Le Service industriel de l’aéronautique et Airbus ont scellé un partenariat «stratégique» pour le soutien des A400M

Même s’il ne donne plus de chiffres, le ministère des Armées assure que le taux de disponibilité des vingt-cinq avions de transport A400M «Atlas» mis en œuvre par l’armée de l’Air & de l’Espace n’a cessé de progresser au cours de ces dernières années. Et cela en raison de la maturité croissante de cette flotte. Cependant, il va probablement diminuer à partir de cette année, plusieurs appareils devant être immobilisés pour des opérations de maintenance lourde.

«Les premières grandes visites, prévues à partir de 2026, nécessiteront une immobilisation plus importante de la flotte. Face à l’enjeu de croissance, l’objectif est d’augmenter la disponibilité tout en réduisant le coût de l’heure de vol», avait expliqué l’ingénieur hors classe de l’armement [IGHCA] Marc Howyan, le patron de la direction de la maintenance aéronautique [DMAé], dans les pages d’Air & Cosmos, l’an passé.

Cela étant, pour une raison qui n’a pas été précisée, ce n’est pas la DMAé qui vient de notifier un contrat à Airbus pour le soutien des A400M… mais la Direction générale de l’armement [DGA]. Et, dans le cadre de ce dernier, le Service industriel de l’aéronautique [SIAé], qui relève de l’armée de l’Air & de l’Espace, a scellé un partenariat «historique» et «stratégique» avec le groupe européen. C’est en effet ce qu’elle a annoncé via le réseau social LinkedIn, le 4 juin.

Sans entrer dans les détails, la DGA a avancé que cet accord entre le SIAé et Airbus allait «marquer une étape clef pour permettre» à la flotte d’A400M de l’armée de l’Air & de l’Espace de «mieux faire face aux enjeux des futurs conflits» en garantissant une «meilleure réactivité et résilience opérationnelles» et se traduire par une «montée en compétence» de l’Atelier industriel de l’aéronautique [AIA] de Clermont-Ferrand.

«Ce partenariat s’inscrit dans une vision de long terme pour renforcer la souveraineté nationale en maîtrisant les compétences critiques, préparer le maintien en condition opérationnelle de combat et améliorer la disponibilité des A400M pour répondre aux nouvelles missions de cette flotte», a expliqué la DGA.

De son côté, le SIAé a souligné que son partenariat avec Airbus amorce une «nouvelle dynamique» en permettant à ses équipes de «renforcer progressivement leur capacité à élaborer des solutions de réparation» afin d’être en mesure de garantir la disponibilité opérationnelle des A400M, «au plus près des besoins de nos forces».

«Cette avancée illustre pleinement la mission du SIAé : mettre en œuvre son expertise industrielle au service de nos armées, en contribuant à un soutien aéronautique toujours plus réactif et robuste», a-t-il fait valoir.

L’AIA de Clermont-Ferrand dispose d’infrastructures lui permettant d’accueillir jusqu’à cinq A400M et il est question d’augmenter cette capacité à l’horizon 2030. Chaque appareil y passe une visite dite «légère» tous les deux ans. Il revient également à cette structure d’assurer les visites lourdes, lesquelles exigent une immobilisation pouvant durer huit mois, si ce n’est davantage.

«Nous sommes très contraints par la logistique d’Airbus», avait expliqué le responsable de l’activité «A400M» de l’AIA, à Aerobuzz, en juillet 2023. «Deux des trois A400M stationnés chez nous sont en arrêt de maintenance dans l’attente de moyeux pour les hélices», avait-il alors confié.

Quoi qu’il en soit, le partenariat noué avec Airbus prévoit sans doute la mise à la disposition du SIAé d’un jumeau numérique de chaque A400M. «Ce modèle 3D, développé par Airbus, accessible aux maintenanciers, accélère les interventions et la remise en vol de l’avion de transport tactique», avait indiqué la DMAé, à l’occasion de l’édition 2025 du salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget.

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9 contributions

  1. jean luc dit :

    Je ne vois pas ce qui est stratégique, pour ce qu’il me semble être logique, qui peut mieux aider à faire la maintenance d’un Airbus A400M, qu’Airbus lui-même. il me semble par contre très utile d’avoir un double numérique en 3D de chaque Airbus, comme cela les mécanos pourront voir les interventions précédentes, et gagner beaucoup de temps .

    • Tih Yellow dit :

      Oui, c’est comme : « Qui mieux que Renault peut entretenir votre Renault ».
      Bà j’aurais tendance à dire tous le monde sauf Renault.

    • Mic dit :

      On fine, j’ai plutôt l’impression que l’IAI de Clermont veut pouvoir faire la maintenance la plus compéte et la plus lourde, sans etre contraint par Airbus.

    • toufik dit :

      Euh… @jean luc, ça a tout l’air d’une petite reprise en main de la logistique des pièces chez Airbus DS, par la DGA…
      « «Deux des trois A400M stationnés chez nous sont en arrêt de maintenance dans l’attente de moyeux pour les hélices» » : ça la fout mal, non ?
      Vivement que la DGA fasse de même avec NHIndustries pour le NH-90, si ce n’est pas déjà le cas.

  2. Myshl dit :

    Que du blabla.
    Avant que d’être « stratégique » ça doit être logistique.

    C’est bien joli de faire comme d’hab du papier, de définir un « cadre contractuel ».
    Mais…
    1/ Faut des sous,
    2/ Faut des rechanges, en flux ET EN STOCK,
    3/ Faut des infrastructures, outillages, et tout ça,
    4/ Faut des ingénieurs, techniciens et ouvriers formés et compétents.

    Mais surtout, le gouffre est là devant nous, il faut du stock, anticipé le stock svp.

    Pour alléger le(s) premier(s) marché(s) les comptables (commissaires) ont sacrifié les commandes de pièces à long cycle de fabrication. Donc on n’a pas créé les stocks pour le long terme, et on a probablement détruit la compétence industrielle parce qu’on a condamné la continuité.

    Le blabla ne suffira pas.
    L’avenir de la flotte Atlas est tout tracé:
    pas de stock anticipé, flotte stockée.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « ET EN STOCK, » Eh oui, la « plaie » du zéro stock, de là à posséder des stocks pléthoriques qui prennnent la poussière dans un hangar et des stocks calculés au plus juste dans des poiids lourds……………..ils appellent cela « l’optimisation » mais s’il y a un grain de sable toute la chaîne s’effondre et le client en bout de chaîne il…………..gueule!

    • Baratinovitch dit :

      Tovaritch Mikhaïl, ta bonne humeur fait plaisir à voir !

  3. Radada dit :

    Contrat signé entre la DGA et AIRBUS……..
    Cela est très bien. Derrière le choix du signataire il y a possiblement la question du plus haut niveau voulu à ce document par l’Etat. Il pourrait y avoir là un signal envoyé à AIRBUS et pour ce dossier A 400 M en particulier, un avion qui est la poutre maitresse quant aux projections de nos forces loin de la France et en indépendant quand il s’agit d’affirmer notre souveraineté.
    Nous le savons, la DGA est très impliquée dans les questions qui touchent à la défense de notre pays ainsi qu’à l’ensemble de ses intérêts. Elle a une place primordiale quand il s’agit de conclure avec une industrie ou un pays étranger ou les deux à la fois. A ce propos et c’est maintenant lointain, souvenez-vous de la place qu’avait l’Ingénieur général Audran et notamment pour l’ensemble des dossiers discutés et conclus entre la France et l’Irak ( Plus ou moins 110 MBDA / Mirage F1- Missiles et autres munitions – AUF1 155mm etc ) .
    Cela avait très bien été repéré par nos adversaires et cela lui a coûté la vie ( l’Iran actionnant indirectement Action direct ).