Le Canada fait l’acquisition d’un radar transhorizon auprès de l’Australie pour renforcer la défense de l’Arctique
Pour surveiller les approches maritimes et aériennes situées entre le sud des îles Cocos [océan Indien] et le nord-est de la Papouasie-Nouvelle-Guinée [mer de Bismarck comprise], les forces de défense australiennes exploitent le réseau de radars trans-horizon bistatiques JORN [pour Jindalee Operational Radar Network], déployé progressivement dans le nord de l’Australie depuis la fin des années 1970.
Ce réseau repose actuellement sur trois stations radar implantées à Longreach [Queensland], à Laverton [Australie-Occidentale] et à Alice Springs [Territoire du Nord] ainsi que sur un centre de contrôle établi à Édimbourg [Australie-Méridionale], douze sondeurs à ondes courtes répartis autour de l’Australie et sept transpondeurs.
Malgré les limites de sa technologie [reposant sur l’effet Doppler, il ne lui est pas possible de détecter des objets se déplaçant avec une vitesse radiale par rapport au faisceau] et des performances dégradées quand les conditions météorologiques sont mauvaises, ce système de surveillance est en mesure d’observer l’activité aérienne et maritime dans une zone d’au moins 37 000 km². Et il serait en mesure de repérer un avion de type Cessna 172 en train de décoller [ou d’atterrir] au Timor-Oriental, à 2 600 km de distance.
Cette technologie australienne a suscité l’intérêt des États-Unis [pour la surveillance de la côte Ouest] ainsi que celui du Canada. En mars 2025, alors nouvellement nommé à la tête du gouvernement canadien, Mark Carney fit savoir que des discussions avec Canberra allaient s’ouvrir en vue d’acquérir le système JORN afin de renforcer la surveillance du Grand Nord.
Plus d’un an après, ces négociations se sont concrétisées par la signature d’un accord entre Ottawa, les autorités australiennes et BAE Systems Australia d’une valeur de 2,5 milliards de dollars canadiens [soit environ 1,6 milliard d’euros]. Accord qui porte sur l’acquisition d’une «capacité de radar transhorizon [OTHR] à l’appui du programme de radar transhorizon dans l’Arctique [A-OTHR], a annoncé l’Agence canadienne de l’investissement pour la défense.
Deux autres accords ont été signés dans le même temps : le premier porte sur les droits liés au radar transhorizon avec l’Australie et BAE Systems Australia tandis que le second concerne les retombées industrielles et technologiques pour le Canada.
Selon le communiqué diffusé par Ottawa, BAE Systems Australia commencera la construction du A-OTHR dès le 1er juillet 2026. Cela «permettra au Canada de respecter son engagement d’atteindre la capacité opérationnelle initiale d’ici décembre 2029», y est-il souligné.
«Ce projet s’inscrit dans une initiative d’envergure qui vise à créer un réseau de surveillance et de communication intégré dans l’Arctique, dans le but de renforcer la capacité du Canada à [y] surveiller l’activité […], à bien la comprendre et à y répondre», a résumé Stephen Fuhr, le secrétaire d’État canadien à l’Approvisionnement de défense.
Et d’ajouter : «Nous collaborons avec des partenaires de confiance à la modernisation de notre défense continentale, tout en nous assurant d’obtenir des retombées industrielles et technologiques importantes pour la population canadienne».
Côté australien, on fait valoir que ce projet «renforcera l’interopérabilité entre partenaires de confiance tout en stimulant la croissance industrielle et l’innovation dans les deux pays» et qu’il «établit également un cadre pour la recherche et le développement conjoints afin de perfectionner les capacités de l’OTHR pour un bénéfice mutuel.»
Reste que, comme Richard Marles, le ministre australien de la Défense, n’a pas manqué de le souligner, cet «accord d’exportation» concernant la technologie OTHR est le plus important «de l’histoire de l’Australie». Il «témoigne de notre amitié étroite et de longue date avec le Canada», a-t-il conclu.





La surveillance de l’Arctique est en effet devenu un enjeu important. Les européens devraient également prendre toute leur part à cette surveillance, dans leur intérêt !
Par exemple, pour faire le lien avec des évènements récents, le Danemark aurait tout intérêt à envisager l’implantation d’un radar transhorizon au Groënland, le cas échéant en collaboration avec d’autres pays européens. Les îles Féroé, tout comme le nord de la Norvège, pourraient également accueillir ce type d’installations.
Nous aurions également un immense intérêt à envisager ce tye de radar en Europe de l’Est (en priorité !), et dans le sud de l’Europe (iles grecques, Italie, Espagne…) pour surveiller la rive sud de la Méditerrannée. L’investissement, et donc l’accès aux données, serait logiquement partagé par les pays participants, les radars ayant pour vocation d’être mis en réseau. Un financement UE pourrait par ailleurs très probablement être mobilisé, compte tenu de l’intérêt stratégique d’un tel programme pour l’Europe.
Dernière piste de réflexion : pourquoi pas envisager un radar transhorizon mobile, monté sur un navire de très grande taille type supertanker modifié (458 mètres de long pour les plus grands) capable de déployer des antennes ? La mobilité d’un tel navire serait très intéressante, et sa vulnérabilité potentielle serait très atténuée par le fait qu’il se tiendrait, par définition, à plusieurs milliers de km de la zone de conflit qu’il couvrirait.
Groenland ? Les européens attendaient que la France donne des peaux de phoque , ils ont eu peau de zob, for sure on va pas se dépoiler …….
Cmmentaire interessant…vous êtes sur la bonne voie..sinon sur les radars OTH?
La France privilégiera un regard avec plus de recul pour mieux considérer l’espace ….
Prendre de la hauteur avec des satellites performants c’est peut-être ce qui manque le plus à ces deux pays …
J’ai plutôt l’impression que la France fait ce qu’elle peut avec l’argent qu’elle a (ou pas, suivant le point de vue). Bref elle ne peut pas investir sur tout en même temps. Les moyens de détection terrestres, maritimes, aériens et spatiaux sont complémentaires avec chacun leur qualité et défaut. Leurs complémentarité s’étend aussi à une certaine redondance et donc une « survivabilité » accrue du « réseau » de surveillance.
Reconnaissons cependant que la France est loin d’être ridicule quand il s’agit de la surveillance/détection. Voyons aussi un autre avantage: la BITD française maitrise l’intégralité des technologies de détection/surveillance quelquesoit le milieu concerné en fixe et mobile (les pays avec ce savoir faire sont très peu nombreux). Bref et comme d’habitude, c’est la partie finance qui bloque.
La surveillance de l’Arctique est en effet devenue.
« ce système de surveillance est en mesure d’observer l’activité aérienne et maritime dans une zone d’au moins 37 000 km². Et il serait en mesure de repérer un avion de type Cessna 172 en train de décoller [ou d’atterrir] au Timor-Oriental, à 2 600 km de distance. »
Il y a sûrement une coquille, 37000 km² c’est un rectangle de 370 x 100 km, soit très peu pour ce radar.
Il manque au moins 2 zéros à mon avis.
& le Timor c’est bien plus que 26oo km
Orthoradiale.
oui, c’est une erreur
Tous les conducteurs croisant sur la route une ambulance sirène hurlante savent que c’est en radial que l’effet est le plus marqué!
C’est à dire ?
Un radar utilisant l’effet Doppler détecte très bien les objets qui se rapprochent ou s’éloignent de lui, mais beaucoup moins bien ceux qui se déplacent tangentiellement.
L’un des Five Eyes ne pouvait avoir qu’un système anglo-saxon.
Un radar comme le Nostradamus français aurait fait tâche.
Le radar GRAVES des gaulois est lui dédié aux reco en basse altitude [Grand réseau adapte à la
veille spatiale] et a récolté des données (CDAOA) sur les satellites espions non répertoriés américains et chinois.
De quoi échanger des infos contre d’autres. L’essence du monde du renseignement.
=> wiki
La France a accepté de garder secrets les renseignements sur les satellites espions que GRAVES a permis de répertorier, en échange elle a demandé aux États-Unis la réciprocité pour les renseignements collectés par ses satellites militaires Hélios-2, Syracuse-2, et Essaim. Cette réciprocité a été acceptée.
Gentlemen’s agreement…
Les « Amiricains » sont cons mais ils redoublent d’efforts pour être plus encore redoutablement cons….. ils ne sauraient être parfaits puisqu’ils parlent anglais . On prête ces mots aux « grandes oreilles » du Roi Charles
Il aurait plutôt fait tache, même s’il se serait bien acquitté de cette tâche.
Tâche : chose à faire.
Tache : souillure.
Exit GRAVES en 2030…
Tiens, c’est cocasse ; 2600 km, c’est pile ce qu’il faut pour couvrir l’intégralité du territoire du Groenland et l’archipel des Svalbard (Norvège) depuis la base (météorologique & militaire) d’Alert dans l’extrême-Nord canadien.
Une techno ancienne remise en selle par l’évolution inouie des possibilités du traitement du signal et aussi des fibres O.
Les couches électrisées en tres hautes altitude et la terre forment un véritable guide d’onde pour les HF autour de 20 /50 Mhz
Le problème est que ces échos sont multimodes (spatial, plusieurs « chemins » donc de temps de propagation) et que ces fréquences nécessitent des antennes énormes pour compenser la tres faible résolution (donc désormais des réseaux de phase , d’antennes reliées par fibre, sur des dizaines de km..)La puissance de calcul , les modèles de transformation du signal,les modèles probalisiques.. permettent d’extraire des cibles du signal
Neanmoins pas de vraies solutions de tir mais une alerte à tres grande distance (fragile, car cible prioritaire ,comme toutes les grandes antennes de veille) y vompris pour les avions « invisible » (invisible essentiellement en bande X et en frontal)
Vous aussi avez noté l’attachement jamais démenti des forces ukrainiennes à mettre à terre les « échafaudages » russes ? Ces derniers, pourtant très utiles font cruellement défaut à la défense anti aérienne ….