Les Eurofighter Typhoon de la Royal Air Force sont aptes à tirer des roquettes guidées contre les drones

Dans le cadre de la mission multinationale «strictement défensive» qu’il envisage de lancer avec la France, dès que les «circonstances le permettront», pour protéger le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz, le Royaume-Uni a fait savoir qu’il mobiliserait, outre le destroyer HMS Dragon, des moyens pour la lutte contre les mines, des drones navals de surface Kraken ainsi que des avions de combat Eurofighter Typhoon FGR4 de la Royal Air Force [RAF]

Dans le cas où ils auraient à contrer une attaque de drones aériens, ces appareils seront en mesure de mettre en œuvre une nouvelle capacité : celle de tirer des roquettes à guidage laser APKWS [Advanced Precision Kill Weapon System], beaucoup moins coûteuses que les missiles air-air AIM-132 ASRAAM ou AIM-120 AMRAAM tout en étant aussi efficaces.

En effet, à l’instar des forces aériennes américaines, la Royal Air Force a lancé un programme visant à doter ses Typhoon de cette capacité il y a seulement deux mois, avec l’appui de BAE Systems et QinetiQ. C’est en effet ce qu’a annoncé le ministère britannique de la Défense [MoD], via un communiqué publié le 17 mai.

«Le système est passé des essais au déploiement opérationnel en moins de deux mois. En mars, un essai de frappe réussi a été mené sur une cible terrestre, et en avril, des pilotes de Typhoon de la RAF appartenant au 41e escadron d’essais et d’évaluation ont effectué avec succès des tirs air-air», a détaillé le MoD.

Désormais, les Typhoon du No.9 Squadron, actuellement basés à Chypre, disposent a priori de cette capacité.

«Le développement de systèmes à bas coût constitue un moyen plus efficace et durable de contrer la menace croissante que représentent les drones pour les forces britanniques et leurs partenaires», a soutenu le MoD.

Outre la Méditerranée orientale et, plus largement, le Moyen-Orient, les Typhoon pourraient aussi utiliser des roquettes APKWS lors de missions menées dans le cadre de l’Otan. En tout cas, Luke Pollard, le ministre britannique délégué à l’Industrie de défense, l’a suggéré.

«Notre flotte de Typhoon constitue l’épine dorsale de la défense aérienne du Royaume-Uni et de l’Otan, la RAF protégeant le flanc oriental de l’Europe contre les incursions de drones russes et défendant nos partenaires du Moyen-Orient», a-t-il fait valoir.

Cela étant, outre la lutte antidrone, les roquettes APKWS sont également susceptibles d’être utilisées contre des cibles terrestres de petite taille, voire des drones de surface ou des embarcations légères.

Photo : MoD / RAF

Voir aussi...

 

Conformément à l'article 38 de la Loi 78-17 du 6 janvier 1978 modifiée, vous disposez d'un droit d'accès, de modification, de rectification et de suppression des données vous concernant. [Voir les règles de confidentialité]

24 contributions

  1. Essai dit :

    @ des embarcations légères.
    les lights boat iraniens ?

  2. Ne pas jeter le bébé avec l'eau du bain dit :

    Ce sera toujours moins cher avec un REAPER équipé de roquettes à guidée laser qu’avec un avion de chasse et les mêmes roquettes…
    https://meta-defense.fr/2026/05/13/apkws-valide-en-vol-sur-mq-9a-reaper/

    • Patleguen dit :

      Oui, et ça serait encore moins cher si on faisait tout depuis un bateau électrique… mais comment le Reaper détecte le drone ? Comment il gère certains drones qui vont plus vite que lui ? En combien de temps peut-il se déplacer dans le détroit pour se repositionner à l’annonce d’une vague ? Ce qu’il faut, c’est un armement à bas coût pour des stocks conséquents. Et le tireur / illuminateur n’est pas la question ; ni son coût à l’emploi. Il faut éviter que le drone ne fasse des dégâts tragiques et infiniment plus coûteux (vies humaines, infrastructures pétrolières, avions sur parking…) en passant.

    • bref dit :

      Tout dépend du prix auquel les US vendent les Reapers et leur pièces de maintenance … et pour ce qui est du prix de vente les US savent les faire voler…

      • UE dit :

        C’est vrai. Mais eux, ils ont quelque chose à vendre…

        • Vortex dit :

          C’est beau de voir @UE défendre des escrocs…
          Belle mentalité, pathétique @UE !
          Même pas étonné.

  3. Vins dit :

    Ahhh le bisness. On nous a vendu le mistral comme arme multifonction mais à plusieurs centaines de milliers d’euros… quand des roquettes guides qui existent depuis 60 ans font aussi bien.
    On n’arrête pas le progrès!
    Vivement l’avion de 6eme génération à 300 millions!

    • E-Faystos dit :

      @ Vins…
      suivre l’actualité, c’est bien.
      connaître l’histoire, c’est bien aussi, et ça eclaire l’actualité.
      les roquettes reviennent à la mode parce que moins sujettes aux accident depuis l’invention des mise à feu par induction.
      sinon, c’était une opération assez risquée: l’accident grave du USS forestal ou un simple arc électrique déclencha une roquette qui enflamma plusieurs avions armés coûta la vie à deux cent marins, et failli coûter le porte-avion à cause de la violence de l’incendie qui résultat de ce tir accidentel.
      les missiles étant de meilleur tempérament, ils ont été favorisés jusqu’à l’apparition de conflits de basse intensité.
      et le zinc à 300 millions, c’est en cours dans l’Air Force. je pense qu’il y a des gradés qui se partagent les gains des surfacturations.

      • Faillite frauduleuse dit :

        Et faillit coûter.
        Et a failli coûter.

      • Hôpital des Quinze-Vingts dit :

        « deux cent[s] marins »

        Bien que les adjectifs numéraux cardinaux soient généralement invariables, il existe quelques exceptions :
        – Un, qui s’accorde au féminin : une.
        – Vingt, qui, dans certains cas, s’accorde au pluriel : quatre-vingts ans.
        – Cent, qui, dans certains cas, s’accorde au pluriel : deux cents marins.
        – Très marginalement, mille, qui peut – et uniquement dans ce cas – être écrit « mil » dans les millésimes inférieurs à 2000 : l’an mil.*

        =======
        * Il s’agit ici de la survivance d’une forme de pluriel archaïque (« un mil, des mille »).
        Cet règle d’accord est d’ailleurs tellement archaïque que la plupart des rédacteurs d’actes juridiques (dont les services d’état civil) ont oublié pourquoi ils écrivaient « mil » au lieu de « mille » et on machinalement continué à le faire après le 31/12/1999 alors qu’ils n’avaient plus aucune raison de poursuivre cette pratique.
        Une autre forme de bogue de l’an deux mille…

  4. Roland DESPARTE dit :

    L’article de Monsieur LAGNEAU me suggère quelques considérations…
    Si les roquettes sont effectivement l’une des solutions “low-cost“ efficaces [Des guillemets car elles coûtent tout de même un (petit) bras, comme la nouvelle roquette APKWS (Advanced Precision Kill Weapon System) de Thales qui coûte de l’ordre de 20 à 30 000 € l’unité], il n’en demeure pas moins qu’actuellement seule une défense multicouche est réaliste.
    Mais la menace “drone“ n’est que passagère (encore une ou deux décennies à tenir, et parfois subir…) car la recherche progresse. L’électromagnétisme amplifié (High-Power Microwaves / HPM ou mini-EMP) est actuellement toujours limité en portée (quelques km) et présente des risques de dommages collatéraux (sur ses propres systèmes électroniques), mais sera la réponse de demain sur laquelle travaille les scientifiques. Ainsi, le “système“ THOR de l’US Air Force [Tactical High-power Operational Responder] ou le “système“ Epirus Leonidas (États-Unis) qui -en ce qui le concerne- a déjà neutralisé 49 drones d’un nuage de 61, et ce en un seul tir connu lors de tests [Il crée un effet « force field » (champ de force) dans un volume déterminé d’espace, sans besoin de viser chaque drone individuellement]. Thales travaille aussi sur des systèmes similaires qui -classifiés- ont démontré une réelle capacité à abattre des essaims entiers en quelques secondes… [E-TRAP, une arme à impulsions électromagnétiques / ThunderShield, une solution de neutralisation haute puissance par ondes / SYDERAL (avec MBDA, Safran, CILAS) pour un démonstrateur laser haute puissance anti-drones et anti-roquettes / Et d’autres que je ne connais pas…]. Et il ne faut pas oublier les recherches fondamentales de l’ONERA (Office National d’Études et de Recherches Aérospatiales), en particulier sur l’utilisation de plasmas pour stabiliser ou modifier des ondes de choc… [Le seul “brevet“ connu est celui de Boeing qui en 2015 a proposé un système à arc électromagnétique créant un plasma pour atténuer les ondes de choc d’explosions proches ; il ionise l’air localement avec des lasers/énergie pour réfracter ou absorber une partie de l’onde de pression d’une bombe. Potentiellement, cela protège un véhicule ou un bâtiment contre les effets de blast (Mais malheureusement cela ne protège pas contre les impacts directs)].
    Dans l’attente des futures « innovations de rupture », parallèlement aux roquettes, je pense qu’il faut développer les dispositifs permettant un barrage de projectiles (shrapnel wall) en créant un dense rideau de fragments explosifs ou de sous-munitions qui saturent une zone de ciel. Ce n’est d’ailleurs que le juste retour de la Flak, les anciens tirs de barrage antiaériens… Ainsi, le système chinois « Bullet Curtain » utilise des munitions 35mm AHEAD (Advanced Hit Efficiency And Destruction) qui explosent en vol en libérant une nuée de projectiles qui forment un véritable mur de shrapnel contre les essaims de drones, les roquettes, et même les missiles de croisière. Le Phalanx CIWS (Close-In Weapon System) de l’US General Dynamics, un canon-mitrailleur à grande cadence de tir, est également une réponse à creuser, en l’optimisant pour des volumes plus larges…
    Pour conclure mon propos, il faut donc miser sur la recherche fondamentale à long terme, tout en reconnaissant que -dans l’immédiat- la multicouche est indispensable. Cependant, même si les technologies cinétiques/énergétiques apportent les réponses de demain, lorsque j’écoute certains médias et politiques, sans victoire dans le domaine informationnel/cognitif, ces réponses risquent d’être sapées de l’intérieur…
    Bonne journée à tous !

    • Zoulou Delta dit :

      Merci.
      Indubitablement, c’est une présentation à bien mémoriser ……..Elle !
      Mon nano avis : Compte tenu de ce qui nous est décrit, d’ores et déjà, il serait très opportun d’étudier le dimensionnement de la puissance électrique des porteurs majeurs ( ceux entre 05&15 ans d’age ) déjà présents dans les forces et qui auraient potentiellement à recevoir ces moyens HPM .

    • Sur laquelle travaillent les scientifiques.

  5. toufik dit :

    Question à ceux qui savent : y-a-t’il un sujet d’identification friend-or-foe problématique avec ces roquettes guidées, en cas d’utilisation en air-air ? Quid notamment du risque pour les Wildcat britanniques mais aussi et surtout pour les Tigre qui eux aussi sont présents dans la zone (PHA Tonnerre) et sont censés contribuer à la défense de Chypre, et sans doute aussi d’Israël ? Les Tigre se déplacent à la même vitesse que les drones, pour les choper au canon…

    • E-Faystos dit :

      @ toufik
      en général, une roquette n’a pas vraiment de capacité de manœuvre,ce qui rend une évasive possible pour les engins agiles. et la portée permet une reconnaissance visuelle (obligatoire dans un rayon de 3 km de la cible avant ouverture de feu).
      bien sûr, il y a des cowboys qui tirent d’abord, comme l’illustre la perte de trois F15 US.
      mais sur une zone de guerre, la liaison 16 et les identifiants font le boulot.

  6. Yvon dit :

    On voit ici que, en Angleterre comme en France, on est capable de développer une capacité, voire un matériel, en un temps très court en s’affranchissant de normes et de procédures bien souvent trop lourdes et excessives.
    Une leçon à tirer sans doute pour la DGA pour le développement, aussi, de matériels nouveaux.

    • E-Faystos dit :

      La DGA s’est emparée dela nécessité d’aller vite et a ouvert un bureau où les procédures sont allégées.
      et ce n’ est pas la première fois qu’elle grille les étapes en fournissant en urgence les manuels et matériels pour casser du Taliban en 2007, en préqualifiant le standard F2 du Rafale…

      • farragut dit :

        @E-Faystos
        …et le « crash program » Mirage 2000D en 1991, pour répondre au besoin d’un avion d’assaut tactique, pour éviter que les M2000N utilisés pour la dissuasion nucléaire ne se fassent dégommer au Kosovo…

  7. Kamelot dit :

    C’est très bien, ils pourront officier dans le Golfe… 🙂

  8. Lothringer dit :

    Je continue à penser que le drone mal-aimé de Safran, récemment reconsidéré par la Grèce, pourrait être reconfiguré en drone porteur de barillet de roquettes pour lutter contre les essaims de drone, pour un prix très compétitif.

  9. 1PourAvis dit :

    Les drones évoluent très vite, la solution c’est de suivre les évolutions et le moment venu de construire rapidement la matériel adapté.
    Si il faut par exemple au moins 4 ans de guerre pour se réveiller et valider quelque chose ce n’est pas la peine, comme l’Euro drone par exemple.