La 5e Escadre de chasse s’exerce au «réarmement à chaud» pour mettre une pression continue sur un adversaire

Ces dernières années, la Brigade aérienne de l’aviation de chasse [BAAC] a organisé différents types d’exercices pour renforcer la préparation de ses unités à un engagement de haute intensité. Ainsi, SAPHIR [pour Séquence d’Activité et de Production de Haute Intensité et de Régénération] vise à accroître la disponibilité des avions d’un escadron afin d’augmenter son volume d’activité. EMERAUDE [pour Exercice de Maintenance d’Envergure avec Réaction Aérienne Urgente et DEfensive] s’inscrit dans la même approche étant donné que son objectif est de «renforcer la réactivité et l’optimisation de la planification et de la conduite des opérations techniques».

Récemment, au titre du concept MORANE [Mise en œuvre réactive de l’arme aérienne], inspiré de l’Agile Combat Employment [ACE] de l’US Air Force, la BAAC a mené les exercices JADE [pour Jaillissement d’Escadre] et TOPAZE. L’un et l’autre ont consisté à disperser, sans préavis, les avions d’une escadre de chasse vers plusieurs bases aériennes. À la différence du premier, le second s’est terminé par la simulation d’une «frappe de rétorsion» avec des missiles de croisière SCALP.

Toujours dans le cadre de la préparation à la haute intensité, l’escadron 1/5 Vendée, de la 5e Escadre de chasse basée à Orange, a été engagé, en avril, dans un exercice de «réarmement à chaud», le but étant de maintenir une «pression constante» sur l’adversaire.

Cependant, comme l’a encore récemment expliqué son chef d’état-major [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger, aux parlementaires, l’armée de l’Air & de l’Espace est contrainte de «surutiliser» ses Rafale à hauteur de 15 % pour tenir son contrat opérationnel. Aussi, l’exercice auquel vient de participer le 1/5 Vendée entre également dans cette logique.

Ainsi, celui-ci a commencé par une mise en condition des Rafale par les mécaniciens de la 5e escadre. Puis, les avions ont décollé à 5 h 50 pour une première frappe sur «une zone hostile», effectuée à 6 h 10. De retour à Orange vingt minutes plus tard, ils ont immédiatement été réarmés et avitaillés afin qu’ils puissent redécoller pour mener un second raid. L’exercice s’est terminé aux environs de 8 h 40 [sans compter la phase de débriefing].

L’objectif de cet exercice était de «réduire au maximum le temps au sol entre deux missions», ce qui «implique une coordination très serrée entre pilotes, mécanicien armement et équipes de soutien, notamment celles du service de l’énergie opérationnelle, pour accélérer le réarmement et l’avitaillement», résume l’armée de l’Air & de l’Espace.

Et de conclure : «L’idée derrière ce type d’exercice est de tester la capacité à maintenir un rythme élevé d’opérations aériennes où la disponibilité des avions devient un facteur décisif».

Cela étant, une tel mode opératoire n’est probablement pertinent que si les cibles à détruire se situent dans un rayon limité [en l’occurrence, à 20 minutes de vol dans le cas présent] dans la mesure où il faut tenir compte de la tension et de la fatigue des pilotes, surtout si un ravitaillement en vol est nécessaire.

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40 contributions

  1. lecoq dit :

    a 20mn des cibles ? heu, a l’époque de la guerre des drones, je ne donne pas cher des avions qui se poseront à 20mn des cibles … non ?

    • Huon dit :

      20 min de vol d’un rafale, c’est pas loin de 600 km.

      • bonnechancemonpapa dit :

        @Huon: 600 km en 20 mn, ça fait 1800 km/h. A 15 000 m, je veux bien (sans trop de charges en nacelles pour ne pas dégrader la finesse de la cellule), mais à altitude moyenne pour des missions de bombardement, c’est macache bono. Ce serait plutôt du 450/500 noeuds, soit 280/300 km en 20 mn

    • h d dit :

      bah.. environ 300km de la cible qui est sur le front. Les rafales vont décoller des autoroutes? ALLEZ bientôt et on appellera l’exercice JAILLISSEMENT

      • Signalement de rafales de vent sur Saint-Raphaël dit :

        Les rafales, si elles sont vraiment fortes, vont décoller le revêtement des autoroutes.
        Les Rafale, eux, vont décoller des autoroutes.

    • G dit :

      Le but de l’exercice était de valider le réarmement et l’avitaillement en mode « F1 », donc l’important était le tempo, pas ce que font les avions une fois en l’air. Même si c’était à 1000km, les mécanos au sol auraient d’autre trucs/avions à gérer entretemps.

    • Chrislo974 dit :

      Chaque mission sa cible, un exercice a pour but hormis d’entrainer les hommes, de relever les failles, d’améliorer ou de comment améliorer…, de déceler les besoins quantifiable en materiel, en homme…dans chaque debriefing , pourquoi, quoi, comment, où, combien… La défense des bases est une autre mission, mettant en oeuvre pas les mêmes hommes, pas les mêmes armes.

  2. Georges Frérot dit :

    Toutes nos bases aériennes sont susceptible de subir des premières frappes de missiles provenant de la Fédération de Russie, même en conventionnel.
    A quel niveau de durcissement, hors défense sol/air, se trouvent-elle ?
    Les exercices JADE et TOPAZE se sont-ils déroulés vers des bases de remplacement actuellement non utilisées ?
    Quelle bonne âme pourrait éclairer ma lanterne ?

    • G dit :

      Les missiles coûtent cher, et ne sont plus les premiers choix pour une première frappe.

      Si nos bases aériennes et navales sont « testées » par des drones, ce n’est sans doute pas pour rien, et chacun sait depuis un siècle qu’il est bien plus sûr et aisé de détruire des avions de combat au sol plutôt qu’en l’air, et des navires à quai plutôt qu’en mer.

      Même un mortier à l’arrière d’une camionnette de location peut mettre un navire de 100 000 t hors de combat pour plusieurs mois, et l’on peut parier que les Russes avaient déjà prévu tout ce qu’il fallait (plans, équipes, caches et munitions) à l’époque de la précédente guerre froide. Maintenant il y a juste les drones, encore mieux que les mortiers.

      • Kobayashi Maru dit :

        Dijuuu ce n’est plus une fixette à ce stade ! Au hasard un navire de 100 000 t…Vous en connaissez beaucoup ? Et au mortier! Même si vous avez un « Karl » caché dans votre « énorme » grange, je vous souhaite bien du plaisir (comme de trouver un navire de 100.000 t qui se balade face à un mortier 🙂

  3. LM dit :

    C’est bien.
    Mais dans un conflit réel les bases aériennes seront « inutilisables » dans les minutes suivant les premières frappes si nous sommes à l’initiative. Sinon ce seront carrément les premières cibles des premières frappes de l’adversaire.
    Idéalement ce genre d’exercice devrait avoir lieu sur des pistes improvisées pour s’entraîner à la « réalité ».
    Mais je n’ose imaginer l’enfer administratif pour organiser un tel exercice dans notre beau pays…

    • farragut dit :

      @LM
      « …enfer administratif ? »
      Surtout que les hackers de l’ennemi sauraient vite où se posent les avions sur les autoroutes, en regardant les photos prisent par les radars sur les écrans de la société privée qui envoit les contraventions à ceux qui dépassent la vitesse limite en atterrissant ! 😉
      Je pense d’ailleurs que c’est déjà une cible silencieuse des hackers depuis longtemps, et des cambrioleurs qui exploitent en temps réel la géolocalisation des « cibles » des radars…
      La société de surveillance généralisée et automatisée est une aubaine pour nos adversaires ! (c’est ce que font apparemment les agents du Mossad pour retrouver les opposants « terroristes », ou encore pour localiser les scientifiques iraniens à assassiner)
      A quand une surveillance des sociétés de surveillance ??? (une DGSE de contre-espionnage contre les gens d’armes et leurs prestataires privés ?)

      • farragut dit :

        Correction : « les photos prises… »

      • Scaïoualquère dit :

        À part sur les extra-terrestres et les gendarmes, vous faites d’autres fixations ?

        • farragut dit :

          Quand on constate la perte du RETEX dans la reprise du Bataclan lors d’un exercice d’assaut par des spetznaz soviétiques, on ne s’étonne plus de la baisse du niveau intellectuel des gens d’armes, et des morts dû au terrorisme belge…
          « Heureux les imbéciles, car le royaume des cieux leur appartient » , et pas besoin de Rafale ou de nefs interstellaires !

      • Vortex dit :

        @LM et @farragut
        vous dites respectivement « dans un conflit réel, les bases seront inutilisables » et « l’ennemi saurait vite où se posent les avions sur autoroute « , des réflexions qui semblent tout à fait pertinentes de prime abord.
        Mais… Quid de l’Ukraine ?
        L’Ukraine, où l’on voit que F-16, M2000 et autres vieilleries soviétiques, continent d’opérer quotidiennement contre les envahisseurs russes…
        D’où décollent les avions de Kiev ?
        A priori, pas si simple de rendre inefficaces des bases aéro. et autres tronçons d’autoroutes…

        • farragut dit :

          Ah bon, l’Ukraine a mis des radars de circulation sur ses autoroutes ?
          Avec géo-localisation, reconnaissance des plaques d’immatriculation, reconnaissance faciale et envoi des amendes automatisé?
          Personne ne fait du RETEX de nos vulnérabilités françaises chez les Ukrainiens?

      • Ce qui est pris n'est plus à prendre dit :

        Les photos prises par les radars.
        Les pétuneurs prisent du tabac.

        • farragut dit :

          Merci de bien vouloir faire modifier les correcteurs grammaticaux sur smartphones de tous types lors de votre prochaine visite chez Xi !

  4. VieDesign dit :

    SAPHIR [Séquence d’Activité et de Production de Haute Intensité et de Régénération]
    EMERAUDE [Exercice de Maintenance d’Envergure avec Réaction Aérienne Urgente et DEfensive]
    MORANE [Mise en œuvre réactive de l’arme aérienne]
    JADE [Jaillissement d’Escadre]
    … qu’est-ce qu’ils se marrent les gars qui inventent ces acronymes!
    Parce qu’avant MORANE et JADE, on lançait les avions après le café, avant EMERAUDE, on bricolait gentiment sur un bout d’établi sans faire gaffe aux nuages …

    • civis17 dit :

      vous me l’enlevez de la bouche , cette profusion d’acronymes doit surement faciliter la compréhension …à moins que cela ne soit une nouvelle technique de camouflage.

    • Chrislo974 dit :

      pour nous cela semble complexe à toute les mémoriser mais pour les militaires, c’est leur métier et outil de langage et c’est tt de suite plus parlant pour eux. l’environnement militaire est rempli d’acronyme. FFOMECBLOT pour ceux qui ont fait leur service comme moi, on ne sait peut être plus reconstituer cette acronyme, mais ont sait au moins de quoi ont parle! ici on parle de camouflage.

    • Article 2 dit :

      Au moins, ce sont des acronymes francophones.

  5. jk dit :

    La guerre, comme le beurre et le fromage nécessitent du pétrole ; en avons nous suffisamment ?

  6. mich dit :

    Exercice parfait pour roder les automatismes , l ‘ entrainement évite les sueurs froides !

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Il est admis qu’entrainement difficile, guerre facile!

      • mich dit :

        faut pas exagérer non plus , mais cela rends plus sur de soi quand il faut improviser en urgence mais trop de précipitation non plus .

  7. cabrian84 dit :

    Effectivement, ça me laisse pantois….on se demande comment faisions nous en campagne de tir…

    • mich dit :

      rien à voir avec une campagne de tir mais plus avec les « montées en puissance » plus ou moins importante que vous avez peut être pratiquées aussi

  8. Bastan dit :

    Faudra bien un jour tailler dans le gras pour dégager des fonds et moyens pour financer une Armée moderne, avec les moyens de sa politique. Combien de Services pour seulement occuper des Etats-Majors inutiles?

  9. Bastan dit :

    Faudra penser à la logistique sur ces bases de dégagement, l’armement, le carburant, des personnels pour la remise en œuvre. L’improvisation à ses limites.

    • Pascal, (l'autre) dit :

      Bah c’est le but de ce genre d’exercice voyez vous, à moins que vous considérez les patrons de l’A.A.E comme des gros nazes!

      • Bastan dit :

        Je dis que même avec des exercices, en temps de guerre, difficile de déployer autant de moyens vers des lieux prévus, identifiés mais difficiles à maintenir prêts à assurer le recueil et la remise en condition. Cela mérite une forte logistique et des moyens humains et matériels. Sans oublier la météo.

  10. Raphaël dit :

    si on trouve des ennemis à 20 mn de vol sur le territoire, je pense qu’il y a une paire de pays limitrophes qui se sont fait dégommer , et que la France n’est pas loin dans ce cas de se vaporiser en chaleur et lumière rapidement…