Le français Aura Aero va dévoiler la version définitive de son drone MALE Enbata lors d’EuroSatory 26

Créée à Toulouse en 2018 par trois anciens ingénieurs d’Airbus ayant l’ambition de «décarboner» l’aviation, l’entreprise Aura Aero s’est rapidement fait une réputation avec son avion léger INTEGRAL, dédié à la voltige aérienne et à la formation. Connaissant une croissance rapide, au point de compter désormais 250 salariés, cette PME a ensuite développé l’ERA, un appareil de transport régional à propulsion hybride-électrique de dix-neuf places, pouvant être mis en œuvre depuis n’importe quel type de pistes [aéroports, aérodromes, terrains sommaires]. Devant être mis en service en 2030, il a récemment fait l’objet d’une commande, notifiée par la compagnie Pan Européenne Air Service.

Puis, lors de l’édition 2025 du salon de l’aéronautique et de l’espace du Bourget, avec quatre autres constructeurs [Turgis Gaillard, Daher, SE Aviation et Fly’R], Aura Aero a été retenu par la Direction générale de l’armement [DGA] pour concevoir et faire voler un drone MALE [Moyenne Altitude Longue Endurance] «bas du spectre». Et cela alors que l’industriel venait de dévoiler l’Enbata, un appareil devant afficher une masse de deux tonnes, pour une capacité d’emport de 1,2 tonne et une endurance de 55 heures.

Afin de développer son activité dans le domaine de la défense, Aura Aero a depuis créé la filiale Aura M et confié la direction de celle-ci au général [2S] Stéphane Mille, l’ancien chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace.

Aura M «a été structurée pour concevoir, produire et déployer des capacités aéronautiques souveraines de nouvelle génération. Dans un contexte où les forces armées recherchent des solutions évolutives, interopérables et à un coût maîtrisé, son approche s’appuie sur les compétences industrielles d’Aura Aero en conception, prototypage, certification et production», a récemment expliqué l’industriel, via un communiqué pour annoncer sa première participation au salon de l’armement aéroterrestre EuroSatory, en juin prochain.

À cette occasion, Aura M présentera l’INTEGRAL M, une quatrième et nouvelle version de son avion léger, lequel a déjà été présenté au contre-amiral David Desfougères, le commandant de la force l’aéronautique navale [ALAVIA], ainsi qu’au général Dominique Tardif, le numéro deux de l’armée de l’Air & de l’Espace [AAE]. Il n’est pas impossible que cet appareil soit vu comme étant un potentiel successeur au CAP 10 utilisé par l’escadrille 50S.

«Avion biplace de formation à capacité voltige, il a été pensé pour sécuriser les premières heures de vol, objectiver la progression des élèves et réduire le coût global de formation. Son cockpit côte à côte, ses données de vol exploitables, son parachute de cellule, unique pour cette catégorie d’avion, et un outil d’exploitation des données numériques du
vol complètent les caractéristiques de cet appareil moderne, conçu en version thermique et en version 100 % électrique», fait valoir son constructeur.

Outre l’INTEGRAL M, Aura M mettra aussi en avant l’INTRUDER, une version militaire de l’avion de transport régional ERA. Cet appareil pourrait être utilisé pour former des élèves pilotes et/ou effectuer des missions «spéciales», comme le fait actuellement le DH-6C Twin Otter au sein de l’AAE. Il n’est pas non plus impossible qu’il retienne l’attention de l’Aviation légère de l’armée de Terre [ALAT], qui exploite des Pilatus PC-6 pour assurer des vols de liaison et de transport.

Enfin, alors que l’Aarok de Turgis Gaillard et que l’EyePulse de Daher ont déjà volé, Aura M lèvera le voile sur la version définitive du drone Enbata. C’est en effet ce qu’a annoncé le général [2S] Mille.

«Notre première participation à Eurosatory est l’occasion de dévoiler le design définitif du drone MALE Enbata avant son premier vol attendu à l’automne 2026, le premier d’une famille de drones qui s’étoffera rapidement», a-t-il dit.

Ce drone MALE de théâtre, exempt de tout composant de facture américaine [il est 100 % ITAR free, ndlr], est conçu selon une architecture ouverte, afin qu’il soit possible de l’adapter rapidement à l’évolution des besoins opérationnels. Selon Aura M, il pourra servir de relais de communication et être engagé dans des missions de renseignement, de surveillance maritime, de guerre électronique, voire de lutte antidrone [ce qui suppose l’intégration de roquettes à guidage laser].

«Dès 2027, l’Enbata permettra de tester des briques collaboratives qui préfigureront le Collaborative Combat Aircraft [CCA – drone de combat collaboratif, ndlr]. Cette plateforme autonome ou semi-autonome opérera en coordination avec des aéronefs pilotés ou en meute avec d’autres CCA», a conclu Aura M.

Photo : ENBATA – AURA AERO

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41 contributions

  1. h d dit :

    video Enbata 19 Juin 2025, 1 an déjà….. et rien?
    https://www.facebook.com/challenges/videos/enbata-le-drone-militaire-fran%C3%A7ais-daura-aero/1415364632842606/
    Pas mal pour le rôle de drone CCA 2tonnes dont 1tonne utile.
    Et Dassault dans tout ça avec le Rafale F5? hummm

    • Mère grand dit :

      Ah?? Parce que ce « MQ-9 » de récupération à la sauce française, c’est un CCA????

    • HMX dit :

      l’Enbata apparaît comme très prometteur, avec une charge utile supérieure à 1 tonne, une endurance extra-longue (55h) grâce à sa propulsion hybride-électrique, et surtout un coût annoncé comme très limité : 1/5ème du prix d’un Reaper, soit une fourchette de 6-8M€ seulement. Si la promesse est tenue, cela ouvre d’intéressantes perspectives de massification dans l’AAE, et peut être même un beau potentiel export.

      En comparaison, l’Aarok apparaît davantage comme un « camion à bombes », presque 3 fois plus lourd que l’Enbata, et plus typé « combat », offrant moins de persistance sur zone (« seulement » 24h-30h, ce qui est déjà remarquable !), avec un coût estimé entre 10 et 30M€ selon la configuration. Une complémentarité entre ces deux appareils semble se dessiner…

      On peut à juste titre se réjouir de voir le retard français dans les drones MALE se résorber progressivement. Mais il faut continuer à alerter sur une nouvelle lacune : l’armement de ces drones MALE. Il semble désormais évident à tous les observateurs avisés que ces drones ne pourront pas/plus être envoyés au dessus d’un champ de bataille avec un adversaire doté de moyens antiaériens. Ils sont trop vulnérables pour cela. Il faut donc les doter d’armements à plus longue portée, leur permettant de rester à distance de sécurité. Cela inclut notamment :
      – Des bombes guidées et propulsées à longue portée (AASM XLR – 140km de portée : c’est en cours !)
      – Des petits missiles de croisière d’environ 300km de portée
      – Pourquoi pas une version aéroportée de la roquette Thundart/FTLP-150 en cours de développement ?
      – Des munitions téléopérées (MTO) aéroportées : c’est de loin le type d’arme le plus prometteur, les MTO servant à la fois au recueil d’informations et à la frappe de cibles tactiques, le drone MALE servant alors de relais de transmission au profit des MTO pour étendre leur portée.

      Sans armes de ce type, les drones MALE ne serviront pas à grand chose car trop vulnérables avec les armements actuels, type missiles antichars. Il est donc urgent d’engager le développement d’armes dédiées à plus longue portée.

  2. Philippe Lahon dit :

    peut on m expliquer comment une pme francaise arrive a developper un drone alors que des grands industries n y arrivent pas malgre les milliards gaspilles de l eurodrone

    • Pascal, (l'autre) dit :

      « des grands industries n y arrivent pas malgre les milliards gaspilles de l eurodrone » Parce que dans le cas présent il s’agit d’un interlocuteur de taille plus réduite que les grands groupes gain certainement d’une plus grande réactivité, moins de « strates » décisionelles permettant d’avancer plus vite d’une part à la différence des grands groupes qui doivent rendre des comptes aux actionnnaires sanss oublier la « compétition » la volonter d’évincer son partenaire dans le cas de l’Eurodrone! Il faut noter aussi qu’il s’agit d’un produit proposé à un client (quite à l’adapter en cas d’export selon les désidérata des potentiels autres clients) et non la définition d’un produit en tenant compte des choix des partenaires/clients !(chacun voulant un produit à la carte et qui fait quoi ce qui finit par conduire à des discussions d’épiciers qui entraine des retards!
      d’un coté la souplesse, de l’autre la lourdeur!

    • Fabien Tremm dit :

      Demandez aux allemands et à leurs exigences imbéciles.

    • Prof de physique dit :

      Ayant des proches qui sont passés chez des sous-traiteurs de Airbus, je peux confirmer qu’il n’y a pas que la taille qui compte !
      En fait c’est même plutôt le contraire. Dans les grands groupes, la réunionite, le carriérisme, font oublier le sens du travail, du but l’entreprise. Ceux qui gèrent les projets n’ont pas toujours les compétences des ingénieurs sous leurs ordres, et surtout sont attentifs plus au « qui fait quoi », à bien soigner leurs alliés, renvoyer les ascenseur, et dire à leurs supérieurs ce qu’ils veulent entendre qu’à réaliser le « chef-d’œuvre » commun.

      • Les dîners de l'ambassadeur dit :

        Les sous-« traiteurs » d’Airbus n’ont ni le niveau culinaire ni le sens du service nécessaires pour organiser des buffets et des réceptions de qualité.
        On doit sélectionner son traiteur avec la même rigueur que celle qu’on applique à la sélection de ses sous-traitants.

    • Bobby La Trousse dit :

      Parce que les allemands ont insisté sur un bi-moteur pour pouvoir survoler leur ville. Et parce que c’est Airbus.

  3. Emile dit :

    C’est le genre d’entreprise qui participe à la souveraineté, donc notre liberté, de la France. Il faut les soutenir à 200 % et vite leur commander des appareils qui seront bien meilleurs que la concurrence. Je suis d’accord pour payer des impôts pour eux si ça peut permettre de décoller…..

  4. Yvon dit :

    Après un lancement en fanfare, l’Aarok se fait bien discret.

    • Vortex dit :

      Il a fait son premier vol il y a à peine 8 mois…

      • Yvon dit :

        @Vortex
        Il ne semble pas que le 2eme vol ait eu lieu. 8 mois entre un 1er et un 2eme vol, cela paraît long. Mais je peux me tromper.
        Bien cordialement.

        • Philippe dit :

          @Yvon. Vous ne vous attendez tout de même pas à ce qu’ils communiquent à chaque vol !!!???

          • Yvon dit :

            @Philippe
            Le 1er vol était effectué avec un pilote à bord, pour le cas où.
            On peut au moins penser qu’un vol sans pilote ferait l’objet d’une annonce. Nous n’en sommes apparemment pas encore là.
            Cordialement.

          • Navion dit :

            Étant donné les attentes autour de l’Aarok, c’est qu’ils ne le fassent pas qui serait très surprenant.

          • Phillipe dit :

            @Yvon. Cela ne veut pas dire qu’il n’a pas effectué beaucoup d’autres vols avec pilote…

        • Vortex dit :

          @Yvon
          Bien sûr que vous pouvez vous tromper…
          Votre commentaire en est la preuve… 😉
          Pensez qu’il y a toutes les données enregistrées au cours de ce premier vol à analyser et interpréter.
          Pensez qu’il y a certaines choses par la suite à corriger.
          Pensez qu’il faut ensuite préparer le deuxième vol, normalement sans pilote, donc modifier de nouveau la cellule…
          Tout ça ne se fait pas en 15 jours.

    • GotoRaptor dit :

      Comme la plupart des programmes qui n’ont pas des dimensions multi-nationales, politiquement controversiales et dont on entend globalement parlé qu’en début et fin de dévelopment.

      • Relisez-vous SVP dit :

        Comme la plupart des programmes qui n’ont pas des dimensions multinationales, politiquement controversÉs et dont on N’entend globalement parlER qu’en début et fin de dévelopPEment.

    • Jack dit :

      Vous pourriez nous donner une actualité précise et détaillée du Rafale F5 et du F-35 TR4, s’il vous plait ? Vous avez 2 heures. Nota bene : une habilitation « Très secret » et ‘DRSF’ seraient un plus 😉

  5. laurent dit :

    Pendant ce temps l’armée Us aurait perdu + de 20 Reaper au dessus de l’Iran. Est ce la fin des gros drones?

    • Magic38 dit :

      c’est stupide de regarder uniquement les pertes. Vous avez oublié que dans une guerres il y a FORCÉMENT des pertes à tous les niveaux ? Est-ce que les humains sont obsolètes parce qu’ils se font tuer sur le champs de bataille ?
      Si tu perds 20 drones mais que ces 20 drones ont pu bombarder des cibles et recueillir du renseignement avant d’être détruits, ça vaut le coup.

      Si ce n’est que 20 drones sur une centaine, ça vaut le coup.
      Il faut également regarder combien de temps ils sont survécu sur le champ de bataille et dans quelles conditions, c’est plutôt ça l’indicateur. Le Reaper est un drone de conception. ancienne qui coûte une fortune. Le but c’est d’arriver à un niveau de performance similaire avec une plateforme potentiellement attritionnable.

      Les USA ont également perdu de nombreux F-15, est-ce que le F-15 est obsolète ? Non ça reste l’un des meilleurs chasseurs du monde, c’est juste que dans un conflit on perd du matériel et des hommes.

      On l’a oublié car jusqu’à présent les seules guerres qui étaient menées étaient contre des pays n’ayant pas ou peu de moyen de défense et contre des terroristes.

      • Minou danois dit :

        @Magic38. »Les USA ont également perdu de nombreux F-15″. Nombreux?? Un seul du à une action ennemie… Concernant les Reaper de l’USAF, ce sont des MQ-9A.. Non équipés, ils coûtaient 16 millions de dollars pièce. Cela dit, l’Air Force, pour les remplacer visent de nouveaux drones moins coûteux et avec des capacités réduites. Malgré les pertes, l’utilité sur le champ de bataille a été démontrée surtout comme plate-forme ISR.

        • Magic38 dit :

          On s’en fiche que ce soit du à une « action ennemie » ou pas. Sur les Reapers détruits est-ce que tu sais combien ont réellement été abattu par les Iraniens ? Bah non. Deux poids deux mesures…
          Tout ce qu’on sait c’est qu’au début de la guerre t’as tant d’appareils dans ton inventaire et qu’à la fin il t’en reste tant.
          Même s’ils se font détruire les drones même gros auront leur place sur le champs de bataille. C’est un équilibre coût/survabilité qu’il faut trouver.

    • Magic38 dit :

      Je rajoute qu’il faut également regarder la doctrine d’emploi des Reapers par les américains. S’ils sont employés dans les zones très contestées et trop dangereuses pour les appareils habités, alors c’est normal qu’il y ait des pertes et c’est tout l’intérêt des drones, ne pas risquer des vies humaines.

    • G dit :

      Vu le renseignement qu’ils apportent, la prise de risque qu’ils rendent possible, et ce qu’ils permettent aux autres appareils de réaliser à moindre risque, certainement pas.

  6. FouPouDav dit :

    Ça reste un RQ9…après il reste la mission.
    Le Fury 120 alsacien est avec son jet engine maison va à 700 kmh.
    une munition anti drone parfaite avec l’IA Pixel Loc d’ALTARES et voire plus avec potentiellement un Fury 240.

    Monstruosité des réseaux sociaux. Nombres de vidéos YouTube ont pour sujet le Fury français. Mais leurs fucking images viennent des partroductions commerciales d’Anduril…Le nouvel acteur de la défense US avec son boss en Coupe du’ mulet… la honte ne tue pas surtout avec le Canada et le Mexiqueen voisins.

    • Magic38 dit :

      Et alors ? Le but est justement de fabriquer un MQ-9 souverain et beaucoup moins coûteux car on sait qu’on va en perdre une grande partie.

  7. Pascal, (l'autre) dit :

    Aïe, aïe, aïe, une boite française, du matos français notre sirène de la Lorelei va encore dénigrer, trouver tous les défauts! Sinon une info interessante ce drone sera I.T.A.R. free cela évitera aux U.S. de nous c…r dans les bottes à l’exportation. Sur le papier ce programme est prometteur espérons que ce ne soit pas un espoi déçu ou une arlésienne!

  8. Rogger dit :

    bonjour . un drone francais a coups maitriser…
    tres interesant ils faut effectivrment voir se qu’il a dans le ventre..
    Autonomie . capaciter d’observation , discresion . transfere des donner…
    la DGA devrais etre misionner et faire une evaluation de cette appareil …
    Ensuite , je rapelle que nos force armee ons de besoin sur le sujets…
    Parcompte , si nous devons investire dans cette entreprise, ils est important de maintenir la souvrainte …

    • Vortex dit :

      Euuuh… Ben justement, la DGA s’y intéresse… De même avec 3 autres projets. Ça a été annoncé lors du dernier Salon du Bourget…
      Oui, je sais, l’info va très (trop) vite…

    • O'Ftalmo dit :

      Aïe aïe aïe aïe les yeux !

    • Cou coud coup coût qu'où coucou dit :

      À coût maîtrisé.

      Cela peut nous mettre un coup quand on prend connaissance du coût.

  9. Prof de physique dit :

    Petite précision.
    Embata est le nom en langue basque du vent du sud qui amène la chaleur d’Espagne ou au-delà.
    Il est réputé rendre fou, et surtout, il annonce la tempête.
    Eh oui. Au pays Basque, un temps chaud annonce beaucoup de pluie.
    C’est donc un pays très vert ou le maïs pousse bien.

  10. Magic38 dit :

    C’est bien d’avoir plusieurs options, ainsi le produit final ne sera que meilleur. Maintenant j’espère que les 3 entreprises qui ne seront pas choisies par la DGA sauront perdurer et développer d’autres produits.

    Par contre il faut accélérer, c’est encore trop lent. C’est un peu le problème de la DGA. Pour suivre les projets longs et complexe, ils sont les meilleurs en Europe. Mais quand il s’agit de réactivité y’a encore énormément de marge de progression (bon après ils sont tributaire de l’absence de budget et des tergiversations du gvt).

    • Y a d'la joie dit :

      Il n’y a pas d’apostrophe dans « il y a ». Il n’y en a pas non plus dans « y a ».

      Mais quand il s’agit de réactivité y a encore énormément de marge de progression.

  11. Olivier dit :

    De mon petit point de vue, la réussite et la crédibilité d’Aura va dépendre de leur capacité à faire certifier et produire l’ERA en version civile. Nouvel aéronef de A à Z, avion à destination commerciale, motorisation hybride. Gros potentiel commercial (aviation régionale en plein renouveau et offre actuelle très vieillissante). L’enjeu est là.

    Le reste (enbata, etc.) est d’une complexité très inférieur (soyons clair: j’en serais bien incapable, c’est juste une comparaison de complexité entre leurs différents programmes). De plus ils sont bien entourés pour la partie militaire (Mille, Clermont) ce qui devrait largement facilité des accès au financement (DGA) et aux coopérations (notamment Dassault et Thales).

    Pour l’Enbata, il sera intéressant de comprendre ce qui est derrière « architecture ouverte »: Aura fournit uniquement cellule + moteur et donc le client a le choix de l’avionique et la payload mission? cellule + moteur + avionique et donc le client à le choix sur la payload mission? Le premier me semble complexe (il faudra certifier à chaque fois et le MCO sera complexe), le second me semble absolument nécessaire pour d’une part assurer une flexibilité d’emploi et d’autre part permettre à des pays de faire aussi vivre leurs propres BITD.

    On voit la BITD sur les aéronefs « nouveaux entrants » se structurer et accélérer en France (Delair, Aura, etc.), la question centrale et commune est comment faire vivre cette industrie sur le long terme? Il va donc falloir d’une part assurer un flux de commandes et de financement de R&D minimale (au moins sur 5 à 10 ans le temps de permettre à ces entreprises de créer une assise financière et industrielle suffisante) et d’autre part favoriser l’export et la coopération à l’internationale pour atteindre les volumes nécessaires au développement de ces entreprises. Il va donc falloir, en plus de capitaux privés (pas évident en France), de capitaines d’industries solides et d’ingénieurs/techniciens de haut vol, un état stratège et qui dépense intelligement. En sommes nous collectivement capable?