La Marine nationale va tester la munition téléopérée Akeron RCX 50 conçue par MBDA et Novadem

Si les munitions téléopérées [MTO] de différents modèles commandées par le ministère des Armées sont presque exclusivement destinées au combat aéroterrestre, et donc à l’armée de Terre, il n’en demeure pas moins qu’elles intéressent également la Marine nationale.
«C’est l’armée de Terre qui concentre la masse des munitions téléopérées. Mais ce sujet nous intéresse directement. Nous avons testé en mer des drones conçus pour l’armée de Terre. Pour ce qui est des drones, en effet, les zones maritimes sont beaucoup plus faciles d’accès que les zones terrestres. Prenez les essais du drone One-Way Effector de MBDA [désormais appelé DELUGE, ndlr] : ils ont été réalisés au profit de l’armée de Terre, à partir d’un porte-hélicoptères amphibie», avait expliqué l’amiral Nicolas Vaujour, son chef d’état-major, lors d’une audition parlementaire, en novembre dernier.
Quelques mois plus tôt, la Marine nationale avait testé le concept de MTO défensive contre des «cibles simulant des drones hostiles», également depuis l’un de ses PHA. À cette occasion, elle avait diffusé une vidéo montrant la destruction d’une embarcation par un drone à pilotage immersif [FPV], associé au système Combo X2-Air 5.8 MK II.
Puis, dans un autre registre, la frégate de surveillance Floréal fut sollicitée pour évaluer une MTO qui, conçue par l’entreprise réunionnaise FLY-R, pouvait être aisément lancée directement depuis son conteneur de transport.
Pour la Marine nationale, l’objectif est de réduire le «coût par tir» afin de pouvoir, entre autres, utiliser des munitions dites d’usure pour saturer les défenses de l’adversaire avant de lui porter un coup décisif avec un missile.
Depuis ces expérimentations, au moins une frégate aurait utilisé une MTO au cours d’une opération, en l’occurrence une «MX-10 Damoclès» de KNDS/Delair, en mer Rouge. C’est en effet ce qu’indique une ligne repérée par Le Marin dans le dossier de presse publié par le ministère des Armées à l’occasion du salon EuroSatory.
Ayant une autonomie de 40 minutes, la Damoclès est en mesure de détruire une cible dans un rayon de 10 kilomètres, grâce à une charge militaire à fragmentation de 550 grammes.
Cela étant, la Marine nationale aura l’occasion de tester une autre MTO de courte portée : l’Akeron RCX 50 de MBDA.
Lors d’EuroSatory, la Direction générale de l’armement [DGA] a en effet accordé un contrat à l’industriel pour «expérimenter» l’Akeron RCX 50 en relation non seulement avec la Section technique de l’armée de Terre [STAT] mais aussi avec la Marine nationale.
Développée en moins de deux ans sur fonds propres dans le cadre d’un partenariat avec Novadem, la MTO Akeron RCX 50 «offre simplicité de mise en Å“uvre et souplesse d’emploi, avec un coût optimisé pour une production et une utilisation en masse», a fait valoir MBDA, avant d’assurer que tout était prêt pour lancer une production en «grande série».
Compacte et légère [50 cm pour 2 kg], la MTO Akeron RCX 50 se distingue par «son absence de lanceur et sa rapidité de déploiement». Facile à utiliser, elle «combine reconnaissance et frappe de précision au sein d’un seul système». D’une portée de 10 km, elle dispose d’une autonomie de 40 minutes. «Les opérateurs peuvent ainsi surveiller, suivre et engager avec une précision extrême des cibles fixes ou mobiles», insiste MBDA.
«La signature du contrat Akeron RCX50 avec la DGA témoigne de notre capacité à innover rapidement et à répondre efficacement aux besoins opérationnels exprimés par les forces», a souligné Stéphane Reb, le responsable de ce projet chez MBDA. «Cette munition représente une avancée en matière de précision et d’efficacité, contribuant ainsi à la sécurité et à la souveraineté de nos nations», a-t-il conclu. Reste à voir si elle saura convaincre la Marine nationale et l’armée de Terre.
Photo : MBDA





Les MTO ont toute leur place, y compris dans la Marine. On pense bien sûr à des missions « simples », où une MTO décollerait d’un nvaire de la Marine nationale, pour aller surveiller un autre navire, ou un site basé à terre, avec une capacité de frappe d’opportunité si besoin.
Mais l’Ukraine montre qu’on peut aller beaucoup plus loin dans le concept. Les ukrainiens ont en effet mis au point des drones de surface (USV) qui emportent une cargaison de MTO. Une fois arrivé près des côtes, l’USV lance ses MTO, puis leur sert de relais de transmission. Testée en Crimée notamment, cette méthode permet de conduire de véritables raids contre des cibles peu ou mal protégées contre de petits drones/MTO, qui ne sont pas censés voler à plusieurs centaines de km du front.
Ce concept qui relève du bricolage (très) ingénieux peut aisément être déclinée au profit de la Marine. On pourrait par exemple envisager un missile cargo « low cost » conteneurisé (à la manière d’un Exocet), ou un drone cargo, lancé depuis un navire. Cette munition cargo parcourerait quelques centaines de km à très basse altitude (pour éviter d’être repérée trop tôt), puis une fois arrivée à la distance voulue, larguerait un essaim de drones/MTO qui rechercheraient automatiquement leur cible avec leurs propres capteurs. Si cette cible est un navire, les drones pourraient aisément ravager ses superstructures et ses principaux capteurs, laissant le navire sans défense et hors de combat.
Le concept peut également être décliné à partir de drones de surface, ou mieux encore avec des drones sous-marins (UUV) qui pourraient plus facilement s’infiltrer près des côtes, lancer leur MTO en surface, pour aller frapper des cibles multiples dans un rayon de 30 à 50km. En y réfléchissant, le concept pourrait même être adapté à une torpille F21 modifiée, capable de naviguer longtemps et silencieusement à basse vitesse, avant d’aller larguer des drones à l’endroit voulu. Cela donnerait à nos SNA une nouvelle capacité de frappe contre la terre particulièrement souple et intéressante.
Bref, il y a mille et un concept à explorer et à développer avec les drones. Et la Marine ne fait pas exception.
Je prolonge l’idée :
Les chinois ont fait la démonstration de missiles utilisables depuis des conteneurs maritimes standards (https://www.opex360.com/2025/12/26/la-chine-a-transforme-un-cargo-civil-en-navire-lance-missiles/), et les ukrainiens de drones FPV lancés depuis un container aménagé (opération Spider web).
Combinez cela, et vous avec une attaque surprise des bâtiments à quai de Brest et de l’ÃŽle longue par un porte-conteneurs « innocent » transitant à l’entrée de la Manche, un « Pearl Harbor 2.0 low cost » qui « neutralise la marine avant qu’elle n’aie fait quoi que ce soit.
– La remarque est valable pour tous les ports stratégiques de par le monde.
– La menace est accessible aux organisations non-étatiques. Cela nécessite quand même pas mal de moyens, mais l’attaque du port de Bombay en 2018, ou l’attentat contre l’USS Cole en 2000 montrent que c’est possible.
@ji_louis
C’est en effet une menace des plus sérieuses. L’opération Spider Web ukrainienne, menée avec des moyens limités et des technologies rustiques, a démontré que le risque n’avait plus rien de théorique.
Pour ma part, je considère que la seule solution crédible face à ce type de menace d’attaque de drones FPV en essaim… ce sont les drones FPV en essaim ! Une symétrie attaque/défense nécessaire pour rétablir l’équilibre, à coût maîtrisé. Toutes les solutions à base de canons et mitrailleuses de tous calibre, ou même de laser, sont quasiment impossible à employer dans un contexte urbain ou semi-urbain : concrètement, tirer à la mitrailleuse au-dessus de Brest ou de Toulon se traduirait par d’énormes dégâts collatéraux (tout ce qui est lancé dans les airs finit par redescendre… parfois très loin et pas forcément là où on voudrait !), et accessoirement par des risques de « tir ami » sur les infrastructures et les navires à quai. Même chose pour le laser : comment garantir que le faisceau sera exclusivement focalisé sur un drone attaquant, et pas sur l’immeuble situé 3 km derrière avec les habitants sur leur balcon pour observer ce « feu d’artifice » ?…
Les drones intercepteurs sont la solution, en tout cas la moins mauvaise disponible à ce jour. Pouvant être lancés en masse de plusieurs centaines, voire plusieurs milliers si besoin (selon l’importance de la cible et son étendue géographique), il recherchent seuls leur cible une fois en vol, se dirigeant automatiquement sur elle et la percutant en vol à haute vitesse. Pas d’explosifs, l’énergie cinétique suffit. Une fois leur missions terminée, s’ils n’ont pas trouvé de cible, ils reviennent se poser près de leur « ruche », où ils sont reconditionnés et rechargés, prêts à servir à nouveau. En as d’alerte, ils décollent en masse, venant littéralement obscurcir le ciel et contrer toute attaque de drone FPV.
Un tel système d’interception aura l’avantage d’être relativement peu coûteux, insensible au brouillage, réemployable et réutilisable à volonté, facile à mettre à jour (mise à jour de l’IA embarquée des drones, ou remplacement des drones par des modèles plus performants), avec de faibles risque de dégâts collatéraux (pas d’explosifs embarqués), donc utilisable par des personnels civils préalablement formés (point très important au vu du nombre de sites sensibles à défendre !). Bref, énormément d’avantages, comparé aux solutions « habituelles » type canon/mitrailleuses/missiles dont les limites sont connues.
« comment garantir que le faisceau sera exclusivement focalisé sur un drone attaquant, et pas sur l’immeuble situé 3 km derrière avec les habitants sur leur balcon pour observer ce « feu d’artifice » ?… »
La diffraction s’en charge. 😉
En effet ; mais sinon et pour donner à nos SNA une nouvelle capacité de frappe contre la terre, la mer ET les airs particulièrement souple, robuste et intéressante, il existe déjà l’IDAS de chez Diehl, descendant du Polyphem abandonné par la France mais poursuivi par l’Allemagne…
J’espère que la Marine a de meilleures raisons de ne pas intégrer l’IDAS sur les Suffren que le simple « bouh caca c’est allemand ».
@G
En dehors du fait que ce missile IDAS soit allemand, c’est surtout sa portée de 40km qui est très limitante. Pour frapper une cible dans la bande côtière, le sous-marin doit donc approcher très près des côtes, une prise de risque importante pour un SNA à 1 Md€ et son précieux équipage… une munition cargo chargée de MTO peut se tirer à distance de sécurité (plusieurs centaines de km).
Par ailleurs, IDAS est un missile dont la vocation première est antiaérienne (dérivé de l’Iris T), même si son filoguidage lui permet d’atteindre des cibles navales ou terrestres. Surtout, et par définition, il ne peut frapper qu’une seule cible, là où un essaim de MTO pourra potentiellement aller frapper des cibles distinctes sur une vaste surface, décuplant l’efficacité globale.
À un moment nos rares moyens devront peut-être servir à quelque chose… l’argument du « trop risqué pour nos si beaux bateaux » me semble d’autant plus fragile que :
– nos SNA manquent il me semble de quelque chose de plus léger et abordable que les onéreux F21 ou SM39 pour « traiter » de petites (ou rapides) cibles ou mettre hors de combat ou d’usage de plus grosses unités, voire imposer un blocus.
– nos si beaux Suffren ont été conçus en temps de paix… et souffrent désormais de leur salve très limitée (4 tubes seulement) ; or l’IDAS qui tient à 4 dans un tube de 533 leur permettrait de retrouver un peu de capacité.
Reste la question de la lutte anti-UUV, pour laquelle il nous manque une torpille légère similaire aux CRAW et dont de nombreux exemplaires puissent tenir dans un tube de 533…
Quoi qu’il en soit, je note hélas que l’argument du « made in Deutschland » ne laisse personne indifférent, et c’est bien dommage… quid des Italiens ?
Oui , les mbt aussi manquent d équipement spécifiques à la lutte contre les moustiques.
Et pourquoi les engins de dépannages ne disposent pas de missiles balistiques?
Et les fantassins manquent cruellement d armes anti satellites.
Alors que l’AT s’équipe de ce genre de munition (Damoclès ou celle-ci), cela a du sens. Que la Marine s’équipe de drone intercepteur courte portée (10km voir moins) pour contre-carrer une attaque saturante histoire de réduire la charge sur les Rapidfire, ok aussi. Que la Marine s’équipe de MTO longue portée (plusieurs centaines de km) pour alléger la pression sur d’onéreux missiles ou accompagnées une attaque saturante, je comprend toujours.
Mais s’équiper de MTO courte portée… si deux navires de guerre ennemis type frégate ou même corvette se retrouve à 10km l’un de l’autre, c’est qu’il y a un ou deux trucs qui ont franchement foiré entre temps. Ou alors c’est pour les commandos et les petites unités pauvrement dôtées en armement de base type patrouilleurs (question sérieuse)?
C est clairement destiné aux lots de bord des fusilliers marins pour les missions à terre.
Chaque navire de la MN embarque des fusilliers marins qui doivent pouvoir réaliser différentes missions en mer et à terre.
L usage décrit (probablement un shahed abattu par un damocles) est un usage annexe. Comme quand les fusilliers sortent le MMP comme protection supplémentaire contre les embarquation légères.
10 km de portée et 500 gr de charge.
S’il y a des spécialistes, ça m’intéresse car je ne vois pas l’utilité de ces MTO excepté pour les forces spéciales…
Principalement pour les missions à terre des fusilliers marins…
il faut essayer, s’exercer avec tous ses engins, seule solution pour progresser, en n’oubliant jamais que l’adversaire ne reste jamais les bras croisés
Leurs débris enflammés retomberont dans la mer, ça qui sera toujours cela d’évité aux populations civiles .
Si les russes pouvaient faire la même chose avec leurs roquettes à phosphore ou à la thermite plutôt que de les envoyer sur les civils ukrainiens
Khops : ah bon ? ils leur jettent des termites, en plus ! qu’on prévienne la SPA ! eux, ils arriveront peut-être à calmer le boucher de Moscou !
Quel beau détournement pour ne pas répondre sur le fond. Faites donc une petite recherche sur le thermite, ça vous aidera à mieux tenter de justifier les crimes de guerre russes. Vous en profiterez pour vous vantez auprès de votre officier traitant au fsb
« ça qui sera toujours cela d’évité aux populations civiles . » Et aussi d’éviter de tomber « entier » sur ces mêmes populations civiles à titre de « punition » ou comme en…………..Ukraine! D’un coté des raffineries de pétrole, de l’autre des immeubles d’habitations, nessspas ?
C’est bien de te préoccuper des civils, vieille branche…
Les civils Ukrainiens sont aussi concernés ?
bonjour. bon personnellement je crois que la priorité reste de développement des systèmes de défense contre tous les type de drone hostile… et surtout des noyens a moindre coût financière… ( nous ne somme pas des américains). et surtout dans cette histoire se sont des armes du faible au fort…
-roquettes guidée.
-canon automatique.
– lazer de forte puissance.
– mitrailleuse multiples de 12.7mm .
@Rogger. »( nous ne somme pas des américains). » Les Americains? ils utilisent des drones Merops à 15000 dollars, des roquettes APKWS, des drones Coyote,  Roadrunner…