Le ministère des Armées salue le succès du tir d’un missile MICA/IR NG par un Rafale en vol supersonique

En juillet 2018, le ministère des Armées notifia à MBDA le programme MICA NG [pour Missile d’Interception, de Combat et d’Autodéfense de Nouvelle Génération], cette munition «complexe» devant se décliner en deux versions : l’une avec un autodirecteur infrarouge [IR], l’autre avec un autodirecteur électromagnétique [EM].

«Ces missiles innovants dans les domaines des autodirecteurs et de la propulsion [grâce à un propulseur bi-pulse, ndlr] permettront de conserver l’avantage opérationnel face à l’évolution des menaces», fit valoir la Direction générale de l’armement [DGA], lors de l’annonce d’une commande ferme d’un premier lot de 200 MICA NG [sur 567 prévus], quelques mois plus tard. Les livraisons étaient attendues pour 2026. Mais cet objectif n’a pas pu être tenu.

En effet, ce n’est qu’en juin 2025 que la DGA a procédé au premier tir de développement du MICA NG, avec un Rafale banc d’essai, depuis le site Méditerranée de son centre d’expertise «Essais de missiles» [DGA EM]. Et cela à l’issue d’une longue phase de préparation ayant impliqué l’avion banc d’essai Fokker 100 de DGA Essais en Vol [DGA EV], DGA Ingénierie et projets, DGA Maîtrise de l’information et DGA Techniques aérospatiales.

La mise au point de l’autodirecteur IR est l’un des aspects les plus délicats de ce programme.

Quand l’avion porteur vole à plus de Mach 1 [donc à une vitesse supersonique], le MICA/IR NG est soumis à une température plus élevée. Or, plus celle-ci est importante, plus «le contraste entre la cible d’intérêt et le fond de l’image sera faible et plus l’autodirecteur peinera à la détecter», explique la DGA.

D’où l’intérêt du second tir de développement du MICA IR NG que celle-ci a effectué avec le concours de MBDA, de Dassault Aviation et de l’armée de l’Air & de l’Espace.

«Le 1er juin 2026, la Direction générale de l’Armement a réalisé avec succès le premier tir du MICA NG en configuration de vol supersonique du Rafale. Il a été réalisé depuis un avion instrumenté sur le site Méditerranée de la DGA Essais de missiles», a en effet annoncé le ministère des Armées.

Ce tir «constitue un jalon majeur vers la qualification du missile et son intégration au Rafale. […] Il a permis de valider la chaîne complète de mise en Å“uvre du missile dans sa version infrarouge et ses performances associées, le tout dans un contexte d’emploi très exigeant», a-t-il souligné.

Cela étant, d’autres tirs de développement sont prévus afin de vérifier les capacités des deux versions du MICA NG, selon les configurations de tir possibles, à différentes altitudes et vitesses de l’avion porteur. L’an passé, la DGA avait précisé que les premiers missiles seraient livrés par MBDA en 2030. Cette fois, elle s’est gardée de donner une échéance.

Photo : DGA

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48 contributions

  1. Sillage dit :

    Joli succès de ce programme avec un missile restant au top face aux AIM-9X et AIM-120C dont il couvre les capacités – l’AIM-120D se rapproche davantage du Meteor. Avec les ventes de Rafale passées et à venir, le marché de ce missile n’est pas anodin.

    • Kantaten**** dit :

      Bien vu !

    • E-Faystos dit :

      @ Sillage.
      la grande portée de L’AIM120 est arrivée avec la C. la version D toilette l’électronique et rabote les ailette pour entrer en soute.
      .
      A ce qu’il paraît dans les fuites, le MICA toilette ses auto directeurs mais il se met aussi à l’heure de la double impulsion pour gagner en portée…
      combien ? excellente question, dont la réponse va rester floue quelques années. j’en veux pour preuve le METEOR, dont la portée s’est brusquement accrue, tout comme celle du M51, d’ailleurs.
      la vérité, s’est une question de circonstances et là, il faut montrer les dents contre les PL15.
      PS: missile chinois qui a peut être abattu des Rafales (sûrement un kill), mais dont l’efficacité va être mise en défaut depuis que sa portée sont connues, et que sa technologie est accessible.

      • Plombier-chauffagiste dit :

        « A ce qu’il paraît dans les fuites, le MICA toilette »

        Les fuites dans les toilettes, j’en fais mon affaire !

      • Charles III dit :

        @E-Faystos. »la version D toilette l’électronique et rabote les ailette pour entrer en soute. » Euh, à part « l’enveloppe » et la charge militaire, il n’y a plus rien de commun avec le C-7 et ses prédécesseurs…Le C est déjà « raboté » pour l’emporter en soute. La portée de la version D est bien supérieure à celle du C-7..

  2. Mouarff dit :

    Tiens c’est vrai, comment marche un autodirecteur IR quand sa fenêtre à l’avant du missile chauffe à haute vitesse (et donc émet des infra-rouge) ? C’est refroidit par argon ou autre détente de gaz ?

    • E-Faystos dit :

      les premières générations de détecteurs étaient refroidies par des cartouches à décapsuler, et demandaient un délai inconfortable pour être en mesure d’acquérir une cible.
      puis sont arrivés les munitions avec des refroidissement moins excessifs, mais toujours peu performants :au Vietnam, il suffisait d’entraîner le missile vers le soleil et de le laisser y épuiser son énergie en dégageant…
      c’est dans les années 80 qu’arrivent les autodirecteurs modernes mis au point par…
      l’URSS.
      mais dans le même temps, les USA mettaient le paquet sur les missiles à guidage Radar type phoenix.
      .
      sauf qu’un missile IR est idéal pour le combat tournoyant, quand un missile par guidage Radar exige une surveillance et guidage précis via le radar de bord, mais si il possède assez de portée, une telle munition met son utilisateur à l’abri.
      avec l’AIM120, les USA poursuivent la logique du combat simplifié : voir le plus tôt possible, tirer à distance de sécurité, et limiter les risques.
      les Européens ont laissé le développement des missiles à guidage Radar aux US et ont d’excellentes filières avec l’IRIS T Allemand pour sa maniabilité, et MICA IR pour sa portée.

      • Philippe dit :

        @E-Faystos. »c’est dans les années 80 qu’arrivent les autodirecteurs modernes mis au point par…l’URSS. » Pas tout à fait. Les autodirecteurs « modernes » sont apparus dès la 2ème moitié des années 70 avec l’AIM-9L. La principale avancée est dans la capacité dite « all aspect », c’est à dire de pouvoir engager une cible sous tous les angles, y compris de face. Les Russes ont surtout introduits des capacités HOBS avec des cônes de detection beaucoup plus larges. Sinon, concernant votre autre commentaire, la possibilité de mettre l’AIM-120 en soute date de la version C, pas de la version D…

    • Marcorr dit :

      Le Meteor est un système de guidage par radar

    • Marcorr dit :

      Oubliez ce que j’ai dit, un commentaire ci-dessus m’a induit en erreur.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Azote (liquide si mes souvenirs sont bons!)

      • Philip dit :

        oui par effet Joule-Thomson la détente d’une cartouche de gaz, passant préalablement dans un serpentin dont la sortie refroidi exterieurement le serpentin très rapidemment cela s’emballe et produit de l’azote liquide refroidissant le capteur.

    • rainbowknight dit :

      Aux USA pour refroidir Donald utilise la ICE Police ….. un petit Scud pour le Groenland.

      • Pascal, (l'autre) dit :

         » pour refroidir Donald utilise la ICE Police » A Los Angeles ce fut plutôt le contraire!

  3. HMX dit :

    Hâte de voir ce missile entrer en service.

    Les améliorations sont les suivantes :
    – portée annoncée comme « jusqu’à +100km » selon les conditions du tir (+40% que le MICA standard)
    – Nouveau moteur double impulsion, qui offre l’avantage de conserver l’énergie et d’excellentes performances jusqu’à la phase finale de vol, et une meilleure maniabilité (+50G)
    – Nouvel autodirecteur IR à sensibilité accrue, annoncé comme efficace même contre les cibles faiblement émissives (chasseurs furtifs, drones).
    – Nouvel autodirecteur EM/RF : utilisation d’une petite antenne AESA, annoncée comme plus efficace , résistance accrue au brouillage et capacités tout-temps.
    – Electronique embarquée miniaturisée (ce qui permet l’emport de davantage de propergol) et davantage de résistance aux contremesures.
    – Capteurs internes pour le monitoring de l’état du missile : fonction « auto-check » qui réduit les coûts de maintenance et de possession, et promet une meilleure durée de vie en transport et stockage.

    Le MICA NG va contribuer à renforcer la crédibilité du Rafale sur le marché international. Son rapport performances/coût s’annonce très compétitif. Grâce à son concept unique de têtes interchangeables (IR et EM/RF), ce missile excelle dans une grande variété de scénarios mixtes à courte/moyenne portée.

  4. jo666 dit :

    il faudrait une solution plus économique qu’un missile , genre un drone à 600 euros ou un obus BONUS 155 qui contient déjà une fusée pour une portée à 50 km ….

    • Magic38 dit :

      Tu penses qu’ils le savent pas déjà ? Et tu penses aussi qu’il n’y a que des drones à détruire ? Les chasseurs et autres cibles importantes n’ont pas disparu.

    • lecoq dit :

      et tu vas le lancer a partir d’un chasseur qui vole à 1500 km/h ton drone ? heu arrête to char ben Hur

  5. jean luc dit :

    Je fais remarquer une chose, c’est que les premières livraisons étaient prévues en 2026 , cela est repoussé à 2030 Quelles sont les raisons qui ont poussé la DGA à attendre juin 2025 pour faire le premier essai ?

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « La mise au point de l’autodirecteur IR est l’un des aspects les plus délicats de ce programme. » C’est extrait de la présentation de ce fil de discussion, vous l’avez lu?

      • jean luc dit :

        oui, mais quand on donne une date de livraison et que l’on sait qu’elle a peu de chance d’être tenue à cause des problèmes techniques, cela ressemble à de la fraude car cela élimine toute concurrence nationale et permet à MDBA France d’avoir un monopôle sur le marché, donc des prix beaucoup plus hauts. Pour les pénalités entre l’État et l’industriel, cela relève du secret des affaires, Donc, on ne peut pas dire que ce genre de contrat soit clair. Tant que ce genre de pratique existera, la concurrence sera faussée

        • Huon dit :

          « Tant que ce genre de pratique existera, la concurrence sera faussée. »

          La « concurrence libre et non faussée » a déjà fait suffisamment de mal dans pas mal de domaines. Heureusement que dans le domaine de la défense, la concurrence demeure faussée.

        • Pascal, (l'autre) dit :

          « l’État et l’industriel, cela relève du secret des affaires, Donc, on ne peut pas dire que ce genre de contrat soit clair.  » Ce sont des clauses confidentielles comme toujours dans les contrats d’armements, vous venez de découvrir l’eau chaude? Evidemment vous allez nous déclarer quen Allemagne tout n’est que transparence et qu’il n’y a jamais de retard dans un programme …………qu’elle est balèze l’Allemagne, nessspas!

    • Wagdoox dit :

      C’est l’approche qu’on a utilisé pour ce NG à mon sens.
      On reprend exactement la meme forme extérieur que le mica de génération actuelle pour alléger la facture d’intégration (notamment sur la phase de séparation mais on le voit bien on doit quand meme faire des tests).
      Ca veut aussi dire garder le meme volume exactement, garder le meme centre de gravité exactement…
      Le tout en respectant les specifications de combats, c’est loin d’etre trivial.
      Il est parfois plus simple de repartir d’une feuille blanche que de reprendre l’existant

  6. VieDesign dit :

    Donc, 4 ans de retard ????

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « La mise au point de l’autodirecteur IR est l’un des aspects les plus délicats de ce programme. »
       » Ben ouais hein, c’est un peu plus compliqué que la mise au point d’une cocotte minute!

      • VieDesign dit :

        Un constructeur auto moyen met 4 ans pour concevoir une voiture, industrialisation et tests compris, 2 ans et demi devient la norme, 12 mois pour certains chinois … et là, en plus des années normalement prévues pour développer une (grosse) évolutions (car on ne part pas de zéro), 4 ans de plus? Y’a que moi que sa choque, 4 ans à cause d’un composant?
        Quand le commercial a vendu le missile à la DGA, il était dans les choux à ce point question prévisionel?
        Du coup, si c’était une habitude un tel retard, je comprendrais que les suédois achètent des coques de FDI … mais les remplissent eux-mêmes (Rhoo je taquine 🙂 )

    • jean luc dit :

      oui , celas est dû a tes pratiques douteuses , comme citer plus haut

    • Carin dit :

      @VieDesign…..
      Oui, mais avec une certaine avance sur les autres marques de missiles air/air fonctionnant en infrarouges…

      • Mère Grand dit :

        « Oui, mais avec une certaine avance sur les autres marques de missiles air/air fonctionnant en infrarouges… ». Carin, toujours égal à lui-même….

  7. Pascal, (l'autre) dit :

    Généralement l’utilisation des missiles I.R. se fait surtout en combat à courte/moyenne distance donc le plus souvent en subsonique mais il faut voir dans cette validation une plus grande « plage » d’utilisation du Mica I.R. et possiblement une meilleure discrimination face aux leurres I..R.
    https://www.youtube.com/watch?v=3SDhlSQ60So
    https://www.youtube.com/shorts/sL00hI2opkQ
    « plus «le contraste entre la cible d’intérêt et le fond de l’image sera faible et plus l’autodirecteur peinera à la détecter» Amélioration du refroidissement de l’autodirecteur généralement à l’azote!

    • Wagdoox dit :

      Sauf que face aux avions furtifs, le mica IR va devenir la norme.
      Le EM reste utile notamment si/quand les avions seront dotés de CIRM.

  8. Roland DESPARTE, alias “papy tech“ un soir d’ennui… dit :

    A mon grand âge [>70], on a parfois quelques soucis pour appréhender les nouvelles technologies… Aussi dois-je m’abreuver de documentations pour nourrir mon “kernel“ usé. Voici donc en partage un p’tit peu de tech pour les aficionados intéressés du savoir…
    Tout d’abord pourquoi décliner ce missile en 2 versions, l’une avec un autodirecteur infrarouge [AD/Ondes-IR], l’autre avec un autodirecteur électromagnétique [AD/Radar-EM], alors que certains (rares et très onéreux) missiles offrent un mode multispectral [Brimstone (MBDA), JAGM ou AGM-179 (Lockheed Martin), Precision Strike Missile PrSM-Increment 2 (Lockheed Martin)] ?
    Il faut savoir que chaque cible a une signature unique, faite d’ondes différentes (émises et réfléchies) qui se propagent dans l’air [300 000 km/s] et constituent un spectre ; les processeurs (IA) du système d’arme, à partir des ondes émises et/ou réfléchies, conçoivent une image imaginée de la cible et l’analyse (analyse spectrale) : sa forme, sa taille, sa température, son frottement, sa vitesse, son mouvement, sa trajectoire, sa distance, les métaux dont elle est fait (car leur forme et leur matière modifient l’écho), …]. Ainsi, le MICA NG existe en 2 versions :
    AD/Ondes-IR = Capteur-détecteur PASSIF du rayonnement thermique (ondes infrarouges) naturellement émis par une cible (moteurs, fuselage, humain, etc.). Ce n’est pas un radar, il n’émet rien, il reçoit, analyse et guide le missile sur le point chaud identifié sélectionné ; il est indétectable mais sensible à la météo et aux leurres thermiques (flares).
    AD/Radar-EM = Un petit radar embarqué ACTIF (émetteur + récepteur) ; autonome, il émet des ondes radio et « voit » sa cible par retour/échos radar (ondes réfléchies) ; il pilote le missile vers un point d’interception calculé en temps réel. Tout-temps, avec une bonne portée, il est cependant détectable car il émet des ondes.
    Conjuguer les deux modes (dual-mode seekers) sur un seul missile est théoriquement possible, mais actuellement cela engendre un encombrement supérieur, un coût plus élevé, et une complexité qui peut nuire à la fiabilité [Cependant la recherche progresse…].
    Le MICA est d’une taille compacte [~3,1 m pour 112 kg] afin de permettre des manips aisées, et une intégration agile sur le porteur [Rafale ou autre]. Inclure deux têtes chercheuses (2 seekers) réduirait l’espace pour le propergol (le produit de propulsion qui assure puissance/vitesse/portée) et d’autres composants dédiés à la frappe ; ce pourquoi MBDA et la DGA ont préféré garder un corps de missile commun, fiable, avec des têtes interchangeables.
    Donc 2 missiles. Le pilote (ou éventuellement le système de tir) choisit son meilleur “seeker“ au moment du tir, selon la cible et sa signature, la météo, les menaces ECM, le besoin de furtivité…
    > Soit le MICA/IR NG avec son autodirecteur passif à imagerie infrarouge (matrix sensor) qui offre une interception « silencieuse » (pas d’émission radar) ; un missile “idéal“ en combat rapproché pour l’autodéfense, et contre des cibles furtives ou en environnement saturé par des contre-mesures électroniques (ECM).
    > Soit le MICA/EM NG avec son autodirecteur radar actif AESA (Active Electronically Scanned Array), qui excelle en tout temps contre des cibles à basse altitude ou en tir “vers le bas“ (shoot-down), qui est plus résistant à certains leurres et offre une meilleure capacité en BVR (Beyond Visual Range), sa propulsion bi-pulse lui donnant une bonne énergie en fin de vol.
    Précisons au passage que le MICA peut être emporté en complément du Meteor quand on veut maximiser l’emport (le Rafale peut en porter plus).
    @Mouarff et E-Faystos abordent avec pertinence un vrai problème technique, bien identifié, pour les missiles à autodirecteur IR passif ; celui de l’échauffement aérodynamique. Effectivement, à haute vitesse le frottement de l’air sur la coque, et particulièrement sur le dôme transparent à l’avant du missile, provoque un échauffement aérodynamique important. En conséquences, le dôme chaud émet lui-même du rayonnement IR détectable et de surcroît crée un bruit de fond important pour le détecteur, dégradant le rapport signal/bruit de la cible… Pour parer à ce problème, les ingénieurs ont conçu un dispositif de refroidissement par injection d’un gaz cryogénique sous pression (très souvent argon, parfois azote ou air pur), portant le cœur du détecteur IR à très basse température (souvent ~ -200 °C) pour réduire le bruit thermique interne et gagner en sensibilité [Paradoxalement le refroidissement du détecteur aide indirectement à la détection en créant un fort contraste thermique]. Pour gérer l’échauffement du dôme, d’autres méthodes sont co-employées, comme la conception aérodynamique optimisée du dôme, les systèmes à air pur généré à bord (compresseur haute pression), les refroidisseurs thermoélectriques cryogéniques, les caloducs (heat pipes), et des matériaux spéciaux -choisis pour leur transparence IR, leur résistance thermique et leur tenue au choc thermique- sont utilisés pour la conception des dômes [ZnS, ZnSe, saphir, fluorure de calcium, etc.]. Ceci participe au coût du développement et de la production…
    Maintenant, pourquoi Laurent Lagneau vous précise que la propulsion est « bi-pulse » ? Parce que le « dual-pulse motor » est une évolution significative ; le moteur à propergol solide bi-pulse (développé par le groupe franco-britannique Roxel, leader européen pour les missiles, roquettes et autres engins tactiques) remplace le moteur monophasé originel du MICA. La première impulsion du NG permet l’accélération initiale (lancement) puis la phase de croisière (~Mach 4+), et une seconde impulsion fournit en phase terminale une poussée supplémentaire, augmentant la vitesse et de ce fait l’énergie cinétique de la frappe. La nouvelle génération augmente la portée de <~40 % [Soit plus de 100km] et de meilleures performances contre des cibles manœuvrantes ou lointaines [Le MICA NG maintient son énergie lorsqu’il pénètre dans la « no-escape zone » (NEZ)]. Cela permet au Rafale de traiter une plus large gamme de menaces actuelles et futures (avions furtifs, drones, missiles de croisière, etc.).
    Enfin, parlons de son coût… Les estimations varient, dans le sens où pour le MICA “classique“ on est de l’ordre de ~1 million €, et pour le NG autour de 1,5 à 2 millions €. Avec le support, la commande française de 367 NG est estimée à ~1,8 milliard €. C’est cher, mais comparable au modèle US AIM-120D (~1,3-1,6 million $). La performance et la supériorité sont à ce prix…
    Espérant avoir été utile à certains, à bientôt !
    [Sources : documentation ingénieurs de l’armement].

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Très utile, merci pour cette exposé didactique!

    • France profonde dit :

      Merci Roland ! Cela change des commentaires habituels… A bientôt j’espère.

    • Happy boy in town dit :

      Merci « Papy tech », toujours instructif de vous lire.

  9. Carin dit :

    C’était déjà pas facile d’échapper à un MICA, mais là, on approche de l’impossible. Et à plus de 100 km, avec ça…

    • Mère Grand dit :

      Ah! ce Carin, quel gentil garçon tout de même….

      • Pascal, (l'autre) dit :

        C’est buen beau de brocarder mais si vous nous faisiez part de vos connaissances sur le sujet en évitant bien sûr de nous seriner que le matos U.S. est « the best of the best »!