Transmissions : En attendant IRIS², le ministère des Armées s’assure un accès à la constellation en orbite basse OneWeb

Avec l’essor du combat collaboratif et la robotisation du champ de bataille, il est désormais nécessaire de disposer de moyens spatiaux de télécommunication redondants placés sur une orbite basse [LEO] afin de bénéficier d’un débit plus important et de réduire le temps de latence par rapport aux satellites évoluant sur une orbite géostationnaire, comme les ceux de la constellation Syracuse IV, utilisés actuellement par les forces françaises.

Les États-Unis, comme l’Ukraine, ont recours au réseau satellitaire Starlink, déployé en orbite basse par SpaceX. En mars, la Russie a annoncé le lancement des seize premiers satellites de la constellation «Rassvet». De son côté, la Chine mise sur deux programmes. Le premier, appelé Guowang, vise à mettre en orbite 13 000 satellites pour le compte de l’Armée populaire de libération [APL]. Quant au second, il prévoit d’envoyer un total de 12 000 engins dans le cadre de l’initiative privée Qianfan.

En Europe, détenu en partie par l’État français [29,65 % du capital depuis juillet 2025, ndlr], l’opérateur Eutelsat exploite la constellation OneWeb, laquelle compte environ 650 satellites évoluant en orbite basse, afin de fournir un accès Internet à haut débit partout dans le monde… mais essentiellement pour un usage civil.

Cela étant, l’Union européenne a lancé le programme IRIS², afin de fournir à chacun de ses membres, explique le Centre national d’études spatiales [CNES], un «service digital autonome et souverain», grâce à environ 300 satellites placés sur deux orbites différentes : basse [jusqu’à 2 000 km] et moyenne [comprise entre 2 000 et 35 786 km].

Le coût de ce programme, estimé à plus de 10 milliards d’euros, est financé à hauteur de 2,4 milliards d’euros par la Commission européenne, le reste devant être fourni par les États membres et des acteurs privés. La France s’est engagée pour 300 millions d’euros.

L’objectif est que cette capacité soit prête à l’horizon 2030… Seulement, ces derniers mois, l’Allemagne a été soupçonnée d’être tentée de le remettre en cause ou, du moins, de le compromettre, en voulant faire cavalier seul. En effet, en mars, Berlin a fait part de son intention de confier un programme indépendant d’IRIS² et à vocation militaire, à un groupement industriel composé par OHB, Rheinmetall et Airbus Defence & Space.

En marge du salon de l’aéronautique et de l’espace de Berlin [ILA 26], le 12 juin, dans un entretien accordé à l’AFP, le PDG d’OHB, Marco Fuchs, a assuré que l’Allemagne resterait engagée dans le programme IRIS².

«Je ne partage pas l’idée selon laquelle il devrait y avoir soit IRIS² soit une constellation nationale. Je pense au contraire que les deux approches vont converger», a-t-il dit. Cela étant, a-t-il ajouté, «la Bundeswehr veut un système souverain, autonome, qui soit intégré avec les autres exigences de l’Allemagne dans l’espace. Et IRIS² est un partenariat commercial dirigé par des entreprises privées».

Quoi qu’il en soit, le ministère des Armées n’a pas le temps d’attendre le déploiement de la constellation IRIS², d’autant plus que, comme l’a récemment laissé entendre le général Jérôme Bellanger, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], celui-ci risque de prendre du retard. «J’ose espérer qu’il n’est pas décalé à 2035, parce qu’il reste encore des sujets technologiques et de financement très importants», a-t-il dit, lors d’une audition parlementaire.

Aussi, en juin 2025, la Direction générale de l’armement [DGA] a lancé le projet NEXUS [Neo-Espace pour de multiples usages sécurisés], via un accord-cadre notifié à Eutelsat, afin de «renforcer le modèle des communications spatiales militaires françaises par la mise en place d’un modèle hybride constitué des satellites militaires Syracuse en orbite géostationnaire, complétés par des satellites en orbite basse de la constellation OneWeb». En outre, il vise également à «élever progressivement les niveaux de sécurité et de fonctionnalité» de cette dernière «au fur et à mesure de son renouvellement, afin de s’adapter aux différents cas d’usages militaires.»

Un an plus tard, à l’occasion du salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory, la DGA a enfoncé le clou en notifiant à Eutelsat le marché CENTAURE.

C’est une «étape décisive dans l’intégration de la constellation OneWeb au sein des capacités de télécommunications par satellite [SATCOM] du ministère des Armées. [Ce marché] garantit aux armées un accès exclusif et prioritaire à une fraction des ressources spatiales de la constellation OneWeb», a expliqué la DGA, via un communiqué.

Plus précisément, ces ressources seront gérées par le Commissariat au numérique de la Défense [CND]. Elles donneront aux armées un «débit minimum garanti sur des zones géographiques stratégiques». «Ce segment de la constellation» OneWeb «fonctionne comme une extension directe des moyens SATCOM des armées», complète la DGA… qui, visiblement, anticipe un éventuel retard important d’IRIS² puisque, doté d’un plafond maximal de 350 millions d’euros, le marché CENTAURE couvre une période de huit ans. Un premier engagement ferme, d’une valeur de 138 millions d’euros, a été notifié à Eutelsat pour une durée de quatre ans.

Photo : Airbus

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28 contributions

  1. jean luc dit :

    Le programme IRIS2 a déjà 5-6 ans de retard, son budget de 6 milliards passe à 10 milliards, peut-être 12, l’Allemagne attend plus, elle lance son programme purement militaire, j’en ai déjà parlé en 2025 , cela ne date pas de Mars, mais bien avant . quand IRIS2 va arriver sur le marché en 2031-32 techniquement se seras dépasser je le craint fortement .

    • Abbé Cherèle dit :

      En français, les noms des jours et des mois sont des noms communs. Ils ne reçoivent donc pas de majuscule lorsqu’ils ne sont pas le premier mot d’une phrase.
      Au mois de mars.

      Avec une majuscule, « Mars » est un dieu Romain, une planète, une commune de la Loire, un patronyme ou une barre chocolatée, entre autres nombreux noms propres :
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Mars

      Cela ne date pas de mars, mais de bien avant.

    • Abbé Cherèle dit :

      Un dieu romain, sans majuscule à « romain », en dépit de l’intervention malencontreuse de ce satané « correcteur » automatique.

    • Relisez-vous SVP dit :

      L’Allemagne N’attend plus.
      Cela ne date pas de mars.
      Techniquement Ce serA dépassÉ. Je le crainS.

  2. Magic38 dit :

    pas mal de contrats signés récemment. Et on se débarrasse aussi de beaucoup de programmes européens encombrants. Très positif tout ça. Ça n’efface pas le retard pris et l’argent gaspillé mais au moins désormais le gouvernement semble avoir pris la mesure des enjeux et du fait qu’il ne faut plus perdre de temps.
    Maintenant il faut que le financement pour tout ça soit sécurisé…

  3. lecoq dit :

    encore les allemands, voulant re-inventer la roue, au lieu de partager, s’accaparer a coup de milliards ce que les autres ont déjà développés, meme quand l’europe identifie le besoin et amorce les fonds pour un grand projet commun …

    ca craint pour l’avenir, et me rappelle des temps sombres

    • jean luc dit :

      Le programme allemand est purement militaire, Iris 2 est commercial. L’Allemagne reste dans IRIS2 avec OHB, deutchtelekom , mais elle veut un programme national avec la souveraineté nationale, les militaires refusant de dépendre des Américains ou des Européens. La leçon de Starlink a porté, les Américains ont coupé Starlink aux Ukrainiens, et leur ont fait perdre une bataille. si la France veut couper IRIS2, l’Allemagne a son propre réseau pour les militaires, en plus la France pourrait aussi en profiter,il y as des accords de coopération .

      • vrai_chasseur dit :

        IRIS2 n’est pas commercial. C’est une initiative européenne -et non pas française- à laquelle la France participe et dont le but premier est la communication sécurisée et souveraine au bénéfice de tous les états membres.
        Aucun état membre ne détient une quelconque clé de blocage.
        C’est donc un réseau sécurisé à usage diplomatique et militaire entre membres UE, dont les capacités pourront être également vendues à des applications civiles, exactement comme le Starlink de E.Musk.

        Cette initiative allemande de faire un réseau similaire purement allemand est très mal vue de plusieurs pays européens, ainsi que des députés européens : selon eux elle va introduire des cacophonies, des doublons et des surcoûts, ce qui affaiblira la capacité de défense commune de l’UE.
        Ils n’ont pas tort.
        L’Allemagne prend actuellement des initiatives fébriles, inconséquentes et très mal préparées pour tenter de rattraper à grands coups de pagaie impérieux le cours de son important retard en matière de défense, marqué par 30 ans de sous-investissement.
        On ne se prépare pas à la guerre en lançant des seaux de billets de banque à son industrie mais en construisant des capacités bien préparées et des alliances avec des pays clés qui fonctionnent de manière fluide et efficace.

        • jean luc dit :

          le problème est que les satellites sont assemblés en Belgique, sans que les services de renseignement puissent contrôler et certifier la sûreté des communications. Les fameuses blak door ou porte noire, l’Allemagne rattrappe son retard et cela ne plaît pas à tout le monde .

          • Math dit :

            Tu racontes bêtises sur bêtises. Sans même t’en rendre compte. Et c’est surtout une démonstration en live que en vrai, tu ne sais absolument pas de quoi tu parles et ça jette le discrédit sur toutes tes autres contributions.

      • Mappemonde dit :

        Deutsch Telekom.

        Depuis le temps que vous dites vivre en Allemagne, vous devriez quand même savoir que « Deutsch » et « Deutschland  » comportent un « s ».

      • Roland DESPARTE dit :

        Bonjour @jean luc,
        IRIS² n’est en aucun cas un programme commercial ! (Contrairement à Starlink ou Kuiper)
        Comme l’expose justement Laurent Lagneau, IRIS² est un programme de l’UE qui doit (ou devait ?) fournir à chacun de ses membres un «service digital autonome et SOUVERAIN».
        Son objet premier est d’assurer un moyen de communication fiable à l’ensemble des États membres, indispensable en cas de défaillance des réseaux terrestres. Soit un service de télécommunication autonome et souverain, en cas de catastrophe naturelle, cyberattaque ou guerre. Grâce à IRIS² et GOVSATCOM, les États européens, services gouvernementaux, militaires et secours pourront communiquer sans dépendre de puissances extérieures.
        Vous dites : « si la France veut couper IRIS2 », mais IRIS² n’est en aucun cas sous contrôle de la France ! Le programme permet à chaque État d’être SOUVERAIN.
        https://cnes.fr/dossiers/iris2-future-constellation-made-europe
        https://www.euspa.europa.eu/eu-space-programme/secure-satcom/govsatcom
        Et, encore une fois, l’Allemagne est sortie des accords pour faire cavalier seul…
        La France réplique donc en créant aussi ses propres capacités.

      • LS dit :

        Ah ?
        IRIS2 est Français ? Je viens d’apprendre quelque chose.
        Non, la France ne peut pas « couper » IRIS2. Je doute que quiconque puisse le faire d’ailleurs à moins que l’état (sanctionné ?) sorte de l’UE.

      • Huon dit :

        « si la France veut couper IRIS2 »

        On peut bien sûr jouer à se faire peur, s’inventer des films, mais je vous trouve petit joueur sur le coup.

        Allons y franco, que diable ! Allez, je lance et je vous laisse continuer :

        « Si la France veut miner les bouches du Rhin… »

        « Si la France veut assassiner le chancelier Merz… »

        « Si la France veut vitrifier Berlin… »

      • Vortex dit :

        Tssssss…
        @jean-luc ( en mode dépité… )
        Encore et toujours des conneries…
        IRIS 2 n’est pas commercial, et n’est pas français, mais européen, auquel participe aussi l’Allemagne. La France ne pourra donc pas lui couper l’accès…
        Tu dis encore n’importe quoi !
        En fait, en lançant un programme national, les Allemands montrent un certain repli sur eux même, et surtout essayent de rattraper l’immense retard qu’ils connaissent dans certains domaines, dont le spatial.

    • Diacritique dit :

      Réinventer, à coups de, même, ça craint.

  4. ji_louis dit :

    Commander, c’est prévoir…

  5. antares78 dit :

    « Seulement, ces derniers mois, l’Allemagne a été soupçonnée d’être tentée de le remettre en cause ou, du moins, de le compromettre, en voulant faire cavalier seul. En effet, en mars, Berlin a fait part de son intention de confier un programme indépendant d’IRIS² et à vocation militaire, à un groupement industriel composé par OHB, Rheinmetall et Airbus Defence & Space. » Si c’était la France qui avait fait ça, au lieu de parler de le compromettre (basé sur quoi ?), tout le monde aurait crié au « tout fait normal, la France doit être maitresse de ses moyens de défense et ne pas se reposer sur l’Europe ». Mais comme c’est l’Allemagne…

    • Huon dit :

      Pouvez-vous donner des exemples sourcés de ce que vous avancez ?

    • Barba D.Rossa dit :

      Bonjour, pouvez-vous nous citer à quel moment l’Allemagne a été impliquée dans le programme OneWeb et quelle a été sa contribution (technique ou financière) ?
      Merci.

    • JC dit :

      Oui, comme c’est l’Allemagne. On sait qu’elle est capable de nous rejouer le film ! Apparemment, il y en a sur ce site qui n’attendent que cela. Ah, nostalgie d’une époque grandiose.

    • Vortex dit :

      Oui, comme c’est l’Allemagne qui a compromis le Tigre Mk2, le MAWS, le SCAF, le CIFS, et bientôt le MGCS…
      Et voilà qu’elle veut saboter IRIS 2 !
      Tu ne le vois pas ld double jeu allemand !
      Tu es aussi naïf que tes commentaires le montrent ?

  6. Chill dit :

    relisez l histoire récente..

  7. Olivier Fournier dit :

    Très bien. Restons souverains.

  8. jean luc dit :

    je met en ligne les raisons qui poussent les allemands as avoir un réseaux séparer pour ses communication militaires .
    Le problème politique : Le « Schisme » AllemandL’Allemagne mène une politique spatiale militaire de plus en plus indépendante de la France, ce qui fragilise la gouvernance unique d’IRIS².La centralisation industrielle : Berlin critique la mainmise du consortium SpaceRISE (mené par l’alliance Airbus/Thales et l’opérateur SES), estimant que les PME et startups allemandes (le « New Space ») ont été marginalisées au profit des géants historiques français.La peur de la dépendance : Pour sa souveraineté de défense, l’armée allemande (Bundeswehr) craint de ne pas avoir les mains totalement libres sur le segment sol et le contrôle des chiffrements militaires si l’architecture reste centralisée en France.L’alternative souveraine : Plutôt que de dépendre entièrement des 290 satellites d’IRIS², l’Allemagne a massivement augmenté ses budgets pour développer sa propre constellation nationale en s’associant à des acteurs comme Rheinmetall ou ICEYE. L’objectif est d’assurer une maîtrise de bout en bout, de l’usine jusqu’à l’orbite, excluant ainsi tout risque de faille ou d’accès caché non validé par ses propres services de renseignement.

    La souveraineté nationales as un prix

  9. jean luc dit :

    @ vrais_chasseur bonsoir je met en ligne ce qui pousse l’Allemagne as avoir une constellation purement militaire voir ici https://www.google.com/search?q=sateilites+programme+iris+2+pour+quelle+raison+l%27allemagne+veut+son+propre+reseaux+de+comunication+militaire+et+ne+veut+pas+attendre+iris2+&sca_esv=ef8fde4c3e79b740&hl=de&source=hp&ei=M-syatXoM6-Fxc8P5oqV0QQ&iflsig=AFdpzrgAAAAAajL5Qwh51WY3Rikh-uJC2l6TQCcMJeD8&aep=22&udm=50&ved=0ahUKEwiVzp-r946VAxWvQvEDHWZFJUoQteYPCCM&cs=0&oq=sateilites+programme+iris+2+pour+quelle+raison+l%27Allemagne+veut+son+propre+reseaux+de+comunication+militaire++et+ne+veut+pas+attendre+IRIS2+&gs_lp=Egdnd3Mtd2l6IowBc2F0ZWlsaXRlcyBwcm9ncmFtbWUgaXJpcyAyIHBvdXIgcXVlbGxlIHJhaXNvbiBsJ0FsbGVtYWduZSB2ZXV0IHNvbiBwcm9wcmUgcmVzZWF1eCBkZSBjb211bmljYXRpb24gbWlsaXRhaXJlICBldCBuZSB2ZXV0IHBhcyBhdHRlbmRyZSBJUklTMiBI8b4NUMIZWJmXDXACeACQAQCYAaIBoAH5VqoBBTM0LjY4uAEByAEA-AEBmAJPoAKUR6gCCsICChAAGAMYjwEY6gLCAgoQLhgDGI8BGOoCwgIOEAAYgAQYigUYsQMYgwHCAgsQABiABBixAxiDAcICCBAuGIAEGLEDwgIREC4YgAQYsQMYgwEYxwEY0QPCAgsQLhiABBjHARjRA8ICDhAuGIAEGLEDGMcBGNEDwgIREAAYgAQYigUYjQYYsQMYgwHCAg4QLhiABBiKBRixAxiDAcICCBAAGIAEGLEDwgIFEC4YgATCAgUQABiABMICCxAAGIAEGIoFGLEDwgILEC4YgAQYxwEYrwHCAgcQLhiABBgKwgIMEC4YgAQYChgLGLEDwgIHEAAYgAQYCsICDBAAGIAEGAoYCxixA8ICCRAAGIAEGAoYC8ICCRAuGIAEGAoYC8ICChAAGIAEGA0YsQPCAgcQABiABBgNwgIHEC4YgAQYDcICCRAAGIAEGA0YCsICBhAAGB4YDcICCBAAGAUYHhgNwgIIEAAYCBgeGA3CAgUQABjvBcICBxAhGAoYoAHCAggQABiJBRiiBMICBBAhGBXCAggQABiABBiiBJgDDPEFQ5dpZzRq07mSBwUxNy42MqAH8eIDsgcFMTUuNjK4B_9GwgcJNy40MS4zMC4xyAe_AYAIAQ&sclient=gws-wiz&mstk=AUtExfAdoCwEf6orhwXrReepU-6PxwxvYGU3kG5qIzbq9tJPQyIqTZ3xocLO06cKZuK99BtulN09iltKOgeJM-GIbM8r4P-OzECzzaO6-ma8i6vo8W8Oap33hQNfbcbNE8SHZGyraZAYP_MCjyIg4wQB3ixiWdWTCUj5QFY&csuir=1

    Les retards des programmes spatiaux IRIS (imagerie française) et IRIS² (télécoms européens) s’expliquent par des raisons distinctes, de nature industrielle et financière.1. Le programme français IRIS (Satellites espions EHRmin / EHRmax)Pourquoi ce retard ?L’effet domino du satellite précédent (CSO-3) : Le lancement de CSO-3 (le dernier satellite de la génération actuelle) a été considérablement retardé par les crises géopolitiques et les déboires des lanceurs européens (Ariane 6). Son lancement n’ayant eu lieu qu’au début de l’année 2025, tout le calendrier de développement de son successeur, IRIS, a été mécaniquement décalé.Arbitrages budgétaires de la LPM : Lors de la révision à mi-parcours de la Loi de Programmation Militaire (LPM) 2024-2030, les crédits de paiement du renseignement spatial ont été réétalés. La priorité financière à court terme a été donnée à d’autres urgences (munitions, drones, aide à l’Ukraine).Pour quand ?Horizon 2032 – 2035 : Initialement prévu pour un premier tir en 2030, l’armée française (par la voix du général Fabien Mandon en mai 2026) a confirmé que le programme IRIS subissait d’importants décalages. L’entrée en service opérationnel complet est désormais repoussée au-delà de la décennie, vers le début des années 2030.2. Le programme européen IRIS² (Constellation Télécom / Internet sécurisé)Il est important de mentionner également ce projet, car il fait face à une crise de calendrier majeure en ce moment.Pourquoi ce retard ?Explosion des coûts : Le budget estimé de la constellation est passé de 6 milliards d’euros à plus de 10, voire 12 milliards d’euros, créant de vives tensions sur le financement.Tensions politiques (France / Allemagne) : L’Allemagne a critiqué le projet (qu’elle juge trop taillé pour le consortium industriel français mené par Airbus et Thales) et a menacé de développer parallèlement son propre système militaire national (Satcom-Bw-4).Complexité des contrats : La signature du grand contrat d’attribution de la Commission européenne a accumulé plus de deux ans de retard en raison des négociations industrielles.Pour quand ?2030 – 2031 au plus tôt : Alors que l’Europe espérait un déploiement dès 2027, les militaires français et européens actent désormais qu’IRIS² ne sera pas en orbite avant 2030 ou 2031.Solution d’attente : Pour compenser ce trou capacitaire, le ministère français des Armées a dû signer en urgence le contrat CENTAURE (350 millions d’euros sur 8 ans) pour louer des capacités à la constellation privée anglo-française OneWeb. EN PLUS, L’ALLEMAGNE VEUT S’ÉMANCIPER DE LA DÉPENDANCE DE LA FRANCE ET DES USA EN MATIÈRE SPATIALE IL Y AS UNE URGENCE MILITAIRE EN RAISON DES TENSIONS AVEC LES RUSSES

  10. mitridate dit :

    Allemagne qui fait cavalier seul.  » Comme d’hab » desormais. Pauvre UE