Airbus Helicopters développe un drone cargo à partir de son hélicoptère H145

En 2013, Airbus Helicopters [Eurocopter, à l’époque] fit voler un hélicoptère EC-145 sans équipage à bord, dans le cadre de son programme OPV [Optionally Piloted Vehicle] qu’il avait lancé deux ans plus tôt en puisant dans ses fonds propres. L’appareil avait été doté d’un système de commandes de vol automatique [AFCS] à quatres axes de type dual Duplex, d’une baie avionique OPV de type «plug in» et de tous les sous-systèmes nécessaires pour faire fonctionner des liaisons de données.

Lors de cette démonstration, suivant un plan de vol préalablement défini, l’EC-145 OPV était passé en mode stationnaire à mi-parcours afin de livrer une charge externe sous élingue, grâce à des données de commande de vol transmises par un opérateur au sol. Puis, il avait poursuivi son parcours pour une mission d’observation avant de revenir à son point de départ et d’atterrir en mode automatique.

L’expérience acquise lors de ce projet servit par la suite au développement du VSR700, la version «dronisée» de l’hélicoptère léger Cabri G2, sur lequel repose le Système de drone aérien de la Marine [SDAM].

En outre, aux États-Unis, Airbus US Space & Defense s’est associé à Shield AI, L3 Harris et Parry Lab pour proposer à l’US Marine Corps le MQ-72C, c’est-à-dire un modèle totalement autonome du Lakota UH-72B, version militarisée de l’EC-145, dans le cadre du programme Aerial Logistics Connector [ALC]. Un premier vol a été réalisé en août dernier.

Alors que les projets visant à «droniser» des hélicoptères existants fleurissent actuellement, comme par exemple le S-70 U-Hawk de Sikorsky, Airbus Helicopters dévoilera le U-145, un drone cargo dérivé de son H145, à l’occasion du salon de l’aéronautique et de l’espace ILA, qui se tiendra à Berlin entre les 10 et 14 juin.

Affichant une masse maximale au décollage de 3 800 kg, l’U-145 sera dépourvu de cockpit. Propulsé, comme le H145, par deux moteurs Safran Arriel 2E associés à un FADEC [calculateur de régulation] et doté d’une suite de capteurs et, surtout, d’une intelligence artificielle censée lui «conférer une autonomie complète», il sera conçu selon une approche modulaire afin qu’il puisse effectuer plusieurs types de missions. Outre le transport de fret, il pourra en effet être utilisé pour la lutte contre les incendies, la mise en œuvre d’autres drones, la reconnaissance armée ou bien encore la surveillance.

«Avec le U145, nous proposons à nos clients une version autonome et sans équipage de notre hélicoptère H145, combinant la cellule éprouvée, la puissance et la charge utile du H145 avec l’autonomie d’un système aérien sans pilote», a expliqué Matthieu Louvot, le directeur général d’Airbus Helicopters. « Pour développer le U145 et ses capacités en tant que système aérien sans pilote multimission, nous travaillerons avec des partenaires de premier plan spécialisés dans les missions autonomes afin d’élargir davantage l’écosystème européen des UAS [Unmanned Aircraft System]», a-t-il ajouté.

Selon Airbus Helicopters, le drone U-145 effectuera son vol inaugural d’ici la fin de cette année, avec un pilote à bord par mesure de sécurité. Sa mise en service est prévue après 2030.

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37 contributions

  1. Plusdemunitions dit :

    La vache cette vidéo d’une minute, ces plans de face sur les trois manutentionnaires… Mais ils font quoi au service com ? 1 min pour rien montrer..

    • le sicaire dit :

      Je vois que je ne suis pas le seul à constater la niaiserie de ces vidéos sur le matériel de défenses en général. Je ne sais pas à qui elles sont destinées mais de toutes évidences les fabricants prennent leurs prospects pour des benêts. Mais finalement peut-être qu’ils le sont… Entouré de tous ces gourdiflots, cela augure mal du monde à avenir…

    • Tourne-Bille dit :

      Ah ben au mois on peut le charger, de plusieurs façons, c’est pratique ; c’est déjà quelque chose.
      Le vol c’est une option et c’est plus cher.

    • jean luc dit :

      Moi j’ai vu des choses intéressantes, pas le reste. Tu ne veux pas que Airbus montre aussi les secrets de construction.

    • jk dit :

      exact ! cinéma !

    • Rototor dit :

      Qu’est-ce que vous vouliez qu’ils montrent d’autre, l’engin en vol ? Si vous regardez attentivement la photo d’illustration, vous constaterez qu’il s’agit d’une sorte de maquette dépourvue de rotor.
      Ce qui est montré dans la vidéo est le volume intérieur et l’aisance de chargement permises par la suppression du poste de pilotage.

    • Fabien Tremm dit :

      Parce que c’est une maquette?
      Sérieusement, toutes ces nouveautés sont des maquettes. L’EBRC 105mm qui pourrait être à Eurosatory sera un bête EBRC avec une tourelle qui existe déjà posée dessus, sans rien de plus.
      Ici, Airbus montre ce qu’ils veulent faire, et cela permet à des clients potentiels de déterminer si ils y voient un intérêt ou non.

      Et oui, la guerre c’est aussi de la logistique et de la manutention. Et avec les technologies de vol autonome matures, cette vidéo permet de montrer que le projet est d’enlever le cockpit et d avoir accès à son remplissage des deux côtés, permettant de remplir et vider l’engin rapidement, autre élément essentiel dans les conflits modernes.

    • Plusdemunitions dit :

      La même et unique scène qui tourne 3 ou 4 fois de suite avec 3 ou 4 plans différents, aucune info sur les capteurs, sur l’autonomie en vol, le logiciel IA qui le contrôle… C’est une publicité des Déménageurs Bretons. Heureux que cette publicité vous satisfasse, achetez le donc.

  2. Air dit :

    Concept intéressant même si d’autres drones existent sûrement déjà pour ce genre de cas, j’aime bien l’appareil.

    Ça pourrait être aussi intéressant pour faire office de « déménageur » pour les personnes habitants dans des lieux reculés, hautes montagnes ou même dans les derniers étages d’un appartements et ça évite aussi les bouchons ou les trajets longs, un Hélicoptère Drone peut s’en affranchir sans trop de problème.

    Bon, je me doute aussi que le prix sera un peu plus élevé et qu’il y a des risques d’accidents mais c’est sympathique comme idée.

    • HMX dit :

      Le concept est en effet très intéressant, même si Airbus Helicopter se contente de suivre la tendance (notamment le S-70 U-Hawk de Sikorsky, dont le démonstrateur vole déjà).

      L’engin disposerait d’une charge utile intéressante de 1000/1200 kg, une vitesse max de 268km/h, une endurance de 3.5 heures et un rayon d’action de l’ordre de 650km, selon les premiers éléments disponibles.

      La fonction première serait le ravitaillement logistique : ravitaillement de postes ou bases avancées, de lieux difficiles d’accès (montagne), ravitaillement en mer de navires à proximité des côtes, etc…

      Mais d’autres missions sont possibles, l’engin étant volontiers présenté comme évolutif. Parmi celles-ci, on pense en particulier à un rôle très prometteur de « mothership », pour le déploiement de drones/MTO, potentiellement en essaims. Le U-145 resterait à distance de sécurité, servant de relais de transmission au profit des drones/MTO qu’il viendrait de larguer. On pourrait également en dériver une version navale avec sonar flash, disperseur de bouées acoustiques et une paire de torpilles légères. Enfin, pourquoi pas creuser l’usage de mission EVASAN/MEDEVAC pour l’évacuation sanitaire de soldats blessés, voire même un usage pour les missions CSAR de récupération de pilotes abattus ?

      Point faible : le prix. Non communiqué à ce jour, mais bi-turbine oblige, il faut s’attendre à un coût non négligeable de l’ordre de 8 à 15M$ (le H145 est à 8-10M$ selon configuration). On n’est donc pas sur un objet « consommable », et ce drone devra nécessairement rester en dehors des zones à risque (tout comme ses homologues habités, d’ailleurs). On ne le verra donc pas sur une ligne de front à faire de l’appui feu, par exemple. Mais le concept reste néanmoins séduisant, et même prometteur pour l’ALAT, qui pourrait bien trouver quoi en faire…

  3. jean luc dit :

    idéale pour les zones faiblement jusqu’à moyennement contestées permet de rapprocher la logistique du front sans risquer le vie des pilotes

  4. Carin dit :

    Donc le planeur servant aussi à la livraison n’a plus qu’à bien se tenir… parce que ce « cargo » est réutilisable à volonté.

  5. Patrico dit :

    N importe quoi ! Un tel Drone Hélicoptère pour l armée est voué à l échec si ce n est pour transporter du matos en convoyage d un véhicule a une base ou un navire au port! Après le Cabri voilà le Lourdeau 1er ! C est une décision qui masque la volonté ou l incompetence des ingénieux de créer un drone de combat novateur a l image de ceux performants US …, Turquie Kizilelma, Bayraktar ou Australien avec leurs superbes Loyal Wingman Gost Bat!! Mais le plus grave pour moi c est que nous même en France tellement occupés par ailleurs on ne s y penche pas ou si peu en des n importe quoi.
    Merci Thank you merci a vous et à Tous.

    • Fabien Tremm dit :

      Sauf que les USA sont un gros client potentiel de ce système, la version de vol autonome y est en dévelopement.
      Et le Royaume Uni développe une variante autonome du AW09, le Proteus.
      Autre aspect, en Ukraine, l’évacuation des blessés se fait par des systèmes autonomes pour réduire les morts de militaires ukrainiens. L’évacuation des pilotes de l’Apache abattu au détroit d’Ormuz a été fait par? Des embarcations autonomes.
      Donc non, c’est une suite logique.
      Et cela est HS avec les drones de combat, et répond aux demandes de certains pays. Vous pouvez évidemment fermer les yeux sur cette réalité, pourtant, c’est un besoin assumé.
      MQ-72C Lakota Connector pour l’USMC. Et pour quelle mission? « Last mile resupply challenge in contested environments ».
      Donc le n’importe quoi, c’est vous.

    • A à Aa ah as ha dit :

      D’un véhicule à une base.
      À l’image de.
      Merci à vous.

  6. Turtleito dit :

    Chanmé.

    Le programme EC145 ou Airbus H145 (désignation technique BK117 C-2) est issu du MBB/Kawasaki BK 117, dont le développement a commencé en 1977 et dont le premier vol a eu lieu en 1979.

    Sacrée machine, je ne savais pas que les US l’avaient militarisée déjà, mais peut-être pas assez puissante pour cela (?)

  7. Bastan dit :

    Pourquoi ne pas produire une “structure squelette” permettant ensuite d’y accrocher des containers? Cela augmenterait les capacités en terme de volume et encombrement. Sans parler du temps gagné.

  8. Tourne-Bille dit :

    Ils sont fort ces Allemands, ils savent tout faire.

  9. dolgan dit :

    Interessant pour les ravitailleurs et les BPC.

  10. S- C - E dit :

    Mais…….Y font rien qu’à me copier.
    « Sikorsky C Esky »

  11. TOP dit :

    Cargo sur la distance de l’autonomie de l’appareil, cargo entre différents bâtiments de la marine, cargo entre des points n’ayant pas la place pour des pistes de décollage mais uniquement dans des zones de faible intensité niveau combats aérien et anti-aérien. A défaut du combat ca peut évacuer ou aider lors de catastrophes naturelles ou faire de l’anti incendie de foret. Mais certainement pas évoluer en zone de combat terrestre haute intensité (type Ukraine)

    • Fabien Tremm dit :

      Au contraire, les USA sont intéressés pour les zones contestées pour ne pas risquer la vie de pilotes.

      • Le Fourbe&Cie dit :

        Euh…… »J’en connais à Khe Sanh » ou encore des « Résidents » et défenseurs des pitons 881 (N&S),861,558 ,950 et 1015 qui auraient apprécié ses engins.
        Plus globalement et sur la zone, le corps des marines aurait ainsi pu s’économiser de sensibles pertes en hommes et en hélicoptères.
        Mais on ne refera pas l’histoire.

  12. Rogger dit :

    bonjour.. pourquoi pas…
    mais bon nos armes sont plutot dans une doctrine defencive ..
    Personnellement je crois que Airbus devrais fairecdescefforts en vue de devellopper des appareil a rotor basculent ..

    • Fabien Tremm dit :

      Ce projet est développé entre autres pour l’USMC, c’est le projet MQ-72C Lakota Connector. Airbus cherche simplement à utiliser ce qui est développé pour un client qui veut ce type d’appareil, et donc le commercialiser ailleurs tant qu’à faire.
      Sinon le Royaume Uni développe l’AW Proteus, dérivé de l’AW09, et plutôt voulu pour la Royal Navy.

      Et pour les rotors basculants, c’est un non pour Airbus. Airbus france développe des hélicos avec de petites ailes et des hélice de propulsion pour la vitesse. Ca fait un moment que des essais ont eu lieu, et que les projets avancent, y compris pour les forces militaires en Europe.
      https://www.opex360.com/2026/02/24/airbus-helicopters-devoile-deux-concepts-dhelicopteres-de-manoeuvre-de-nouvelle-generation/
      C’est la proposition pour le NGRC, et l’offre Airbus a une version avec hélices de propulsion, et une configuration standard. Bref, pas de rotor basculant dans tout cela. Et honnêtement, attendre de voir les problèmes des autres sur ces projets n’est pas une mauvaise idée. Et le problème de l’atterrissage dans des zones serrées, et la bien plus grande taille de la cible, et le déséquilibre si un rotor est touché, me sonnent l’impression que ce rotor basculant n’est pas vraiment une bonne solution.

  13. pandacruel dit :

    Avec une telle furtivité, une telle sveltesse et une telle agilité, ce futur « drone »-montgolfière sera un candidat presque parfait pour le tir aux pigeons et le ball-trap afin de distraire les troupes sur le champ de bataille et aux environs