Un hélicoptère Caracal de l’armée de l’Air & de l’Espace a effectué ses premiers tirs antidrones

En mars 2024, l’hélicoptère AS.565SA Panther de la Flottille 36F, embarqué à bord de la frégate Alsace, fit parler de lui en abattant un drone Sammad, lancé depuis le Yémen par les rebelles houthistes, dans le cadre de l’opération Aspides. Plus récemment, des Tigre de l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT] ont démontré leurs capacités en matière de lutte antidrone aux Émirats arabes unis, alors que, initialement, ils n’étaient pas prévus pour un tel emploi.
Quant à l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE], elle disposait seulement d’hélicoptères Fennec pour neutraliser des drones hostiles. Ce ne sera bientôt plus le cas.
En effet, ce 4 juin, le ministère des Armées a annoncé que, lors d’une campagne d’essais à Biscarrosse, elle venait d’expérimenter «les premiers tirs sur des cibles aériennes de type ‘drone’ depuis un hélicoptère H225M Caracal», grâce à son armement de sabord, en l’occurrence une mitrailleuse MAG58 de calibre 7,62 mm et une mitrailleuse M3M de 12,7 mm.
Jusqu’alors, il n’était possible d’utiliser cet armement qu’en mode air-sol, pour assurer la protection de l’hélicoptère et de ses abords ainsi que pour des missions d’appui-feu au profit des troupes au sol. Son «emploi air-air, pour une mission de lutte antidrone [LAD], est une première et a été couronné de succès», se félicite le ministère des Armées, pour qui cette évolution élargit l’éventail des capacités du H225M Caracal et, partant, ses «possibilités d’emploi» tant sur le territoire national qu’en opérations extérieures.
«Elle complète aussi, de fait, l’arsenal de l’AAE dans le domaine de la lutte antidrone et contribue à développer une défense aérienne élargie et multicouche», a-t-il fait observer.
De son coté, l’AAE a expliqué que l’équipe de marque « hélicoptères » avait mis au point un « appui pectoral spécifique positionné devant la M3M » afin que le tireur puisse disposer d’une meilleure stabilité pour « engager » le drone. « Guidé par sa caméra thermique EOS {système électro-optique], le Caracal a pu neutraliser deux drones cibles de type Shahed grâce à son armement de sabord », a-t-elle précisé.
Pour rappel, en métropole, le Caracal est mis en Å“uvre par l’escadron 1/67 «Pyrénées» qui, basé à Cazaux, fait partie des forces spéciales. En outre, en 2023, Airbus Helicopters avait fait part de son intention de doter cet hélicoptère d’une nacelle « canon » NC 621, produite par KNDS France, afin de lui donner une capacité de tir vers l’avant.
Quoi qu’il en soit, ces dernières semaines, avec l’appui de la Direction générale de l’armement [DGA] et de son Centre d’expertise aérienne militaire [CEAM], l’armée de l’Air & de l’Espace a entrepris de développer plusieurs solutions en matière de lutte antidrone, l’objectif étant de diminuer le coût par tir, d’économiser des missiles air-air MICA et d’être en mesure d’apporter une réponse graduée, en fonction des menaces et des contextes d’emploi [police du ciel, défense aérienne, mesures de sûreté aérienne].
Ainsi, récemment, un drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] MQ-9 Reaper a effectué, avec succès, des tirs d’expérimentation sur une cible de type «drone» avec des missiles AGM-114 Hellfire. En outre, des travaux sont en cours pour permettre aux Rafale de tirer des roquettes à guidage laser, beaucoup plus économiques qu’un missile air-air classique.
«Nous travaillons actuellement sur la conduite de tir du Rafale, afin que le canon permette de tirer sur des cibles lentes et très petites avec plus de précision. Nous sommes également en train de travailler sur l’intégration de roquettes, qui coûtent très peu cher par rapport à un missile. Ces travaux sont en cours sur les Tigre et sur les Rafale, dans le cadre d’un effort actif engagé avec la DGA sur plusieurs mois», a en effet expliqué le général Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors d’une récente audition au Sénat.
Par ailleurs, en faisant manifestement allusion à un article du Canard Enchaîné qui évoquait une «rivalité» entre l’armée de Terre et l’AAE dans le domaine de la lutte antidrone, le CEMA a fait une mise au point.
«J’ai lu un article […] évoquant une rivalité entre les hélicoptères Tigre et les avions Rafale. Cet article ne recouvre aucune réalité. Il existe au contraire une très bonne dynamique entre nos armées. Ce qui compte, c’est le résultat, pas l’armée qui l’obtient. Nous sommes là pour la protection des Français et pour respecter nos accords de défense. Dans ce cadre, tout ce qui est possible est fait. Les Tigre faisaient partie de notre solution et ont obtenu de bons résultats», a conclu le général Mandon.





Les drones en question ne sont par leurs performances et caractéristiques que les équivalents d’avions de la guerre de 14/18. Le danger avec des tirs canon à proximité étant les risques causés par l’explosion du drone. Le différentiel de vitesse impose la présence d’hélicoptères en nombre pour couvrir le maximum de terrain rapidement et un service de détection approprié pour en diminuer les délais.
On peut aussi imaginer que rapidement le drone deviendra chasseur.
Quelle armée française a été la première à descendre un drone iranien avec un hélicoptère ?
Réponse: c’est la marine, qui l’a faite en premier en Panther, en mer Rouge), et le premier à arriver sur place.
Source :
https://lemamouth.blogspot.com/2026/03/la-secops-sacrifiee-sur-lautel-des.html
@Chicaia. »Quelle armée française a été la première à descendre un drone iranien avec un hélicoptère ? » Quelle importance?? La lutte antidrone se doit d’être multidomaine et coordonnée.. Seul l’effet final compte. Qui l’a fait en premier relève de l’anecdote, et celui qui s’en vante est du niveau de la cour d’école..
Oui toujours amusant de constater que la MN a validé le concept en 10 mn en operations alors qu’il a falkut 2 ans à la DGA et l’AAE en métro
bonjour
non ce n est pas vrai !
ayant développé en tant qu officier des drones terrien en 1995 en France et travaillé avec le Surcouf et le sufren sur les détections drones, ils avaient réussi sans difficultés certes à abattre certains de nos engins. le rapport est resté confidentiel au niveau de la marine. du fait d’une méconnaissance a l’époque de ces moyens. mais c était les premiers a voir abattu des drones en 1995.
un officier drones cordialement
Bonjour, les Caïman Marine savent aussi faire de la lutte anti drones depuis quelques années (cf. Wildfire).
L’avantage de l’hélico sur l’avion c’est qu’après le tir de destruction, il ne pénêtre pas dans la bulle d’explosion de la cible à cause du tir en sabord et risque ainsi beaucoup moins un dégât collatéral ….
Mais il ne peut guère tirer vers le haut (rotor), au mieux à niveau, pour éviter les impacts directs de ses tirs au sol.
L’inconvénient, c’est que les limites de vitesse de l’hélicoptère sont connues d’emblée.
Il permet aussi une meilleure identification de la cible et éventuellement de communiquer avec la cible (qui est plus souvent un papi qui a une panne de radio sur son mono place).
Il permet également des trajectoires d interception que ne permettent pas les avions, les hélicos peuvent ainsi s approcher plus près de la DCA adverse.
Oui
Hélicos, quels capteurs, armes, logiciels et système embarqué, casques, environnement et météo ?
Tirs canon, petits missiles ou roquettes ?
+ :
Temps de vol à faible vitesse ou en statique.
Vol statique ou presque, capacité à ériger une ligne de défense précise à condition d’avoir suffisamment d’hélicoptères.
L’hélicoptère le plus rikiki, famille Ecureuil, Cabri, ferait l’affaire au moindre coût.
Cout de l’heure de vol, notamment du carburant.
Et plus c’est petit, plus c’est maniable et facile à planquer et mettre en Å“uvre.
Pas besoin d’une superbe piste de décollage, le décollage vertical peut être installé sur les sites à défendre, ou sur leurs limites, ceci sans aménagements lourds.
Au sol, les avions, avec bien moins d’options, seront bien plus difficiles à disperser et déplacer que les hélicoptères. Donc au sol, ils seraient des cibles plus faciles.
Réactivité maximum, alors que l’avion devra parcourir une certaine distance ou être en permanence en vol.
La permanence 24H/24 nécessite plusieurs avions pour être certain de défendre une seule zone.
L’hélico a une vitesse d’élévation rapide tout en restant face à l’axe d’une attaque.
– :
Altitude maxi pour l’avion.
Long à l’allumage, celui-ci peut ensuite franchir rapidement une belle distance, et donc attaquer le drone ou le missile plus tôt qu’un hélicoptère. Enfin selon la distance qui sépare de la source attaquante, et des capteurs qui peuvent refiler l’info, pour la fenêtre d’intervention allouée.
Et il peut facilement être prépositionné sur les axes d’attaque présumés, y compris en mer.
bonjour,
en mer pour un drone trop facile , pas de contrainte et un système de protection des navires qui travaillent quart par quart, si tu rentres dans le dispositif en pratiquant le colimaçon ça passe largement pour l avoir testé !! il ont certes évolué cependant ils ne disposent pas de moyen pour détecter une SER inférieur a 1 m2 . imagine le porte avion ciblé par un drone de faible SER ( pour l avoir testé) mais avec une forte capacité a détruire ?
pour avoir fait les missions innovations de la DGA à l époque et être financé par eux, nous avons réussir a prouver qu il fallait prendre en compte cette menace !! je rappel l époque 1995 et alors ?
cordialement
Mais bon, les drones progressent très vite, et s’adaptent aussi très vite, pour contrer d’autres drones de différentes manières, comme pour servir de relais à des transmissions pour des frappes de drones.
Ils ont les coûts bas, les vitesses et la simplicité d’assemblage, comme la capacité à saturer en multicouches, qui jouent largement en leur faveur.
Il me semble que les avions et hélicoptères adaptés à la lutte anti-drones ne sont qu’une étape pour combler les lacunes dans leurs propres autoprotections et pallier rapidement au manque de drones de défense.
Ces aéronefs et leurs pilotes finiront par être chassés efficacement par des drones.
Les hélicoptères doivent déjà s’en méfier, les avions un peu plus tard.
Des drones chasseurs qui seront certes plus pointus, mais couteront toujours bien moins cher que de gros aéronefs + pilote (ou pas) qu’ils chasseront.
Sans oublier les drones porte-drones, et les barrages statiques de drones en dernier recours, puis les robots terrestres et drones marins.
Rien ne va plus, refaites tous vos jeux, tous à vos manettes.
Faut effectuer un reset des toutes les caboches, militaires, politiques et financières.
Caboches industrielles aussi, et même surtout les industrielles et leurs lobbys.
Personne ne pense à dronier un petit avion mitrailleur, vu les excellents résultatsdes petits avions (avec pilotes) en Ukraine ?
Les hélicoptères sont des objets complexes avec un MCO démentiel par rapport à de petits avions ( pour moi, c’est un péché d’orgueil de snober les petits avions).
Pourtant les ukrainiens outre leur drone anti-drones à 1 000 dollars, se servent aussi d’avions ( pilotés) équipés de M 134 Minigun, avec succès : un seul d’entre eux aurait abattu 213 Shahed à lui seul !
https://www.leparisien.fr/international/ukraine/guerre-en-ukraine-converti-en-chasseur-de-drones-un-avion-civil-ukrainien-an-28-abat-213-appareils-russes-a-lui-seul-12-05-2026-EOGCPABOOZGUHH7P7D3446RIOU.php
@Curieux : pas faux, mais dans ce cas, sauter une étape en partant sur un Daher TBM 900 permettrait d’anticiper la dronisation d’un tel tueur de drones.
https://www.opex360.com/2025/12/02/le-francais-daher-annonce-le-premier-vol-de-son-drone-male-eyepulse/
Vitesse de décrochage 120 km/h, vitesse de croisière 610 km/h, une autonomie potentiellement impressionnante et/ou bonne capacité d’emport de munitions… ça ouvre des perspectives.
D’autant que la DGA dispose déja de 4 TBM 940 au DGA Essais en vol.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Daher-Socata_TBM_900
Pour les Tigre, taux d’interception de 100% (sur led Shahed, certes) :
https://militarnyi.com/en/news/french-tiger-helicopters-show-100-effectiveness-in-intercepting-shahed-drones/
La conduite de tir automatisée très précise du canon 30 mm et l’obus explosif incendiaire du Tigre font merveille. Le tir se fait à 1500 m, hors de la bulle explosive du drone.
Il est question de faire apponter directement les Tigre de l’ALAT sur les frégates de la MN.
Les choses vont vite, des pilotes du 5e RHC sont déjà qualifiés appontage frégate, après avoir été qualifiés appontage sur les classe Mistral.
Les Tigre et les autres hélicos interviennent en 3ème rideau d’une protection à 4 couches : d’abord le brouillage électromagnétique, puis les chasseurs, puis les hélicos à plus courte distance, enfin la défense sol-air rapprochée. Pour le moment aucun drone n’a réussi à passer ces 4 couches.
Cela reste hors de prix pour du Shahed jetable.
Il faut du drone anti-drone:
https://www.lepoint.fr/monde/p1-sun-les-secrets-du-meilleur-intercepteur-de-drone-ukrainien-fabrique-par-skyfall-FVU6BZXAURE3DGC4UBN6SOZ42U/
Petite question: qu’est-ce qui empêche un canon air-sol de faire du air-air ? Vu que cette arme est manuelle et pas guidée par une conduite de tir ? Le support de l’arme peut-être , qui ne permet pas de tirer à l’horizontale ?
Au sol, les mouvements radiaux (un peu les mouvements rapprochement/éloignement) ne sont pas aussi contraignants qu’en l’air. Pour caricaturer la situation, vous tirez sur une cible au sol, ou un peu ailleurs en fonction de son vecteur vitesse de défilement (par rapport à votre champ en degrés, radial et rapprochement ou éloignement).
En l’air cette fois, la vitesse de défilement par rapport au tireur (qui bouge aussi) est plus conséquente, ce qui implique une (écartométrie différentielle, terme de profane) pour qu’après déplacement, l’obus rejoigne la cible par route d’interception: si je tire sur une cible en la visant directement, le temps de déplacement de l’obus le fera arriver derrière la cible, par rapport à son vecteur initial de défilement. Ca parait bidon et neuneu comme commentaire, mais entre la théorie et la pratique…
Les conduites de tir sont manuelles, jusqu’à récemment, sur les sabords des hélicoptères. Mon oeil, mon index, l’affut… C’est le tireur qui anticipe le mouvement de cible pour établir l’écart angulaire avec la distance parcourue par la cible entre tir T zéro et impact. Outre les limitations dues à la structure de l’hélico qui avance, ainsi que la stabilité de la mitrailleuse en mouvement, les systèmes d’aide à l’engagement n’étaient pas la priorité avant le conflit en Ukraine ou la situation en Mer Rouge, puis Ormuz. Ma remarque n’est pas valable pour le canon de 30mm du Tigre (je parle des armes en sabords d’autres hélicos).
Pour faire du air-air, il faut soit un système d’aide à l’engagement un peu plus poussé que pour du tir air-sol, soit une procédure d’interception du pilote qui facilite beaucoup la vie du tireur, avec les moyens de mouvement de l’hélico pris en compte comparés à la cible, soit les deux. Tout ça pour dire que jusqu’à ces derniers temps, les budgets alloués aux AAE, AT et MN ne permettaient pas de prioriser ce genre de situation. Depuis peu, le concept d’interception par hélico fait remonter l’idée dans la grosse pile de programmes à mettre en Å“uvre, pour faire face à la haute intensité avec drones.
Je ne suis pas spécialiste. En cas d’avis contraire, merci d’écouter l’autre…
Cela fait des décennies que la famille Puma permet de tirs en mode « Pirate », jusqu’au canon de 20.
S’agissant des voilures tournantes, le canon du Tigre avec grand débattement et sa capacité d’emport missiles/roquettes le désignent à l’évidence pour cette mission.
Quoiqu’en dise le CEMA, disperser les financements rares sur des solutions concurrentes n’est pas une bonne pratique, surtout pour une mission où des HM moins coûteux suffiraient.
Bonjour.
Votre remarque tient-elle compte de l’effet de l’air sur l’obus en déplacement après tir en mouvement, en tenant compte d’un éventuel changement subtil de trajectoire de la cible, à rapidement considérer ? Je pose cette question conne (ok), parce qu’un Shahed est une tondeuse volante, qui va tout droit tout le temps, quand les prochains drones qui vont arriver auront peut-être des cinématiques moins faciles. Hypothèse faible.
Si je tire dans l’axe de mon avancement, l’effet de l’air n’est pas le même que si je tire latéralement, en avançant à cent noeuds ou plus. La famille Puma est géniale; jusqu’à quand ?
Le canon du Tigre n’est peut-être pas le même que les mitrailleuses en sabord des autres hélicoptères. L’assistance pour acquérir la cible est autre chose que le mode pirate, auquel vous faites allusion. Si seulement les tireurs avaient les mêmes casques avec canon de mitrailleuse collimaté, le pirate perdrait moins de temps.
Bonne journée o/
L’appellation « Pirate » vient du surnom des hélicoptères armés pendant la guerre d’Algérie et les commandos de l’air étaient déposés par des H-34:
https://twitter.com/FuscoAir/status/1578996179949568001
Merci aux Pirates, qui ont aussi servi au Tchad!
http://www.aha-helico-air.asso.fr/FusCos.htm
Puis au Sahel…
https://lignesdedefense.ouest-france.fr/un-puma-pirate-fait-des-ravages-a-lest-de-gao-avec-son-canon-de-20-mm/
En 2022, au nord de l’Irak, on a aperçu un Caral avec un canon de 20 mm en sabord…
https://twitter.com/Marsattaqueblog/status/1572990288586739713
Les hélicoptères PUMA sont bons pour la casse, ils n’en peuvent plus.
PIRATE.
Cela remonte aux grandes heures…
https://www.aha-helico-air.asso.fr/pirate.htm
Moi je veux bien que l’AAE expérimente cette faculté au travers de H225… mais il me semble qu’elle veut les basculer vers l’armée de terre, pour n’avoir que des NFH 90….
C’est l’inverse. H225 pour l’AAE uniquement, et NH 90 pour l’ALAT uniquement.
@ Carin
Non, vous avez llu l’information en diagonale.
L’armée de terre s’équipe de NH-90 ( enfin surtout le 4e RHFS) et donne tous ses Caracals à l’armée de l’air et de l’espace :
« Les unités aériennes de la Nouvelle-Aquitaine vont aussi renforcer leurs moyens capacitaires dans les dix ans, et cela commence dès maintenant. Côté armée de Terre, le 4e régiment d’hélicoptères des forces spéciales (RHFS) de Pau va recevoir ses 18 hélicoptères NHFS d’ici deux à trois ans, ce qui lui permet de transférer les Cougar rénovés de sa 1ère escadrille (1ère EOS) au 5e régiment d’hélicoptères de combat (RHC) voisin, et les Caracal de sa 3e escadrille (3e EOS) à l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE). Un projet tranché il y a près de 20 ans par le général Jean-Louis Georgelin, chef d’état-major des armées…
L’AAE crée donc à Cazaux, dès cet été, l’embryon de son deuxième escadron de Caracal, le 2/67, mais dont le nom de tradition n’est pas encore (officiellement) connu – peut-être Solenzara.
Cette création découle du plan directeur des hélicoptères, décrété par le général Tardif il y a déjà plusieurs mois. Il maintient de l’EH 1/67 Pyrénées comme unité de pointe dédiée au sauvetage de combat et aux opérations spéciales, et un escadron plus généraliste, le 2/67. Initialement, il était prévu de le missionner uniquement sur le sauvetage, à terre (Sater) et en mer (Samar), mais au vu de l’évolution de l’environnement international, cette spécificité n’est sans doute pas tenable très longtemps. Et il faudra sans doute tenir une posture plus guerrière, tout en tenant la capacité de service public.
Ce missionnement apparemment civil du 2/67 est d’autant plus artificiel que les Caracal issu du 4e RHFS qui l’équiperont à partir de cette année disposent de tous les équipements bons de guerre (blindages, lots d’autoprotection, patines de canons SH20). Cela contraste avec les Caracal OLA, livrés ces derniers mois en outremer, qui alignent une avionique dernier cri et une optronique plus moderne, mais pas de perche de ravitaillement ou de boîtiers d’autoprotection. Une reventilation des appareils et des missions n’est donc pas à exclure.
Cazaux confirme aussi sa vocation de pôle national d’hélicoptères dans l’AAE, avec presque tous les Caracal de première génération (17 sur 19) et donc probablement la moitié des 40 futurs Guépard.
Il est vrai que les environs offrent des zones d’entraînement avec des dunes (donc du sable), la montagne. Un lieu d’entraînement parfait donc pour former les jeunes pilotes, mais aussi assurer des préparations opérationnelles (la base aérienne 126 de Solenzara, en Corse, présente des atouts similaires). Cazaux a aussi un important dépôt de munitions, un atout pour mener des opérations depuis une future base mère de chasse, ou y débuter des raids avec des chasseurs importés.
Mais la région offre aussi des champs de tir, à Cazaux même et à Captieux. De quoi générer des zones d’accueil pour des exercices complexes, et des mises en conditions avant projection, mais aussi pour des essais particuliers. Captieux avait accueilli par exemple, en juillet 2025, les essais technico-opérationnels du système de leurrage GPS antidrones Skyjacker de Safran, menés conjointement par l’AAE et l’armée de Terre. Des essais de drones et de munitions téléopérées y ont aussi été réalisés. »
Source:
https://air-cosmos.latribune.fr/article/defense/88736490483463/le-sud-ouest-au-coeur-de-l-innovation
Ils ont fait ce que toutes les armées font en opération… Ils se sont adaptés.
En métropole effectivement les armées (toutes) subissent le mammouth de la DGA pour qui l’opérationnel est anecdotique. Voire inconnu. C’est triste et ça ne changera qu’à la prochaine déculottée.
et si on rouvrait la chaine de fabrication des D520, BF 109, et autre……….
Il y aurait pas moyen de recycler les vieux Xingu (s’il y en a qui traînent encore dans les hangars de la MN) en démontant la porte latérale et en installant un affût double pour MAG-58? ce serait largement suffisant pour avoir une vitesse correcte de ralliement et une autonomie décente sur zone en temps et en munitions… J’ai pensé au PC-6 de l’Alat mais a mon avis ils sont trop lents.
@Carin
C’est l’inverse, les NH90 sont attribués à l’ALAT, alors que les H225 sont regroupés au sein de l’AAE, notamment pour les forces spéciales spécialisés dans la recherche de pilotes crashés avec leurs perches de ravitaillement.
@LaMeuse
On disperse les finances sur plusieurs solutions car chaque solution n’est pas disponible en nombre suffisant.