La Gazelle étant irremplaçable, l’armée de Terre songe à doter ses futurs hélicoptères Guépard de missiles antichars

Initialement, il était question de porter les soixante-sept hélicoptères de reconnaissance et d’attaque Tigre de l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT] au standard Mk3, dans le cadre d’une coopération avec l’Espagne et l’Allemagne. Seulement, l’ambition de ce programme dut être revue à la baisse, la Bundeswehr ayant décidé de retirer ses appareils prématurément du service pour les remplacer par un modèle beaucoup plus léger, en l’occurrence le H135 d’Airbus Helicopters.

Aussi, la version actuelle de la Loi de programmation militaire [LPM] 2024-30 prévoit une «rénovation à mi-vie» [standard Mk2+] de seulement quarante-deux Tigre. Mais l’ALAT pourrait encore se contenter de moins.

En effet, le tableau capacitaire du projet d’actualisation de la LPM n’évoque que quatorze Tigre modernisés à l’horizon 2035. Pour autant, ce chiffre n’est pas gravé dans le marbre. «Il y a une clause de revoyure en 2028. C’est à ce moment-là que la décision sera prise d’augmenter le nombre de Tigre rénovés», a rassuré le général David Cruzille, le commandant de l’Aviation légère de l’armée de Terre [COMALAT], lors d’un entretien accordé à La Tribune.

Cela étant, le programme HIL [pour Hélicoptère interarmées léger, encore appelé Guépard], qui vise à doter les trois armées d’un même type d’appareil, est aussi soumis à des vents contraires. Accéléré en 2019 afin de hâter le retrait des plateformes les plus anciennes [Gazelle, Fennec, Panther, Dauphin, Alouette III] et, partant, de faire des économies en matière de maintien en condition opérationnelle [MCO], il a finalement été «décalé».

D’ailleurs, le projet d’actualisation de la LPM accentue encore ce décalage puisqu’il évoque la livraison d’au moins cinq Guépard à l’armée de Terre avant 2030 et non plus celle de vingt exemplaires comme cela était prévu dans la première mouture de ce texte.

L’ALAT attend ses Guépard avec impatience, notamment parce que ces appareils faciliteront la mise en œuvre du concept de «dronisation de l’aérocombat».

Cet appareil «va nous offrir une modularité vraiment intéressante. C’est un hélicoptère dans lequel nous pouvons mettre une équipe d’opérateurs de drones dans la soute et parallèlement un équipage qui se concentre sur la gestion de sa propre mission», a en effet expliqué le général Cruzille.

Au total, l’ALAT recevra quatre-vingts Guépard, ce qui lui permettra de remplacer ses Gazelle, qui affichent plus de cinquante ans de service. Mais peut-on remplacer la Gazelle ?

Un ancien COMALAT, le général Michel Grintchenko, avait estimé, en 2019, que cela allait être difficile, le Guépard ne pouvant pas faire la même chose que la Gazelle, un hélicoptère rustique, doté de missiles antichars HOT [version VIVIANE] et affichant un excellent taux de disponibilité malgré son âge.

D’autant plus que, à l’époque, l’armement du Guépard n’avait pas encore été arrêté. «Toutes les options sont ouvertes […] : mitrailleuse, canon, roquettes de précision métrique», avait en effet confié le général Grintchenko au magazine Air Fan. À noter qu’il n’avait pas évoqué la possibilité d’intégrer des missiles antichars sur cet appareil.
Quoi qu’il en soit, d’après le marché verticalisé VEGA, attribué par le ministère des Armées à Airbus Helicopters en 2023, les Gazelle devraient rester en service au moins jusqu’en 2039.

«La Gazelle est un hélicoptère rustique, très facile d’emploi et à déployer. Elle a vocation à passer le relais au Guépard. Donc oui, je vais garder les Gazelle encore un certain nombre d’années. D’autant qu’elles ont une capacité antichar significative pour notre armée de Terre. Il faut vraiment que je conserve cette capacité jusqu’au moment où le Guépard pourra prendre le relais», a expliqué le général Cruzille à La Tribune.

Seulement, si le Guépard doit prendre «le relais» de la Gazelle, il faudra le doter de la même capacité antichar «significative». D’où les réflexions en cours au sein de l’ALAT.

«Le Guépard va nous apporter d’autres capacités que celles de la Gazelle. […] Cet appareil va offrir une grande modularité. Des études sont en cours pour intégrer un armement un peu plus important, notamment pour [le] doter d’un missile antichar. Il a également une soute, [ce] qui pourrait renforcer notre capacité d’hélicoptère de manœuvre. Il pourrait faire de l’EVASAN [évacuation sanitaire]», a en effet expliqué le COMALAT.

A priori, le missile antichar en question serait l’Akeron LP, développé par MBDA.

Cela étant, la Gazelle est quasiment irremplaçable… Ce que le général Cruzille admet également. «Garder un hélicoptère rustique de deux tonnes a un intérêt, en prenant en compte le ratio avantages/inconvénients. C’est toujours intéressant en complément des hélicoptères de nouvelle génération», a-t-il estimé. Et de s’interroger : «Demain, l’ALAT aurait-elle besoin, en complément de ses flottes, d’avoir un hélicoptère de faible tonnage ?».

La question est posée… Seulement, a poursuivi le COMALAT, «il faut faire attention à ne pas multiplier les flottes et aussi considérer que ces hélicoptères pourraient-être entièrement dronisés pour conduire les missions associées.»

Ce «bémol» explique aussi la raison pour laquelle le général Cruzille n’est pas très chaud à l’idée d’acquérir des hélicoptères de transport lourd, comme le CH-47F Chinook.

«Je ne veux pas renoncer à une partie de cette flotte d’hélicoptères de manœuvre moyens [les HH90, ndlr] pour développer une micro flotte d’hélicoptères lourds. Sans compter les problématiques de soutien, de coût… […] Nous avons un certain nombre de partenaires européens qui ont cette capacité. […] Elle pourrait donc être mise au profit de la force par ces pays», a conclu le COMALAT.

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34 contributions

  1. Yann490 dit :

    Bonjour, il me semble qu’aujourd’hui en Ukraine, les blindés RuSSe sont la cible presque exclusivement de drones. Alors pourquoi perdre du temps et de l’argent en voulant équiper un hélicoptère de missiles, qui coûte une blinde ? Les munitions rodeuses font très bien le travail.

    • HMX dit :

      ça ne coûte pas grand chose d’intégrer un armement existant sur un hélico existant. Cela renforcera la polyvalence de la version armée du H160, ce qui est toujours bon à prendre.

      Cela étant, vous avez parfaitement raison de souligner que cela ne servira pas à grand chose sur le plan opérationnel, en dehors d’un domaine d’emploi « de niche » (type conflit asymétrique / de basse intensité). La façon dont nous avons utilisé jusqu’à présent nos Gazelles ne pourra pas être dupliquée sur les champs de bataille de demain, caractérisés par l’omniprésence des drones et MTO. Même s’il évolue en étant caché derrière des arbres ou des reliefs, un hélico n’aura aucune chance. La portée de l’Akeron LP (8-10km) est hélas bien insuffisante pour espérer réaliser un tir à distance de sécurité. A titre indicatif, en Ukraine, la « kill zone » saturée de drones de tous types s’étend sur une profondeur de 20 à 40km en moyenne. Un endroit où on risquera pas une pale d’un hélico et de son précieux équipage, sauf à prendre un risque inconsidéré…

      La solution de court terme, c’est de placer les missiles antichar sur des drones. Ces derniers pourront alors être dirigés depuis un hélico qui restera plusieurs dizaines de km en retrait. Mais on peut aussi imaginer que les drones antichar pourraient tout aussi bien être dirigés depuis le sol, ou même qu’ils soient autonomes grâce à leur IA embarquée…

    • Aymard de Ledonner dit :

      Les munitions rodeuses sont lentes et fragiles. Un canon avec une bonne conduite de tir, des munitions airburst et de bonnes optiques pour détecter le drone permet de traiter la menace.
      De la même façon que le momentum des TB2 est passé, celui des munitions tondeuses va passer.
      Les dispositifs type Proteus ou Serval LAD existent et vont équiper tout le monde

    • Vincent Poursan dit :

      Un missile qui coûte une blinde pour détruire un blindé, ça semble pourtant cohérent.

    • dolgan dit :

      C est faire l impasse sur une large partie du retex Ukrainien.

      Déja, l effet n est pas le même. Un missile tue un char de manière presque instantannée. Pour tuer un mbt moderne occidental, il faut environ 40 fpv et plusieurs dizaines de minutes.

      Le couple hélico+missile c est un des rares truc qui a donné et donne pleine satisfaction côté russe (presque absent côté Ukr).

      On peut souligner 3 usages ou ils ont brillé:
      1 L offensive aéroterrestre russe initiale (front sud)
      2 Usage quotidien sur tout le front
      3 Comme renfort rapide pour tuer les offensives Ukrainiennes.

      • Mike dit :

        Le problème est que votre hélicoptère ne pourra pas s’approcher du dit MBT.

        En réalité, les drones sont sans doute la révolution qu’ont été les mitrailleuses en 1899, le char d’assaut en 1917 ou la guerre mécanique de 1939. Le champ de bataille devient tellement létal qu’il nous faut réinventer une nouvelle roue.

        • dolgan dit :

          Dans le monde réel , les hélicoptères peuvent s approcher suffisament pour tirer, et ce n est pas pret de changer.

    • Choisir, c'est renoncer dit :

      Bonjour,

      Un fabricant d’hélicoptères cherchera toujours à dire que l’hélico est un indépassable.
      https://mars-attaque.blogspot.com/2026/05/airbus-vers-des-flottes-hybrides.html

      Les pilotes aussi…

    • Vieilleries dit :

      Derrière l’arbre SCORPION (des transports de troupes connectés), se cache la forêt de nos antiquités.
      https://theatrum-belli.com/aux-limites-dun-modele-capacitaire-complet/

      L’armée de terre française est un musée.

    • FouPouDav dit :

      Les hélico se font aussi shooter par des drones…
      La Gazelle n’est pas protégée comme les hélico russes et pourtant plus aucun d’eux ne s’approchent de la zone grise en Ukraine.

      • dolgan dit :

        Les drones représentent une menace mineure pour les hélicos en vols. Pour une raison simple: ils sont lents et courte portée. L hélico est parti bien avant que le drone arrive.

        De mémoire, les ukrainiens ont abattus/touché 3 hélicos russes ainsi. 2 fois par hasard (trajectoires qui se télescopent) avec FPV et une fois avec un drone anti drone sur frappe d opportunité .

        C est pourquoi les hélicos russes et Ukrainiens continuent chaque jour de voler très près du front ou dans les zones grises contrairement a votre affirmation.

    • Poste de commandement ou pas dit :

      S’il n’y a pas de Gazelles dans les régiments de l’ALAT, c’est difficile de justifier leurs zffectifs et donc les temps de commandement des chefs de corps.

      Or, c’est ce poste qui mène pour quelques élus au poste de général.

      Il n’y a rien de militaire dans cet argumentaire à l’heure actuelle oû les drones ont tout bouleversés.

  2. Funker dit :

    Il faut les mettre sur des drones pas sur des hélicos ces missiles…. 10ans de retard pour rien

    • Antikraut dit :

      L’un empêche pas l’autre.

    • FouPouDav dit :

      Akeron MP c’est 193 000€ l’unité !
      Avec l’evolution des drones je reste dubitatif. Est-ce que les drones remplaceront les missiles anti-chars ?
      Pouvoir de destruction, vitesse, précision, coût, résistance au brouillage…
      En Ukraine il n’y a plus d’équipe comme en 2022-2023-2024 pour tirer un NLAW, un Javelin. 3 à 4 km de portée et vous êtes vite repéré par un drone tactique et les FPV pleuvent. Les positions fixes type Milan, Stugna-P sont désormais obsolètes.
      Quand certains drones filaires peuvent attendre en off sur le bord d’une route, l’IA va remplacer certains pilotes dans la phase finale.
      Les pilotes ukrainiens sont désormais en arrière de la Kill-zone. Seuls les fantassins monteurs sont en 1ère ligne et proposent leurs drones qui se constituent en petite flotte sous IA, seul le 1er drone est pilotés. Le petit train… La désignation a toujours l’homme dans la boucle.
      Les Ukrainiens travaillent à une IA avec toutes les data qu’ils ont.

      Le drone alsacien Fury 120 (jet engine) va à 700 kmh. Avec plus d’endurance et une charge adéquate, piloté et sous IA ce serait un missile anti-chars longue très longue portée voire plus selon le type de charge.
      Ce n’est pas encore le moment pour un drone tirant du 40mm CTA.
      Mais les robots bipèdes arrivent, ce n’est plus de la SF. Ils iront chasser les Orcs.

  3. Bastan dit :

    Nos ingénieurs, devraient se rappeler que durant la dernière guerre mondiale et dans les guerres dites asymétrique, la rusticité, la simplicité alliés à l’efficacité ont permis de gagner bien des guerres face à des armes plus sophistiquées.

    • Trent dit :

      Les ingénieurs font ce qu’on leur demande.
      Ils ne sont pas en charge de la doctrine militaire.

    • Rfire dit :

      C’est aussi ce que pensaient les africains avec leurs lances et leurs arcs quand les europeens ont débarqués avec des fusils et des canons…
      De facro, si on parle d’une guerre asymétrique, c’est en raison d’une supériorité technologique et militaire de l’un par rapport à l’autre.
      Il ne faut pas penser qu’en se mettant au niveau de l’adversaire on ferait mieux. Bien souvent dans l’asymétrique, il y a un ratio de pertes très défavorable à celui qui doit (car ce n’est pas un choix) faire simplement avec ce qu’il a sous la main. Sa victoire est plus souvent liée à la lassitude (”on a le temps, ils ont la montre” ou inversement selon le côté qu’on est) d’une guerre sans fin. C’est du politique, de l’opinion publique qui accepte beaucoup moins les pertes, peu importe si en face il y en a 10 fois plus. C’est le désavantage de l’attaquant sur le défenseur.
      La même chose se passe en Ukraine, la stagnation du conflit et l’usure permanente que subit la Russie face à une armée ukrainienne qui utilise massivement des drones simples et rustiques. Même si à Moscou on aime bien vouloir donner l’idée que l’on est dans un remake de la grande guerre patriotique car on veut (ou donner l’impression qu’il y a) la même résilience, la même combattivité, la même acceptation des pertes et surtout se rassurer sur l’issue (on ne peut pas perdre car on a gagné contre Hitler il y a 80 ans), c’est pourtant bien la Russie qui est l’attaquante. Donc c’est bien la Russie qui a la montre et les Ukrainiens le temps, peu importe là aussi la volonté russe de croire que le temps joue pour eux, que l’Ukraine va s’effondrer.

  4. olivier dit :

    Outre le fait que nous sommes arrivés à un stade de déchéance économique où l’on passe de 20 unités avant 2030 à 5 unités (l’unité valant à peu près 20Meuros, donc ordre de grandeur ridicule), la problématique de la dronisation de l’appui-feu est très, mais alors très loin, d’être réglée. Donc tenter de conserver la Gazelle le plus longtemps possible (et le Tigre) me semble des plus raisonnables.

    La dronisation de l’appui-feu nécessite que la décision appartienne à une IA (si appui-feu, alors zone de contact, alors brouillage massif, donc probabilité forte que le C2 du drone soit inopérant). Qu’elle puisse analyser une situation, discerner les troupes à protéger des troupes à éliminer, sélectionner le bon vecteur, etc. C’est à la rigueur une question « d’entrainement » et de senseurs efficaces. Par contre cadrer, comprendre et contraindre sa réaction est une tout autre affaire (j’ai déjà eu le cas perso où Claude a délibérément désobéi à son .md sans explication de sa part), de plus et à ce jour, les IA type LLM sont relativement facile à leurrer (ou à faire hallucinerà. Il faudra une IA réactive pour la partie analyse (ça se fait déjà et plutôt bien) et une IA type LLM/AGI pour la décision, et c’est ce type d’IA qui pose soucis dans le cadre d’un appui-feu.

  5. dambrugeac dit :

    cela patauge sec dans notre Grand État Major, comme avant 39. Et la ministre, il y a longtemps qu’elle HS

  6. ji_louis dit :

    « L’armée de nos habitudes » disait le général De Gaulle.

    Le seul argument valable, c’est que la Gazelle a un bon taux de disponibilité malgré son âge, et cet argument n’est pas en faveur d’un nouvel hélicoptère (les derniers conçus peuvent lui envier cette disponibilité).

    Par ailleurs, les guerres depuis 2020 montrent la difficulté et/ou les risques à utiliser un hélicoptère au combat, quand les drones peuvent et les tuer, et faire le job à leur place.

    Les russes se font descendre les hélicos par des drones ukrainiens, les américains par des drones iraniens, les israéliens n’osent plus utiliser les leurs au Liban, même les djihadistes sahéliens se sont mis à la chasse avec des drones !

  7. PHILIPPE dit :

    Cet article m’inspire les quelques remarques suivantes :
    * si la Gazelle a fait ses preuves, à mes yeux, elle reste cependant une  »bulle de savon » extrêmement vulnérable. J’en veux pour preuve le décès de l’officier Boiteux au début de l’intervention française au Mali.
    En résumé pour balader un général lors des manoeuvres ou pour surveiller le trafic autoroutier la Gazelle oui mais en combat non.
    * le Tigre allemand se distinguait de son équivalent français par son système d’observation situé au-dessus des pales ce qui lui permettait de rester camouflé sans avoir à se dévoiler. Un plus intéressant certes…peu esthétique.
    * pour terminer force est de reconnaître que l’Ukraine, avec sa ténacité et sa grande adaptabilité, a su donner au drone ses lettres de noblesse et cela dans de nombreux domaines. Il est donc maintenant impératif de prendre en compte cette évolution majeure.
    Place maintenant aux spécialistes dont je ne suis pas.

  8. Philippe G dit :

    « Cela étant, la Gazelle est quasiment irremplaçable… Ce que le général Cruzille admet également. «Garder un hélicoptère rustique de deux tonnes a un intérêt, en prenant en compte le ratio avantages/inconvénients. C’est toujours intéressant en complément des hélicoptères de nouvelle génération», a-t-il estimé.  »
    Réflexions de bon sens en effet. Dans les systèmes d’armes, ce qui coûte très cher et que l’on ne sait fabriquer que lentement et sans souveraineté intégrale de l’ensemble de la chaine (matériaux notamment), ce sont les capteurs, l’électronique.
    Or, sur le champ de bataille moderne, c’est aussi une source de vulnérabilité car, quand on émet, soit pour voir (radars en mode actif …), soit pour communiquer, on est détecté. Donc, ces plateformes ont des survivabilités problématiques. Si en plus, elles sont échantillonnaires parce qu’elles coûtent des fortunes et sont sensées pouvoir tout faire pour justifier leur coût, leur perte devient synonyme d’effondrement immédiat.
    En plus d’avoir nécessairement des maintenances ingérables de part la complexité des sytèmes qui fait que la disponibilité est médiocre.
    Il faut donc encore, sans aucun doute, des effecteurs de type Gazelle, robustes, légers, déployables facilement même s’ils ne savent pas tout faire.
    Rappelons-nous de la 1ère guerre mondiale qui a bien des égard est similaire à la guerre en Ukraine actuelle. Premières lignes quasi désertées, réseau de transmission et d’observation très dense, et mobilité de l’armée française de l’époque qui lui a permis de projeter des réserves très rapidement pour bloquer les offensives allemandes du printemps 1918 et contre-attaquer brutalement à l’été 1918 jusqu’à provoquer l’effondrement du front alors qu’elle était devenue numériquement inférieure, et à l’armée allemande et même aux armées alliées.
    Le char léger Renault FT de 6,5 T y a été décisif et il a pu être produit à 3 700 exemplaires en dix-huit mois tandis que le char St Chamond de 22 T, soit disant très supérieur, n’a servi que de cible et n’a été produit qu’à 400 exemplaires.
    Il faut de la masse, de la rusticité, de l’agilité, de la coordination entre ces systèmes, pas des systèmes échantillonaires supposés tout faire et qui ne feront rien, ne serait-ce que parce qu’ils ne peuvent pas être partout en même temps.

  9. Stéphane dit :

    depuis le choix du 160, je ne cesse de le penser…
    il nous faut conserver une flotte de petits hélico légers, simples (rustique n’est pas assez « technocrate), agiles…
    Je reste persuadé que l’ALAT verra arriver dans ses rangs quelques escadrilles d’AH125 (écureuils B3)…
    le 160 est une excellente machine, n’en doutons pas, bourré de technologie, il ne faudrait pas qu’il devienne une diva technologie capricieuse…
    Et il fait 6T le bouzin…C’est une classe Puma qui va devoir faire le job des cuisses de poulet, gardons le en tête…
    le concept AH125 « ARES » coche beaucoup de cases…

  10. Tourne-Bille dit :

    Que de spécialistes qui connaissent tout de toutes les guerres et qui savent de quoi demain sera fait , des guerriers de canapé qui n’ont jamais fait la guerre ni même piloté un hélico pas plus qu’ils n’ont commandé quoi que soit de mili.
    C’est plus de la prospective mais de la divination.

  11. Laurent dit :

    On va toujours nous parler de difficultés budgétaires, mais franchement quand on met en ligne un hélicoptère polyvalent de 6 tonnes on fait les choses bien : Boule optronique sur l’avant pour libérer de la place sous le cockpit pour un tourelleau de 20mm (type TLG20), un bras d’armement de chaque côté pour petit ou gros pannier de roquettes, MTOs, double missiles AC ou quadruple missile anti char selon la mission (evidemment plus on arme moins on emporte en interne). Une mitrailleuse en sabord si besoin. On ajoute un radar sur la version marine. Avec ça vous disposez d’un outil parfaitement polyvalent pour les petites opex où il n’y a ni Tigre ni moyens lourds, la défense anti drones, la reconnaissance, la souveraineté dom-tom, les missions MASA, l’escorte des hélicoptères de manœuvre… Il ne faut pas appliquer partout le contexte observé en Ukraine.

  12. Toto dit :

    Bon on sent bien quand même que l’on ne sait pas trop où aller.
    Ça cherche une direction (en espérant que ce soit la bonne) tant les choses évoluent vite, les matériels deviennent de plus en plus coûteux et qu’il faut beaucoup, mais alors beaucoup de temps pour les développer et les produire ces matériels très très coûteux.
    Du coup, ça tâtonne, ça hésite, ça réfléchit, ça re tâtonne, ça re-hésite, ça re-réfléchi et ainsi de suite.
    La boussole tourne dans tout les sens, elle a perdu le Nord.
    En gros, plus de stratégie, plus de sens.
    Bien triste tout ça et on veut faire la guerre de HI. A ce rythme là, la HI se résumera à l’apocalypse nucléaire, sans demi-mesure.

  13. pandacruel dit :

    Des conceptions d’une autre époque .. : les hélicos de combat, les chars, les missiles antichars « évolués »..
    On nous répète que le drone et l’I.A, ça remplace tout, ça sert à tout, il suffit de rester assis dans son siège de « gamer » et devant sa console modifiée de  » gamer », manette de jeu à la main, pour gagner des guerres ! pourquoi aller s’embêter ?

    • Ami des bêtes dit :

      Cest ça. D’ailleurs on se demande bien pourquoi vous vous (et nous) embêtez à écrire des commentaires.
      L’atavisme transmis de génération de croll en génération de croll, peut-être.

  14. François 01 dit :

    Je ne comprends pas trop, la Gazelle est irremplaçable, donc il faut armer le Guépard d’un missile.
    Mais l’hélico censé être armé c’est pas le Tigre ? En fait on fait comme les Allemands et les Belges sauf que leur Hélico Interarmé Leger à eux est le H145 au lieu du Guepard. Ce qui est plus logique puisqu’il est plus léger.

  15. Kamelot dit :

    L’hélicoptère léger et rustique a démontré son utilité en Iran pour une mission C-SAR, même pour finir « consommable »… La Gazelle sera regrettée!

    L’Ukraine n’est pas l’archétype des combats futurs mais il faut en tenir compte en optant pour une plateforme polyvalente, comme l’a démontré le Tigre. Le missile « antichar » est plus à comprendre comme un moyen de destruction polyvalent, lui-aussi. Cela n’empêche pas d’avoir des OWE avec un C2 sur un hélicoptère… Le tout-drone serait faire preuve d’imprudence.

  16. Kvesh dit :

    « La Gazelle étant irremplaçable, l’armée de Terre songe à doter ses futurs hélicoptères Guépard de missiles antichars [pour remplacer les Gazelle] ». Ce n’est pas la Gazelle qui est irremplaçable, mais le concept d’un hélicoptère léger armé de missiles antichar. Il faut noter tout de même un changement de catégorie, car on atteint une portée de 12 km, au lieu de 4 pour le système Gazelle / HOT. Cela mettra le Guépard hors d’atteinte de la plupart des système antiaériens ennemis. Un seul bémol (à mon avis), la charge militaire qui ne devrait pas dépasser sept à huit kilos ; c’est plus qu’un drone FPV, mais peut être un peu juste pour détruire un char moderne d’un seul coup.

  17. toufik dit :

    Sauf erreur, aucun leurre thermique / contre-mesure n’est prévu sur le Guépard HIL pour le protéger notamment de MANPADS… et par extension contre les drones.
    https://www.lacroix-defense.com/produit.php?langue=fr&code=helicopters&pole=airborne
    Quid de la migration de ces systèmes passifs, vers des drones anti-drones, très légers comme le Gobi de Harmattan AI ? Une légèreté qui pourrait être essentielle pour l’adaptation au HIL.
    Lacroix Défense avance sur le sujet de systèmes actifs anti-drones… mais pour véhicules terrestres.
    https://www.lacroix-defense.com/news.php?code=eurosatory2026

  18. Taboulé dit :

    La dronisation évoquée n’est possible que si l’on dispose d’une plateforme économique, à base de systèmes existants fiables, que l’on sait produire en nombre. Les Allemands réessayent un drone basé sur H145M … peut-être peut-on l’envisager avec EC120 ?
    Mais retrouver un hélico simple et robuste, sans trop d’electronique, avec une turbine fabriquée à des centaines d’exemplaires ne va pas de soi dans cette catégorie de masse et rayon d’action.