La Nouvelle-Zélande va pouvoir se procurer cinq hélicoptères MH60R Seahawk américains pour 1,5 milliard de dollars

L’an passé, sans être inédite, la présence d’une flottille chinoise en mer de Tasman, située entre l’Australie et la Nouvelle-Zélande, n’en fut pas moins inhabituelle. En effet composée du croiseur de type 055 «Zunyi», doté de 112 tubes de lancement vertical, de la frégate de type 054A «Hengyang» et du navire ravitailleur Weishanhu, elle disposait d’une puissance de feu qui n’avait alors jamais été observée sous une telle latitude. Puissance de feu dont elle fit une démonstration en se livrant à un exercice de tirs réels, sans prendre la précaution d’en informer préalablement Canberra et Wellington.

«Ce sont les navires les plus importants et les plus sophistiqués que nous ayons vus aussi loin dans le sud. Ils envoient le message que la Chine est capable de maintenir une présence [militaire] dans la région», avait commenté Judith Collins, alors ministre néo-zélandaise de la Défense. Et celle-ci d’y voir un «signal d’alarme».

«Depuis des années, la classe politique dit aux Néo-Zélandais qu’ils peuvent se reposer sur leurs lauriers, ne rien faire en matière de défense et espérer que notre éloignement d’une grande partie du monde nous protégera», avait-elle regretté.

Quoi qu’il en soit, le message a été reçu. En mai, le successeur de Mme Collins, Chris Penk, a dévoilé un plan visant à porter progressivement les dépenses militaires néo-zélandaises à 2 % du PIB d’ici huit ans. Et cela après avoir annoncé un investissement de 1,58 milliard de dollars néo-zélandais [soit environ 800 millions d’euros] pour renforcer la sécurité maritime.

«Pendant de nombreuses années, l’éloignement géographique de la Nouvelle-Zélande a été perçu comme un rempart contre l’instabilité ailleurs dans le monde. Toutefois, les événements récents nous ont rappelé à quel point les perturbations des routes maritimes internationales peuvent affecter rapidement les économies et les chaînes d’approvisionnement à travers le monde. Les océans ne sont pas une barrière contre le danger, mais un intérêt national vital qui doit être activement protégé», a fait valoir M. Penk.
Après des années de sous-investissement, l’une des priorités du ministère néo-zélandais de la Défense est de se procurer de nouvelles frégates polyvalentes, afin de remplacer les deux unités de type ANZAC [les HMNZS Te Kaha et HMNZS Te Mana], admises au service actif à la fin des années 1990.

Pour ce programme, deux modèles sont privilégiés : la frégate britannique de Type 31 [classe Inspiration] et la frégate japonaise de classe Mogami, commandée à onze exemplaires par l’Australie. L’interopérabilité avec la Royal Australian Navy étant un critère prépondérant, la seconde option tiendrait la corde.

Quel que soit le modèle retenu, et même si le NH90 européen, dans sa version TTH [Transport Tactical Helicopter] leur donne pleinement satisfaction, les forces de défense néo-zélandaises doteront leurs frégates d’hélicoptères américains, en l’occurrence des MH60R Seahawk, produits par Sikorsky, la filiale de Lockheed Martin.

En effet, le 5 juin, le Bureau des affaires politico-militaires du département d’État a autorisé la vente potentielle à la Nouvelle-Zélande de cinq MH60R Seahawk pour un montant évalué à 1,5 milliard de dollars [soit 1,3 milliard d’euros]. Cette somme tient compte de la livraison d’équipements associés [sonars aéroportés à basse fréquence, liaison tactique L16, radars APS-153(V), systèmes de communication et de navigation, contre-mesures électroniques, etc.] et de bouées acoustiques AN/SSQ-53, AN/SSQ-62 et AN/SSQ-36. En outre, 225 roquettes WGU-59A/B APKWS II et 65 missiles AGM-114R Hellfire sont compris dans le devis.

«La vente proposée permettra à la Nouvelle-Zélande de mieux faire face aux menaces militaires actuelles et futures en renforçant la sécurité de ses infrastructures critiques», a justifié le département d’État qui, dans un autre avis publié le même jour, a aussi approuvé la vente à Wellington de vingt torpilles légères Mk54 MOD 0 pour 69 millions de dollars.

Le ministère néo-zélandais de la Défense avait fait part de son intention d’acquérir cinq MH60R Seahawk en août dernier, afin de remplacer les Kaman SH-26 Super Seasprite, qu’il avait acquis d’occasion auprès de son homologue australien en 2014. Il avait d’ailleurs prévu une enveloppe d’un peu plus d’un milliard d’euros à cette fin.

«Le MH-60R Seahawk est un excellent appareil pour répondre aux besoins de la Nouvelle-Zélande ainsi qu’à notre objectif d’avoir une force ANZAC plus intégrée. [Ils] augmenteront la capacité offensive et défensive ainsi que la portée de surveillance de nos frégates. Ils garantiront notre interopérabilité avec notre allié australien ainsi qu’avec d’autres forces partenaires», avait-il soutenu à l’époque.

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36 contributions

  1. jean luc dit :

    pays très tranquille, où il n’y a pas beaucoup de criminalité , mais qui tient as assurer son indépendance , donc son choix est juste .

    • Pascal, (l'autre) dit :

       » mais qui tient as assurer son indépendance , donc son choix est juste . » La Nouvelle Zélande n’a plus d’aviation de combat depuis 2001, avec 5 hélicos ça risque d’être un tantinet……..léger!
      « pays très tranquille, où il n’y a pas beaucoup de criminalité » Plus que leur voisin australien!
      https://fr.numbeo.com/criminalit%C3%A9/classements-par-pays

    • pandacruel dit :

      Pays surtout aligné sur les USA comme l’Australie, et qui participe souvent à leurs « épopées » communes…

  2. penandreff dit :

    cela fait 300 millions par hélicoptère et même si il y a des pièces de rechange et des munitions il va devenir difficile d’entretenir une armée.
    la taxe América?

    • Jack dit :

      Le coût unitaire ne se calcule pas en divisant l’addition par le nombre d’appareils. Il faut regarder le détail de la commande (détail qui est bien sûr classifié).

    • VieDesign dit :

      « 300 millions par hélicoptère »
      « la taxe América »
      Je me suis fait la même réflexion, « dot d’allégeance ». 🙂

    • VieDesign dit :

      … il me semble qu’il y a quelques années, la France s’était renseigné pour des Chinook, non? Si oui, qui se rappelle du prix/appareil proposé?

  3. Roland DESPARTE dit :

    Idem que pour l’article précédent…
    Ce Trump, que nombre de médias occidentaux critiquent… Grossier, imprévisible, insultant, n’en demeure pas moins qu’il porte son industrie de défense au zénith ! Les ventes FMS (Foreign Military Sales) à destination du Vieux Continent sont ainsi passées de 10 Mds$ en 2020, à 26 Mds$ en 2022, pour atteindre 43 Mds$ en 2024. Et ce n’est pas fini !
    https://www.frstrategie.org/publications/defense-et-industries/industrie-americaine-defense-europe-heure-strategie-america-first-2026

    • Huon dit :

      À moins que j’ai manqué quelque chose (et c’est possible), vos chiffres montrent que Joe Biden a multiplié par quatre les ventes d’armement américain vers l’Europe. Par rapport à son prédécesseur Trump.

      • Philippe Lahon dit :

        5 helicos pour 1.5 milliards ?
        il y a pas une erreir qq part ?

      • Tintouin dit :

        Soyez un peu indulgent. Vous savez que l’amour rend aveugle 🙂

      • Roland DESPARTE dit :

        @Huon,
        Lisez l’article et la stratégie déployée par l’America First. Je ne plaide ni pour l’un ni pour l’autre, je fais un constat (Après avoir lu l’article…). C’est tout.

    • mich dit :

      Au niveau de l’ armement rien a voir avec Trump ,rien de bien nouveau non plus car nous n’ avons qu’ une souveraineté moyenne sur notre continent depuis des lustres (en cela merci à l’ OTAN que ce président déteste tant et qui couterait si cher à l’ Amérique ) et parallèlement les budgets augmentent en partie à cause des menaces au niveau mondial du fait d’un monde enfin sorti de la parenthèse binaire de la guerre froide et pour finir il y a plus de clients qui peuvent y mettre le prix .

      • Roland DESPARTE dit :

        Bonjour mich. Quand je parle de Trump, ce n’est pas l’homme que je considère, c’est le représentant d’une administration qui, comme celle de Biden, profitant des crises, pousse à toujours plus de soumission de notre continent…

        • mich dit :

          Ok , mais franchement ils n’ont pas besoin de faire beaucoup d’ effort pour nous pousser !

    • Trumphal dit :

      Je comprends pourquoi Trump n’a pas l’intention de mettre fin aux guerres, plus de guerres il y a, plus ça fait le business des LM,boeing, NG,RTX…

    • Jack dit :

      La guerre en Ukraine y est peut être pour quelque chose, aussi… non ?

      • Roland DESPARTE dit :

        @Jack,
        Guerre en Ukraine, crises au Moyen-Orient, menace chinoise… Mais comme le rapporte l’auteur, « c’est bien l’Europe qui tire aujourd’hui les exportations américaines d’armement » ; ceux-là même qui bien souvent critiquent la politique américaine… Comme je l’ai affirmé plus haut, je ne plaide pour Trump (ou Biden), je fais juste le constat que l’Europe ne sait pas ce qu’elle veut.

  4. Anonyme dit :

    Avant tout, la Nouvelle-Zélande ferait bien de se procurer une douzaine de F-35 ou, à défaut, de F-16V. Un pays isolé sans aviation de combat n’a pas une défense crédible. Compter sur les autres, l’Australie et les USA en l’occurrence, a ses limites !

    • Mic dit :

      Des F35 ????
      Pourquoi faire ? la Nouvelle Zélande va attaquer l’Australie ?
      Les F16 suffisent pour faire toutes les taches nécessaires à la Nouvelle Zélande et sa ZEE !
      Par contre quelques corvettes/ fregates ne seraient pas de trop.

      • Anonyme dit :

        Le problème n’est pas l’Australie, c’est la Chine, pays aujourd’hui doté de porte-avions.

      • Philippe dit :

        @Mic. »Par contre quelques corvettes/ fregates ne seraient pas de trop. » Oui, d’ailleurs la Nouvelle Zélande s’intéresse aux mêmes frégates japonaises que celles choisies par l’Australie.

      • Radada dit :

        Quelque part, la Nouvelle Zélande est aujourd’hui dans la même situation que la République d’Irlande. Elle n’a aucun avion de combat.
        Pour remédier à cela, il y a plusieurs fournisseurs potentiels. Un régional, KAI, et d’autres plus lointains qui pourraient, eux aussi, lui proposer des mono ou des bimoteurs.
        Ne serait-ce que pour couvrir ses bâtiments, ce pays sortira-t’il un jour de cette singularité en recréant un ou deux escadrons ?

      • Diacritique dit :

        Des F-16 pour nettoyer les taches, c’est une méthode vraiment trop expéditive. Les gens aiment bien récupérer leur linge en bon état après le dégraissage.
        Mais pour effectuer les tâches aériennes nécessaires à la Nouvelle-Zélande, des F-16, pourquoi pas…

        Tache : souillure.
        Tâche : chose à faire.

    • Benoit dit :

      regardez une carte avant de faire des commentaires.

      .le seul avion dont à besoin la NZ c’est un patrouilleur à long rayon d’action.

      • Anonyme dit :

        Lisez l’article avant de faire des commentaires : c’est sûr, un patrouilleur à long rayon d’action çà fait le poids face à une escadre chinoise !

  5. Clavier dit :

    Il va falloir en vendre des moutons pour se payer ces ventilos destinés à la Navy …parce que ce n’est pas donné….

  6. PHILIPPE dit :

    Effectivement le complexe militaro-industriel américain engrange actuellement des ventes.
    Mais outre des difficultés internationales parfois dues à de sérieuses maladresses en matière de politique étrangère, ces ventes sont-elles le fruit :
    * de l’art du deal de Donald Trump ?
    * ou de la volonté de repli, assez générale, des Usa sur eux-mêmes laquelle en inquiète plus d’un ?
    Ce qui est sûr c’est qu’au niveau mondial un point d’inflexion majeur est en train d’être franchi.
    De ce fait toutes les hypothèses sont maintenant sur la table.

    • Roland DESPARTE dit :

      Bonjour PHILIPPE,
      Perso, je crois que les divisions européennes et l’inexistence d’une politique étrangère crédible de l’Europe sont tout aussi responsables. L’art du deal, je n’y crois pas. Trump et son administration s’engouffrent dans un vide… Effectivement, à présent, toutes les hypothèses sont maintenant sur la table.

  7. farragut dit :

    « «Pendant de nombreuses années, l’éloignement géographique de la Nouvelle-Zélande a été perçu comme un rempart contre l’instabilité ailleurs dans le monde. Toutefois, les événements récents nous ont rappelé à quel point les perturbations des routes maritimes internationales peuvent affecter rapidement les économies et les chaînes d’approvisionnement à travers le monde. Les océans ne sont pas une barrière contre le danger, mais un intérêt national vital qui doit être activement protégé», a fait valoir M. Penk. »
    IBM avait pourtant un slogan tout approprié à la situation déjà dans les années 90 : « Petite planète » ! 😉

  8. Papijulo dit :

    put…c est cher !

  9. toufik dit :

    La vente n’est pas faite.
    NHIndustries peut encore creuser cet argument de l’interopérabilité, et l’étudier avec Mitsubishi Heavy Industries. Entre SH-60 et NH90, les dimensions sont très similaires.
    https://en.wikipedia.org/wiki/Sikorsky_SH-60_Seahawk
    https://fr.wikipedia.org/wiki/NHIndustries_NH90
    Et un NH-90 qui atterrit sur une frégate de la Classe Mogami, c’est un cas qui pourrait se présenter dans d’autres contextes / alliances qu’entre Australie et Nouvelle-Zélande. Il faut au moins interroger les Japonais, qui ne déroulent pas systématiquement le tapis rouge pour la BITD étatsunienne, et dont ce serait l’intérêt de rendre leurs bateaux les plus interopérables possible.
    Après les misères que nous ont faites les Australiens sur le NH-90, il serait dommage de laisser filer les Néo-Zélandais.

  10. jean luc dit :

    il y a une chose que vous connaissez pas, les anzacs , c’était un corps expéditionnaire composé d’Australiens et de Néo-Zélandais envoyé en Europe en 1915 aux Dardanelles . lá bas le anzacs day , c’est sacré aujourd’huit C’est le plan Anzacs 2035 Le plan Anzac 2035 (officiellement intitulé « Operationalising the Australia-New Zealand Alliance: Anzac 2035 – Closer Defence Relations ») est un accord de défense stratégique majeur signé le 17 mars 2026 par la ministre néo-zélandaise de la Défense Judith Collins et le ministre australien de la Défense Richard Marles. Face à une dégradation rapide de l’environnement de sécurité dans la région Indo-Pacifique, cette feuille de route sur dix ans vise à transformer la coopération historique en une force militaire Anzac pleinement intégrée, interchangeable et prête au combat d’ici 2035, tout en respectant la souveraineté de chaque pays.Ce pacte militaire repose sur plusieurs axes stratégiques majeurs :1. Intégration tactique et interchangeabilité des forcesUnités interchangeables : L’objectif va au-delà de la simple interopérabilité (communication). Les armées cherchent à déployer des unités capables de remplacer numériquement ou tactiquement une unité de l’autre pays de manière totalement fluide.Planification conjointe : Intégration accrue d’officiers de liaison au sein des états-majors stratégiques et opérationnels respectifs pour synchroniser les réponses aux crises.Exercices complexes : Intensification des scénarios d’entraînement à haute intensité, notamment via les manÅ“uvres biennales majeures comme l’exercice Talisman Sabre.2. Posture de force et déploiements rotationnelsActivités de posture élargie : Le plan prévoit des activités de forces rotationnelles mutuelles directement à travers leurs géographies respectives.Groupe de travail dédié : Création d’un groupe de travail permanent sur la posture des forces (Australia-New Zealand Force Posture Working Group) pour formuler des recommandations opérationnelles régulières.3. Logistique partagée et base industrielleMaintenance des plateformes communes : Mutualisation complète du soutien et de la logistique pour les flottes d’aéronefs partagées. Cela concerne en priorité les avions de patrouille maritime Boeing P-8A Poseidon et les avions de transport tactique Lockheed Martin C-130J Super Hercules.Réduction des barrières : Levée des obstacles réglementaires pour permettre aux industries de défense des deux pays de co-développer, co-produire et soutenir des technologies de souveraineté avancées.Résilience des chaînes d’approvisionnement : Sécurisation des bases industrielles pour garantir une autonomie accrue en cas de rupture de l’approvisionnement mondial.4. Sécurité régionale et focus PacifiqueLe Pacific Response Group : Ancrage de cette unité conjointe en tant qu’atout régional permanent pour répondre efficacement aux crises, aux urgences humanitaires et aux catastrophes naturelles en Océanie.Sécurité maritime : Soutien coordonné aux activités de surveillance maritime menées par les pays insulaires du Pacifique pour protéger leurs zones économiques exclusives contre la pêche illégale ou les activités déstabilisatrices.Le suivi et la mise en Å“uvre de cette stratégie s’effectuent à travers les consultations ministérielles annuelles régulières (les réunions ANZMIN 2+2), réaffirmées lors des sommets bilatéraux des Premiers ministres à la mi-2026.

    il s’agit d’intégrer les deux pays dans une défense intégrée binationale. Ce qui compte pour les Néo-Zélandais, c’est l’interopérabilité avec les Australiens

  11. Phil dit :

    300 millions l’unité, meme avec les équipements associés, ils n’ont pas l’impression de se faire enfler ?