Le drone MALE Enbata du français Aura Aero sera doté du nouveau radar AirMaster C de Thales

En juin 2025, afin d’obtenir – rapidement et à coûts maîtrisés – la meilleure solution opérationnelle possible pour la capacité de drones MALE [moyenne altitude longue endurance] de théâtre, la Direction générale de l’armement [DGA] avait sélectionné cinq industriels, à savoir Turgis Gaillard [Aarok], Daher [EyePulse], Aura Aero [Enbata], SE Aviation [Driade] et Fly’R [R2-600].
Pour le moment, seuls l’Aarok et l’EyePulse [avec l’appui de Thales] ont effectué leur premier vol. Le tour de l’Enbata ne devrait pas tarder. En attendant, comme annoncé, Aura Aero – via sa division Aura-M – a dévoilé la version finale de son drone MALE à l’occasion du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory, le 15 juin.
D’une longueur de 10 mètres pour une envergure de 17 mètres, l’Enbata disposera d’une autonomie de 55 heures, en portant une charge utile d’un peu plus d’une tonne. Conçu selon une architecture numérique ouverte [et donc évolutive], sans composant d’origine américaine, ce drone MALE aura une capacité de décollage court, ce qui lui permettra, entre autres, d’être mis en œuvre depuis des pistes sommaires. Doté de commandes de vol électriques, il sera certifié pour les opérations en «environnement aérien civil réglementé».
«Conçu pour une production à grande échelle, Enbata offre un excellent équilibre entre performances opérationnelles et coût d’acquisition et de mise en œuvre maîtrisés. Cette approche permet aux forces armées de déployer des flottes importantes tout en optimisant les budgets d’équipement et les ressources humaines», assure Aura Aero.
Mais la qualité d’un drone se mesure aussi à ses capteurs. Sur ce point, en marge d’EuroSatory, l’industriel a annoncé la signature d’un accord avec Thales pour intégrer le radar AirMaster C sur l’Enbata.
«Développé en France, ce radar de dernière génération intègre une architecture AESA très compacte, couplée à des fonctions d’intelligence artificielle embarquée. Cette technologie avancée permet une classification précise et autonome des cibles, facilitant la sélection des objets d’intérêt et réduisant les flux de données transmis au sol», rappelle Thales.
Plus précisément, l’AirMaster C est doté d’une antenne active en deux dimensions [2D], programmable grâce à l’utilisation de silicium-Germanium [SiGe]. Mis au point dans le cadre du programme DRAGON [démonstrateur radar de nouvelle génération], il équipera notamment les futurs hélicoptères interarmées légers H160M «Guépard». Ses essais ont commencé en mai 2025.
Outre l’AirMaster C, Thales équipera l’Enbata avec des solutions de guerre électronique, ce qui lui «garantira une excellente adaptabilité aux environnements et scénarios d’engagement les plus complexes» ainsi que la capacité à «couvrir un large spectre d’opérations militaires», comme la reconnaissance armée, le renseignement, la surveillance maritime, la lutte antidrone, etc.
À noter que, l’an passé, Thales avait signé un accord du même ordre avec Turgis Gaillard en vue d’intégrer le radar AirMaster S sur l’Aarok.
«En associant le drone MALE Enbata […] aux capacités radar et de guerre électronique de Thales, nous apportons aux forces armées une solution ISR souveraine, performante et évolutive», s’est félicité le général [2S] Stéphane Mille, ancien chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace et désormais directeur de l’activité défense d’Aura Aero.
«Cette combinaison entre plateforme aérienne de nouvelle génération et capteurs de pointe constitue un véritable multiplicateur d’efficacité opérationnelle, capable de répondre aux exigences des engagements actuels et futurs», a-t-il conclu.





Quel est le moteur sur ce projet
Donc pour l’instant un avantage à Turgis Gaillard pour les performances du radar par rapport à l’Enbata, Air Master S étant considéré comme nêtement plus performant que l’Air Master C, ce dernier étant toutefois plus compact et plus léger.
Après ça dépendra de la taille de l’appareil souhaité par la DGA.
« Plus précisément, l’AirMaster C est doté d’une antenne active en deux dimensions [2D], programmable grâce à l’utilisation de silicium-Germanium [SiGe] »
Pourquoi Germanium ?? On pouvait pas trouver du silicium-Franconium ? Avec tous les impôts qu’on paie ? Patriote en colère !
Germanium Ge, numéro atomique 32, sous-produit courant de la fusion du zinc.
Francium Fr, numéro atomique 87, extrêmement rare.
Americium Am, numéro atomique 95, artificiel, radioactif instable.
Voir aussi Scandium (21) et Gallium (31) dans le tableau périodique des éléments, dont les noms ont été inspirés de celui d’un pays.
Vous voulez dire du Francium Fr, élément chimique de n° atomique 87 🙂
Si le constructeur de ce drone banal ( copie d’un MQ-9) compte sur des ventes à l’export ,il risque d’être déçu. 🙂 🙂
Y compris en France et Europe, le temps de finir a nous décider et de lancer les fabrications, il sera démodé comme le MQ-9
En plus il vole a 300 km/h maxi et sera bien vulnérable.
Alors oui c’est exactement l’idée revendiqué: remplacer le MQ-9 et concurrents avec une solution mise à niveau technologiquement (notamment sur la résilience en environnement perturbé et la fonction noeud de coms), plus ouverte (ce n’est vraiment pas le point fort du MQ-9), souveraine et moins chère afin de conduire les missions ISR. L’ISR c’est la base et ça demande du matériel à bord. Donc le marché potentiel est important (tous les pays en fait).
En adresssant le segment ISR, cela permettra également de se positionner sur les missions régaliennes non militaires (surveillance maritime, etc.) donc d’accroître encore la taille du marché potentiel.
Si Aura tient parole (prix dans la gamme de quelques millions d’euros par unité), le pari sera gagnant (facteur 10 par rapport à un MQ-9). Je mets tout de même un point d’inquiétude sur leur revendication à obtenir une certification EASA (vu que pour l’instant c’est un sujet compliqué mais Thales est bien avancé sur ce sujet).
D’un point de vue français, si effectivement on s’arrête au segment ISR, cela sera une erreur, une fois les premiers retours d’expériences collectés, il faudra attaquer une version « v2 » avec de l’armement pour action planifiée ou opportuniste afin de coller au MQ-9 en terme de capacité. Cela allège la pression sur la chasse et l’ALAT dans des environnements assymétriques. Pour les missions haut de spectre cela sera le rôle des UCAV type Neuron.
Votre commentaire me fait tout à fait penser à que l’on a lu, entendu et vu sur le CAESAR à son lancement: rien de nouveau, peu techno, pâle copie (en moins bien) de X,… sauf que le prix, la bonne exécution de la production, la robustesse, la facilité d’emploi, l’ITAR FREE et une solide ingénieurie tube/obus ont fait taire toutes ces critiques (enfin surtout les ventes exports).
« Pourquoi Germanium ??  » Il y en a un qui va encore se rengorger! Fait partie de ce qu’on nomme les « terres rares »!
https://en.wikipedia.org/wiki/Germanium
Est ce qu’on sait quel drone l’armée de l’air va choisir? j’en vois beaucoup circuler mais pas trop d’info sur un choix potentiel
17 mètres d’envergure, c’est pas rien…
Ils devraient penser à lui placer des ailes repliables en partie, comme le F18SH des PA américains. Certes les mécanismes électriques servant à replier les ailes l’alourdirait, mais ainsi, inutile de lui fabriquer des hangars sur mesures, d’une part, et cela permet de les stationner en bord de pistes sans prendre une trop grande place. Et vu sa vitesse, il ne dépassera certainement pas les 7G limite qu’acceptent les ailes du F18SH.
Par contre, pour ce qui est de ses formes, elles rappellent le MQ-9, mais, dans ce segment de 55 heures de vol, il n’y a pas trop le choix.
Celui de TG qui est plus près d’un avion de tourisme, vole moins longtemps.
Précision utile:
– aucun de ces 5 projets n’a volé sans pilote de sécurité à bord
– seuls 3 projets ont volé avec un pilote de sécurité à bord : Turgis, Daher et Driade
Pour l’instant, le projet de Aura Aero communique bcp et n’a rien démontré. Et ils ont du retard par rapport à 3 de leur concurrents.
Je maintiens que le passage par pilote à bord est une anerie sans nom aboutissant à la situation suivante: des surcoûts (cellule pour pilote, puis plus de cellule pour gagner à nouveau de la payload disponible), une complexité accrûe dans le développement, donc une perte de temps conséquente… tout ça pour qu’au final tout ce brave monde circule quand même en CAM. Ils n’ont qu’à s’arranger entre la DSAE et la DSAC pour faire une catégorie Specific adapté aux militaires en réutilisant les analyses de risques déjà mise en place par l’EASA. Certains pays européens prennent cette approche.
C’est quand même dingue que la France ait défendue pendant des années la singularité des vols militaires et leur capacité à s’autocertifié (eg sans intervention d’une partie civile, rôle dévolue à la DSAE), maintenue une capacité de controle aérien militaire (DIRCAM) pour tout balancer quand il s’agit de drones.
On arrive à la situation hallucinante dans laquelle on s’auto-bloque (techniquement en générant des surcoût industriel et opérationnellement en rendant les choses anormalement complexes) sans que personne ne nous ai rien imposé (l’EASA n’a pas compétence dans ce domaine)…
Pour AURA , je ne suis pas si inquiet, leurs équipes est plutôt solide et on ne part sur un design ou une typologie de mission « nouvelle ». Ce qui va être clé c’est plutôt la capacité à sortir l’appareil à un coût raisonnable, convenablement équipée en avionique et payload mission, avec les capacités industrielles matures (production mais aussi maintenance).
Quand va-t-on se décider à doter le pays d’un drone de patrouille maritime pour épargner des heures de vol d’Atlantique, Falcon et autres appareils des Douanes et de la Sécurité Civile ?
Avez-vous remarqué à quel point la mention « sans composant d’origine américaine » est devenue un argument de vente?
Et cela me fait penser au cloud de combat du défunt SCAF, dont l’élaboration a été confiée par nos « partenaires » d’outre Rhin à nos « amis » d’outre Atlantique…
Nous ne devons surtout pas nous embarquer dans cette galère.
Oui, je sais ça n’a pas de rapport avec l’article mais ça m’a fait penser à ça.