Le ministère des Armées va faire évoluer la maintenance aéronautique avec des «contrats globaux de soutien»

La disponibilité des aéronefs ayant été jugée trop décevante au regard des investissements consentis, le ministère des Armées a lancé plusieurs réformes du Maintien en condition opérationnelle aéronautique [MCO Aéro] au cours de ces dernières années.
La dernière en date remonte à 2018, avec la disparition de la Structure intégrée du maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense [SIMMAD] au profit d’une Direction de la Maintenance aéronautique [DMAé], placée sous l’autorité directe du chef d’état-major des armées [CEMA].
Chargée d’élaborer des «stratégies de MCO Aéro» visant à accroître la disponibilité des aéronefs à un coût maîtrisé, celle-ci a développé le concept de «contrat verticalisé», l’idée étant de regrouper l’ensemble des marché de soutien relatifs à un type d’appareil précis en un seul, notifié à un prestataire unique. Et cela, avec une obligation de résultat à la clef.
Le premier contrat verticalisé, appelé RAVEL [pour Rafale Verticalisé], fut attribué à Dassault Aviation pour une durée de dix ans. «Il regroupe un large spectre d’activités [logistique, assistance technique, documentation, systèmes sol, maintenance], dans une logique orientée vers le résultat et la disponibilité», a récemment rappelé la DMAé, à l’occasion du septième anniversaire de sa notification.
Actuellement, environ 30 contrats verticalisés sont en vigueur. Ont-ils tous produit les résultats escomptés ? Étant donné que le ministère des Armées a mis les principaux indicateurs de performance sous le boisseau [disponibilité technique, disponibilité technique opérationnelle, activité des forces, etc.], il est difficile de s’en faire une idée précise. Cela étant, à en juger par certains rapports parlementaires, certaines flottes d’aéronefs s’en tirent mieux que d’autres…
Dans un référé publié en septembre 2024, la Cour des comptes fit savoir qu’elle avait constaté une «amélioration de la performances du MCO aéronautique», avec une «meilleure disponibilité de plusieurs flottes stratégiques d’aéronefs depuis 2018». Cependant, elle avait estimé que ces progrès, «réalisés au prix d’un accroissement significatif des moyens budgétaires», restaient encore «insuffisants au regard des besoins opérationnels».
À la même époque, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger, avait appelé à une nouvelle évolution du MCO Aéro afin de «retrouver une culture de la maintenance plus proche du temps de guerre». Il s’agit d’aller «vers un maintien en condition opérationnelle aéronautique plus flexible, en ayant les moyens de sortir du cadre normatif, quand la nécessité nous y oblige», avait-il insisté.
Quoi qu’il en soit, le MCO Aéro va de nouveau s’adapter, les contrats verticalisés devant s’effacer devant des «contrats globaux de soutien» [CGS] à partir de 2028. C’est en effet ce qu’a annoncé la DMAé via le réseau social LinkedIn, le 11 mai.
Les marchés verticalisés ont permis de «mieux garantir la disponibilité opérationnelle des flottes, d’apporter une flexibilité d’emploi aux armées, d’assurer une cohérence plus globale du soutien, d’optimiser et lisser les coûts industriels tout en stabilisant le coût à l’heure de vol», a d’abord souligné la DMAé.
Cela étant, a-t-elle poursuivi, «à partir de 2028, ils vont évoluer vers des contrats globaux de soutien».
Ces derniers «tireront profit du retour d’expérience des marchés verticalisés actuels, et viseront à toujours mieux prendre en compte les enjeux de disponibilité opérationnelle, de haute intensité, d’incitation à améliorer la performance et de valorisation technique des données de soutien», a conclu la DMAé.
Photo : AAE





À la même époque, le chef d’état-major de l’armée de l’Air & de l’Espace [CEMAAE], le général Jérôme Bellanger, avait appelé à une nouvelle évolution du MCO Aéro afin de «retrouver une culture de la maintenance plus proche du temps de guerre». Il s’agit d’aller «vers un maintien en condition opérationnelle aéronautique plus flexible, en ayant les moyens de sortir du cadre normatif, quand la nécessité nous y oblige», avait-il insisté.
Ou comment réinventer l’eau chaude. Non, ce qui a manqué dans la boucle de décision c’est la présence de McKinsey !
Faire des projets après 2027 n ‘est-ce pas tirer des plans sur la comète ?
Le bilan après 10 ans , ce sera un renouvellement des hauts responsables et stratèges . Lesquels tenteront de nous « instruire » en qualité de consultants sur les chaines info….
Faire, défaire , refaire …. c’est toujours faire. Mais à quel prix ?
@JC : « Ou comment réinventer l’eau chaude. » : Puisque vous aviez tout compris dès 2018, je m’étonne que vous n’ayez pas proposé vos services de conseil 😉
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Plus sérieusement, projeter la MCO de l’armée de l’air sur les dix prochaines années n’est pas un sport de masse. Sur un temps long (10 ans), les industriels peuvent se projeter et ajuster l’achat de composants en fonction des prévisions. Sur un temps court (2/5 ans, les industriels vont prendre un maximum de risques sur les achats de composants. Ce risque gonflera d’autant la facture finale présentée à l’armée. En tant de guerre, tout la logique de maintenance doit changer. La flexibilité représente donc un compromis entre ces différents tempos.
En temps de guerre.
Tant qu’il y a la guerre.
En dépit du fait que les 4/5es de votre commentaire soient une citation de l’article, les 20 % que vous avez produits plongent votre intervention dans des tréfonds qualitatifs.
Ce serait trop long pour vous expliquer le cinquième. Inutile de faire de la tartine comme beaucoup sur ce site. Comprenne qui pourra, n’est ce pas ?
Un plus grand nombre de M2000, de M2000 comme des M2000-9 disponibles sur le marché d’occasion permettraient de sauvegarder du potentiel de nos Rafale. Les Rafale ne peuvent tout faire. Les vols d’assistance de la PO au profit d’avions civils par exemple pourraient être faits par des M2000, voire des Alphajet systématiquement. Les structures, mécaniques doivent être ménagées au maximum. Ne pas trop tirer vers les limites lors de vols d’entraînement par exemple.
La FRANCE, 6 ou 7 eme puissance mondiale ? Acheter sur le marché de l’occasion c’est être écologiquement responsable ou écolo friendly ? For sure ça interroge….
Les Mirage 2000 et Alphajet sont en fin de vie. Les pièces détachés se raréfient et coûtent de plus en plus cher. Aussi, augmenter leur temps de vol n’apporterait pas forcément d’économies. A contrario, un plus grand nombre de Rafale serait nettement moins coûteux qu’entretenir un flotte avec deux ou trois appareils.
Les Mir1ge 2000-D, c’est 50 appareils suite à la révision de la LPM en 2026 ( la flotte française des Mirage 200-5 serait de 26 -6 cedés à l’Ukraine = 20 avions):
https://raids-aviation.fr/2026/05/03/actualisation-de-la-lpm-larmee-de-lair-gagne-un-peu/
https://www.revueconflits.com/les-implications-pour-larmee-francaise-de-la-cession-des-mirage-2000-5-a-lukraine/
Renseignez vous avec une simple recherche sur internet avant éécrire, c’est plus intelligent.
@Marché de seconde main : Quel rapport avec ma remarque ?
Les ukrainiens prennent ce qu’on leur donne.
Regardez l’état de leur flotte de F-16 d’occasion et vous verrez pourquoi ils veulent du Gripen, appareil sympa pour la Suisse m1is moins pour un 9ays vraiment en guerre contre la Russue.
Les subtilités de la gestion de flotte échappe à beaucoup.
Ça me rappelle quand j’exerçais dans le transport routier de voyageurs : des personnes qui voyaient rouler des cars interurbains quasi-vides à leur arrivée dans la ville-centre disaient qu’il faudrait mettre des minibus à la place, sans se poser la question de savoir si ces cars n’avaient pas été plus chargés en amont de la ligne et sans réaliser qu’il fallait de toute façon avoir des véhicules de grand gabarit pour assurer le service aux heures pleines.
L’armée de l’air et de l’espace sur-utilisent ses Rafale à 15% .
https://opexnews.fr/jerome-bellanger-armee-de-air-et-de-espace-lpm-actualisation-2026-audition/
Il n’y a pas de secret, il faudra commande de nouveaux avions.
L’AAE sur-utilise.
@Bastan Quand vous tenez la PO vous ne savez pas à l’avance quel sera le but de votre prochaine sortie. Selon votre model il faudrait tenir quatre appareils en alerte au lieu de deux ( deux M2000 pour l’assistance d’avions civiles et deux Rafale pour les cas plus graves)
Les M2000 disponibles sur le marché seraient plus utiles en Ukraine
En tout cas ne surtout pas trop sous-traiter, cela ne réussit pas à l’aviation…
bonjour dire que depuis que nous avons sous trziter la maintenance , sa nous coute tres chere et nous ne somme oas vraiment contant de la prestation …
Je rapelle que cela devraient etre une piste d’economie …
important de la dire…
Le format de l’AAE ne correspond pas à celui dimensionné pour ses contrats OPS.
https://raids-aviation.fr/2026/05/03/actualisation-de-la-lpm-larmee-de-lair-gagne-un-peu/
C’est ça, le vrai souci !
Le non-renouvellement des Rafale Marine pose les mêmes problèmes à l’Aéronavale.
Sans compter la verrue qu’est le NH-90 Caïman.
Lorsqu’on a affaire à un seul sous-traitant, cela engendre des sur-facturations, et des rétro-commissions.
Il y a un élément important à prendre en compte : la sécurisation juridique du contrat. C’est un des éléments qu’à avancé la DGA pour damer les pion aux commissaires de l’air qui rédigeaient les contrats à l’époque de la SIMMAD.
Rien de bien nouveau.
On prend un pilote étoilé, en phase terminale d’atterrissage ,
on rassemble une meute de paperassiers genre commissaires, comptables et « contrôleurs »,
on leur donne des logisticiens à « commander ».
Et on obéit au CMP, au CMPE, à Bercy, aux normes écolos,
à tous les empêcheurs de logistiquer.
Même pas sûr que nos industriels soient satisfaits de ces dérives d’un quart de siècle.
La logistique de stocks, ce n’était peut-être pas mieux, mais ça n’était pas pire,
et on avit des stocks.
La SIMMAD ça a été çà.
Le prochain truc ça sera pareil.
On va payer du flux tendu réactif à stocks minimalistes.
Le cauchemar des guerres qui durent.