Thales s’associe à Renault pour produire au moins 1 000 munitions téléopérées Toutatis par mois dès 2027

Pour le ministère des Armées, plutôt que de constituer d’importants stocks de drones ou de munitions téléopérées susceptibles d’être rapidement dépassés sur le plan technologique, il est préférable de pouvoir s’appuyer sur des capacités industrielles suffisamment robustes pour produire massivement des effecteurs dernier cri au moment où il risque d’en avoir besoin. D’où son appel au secteur manufacturier civil.
C’est ainsi que, d’abord hésitant, le constructeur automobile Renault a fini par se ranger au côté de la PME Turgis Gaillard pour produire à grande échelle le drone d’attaque à très longue portée [3 000 km] Chorus, dans le cadre d’un marché notifié par la Direction générale de l’armement [DGA]. Puis, il s’est associé avec Arquus [ex-Renault Trucks Defense, désormais filiale du groupe belge John Cockerill Defense] pour développer un robot terrestre [UGV] de la taille d’une «petite voiture citadine », comme la R5.
Mais, visiblement, Renault a désormais décidé d’aller encore plus loin après avoir noué un partenariat avec Thales. Dans le cadre de celui-ci, il a dévoilé le 4Troop, un prototype de «véhicule civil multirôle» [VCMR] tout-terrain et à motorisation hybride afin de répondre aux «nouveaux besoins opérationnels des forces terrestres». Grâce à ses systèmes électroniques embarqués [capteurs, liaisons tactiques, etc.] et à sa capacité à traiter de grands volumes de données, il facilitera, entre autres, la mise en Å“uvre de drones aériens et d’UGV.
Ce partenariat ne se limitera pas au «4Troop» car, le 16 juin, Renault et Thales ont annoncé leur intention d’unir leurs forces pour développer et produire à grande échelle la munition téléopérée «Toutatis».
«Ce partenariat stratégique conjugue l’excellence technologique de Thales dans la défense à l’expertise de Renault Group en matière de conception industrielle, afin de bâtir une filière souveraine de drone, agile et compétitive, répondant pleinement aux enjeux de l’économie de guerre», ont fait valoir les deux industriels.
Développée sur fonds propres par Thales, la munition téléopérée «Toutatis» a été dévoilée lors de l’édition 2023 du salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget. Elle a depuis évolué.
D’une portée de 30 km et affichant une autonomie de 30 minutes, Toutatis est dotée d’une charge militaire interchangeable selon l’effet recherché [destruction de blindés légers ou de chars lourds]. Pouvant évoluer au sein d’un essaim et résiliente face au brouillage électronique, elle peut être déployée par un fantassin, lancée depuis un véhicule ou larguée par aéronef.
«Avec une vitesse d’attaque dépassant 150 km/h, Toutatis assure une intervention rapide et efficace. Son lanceur pneumatique léger, ses ailes repliables et une envergure de moins de 1 m facilitent le transport et la discrétion, tout en optimisant la flexibilité opérationnelle», précise Thales.
L’objectif du partenariat «stratégique» noué entre Thales et Renault est de produire au moins 1 000 exemplaires par mois, à partir de 2027. Et cela afin de garantir à «la France un approvisionnement sécurisé et résilient en munitions qui répond aux nouveaux besoins opérationnels et stratégiques des forces armées et à un enjeu de compétitivité.»
«Ce partenariat avec Renault Group constitue une étape importante pour le renforcement de capacités souveraines, massives et au meilleur niveau mondial dans le domaine des drones. En associant l’excellence de Thales dans les hautes technologies à la puissance industrielle de Renault Group, ce partenariat répond aux besoins des forces armées et aux exigences de l’économie de guerre», a fait valoir Patrice Caine, le PDG de Thales.
Seulement, le ministère des Armées n’a passé aucune commande de munitions téléopérées «Toutatis». Reste à voir s’il sera sensible à la démarche de Renault et Thales. Mais les deux industriels ne visent pas spécialement le marché français. «Nous voyons des besoins importants en volume et surtout assez immédiats dans les pays dont le niveau de conflictualité est potentiellement élevé en Europe de l’Est», a en effet expliqué M. Caine au quotidien Les Échos.
Photo : Thales





1000 drones par mois. Super! En Ukraine la consommation moyenne quotidienne est de 1000 drones!!!!
Ils sont en guerre.
Oui, mais ça vous a peut-être échappé, mais nous ne sommes pas en guerre…
Et ce contrat est surtout prévu pour créer une filière complète et une chaine qui justement, en cas de tension ou de guerre, pourra être mise en œuvre très rapidement.
« Super! En Ukraine la consommation moyenne quotidienne est de 1000 drones!!!! »Nous sommes en guerre? Il faudrait peut être comparer ce qu’il l’est!
L’Ukraine est un pays qui est en guerre, qui consomme ce qu’elle produit.
La France est un pays en paix, qui ne consomme pas ce qu’elle produit.
La vraie comparaison est donc de savoir ce que produisait l’Ukraine avant la guerre.
Ensuite de comprendre que si un pays comme ça, qui partait de rien (production ) est parvenu à produire massivement des drones en raison de la guerre, qu’est-ce que ça donnerait d’un pays qui aura déjà une production.
Et surtout, les capacités industrielles et d inovation de la France sont tres largement supérieures à celles de l Ukraine.
« ont tres largement supérieures à celles de l Ukraine. » En matière d’innovation ce jour les Moscovites ont pu apprécier à sa juste mesure les capacités ukrainiennes!
Cette munition n’a pas été éprouvée sur le champ de bataille en Ukraine, ce sera difficile de convaincre les pays d’Europe de l’Est avec un matériel qui n’a pas essuyé les plâtres sur le champ de bataille. Les Allemands eux ont eu quelques déconvenues, ( réparer depuis)
Si on ne vendait que ce qui a été utilisé au combat je ne connais pas de pays qui vendraient grabd chose! Une fois de plus commentaire inepte soirti d’une réflexion creuse!
« Les Allemands  » Ah ben oui, les Allemands mais que serait l’humanité sans les Allemands!
A part la Bavière, vous savez, hein …
Très jolie la Bavière, de plus les habitabts sont plus francophiles qu’ailleurs en Allemagne et ils foibt de la bonne bière quant aux voitures (la marque ayx trois lettres et au symbole de l’hélice en rotation disons que ce n’est plus tout à fait ce que c’était!
Vous aimez aussi la Bavière?
Rassurez-vous cher Kollaborateur, le test de cette munition en condition réelle ne tardera pas, s’il n’est pas déjà en cours. Quant aux déconvenues allemandes qui ont mis fin au mythe de la deutsche Qualität, ce n’est un secret pour personne. Tous les pays ne sont pas obligés d’envoyer leurs ministres à Kiev/Kyiv s’excuser pour l’usure prématurée des tubes de ses canons automoteurs par exemple. Quant aux réparations, j’espère qu’elles ne sont pas toutes comme celles des Leopard, abandonnés en rase campagne faute de possibilité de réparer sur le terrain les sous-systèmes fragiles et complexes de ce char de temps de paix.
Dans tous les cas, s’il y a bien une BITD européenne qui a des retours du terrain réel depuis des décennies, c’est bien celle de la France.
Oulalalala ! …
Attention à ce que vous dites sur les tubes des canons automoteurs allemands en service en Ukraine !
Le Suisse rageux et francophobe va rappliquer pour tenter de vous balancer un Scud !
ça fait penser à un switchblade. pas inutile mais pas très innovant.
« mais pas très innovant. » Il vaut mieux produire une arme peut être plus « rustique » que perdre des années à faire de l’innovation à tout prix, (sans garantie d’efficacité accrue)!
Toutatis est plus légère et beaucoup moins chère.
Les autres caractéristiques sont quasi semblables au Switch là -dessus 300…
Et c’ est français, monsieur !
1000 par mois, ça parait beaucoup comme ça.
Mais quand on sait qu’une usine comme celle de Cléon (celle choisie par Renault) pouvait déjà sortir près d’un million de moteur d’automobile par an en 1970 (jusqu’à 5000 par jour), il y a de la marge.
1000/jour c’est du niveau d’appro « temps de paix » il serait étonnant que la cadence de fabrication n’augmente pas significativement en temps de crise!
10 000 annoncés …
Il y a aussi la CGT…
https://www.20minutes.fr/economie/4229827-20260618-eurosatory-orientation-militaire-renault-denoncee-cgt-apres-annonce-fabrication-drones-guerre
Cela sera pratique le jour où il y aura une guerre, par exemple dans l’Est de l’Europe.
A tester de toute urgence en Ukraine, pour vérifier la validité du concept, et disposer d’un label « combat proven ».
Il est assez incompréhensible, en revanche, qu’on ne prévoit pas de constituer au moins l’équivalent d’un petit stock de quelques milliers d’unités. la philosophie du MinArm est claire : « Pour le ministère des Armées, plutôt que de constituer d’importants stocks de drones ou de munitions téléopérées susceptibles d’être rapidement dépassés sur le plan technologique, il est préférable de pouvoir s’appuyer sur des capacités industrielles suffisamment robustes pour produire massivement des effecteurs dernier cri au moment où il risque d’en avoir besoin  »
Cette philosophie « zéro stock » était pourtant quelque peu passée de mode. On en a mesuré pleinement les effets en 2022, lorsqu’on a subitement découvert que nous étions « à poil » et dans l’incapacité d’apporter une aide militaire significative à l’Ukraine, notamment pour ce qui concernait les munitions (obus de 155mm notamment). Il semble que la leçon n’ait pas été retenue.
En cas de nouveau coup dur, type attaque d’un allié sur le sol européen, on demandera donc à l’adversaire et à nos alliés de bien vouloir avoir la gentillesse d’attendre 2 ou 3 mois, le temps qu’on relance nos usines. C’est brillant. Au passage, il faudra aussi m’expliquer comment les industriels vont maintenir une chaine avec une grande capacité de production (y compris les sous-traitants, les approvisionnements…) s’il n’y a pas de commande ?
La rationalité commanderait de développer les capacités de production ET de constituer progressivement un stock tampon correspondant à quelques mois de consommation dans un conflit de haute intensité (donc plusieurs milliers de MTO), en passant une commande-cadre permettant de faire tourner la chaine de production, même à cadence réduite.
autant je suis de manière générale d’accord avec la critique de la stratégie « zéro stock »… autant, dans le cas particulier des MTO/drones jetables, avoir un énorme stock de matériel rapidement obsolète est assez contre-productif. Disposer d’un stock de roulement et ne pas (trop) regarder à la consommation annuelle, oui. Disposer d’un stock de 100 000 pièces qui seront bonnes à jeter dans 2-5 ans… non.
Le zéro stock n existe pas , c est juste HMX qui raconte n importe quoi. Il préfere inventer que se renseigner.
La stratégie FR, c est un stock initial et un renouvelement continu avec capacités industrielles d augmentation des cadences.
@Pierrot
je parle bien d’un stock tampon. Probablement quelques dizaines de milliers de MTO : c’est nécessaire au vu de la consommation quotidienne dans un conflit de haute intensité. Et ça serait également très utile, si nous devions aider en urgence un pays allié subissant une attaque. Les mots de remplacent pas les munitions. A court terme, zéro stock = zéro moyen d’action
A-t-on idée du coût unitaire?
Il faut demander à Jean-Cul, il sait tout sur tout grâce à Grok [on] qui est son mode de fonctionnement par défaut.
S’ils visent l’Ukraine, ce pays en fabrique plusieurs milliers par jour, pour 400/500 dollars..
je suis pas sûr qu’un tel engin dont le prix doit être à la hauteur de sa qualité, nettement supérieure, puisse les intéresser, car après tout, quelle que soit sa qualité, ce drone fini en chaleur et poussière… comme ceux qui valent 4 ou 500 dollars.
Quel drone de cette catégorie coute 500 dollars en ukraine?
@Dolgan……
Tous ceux que les ukrainiens utilisent tous les jours, à raison de plusieurs milliers, qu’eux-mêmes fabriquent dans leurs caves.
Le tout avec des composants du commerce.
Certes contrairement aux déclarations du sieur Papperger, ça ne sont pas les ménagères ukrainiennes qui les assemblent dans leurs cuisines, mais depuis l’avènement du drone sur le front, plusieurs centaines de gens ont créer des entreprises de création/fabrication de drones, qu’ils soient d’observation/renseignement, ou des munitions télé opérées, leurs prix de vente aux armées n’excède pas 500 dollars, et 15 000 dollars pour ceux parcourants jusqu’à 2000 km, pour frapper directement en Russie.
L’Ukraine a même créé une plateforme, où qui veut peut commander des composants, qui étaient pour la plupart importés, et qui aujourd’hui sont fabriqués et même créés sur place. L’Ukraine est devenu la grande spécialiste de la création/fabrication de drones, d’observation, d’interceptions, et de munitions télé opérées, qui vend ses produits et son expertise, dans le monde entier.
Les Ukrainiens utilisent des dizaines de modèles de drones avec des valeurs très variable.
Vous confondez tout aucun drone de la catégorie du Toutatis ne coute 500 dollars. Vous parlez de fpv et micro drones d observation basiques.
Moving the goalpost comme on dit chez les anglo, on passe de 500 à 500-15K. Je pense pas que ce drone coutera plus que 5k. C’est clairement conçu pour être cheap.
L’Ukraine a un petit avantage sur l’interception, c’est à peu prêt tout, les drones navales sont dev de partout, les drones d’observation, on en utilisait déjà alors que l’Ukraine était encore en mode soviet donc je rigole doucement.
« à quoi ça sert un Rafale à 100 millions, alors que Mathias Rust a infiltré l’espace aérien soviétique et s’est posé sur la Place rouge avec un Cessna 172 à 500 000€ (neuf, en 2026) »
« Si on avait que la Russie comme adversaire le monde serait bien plus simple. »
Pouvez vous nous présenter les capacités d’emport, de survivabilité, du système de navigation et d’attaque du Cessna?
Un grand prix de formule 1, vous comptez le gagner avec une Dacia Sandero, une Twingo électrique?