tablette sur la cuisse du pilote, ce qui permet de développer rapidement un démonstrateur dont les fonctions utiles pourront être intégrées plus tard au systèmes d’information du Rafale.

    • Byzance dit :

      Merci pour cette contribution… sourcée

    • tschok dit :

      Vous préconisez d’explorer le domaine (d’un continent gigantesque : le drone de combat, plus son avion, plus les munitions, plus l’environnement et tout ce qui est conscience situationnelle, plus tout ce qui est connecté, etc) avec, pour tout viatique, une  » tablette sur la cuisse du pilote » ?

      Je dois dire que l’idée me plait, mais essentiellement en raison de son caractère fantasque. J’ignore si ce caractère est compatible avec les critères des méthodes de développement formelles, l’informatique étant une matière où je perds assez facilement pied.

  12. David dit :

    Les deux aspects peuvent coûter cher à la société. Certains contrats ne se feront pas si pas assez ouvert. Mais si l’ouverture engendre des mauvais comportement, des morts, etc. qui assumera les conséquences ?

  13. Albatros dit :

    Foutons la paix aux français et aux entreprises.
    Dassault à développé seul son Rafale sur sa cassette et l a proposé l État qui n y croyait pas. Et maintenant que ça roule du feu de Dieu on les emm…e ?
    c est une boîte privée
    ce sont des brevets
    c est des programmes secrets et activités…
    pas question que des amateurs viennent le bidouiller qui plus est avec de l IA refourguée par les chinois israéliens ou etatsuniens

    • phil135 dit :

      une boite privée dont la branche militaire ne vit que de contrats d’état. ça donne le droit à l’état major pour donner son avis

      • farragut dit :

        @phil135
        Il n’y a pas de branche militaire chez Dassault Aviation !
        S’il y a eu une tentative de separation en deux branches, c’etait du temps de la mauvaise idée de fusionner DA et l’Aerospaiale, avec pour but de refiler les avions d’affaires à la branche civile devenue Airbus.
        Cela ne c’est pas fait, en partie parce les technologies sont duales, et que le personnel de fabrication pouvait alterner entre chaines de montage, les evolutions des marchés civils et militaires étant contracycliques.
        Un autre raison etant qu’il n’y avait qu’un seul SI pour toutes les activités (y compris avec la « filiale » americaine Dassault Falcon Jet (DFJ)…
        Ce qui a d’ailleurs motivé un changement de la loi americaine sur les responsabilités des entreprises étrangères par la Cour Suprême des États-Unis (mais ceci est une autre histoire).
        D’ailleurs certaines cellules d’avion d’affaires Falcon sont munies de systèmes de mission militaires (Archange, MPA), et vendus comme tels a l’export.
        Et pour votre information, ce n’est pas DA qui vend les Rafale à des pays étrangers, mais le gouvernement français (ou pas).
        Comme le font tous les gouvernements, USA compris…
        Les F-22 de Lockeed Martin ne sont PAS vendus à l’export, même à Israel, c’est dire !

    • Bobby La Trousse dit :

      Vous racontez des foutaises. C’est l’État français qui a financé le Rafale. C’est du pur révisionnisme.
      Dassault ne fait rien sans les commandes de l’etat.

    • Huon dit :

      « Dassault à développé seul son Rafale sur sa cassette et l a proposé l État qui n y croyait pas. »

      Vous êtes certain de cela ?

    • GHOST dit :

      C´est l´État qui avait financé les recherches et est le premier client. Faire croire que Dassault serait assez riche (comme Boieng) pour financer les recherches et la fabrication du Rafale est un argument très discutable.
      La DGA a assez des technologies pour les contre-mesures informatiques pour faire tester l´IA ou le CCA sur le Rafale.
      Quel cet « amateur » capable d´obtenir l´autorisation de la DGA pour « bidouiller » un avion de combat en France?

    • tschok dit :

      Pas du tout.

      La partie du Rafale que Dassault a développé sur fonds propres correspond au démonstrateur du Rafale, exposé pour la première fois lors du salon du Bourget de 1986, je crois. Et ça correspondait en gros à un « avion d’aéroclub ».

      Pour se diriger vers ce qui ressemble à un avion de combat, faut aller vers le prototype, qui a volé quelques années plus tard, au début des années 90. Et derrière ce proto, il y avait de la commande d’Etat, donc du budget public.

      Ce sont les fanboys du Rafale qui propagent la légende urbaine selon laquelle Dassault aurait développé sur fonds propres un avion 100% opérationnel et livré clé en main à un Etat ingrat et pingre. Eux ont envie de croire au père Noël, mais pas nous, enfin voyons. Nous, on est majeurs, vaccinés et responsables, ces enfantillages ne sont plus de mise à notre âge, vous ne croyez pas ?

  14. Wagdoox dit :

    Rien de nouveau sous le soleil.
    Plus un système est ouvert, plus il peut communiquer plus il est vulnérable aux attaques. Inversement si on veut un ordi le ultra secu, il tourne tout seul (même sans clavier).
    L’approche de dassault avait déjà été énoncée il y a plus de 10 ans sur ce sujet. Un système de communication sécurisé mais où un risque perdure et un système cœurs très proteger contrôlant l’avion capable pour pouvoir continuer la mission mais sans drone.
    C’est aussi pour ça que l’Allemagne veut un avion plus lourd, moins dépendant des drones.

    • Joël dit :

      Se réfugier derrière la « fermeture » d’un système pour penser que l’on est plus en sécurité est un dénie de réalité. C’est ignorer les pratiques de rétro ingénierie . C’est comme çà que des failles persistent dans les systèmes alors qu’elles sont connues.
      Un peu comme un enfant qui se place derrière son doigt et crie « caché! »

    • farragut dit :

      « Un système de communication sécurisé mais où un risque perdure »
      Vous pensez au virus Stuxnet caché dans le protocole des clés USB qui perturbe le fonctionnement des contrôleurs des centrifugeuses iraniennes (et par extension « possible » les FADEC des M88-2), ou encore un logiciel non critique qui servirait à « charger » (ou pas) les logiciels des FADEC des TP400 ? 😉
      Rien que sur le Mirage 2000D, il existe un logiciel de chargement des paramètres des missiles SCALP à partir de cassettes magnétiques…
      Alors oui, toute porte d’entrée d’informations numériques est un risque avéré, qui peut compromettre la mission. Le dernier exemple vécu en est le brouillage actif par deux F-35 des radars et CME des trois MiG-31 qui ont voulu faire les malins en passant au dessus de l’Estonie, et la menace invisibilisée d’un Gripen qui a pu les suivre avec un missile Meteor.
      « NATO F-35s Chase Away Russian MiG-31s Over Estonia – Then THIS Happened… »
      https://www.youtube.com/watch?v=MYy9GqJirYM

  15. jean luc dit :

    en fait, pour intégrer de nouveaux instruments ou armements, il faudra passer par Dassault qui facturera les travaux. Dassault aura un monopôle sur la concurrence, l’État paiera un maximum . le rafale est une rente viagère pour Dassault . celas me fait rappelé Lockheed Martin

    • farragut dit :

      @jean luc
      Et donc ?
      Quand l’ Allemagne commande a nouveau des F-35A, c’est parce qu’elle adore refiler ses vieux Deutsche Mark à LM ?
      Sado avec DA, mais maso avec LM?
      Droles de moeurs, ces Goths!
      Heuresement que les Francs se sont desolidarises de la Germanie! 😉

    • Carin dit :

      @jean luc……
      Tu devrais relire les déclarations du sieur Trappier.
      Il précise que pour la sécurité de la mission nucléaire, il faut que l’architecture informatique du Rafale F5 soit « fermée » et même
      « archifermee ».
      Mais il déclare également que pour les autres Rafale, Dassault peut créer un programme passerelle permettant un accès aux spécialistes du CEAM, mais pas au cœur du système. Ce dernier ne doit pas être accessible. Ce en quoi il a raison.
      Par ces déclarations Trappier, suggère que les spécialistes du CEAM, travaillent avec ceux de Dassault, pour valider ou pas les
      « bidouillages », qu’ils seraient amenés à faire.
      En gros Trappier rappelle que ce qui est demandé par le CEAM, le sera par les clients étrangers du Rafale, et que cela n’est tout simplement pas envisageable, pour raison de sécurité, la France doit garder la main sur le système du Rafale.
      Même au sein des équipes informatiques de Dassault, c’est cloisonné, pour justement qu’aucun des ingénieurs n’ait l’ensemble des données, constituantes du programme informatique du Rafale, car l’homme étant ce qu’il est, tout est monnayable, il suffit de placer plusieurs zéros au montant de la trahison demandée.
      Et pour finir, sache que le CEAM a certes des latitudes pour « bidouiller » un Mirage2000, mais pas sur le cœur de son programme… ça aussi c’est précisé… aucun accès aux codes sources. Dassault propose la même chose aux spécialistes du CEAM, sauf sur un nombre de Rafale destinés à la mission nucléaire, où personne n’aura accès.
      Je subodore que cette polémique vient en droite ligne de certains clients étrangers qui précisément réclament cet accès, pour officiellement adjoindre au Rafale leurs armes, mais aussi d’autres armes, ce que la France ne peut pas autoriser.

      • tschok dit :

        « Je subodore que cette polémique vient en droite ligne de certains clients étrangers »

        Ben non, c’est interne à la France : là, c’est entre Dassault et son client étatique, l’armée française.

        En fait, on est dans le smartpower, mais en interne : Dassault protège son smartpower sur l’armée française qui, elle, veut pouvoir faire évoluer ses systèmes. Et Trappier lui dit « même pas en rêve, cocotte ».

        Et la version qu’il fait mine de proposer pour tout ce qui n’est pas nucléaire, en pratique, telle qu’il la propose, elle va créer de la complexité et du risque, donc il fait manifestement tout son possible pour éloigner le décideur public de cette option, qui n’est qu’un faux semblant.

        Bref, Dassault répond niet!

        Moralité des courses : c’est Dassault qui définit les besoins de l’armée française et si elle veut un truc qui sort du cadre, c’est non.

        Et moi, j’dis que c’est la faute à Macron, sinon.

    • Khops dit :

      Parce que sur le Typhoon ce n’est pas le cas pour Airbus ? Guignol.

    • Thorgal dit :

      J’ai finalement compris : en cherchant à susciter en permanence l’irritation des lecteurs de ce Blog contre l’Allemagne, dont vous chantez un peu trop les louanges, je me suis demandé quel intérêt un vrai allemand ou français vivant en Allemagne, ou même une agence gouvernementale allemande aurait à agir ainsi.
      Et la réponse est : aucun.
      Donc, vous cherchez à attiser des antagonismes Franco-Allemands réels, je ne suis pas aveugle, mais ça va au-delà. Vous voulez susciter la haine
      Vous écrivez depuis Langley, ou St Pétersbourg ?
      Va savoir…

      • tschok dit :

        Oh vous savez, quand je vous lis, Thorgal, je crois qu’il n’a pas besoin d’attiser d’éventuels  » antagonismes Franco-Allemands réels », vous les éprouvez spontanément, sans aucune aide de sa part.

        Quiconque à deux doigts de jugeote vous classerait parmi les germanophobes les plus viscéraux après trente secondes de lecture d’un de vos coms, même le moins incendiaire.

        C’est assez curieux le procès que vous lui faites : vous lui reprochez de susciter plus de germanophobie que vous n’en éprouvez spontanément, sans qu’on vous force. Vous lui dites : « vous voulez susciter la haine ». Ok, mais rappelez-moi à quand ça remonte la dernière fois que vous avez dit un truc sympa sur les Allemands ?

        Vous êtes drôle quand même : vous éprouvez de mauvais sentiments à l’égard d’une partie du genre humain, en l’espèce les Boches, et vous n’êtes même pas foutu de l’assumer. Il vous faut un responsable. Un manipulateur russe. Mouarf !

        Vous n’avez pas besoin d’être manipulé. Vous considérez les Allemands comme un peuple fourbe, voleur, arrogant, dominateur et profondément détestable pour toute sorte de raisons, entre autres sa vassalisation présumée à l’égard des Etats-Unis.

        N’en jetez plus, la cour est pleine ! Que ce pauvre jean luc soit agaçant, je le comprends, mais cela n’a rien à voir avec vos passions tristes, qui sont bien le reflet de votre personnalité et non la sienne.

        • Thorgal dit :

          Je considère que, vu vos tropismes en dessous de la ceinture et vos allusions sexuelles, voire votre vulgarité et votre agressivité dirigées contre nombre de contributeurs de Blog, constantes dans vos billets, vous présentez un profil psychologique pathologique qui vous rend inapte à tout service, que ce soit dans les armées ou ailleurs. Un profil binaire, un Janus, un Dr Jekyll et Mr Hide au quotidien, cela expliquerait votre logorrhée qui ressemble à du vomi répandu de façon saccadée, par pulsions non maîtrisées.
          Comme je suis bon chrétien, je vais cependant vous répondre : je n’ai pas de haine contre le peuple allemand, même si le passé familial pourrait m’y porter et si aussi, durant ma carrière, je n’avais rencontré de parfait arrogants et incompétents dans leur armée, restée en ce qui concerne la France et les français sur l’épisode tragique de mai 1940 (le fameux syndrome Keitel).
          Mais je suis parfaitement lucide sur leurs menées anti-françaises tant au sein de l’UE que dans les programmes d’armement communs que nos dirigeants bercés par le fantasme du couple Franco-Allemand ont imprudemment lancé avec eux. Et je considère que les USA sont derrière et c’est le fait le plus amer à constater.
          Sur ce, vous pouvez retourner à vos lubies.

    • Alternative dit :

      La totalité des fabricants de matériel ont eu cette approche lorsqu’ils ont introduit du logiciel, et pour travailler souvent avec du matos allemand à destination de l’industrie, (siemens et d’autres), ils ne sont pas les derniers à pratiquer cette approche. Avec la concurrence chinoise féroce sur ce marché industriel, les allemands ont commencé à bouger sur cette approche, estimant qu’il vaut mieux un écho-système ouvert qui permette à d’autre de faire leur blé, que de tenter de tout maîtriser et de voir l’ensemble des clients basculer vers d’autres acteurs, mais pour l’armement, ce sera dans 20 ans.

    • Eddy Fact dit :

      Pour une fois je suis d’accord avec vous. On a l’impression que Dassault sous couvert de sécurité met en place un système propriétaire genre Apple pour nous obliger à passer à la caisse à chaque nouveau besoin ou demande d’évolution.
      En principe c’est celui qui paye qui devrait avoir le dernier mot, mais ils se sentent en position de force, à l’image de l’arrogant Trappier.

    • LS dit :

      Encore heureux que L.M. (ou Airbus) ait un pouvoir de contrôle (au sens Anglais) sur ce que l’on fait évoluer/ajouter dans l’avion.
      Allez donc voir ce qu’il est possible de voir sans parler de faire avec le contrôle/commande d’une BV Renk dans un char (j’ai eu le cas) : rien sans passer par Renk à moins (et encore) d’utiliser des techniques de hacking sur les trames (inconnues) échangées entre le moteur et la BV.
      Regarder plutôt les échanges ci-dessus sur ce qu’est un système ouvert. Personne n’ouvre son code, ni M.D. ni Airbus ni L.M. (sauf aux Israéliens et encore) ni Sukhoi (sauf leur proposition aux indiens pour le SU57 mais bon le code du SU57 n’intéresse personne pour les transferts de techno).
      Le problème avec L.M. c’est que les données de maintenance et de vol/mission sont centralisés aux USA, avec une possibilité de « coupe-circuit » relativement rapide et c’est le seul à le faire.

    • GHOST dit :

      Le Mirage 2000 qui a une « architecture ouverte », c´est aussi Dassault ? La DGA qui reste l´unique responsable des technologies á utiliser dans les avions militaires de France n´a pas á se coucher devant Dassault.

  16. Vins dit :

    Je ne suis pas un spécialiste mais j’ai toujours du mal avec les architecture ouverte. Que se soit Windows ou le F35, le seul intérêt que ces architecture est la main mise du propriétaire sur les clients.
    Quand on voit la facilité avec laquelle certains systèmes sont « violes », j’imagine mal offrir cette possibilité sur un avion de chasse.
    Sans parler des coopérations entre entreprises pas toujours amies et la possibilité à un conçurent d’accéder au cœur du système, je comprends Dassault

  17. phil135 dit :

    je ne crois pas que l’AAE ou le CEAM demande une architecture ouverte jusqu’à pourvoir faire une mise à jour en plein vol ou même au sol par le web. la logique de Trappier permet ensuite de vendre à un tarif délirant la moindre évolution alors que je ne pense pas que les américains aient bâclé le sujet nuke chez eux. un pb des systèmes fermés est qu’un jour on ne trouve plus LE processeur qui va avec , ou alors il reste juste deux développeurs de 65 ans …

    • farragut dit :

      Vous confondez la pratique de l’ancienne société Dassault Électronique (DE, dirigée par feu Serge D.) avec celle que vous projetez sur l’actuel P-DG de Dassault Aviation (DA) .
      Depuis la création de Thales via la fusion Thomson-CSF avec DE, c’est Thales qui développe les logiciels de mission des avions militaires (y compris Falcon) de DA.
      Le tarif que vous qualifiez de « délirant » doit peut-être provenir de la nécessité pour DA, et pour la DGA, de qualifier les fonctions opérationnelles dans l’ environnement representatif futur. A titre de comparaison, si la conception et le développement de fonction coûte 1, les essais en vol coûtent 7.
      Vous devriez voir avec la DGA s’il est nécessaire ou non de mettre plein de plastrons en vol, ou de drones en l’air pour s’assurer que les conduites de tir (le logiciel du SNA du Rafale) dirigent bien les missiles sur les cibles désignées par l’OSF, le RBE2 ou le SPECTRA… et éventuellement par le casque du pilote. 😉

  18. Roland DESPARTE dit :

    C’est parfois étrange de lire les commentaires de certains qui ne connaissent rien au monde de l’entreprise, concernant Dassault dans ce cas précis… Est-ce propre à la France de toujours la ramener et de tenter de se valoriser en prêchant la mauvaise parole ? Dassault est un fleuron français (envié) et nous en sommes fiers ; Dassault fait (heureusement !) des bénéfices et nous en sommes fiers ; Foutez donc la paix à cette entreprise qui, après des décennies de R&D, aujourd’hui performe ! Idem pour Safran, idem pour Thales.
    Pourquoi selon vous « Le Rafale a sans aucun doute été le héros de l’opération Sindoor », comme l’a affirmé le maréchal de l’air Nagesh Kapoor, vice-chef d’état-major de l’Indian Air Force (IAF) ? Et ce malgré toutes les lamentables manÅ“uvres de désinformation ; et ce malgré toutes les tentatives technologiques russes et chinoises de déstabiliser en vol les systèmes de combat de l’avion français ? Il est resté intègre et efficace car son architecture était fermée ! Que le général Jérôme Bellanger s’occupe de son AAE sans chercher à donner la leçon aux industriels ; ces derniers conçoivent des produits en fonction des menaces (et des commandes), et pour ne mettre la clé sous la porte ils doivent faire des bénéfices ! A vous de choisir…
    Et le problème est le même pour le SAMP/T, voulez-vous que demain nos missiles d’interception tombent à la mer, comme ce fut le cas en mai 2025 au large de la côte sarde d’Arbatax pour un Aster 30 tiré par les italiens !
    Mon général, vous évoquez les États-Unis qui ont imposé aux industriels de l’armement une «architecture de référence gouvernementale» ; mais savez-vous ce dont vous parlez ? Cette obligation faite aux industriels (système avec clef d’ouverture) a pour objet principal de donner la possibilité à l’administration américaine de contrôler l’après-vente des contrats d’armement par les obligatoires mises à jour imposées… C’est cela que vous voulez ? Laissez aboutir le projet HypAIRion, et vous pourrez jouer avec tous vos missiles sans mettre en danger l’avion.

  19. LOQUET dit :

    il ne peut y avoir de plus fervent partisans des ventes de rafale à l’export que moi-même
    mais la réalité est autre ; demain la défense des pays reposera sur de ICBM utilises à distance sans pilote ou sur des drones. alors que doit-on faire ?? certainement pas un super rafale

  20. C. Bayesien dit :

    Plus un système est ouvert et interconnecté, plus il devient vulnérable aux attaques. C’est une réalité qu’on observe dans tous les domaines. Les systèmes critiques, conçus avec des niveaux de protection extrêmement élevés, sont généralement très robustes et fiables, sans pour autant être totalement inviolables. Même les communications quantiques, souvent présentées comme parfaitement sûres, ont leurs limites. Certes, les vulnérabilités ne proviennent pas des lois de la physique quantique elles-mêmes, mais des imperfections des équipements utilisés, comme les détecteurs optiques, les composants électroniques ou encore les implémentations logicielles et des « fuites » d’origines humaine… La communication à risque zéro n’existe pas. L’objectif n’est donc pas de rendre un système inviolable, mais de concevoir des solutions capables de résister le plus longtemps possible aux attaques, en augmentant le coût, le temps et la complexité nécessaires à leur compromission.

    Avec l’essor de l’intelligence artificielle et l’arrivée progressive des ordinateurs quantiques, véritable game changer, comme disent les Anglo-Saxons, la course est déjà engagée. La Chine dispose aujourd’hui d’une avance significative dans plusieurs domaines des technologies quantiques, notamment en matière de communications et de certaines infrastructures expérimentales.

    La France n’est pas en mauvaise position. Elle a une excellente tradition en mathématiques, en cryptographie, en algorithmique, en développement logiciel, avec des équipes de recherche reconnues au niveau international. En revanche, notre principal défi reste davantage du côté du matériel (hardware), en particulier pour la fabrication de composants quantiques et le passage à une réalisation opérationnelle. On ne sait pas faire (ou plutôt on fait ce qu’on peut avec ce qu’on a).

    Le seul moyen de supprimer presque totalement le risque consiste à utiliser un système totalement hermétique, non communicant (*air gap*) mais même cette approche n’offre pas une garantie absolue, car des attaques physiques, des erreurs humaines ou des compromissions internes restent toujours envisageables.

    Au fond, rien n’a vraiment changé, c’est toujours le même affrontement, millénaire, entre le glaive et le bouclier… mais en version 2.0, où chaque progrès défensif finit inévitablement par susciter une nouvelle génération d’attaques.

  21. BenL dit :

    Il faut les 2 et en utilisant l’opensource au maximum. Une architecture ultra fermée pour les conduites de vols, l’acces aux armements et autres appareils critiques (UCAV, POD etc…) . Il faut une architecture ouverte pour les fonctionnalites. En cliar, laisser les partenaires a developper les fonctionnalites, UX design etc… et les tester sur un jumeau numerique fournit par Dassault. le plus serait qyue Dassault fournisse un MCP serveur pour la passerelle bien plus efficace et plus innovant que les APIs…

  22. Rorol dit :

    Ça me fait rigoler ces « manageur » qui parlent « d architecture ouverte ». J ai les memes aux boulot… Ils ne comprennent rien à rien, ça ne veut rien dire. Un avion de chasse ou un système militaire de ce calibre ce n est pas un raspberry pi ou Arduino pour apprendre à coder et bidouiller en robotique ! Et ce ne sera pas l armé qui mettra de l « iA » dans les avions… Par contre on attend d eux qu ils donnent de la data à des industriels comme Dassault pour mettre au point de vrai iA intégré et fiable ! Faut pas inverser les rôles !
    Et en fait par ouverte, ils veulent juste dire qu ils veulent une architecture moderne, c est à dire que le logiciel peut être mis régulièrement à jour (tous les jours !) !
    Quand je vois le niveau des commentaires je me dis qu on est vraiment foutu… On s agite mais on ne fait rien de sérieux alors qu on a les talents pour mais trop de « manageur » incompétents.

  23. Trent dit :

    Une architecture pour l’export avec des choses plus ou moins ouvertes et une architecture nationale fermée avec la possibilité de se connecter avec un four à pain dernier cri.