US Navy : Le prototype d’un drone ravitailleur MQ-25 Stingray de série a effectué son premier vol

Si tout s’était passé comme prévu, l’US Navy aurait prononcé la capacité opérationnelle initiale [IOC] du drone ravitailleur embarqué MQ-25 Stingray, développé par Boeing, en 2024. Cet objectif pouvait sembler raisonnable étant donné qu’un démonstrateur de cet appareil avait volé pour la première fois en 2019.
Seulement, la mise au point d’une telle capacité s’est avérée plus difficile que prévu… Et il aura fallu attendre près de huit ans pour voir voler un exemplaire de série. C’est en effet ce que viennent annoncer l’US Navy et Boeing, via des communiqués publiés séparément.
Ainsi, le 25 avril, un MQ-25 Stingray «opérationnel» a décollé de l’aéroport MidAmerica St. Louis de Mascoutah [Illinois] pour un vol d’essai ayant duré environ deux heures. Lors de cette séquence, affirme Boeing, il a démontré sa «capacité à rouler, décoller, voler, atterrir et à répondre aux commandes de la station de contrôle au sol de manière autonome».
Cet appareil est le premier des quatre prototypes devant être livrés à l’US Navy, dans le cadre d’un contrat de développement technique et de production notifié à Boeing pour 805 millions de dollars.
«La réussite de ce vol est le résultat de l’expérience accumulée avec notre prototype MQ-25A T1. Elle représente une étape majeure dans la maturation du programme», s’est félicité Dan Gillian, le directeur général de Boeing Air Dominance. « Le MQ-25A est le système autonome le plus complexe jamais développé pour un environnement embarqué, et cette réussite historique nous rapproche de l’intégration sûre du Stingray au sein d’un groupe aérien embarqué», a-t-il assuré.
Pour rappel, l’US Navy avait d’abord envisagé de se doter d’un drone de combat [UCAV] embarqué, capable d’évoluer dans les environnements contestés. Puis, en 2016, elle révisa ses plans et lança le programme C-BARS [Carrier-Based Aerial-Refueling System], confié à Boeing en 2016.
Dans le détail, propulsé par un moteur AE 3007N fourni par Rolls Royce, le MQ-25 Stingray devra être en mesure de fournir 8 700 litres de carburant à des chasseurs-bombardiers évoluant à 500 milles de leur porte-avions. L’objectif est de pouvoir «frapper» deux fois plus fort et de plus loin. En outre, il s’agit de dispenser les F/A-18 Super Hornet d’effectuer des missions dites «nounou» [configuration pour le ravitaillement en vol]. Missions qui représentent entre 20 et 30 % de leur temps de vol.
«Le MQ-25A Stingray est le premier système d’aéronef sans pilote opérationnel embarqué de l’US Navy, conçu principalement pour le ravitaillement en vol. En prenant le relais des chasseurs pilotés pour cette mission, le MQ-25A augmentera considérablement le rayon d’action et la capacité de frappe du groupe aérien embarqué», a d’ailleurs souligné l’US Navy, dans son communiqué.
Selon des documents budgétaires émanant de l’US Navy, il est question de déclarer une IOC pour le MQ-25 Stingray en 2029. Cela suppose de pouvoir embarquer trois appareils ainsi que les équipements et le personnel nécessaires à leur mise en œuvre à bord d’un porte-avions.
Cette capacité intéresse la Marine nationale. «Comme le Charles de Gaulle, [le porte-avions «France Libre»] disposera bien entendu d’une aviation habitée. Mais aussi de drones pour protéger son escorte, faire de la surveillance aéromaritime et ravitailler en vol les Rafale et les autres types d’avions [les E-2D Advanced Hawkeye, ndlr]. Il disposera aussi de drones de combat pour pénétrer les défenses ennemies», a en effet récemment confié l’amiral Nicolas Vaujour, son chef d’état-major.
La Marine nationale aura-t-elle un drone ravitailleur comparable au MQ-25 Stingray ? En tout cas, il faudra lui faire beaucoup de place à bord de la «France Libre» : l’appareil de Boeing a quasiment les mêmes dimensions que celle d’un avion de guet aérien E-2D Advanced Hawkeye.
Photo : Boeing





C’est décidément un sacré engin, on lui pardonnerait presque d’avoir pris la place du X-47B…
Sans compter qu’il reste relativement discret (SER entre le F-35 et le F/A-18) et capable de reconnaissance voire de frappe avec l’emport de deux munitions lourdes.
Mais c’est vrai qu’il est imposant et semble un peu « too much » pour nos besoins.
Si l’on optait pour quelque chose de plus souverain, plus compact et *beaucoup moins cher*, ce serait sans doute un « Alizé II » à base d’Aarok catapultable (mais opérable en Stobar à demi-charge, y compris pour l’export), qui resterait près des PA (oui oui 😀 ) pour la formation des raids et la sécurisation des appontages par exemple.
L’allonge en raid resterait elle assurée par des Rafale nounou…
Autrement dit un truc pas très utile.
Si on embarque des drones ravitailleurs sur PA, il faudra que ces trucs fassent le taf, et pas à moitié. Vu le pognon qu’on va mettre dedans, qu’on les achète sur étagère, ou qu’on les fasse nous-mêmes.
Vous pensez pas ?
Non.
L’idée d’envisager un truc moins cher ET moins capable que « le top du top comme aux States » pour prendre une marche donnée, c’est de chercher l’optimum local susceptible de nous convenir à NOUS, qui n’avons ni les objectifs, ni les moyens, ni la simplicité de décision (corollaire du budget quasi-illimité) des clients du Stingray.
Donc une solution 50% voire 80% moins chère qui apporte 20% voire 50% de la valeur du modèle Premium ne sera pas une perte de temps à disqualifier d’emblée, mais une possible solution de compromis.
En conditions de labo UN Cheapos est certes moins bien qu’UN Premium, mais pas forcément dans la réalité si l’on tient compte de la quantité minimale >1 à acquérir (pour peu que l’objectif soit opérationnel et pas simplement de dire « regardez on est dans le club »), et surtout que l’on ajoute les chouettes autres choses que l’on pourra se payer avec la différence de coût entre Cheapos et Premium, toutes choses restant égales par ailleurs.
« En tout cas, il faudra lui faire de beaucoup de place à bord de la «France Libre» : l’appareil de Boeing a quasiment les mêmes dimensions que celle d’un avion de guet aérien E-2D Advanced Hawkeye. » a peu de chose près, le PANG fait la même taille que la classe Nimitz, non? Ça devrait rentrer surtout si Dassault reprend la formule du Rafale avec le démontage des moteurs par le bas pour le NGAD , le NEuron. Mais achat Boeing ou version du futur NEuron en mode nounou? Enfin, on doit féliciter Boeing, ils ont fait voler un truc! Bravo
… Contrairement aux dérivés du Neuron dont tout le monde parle comme s’ils existaient déjà , et surtout risquaient d’être eux aussi opérationnels dès demain.
Plus sérieusement, le Neuron ressemble davantage au X-47B… abandonné par l’US Navy au profit du MQ-25 justement, car jugé plus pertinent pour le ravitaillement et plus versatile dans son emploi…
Mais bon, pour les capacités furtives ils ont dejà des F-35C opérationnels sur 4 groupes aéronavals permanents, donc leur problème ne se pose pas exactement dans les mêmes termes.
Je ne vois pas le bien le but de votre réponse. Ni ce que vous entendez par « 4 groupes aéronavals permanents » on ne change par d’air wings d’un PA à un autre ..
Ça va à l’encontre de tout vos commentaires sur les PA et leurs utilités.
Libre à vous de les(re)lire après une bonne nuit de sommeil ; un groupe aéronaval disponible en permanence, c’est 2 ou 3 PA. L’US Navy est donc dimensionnée pour 4 GAN et ça lui coûte les deux bras, sachant qu’elle les a en plus voulu nucléaires…
Tandis qu’avec nos propres moyens, le caprice d’aller mettre nous aussi des réacteurs nucléaires sur un bâtiment de surface (???) nous condamne à ne jamais pouvoir construire la paire de PA qui nous *re*donnerait un GAN disponible en permanence (et donc de dissuader, etc.) comme à l’époque des Foch et Clemenceau.
Mais pour en revenir à ces histoires de « Neuron par ci, neuron par là , neuron va nous sauver et faire revenir l’être aimé », vous pourriez plutôt trouver le courage d’applaudir Boeing de sortir le tout premier MQ-25 opérationnel, après leur très beau (et lui aussi très réel) MQ-28… Non ?
Pour 4 GAN, sachant qu’elle les a voulus.
@Kobayashi Je vous demande pardon, à la relecture c’est moi qui aurais mieux fait d’aller me coucher… J’ai cru lire de l’ironie à l’endroit de Boeing et de leur belle réussite, là où il n’y en avait point.
Toutes mes excuses pour mon énervement parfaitement déplacé.
Ouep, sinon, la permanence d’un GAN à la mer, c’est entre 3 et 4 PA. Plutôt 4 que 3, à vrai dire : 3, c’est matos neuf, équipages très entrainés et déjà formés, la chance de votre côté (pas de gros pépins qui s’accumulent) et une ressource budgétaire stable.
Dès que votre matos commence à vieillir, que vous avez des tensions sur la RH, que vous avez des avaries ou des imprévus logistiques, et que votre budget fait du yoyo, ce qui est la routine de toute armée, en fait il vaut mieux 4. Et même à 4, c’est serré pour une vraie permanence à la mer (365,7/7,24H d’un GAN).
L’autre truc qu’il faut bien comprendre, c’est qu’en raison de l’intensité de l’utilisation de vos PA, dès que vous aurez fini le 3e, il faudra commencer les travaux du 5e, pour remplacer le 1er. Donc, en pratique, votre chantier naval va fonctionner en permanence pour assurer le turn-over.
Vous demandez aux industriels si c’est possible, ils vous disent non, pas avec l’outil industriel actuel. Vous demandez aux économistes, ils vous disent non, pas avec le PIB actuel ni même prévisible. Vous demandez aux militaires si c’est souhaitable, ils vous disent non, pas particulièrement.
Cette suite de non explique qu’on ne le fasse pas. On reste donc à 1, peut-être 2, mais le 2 est un fantasme (vous voyez le poster de la super gonzesse allongée à poil sur une moto dans une position lascive qui darde vers vous un regard lubrique qui veut dire « prends-moi, mon gros loulou ! » ? Eh ben le 2e PA, c’est ça).
C’est aussi inatteignable que ça pour un mec sapé comme un français moyen, qui sort de commission de surendettement, et qui vient de recevoir une saisie sur compte bancaire parce qu’il n’a pas payé la pension alimentaire de son divorce, alors qu’il vient d’aborder la cinquantaine et qu’il vient d’apprendre qu’il a un cancer de la prostate.
@Tschok, la permanence minimale (au sens de la dispo et pas nécessairement en mer) démarre bien à 2 navires, et nous sommes bien d’accord que 2 PAN Catobar seraient une bêtise.
A fortiori 3 ou 4.
Ce qui personnellement m’amène à la conclusion qu’un seul l’est encore plus.
En revanche ce plancher de 2 PA tout court est atteignable avec un format de navires plus « raisonnable », et sans doute pas Catobar, à l’instar de ceux de l’Inde et de la Chine d’il y a 10 ans.
L’ennui évidemment c’est qu’il nous faudrait alors débattre publiquement de l’intérêt pour la France de telles « cannonnières », et nous savons combien les amoureux du PANG sont peu préparés à une telle épreuve démocratique.
Mais j’en reviens à la proposition de @Poil à gratter de ce week-end :
« Pourquoi ne pas envisager des porte aéronefs ( hélicoptères, drones, avions) à propulsion classique. Ces bâtiments pourraient remplacer les PHA et le CdG. Le Rafale M F5 peut décoller depuis un PA STOBAR ( voir l’Inde) avec un armement réduit certes mais l’avenir est aux drones de combat. On se trompe largement avec ce PAN. »
Une telle classe de 3 ou 4 PA légers/PHA du tonnage des CDG ou Trieste semble industriellement, humainement et budgétairement à notre portée, avec une flexibilité, une résilience et SURTOUT une utilité assez inconstestable, elle.
Tous vos commentaires.
Il est imposant mais ne délivre que la moitié de ce que délivre un Superhornet en version nounou.
Donc si 20% à 30% des vols de Superhornet sont consacrés au ravitaillement, il faudra que 40% à 60% des appareils en vol soient des MQ-25
@François 01. « Il est imposant mais ne délivre que la moitié de ce que délivre un Superhornet en version nounou. » Bien au contraire.. A une telle distance, un F/A-18E en version Nounou ne délivre pas plus de 5 tonnes de carburant, soit 6250 litres..
Pauvre Princesse Kéro, si injustement séquestrée par une méchante sorcière, et qu’il faut absolument délivrer…
C’est tout de même invraisemblable de voir l’incurie qui prévaut chez tous ces géants de la BITD….
Hollywood a depuis longtemps sorti un film « visionnaire » en 2005 dans lequel la part de ces « engins déshumanisés » est prépondérante…. grâce à une intelligence artificielle très aboutie ou presque ( petit clin d’oeil à la « dinde » et son aversion pour les éclairs) .
Prochaine étape dans un siècle pour construire un chasseur intergalactique avec R2D2, pour aller vers l’infini et au-delà …. ? En attendant ce jour Donald aura fait le Buzz….
Enfin , aujourd’hui tout ça n’est plus du cinéma ….. peut-être faudra-t-il reconsidérer et recalculer notre France Libre pour ne pas paraitre insignifiants…..
Lorsque je vous lis sur le blog, vous êtes plein d’enthousiasme.
Mais comment la France pourrait-elle développer seule le successeur du Rafale, le descendant du Neuron dans la catégorie ailier fidèle et en plus un drone naval capable de ravitailler, pour en construire combien? 3?
L’administration américaine saura bien nous en vendre 3 si le prix n’est pas prohibitif, en espérant que les 3 catapultes ne dépassent pas 50% du prix du PANG.
En matière de Stingray je préfère ce genre de « chose » (pour le rvt en vol mio, je reconnais que ce ne serait pas du tout….pratique!
https://lupomotors.com/wp-content/uploads/2023/01/1-scaled-8.jpg
@philippe Oui en fait les chiffres que j’avais concernent la capacité d’emport maximale mais pas ce qu’il est capable de délivrer à 500 miles de distance. Or il doit faire l’aller-retour
J’ai donc tout faut c’est une erreur de ma part.
C’est aussi une erreur d’écrire que vous avez tout « faut » quand vous avez tout faux.
En fait, les PA US modernes, qui s’assimilent à des canonnières, ont une bordée qui porte moins loin que leurs devanciers des années 70. Ils étaient temps de faire quelque chose.