Un premier avion de guerre électronique Archange aux couleurs de l’escadron 5/64 Dunkerque a été repéré à Mérignac

Confié à Dassault Aviation en 2019, le programme ARCHANGE, pour Avions de Renseignement à CHArge utile de Nouvelle GÉnératon, vise non seulement à remplacer les deux Transall C-160G Gabriel de l’escadron 5/64 Dunkerque, retirés prématurément du service en 2022, mais aussi le DC-8 SARIGuE [Système Aéroporté de Recueil des Informations de GUerre Électronique], sans successeur depuis 2004.

Dans le détail, ce programme doit se concrétiser par la livraison de trois Falcon 8X, modifiés pour emporter une «Charge Universelle de Guerre Électronique [CUGE], développée par Thales. Initialement, le premier appareil devait être remis à l’armée de l’Air & de l’Espace en 2025. Or, des complications en ont décidé autrement, comme l’a récemment expliqué le général Fabien Mandon, le chef d’état-major des armées [CEMA], lors d’une audition au Sénat.

«Nous avons eu […] une mauvaise surprise de la part d’industriels qui n’ont pas su tenir le calendrier sur lequel ils s’étaient engagés. La difficulté est de faire entrer une baie de calcul électronique dans un avion qui a un espace contraint», a-t-il en effet précisé.

Cela étant, le Falcon Archange n’a pu effectuer son vol inaugural qu’en juillet 2025. «Une étape majeure pour les capacités de renseignement de la France a été franchie», avait alors souligné la Direction générale de l’armement [DGA].

Peu avant, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger, avait dit espérer pouvoir compter sur cette capacité en 2027. A priori, cette nouvelle échéance sera tenue.

En effet, immatriculé F-ZJFM, un Falcon Archange aux couleurs de l’armée de l’Air & de l’Espace et arborant l’insigne du 5/64 Dunkerque a été repéré à l’aéroport de Mérignac, où est implanté Dassault Aviation. Plusieurs photographies prises par des «spotters» en bord de piste circulent sur les sites spécialisés et les réseaux sociaux depuis quelques jours.

Selon la nomenclature française, une immatriculation commençant par la série «F-ZF» signifie que l’appareil qui la porte relève de DGA Essais en vol [DGA EV].

Pour rappel, le Falcon Archange est doté d’antennes multipolarisation et de «capteurs de très haut niveau garantissant des performances optimales», selon le ministère des Armées. Il sera en mesure, entre autres, d’intercepter simultanément les émissions radio et radar ainsi que de traiter les données massivement collectées grâce à des algorithmes d’intelligence artificielle. Actuellement, afin de compenser le retrait de ses deux C-160G Gabriel, dans le cadre du contrat SOLAR, l’AAE loue auprès de CAE Aviation un Saab 340 équipé du système de missions AGOMS, comprenant un radar de surveillance, des capteurs ROEM ainsi que des boules optroniques.

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47 contributions

  1. La Merguez dit :

    Si c’est des composants datant de 2029, c’est evident que ca a du mal a rentrer…
    J’espère que les deux autres auront les dernières évolutions en matière de calculateurs.

  2. La saucisse dit :

    Bizarre ce numéro 5/64 pour le Dunkerque. C’était le 1/54 « Dunkerque ».

    Maintenant, en rattachant un escadron de rens à une escadre de transport aérien , c’est vraiment du « n’importe quoi ». Cet avion est d’abord un capteur de renseignement.

    Si la priorité, c’est de le regarder a travers la lorgnette du transport aérien et de la brigade aérienne de transport (BAAP), on sait déjà à quoi cela va mener ….

    Autant le mettre sous commandement de Alavia, car les Marins savent bien ce qu’est un avion de mission.

  3. Georges Frérot dit :

    Soit il semble que la contrainte d’encombrement dans un Falcon 8X soit délicate pour de future évolutions de la Charge Universelle de Guerre Électronique [CUGE], développée par Thales.
    Alors pourquoi ne pas envisager, dès aujourd’hui, à une échéance de 3/5 ans, l’intégration d’une Charge Universelle de Guerre Électronique [CUGE], développée par Thales Nouvelle Génération regagnant la cellule de l’Airbus A321 XLR de la patamar.
    Une telle cellule ouvrirait un potentiel certain pour ces missions.

    • Mika X dit :

      Il est probable que le côté « contraint » ait joué pour l’Airbus A 321 car des retours ont certainement eu lieu

    • G dit :

      Ce sera peut-être très vite nécessaire, si ces avions Falcon sont déjà trop petits pour les besoins de 2019…

      L’A321MPA va devoir récupérer un grand nombre de missions qu’il sera le seul à pouvoir assurer ; mais aura-t-on la vista d’en commander au moins autant que d’Atlantique ?

    • Fralipolipi dit :

      @GF
      J’aurais penser au Falcon 10X avant de songer à un gros (et donc plus vulnérable) A321XLR … A321XLR qui de surcroit vole moins haut qu’un Falcon (ça peut aussi jouer).
      L’intérêt du 8X est qu’il était déjà dispo au moment de la commande de ces avions Archange-CUGE (l’A321XLR ne l’était pas, et la Falcon 10X n’était même pas encore lancé/annoncé) et la conception-intégration pouvait commencer tout de suite avec un Falcon 8X (même si c’est à nouveau au chaussse-pied … ).

  4. Mauvaise langue dit :

    Mauvaise langue que je suis : j’espère qu’il n’y aura pas de régression par rapport au Saab 340 loué. Si je pose la question, c’est que je suis inquiet au regard des problèmes techniques et des retards de ce programme….

    • Fabien Tremm dit :

      Mais Dassault est parfait ! Dassault n’a d’ailleurs pas de problèmes avec ses commandes de vol pour l’Eurodrone !

  5. François 01 dit :

    Quelques retards dis à la difficulté de faire entrer une baie de calcul électronique dans un avion contrain.
    Doit- on en conclure que le model d »appareil choisi est trop petit ?
    Il est certain qu’il n’y a pas la même place dans un 8X que dans un Transal. Et à trois ou quatre ans près on aurait pu bénéficier d’un 6X ou un 10 X.

  6. Benoit dit :

    il a decla gueule cet avion.

    c’est triste de savoir que les atlantique2 vont devenir des a321xlr…

    • EchoDelta dit :

      il ne ne le deviendront jamais car l’A321 XLR n’aura jamais les capacités de l’ATL2 ou ATL3. En revanche on peut espérer qu’il puisse s’acquitter d’une grosse partie de sa mission.

    • G dit :

      Hélas, si Dassault avait eu un avion de la bonne taille à proposer, il eût sans doute été beaucoup plus cher donc pas de regrets à avoir.

      Ils avaient sans doute de très bonnes raisons stratégiques dans les années 2000 de se concentrer sur leurs beaux bizjets, et de décider de ne rien investir par eux-mêmes dans un hydravion par exemple, qui eût pu prendre la suite des Canadair et/ou Atl2, faire du SAR voire juste du transport inter-insulaire en Méditerranée, Caraïbes ou Indo-Pacifique.
      Pourtant ils avaient toutes les compétences et l’avance pour le faire à l’époque.

  7. Pipotron dit :

    Le marché a été signé en 2019 avec des exigences datant de cette époque .
    À cette époque :
    – personne ne parlait d’algo d’IA en ROEM dans les armées : donc ne pas nous faire croire qu’il y aura de l’IA à bord car ce n’est pas spécifié dans le contrat de 2019 car ca n’existait pas en 2019
    – en 2019, les satcom haut débit n’existaient pas sur avion. Donc, comme le montre la photo, il n’y a pas d’antennes satcom sur l’avion . Oneweb, Starlink, on oublie .
    – si il y a des intercepteurs GSM, c’est au mieux de la 3G car à l’époque 4G et 5G n’existaient pas, et les bandes de fréquences associées non plus (donc impossible de mettre des antennes GSM 4G et 5G)

    Tout cela pour montrer qu’en guerre électronique les cycles sont extrêmement rapides et qu’un avion ROEM défini en 2019 ne pourra en 2029, que intercepter les signaux de 2019. Il sera dépassé sur bcp de sujets techniques.

    Triste réalité….

    • Respect dit :

      Il me semble pourtant que la 4G et la 5G étaient déjà opérationnelles en 2019. Vos autres points sont aussi contestables, par exemple l’IA peut se faire par incrémentation. Et que dire de votre affirmation sur l’internet haut débit, qui existait déjà bien en 2019. Certes pas de la qualité que l’on a de nos jours, mais bien haut débit.
      A la fin il ne reste pas grand chose de vrai…

      • Math dit :

        D’autant plus que l’IA existe depuis 1950. Le principe des réseaux de neurones est très ancien. Ceux sont les LLM qui n’existaient pas en 2019. Je vois ce que Pipotron veut dire, mais ses arguments ne sont pas solides.

    • Olivier dit :

      3 critiques, 3 erreurs…

      – Personne ne parlait peut être de LLM (dont on se fout complètement pour une application spécialisée), mais l’IA est un sujet bien avant 2019 notamment pour toute ce qui touche à l’imagerie au sens large (y compris sur les POD aéroportés)
      – Vous plaisantez? Le premier Starlink a été lancé en 2019 et les standards et l’attribution des fréquences datent de bien avant. Starlink n’est pas la première constellation haut débit, c’est la première constellation haut débit et abordable
      – 5G? Déploiement à partir de 2020 en France et les tests opérationnels ont débuté dès 2015. Et dans le détail, sauf la 3,5 et la 26, les autres bandes sont des bandes issues des générations précédentes.

      On peut éventuellement s’interroger sur sa réserve de puissance de calcul à bord au regard du boxon sur un champ de bataille « moderne » ou de sa résistance aux brouillages/leurrages pour aller chercher la bonne information, mais vos critiques n’ont pas de sens.

    • Flavien dit :

      En 2018, 98% de la population était couverte par la 4G en France.
      Il y a ait déjà eu des tests en France entre 2015 et 2017 sur d’autres bandes de fréquences pour la 5G.
      Et l’ARCEP voulait déjà en 2017 anticiper les enchères.
      La Suisse a distribué ses fréquences 5G en février 2019.

    • Carin dit :

      @Pipotron…..
      D’où l’invention de l’  «  architecture ouverte »!
      Ce dont vous parlez concernait le C160 Gabriel…
      Quant aux « antennes », elles sont aujourd’hui intégrées le long du fuselage…
      Les Archange qui vont arriver, sont au goût du jour, et évolueront par simple mises à jour logicielles.
      Quant à l’IA, que vous prétendez absente de cet oiseau, c’est un programme informatique dévolu à la centralisation de l’ensemble des données collectées, et à leur interprétation, avec partage en temps réel… centralisation qui n’était pas le cas du Gabriel, dont les données collectées devaient être étudiées et interprétées, après la mission…. au sol donc, avant d’êtres redistribuées aux différents services concernés.
      L’Archange fera de la collecte/interpretation/distribution de renseignements au travers de différentes constellations satellitaires et d’un C2, de type AWACS, chargé lui, de la distribution dans la bulle de combat SCORPION, d’une part, mais aussi dans les États Majors, et jusqu’à l’Élysée et le ministère des armées.
      Vous citez STARLINK, mais les satellites de cette constellation, ne sont pas du tout concernés leur protection de données étant loin d’être sûre…. Vous le voyez en Ukraine, ou les images d’un drone de type Shahed/Geran2, sont captées, par la population civile, qui voit ainsi qui est la cible du drone…. Merci STARLINK… car les 2 parties utilisent cette constellation!

    • NVG dit :

      Vous êtes en plein effet Dunning-Kruger.
      Je fais tourner des IA locales sur un pc datant d’avant les LLM tels qu’on les connait, n’est-ce pas incroyable?
      Les téléphones avaient des antennes 5G avant son déploiement massif, quel miracle non?
      Ah et ils ont surement livré cet appareil avec des baies de calcul qu’on ne pourra jamais mettre à jour j’imagine?

      La seule triste réalité c’est de penser tout savoir alors qu’on ne sait rien.

    • Khops dit :

      Ce n’est pas parce que VOUS n’en parliez pas que personne ne le faisait. De plus, rien n’empêche de faire du post traitement à terre avec des systèmes plus puissant.

    • Pacem dit :

      Dire qu’en 2019 la 4G n’existait pas, c’est quand même osé.

      Par ailleurs, un avion ROEM n’est pas conçu pour n’intercepter que des signaux figés à la date de signature du contrat. Les logiciels, les bibliothèques de signaux et les algorithmes évoluent tout au long de sa carrière. Heureusement d’ailleurs, sinon aucun système militaire ne resterait pertinent plus de quelques années.

      À ce compte-là, nos ATL2 seraient obsolètes depuis trente ans. Pourtant ils ont connu plusieurs modernisations majeures et continuent d’intégrer de nouveaux capteurs, calculateurs et traitements de données pour rester opérationnels face à des menaces qui n’existaient même pas lors de leur conception.

      Conclure à l’absence de capacités SATCOM ou à la nature exacte des capteurs à partir d’une simple photo extérieure d’un avion de renseignement me paraît également assez audacieux.

      Ce qui peut en revanche être discuté, c’est le choix de la plateforme et ses marges d’évolution : volume disponible, capacité électrique, refroidissement, masse embarquable et potentiel d’intégration des futures modernisations. C’est probablement là que se situe le vrai débat, davantage que dans l’idée qu’un avion conçu à partir d’un besoin exprimé en 2019 serait condamné à rester bloqué technologiquement à cette date.

    • Mèbiençurh dit :

      La triste réalité est que vous prenez vraiment les gestionnaires de ce projet pour des crétins.

    • lourou dit :

      vous croyez vraiment que les services de renseignements attendent après vous pour faire évoluer la captation de signaux et les émissions ? certes c’est en évolution constante mais toujours sur les mêmes bases, et l’adaptation que ce soit Ukrainienne ou Russe nous le montre tous les jours! résultat, on en revient au filaire! l’important sur ce genre d’appareils c’est la capacité de lecture de l’information pour pouvoir ensuite brouiller le bon signal

    • Mic dit :

      « https://www.thalesgroup.com/fr/technologies-avancees/intelligence-artificielle »
      Cela fait plus de 10 ans que Thales bosse dessus !

    • Lex dit :

      la 4G a été lancée commercialement en 2016
      la 5G en 2020
      pour les antennes satellites, il n’est pas forcé qu’elles soient visibles (radôme transparent aux ondes)
      pour la puissance informatique, ce n’est pas parce que le contrat date de 2019 que les unités de traitement ont le même âge…

      Les premiers oscilloscopes datent du siècle dernier, ça n’empêche pas d’afficher un signal actuel…

    • Heron dit :

      La raison d’être des systèmes de guerres électroniques, c’est d’être évolutif. Les capteurs balaient tout le spectre électromagnétique. Ensuite c’est un travail de post-traitement pour caractériser les menaces et trouver des solutions pour les neutraliser.

    • Ced dit :

      Tu racontes vraiment n’importe quoi. Ces évolutions technologiques peuvent très bien être prises en compte après coup comme cela a été le cas pour de nombreux matériels.

  8. Philippe dit :

    Les Turcs, qui avaient également utilisé le C160 Gabriel, vienne de montrer leur plateforme AEW/SIGINT.. https://www.twz.com/air/turkeys-secretive-hava-soj-electronic-warfare-jet-appears-in-new-imagery

  9. valerianf dit :

    Il faudrait peut être s’orienter vers une base de Falcon 10X qui offre une cabine plus large.

  10. François 01 dit :

    @Benoit
    un A321 avec une soute sur toute la partie à l’avant des trains. Il aura de la gueule aussi

  11. Jean le Bon dit :

    Les remarques de Pipotron sont extrêmement pertinentes. On en reparlera de ces « effectueurs  » déjà dépassés…
    le choix, comme les Marins, d’un Airbus A321 comme vecteur aurait été plus pertinent…Simple avis mais, y a t’il des services de veille technologique dans nos Armées, notamment s’agissant de l’armée de l’air ? On ne parlait pas déjà de 4 et 5 G il y a 5 ans ? Ça rappelle la question des drones…Entre autre…On a vraiment une Armée ( et une industrie/économie) de temps de paix qui se réveille lentement, sans moyens financiers par ailleurs…

    • Khops dit :

      Les remarques de Pipotron sont absolument toutes fausses. Inutile d’en tirer des conclusions

    • Unlecteur dit :

      Avant de vous émouvoir davantage il serait recommandable de vérifier ce qui est avancé. Vous serez surpris ! A défaut c’est nous qui sommes surpris de vous voir acquiescer et même d’y trouver de la pertinence.
      Et un avis ça ne s’établit pas en faisant des questions.

    • Ced dit :

      Ses remarques sont surtout extrêmement stupides!

  12. Gallifet dit :

     » La difficulté est de faire entrer une baie de calcul électronique dans un avion qui a un espace contraint « …

    En bon français : cet avion est trop petit (mais ça, on s’en doutait) C’est la faute des industriels !

    Et c’est vrai aussi que ce brave général débarque dans le poste, et n’a pas été associé aux décisions depuis 7/8 ans…

  13. Fralipolipi dit :

    Ce type d’avion est d’habitude hérissé de nombreuses antennes très visibles.
    Il semble que dans le cas de ce Falcon Archange, le travail d’intégration des antennes dans la cellule ait été poussé très loin.
    Chapeau !

  14. Simlabeng dit :

    Est-ce que c’est juste moi, où le Falcon est « bas sur pattes »?

    • Huon dit :

      Vous craignez que cela soit en handicap pour suivre la manÅ“uvre des chars Leclerc au milieu des champs boueux d’Europe centrale ? Vous voudriez qu’on rehausse un peu la garde au sol pour suivre au moins les Griffon en tout chemins ?

    • Air dit :

      15 000 m : ce n’est pas trop mal pour un oiseau ?

    • Fralipolipi dit :

      @Simlabeng
      « bas sur pattes »
      …oui, mais c’est une caractéristique des Bizzjets en général.
      Ici, ce n’est pas trop problématique dans la mesure où l’emport volumineux sous fuselage est à l’avant du train principal.