Le Canada confirme la commande de 26 lance-roquettes multiples américains HIMARS pour 1,9 milliard de dollars

Attribuer 70 % des contrats d’armement à des entreprises canadiennes d’ici 2035 [contre 43 % actuellement] tout en réduisant la dépendance aux équipements militaires américains. Tel est le mot d’ordre de la «Stratégie industrielle de défense du Canada», publiée par Ottawa en février. Soit quelques semaines après avoir commandé vingt-six lance-roquettes multiples M142 HIMARS [High Mobility Artillery Rocket System] auprès de Lockheed Martin, dans le cadre du projet de frappe de précision à longue portée [Terre].
Cela étant, le gouvernement canadien s’est gardé de faire la moindre communication sur cette commande jusqu’à présent. Il est vrai qu’annoncer le choix du M142 HIMARS au moment de dévoiler sa stratégie industrielle de défense aurait sans doute brouillé le message qu’il entendait faire passer.
Seulement, le 29 avril dernier, le Pentagone a fait savoir qu’il venait de notifier un contrat à Lockheed Martin pour lancer la production de 17 M142 HIMARS non seulement pour l’US Marine Corps et l’US Army mais aussi pour des clients étrangers, dont le Canada.
Le ministère canadien de la Défense aura mis un mois pour confirmer l’achat de M142 HIMARS et donner des détails sur le contrat signé avec le gouvernement américain.
Le 2 juin, le gouvernement «annonce que, en janvier 2026, le Canada et les États-Unis ont conclu une entente intergouvernementale en vertu du programme de ventes de matériel militaire à l’étranger [FMS] des États-Unis pour l’acquisition de vingt-six HIMARS, d’un stock opérationnel préliminaire de munitions, de pièces de rechange, de formation et de services de soutien. Les livraisons devraient débuter en 2026», a en effet indiqué le ministère canadien de la Défense.
Le montant du contrat s’élève à 2,6 milliards de dollars canadiens [soit 1,9 milliard de dollars américains]. Cette somme tient compte des «coûts relatifs à la gestion du projet, à l’infrastructure et aux imprévus», a-t-il détaillé.
Le projet de frappe de précision à longue portée [Terre] vise à donner une capacité de frappe dans la profondeur pour «dissuader, neutraliser ou détruire des objectifs à haut rendement» à la brigade canadienne déployée en Lettonie dans le cadre de l’Otan. Elle doit aussi permettre de contester et d’interdire l’accès à des zones clefs dans le Grand Nord canadien.
Les M142 HIMARS seront «jumelés à des munitions à longue portée pouvant engager avec précision des cibles à des distances supérieures à 300 kilomètres, ce qui révolutionnera la façon dont l’Armée canadienne mène ses opérations et appuie les forces interarmées dans les futures missions», a ainsi expliqué le ministère canadien de la Défense. Et d’ajouter qu’ils «ont été conçus de façon à pouvoir ultérieurement intégrer des capacités de missiles antinavires terrestres afin de soutenir la défense des côtes canadiennes, y compris dans l’Arctique».





bof ,rien de surprenant ,je suis pas surprit , rien ne change .
En l’absence (?) d’une pseudo-doctrine de « modèle d’armée complet » au Canada, il faut reconnaître qu’acheter aussi cher des équipements qui ne serviront au mieux que dans le cadre d’un soutien à des alliés de l’Otan à 5000 km de chez soi, c’est quand même la preuve d’un bel esprit d’équipe, bravo !
@G : +1, je trouve aussi. Et si l’on considère que l’objectif de 70% des contrats d’armement censés être attribués à des entreprises canadiennes, s’applique pour la « Stratégie industrielle de défense du Canada », et que la défense des pays baltes dépasse un peu de ce cadre (certes, l’OTAN, tout ça… mais bon on est loin du territoire canadien), alors on n’en voudrait pas à Carney s’il ne décomptait pas ces 1,9 G$ des 30% restants.
Au passage, ça participe quand même bien à rééquilibrer la balance commerciale Canada/US, et ce pour du matériel qui en vaut la peine.
on a une idée du volume de munitions par engins ? le prix me semble délirant
Le choix du HIMARS montre que, malgré les débats sur la diversification des fournisseurs de défense et les velléités d’indépendance Canadienne, les critères opérationnels restent déterminants. L’expérience ukrainienne a confirmé l’efficacité de ce système, et Ottawa a privilégié une solution éprouvée, disponible et pleinement interopérable avec ses alliés. Une décision qui relève avant tout du pragmatisme militaire.
Les Canadiens entendent également obtenir des retombées économiques et industrielles de cette acquisition. Il sera donc intéressant de voir ce que les Américains seront prêts à concéder au Canada et, surtout, en échange de quoi.
Les acquisitions réalisées dans le cadre du programme américain de ventes militaires à l’étranger (Foreign Military Sales) laissent généralement peu de place aux compensations industrielles formelles. La question sera donc de savoir sous quelle forme Ottawa pourra tirer des bénéfices industriels de ce contrat: participation à la chaîne d’approvisionnement, activités de soutien et de maintenance, production de composants ou encore accès à certains programmes connexes.
https://www.canada.ca/fr/ministere-defense-nationale/nouvelles/2026/06/le-gouvernement-du-canada-fait-lacquisition-de-missiles-a-longue-portee-pour-les-forces-armees-canadiennes.html
Ça peut aller de la simple maintenance du véhicule (c’est des Oshkosh, ça existe pas ou peu au Canada) ici sur le territoire canadien, et peut-être la maintenance des roquettes.
Une menace militaire est étroitement liée à la géographie. Quel pays menace le Canada ?
A l’évidence les États-Unis si l’on en croit les déclarations de son Président dont l’appétit va, au minimum, de l’Alberta riche en hydrocarbures, à la totalité du pays.
En conséquence de quoi les canadiens achètent des HIMARS.
Cherchez l’erreur !
La Russie par l’Arctique également disent les États-majors.
Cit :[ La Russie par l’Arctique également disent les États-majors.]
Vous avez une carte chez vous ou encore mieux un globe , même sous forme de taille-crayon ?
Exactement. La Russie ayant plusieurs implantations dans la zone arctique. Sa présence sur zone est forte, avec potentiellement des plateformes aériennes et navales, disposant de missiles capables de frapper l’Europe et l’Amérique du Nord et de perturber la capacité du Canada à déployer ses forces pour soutenir ses alliés.
La lecture d’une carte, avec les routes maritimes est parlant…
Aussi, le choix du HIMARS avec les capacités décrites en conclusion de l’article notre hôte, est donc parfaitement pertinent .
Cit :[ Cherchez l’erreur !]
Vous pouvez prendre les Mooseheadiens pour des abrutis , ils le méritent parfois et même assez souvent !
Mais SURTOUT PAS les éatsuniens …
https://www.forbes.com/sites/davidaxe/2025/03/05/abruptly-blocking-intel-the-us-prevents-ukraines-himars-from-firing-for-maximum-effect/
En outre ce système semble disposer d’un système de contrôle , plusieurs (  » mulri-layered  » ) , qui permet de le  » brider  » . Mais ça ce serait à confirmer . Ce n’est pas le mythe du  » kill switch  » mais des limitations et des interruptions de communication avec des système de désignation de cibles .
Le Canada est la nation-cadre de la force de l’OTAN en Lettonie.
Cit :[ Le Canada est la nation-cadre de la force de l’OTAN en Lettonie ]
Vous pourrez faire , pardon tirer , là où votre fournisseur vous autorisera de faire , pardon de tirer !
Cela ne posera certainement pas de problèmes en Europe mais ne vous imaginez pas que vous pourrez vous servir de l’HIMARS pour assurer , par exemple , votre souveraineté sur le Passage du Nord-Ouest !
l’artique , les russe ont réactivé les anciennes bases soviétiques ,dans cette région il faut un brise glace atomique pour ouvrir une route , les navire de guerre peuvent pas vraiment circuler une grande partie de l’année
C’est dommage qu’on se soit pas lancé sur le marché avant la guerre en Ukraine. Car une fois que notre lanceur sera prêt en 2030, le marché sera déjà saturé de Himars ou Chunmoo et y’aura très peu de perspectives d’exportation. L’Inde produit son propre lanceur et les pays du Moyen-Orient sont déjà accro à l’Himars. Ça va faire flop comme le SAMP/T. Surtout qu’il faudra du temps pour démontrer ses capacités et qu’il soit combat proven. Même si l’essentiel c’est d’avoir une capacité souveraine, on ne peut pas survivre sans exporter. Même si dans tous les cas je m’attends pas à ce que le Canada nous achète quoi que ce soit, eux c’est une cause perdue.
C’est un exemple de marché où l’industrie aurait dû aller plus vite que les commandes de l’État, y’en a d’autres comme ça.
Aucune arme coréenne n’est combat proven, l’Europe achète ça sans problème.
L’artillerie n’étant pas un instrument de combat rapproché, c’est plus facile à tester hors combat que des engins qui vont être exposés à énormément de scenarios au front je pense.
@GotoRaptor. »Aucune arme coréenne n’est combat proven ». Ah si, leurs systèmes de défense sol-air en dotation aux EAU et que les Ukrainiens réclament en vain…
le samp/t pourrait prochainement devenir l’équivalent du rafale, tres décrié et invendable pour certains et devenu ensuite un best seller.
cet équipement est aéro transportable par A400 M.
Et par C-130..
Le plan d’acquisition du HIMARS a été fait avant la promulgation officielle du plan de diversification des achats dans le domaine militaire. On ne casse pas des contrats, ça coûte cher. On le sait très bien. C’est du matériel qui va être plus efficace en Lettonie qu’ici.
Mais comme indiqué dans le texte, Hanwha planifie la construction de véhicules au Canada si on prend leur sous-marin, incluant des Chunmoo. Je suis sûr que les HIMARS pourraient être vendus assez rapidement à des alliés, je suis sûr que les américains pourraient les reprendre.
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2258959/allemagne-offre-contrat-sous-marins-canada
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2250173/hanwha-offre-contrat-sous-marins-canada
Je ne sais pas si j’hallucine, mais selon la page de l’armée sur Instagram, on en aurait déjà reçu.
En parlant d’Instagram, J’ai appris que la Garde Côtière canadienne viennent d’essayer leur premier drone MALE. Un Elbit Hermes 900 Starliner. Il appartenait depuis 2020 a Transport Canada. Comme la Garde Côtière est maintenant sous la juridiction des Forces Canadienne, et non comme avant sous Pêches et Océans Canada, Ils l’utilisent pour faire les procédure et autres tracasseries administratives avant l’arriver des drones Guardian sur cette même base.
https://www.facebook.com/RCAF.ARC/posts/a-new-chapter-in-remotely-piloted-aircraft-systems-rpas-operations-is-taking-sha/1406685248155512/
Et en parlant de la base de Greenwood, le dernier CC-130H Hercule vient de faire son dernier ravitaillement en vol au dessus de la base de Bagotville. Il sera utilisé seulement pour le SAR jusqu’à temps que les très européen CC-295 Kingfisher/Martin-pêcheur seront opérationnels
https://www.instagram.com/reel/DY72rKLktdy/
Il y en a-t-il qui croient encore sérieusement aux chances du Gripen?
Oui… je sais… mais bon…
J’ai surtout l’impression que le Canada veut éviter d’acheter des matériels français. il s’agit de faire allégeance au grand frère US.
@PNL. Sur ce segment, pour l’instant la France n’a rien à proposer avant plusieurs années. Sinon, ils achètent passablement aux Européens…
Le HIMARS est un maillon d’une chaine complète dont le plus important est le ciblage en temps réel.
Contre des bâtiments fixes on peut se satisfaire de coordonnées vieilles de 3 semaines (et encore, reste à savoir ce qui est présent dans le bâtiment au moment du tir). Mais sur un théâtre d’opérations beaucoup de cibles de valeur sont mobiles, batteries de missiles sur porteurs, dépôts temporaires de munitions, rassemblement de troupes etc. Il faut impérativement un ciblage en temps réel, sinon le HIMARS va être un outil très onéreux pour soulever de la poussière.
Et le ciblage temps réel ce sont des satellites, des drones MALE, des drones tactiques, de l’écoute électromagnétique, du renseignement d’origine humaine, le tout intégré et coordonné en réseau avec les différentes batteries. C’est une chaine longue, chère et complexe à mettre en place.
Quand un pays achète du HIMARS, regarder comment il opère son ciblage temps réel sur théâtre, qui le lui fait et s’il est autonome sur ce point, est une bonne indication de l’efficacité capacitaire réelle de son achat.
Pour le Canada, on s’en doute un peu, le ciblage temps réel est une grosse dépendance du voisin US et de ses constellations satellites militaires. C’est aussi une des raisons qui motive l’achat par le Canada de F35 : ces derniers peuvent servir de plateformes ISR de ciblage tactique pour transmettre des coordonnées de tir en temps réel aux batteries HIMARS au sol.
Cette dépendance US pour le ciblage pousse le Canada à développer des concepts intéressants : pour un ciblage « autonome », pas trop le choix, c’est un F35 canadien qui va finalement piloter le tir HIMARS. Alors autant « droniser » les batteries qui deviennent des auxiliaires au sol pour le F35. Ce sont les LMA, Lanceurs Multiples Autonomes, AML en anglais, évoqués dans la Revue Stratégique de Défense canadienne.
http://canadiandefencereview.com/himars-and-canadas-future-joint-operations/#:~:text=U.S.%20military%20exercises%20have%20already,then%20carried%20out%20precision%20strikes.
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Peut-être un exemple à examiner de plus près en France.
une façon simple d’atteindre le % de dépenses militaires demandées par les USA, reste à confirmer l’achat des 60 Grippen .
@gilles desrosiers. »une façon simple d’atteindre le % de dépenses militaires demandées par les USA, ». N’importe quoi. Le budget 2026 consacre 1,6% du PIB aux dépenses de défense, soit 38 milliards de dollars US….Il faudrait dépenser plus de 80 milliards de dollars US pour atteindre les 3,5%! Ce n’est pas cette petite commande qui va changer quelque chose..
Les premières livraisons devraient commencer en 2029 (Les délais reflètent la forte demande internationale…). Selon le constructeur, le HIMARS nécessite tous les 18-24 mois environ des mises à jour logicielles ; en effet, le système intègre un Fire Control System (UFCS) qui doit être mis à jour périodiquement pour utiliser les munitions (PrSM, GMLRS étendus, ATACMS,…), et le gouvernement américain détient directement les droits sur le code source…
Economiquement parlant il aurait été plus judicieux d’augmenter sa marine plus à même d’être mise à contribution plus souvent.