Le ministère des Armées a commandé à MBDA le développement du missile à capacité nucléaire ASN4G

Bien qu’ayant fait l’objet d’études préliminaires dès les années 1990, le projet de missile Air-Sol Nucléaire de 4e Génération [ASN4G], censé remplacer l’ASMPA-R, actuellement mis en œuvre par les Forces aériennes stratégiques [FAS] et la Force aéronavale nucléaire [FANu], fut évoqué pour la première fois par le général Denis Mercier, alors chef d’état-major de l’armée de l’Air, lors d’une audition à l’Assemblée nationale.

À l’époque, les paramètres de ce projet restaient encore à arbitrer. Deux options étaient envisagées : l’une mettait l’accent sur la furtivité tandis que l’autre privilégiait l’hypervélocité. Dans un cas comme dans l’autre, cela nécessitait de relever des défis technologiques de taille.

La «stratégie de pénétration des défenses adverses par des missiles à vitesses hypersoniques reste un défi scientifique et technologique majeur», nécessitant de mobiliser un «très grand nombre de disciplines» comme l’aérodynamique, la propulsion, l’architecture du vecteur, son contrôle et son pilotage, avait alors expliqué l’Office national d’études et de recherches aérospatiales [ONERA], dans son plan stratégique 2015-25. Même chose pour la furtivité, laquelle «exige des matériaux avec des caractéristiques pérennes et compatibles avec la sévérité des environnements subis mais aussi des systèmes de préparation de mission optimisés pour la réactivité et la pénétration maximisée des défenses», avait-il ajouté.

Quoi qu’il en soit, l’ONERA et MBDA explorèrent les deux options, via les plans d’études amont [PEA] Camosis [missile à statoréacteur furtif] et Prométhée [missile hypersonique]. Finalement, c’est la seconde qui a été retenue.

«Il apparaît que la très haute performance en vitesse et en manœuvre est la meilleure méthode pour parvenir à être détecté le plus tardivement possible, et compliquer la tâche de suivi d’un radar, voire, d’accrochage, et, enfin, à désorganiser une attaque d’un missile antimissile», avait en effet expliqué MBDA, en 2023.

Il s’agissait aussi de faire «fructifier», en quelque sorte, les travaux sur la propulsion hypersonique militaire menés par l’ONERA dès la fin des années 1990, ceux-ci ayant permis, notamment, de faire «monter en maturité les technologies du statoréacteur mixte», c’est-à-dire d’un moteur pouvant effectuer successivement une combustion subsonique et supersonique.

«L’accès aux plus hautes vitesses a nécessité un investissement considérable dans les moyens d’essais [banc de combustion, souffleries] et les codes de calcul, l’ONERA étant le garant de leur maintien au meilleur niveau de l’état de l’art pour fiabiliser les évaluations de performances dans tous les domaines», fit-il d’ailleurs récemment valoir.

Alors qu’il a fait du développement du Rafale F5 une priorité, justement pour disposer d’une plateforme capable d’emporter le successeur de l’ASMPA-R, le ministère des Armées a notifié, le 2 juin, l’accord cadre de réalisation et le marché de développement de l’ASN4G à MBDA.

«Sa mise en service interviendra à l’horizon 2035. Il sera mis en œuvre à la fois par les Forces Aériennes Stratégiques et par la Force Aéronavale Nucléaire. Il sera emporté par le Rafale F5», a précisé la Direction générale de l’armement [DGA], via un communiqué publié ce 11 juin.

«Les performances de l’ASN4G, et notamment son hypervélocité, permettront de maintenir la crédibilité de la dissuasion aéroportée face à l’évolution des menaces», a encore souligné la DGA. «En rupture technologique avec les systèmes précédents, l’ASN4G repose sur un savoir-faire technologique et industriel que peu de pays au monde possèdent», a-t-elle conclu.

Photo : Vol du démonstrateur technologique THEMIS / DGA

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67 contributions

  1. jean luc dit :

    beaucoup de blabla , pour pas grand choses , combien va coûter ce programme ?

    • Général Ludd dit :

      C’est vrai que là vous ne pouvez pas nous faire un cour sur comment les allemands font bien mieux, puisque c’est le néant complet dans ce domaine…
      Parfois il faudrait avoir une petite réflexion avant de pondre un message complétement pathetique et inutile juste parceque vous n’avez pas l’occasion de vous défouler en usant vôtre pays fétiche.

    • Slasher dit :

      Rage pas.

    • Huon dit :

      Vous avez raison Jean-Luc, la dissuasion nucléaire ça ne sert à rien, la preuve : la divine RFA n’en a pas. Pour le même prix, nous devrions plutôt acheter des F35. Et puis du gaz russe. Et des chaussettes avec sandales assorties. Les Allemands sont tellement plus avisés que nous en toutes choses. En plus, ils sont beaux et ils savent chanter.

    • Thomas dit :

      Moins cher que les produits US rebadgés par votre patrie d’adoption, qui en terme de blabla, notamment sur la 6gen, dépasse de très loin les annonces de la DGA.
      A chacune de vos interventions, vous semblez concentrer le pire des deux rives du Rhin en une seul personne, ce qui n’est pas un mince exploit

    • Singulier dit :

      Pour pas grand chose.

    • lym dit :

      Le blabla c’est chez les schpountz, Jean Cul, vous confondez…

    • James dit :

      Et alors? C’est pour l’évolution technologique d’une composante de notre dissuasion

    • Khops dit :

      Notre prospect teuton Rheinmetall n’est pas content de voir la France progresser. Étonnant !

    • Gaulois78 dit :

      Suffisamment pour que l’on tienne le Grizzly Teutonique à distance..
      De toute façon c’est moi Nicolas qui paie et je suis d’accord..

    • E-Faystos dit :

      de l’argent, ça s’imprime.
      La paix, ça ne se monnaie pas.
      Mais préparer la pais avec les armes du futur, ça demande des capacités de visio s à long terme qui doivent s’affranchir du court terme politique et financier.
      donc le quoi qu’il en coûte est la bonne vision, car un pays a toujours une armée sur son sol. et si c’est pas la sienne…

    • Rfire dit :

      Le prix de la paix par la sanctuarisation de notre territoire quand d’autres pays doivent lécher le cul des US, sont ckntraints de leur acheter des F35 pour pouvoir utiliser des bombes nuc sur autorisation de Washington…

    • Zaratoustra dit :

      Jalouss !
      Trop souvent ici, retourne sur Geraden aus, bitte !

    • Frit1belge dit :

      Comme tous vos postes beaucoup de blabla. Et intervenir de manière constructive pour un trole ce n’est pas possible.
      Ce missile est une garantie pour notre sécurité. Dans 20 ans, que sera devenue l’Allemagne avec son extrême droite nostalgique de son passé de « lève la patte » qu’aucune autre extrême droite européenne ne veut fréquenter ?
      En ce qui concerne les investissement et financement de RD ils profiteront à d’autres programme.

    • Jack dit :

      « beaucoup de blabla , pour pas grand chose »… Un peu comme vos commentaires, non 🙂 ?
      .
      Plus sérieusement, vous pensiez que les caractéristiques du futur ASN4G seraient détaillées sur le net ?

    • jibet dit :

      C’est le prix de votre liberté.
      Enfin, votre liberté, c’est si vraiment vous étiez un ressortissant français.
      Vu vos derniers POSTS, j’ai comme un gros doute.
      J’opterais pour un pro-américain car souvent vous ne maitrisez pas le voussoiement !
      Et il est vrai que ce ne serait pas la premiere fois que le gouvernement américain soit opposé au fait que la france soit autonome en matiere d’armement nucléaire (genre les pressions de Reagan sur Mitterand par exemple !)
      https://www.youtube.com/shorts/m01SZ_BR1rI

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « beaucoup de blabla , pour pas grand choses , » Expression d’une jalousie maladive parce que la France est capable de le faire à la différence de la « grande » Allemagne? La dissuasion nucléaire initié au temps du général de Gaulle ……pas grand chose, on constate aisément votre méconnaissance abyssale en matière de défense nationale, faire la retape pour l’Allemagne ne cache pas votre ignorance crasse!
      « combien va coûter ce programme ? » Qu est ce que cela peut vous faire, vous devez payer vos impôts en Allemagne, non?

    • Vortex dit :

      Et oui jean-luc, avec cet ASN4G, encore une capacité unique en Europe …
      Ça te fait chier, hein ?

  2. Yvon dit :

    C’est une heureuse décision dans la perspective de renforcer notre force de dissuasion nucléaire. Cette force nucléaire étant notre meilleure garantie de sécurité, laquelle est enviée par bien des pays européens qui sentent que le désengagement des américains les laissent seuls. Les achats précipités et massifs d’armements classiques (auprès des américains la plupart du temps …) par les pays non-nucléaires traduisent plus le désarroi que la réalité d’une doctrine.

    • jean luc dit :

      la doctrine de l#Allemagne c’est d’avoir une dissuasion conventionnelle , et de fabrique nationalement quand celas est possible . mais ici en Allemagne la discutions sur avoir des armes atomique c’est plus un tabou .
      En analysant la part des armes sous l’angle strict des pourcentages, les données de référence du SIPRI et du Parlement allemand mettent en lumière deux chiffres clés :1. La part américaine dans les futurs contrats de l’Allemagne : 8 %Dans le cadre de son plan de réarmement à court terme (portant sur la période allant jusqu’à fin 2026), l’Allemagne a choisi de recentrer massivement ses achats sur l’industrie européenne :8 % seulement de la valeur totale du catalogue d’achats militaires majeurs de Berlin (soit environ 6,8 milliards d’euros sur un budget de près de 83 milliards d’euros) sont officiellement attribués à des fournisseurs américains.92 % du budget restant sont ainsi fléchés vers des constructeurs européens comme Rheinmetall ou KNDS pour des véhicules blindés et des avions Eurofighter .
      Pour 2027 on prépare une commande de 49milliard d’e pour 8500blindé á roue. les usine sont en plein aménagement . pour les autres pays c’est autre histoire .

      • Khops dit :

        « On prépare » ? Vous êtes teuton maintenant ? Fini le discours, je suis français?

      • nim dit :

        Le contrat est attribué à un industriel allemand bien en cour, qui sous traite à l’étranger ou achète des licences de production. Heureusement pas systématiquement mais le 92% c’est de la fumisterie c’est la répartition de premier rang pas la répartition en valeur ou en maîtrise du résultat.

        Maîtriser une techno ça demande plus d’efforts que monnayer son accès à un gouvernement qui veut afficher des achats nationaux sans trop vérifier ce qu’il achète réellement. On voit qui a le contrôle quand on a besoin d’utiliser l’achat et une interdiction tombe de l’étranger.

        Après les errements des autres n’excusent pas les siens.

      • Fralipolipi dit :

        @Johan Lukas
        « la doctrine de l’Allemagne c’est d’avoir une dissuasion conventionnelle »
        … Non, la doctrine des Allemands, comme celle de qques autres pays européens dans l’OTAN, c’est de rester le caniche des US,
        et d’acheter des F35 pour continuer à avoir la permission de transporter des bombes nucléaires US B61 … des bombes « gravitaires », donc presque de l’age des dinausores 😉
        .
        Mais bon, dormez bien sur vos Actions Rheinmetall mon Johann … les USA veillent sur vous ……. ou pas 😀

      • Vortex dit :

        Pffff ! Beaucoup de blabla pour pas grand-chose…

      • Pascal, (l'autre) dit :

        « c’est d’avoir une dissuasion conventionnelle , » C’est un nouveau concept?
        « et de fabrique nationalement quand celas est possible . » Ce que vous reprochez à la France!
        « mettent en lumière deux chiffres clés :1. La part américaine dans les futurs contrats de l’Allemagne : 8 %Dans le cadre de son plan de réarmement à court terme » Avant ou après l’acquisition de F 35?
        « vers des constructeurs européens comme Rheinmetall ou KNDS pour des véhicules blindés et des avions Eurofighter . » Oui, alemands! Je saius bien qu’en Allemagne certains rêvent d’un nouveau « grand Reich » mais désolé, l’Allemagne ce n’est pas l’U.E. !
        « Pour 2027 on prépare une commande de 49milliard d’e pour 8500blindé á roue. les usine sont en plein aménagement » Vous êtes dans les mêmes éléments de langage qu’un bloggeur qui ne cesse de vanter les extraordinaires programmes d’armement de son pays……….en clair « vous allez voiir ce que vous allez voir! »

      • jean dit :

        L’Allemagne a signé le TNP, ce sera compliqué pour elle de développer et de disposer de ses propres armes nucléaires.

      • Huon dit :

        « soit environ 6,8 milliards d’euros sur un budget de près de 83 milliards d’euros »

        Vous êtes en train de comparer le total des acquisitions de matériel américain avec le budget total de l’armée allemande.

        Cette comparaison n’a aucun sens. Il faut comparer les 6,8 milliards au budget d’acquisition de matériel.

    • rainbowknight dit :

      Bien sûr et pour remettre un peu d’ordre et d’espoir , laissons les pays « capables  » se doter eux-aussi d’une force de dissuasion ainsi ils ne seront plus envieux……
      Naturellement la France se réjouira de voir Allemagne, Italie, Espagne et d’autres pays européens acquérir au fil du temps un « outil » coûteux mais particulièrement utile quand il s’agit de faire entendre sa voix dans le concert des Nations….
      Je ne comprends pas cet acharnement auquel s’arc-boute la France pour limiter la prolifération nucléaire …. quelles sont ses craintes ?
      Cessons d’entraver la « liberté  » des peuples et laissons tous ceux qui le souhaitent devenir puissance nucléaire.
      Un point qui ne vous aura pas échappé : Israël et USA sont farouchement opposés à voir l’Iran se doter de la « bombinette » , une idée à laquelle la France se joint…. pourquoi ?

      Parce que la France ne peut pas vivre pleinement en autarcie, parce que son destin est lié à l’UE, il lui faut assumer sa puissance et son rang.
      Pour cela elle doit avoir un discours limpide, sans ambiguïté pour espérer un jour voir des pays de l’Union apporter une quote-part au programme nucléaire français.
      Une France protectrice mais pas dominatrice c’est peut-être cela qu’attendent nos voisins pour souscrire à l’ assurance-vie européenne…. à l’inverse du « protecteur » américain qui se comporte maintenant comme un Mc/maque  » j’ te protège ma Belle mais faut payer… »

  3. Yann490 dit :

    Bonjour, j’ai pas bien saisi le cours des développements de ce missile. Tout débute dans les années 90 jusqu’à aujourd’hui. Uniquement pour rendre mâture des briques technologiques ? Soit presque 40 ans… Puis d’aujourd’hui jusqu’à 2035, assembler et rendre compatibles ces briques, pour finaliser un missile ? On taquine les 50 ans de recherche… Saura t-on un jour, ce que cela aura coûté ?

    • ji_louis dit :

      Les armées, leur soutien, leurs armements sont une assurance-vie pour le pays qui coûte toujours moins qu’une guerre amputant le territoire national. Combien auraient coûté d’avoir plus de chars, d’avions, de radios et de meilleures doctrines d’emploi par rapport au coût de la défaite de 1940 ?

      Par ailleurs, les technologies découvertes par ces études sont en partie réemployables dans le civil (réacteurs et aérodynamique d’avions, métallurgie, navigation à hautes vitesses, plasmas, etc).

    • Math dit :

      Pas vraiment l’enjeu. La vrai question est quand pourrait-on avoir ce missile. On espérait 2030, ce sera 2035. Et il ne sera pas de trop pour percer le S400 et S500.

      • Pascal, (l'autre) dit :

        « le S400 et S500. » Mais oui, des systèmes très….. »efficaces »! Y a pas on en lit des c…….. sur ce blog!

        • Louis XVI dit :

          @Pascal,(l’autre). Ils le sont…Demandez donc aux Indiens ou même aux Ukrainiens ( ceux sur le terrain, pas nos experts propagandistes de plateaux façon XT…)…

    • Antikraut dit :

      Les technologies développées et l’accumulation des savoirs acquis durant ces années fans différents domaines,ne s’arrêtent évidemment pas au seul bénéfice de ce missile et cela n’a pas de prix.

    • wagdoox dit :

      Il y a rien à comprendre, la fin de la guerre froide.
      L’avangard russe était un project des années 1980 mit en pause durant la guerre froide, le V max pareil, le missile de croisière a réacteur hyper aussi.
      Le premier stato au monde à passer mach 5 était français en 1964, donc bien plus que 50 ans.
      Mais le développement s’arrête absolument pas là, il faut pouvoir resister au chaleur (plus le missile vol bas plus la friction est importante mais plus il échappe aux radar), il faut voir la consommation.
      Et meme le guidage, les zircon ont tendance à repasser sous mach 5 en fin de cours, ca prouve que les russes ont prit des raccourcies.
      Et non on parle pas d’un simple missile à super stato mais d’un réacteur mixte stato et super stato, permettant une allonge beaucoup plus important et des profils de vol très optimisés en fonction de la cible.

    • Diacritique dit :

      Pour rendre la mâture il faut déjà la voler. Pas très discret de démonter les mâts des bateaux dans les ports…
      Ce type de comportement serait révélateur d’une personnalité assez peu mature.

      • Huon dit :

        Vous vouliez dire une personnalité pas très mûre ? Or maybe, a not very mature personnality ?

    • LaMeuse dit :

      Ce genre de question n’a pas de sens, il s’agit dans la durée d’investir dans la RD de pointe sur des axes de recherche. Derrière, on produit ou pas.

      Et un missile nucléaire doit valoir 1€ dans les comptes de l’Etat, comme la Joconde.

      Certain sujets échappent aux règles économiques générales.

      NB : Espérons que l’ONERA ne fait pas partie des agence et offices, bijoux de famille, à vendre en 2027 pour faire rentrer des liquidités !

    • nim dit :

      C’est pas la peine de partir en production quand les autres ne partent pas en production, les SCALP (dont la production neuve a été arrêtée en France il y a 15 ans) ont très bien fait l’affaire face à du matos Russe encore plus ancien. On continue les études pour rester à la pointe et on économise les usines qui ne serviraient à rien.

      La difficulté c’est quand les adversaires potentiels recommencent à être actifs, que les stocks de vieux matos s’épuisent, et qu’il faut réapprendre en urgence à convertir les études en lignes de production.

  4. HMX dit :

    Hâte d’en avoir davantage sur ce missile très attendu.

    Les rares infos disponibles évoquent une propulsion par superstatoréacteur (scramjet) permettant au missile d’atteidre une vitesse comprise entre mach 6 et mach 8. Surtout, la principale caractéristique de ce missile devrait être sa grande manoeuvrabilité même à très haute vitesse, rendant son interception très difficile et incertaine par les sytèmes antimissiles. On peut par ailleurs supputer que le missile sera doté d’aides à la pénétration (leurres) pour accroître sa survivabilité. La portée s’établirait entre 1000 et 1500km (selon profil de vol), permettant une grande flexibilité opérationnelle et un tir à distance de sécurité pour le Rafale porteur.

    Il serait particulièrement intéressant de concevoir une version « simplifiée » et à charge conventionnelle de ce missile.

    • jean luc dit :

      la France a toujours fait cette distinction entre nucléaire et conventionnelle et c’est une bonne chose, même si les Russes, par exemple, ne font pas cette distinction, eux, en cas de doute, ils n’hésiteront pas à riposter avec le nucléaire ,avoir le même missile pour les deux usage est un jeux dangereux .

      • Pascal, (l'autre) dit :

        Oui mais grâce à l’Allemagne et sa redoutable dissuasion « conventionelle » nous sommes…..sauvés!

    • ji_louis dit :

      Ces caractéristiques ne sont que des supputations en l’absence de tests d’un effecteur, il ne faut pas confondre projet et réalisation.

      • HMX dit :

        @ji_louis
        je confirme, il ne s’agit à ce stade que de simples hypothèses (provenant essentiellement de forums spécialisés sur internet), et certainement pas d’informations officielles. Je trouve néanmoins ces hypothèses relativement cohérentes et crédibles, ce pourquoi je m’autorise à les partager.

    • rainbowknight dit :

      Inutile d’en dire d’avantage. Il suffit que d’autres pensent que le savoir-faire français est toujours à la pointe du progrès en la matière.
      Que d’autres ancrent dans leur esprit l’idée que la France saurait faire disparaitre quiconque aurait la folie de s’en prendre à elle ou à ses intérêts…
      Quand il n’y a plus de mystère, il y a des certitudes et en matière de dissuasion il ne faut jamais lever le doute chez l’adversaire présumé…

    • vrai_chasseur dit :

      Ce qu’apporte cette propulsion dite mixte, c’est aussi la faculté d’accélérer et de décélérer en vol. L’amplitude va du subsonique à l’hypersonique. C’est le fruit du travail commun ONERA/MBDA.
      La manÅ“uvrabilité, issue traditionnellement de la variation de cap et d’altitude, est ainsi augmentée avec un paramètre supplémentaire, la variation de vitesse.
      Cette combinaison rend l’interception extrêmement ardue.
      On se doute également que de nombreuses avancées technologiques ont été nécessaires : guidage, résistance des matériaux, télécommunications, profils aérodynamiques, commandes de vol…toutes ces avancées majeures auront (ont déjà) de nombreuses applications dans de nombreux autres domaines.

    • G dit :

      Oui c’est tentant… mais même à charge conventionnelle il restera trop cher pour être produit en grandes quantités, et risque de brouiller le signalement stratégique – qui est la principale raison d’être de ce missile, juste en amont de la véritable dissuasion nucléaire par les SNLE.

      • HMX dit :

        @G
        Cette notion de césure entre le conventionnel et le nucléaire est aujourd’hui obsolète. Tout simplement parce que nos principaux partenaires et adversaires potentiels ne respectent plus cette règle : russes, chinois, américains (notamment) disposent tous d’armements et de missiles à vocation délibérément duale : conventionnelle ou nucléaire. Dès lors, nous nous retrouvons à jouer à un jeu selon des règles que plus personne ne respecte autour de la table… Cessons d’être naïfs, adaptons nous à ces nouvelles règles, libérons nous de certains traités internationaux qui ne sont plus respectés par personne. Oui à un « ASN4G conventionnel ». Oui à un missile balistique IRBM à charge conventionnelle.

        • G dit :

          C’est effectivement la partie qu’ils jouent, croyant en maîtriser les risques. Jouer selon les mêmes règles sans en avoir les moyens n’est pas la recette du succès.

          Nous n’avons pas besoin d’un IRBM de 5000 km de portée à 100 millions la cartouche « pour faire comme les autres », et je ne suis pas certain qu’un ASN4G à quelques dizaines de malheureux exemplaires soit la meilleure manière de mobiliser nos moyens. Un MRBM de 2500 km et productible en quantité serait par exemple plus pertinent.

  5. VieDesign dit :

    Avec THEMIS j’en était resté au démonstrateur de fusée réutilisable développé par ArianeGroup et le CNES … je ne connaissais pas ce qui est visible sur la photo de l’article.
    On dirait un vecteur à empennage (avec 2 fusées d’appoint) ? Mais pas à un missile classique.
    Pouvez vous nous en dire plus?

  6. Plusdemunitions dit :

    Super, l’Onera est un bijou de l’ industrie de recherche française, mais c’est quand même loin 2035. À la vitesse où la guerre avance, le risque que ce soit déjà vieux et périmé est grand avant même sa mise en service.

    • Huon dit :

      « Lrisque que ce soit déjà vieux et périmé est grand avant même sa mise en service. »

      C’est clair. D’ici 2035, le Ghana, l’Allemagne et le Bangladesh auront tous créé des missiles interplanétaire mégasoniques cent fois supérieurs à cette antiquité, qui était déjà dépassée il y a trente ans.

      Nous sommes nuls, archinuls. Rien de bon ne peut venir de France. Lamentons-nous tous ensemble et battons notre coulpe, tout le temps et à tout propos.

    • Antikraut dit :

      Vous imaginez bien que ses caractéristiques ne vont pas stagner durant ces années. Il bénéficiera bien sûr des toutes dernières avancées technologiques à sa sortie. Et ses performances auront bien évidemment évolué d’autant.

  7. G dit :

    Par le Rafale F5… et par l’A321MPA également j’espère. Avec 4 ou 5000 km dallonge sans ravitaillement ce serait dommage de se fermer cette porte.
    Et puis plus cet appareil aura de points d’emport prévus dès la conception, mieux cela vaudra.

    • Math dit :

      Oui, notre bombardier sans aucun doute. A voir si la porté du missile suffira

    • Carin dit :

      @G……
      Le problème, c’est qu’actuellement, les avions de renseignements tel l’A321 MPA, c’est que, d’un commun accord, ils ne sont pas armés…
      Et pour cause, si vous armez ces matériels, non seulement, ils ne pourront plus s’approcher (en empruntant les couloirs des lignards), mais en plus les lignards en question deviendraient des cibles légitimes.
      Armer un A400M serait plus intelligent, mais pas de missiles nucléaires, car très peu de chance de les utiliser.

      • G dit :

        Euh… ouate ?
        Nous sommes d’accord que devoir se contenter de vieux AM39 pour tenter de faire illusion en 2026 est absolument pathétique, mais tout de même…
        Et les MU90, ça fait coin-coin ?
        Et les GBU12 ?

        Vous avez le droit de trouver les Falcon 10X plus jolis, mais que cela vous plaise ou non, ce seront en 2035 les bombardiers à long rayon d’action les plus crédibles et capables en Europe.

  8. Roland DESPARTE dit :

    HORS SUJET. Inde/Nucléaire/Rafale
    Emmanuel Macron et le Premier ministre indien Narendra Modi se rencontreront à Nice ce 14 juin avant le G7 à Evian. Selon la presse indienne (Hindustan Times) “la coopération en matière de défense, l’énergie nucléaire civile, les technologies et les matériaux critiques, ainsi que la gestion des répercussions économiques et géopolitiques du conflit au Moyen-Orient, devraient figurer en tête de l’agenda de Modi lors de sa visite en France“.
    En ce sens, l’énergie nucléaire civile est un domaine de coopération stratégique avec la France et la possibilité de construire en Inde des centrales nucléaires (EDF) est à l’ordre du jour, ainsi que le développement de petits réacteurs modulaires (SMR) et réacteurs modulaires avancés (AMR).
    Par ailleurs, les discussions vont se poursuivre concernant le projet indien d’avions de combat multirôles (MRFA), qui prévoit toujours l’acquisition de 114 appareils dans le cadre de l’initiative « Make in India ». Ces mêmes sources précisent qu’il n’y aurait plus aucune difficulté à intégrer les systèmes d’armes indiens aux avions de combat, et l’accord porterait sur 18 Rafale qui seront fournis par Dassault, prêts à voler, et 96 autres qui seront fabriqués en Inde, avec environ 50 % de composants locaux.

  9. Lado dit :

    Non,les recherches amont (une manip critique dans un labo) à un coût très faible
    C’est alors que les brevets (de base ) sont pris
    Un proto fonctionnel va couter 10 a20 fois plus
    Industrialiser 100 fois plus

  10. Sharpei dit :

    @jean luc, justement la r&d ne doit pas attendre pour se mettre technologique à la page. Faut savoir maintenir la recherche et ne pas faire comme les allemands : être nu comme un ver.

  11. ONERESQUE dit :

    La commande officielle de ce développement de la version Hypersonique de l’ASN4G suit celle du programme de R&T lancé en Octobre 2024, le MIHYSYS voir : https://www.opex360.com/2024/10/01/dissuasion-lonera-va-mener-le-projet-mihysys-etape-vers-la-mise-au-point-du-futur-missile-asn4g/

    1 > Il est sûr que compter sur la furtivité pour pénétrer sur 1.000 ou 1.200 km des défenses SAM denses en 2035-2050 ….sera de plus en plus aléatoire, tant le développement frénétique de systèmes de détection anti-stealth a sacrément accéléré dans tous les pays, dont la Chine qui sait que les USA comptent en CHI essentiellement sur la frappe aérienne B-21 + F-35. Radars VHF-UHF à plus faible longueur d’onde encore que les NEBO russes pour mieux discriminer sur les échos de sol, Radars Trans-Horizons attaquant les avions furtifs par le dessus sur le maximum de SER métrique à des longueurs d’onde proches de la taille caractéristique d’un F-35, avec résonance LO/fuselage…..Utilisation des émissions des réseaux TV hertziens (démo allemande ILA Berlin), mais option en voie de disparition car TV par câble….LIDARS- radars lasers, expérimentés depuis des plate-formes aériennes (cependant très sensibles à la diffusion humide, donc au brouillard)….. et SURTOUT détecteurs IRST très améliorés, dotés de télescopes IR à très grande portée, sortes de « Super-PASEO XLR » en mode XXXXXL sur les tailles d’optiques. Matrices de récepteurs IR mosaïque CCD haute densité refroidies, rapport signal/bruit énorme, traitement IA des leurres avec « IR flares » phosphore…..Et là, les panaches de tuyère à 1.400°C ne sont absolument pas escamotables comme un lapin de magicien…….NON, le furtif risque de perdre énormément de son efficacité dans les prochaines années et le choix de la rapidité hypersonique raccourcissant les temps de réaction des réseaux SAM ennemis est très pertinent pour l’ASN4G.

    2 > Les configurations de véhicule hypersonique stato-mixe sont soient à symétrie cylindrique (Zirkon), soit à configuration X-51 à rampes avant et arrière encadrant la chambre. La rampe avant joignant le ventre de l’engin entre nez et socs de chambre créé un convergent ralentisseur de l’air ingérable puisque les effets vitesse flux/section de passage s’inversent au-delà de Mach 1 par rapport au subsonique incompressible Venturi. Après, les vitesses d’entrée admissible dans la chambre ne sont pas si éloignées que çà de Mach 1, même en supersonique puisque l’on peut re-basculer en mode combustion haut subsonique avec des vannes adéquates. On ralentit quand même de Mach 6 à Mach 1 ou 1+ sur une distance de 1 à 1,5 m….challenge thermique à soutenir, ! Les chambres ont des injecteurs très complexes qui permettent des temps de mélange kérosène spécial / air minima malgré les temps d’ignition proches du millième de seconde…fou !

    3 > Même si la plupart des gros challenges technologiques ont été levés comme sur les matériaux soumis de 700 à 1.800°C sur les bords d’attaque, avec une très vieille connaissance à l’ONERA et MBDA de tous les matériaux type Carbone-Carbone C-C ou carbure de Bore ou plus évolué encore carbure de Hafnium-Tantale, la conception d’un tel engin ASN4G en mode « compact » (car à embarquer sur un RAFALE F5), reste un sacré défi car il restera plus petit qu’un Zirkon avec son booster ou un X-51 NASA. Les lois de pilotage ne sont pas non plus évidentes à définir vu les énormité de G encaissés si les rayons de virage descendent sous un certain niveau. Ensuite, comme souligné très souvent dans ce blog par beaucoup, la formation d’une gangue de plasma ionisé contrarie totalement l’usage d’auto-directeurs. Il s’agit surtout d’engins « aveugles » sur trajectoires avec ralliement inertiel de haute précision et un recalage terminal si et seulement si on ralentit à Mach 3 ou 4…..

    4 > Reste enfin l’éternelle problématique de la finalité du vecteur : la frappe de « dernier avertissement », dont l’ASN4G sera l’épine dorsale. Comme le CHI ukrainien l’a montré, les puissances « dotées » sont maintenant susceptibles d’encaisser pas mal de coups (38% de la capacité de raffinage russe HS, 25% du complexe militaro-industriel inopérant….) sans pour autant déclencher le feu nucléaire….Quid de la France ? Il s’agira de définir si les « coups de semonce » de « dernier avertissement » devront être des signaux forts franchement très dissuasifs OU des signaux intermédiaires destinés à instiller une crainte de l’escalade. La fameuse « escalade pour la désescalade » dont parle régulièrement Alain Bauer. A ce titre, il est dommage que nous ayons abandonné les charges nucléaires à forte émission neutronique car elles présentaient cet avantage d’escalade atténuée avec des niveaux de puissance équivalente T.N.T. de 10 kT et pas 150 kT, mais encore terrifiante…

  12. Romain KOUDLANSKI dit :

    C’est parti .

  13. mikeul dit :

    Pourquoi ne pas developper en parallele un modele de ce missile avec une charge conventionnelle?
    La Russie le fait avec malheureusement les consequences connues sur la population ukrainienne.

    • G dit :

      Justement le rapport dégâts-prix en est finalement assez faible, donc l’ »orechnik » n’est clairement pas la voie à suivre, sauf si la stratégie consiste à imiter le dernier qui a frappé.

      Il nous faut certes réfléchir à une poignée de tels missiles ultra-pénétrants (furtifs, balistiques ou hypersoniques) jusqu’à 2500km pour « fracturer » les bulles A2AD et tenir le Kremlin en joue, mais c’est surtout la masse (tonnes d’explosif x kilomètres / millions d’euros) qui nous fait défaut et doit redevenir une priorité.

    • Romain KOUDLANSKI dit :

      On peut le faire, en retirant la charge nucléaire des ASMPA-R , quand l’ASN4G entrera en service, ils pourraient devenir des missiles de croisière conventionnels .